It's gonna be hot in my big silver pot |

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۞ Chasseur de l'Opération Apocalypto ۞


Theo Paradise
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MessageSujet: It's gonna be hot in my big silver pot | Mar 20 Sep - 0:28

- |"It's gonna be hot in my big silver pot "| -


Ilona Meyers | Theo Paradise
___________________________________________________________


Theo était d'une humeur massacrante, comme c'était souvent le cas entre deux périodes de festivités intensives. Il y avait de nombreuses raisons à cela : le mois de Septembre était arrivé, subtilisant les braises d'un chaleureux soleil d'été et emmenant à la place un rideau de pluie brumeuse, et un flot d'étudiants boutonneux qui reprenaient le chemin scolaire en geignant. Theo détestait la pluie, et détestait les étudiants ; la première mettait à mal sa coiffure soigneusement travaillée jour après jour, et les seconds lui rappelaient une vie scolaire pour laquelle il n'avait jamais été fait. Ces petits jeunots qui devaient avoir son âge faisaient preuve d'une suffisance sans borne, et il n'aimait avoir à les croiser dans les larges rues d'Achaea.

Enfin, ce n'était pas seulement à cause du climat détestable et des adolescents piailleurs que Theo broyait du noir à ce point. En ce merveilleux lundi de Septembre, où l'après-midi s'était perdu entre les nuages et les averses, le jeune homme était parti en mission avec l'équipe Alpha, menée par la brillante Esperanza Zuarez, en quête d'une bande de Mutants en goguette aux alentours de la plage. Ca n'avait pas été particulièrement difficile. Grâce à eux, l'Opération comptait désormais une petite brochette de sujets en plus à examiner, avec dans le lot quelques non-recensés dont la capture faisait la fierté de Theo. Malgré les conditions réellement détestables pour un tel travail - la bruine désagréable qui s'infiltrait sous sa combinaison, le sable humide dans lequel ses bottes s'enfonçaient et l'obscurité réverbérée par le miroir de l'océan - l'équipe s'en était sortie sans un seul dommage et avait dignement fêté ça en retournant à la Base. Pourtant, Theo avait été le seul à ne pas partager l'allégresse générale, et à bouder dans le véhicule qui les ramenait au poulailler, tortillant d'un geste rageur des mèches qui ondulaient sur son front. Méprisant du regard les membres de son équipe, le jeune Paradise ne pouvait que songer à ce qui le rendait si irritable.

La raison numéro un de son insupportable tempérament lui apparaissait alors sans détour. Ilona ne faisait plus partie de l'équipe Alpha, ce petit groupe de quatre personne à qui ils avaient tous deux juré allégeance. Depuis qu'il travaillait à Apocalypto, Theo n'avait connu que cette cellule rassurante, avec ces visages familiers et la présence réconfortante de la jolie polonaise. Il avait l'étrangère sensation de faire enfin front commun avec d'autres personnes que lui-même, d'être un élément d'un tout qui fonctionnait comme un organisme vivant : prompt, réactif, redoutable. Ils étaient compétents et rodés, de vrais professionnels ; c'était grisant. Mais à présent, un visage inconnu avait remplacé Meyers, et Theo laissait ses yeux glacials dériver sur le nouveau venu qui plaisantait avec ses nouveaux collègues. Il le détestait déjà, par principe et par envie, parce que sa tête de con ne lui revenait pas et qu'il était de mauvais poil ; parce qu'il y avait de fortes chances pour que tout lui déplaise aujourd'hui, principalement les êtres masculins qui avaient remplacé sa collègue préférée. Même les autres, ceux qu'il avait eu l'audace douloureuse d'un jour considérer comme ses alliés, même la vue de ceux-là lui causait une vive irritation. Il détourna le regard pour affronter la vue extérieure du véhicule, dans un silence venimeux et hautain, et personne ne se donna la peine de le sortir de son mutisme. Arrivés à bon port, ils s'étaient séparés, et Theo sans un mot - même pour sa charmante lieutenant - avait mis les voiles ailleurs.

Une sourde colère bouillonnait toujours en lui quand il franchit les portes du sous-sol de l'Asile. Depuis leur terrible explication, le jeune homme n'avait pas revu Ilona, et il ne savait pas ce qu'elle devenait. Il avait cru apercevoir sa blonde frimousse au détour d'une mission, pareille à celle qu'il avait mené aujourd'hui, et pouvoir fanfaronner comme un paon tout orgueilleux de son sale coup. Il n'était pas pleinement satisfait de la façon cruelle dont ils s'étaient quittés, et il avait tant de choses à ajouter... à expliquer, et à comprendre également. Mais ce ravissant et vicieux petit espoir s'était fraîchement envolé, remplacé par cet énervement brutal qui lui faisait grincer des dents sans discontinuer. Il oscillait entre les plaintes et les insultes lorsqu'il pensait à elle, et ne comprenait pas la frustration violente qui l'étreignait. Elle avait quitté l'équipé Alpha, elle avait cherché à s'éloigner de lui ; car il ne faisait aucun doute pour lui que son changement d'affectation relevait d'une volonté propre, et pas d'un caprice de supérieur. Par audace, il avait quelques fois tenté de la rappeler, mais jamais il n'avait pu entendre sa voix de nouveau.

L'enfant terrible s'engouffra comme une tornade dans les vestiaires pour hommes, une pièce exiguë aménagée dans les sous-sols de l'Asile, et qui ne comportait que quelques casiers fatigués, un lavabo et une console coincée contre un mur. Il se dirigea vers le miroir encastrée sur le papier-peint jauni et s'appuya sur le lavabo, scrutant son reflet, examinant ses yeux à la recherche d'une émotion. Mais rien, tout était si froid dans ce regard, pâle et délavé, indifférent, inintéressant, qu'il finit par se détourner et allumer brusquement le robinet. Le jet d'eau froide jaillit en l'éclaboussant, lui arrachant un grognement moribond, et il plongea ses mains en coupe au-dessous.

A quoi s'était-il attendu ? Il était normal qu'Ilona cherche à l'éviter, voire même plutôt sain. Cela faisait partie de son plan, après tout, son horrible et affligeante machination visant à détruire la jeune rebelle, la polonaise qui avait elle-même et avec tant d'assiduité cherché à ruiner sa relation avec Cinderella. A l'époque, Theo n'avait pas compris les raisons qui l'avaient poussé à agir comme ça, et il n'avait vu dans ce comportement qu'une volonté de poursuivre la guerre sans merci qui sévissait entre eux. Ils avaient joué, il avait gagné, de la pire des façons qui soient. Elle avait perdu, et dans sa défaite elle emportait malgré tout sa fierté foulée au pied ; il ne pouvait tolérer cela. Plus tard, bien sûr, Cinderella avec ses mots lui avait fait comprendre pourquoi Ilona avait autant souffert ; mais cela n'avait pas suffi. L'information n'avait pas pénétré très profondément dans l'esprit obtus de Theo, qui repoussait avec force toute notion de sentiment amoureux. C'était tout simplement impossible, Cin s'était trompée à ce compte.

Il s'aspergea copieusement le visage, dénoua du doigt ses cheveux encore humides de pluie. Il était encore occupé à se recoiffer en ruminant lorsque deux hommes étaient entrés dans les vestiaires. Theo leur jeta un regard distant, ostensiblement hautain, destiné à les maintenir loin de l'envie de lui adresser la parole. Cette précaution fut d'autant plus inutile que les chasseurs passèrent presque sans le voir, discutant vivement à propos d'une mission qu'ils avaient rempli également dans la journée. Le photographe en herbe les aurait purement ignoré si par un merveilleux hasard, le nom de sa Némésis n'avait pas franchi leurs lèvres.

- " ... et Meyers, putain ! Quelle tarée, t'as pas vu ce qu'elle a mis au premier ?"

Les incroyables iris de jade se posèrent sur les hommes en tenue, par le biais du miroir. Ils étaient en train de se changer rapidement, et quitteraient probablement bientôt la pièce. Si seulement ils pouvaient lâcher quelques informations supplémentaires...

- " Haha, je suis bien content qu'elle ait remplacé Anderson. Quel gland celui-là... Au fait, elle est toujours en train de remplir le rapport ?"

Le jeune homme se retourna lentement tandis que les deux agents sortaient de la pièce, les échos de leurs voix se répercutant longuement dans les couloirs adjacents aux vestiaires. Le premier sourire de sa triste journée couvrit enfin ses lèvres, et tandis qu'il passait une dernière fois sa main dans ses cheveux finalement arrangés, il remerciait sa bonne étoile. Ce qu'il pouvait être chanceux, parfois...

Il ne prit pas la peine de déposer son uniforme dans un des casiers prévus à cet effet. Il avait l'habitude de l'emporter le soir, de le garder sur le dos lorsqu'il rentrait chez lui après une laborieuse journée de travail, histoire que les flics susceptibles de l'arrêter soient impressionnés et oublient l'amende. Il accorda simplement un dernier regard au miroir et fut satisfait de voir disparaître la morosité, remplacée par l'habituelle, la douce provocation, celle qui lui seyait à merveille, surtout face à Ilona. Même ses yeux se remplissaient un peu à la perspective de la confronter enfin.

Parcourir les différents couloirs plongés dans la pénombre ne lui prit guère de temps, et enfin, il repéra la salle qu'il cherchait. Simple pièce dépourvue de fenêtre, elle servait de zone de "détente" où les chasseurs pouvaient remplir leurs rapports et se reposer un peu après une mission. Il y avait même dans un coin une armoire à pharmacie, dans l'éventualité des gros bobos ; mais l'essentiel de l'espace était occupé par une imposante table toute bordée de fauteuils. De sa haute stature, Theo n'avait pas besoin de se hausser pour observer l'intérieur par-delà le petit carreau incrusté dans la porte. Il balaya la salle du regard, et enfin - enfin ! sainte vision ! - il la vit, assise, occupée à remplir un dossier.

Theo resta immobile quelques instants, le temps nécessaire pour goûter la joie intense qui le saisissait de la tête aux orteils, et réviser ce qu'il avait à dire. Mais à quoi bon préparer un texte ? Il n'avait plus envie d'attendre, plus envie de se morfondre : sa seule volonté de l'instant était de pénétrer dans cette pièce et de faire voler en éclat la tranquillité de sa belle. Lui rappeler avec gêne et violence son existence, ce qu'il lui avait dit et fait ; la cueillir, la surprendre, secouer le tout et voir ce que cela ferait. Il sourit de plus belle, l'adorable diable brun, et avança sa main vers la clenche qu'il saisit fermement. Un soupir, un autre ; un léger ricanement. Le rythme cardiaque légèrement accéléré, il se fit la réflexion qu'il était aussi simplement heureux de la revoir ; la porte s'ouvrit.

