« Et si le loup s’était épris de l’agneau ? »

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Angelus G. Hastings
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MessageSujet: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Dim 28 Aoû - 12:29


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    « Dîtes-moi jeune homme, vous croyez que ça va prendre encore combien de temps ? »

    Enième soupir du détective qui fit mine de ne pas avoir entendu la voix chevrotante de la vieille dame qui cheminait à ses côtés. Elle était tout à fait charmante. Très coquette pour un âge avancé – la preuve que les dinosaures avaient existée osa même marmonner John en grand farceur de toujours – de petite taille, un chignon attachant ses longs cheveux blancs et …un sacré tempérament. Une féministe dans l’âme qui n’avait jamais rien trouvé de plus amusant que de débusquer les maris infidèles et de jouer les marieuses à tout va. Angelus avait rencontré toutes sortes de ‘personnages’ depuis qu’il était sur cette bonne Terre. Des gens de voyage, des faux amnésiques, des travestis, des prétendus enfants de chœur, bref, il en avait vu de toutes les couleurs. Un seul point commun : leur apparence translucide qui flottait dans l’air et le suivait continuellement tant qu’il n’avait pas achevé sa mission du jour. Or, depuis plus d’une semaine, il avait en charge de s’occuper d’un mari violent envers sa jeune épouse. Un couple qu’avait remarqué l’ancêtre avant de passer l’arme à gauche. Angelus se disait souvent qu’il lui revenait de fournir le sale boulot au détriment de son état de santé. Dire que Miss Thorton – car c’était là son nom – lui avait donné pour ‘mission’ suicidaire d’aller rendre une petite visite au cher mari pour je cite ‘ lui remonter ses bretelles de macho à l’ego surdimensionné’. Ben voyons. Et comme un malheur ne va jamais sans l’autre, le détective n’avait que le choix de l’heure, du lieu où du reste, il allait morigéner le malheureux, et la façon dont il devait se soucier de la tendre épouse.

    « Mr. Hastings ? »
    « Oui miss Thorton, nous arrivons, ne vous inquiétez pas. »

    L’air surpris et non moins condescendant de la vieille dame le fit sourire. Elle avait toujours de ces expressions qui vous font comprendre que, même complètement sonnée, elle serait toujours la dernière sur le ring à boxer le premier qui ne respectait pas les règles préétablies.

    « M’inquiétez ? Et pourquoi je m’inquiéterais ? Non, ce serait plutôt à ce…ce…cet escroc, cet hypocrite, ce maladrin, cet espèce de planche à pains à dix sous de se faire du souci mon chou. »

    Mon chou. Elle devait le porter dans son cœur. Lorsqu’il avait fait sa connaissance la première fois, il avait été dans une joie indescriptible de savoir que les fantômes ne pouvaient pas l’atteindre physiquement. Auquel cas, il serait sans doute déjà émasculé – non, le terme n’est pas exagéré – pour avoir osé observer un peu trop longuement une ravissante créature dont il n’avait pas pris des nouvelles depuis lors. Ce n’est qu’en discutant à grands coups de sac à mains avec son meilleur ami, John, que miss Thorton avait fini par lui faire confiance et à remettre son destin tragique entre ses mains de médium.

    « Et n’oubliez pas de lui répéter tout ce que je vous ai dit surtout. »

    Ils venaient d’arriver. Plus que quelques mètres et il se tiendrait devant la porte d’entrée, grave et alerte à la moindre manifestation de violence. John avait trouvé son plan idiot et dangereux. L’homme risquait de lui refaire le portrait avant même qu’il n’ait prononcé un seul mot mais seulement pour l’avoir dérangé à une heure aussi tardive. Pourtant, l’humeur du médium était sereine. Pas seulement parce que ses deux camarades de jeu étaient une protection on-ne-peut-plus efficace contre les humains. Juste parce que ce soir, et après des jours à y penser, à tout retourner dans son esprit, à s’en rendre malade, à se demander s’il ne commettait pas la plus belle erreur de sa maudite vie, Angelus allait faire le