Il entra en silence, la démarche sûre et le sourire lointain, sans la regarder. Ce fut volontairement lentement qu'il se dirigea vers le distributeur de canettes, l'ignorant toujours, mais parfaitement certain qu'elle l'avait vu si elle avait daigné lever les yeux de son ouvrage. Il fouilla dans sa poche dans un tintement de piécettes, et en chantonnant une mélodie à la mode, il inséra de la monnaie dans la machine et se commanda un Coca. Alors seulement, il se tourna vers elle, et ses yeux verts semblèrent opaques à la lumière artificielle des néons du plafond. Il croisa les bras ; s'adossa au distributeur, et lui sourit sans un mot. Il resta un long moment dans cette position, savourant toutes les expressions qui pouvaient passer sur le visage d'Ilona, amèrement désireux de connaître ses pensées, de savoir ce qu'elle pouvait avoir en tête à cet instant. Son uniforme chiffonné, couvert de suie et de sable, lui collait à la peau, un peu déchiré aux coudes, et renforçant la carrure droite de ses épaules.

- " Ilona, quelle surprise... !" lança-t-il enfin avec un petit mouvement moqueur du menton. Ses sourcils se soulevèrent, son sourire se changea en moue enfantine. "Est-ce que tu chercherais à m'éviter, ma belle ? Ca fait longtemps que je cherche à te croiser, tu sais..."

Il ramassa sa canette et d'un mouvement lâche, quitta l'appui de la machine. Son pas lent le ramena près d'Ilona, qu'il domina quelques secondes de toute sa hauteur, avant de s'asseoir à ses côtés. Les jambes largement tendues en avant, il décapsula son Coca sans la quitter du regard, dévorant littéralement son visage de ses yeux jadis inexpressifs, cette fois-ci gourmands. Il aurait aimé pouvoir deviner à l'avance toutes ses réactions, et trouver les mots justes et cinglants.

- " Allez, maintenant que je suis là.. Dis-moi que tu es contente de me revoir, chérie. "

Le ton était sucré et caressant, la voix traînante et assurée. Provocation. Il se riait bien de la réponse à cette question.

Son visage se fit alors étonnamment tendre, même si l'on apercevait encore la supercherie et l'orgueil sur les traits juvéniles. Il se comportait - de droit - comme le conquérant qu'il était, sûr et certain que la belle serait pour toujours sous son terrible pouvoir. Il finit par se mettre à rire, un rire désagréable et hautain.

- " En tout cas, tu sais quoi ? Je te pardonne."

Impossible de savoir si ses mots étaient sincères, ou s'il ne s'agissait là que de la gratuite et pure méchanceté. Theo avait fait exprès, du moins, d'occulter ses propres actions, qui lui paraissaient si dérisoires, révolues au passé. Et par ce pardon qu'il lui accordait, sans qu'elle n'ait rien demandé encore, il s'engluait dans sa propre cruauté ; comme si la divine décision de leur réconciliation n'avait jamais appartenu qu'à lui, et qu'elle n'avait pas son mot à dire. Il était déjà très aimable de lui dire ça, uhm ? Elle avait après tout dévoilé son véritable travail à Cinderella, une civile...

Comble de la perversion, il avança une main sûre et franche vers la joue d'Ilona, dans l'intention évidente de la caresser, comme une étoffe précieuse, comme une amante enfin retrouvée qui dans son esprit lui retomberait facilement dans les bras. Mais bien entendu, il savait que ce ne serait pas aussi facile ; et d'ailleurs, il ne le souhaitait pas. Il tenait précieusement à ce qu'Ilona soit blessée par son comportement, ou peut-être pas ; simplement gênée, énervée, furieuse. Qu'elle réagisse, quand bien même elle soit violente. Il préférait cela à l'ignorance qu'elle lui avait accordé jusque là.

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Ilona Meyers
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MessageSujet: Re: It's gonna be hot in my big silver pot | Mer 21 Sep - 1:09

La petite camionnette noire aux vitres teintaient balotait l'équipe. Au virage, tout tremblait, tout se secouait. Une deuxième suivait derrière. On parlait encore et encore. Des bruits comme le bourdonnement d'une agaçante mouche à merde. Il y avait le crépitement de la radio qui envenimait le tout. Ilona était à l'avant, près du conducteur et les deux trois autres derrière. Ils étaient fier de la réussite de leur mission. Non vraiment ? LEUR ? D'accord, ils avaient potasser, passer leur nuit à surveiller les lieux, les mouvements de la cible. Mais le reste ? Il serrait ses mâchoire, masculinisant son visage et son expression. Les yeux clos, elle essayait de ne pas le entendre se vanter de ce qu'il avait fait, ou pas. Oh, oui, elle devrait les remercier d'avoir assuré ses arrières, gardant la distance.

La radio éveilla brièvement l'attention de la blonde qui se retenait de s'assoupir. On s'arrêta à un carrefour et après un temps interminable, le feu passa au vert. Les messages se suivait avec cette voix déformée et robotique, comme pleine de parasite.

"Livraison faîte, séparation des ensembles"

Elle leva un sourcil et croisa les bras, remontant ses genoux, ses talons qui rayait le haut de la boite à gant. Elle était détendue maintenant qu'elle n'avait pas le prisonnier derrière leurs fesses. Il y avait beaucoup moins de risque d'attaque. Elle se demandait aussi pourquoi, en terme de discrétion, il fallait de tel véhicule noir aussi clinquant et loin d'être discret dans le fond. Encore une grande question qui l'agaçait, autant que les idioties que les autres lâchait. Il n'y avait que l'autre collègue, coincé, toujours réserve qui ne parlait que rarement. Lui, il faisait bien son travail quoi qu'il était trop attaché au protocole. Ce dernier avait un peu du mal à s'articuler avec le style de procédé qu'adoptait la blonde. Quoi que, quelques jours plus tard, il apprécierait sans l'avouer la scène sensuelle qu'elle lui ferait pour qu'il joue ses chauffeurs. Or, ce n'est pas ce qui nous intéresse à cet instant.

Cette mission prit pas mal de temps. La cible était entourée et elle avait le bras long. Elle avait un bon nombre de contact et il était difficile de la filer. Malgré tout, ils y arrivèrent. Ilona s'occupait de le tracer la journée et de demander à ses anciens amis ce qu'ils savaient sur lui. Mutant très recherché, entouré, protégée, hostiles. Forcément, on le retrouvait dans le marché noir, dans l'autre monde, celui du sous-sol, du caché, du bouche à oreille, du main en main. De plus, cela lui donna l'occasion de revoir Dakota, celui qui lui avait tout appris de ce milieu qui l'avait prit sous son aile et qui l'avait aimé. Il était toujours attaché à elle, mais plus de la même façon. C'était moins fort. Quoi qu'il en soit, son petit monde sous terrain l'aida à trouver un peu plus vite la cible et ses habitudes. On osa lui demander comment elle avait fait ça. Son collègue se retrouva avec le canon de son muger sous le menton. On ne la questionna pas plus. Arriva enfin le jour de la capture. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas fait ça. Depuis qu'elle avait repris du service pour l'Opération, on lui donnait souvent des missions de reconnaissance ou des vérifications, des recherches. Au QG, on savait qu'elle avait son réseau et qu'il pouvait fortement aidé, comme pour cette homme.

Attendant dans la voiture avec un de ses collègues, d'autre en civil dans la rue. On repéra la cible. Puis comme souvent, depuis les vraies chasse et même celle d'extermination, elle avait encore cette habitude de tourner la tête et chercher le regard provocateur et excité de Theo. Non, elle ne voyait que des expressions concentrés, fades, voire quelques fois nerveuses. C'était si, déprimant. Elle se rappelait encore les courses poursuite avec le jeune Paradise dans les rues. Ils se complétaient, se comprenaient. Du moins, le jeune homme savait comment elle marchait et s'arrangeait avec elle. Ca faisait un petit moment qu'ils travaillaient ensemble aussi. Ils s'étaient habitués. Là, il fallait tout réapprendre et elle ne ferait aucune concession pour eux. "Bande de bras cassé" les surnommait-elle souvent. Elle avait trop de fois renier ce regret, ces remords. Elle se concentra sur Matthew qu'elle avait hâte de retrouver. Elle espérait rentrer avant qu'il ne parte au casino. Elle ferait même un effort pour l'y amener. Elle se demandait soudain d'où venait cette satané obsession pour ce mutant. Elle n'en pouvait plus de le voir occuper autant son esprit. Or, quand ce n'était pas lui, c'était Theo. Est-ce qu'il lui plaisait où comblait-il seulement le manque que l'enflure avait laissé avec sa putain de luxe ? Elle aurait tant aimé se sortir Theo de la tête à jamais. Elle se tapa légèrement le front, s'imaginant un bref instant les attentions qu'elle donnerait à son colocataire. Elle retrouva sa concentration.

Bondissant de sa voiture, juste avant que son collègue ne lui tape le bras. Ce n'est que simplement vêtu d'une petite robe, de haut talon, de leggins d'été. Elle ne put malheureusement pas sortir ses petites chéries, ses deux Mugers avec silencieux. Elle avait opté pour le flashball. Elle ne prit qu'une seconde pour armer, cibler et tirer. L'homme s'écroula sur le sol. Elle entendait ses collègues dans son oreillette lui dire qu'elle était folle et irresponsable. Comme si elle ne le savait pas. Elle avançait plus déterminé que jamais. Non, elle ignorait bien Theo, mais elle pensait souvent à lui, surtout à ce genre de moment. C'était sa tête qu'elle imaginait. Deux balle. L'homme vascilla, son téléphone portable vola au sol. Les hommes commençaient à paniquer. Les contacts à côté de la cible n'eurent pas le temps de sortir leur armes que déjà Ilona sortait son muger pointé sur l'homme à terre. Elle les dissuada de bouger. Leur patron était bien plus important. L'un d'eux se mit à courir, alors que l'autre se fit plaquer au sol pour le collègue réservé. On en avait deux pour le prix d'un, ce n'était pas trop grave. Elle balança son flashball à un autre collègue qui s'approcha au pas de course. Elle lui arracha ensuite la matraque en fer pour rouer l'intéressé de coup. Elle lui brisa les chevilles, au cas où il aurait aimé s'échapper. Le pauvre homme se tordait de douleur, lui manquant quelques dents et du sang un peu partout. Elle n'y était pas allé de main morte. Elle laissa ensuite tout le plaisir à sa nouvelle équipe de s'occuper des détails et des finitions. On balança la cible dans le camion et après, elle s'était enfermer dans l'autre véhicule.

Elle était dans la salle commune, assise à la grande table. Comme à son habitude, elle prenait toujours du temps à démarrer son rapport. Elle tapait le haut de son crayon sur l'immense bureau gris mat et fixait sa perruque rousse, légèrement bouclé qui lui arrivait juste au dessus de ses épaules. Oui, on lui avait imposé ça, vu son manque de discrétion. Ainsi, elle conservait son identité et préservait sa sécurité. Elle se mordait le pouce et alors qu'elle s'élança, la porte grinça. Au début, elle n'y prêta pas attention, lancé dans sa dissertation. Mais cette odeur... Elle ferma les yeux longuement avant de les rouvrir sur une silhouette qui la hantait. Voulant retenir son coeur qui bondissait hors de sa poitrine, ses larmes qui montait, sa rage qui l'enflammait, aucune expression ne passait, sauf son regard affûté. La mâchoire encore plus serré, elle était assez effayante. Dangeureuse. Mais Theo la connaissait et malgré le sang de la victime sur ses mains, il ne pouvait la craindre. A quoi jouait-il sérieusement ? Elle n'avait qu'une envie, le tuer. Le voir disparaitre ...

Elle se crispa quand elle le vit bouger à nouveau. Elle voulait lui hurler de partir, mais rien ne sortait. Elle était complètement handicapée. Elle feignit de l'ignorer et continua d'écrire, or les mots ne venaient plus. Quand il s'assit à côté d'elle, elle recula légèrement sa chaise. Elle serrait son crayon si fort, qu'un simple mouvement du pouce le fit craquer. Décidément, les crayons n'avaient pas un bel avenir avec elle. Comment osait-il ? Elle voulait répondre, mais toujours rien. Une boule acide remontait de son estomac. Elle respirait fortement, tel un buffle. Il se moquait encore d'elle ? C'était la meilleure ! N'en avait-il pas assez d'écraser sa pauvre carcasse qu'elle essayait de rassembler un temps soit peu ? Elle ferma les yeux un instant pour trouver un peu de sérénité mais il alla trop loin. Elle sentit sa main s'approcher de sa joue. Tendre sensation qui lui avait cruellement manqué, mais ce fut plus fort qu'elle. Theo se retrouva avec une droite en plein milieu du visage.

_Ne me touche pas ! hurla t-elle, complètement hystérique, ne s'étant pas retenue.

Elle avait presque l'air aliénée. Tremblante et rouge de colère elle griffait la table.

_Je... Je ne t'évite pas, je t'ai sortit complètement de ma vie. J'aurais aimé t'éliminer, mais j'aurais perdu ma place et j'en ai trop besoin. Puis tu n'en vaut pas la peine. J'espère que la vie sera assez clémente pour te laisser chuter... Si tu a fini, tu peux partir et nettoyer ce nez qui saigne. Ca me donne la gerbe...

Elle finit par attraper la matraque en fer qui trainait sur la table. Elle se leva lentement et dégaina. D'un geste rapide, la barre s'allongea. Elle n'avait plus le même regard. Elle n'était plus Ilona, le pitbull polonais. Elle avait simplement son miroir de l'âme brisée. Il l'avait tellement blessé.

_Est-ce qu'il va falloir que je te tue pour que tu me laisses tranquille ? Tu... Ca t'amuse d'être... Un monstre ? Je ne suis pas... Je... Je t'aim... J'ai été conne ! Tellement conne ma parole !!! Pourquoi, alors que t'as eu ce que tu veux, tu continues de me pourrir la vie ! Tu... Tu ne sais pas ce que tu as fais de moi ! Tu n'imagine pas une seconde ce que toi et ta salope avait fait ! Je t'assure que j'ai toute les raisons de te flinguer là. Tu ferais mieux de partir et d'arrêter ça. T'es quoi ? Un photographe minable et un chasseur. J'ai les moyens de te faire disparaitre et-

Elle lui donna un coup de matraque dans les genoux, ne pouvant finir sa phrase. Le bruit du métal qui rebondissait sur le sol, juste après, résonna dans l'immense pièce. Les larmes ravageaient son visage. Elle n'avait plus la force. Elle n'avait pas encore guérie de ses blessures. Elle n'avait jamais pleuré de cette façon devant Theo. De fatigue, d'énervement, oui, mais là... Elle était plus que vulnérable. Même quand ils s'étaient quitté la dernière fois, c'était de la rage. Ces larmes là, il n'y eut que Liam qui les avait vu. Elle l'aimait toujours, mais lui en voulait tellement que cette haine déborderait sur plusieurs générations. Enfaite, elle aurait préféré qu'il l'achève, plutôt qu'il ne continue.

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MessageSujet: Re: It's gonna be hot in my big silver pot | Jeu 22 Sep - 20:16

Theo dans un sursaut saisit son visage subitement ensanglanté. La canette ouverte de Coca roula au sol et répandit son contenu gazeux sur la moquette. Une grande confusion venait de l'envahir, si énorme comparée à la douleur qu'elle l'évinçait complètement. Il avait les traits tirés et la mine atterrée, surprise, un enfant pris en faute qui ne comprend pas la raison de sa fessée. Avec force et un gémissement larmoyant, il pinça l'arête de son nez blessé, toujours sans y croire.

Son nez ! Son précieux visage ! Elle venait de le défigurer, cette pauvre folle !

Les mains crispées sur sa figure, Theo ne fit pas vraiment attention à ce que la blonde lui cria après son coup furibond. Dire qu'il ne s'était pas attendu à cette réaction - horriblement excessive à son goût - relevait du pur euphémisme. Quelques gouttes de sang perlaient au creux de ses narines, qu'il essuya d'un geste rageur sur la manche de son uniforme fatigué. Il leva vers elle un regard qui ne comportait plus un soupçon de cette si délectable provocation, mais à la place une colère froide et rentrée. Il n'avait pas envie de chouiner devant elle, quand bien même son désir le plus féroce à cet instant était de sortir un miroir de poche et de constater l'étendue des dégâts nasaux qu'il venait de subir. Son nez n'était peut-être pas déjà assez large, peut-être... ? Theo la défia des yeux, toujours assis comme un prince sur son fauteuil, voulant par-dessus tout lui prétendre que ses réactions ne le touchaient en rien. La magnifique droite qu'elle venait de lui coller dans la gueule rappelait simplement à sa mémoire sélective la force masculine que pouvaient contenir ces si petites mains. La violence faisait intimement partie d'Ilona, ça, il ne l'avait pas oublié. Il l'aimait comme ça, d'ailleurs, aussi folle et déraisonnée que possible, passionnelle et cruelle... Elle n'aurait pas été Ilona, sans ça. Et il ne se souvenait que trop bien, également, qu'elle était capable de faire du mal aussi bien que lui... Et à lui.

Un souvenir fugace, très bref, nagea un instant dans l'esprit saturé de Theo. La blonde lui criait dessus, et sa voix puait le sanglot contenu. Il ferma un instant les paupières, se séparant de la réalité pour s'enfoncer dans ce passé pas si lointain. Ils avaient eu un jour une mission extrêmement simple. Un hostile de faible dangerosité avait tenté une attaque contre la base Ptâh - le fou ! Le pauvre idiot ! - un essai si pathétique que les Bastets n'avaient même pas été mis sur le coup. Ils avaient traqué l'affreuse bête toute la sainte journée, jusqu'aux confins de la zone industrielle, puante et enfumée, pour enfin réussir à le coincer dans un bâtiment désaffecté. La charmante créature avait un don de polymorphe rudimentaire, mais suffisant pour les faire tourner en bourrique. A cet instant, Theo et Ilona s'étaient séparés, et le regard brûlant du jeune homme lui avait souhaité bonne chance à sa place. Il avait poursuivi la course seul, sans savoir que le Mutant avait pris sa forme, son physique, dans l'espoir de tromper ses coéquipiers. Ilona ne s'était pas laissée berner. Lorsqu'il était arrivé dans la pièce où se trouvait son double et sa jolie blonde, il ne s'était passé que quelques secondes avant que la décharge des Mugers se fasse entendre. Theo avait ainsi vu un bon calibre lui traverser la tête et faire exploser au passage le contenu de sa boîte crânienne dans une gerbe de sang assez écoeurante. Pantois et déconfit, il avait ouvert la bouche comme un poisson hors de l'eau tandis qu'Ilona rangeait calmement ses armes et que le Mutant reprenait sa forme primaire. "Comment pouvais-tu être sûre que ce n'était pas moi ?" Il avait eu peur, et le spectacle de sa propre mort, si brutale et si simple, ne l'avait pas du tout amusé. Nauséeux et effrayé, il l'avait simplement vu sourire en guise de réponse, et s'était promis ce jour-là d'accorder à Ilona une confiance relative.

Revenu au moment présent, le jeune homme grogna en reniflant, indifférent au goût de rouillée salée qui lui remontait dans la gorge. Bon, il lui accordait ce coup-là, même lui ne pouvait nier qu'elle l'avait bien mérité. Mais ce n'était pas pour autant que le jeu était terminé, et qu'il n'avait pas le droit lui-même de montrer les dents. Elle ne voulait pas de son pardon ? Il s'en passerait aisément.

Theo leva les sourcils en laissant un regard moqueur traîner sur les traces de griffures qu'elle avait laissé sur la table. Il se mordit légèrement la lèvre, amusé et excité à l'avance de ce dont elle était capable, les battements sourds de son coeur envoyant à chaque divine impulsion la quantité significative d'adrénaline délicieuse qui courait dans ses veines. Il se repositionna sur la chaise, droit et majestueux, un léger rictus indécollable sur le coin de sa bouche, le regard hautain pointé sur Ilona. Maintenant qu'il était de retour dans la réalité, et plus dans ses souvenirs si troublants, il ne ratait pas une miette de ce qu'elle pouvait lui dire.

- " Ah, je suis sorti de ta vie, hein... ? Alors pourquoi tu te mets dans cet état, joli coeur ?" siffla-t-il d'un air mauvais.

Alors elle se leva et dégaina sa foutue matraque, faisant onduler cette stupide perruque rousse dont elle s'était affublée. Encore un jeu de sourcils, cette fois il n'en souleva qu'un pour insuffler autant de mépris que possible à cette mimique, et croisa lentement les bras. Oh, il était sous tension et il ne se faisait pas d'idées : Ilona était capable de se servir de sa matraque ; mais encore une, il voulait, il désirait plus que tout paraître plus insensible qu'il ne l'était. Il fallait qu'il chasse la peur tout comme l'affection et la pitié, où Ilona le balaierait purement et simplement. Il avait la sordide impression que son petit pantin avait coupé ses fils tout seul.

Le visage buté, l'expression sinistre, Theo l'écouta alors comme il ne l'avait jamais fait. Elle paraissait au bord des larmes, de la crise d'hystérie, prête à le frapper, le mettre en pièces. C'était d'ailleurs ce qu'elle était en train de lui expliquer, arrachant un rire lugubre et peu convaincu au jeune homme.

- " Un monstre ? Et toi, ma belle hein, t'es quoi ? Tu m'aim-m-m-m-es ?" Il leva le menton pour se moquer, imitant le bégaiement et les pleurs de la blonde, bien que son coeur se soit légèrement serré sous la pression du désespoir d'Ilona. Mais il ne se laisserait pas faire, non ! "Très touchant ! Drôle de façon de le montrer, mais passons..." Il dut élever un peu le ton, leurs voix se chevauchaient, ils criaient en même temps. "Tu ne sais rien non plus ! Tu sais ce que tu peux faire, hein ?"

Il s'interrompit alors. Ilona venait de lui porter un coup. Un craquement de mauvais augure retentit au niveau de ses genoux, couvert bientôt par un affreux râle de douleur.

Theo cria brièvement, un mélange de jurons et de souffrance pure, le corps tendu en avant, rendu frissonnant par ses nerfs mis à rude épreuve. Les poings serrés et la mâchoire plus contractée que jamais, il tâchait d'oublier la douleur qui paralysait ses jambes et l'infâme bruit d'os brisé qu'il avait cru percevoir dans son ivresse. Les jointures blanchies, il frappa la table de son poing crispé, à plusieurs reprises, comme pour contenir les propres élancements qui grimpaient jusqu'à sa cuisse. Le meuble trembla à chaque fois sur ses jambes de bois brun, avec des grincements satisfaisants. Un bruit métallique lui apprit - car ses yeux étaient très fermement clos - que la matraque venait de tomber au sol, et des sanglots délirants que les vannes d'Ilona s'étaient ouvertes à gros flots. Il se força à l'observer, le visage contracté, le dos largement voûté en avant, réfrénant comme il le pouvait sa propre douleur.

Il n'avait jamais voulu que ça se passe comme ça. Non, non, il ne s'était pas imaginé cela... Quand étaient-ils arrivés trop loin ? Quand avaient-ils passé le barrage du non-retour ? Il semblait maintenant que la situation était désespérée, vouée à la brutalité et à la trahison, sans aucun espoir de rédemption. Est-ce qu'il avait vraiment fait tout ça ? Etait-ce lui qui avait brisé ainsi Ilona ? Jamais il n'aurait cru la voir dans cet état, et pourtant, elle sanglotait comme une folle à deux pas de lui, les yeux rougis et noyés, vulnérable et blessée, blessée. Brisée. Il se dit qu'il était idiot, qu'en effet il était un monstre, et de la pire des engeances. Il se fit la réflexion, également, qu'il s'était trompé de cible, qu'il s'en voudrait longtemps, et qu'elle avait raison. Il chuterait, et son comportement ne faisait montre que de sa volonté farouche mais condamnée à courir comme un beau diable au devant de cette falaise. Pour fuir ou s'y précipiter, il n'avait pas encore vraiment décidé. Il la regarda, et il se dit qu'elle était la seule femme à lui avoir dit qu'elle l'aimait depuis la tendre époque de l'adolescence et des amours badines, fausses et répétitives, des fillettes prêtes à soulever leurs jupettes devant un con comme lui parce qu'il avait un peu d'argent à leur faire miroiter. Et ce je t'aime était si incomparable... Une sourde douleur, bien différente du feu nourri dans ses genoux, lui noua l'estomac comme un pauvre élastique. Il était stupide, oui, et Pixie avait raison : il était un enfant, qui jouait tel un despote avec une multitude de jouets. Lorsque l'un deux, malheureusement, avait fini par le lasser, il révélait le côté sadique propre à tous les gamins : détruire, ravager, faire du mal à son jouet, dans la volonté puérile de le voir un peu souffrir. Les jouets, évidemment, étaient interchangeables, et quand quelqu'un d'autre voulait mettre la main sur une de ses possessions, il se mettait à bouillir. Cet esprit juvénile et contradictoire lui avait fait faire les pires bêtises du monde, et couplé à son impulsivité maladive et son orgueil dévorant, il était sûrement en train de saccager sa propre vie. Il n'était même pas capable d'être proche d'une femme sans lui faire du mal ou l'importuner : il y avait Pixie, qui nourrissait les plus oniriques visions, enrubannées de frustration et de rancoeur, mais d'une si grande affection qu'elle effaçait les mauvais côtés. Comme un frère, il se sentait le devoir de l'épauler et de la soutenir, de la protéger et de ne jamais lui faire de mal. Mais il était un poids pour elle, et le sens unique ne lui plaisait pas. Il y avait Cinderella aussi, qui faisait tourbillonner une passion incroyable au coeur de son ventre, qui le faisait sentir si homme et si fiable, qui le faisait rire et penser, jouir et soupirer, pour qui il avait envie de décrocher la lune tant il se sentait un serviteur pour sa royale personne. Mais elle était mariée, enceinte jusqu'aux dents, il n'aurait jamais la moindre chance avec elle, jamais ; cela ne l'empêchait pas de redoubler d'attention pour elle, et d'être au chevet de ses moindres désirs.

Et il y avait Ilona. Ilona, la seule des trois qui avaient prononcés les mots maudits, la seule qui avait ressenti pleinement, jusqu'aux tripes, ce sentiment honteux et avilissant pour un homme tel que lui. La seule qui l'avait un jour regardé avec les yeux qu'il avait pour les deux autres. L'unique également qu'il faisait souffrir à ce point, qu'il prenait plaisir à voir jouer au bout de ses doigts de marionnettiste, qu'il renvoyait comme un yo-yo lorsqu'il était lassé de ses services, et qu'il venait harceler, tourmenter, quand elle l'abandonnait enfin. L'évidente vérité, soudain écrasante, continuait de lui comprimer la cage thoracique, si bien qu'il semblait peiner à respirer, ses yeux plissés fixant sans comprendre le visage inconsolable d'Ilona. Oui, il n'était qu'un monstre égoïste, en effet, une putain de pourriture sans cervelle. Il n'avait jamais pensé à considérer Ilona de cette façon-là, celle qu'il réservait aux deux uniques femmes qu'il ne pourrait jamais avoir. Et pourquoi, hein ? Estimait-il la partie trop facile, sans intérêt ? Il était revenu vers elle, alors même que la victoire lui appartenait déjà, et il y avait une raison, une saloperie de raison que son esprit tordu ne lui révélait qu'au compte-gouttes. Et maintenant qu'Ilona le haïssait tant, allait-il souffrir... ? C'était très probable. Maintenant qu'il avait compris ce qu'il avait exactement perdu, sa seule chance d'être aimé sincèrement. Cette pensée lui fit peur, et suffit à redresser devant lui son bouclier protecteur. Peuh, ridicule, insensé ! Le moment d'égarement fuyait bien loin dans son subconscient, avec tous les souvenirs douloureux et les instants manqués, bourrés dans un coffre puant la frustration. Et à la place revint la tendre fierté, la douce bravade. Il se passa une main - toujours serrée - sur le visage, et quand il leva les doigts, il riait.

Lui aussi avait l'air quelque peu fou avec ce ricanement si déplacé. Bientôt il s'esclaffait complètement, le poing crispé sur un genou, les dents apparentes et serrées.

- " Espèce de... de tarée..." grogna-t-il en haletant, encore pantelant à cause du coup. "Tu veux "m'éliminer", c'est ça ? Hein, c'est vraiment ce que tu veux, pas vrai ? Hé bah qu'est-ce que tu attends ?"

Dans un effort surhumain, il se leva soudainement et dut réprimer un gémissement de douleur. Mais la rage bouillonnante qui l'envahissait comme un raz-de marée lui conférait suffisamment de force et de volonté pour ignorer sa blessure un petit moment. La position hésitante de ses jambes était significative : il ne pourrait marcher sans boiter, du moins pas avant du repos. Le menton relevé, se tenant à la table, il avança vers Ilona, son visage assombri.

- " Je ne plaisante pas Ilona, vas-y ! Montre que t'as du cran, que t'es plus forte que moi ! Bute-moi, allez !" lança-t-il avec dédain, irritation, et une pointe de folie furieuse. "T'auras pas une meilleure occasion qu'aujourd'hui, petite fille..."

D'un geste brusque du pied, qui fit craquer ses articulations, Theo chassa des environs la matraque tombée au sol, et continuait de se rapprocher toujours un peu plus d'Ilona. Sa progression était laborieuse et difficile, mais il ne s'arrêtait pas.

- " Arrête de chialer !" cria-t-il soudain, vraiment gêné par ce torrent de larmes. Ilona ne pleurait pas comme une chiarde, elle lui tenait tête et c'était là la clef de leur relation. Il n'avait pas le pouvoir de revenir en arrière et d'offrir une épaule à ses larmes, comme il l'aurait pourtant fait pour Pixie ou Cinderella. Cette image lui donna un nouveau coup, et il lâcha avec encore plus de force : "Tu l'as voulu, tout ça ! Toi aussi, t'as cherché à me faire du tort ! Relève la tête, putain, regarde-moi ! Et toi t'es quoi hein ? Une tatoueuse maniaco-dépressive, une pute ratée ! Tu crois que t'as les moyens de me faire disparaître ? Alors prouve-le !"

Theo venait d'arriver devant elle, seuls quelques centimètres les séparaient. Il plongeait son regard dans le sien, une légère grimace de douleur déformait la haine pure de ses traits. Il avait l'air blessé aussi, et très confus, mais c'est d'un geste plein de brusquerie qu'il saisit la perruque d'Ilona et l'arracha en la bousculant un peu. Il la voulait entière et réelle, la vraie Ilona, pas cette pâle et rousse photocopie qui chialait et minaudait.

- " Qu'est-ce que tu voulais de moi, Ilona... ?" demanda-t-il dans un souffle, soudain plus calme. "C'était quoi ton but, dans ta savante machination ? J'ai pas eu l'impression que tu me montrais ton amour, plutôt que tu cherchais à me pourrir la vie. Que voulais-tu que je fasse ? Qu'est-ce que tu attendais de moi ?!" Un cri, révélateur d'une réelle interrogation, douloureuse à souhait.

Theo sembla soudain perdre patience. Il la saisit par le poignet, et savait très bien que ce geste ne serait pas sans conséquence. S'il avait appris quelque chose, depuis qu'il connaissait Ilona et en particulier ce soir (la leçon avait été assez cuisante), c'est que le contact physique, surtout si cavalier et nerveux, ne lui serait jamais d'une aide quelconque. Au contraire. Ilona était comme un étalon qui ruerait dans les brancards à la seconde même où un inconscient voudrait lui passer un lasso au cou. Une lueur hystérique dans le regard, Theo se remit à rire, comme s'il avait voulu la provoquer jusqu'au bout et qu'il cherchait justement de nouveaux coups, à la limite de la malsaine excitation, pour éviter d'avoir à montrer son angoisse de la perdre et la crainte de son amour. Que ferait-elle ?

- " Sors un de tes précieux joujoux, Ilona, et colle-le moi sur la tempe ! Je sais que t'en as envieeee ! Tu vas adorer ça ! Succombe à la tentation, on verra bien si tu m'aimes !"

Tirant à lui la main d'Ilona, il s'approcha d'elle en rompant la limite invisible de la politesse sociale, presque collé à son corps sanglotant, et déposa leurs doigts entremêlés sur son propre coeur. Celui-ci battait rapidement, régulièrement, mais si fort qu'il ne faisait aucun doute qu'il avait peur malgré tout. En serait-elle vraiment capable ? C'était justement ce mystère qui rendait cela si affriolant, non... ? La mine réjouie, un peu folle et embrasée de Theo confirmait d'ailleurs son point de vue. Il attendait sa réponse avec une impatience fiévreuse, cherchant presque ses lèvres des siennes.


Ce n'était pas réellement ce qu'il avait voulu, non. Tout ceci lui apparaissait comme le pire des gâchis, et il n'avait pas choisi la bonne voie pour racheter ses fautes. Au contraire, il lui semblait qu'il s'enfonçait avec plaisir dans le mauvais chemin, celui qui était couvert de ronces et de chutes, et qui l'éloignerait à jamais d'Ilona. Mais c'était trop tard, à présent, et sa fierté bafouée n'aurait pas survécu à l'horreur d'une explication sincère. L'exagération et la mise en scène catastrophe, violente et irréelle, était plus dans ses cordes.
Pourquoi ne s'était-il pas assis calmement à côté d'elle pour lui dire qu'il était désolé ? Il lui semblait, souvenir brumeux et presque impalpable, qu'il l'avait au départ cherché dans ce but très précis. Mais encore une fois, quelque chose l'avait détourné de son objectif principal et l'avait fait réagir de la seule façon qu'il connaissait : la folie et la violence. Parce que ce n'était pas n'importe qui en face de lui ; c'était la seule qui avait eu la faiblesse de tomber amoureuse de lui.

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Ilona Meyers
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MessageSujet: Re: It's gonna be hot in my big silver pot | Jeu 22 Sep - 22:12

Ilona sentait toutes les humeurs passer en travers de son corps, comme le tonnerre qui frappait sur le sommet de son crâne. Le voir ramper à elle, son air si différent. Avait-elle réussit à le toucher plus que physiquement avec ses coups ? Pouvait-elle se nourrir de l’espoir qu’elle avait pu trouver son cœur et au moins un peu de culpabilité, même de la pitié, ce serait pas mal. Tremblante de rage, elle avait presque envie de lui sauter au cou et lui demander qu’elle aurait aimé que tout redevienne comme avant. Mais d’un autre côté, elle le revoyait se moquer d’elle alors qu’elle lui avait dis des mots qu’elle n’avait pas prononcé depuis trop longtemps. Comment pouvait-elle la piétiner si facilement alors qu’ils étaient des amis. Il n’était qu’un comédien devait-elle en conclure. Elle ne le regardait même plus, repassant les anciens souvenirs, ses répliques pire qu’inacceptables, ses sentiments, son émotion, du moins toutes celles qui ne cessaient de défiler. Les larmes ravageaient toujours son visage. Elle aurait préféré se couper elle-même un doigt plutôt que de lui laisser tout le plaisir de la voir dans cet état. C’était bien ce qu’il cherchait non ? Sinon, pourquoi aller aussi loin ? Elle ne pouvait pas imaginer une seconde que cette Cindy, avec ses airs de femmes fatale et son cœur si généreux ait pu manipuler un homme comme Theo.

Elle le jaugeait, mais même s’il était courbé par la douleur de la confession ou de son coup, elle n’en savait rien, on n’y voyait même plus son air hautain, ni même une once de dédain habituel chez elle. Les lèvres tordues de tristesse, elle reniflait bruyamment. Puis alors qu'elle ne cherchait simplement à lui témoigner toutes la rancœurs et la douleur qu'elle avait, elle avait réveiller la bête qui était en Theo. Elle l'avait rarement vu s'énerver ainsi après elle, souvent sur les autres, mais jamais elle. Encore peut-être leur dernier soir, il avait été sec et ferme, mais il n'était pas aussi impulsif. Sa voix avait l'air de totalement lui échapper, elle déraillait. Il ressemblait à une âme vengeresse qui s'approchait d'elle. Elle avait sursauté quand il frappa sur la table et frissonna en entendant encore une fois son os craquer. Ce fut comme une lame glacée qui lui coupa tout le dos en long lorsqu'il s'approchait d'elle. Il était effrayant, il n'y avait pas d'autre mot. Elle était proche du petit animal en détresse. Il ne lui laissait pas une seconde de répits. Elle ne cessait de trembler, transit de peur et le stress qui montait. La matraque la surprit, ainsi que son cri de rage face à ses larmes. Elle se mordait la langue aussi fort que possible pour s'arrêter, mais il n'arrangeait rien. Ilona était retournée dans le passé, elle avait à peine 13 ans, son père qui hurlait dans la maison, sa ceinture à la main. Elle essayait de reculer. Impossible. Elle était paralysé. Elle releva la tête, pas parce qu'il lui demanda. Elle ne pleurait plus, mais ses yeux étaient encore rouge de détresse.

_Fais attention aux mots que tu utilises connard... Je ne suis pas une pute... siffla-t-elle.

Il était si proche d'elle à présent et son cœur était un vrai requiem dans son corps. Elle avait horriblement peur. Ce visage, elle ne le connaissait vraiment pas et ne savait pas à quoi s'en tenir quand il était comme ça. Et si finalement, il l'achevait littéralement ? Il avait l'air instable, et surtout imprévisible. Elle en avait assez de la spontanéité des gens. Elle souffrait assez des humeurs qu'on ne pouvait présager de Matthew. Elle s'était protéger le visage de ses mains alors qu'il lui arrachait sa perruque. Il retrouvait ses cheveux décoloré à l'extrême qui retombait doucement devant son minois apeuré. Elle retira lentement ses mains. Il continuait de lui gueuler de sortir ses armes en l’oppressant de sa présence tant haie et désirée. Elle tremblait, les sanglots remontaient un instant. Il lui avait prit le poignet qu’elle retira violement sans résultat. Elle ne réussit qu’à le secouer très légèrement, mais elle était toujours sous son emprise.

_Ne me touche pas ! Hurla-t-elle dans le vent.

Elle baissa un instant et quand elle releva la tête, ses lèvres étaient si proches des siennes. Elle sentait aussi son cœur contre sa petite et fine main blanche, mais surtout la chaleur de la sienne qui lui avait tellement manqué. Elle ne savait vraiment plus qui elle était. Ilona Meyers, la chasseuse au caractère de feu ou alors la petite fille qui rêvait d’être une grande artiste reconnue. Comment cette relation pouvait-elle être pire qu’elle ne l’avait été quand il l’avait presque laissé pour morte après son départ. Pendant un mois, elle ne quitta son appartement. Son voisin venait souvent pour faire les courses ou lui faire à manger, mais c’était limite si elle daignait sortir de son lit. Elle était qu’une âme en peine, trainant sa carcasse comme un boulot, plutôt son cœur qui lui arrachait les entrailles. Elle avait tellement pleuré qu’elle ne se pensait pas capable de pouvoir le faire encore maintenant. Elle avait perdu énormément de poids, n’avait bu comme jamais, s’était droguée. Si, elle quitta son appartement à la fin du mois à cause d’un coma éthylique, heureusement, fait devant Mischka.

Les épaules lourdes, mais son visage qui restait élevé grâce au baiser tant rêver qu’elle voulait arracher à Theo.

_Tu veux que je succombes ? Tu ne me crois pas capable de faire ça ? Dit-elle du bout des lèvres, le regard perdu.

Elle leva juste les pieds pour venir l’embrasser. Ce fut d’abord timidement, puis après avec plus de passion. Elle passa une main trempée de larmes et de khôl dans sa nuque pour resserrer l’étreinte. Elle prit tout le temps d’apprécier. Ce fut comme boire de l’ambroisie, toucher à un bonheur si dangereux mais si délicieux et bon. Pendant ce temps, alors que Theo avait l’air de la retrouver lui aussi, elle sortit un muger. Très délicatement, elle le posa sur la cuisse du jeune homme. Elle appuya fortement le canon sur son pantalon et tira au même moment. Le corps du jeune homme se déroba sous elle. Elle avait lâché son arme et elle le rattrapa tant mieux que mal.

Elle posa un genoux à terre alors que Theo se tenait la cuisse. Il avait l’air concentré sur la nouvelle plaie qu’elle venait de lui procurer. Il n’aurait pas du jouer le feu, surtout pas avec elle. Elle était un peu paniqué. Même elle ne se pensait pas capable de faire ça. Tremblante, et les larmes qui remontait, elle posa ses mains pleines de sang sur le visage de son amant de toujours. Ses yeux verts plongé dans les siens étaient tendres et désolés. La voix tremblante, elle lui vola d’autre baiser.

_Je suis désolé, excuse moi… Mais, tu l’as cherché. Je t’aime, je t’assure… Mais là, c’est toi ! Je… Regarde moi, écoute moi putain de merde !!! Hurla-t-elle en cherchant ses yeux, lui donnant un nouveau baiser. Si j’ai fais toutes ces conneries, te pourrir la vie avec ta putain, c’est parce que je t’aimais trop ! Je ne partage pas, je ne crois pas que tu l’as compris, pourtant tu devrais non ! Mais, vous avez tout gâché. Tu t’es fais pourrir, pas par moi, mais par une conasse que tu ne pourras jamais avoir. Franchement, elle te quitterai, avec un enfant dans les bras alors que t’as pas grand-chose, ni même les moyens de la protéger de son mari ? Je ne suis pas la plus perdante dans le fond… Tout ce que je voulais c’était toi. Maintenant… J’espère que tu comprendras ce que j’ai vécu chéri. Tu sera plus ou moins mis à pied et malheureusement tu n’auras que du temps pour penser à tout ça… Remercie moi d’aimer tout partager…

Elle s’arrêta. On venait d’entrer dans la pièce. Un homme sortit une radio et demandait du renfort. On avait été alerté par leur hurlement, les grognements de douleur de Theo et bien sûr le coup de feu, malgré les silencieux. Le sang s’était répondu sur le sol blanc en pvc. On arriva et avec une grande précaution : soit une multitude de canon pointé sur Ilona, s’égosillant pour qu’elle jette ses armes. Elle le fit. On l’attrapa violement par la hanche, la décollant du sol, l’arrachant à Theo auquel elle donnait un dernier baiser. Elle ne se débattait pas ou à peine. Elle n’arrivait même pas à toucher de ses fameux et célèbres talons le sol, inondés de sang. On l’amena dans une autre pièce. On la balança sur une chaise. Pendant ce temps, dans la salle commune, des gens s’affairait autour de Theo pour essayer de soigner le plus gros et lui demander ce qui s’était passé. Une foule de curieux s’amassait dans l’étroit couloir.

_Meyers, putain ! Ca va mal finir tu sais ça ! Tu viens de jouer ta place, il y a peu de chance que tu restes… Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

Ilona était en boule dans le fauteuil, et regardait ailleurs, mordillant son index. Elle avait les yeux plein de larmes et un sourire nerveux sur le visage. Si Theo ne l’appuyait pas sur le coup et même si elle le faisait, elle sentait franchement qu’elle allait être jeté de l’Apocalypto.

_Je l’aime, c’est tout… C’est comme ça avec moi…
_Soyez sérieuse, ce n’est pas un jeu Agent Meyers !
_Un accident, murmura-t-elle seulement. Je ne voulais pas…

L’homme parla dans sa radio pour savoir s’ils avaient réussit à arracher quelques information à l’Agent Paradise.

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Theo Paradise
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MessageSujet: Re: It's gonna be hot in my big silver pot | Mar 27 Sep - 23:30

Theo ne s'était jamais senti aussi fiévreux, aussi furieux. Il n'avait pas pris garde aux murmures préventifs d'Ilona, ni à ses insultes, tout à sa folie, son corps entier palpitant jusqu'au bout de ses doigts qu'il maintenait serrés contre les siens. Il aimait ce contact, il lui avait manqué. Cette proximité était enivrante et salvatrice, mais elle ne parvenait pas à dissoudre tout-à-fait sa colère et sa vexation. Theo sentait bien que quelque chose allait finir par clocher, mais abandonné au juste instant présent, il n'était plus capable de réfléchir ou de prévoir.

Ainsi, lorsqu'enfin ils s'embrassèrent, toutes ses défenses tombèrent les unes après les autres, balayées, exterminées. Il pressentait au fond de lui que ce n'était là qu'une trêve délicieuse. La guerre n'était pas terminée, c'était simplement une halte, un havre de paix au milieu de la tempête, dans leur crise de démence.

Et pourtant, ils s'embrassaient, défiant la plus sibylline logique ; fougueux, leurs corps étroitement mêlés dans leurs gestes fous, leurs lèvres scellées, parfois entrouvertes pour laisser s'échapper les soupirs. Il l'embrassait avec passion, avec une sorte de désespoir, de détresse, parce qu'il savait bien que cet instant ne durerait pas et que la bataille ferait rage dès leurs bouches libérées. Et Theo se perdait avec un plaisir tourmenté, accablé, certain que c'était là sa dernière occasion de ne plus lui mentir, d'éteindre son foutu esprit de contradiction et sa putain de fierté, ses mensonges et son orgueil, d'avoir enfin cette chance de ne plus jouer à leur dangereuse séduction. S'il avait simplement pensé à l'effet que lui faisait ce baiser, et l'état dans lequel il était prêt à se mettre pour en profiter sans se sentir honteux ou sentimental, sûrement aurait-il tout arrêté là. Comme un noyé s'accrochant à son radeau, le pseudo photographe - Ilona l'avait joliment souligné - déployait ses mains dans les cheveux de sa blonde, mimant ses propres gestes, sentant ses petits doigts s'agripper à sa nuque ; se concentrant uniquement sur le goût mordant et acide de leur baiser, oubliant ou plutôt chassant tout le reste dans l'obscure cavité de son cerveau. Puisque tout allait s'arrêter, il pouvait enfin se permettre d'être vrai et de laisser parler ses pulsions de l'instant, ses puissantes émotions, et merde s'il ressemblait à un amoureux transi, cramponné à sa belle, puisque tout serait oublié, classé, hué...

- " Je n'ai pas peur de toi, Ilona..." souffla-t-il, entrecoupé parfois par ses lèvres. "Tu ne pourras pas me briser ou... ha... AAAAH, PUTAIN !"

Theo s'effondra. Il avait senti un poids froid sur sa cuisse, comme du métal en appui gênant contre sa peau. A peine le temps de constater l'information. Il n'avait pas pu traduire l'éventuelle conséquence à cette sensation. Sa seule réaction, en fait, fut de se taire et de crisper sensiblement ses doigts en coupe sur le visage, la nuque et les cheveux d'Ilona.

La douleur fut brutale, intense, incandescente. Il se sentit chuter sans pouvoir rien y faire, ses genoux se dérobant sous lui et une affreuse tâche de sang grandissant sur son uniforme. Râlant et gémissant, il écarquilla les yeux à la vue de sa blessure et la comprima des mains d'un geste désespéré. La vision légèrement troublée par quelques larmes de douleur qu'il ravala immédiatement, il tâcha d'observer Ilona, étendu, avachi plutôt, sur le sol dont la teinte virait au rouge écarlate.

Il avait envie de pleurer. Non, vraiment. La superbe avait quitté Theo Paradise, qui n'était plus un riche héritier, un pompeux photographe ou un rude agent Apocalypto. A cet instant, se tortillant par terre en éructant des gémissements de douleur pathétiques, il n'était qu'un jeune homme blessé par balle qui avait très peur de perdre l'usage de sa jambe. Jamais il n'avait eu une telle plaie, jamais il n'avait perdu autant de sang d'un coup, et cette pensée, couplée à la souffrance, lui fit tourner la tête. Nauséeux, il laissa Ilona maculer son visage d'hémoglobine, l'embrasser du bout des lèvres et se mettre à s'excuser. Les yeux vitreux, Theo tâchait de l'écouter, mais son port se faisait de plus en plus hasardeux et il avait du mal à se soutenir. Ses traits étaient tirés, douloureux, ses lèvres formaient une moue d'enfant, ses sourcils se tordaient ; on aurait vraiment dit un gamin qui vient de s'écorcher le coude. Mais vraiment, il avait peur, il était même terrorisé.

Sans force, il se laissa totalement glisser par terre, son dos rentrant en contact avec le sol détrempé par son propre sang. Décoiffé, sale et poisseux, Theo tâchait d'écouter Ilona qui comme toujours, n'y allait pas de main morte avec lui. Les paupières lourdes, il essayait de rassembler la force nécessaire pour lui répondre, sa cuisse lui envoyant un flot soutenu de messages de douleur, et l'embrassant dès que ses lèvres s'approchaient un peu trop.

- " Je te regarde, je te regarde... T'as jamais compris Cinderella... Je sais bien qu'elle me choisira jamais..." - son corps se mit à frissonner, son visage avait bien pâli et ses mains tremblaient contre sa plaie - "Mais elle me fera pas... ce que tu m'as fait... Tu sais quoi ? Ouais, j'ai sûrement eu tort, et toi non plus tu me reprendras jamais... Je suis sans doute le perdant dans cette histoire... Pauvre conne, je t..."

Des bruits sourds, des pas chaussés de bottes qui entraient dans la pièce, un bon nombre de cris. Ilona l'avait lâché, Theo papillonna quelques secondes en tâtonnant dans le vide pour trouver son bras. Il n'avait pas fini, il fallait qu'il dise quelque chose avant qu'elle s'en aille, avant qu'il ne tourne de l'oeil. Il n'entendit ni les canons pointés sur la blonde, ni les ordres de jeter ses armes. Il sentit néanmoins l'ultime baiser de cette folle Polonaise avant que quelqu'un ne l'arrache à lui. Juste après, on le prenait en charge, on déposait ce qui ressemblait à un putain de brancard près de lui, et tout ce monde, tout ce monde... Theo aurait préféré qu'on ne le voit pas dans cette position ridicule.

- " Arrêtez... arrêtez de hurler..." gémit-il alors qu'un tas de gens se mettaient à lui poser des questions, à vérifier sa tension ou à panser sa plaie.

Lorsqu'un jeune homme appuya brusquement sur la blessure pour l'entourer de gaze et vérifier que la balle n'était pas restée sous la peau, Theo cria de douleur et ne put retenir le mouvement nerveux de son bras. L'infirmier débutant s'écroula sur le sol suite au coup de poing qu'il venait de recevoir, et le chasseur fut secoué de pleurs refoulés. Putain, ça faisait tellement mal... ! Mais on le pressait encore de questions, et pour qu'on lui lâche la grappe, il consentit enfin à parler :

- " C'était un putain d'accident, je sais pas ce qu'il s'est passé... On discutait et le coup est parti, cette CONNASSE n'avait pas mis la sécurité... Ahhh... Vous voulez bien me soigner maintenant, bordel de merde ?!"

Epuisé, Theo ne prit pas garde aux murmures étouffés autour de lui, et aux regards soupçonneux qu'on lui adressait. Il ne réfléchit même pas à ce qu'il avait lui-même dit pour s'expliquer, trop heureux d'être enfin déplacé sur le brancard de fortune et rapidement déplacé vers une salle de soin. Le trajet fut très court, et rapidement le jeune homme était jeté sur un lit qui puait la naphtaline, branché à une machine qui bipait insolemment et entouré de gens en blouses blanches. Agité, il saisit un fil qui pendait de son lit et appuya sur un bouton au hasard.

- " De la morphine ! Donnez-moi de la putain de morphine !" s'égosilla-t-il en bousculant du bras ceux qui s'approchaient trop près de sa jambe.

Irritées, les infirmières finirent par accéder à sa demande.

Theo ne le remarqua pas, rendu malade par tout ce qui lui arrivait, mais un homme dans la pièce avec un talkie-walkie se mit à parler dans le petit appareil. Il fronçait les sourcils et n'avait pas l'air convaincu par ce qu'il disait.

- " Ouais, ouais, il prétend que c'est un accident... Elle n'aurait pas mis la sécurité... Pff, tu sais ce que j'en pense. En tout cas, c'est vraiment un petit con, il n'arrête pas de se plaindre et de crier. Et elle, de ton côté ?"

Alors qu'une habile paire de ciseaux mettait son pantalon d'uniforme en lambeaux, Theo reçut enfin sa dose de morphine et commença à se détendre. Louchant légèrement sous ses paupières de plus en plus pesantes, il se laissait aller à ce relaxant mais très angoissant état de sommeil médicamenteux. Il avait toujours eu peur des hôpitaux, et surtout, surtout, de s'endormir dans ce genre d'enceinte, dans la crainte de ne jamais se réveiller. Ou pire, de le faire, mais qu'il n'y ait personne à son chevet, sinon cette stupide machine qui traduisait les envolées de son coeur. En vérité, il avait si peur de la mort, et si peur de la solitude, de l'abandon... Il avait peur de s'endormir, peur que personne ne prenne la peine d'avoir de ses nouvelles s'il restait longtemps ici...

- " Ilona... Je veux Ilona ! Apportez-la moi ! J'ai menti, je me suis tiré la balle moi-même.... Ilona ! Elle voulait simplement se défendre.... Ilona ! Putain, Ilona, viens !" cria-t-il, certain qu'elle ne se trouvait pas loin.

Pour que ce chouineur cesse enfin de hurler, on lui administra une autre dose du puissant calmant, mais ce qu'il avait dit n'était pas tombé dans l'oreille de sourds. Alors qu'il glissait dans l'inconscience, ravi d'ailleurs de ne plus sentir sa blessure (qui n'était pas si grave que ça, rassurez-vous : il aimait simplement beaucoup se plaindre et pouvait se révéler douillet quand il était contrarié), les hommes au talkie-walkie reprenaient leurs conversations et demandaient des comptes cette fois-ci à Ilona.

Theo, lui, ne rouvrirait pas les yeux pour le moment.

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MessageSujet: Re: It's gonna be hot in my big silver pot | Mer 28 Sep - 22:12

Ilona était toujours en boule sur sa chaise. Elle n’en pouvait plus. Son ongle craqua sous sa dent. Elle l’arracha toujours aussi déboussolée. Elle entendait encore le sifflement du coup de feu, comme si l’on tirait dans un oreiller ou une masse importante, contre un mur en plâtre par exemple. Le visage de Theo était là, aussi arrogant que satisfait devant elle et il s’écroula. Elle l’avait perdue. Elle pencha la tête, les larmes qui coulait, son maquillage aussi. Elle répétait que c’était un accident, qu’elle ne voulait pas le faire. Oui, c’était vrai. Elle ne voulait pas, mais il y avait trop fortement poussé. Il était allé trop loin dans ses paroles, il aurait du faire attention. Elle n’était pas du tout en état et il avait joué, avec le feu ! C’était bien sûr de sa faute, de qui d’autre ? Elle n’avait rien fait. Oui, elle était l’auteur du commencement de leur guerre, mais il fallait séparé les actions. Elle le détestait, elle l’avait poussé à lui faire ce coup là, elle était d’accord. Mais appuyé sur la gâchette c’était lui, n’est-ce pas ? Elle ne savait plus. Mais si, c’était lui, qui d’autre ? Il aurait très bien pu l’ignorer comme elle l’avait fait, du moins tenté. Il aurait pu l’oublier, passer à autre chose. Ce n’était pas ce qu’il cherchait en lui faisant cela. Non, il n’en avait jamais assez de jouer avec les gens. On aurait du lui dire que cela finirait par lui tomber dessus. Il l’avait cherché. Point.

La radio continuait de cracher dans la salle. Il n’écoutait qu’à peine, juste le mot accident qui lui arracha une oreille plus attentive. Elle fixait le collègue rouge de colère et les mains crispée sur le petit appareil.

_Oh, écoute… Elle a dit que c’était un accident aussi. Je… Ouais, je pense pareil hein. Je te l’ai dit. J’ai rien de plus. Elle a l’air… Déconnectée. C’est peut-être vrai. Répondit l’homme à son collègue en fixant la petite blonde.

Elle releva un peu plus ses genoux et y posa son menton, les yeux qui cherchait désespérément quelque chose à observer, mais il n’y avait que ses mains, sur ses chevilles, couvertes de sang. Celui de Theo. Pourquoi ? Pourquoi lui faisait-il ça. Elle arrivait presque à l’oublier, à se passer de lui dans ses pensées, mais il fallait toujours qu’il remue le couteau dans la plaie. C’était un accident. Elle finit par poser sa mâchoire ouverte sur son genoux, le mordant toujours un peu plus, quand elle entendait la voix rauque de Theo résonner dans toute la base. Il était juste à la porte d’à côté. Par contre, cette douleur, ces cris, c’était de sa faute à elle et elle le savait. Cela lui faisait aussi mal que cela la rendait heureuse. Il ne ressentait qu’un centième de ce qu’elle endura pendant de trop longues semaines. Ce n’était pas comparable, souffrant d’une blessure morale et lui d’une vraie, voire même en plus morale. Cela ne faisait aucune différence pour la jeune femme, déjà instable psychologiquement, incapable d’avoir un minimum d’objectivité. Soudain, elle sursauta.

Elle ferma les yeux un instant quand elle entendait son prénom. Il s’égosillait avec le peu d’énergie qui lui restait. Il la demandait. Que voulait-il, la tuer, l’avoir à ses côtés. Que pouvait-il faire de toute façon dans son état. Elle releva la tête, comme un petit chien qui essayait d’amadouer son maître pour une petite sortie. Elle fixait l’homme pas commode qui la surveillait. Elle n’avait pas besoin de parler. On lui laissa aller le voir. Elle se leva lentement, s’écroulant presque, ses talons qui se dérobaient. Elle se retint à la porte, puis au mur. Bizarre, elle aussi perdait de son énergie. Trop d’émotion.

Elle se traina jusqu’à la salle d’à côté. Theo était dans un brancard. Il était simplement inconscient. Elle était arrivée trop tard. Elle regardait les infirmières qui s’affairaient autour de lui. Il était déjà sous perfusion de paracétamol, sans parler de la morphine qui se baladait déjà dans son corps. Elle s’approcha d’un pas hésitant, lentement, effrayée. Il était si, vulnérable, si humain et faible. Juste serein et à la fois en détresse. Elle ne l’avait jamais vu comme ça. Elle arriva près du lit et sa main, tremblante et encore tachée de sang, teintant vers le marron, elle effleurait le bras du jeune homme. Elle allait la porter à sa joue pour lui communiquer un peu de tendresse, compenser avec son ancien geste. Une infirmière la poussa, gentiment, mais l’écarta du lit quand même. Ilona fronça le nez, avec une grande envie de tirer une autre balle.

_Il est mort ? demanda t-il bêtement, avec une petite voix.
_Mais non madame, il est endormi. Il en besoin vu ce que vous avez fait ! répondit-elle sèchement.
_Bon, la balle est bien ressortie et ses os sont intacts. Par contre, je ne donne pas cher de ses muscles. Il faut l’emmener à l’hôpital.

Ilona fixa l’homme qui venait de parler, sûrement le médecin de la base, appelé en urgence. Il leva un sourcil et quitta la pièce un instant pour se laver les mains. Elle frottait ses mains avec vigueur et témérité. Elle crut que finalement, c’était peut-être sa propre main qui saignait tant elle s’arrachait presque la peau. Elle se passa ensuite un peu d’eau sur le visage. Tanguant jusqu’à une cabine de toilette, elle tira des mètres et des mètres de papier toilette. Elle s’essuya les mains et le visage. Se mirant un long moment, encore quelques traces de khôl sur le bord des yeux, elle se haïssait. Pourquoi continuait-elle à s’accrocher à des hommes pour qui elle n’était pas faite ? Pourquoi tout simplement espérer trouver quelqu’un qui lui irait ? Personne, juste personne. Elle devait arrêter d’avoir un cœur d’artichaut comme celui-ci. Enfin Theo n’était pas qu’une simple idée de cœur d’artichaut. Elle baissa la tête et soupira. Elle retourna auprès du jeune homme qui se reposait dans l’autre salle. Elle s’était allumé une cigarette, penchée sur le bord de la fenêtre. Il fallait qu’elle passe le temps. Il n’ouvrait toujours pas l’œil. On attendait les ambulanciers pour qu’ils viennent transporter le jeune chasseur dans l’hôpital le plus proche et l’opérer. Ils n’avaient pas assez de matériel et surtout aucune chambre stérile pour faire cela.

Elle était assise à côté de lui, les fesses au bord de la chaise, la tête sur le matelas inexistant. Ce n’était qu’une supercherie. Un morceau épais de plastique, aussi dur que du roc. Elle avait glissé sa main dans la sienne, et sa tête, juste au-dessus, regardait ce geste, peu commun, étrange. Elle était entrain de s’imaginer, eux deux, dans la rue, main dans la main. C’était comme une autre dimension. Ils étaient, auparavant, plutôt du genre à se taper la fesse, s’empoigner vivement, plus de passion, de distance. Aucune tendresse n’avait été autorisée entre eux. C’est alors que Theo se réveilla. Sûrement encore trop endormi sous le choc, il se réveilla de la même façon. Il se redressa brusquement, mettant un petit coup sur la tête de la jeune femme. L’infirmière arriva et le plaqua sur le lit, lui demandant de se calmer. Juste à ce moment, parfait timing, les ambulanciers venaient d’arriver. Du moins, des hommes mis dans le secret et qui allaient le transporter à l’hôpital. On l’entourait. Le pauvre avait du mal à reprendre son souffle. Il finit par se laisser faire, allongé. Ilona se frottait encore la tête, la mine renfrognée. Il avait enfin posé les yeux sur elle. Elle ne dit rien. Elle posa juste une main sur son front.

_On t’amène à l’hosto mec… Je… Je vais te suivre. En espérant que t’y reste… dit-elle, la voix qui n’était pas si convaincante.

Elle suivait derrière. On embarqua Theo dans le camion et en route pour l’hôpital. Dans la cabine, elle était encore près de lui, assise. Elle n’osait pas le regarder. Ils étaient trimballés, ballotés. Les ustensiles tout autour avaient plus le pied marin qu’eux. Sa langue finit par se delier.

_Pourquoi tu voulais que je vienne hein ? Je le sais… Je te reprendrai plus, mais au moins, pour une fois, on est d’accord et en phase… Hein ! Tu me déteste, tant mieux, je te déteste tout autant !

Ses yeux étaient toujours aussi fuyant. On arriva et on sortit Theo en trombe. On fit un rapport rapide de ce qui s’était passé. Il y avait une place. Ilona dû attendre dans la salle d’attente. Cela dura bien deux heures, voire un peu plus le temps qu’il émerge. Elle toqua à sa porte et entra dans la chambre. Elle se disait qu’elle restait parce qu’il aurait sûrement peur, mais rien que ça, c’était une trop bonne raison de rester là. Elle s’assit au bord du lit et lui massa le bras.

_Tu vois, tu t’es réveillé…

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Theo Paradise
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MessageSujet: Re: It's gonna be hot in my big silver pot | Mar 1 Nov - 23:13

Il nageait en eaux troubles, enfiévré et dément, sans comprendre ce qui pouvait bien lui arriver. Il avait l'impression d'avoir trop bu la veille, jusqu'à se rendre malade, et d'être coincé dans cet état de semi-conscience propre aux états alcoolisés, sans savoir où commençait la réalité et où s'achevait le rêve. Ilona. Ilona. Comme un psaume religieux, le nom d'Ilona revenait dans son esprit, et à chaque fois, à chaque fois, son estomac se contractait et il sentait une coulée de sueur froide - réelle ? imaginaire ? - lui dégouliner le long du corps. Qu'avait-il bien pu lui arriver ? Pourquoi donc une simple cuite lui causait une aussi vive douleur ? La gueule de bois, ouais, il connaissait. Il goûtait la nausée, la bile noyant ses dents du fond, le mal de crâne impitoyable, comme si une barre de fer lui comprimait le cerveau, envoyant sans arrêt un flot nerveux qui contusionnait ses muscles. Ilona. Avait-il bu avec elle ? Aucun souvenir de ça. Ils étaient en froid, après tout. Pourquoi cette colère soudaine ? Pourquoi cette peur, et cette envie furieuse de se réveiller ?

Aspirant une énorme bouffée d'air, tel un noyé qui sort enfin la tête de l'eau, Theo se redressa sur son lit sans se rendre compte qu'il bousculait quelqu'un. Papillonnant, rompant contact avec la douce illusion du sommeil, il bégaya, geignit, horrifié de se voir sur ce "lit" d'hôpital, horrifié de voir cette plaie suintante à sa jambe. Ce n'était donc pas un cauchemar ? Il voulait des explications, du réconfort. Pourquoi personne ne lui disait ce qu'il s'était passé ? Il paniquait terriblement, et il n'y avait pas âme qui vive pour le rassurer ; à quoi s'était-il attendu ? Une conne d'infirmière le força à s'allonger de nouveau, il aurait eu envie de la gifler, mais avec quelle énergie... Theo avait plutôt le désir brûlant de se relever, de courir, de s'éloigner de cet endroit ; les calmants endormaient ses réflexes et ses sensations et il put tout juste marmonner pour sa défense, incapable de repousser l'aide médicale. Ce n'était pas un cauchemar. Ilona, Ilona, elle lui avait tiré dessus. Flottant dans une incompréhension lâche et totale, il crispa ses mains sur son visage et posa enfin les yeux sur elle.

Encore un flou obscur. L'impression d'une nouvelle chute, comme s'il venait soudain de disparaître dans des sables mouvants. Drôle d'image, ouais, mais il ne s'accrochait à rien d'autres qu'à ces visions étranges et artificielles dictées par un cerveau sous morphine. Une main sur son front. Comme un linge froid qui calmait sa fièvre. Les yeux fermés.

- " Je te ferais pas ce plaisir..."

A qui parlait-il, déjà ? Il avait oublié. Il se rendormit, ou plutôt il replongea avec délice dans l'inconscience.

Seules quelques bribes des heures suivantes lui revinrent en mémoire à son réveil. Il ne se souviendrait pas, par exemple, qu'à l'intérieur de l'espèce de camion qui les conduisait à l'hôpital, Theo avait regardé Ilona comme un amant sa muse, ni qu'il lui avait murmuré des tonnes d'affabulations sans aucun sens, d'une voix basse et faussée, mélangeant les mots et les tournures. Il avait voulu répondre. Impossible de tirer du sens à ses propos, on gagea qu'il délirait. Il avait plutôt l'impression de dire la vérité, mais il n'avait pas la force de contester. Tout le monde semblait croire qu'il n'était pas en état de ceci ou de cela, et après tout, pourquoi résister ? Il se sentait mieux endormi. Tout était tellement plus simple. Il aurait tout le temps de lui dire ce qui traînait sur sa langue blessée plus tard.

- " J'ai pas envie d'finir tout seul... Là-bas..."

Theo n'était pas certain sur le coup d'avoir vraiment dit ça. De toute façon, il chuchotait, parlait dans ses moustaches. Personne ne l'écoutait. Le chuintement métallique de tout l'équipement médical autour d'eux, qui remuait dans une obsédante samba, couvrait jusqu'à sa respiration malmenée. Personne ne l'écoutait jamais, quelle importance ?

Il ne se rappellerait pas non plus le transfert, dans ce brancard de fortune, jusqu'à la salle d'opération. Son sommeil cette fois-ci était parfaitement orchestré, et il ne fut plus qu'un légume bien docile jusqu'à ce qu'on répare les monstruosités commises contre sa pauvre cuisse. Ejecté en salle de réveil, la voix dans sa tête continuait de lui psalmodier le prénom d'Ilona, clé importante des évènements de ce jour, mais il ne se réveillait pas. C'était encore trop effrayant, il n'était pas prêt.

Et pourtant, il finit par émerger. Même le glorieux Theo Paradise ne pouvait dormir éternellement, quand bien même il sortait d'une opération chirurgicale. Il ouvrit d'abord les paupières, cligna lentement des yeux. La clarté fragile de ses iris s'irrita sous la lumière blanche de sa chambre, mais il se força à détailler son environnement. Un soupir et un froncement de sourcils. Quelle détestable impression... Cette façon qu'avaient ses méninges de tourner au ralenti, sensation de junkie en pleine rechute. Il comprenait qu'il avait du être blessé, sans doute en mission. Non, bordel, non. Le nom revenait chanter à ses oreilles : Ilona. Plus vivement, il se redressa et regarda autour de lui. Deux fauteuils, une machine sordide qui bipait au même rythme que son foutu coeur, une pièce vide et froide. C'était triste à mourir, et il n'y avait personne, même pas elle. Il se rallongea au fond de son lit en goûtant ce sentiment douloureux, si familier, si usuel, qu'il en prenait presque plaisir. L'abandon. Son destin, en quelque sorte. Il se demanda bien ce qu'il avait pu attendre après tout ça. Les souvenirs lui étaient finalement revenus.

Une infirmière vint s'informer de son état ; oui, merci, il était bien réveillé, oui tout allait bien, plus de douleur, ça va. Il se montra sec et désobligeant, à la limite de l'insulte, et puis quoi alors ? Qu'elle lui intente un procès, il ne manquait plus que ça. Il voulut se relever et faire au moins quelques pas dans sa chambre, mais elle le lui interdit. Repos, Monsieur Paradise, repos. Vous ne bougerez pas d'ici avant un moment. Elle était sortie vite après ça. Pas étonnant quand Theo l'avait menacé de lui jeter la commode dans la gueule.

Les yeux au plafond, la mine sinistre, il resta là de longues minutes à se demander quand il pourrait enfin rentrer. Son ventre restait résolument contracté, et le goût de bile ne voulait plus partir du fond de sa gorge. Presque étonné de se trouver nu sous sa minable robe d'hôpital, il avait demandé à cette greluche où se trouvait son uniforme. Dans un sac poubelle portant son nom dessus, ses effets personnels qu'il pourrait reprendre à sa sortie, s'il le voulait. Irrécupérable. Il entendait presque la voix d'un supérieur lui dire que le nouveau serait retenu sur son salaire. Il pesta à voix haute, crachant contre cette malédiction qui avait décidé qu'il ne pourrait pas reprendre un travail correct. Bon sang, il détestait les hôpitaux, il détestait cette attente dans cet univers si glacialement blanc et silencieux, il détestait avoir à y retourner pour de telles foutues conneries. Il consulta son téléphone portable, mais il n'avait aucun message, aucun appel en souffrance. Il se demanda à qui il pouvait donner des nouvelles, en espérant de l'aide, mais personne ne lui vint en tête. Pixie s'inquiéterait inutilement, autant qu'elle croie qu'il se trouvait simplement dans une cave bien glauque après une fête débile et trop arrosée, et qu'il ne rentrerait que le lendemain, saoul et sale, quelques poils rebelles sur le menton, prêt à lui expliquer tout après un bon doliprane. La jolie blonde habitait chez lui pour quelques temps, il l'avait presque oublié. Au moins, elle serait tranquille.

Tandis qu'il fouillait dans sa table de chevet, avec l'espoir féroce que l'infirmière chargée de lui découper son sacro-saint uniforme avait caché ici son paquet de cigarettes, on toqua à la porte. Abasourdi, il se contenta d'observer l'entrée sans répondre; la bouche entrouverte.

Alors elle vint à lui.

La tête appuyée sur son coussin, Theo la regarda s'approcher le visage complètement inexpressif. Ses yeux surtout, fatigués et délavés, exprimaient à peine la sensation d'une vie quelconque à l'intérieur de ces drôles d'iris. Il ne dit rien, il ne pipa mot alors qu'elle appliquait sa peau douce et tiède sur son bras, et qu'elle le massait en murmurant un réconfort.

Le jeune homme soupira et détourna le visage, retournant à la contemplation silencieuse du plafond. Il ne savait pas quoi penser. Bien que du coton persiste à boucher divers canalisations de son cerveau, la majorité de ses souvenirs lui étaient revenus en pleine face. Il savait tout ce qui s'était passé, pourquoi et comment. Il se souvenait des cris dans cette salle de l'asile, des paroles qu'il avait proféré, des pleurs d'Ilona. Il se rappelait même ce qu'il s'était dit sur ces sentiments étranges, sur la danse que lui et la blonde avait maintes fois dansé, sur leur situation. Ce qu'elle aurait pu devenir, et ce qu'elle ne deviendrait jamais.

Cela ne cadrait pas avec la présence d'Ilona ici. Il n'y avait aucune raison à ce qu'elle soit dans cette chambre sordide, avec lui, lui caressant la peau comme s'il était un être cher pour qui elle s'était inquiétée. Qu'avait-elle dit dans l'ambulance ? Il fronça les sourcils comme un gamin qui boudait, sans la regarder, sans se souvenir. Il ne lui semblait pas avoir obtenu son pardon. Pire, quand il s'était effondré dans la quiétude nauséeuse de l'inconscience, son nom avait été tant de fois murmuré sur le ton de la colère ; l'ire d'Ilona tant de fois répétée, qu'il avait plutôt pensé qu'il ne se reverrait plus jamais. En vérité et pour finir, il était plutôt heureux qu'elle soit là. Il n'avait plus peur, et la boule dans son ventre s'était sensiblement assagie.

Il soupira de nouveau.

- " Paye moi une clope."

Il tendit la main en daignant enfin se retourner vers elle. Une étincelle de défi brilla dans le regard opaque, tandis qu'il se redressait d'un geste brusque sur son lit. Tripotant rageusement une télécommande posée sur la petite table de chevet, il s'évada du contact d'Ilona et redressa le matelas pour avoir une meilleure tenue. Il était intolérable qu'il reste vautré pour parler ou même fumer une cigarette, ce n'était décidément pas très Paradise. Tout comme cette affreuse robe de chevet.

- " Si tu dis un mot sur ce qu'ils m'ont obligé à mettre, tu te retrouveras dans la chambre d'à côté."

Le ton était très froid, presque impersonnel. Oui, il était toujours en colère. Oui, il était content de la voir. Ce curieux mélange commençait à lui donner des envies de pendaison, et alors qu'il se tortillait sur son lit, une douleur à la cuisse le rappela à l'ordre. Grimaçant, il massa doucement la zone sinistrée de son anatomie tout en jetant un regard légèrement fuyant à Ilona.

- " Qu'est-ce que tu fous ici ? Juste me dire que je suis réveillé ?" lança-t-il dédaigneusement en haussant haut un sourcil de mépris. "Pas la peine. Par contre, si on parlait remboursement de frais d'hôpitaux, qu'est-ce que tu en penses ? Ou même chantage, ça te tente ?"

Il prit l'air songeur, malgré l'exagération comique de sa voix. Chantage, oui ! Quelle brillante idée, il ne savait vraiment pas pourquoi elle ne lui était pas encore passée par la tête. Ilona voulait conserver sa place au sein d'Apocalypto, c'était évident. Et Theo détenait la preuve qu'elle avait failli, qu'elle l'avait poussé à produire un faux témoignage... Les possiblités étaient illimitées s'il se permettait de broder quelques pieux mensonges. Mais le ferait-il vraiment - ça, il n'en était pas encore tout-à-fait sûr. Il verrait avec ce qu'elle avait à lui dire.

Un nouveau soupir, et le regard qui se fait lointain, vers la télé éteinte parce qu'il n'avait pas daigné payer. Plus de mépris, plus de dédain ou d'arrogance, d'énervement. Juste la lassitude de l'homme qu'elle connaissait, celui qui avait une peur bleue de rester seul dans une chambre d'hôpital. Le ton fut plus doux, cette fois. Presque complice. Le regard resta plus longtemps fixé dans ses yeux gris-bleus avant de fuir.

- " Et cette clope ?"

Brillante déclaration, génie ! Pff.

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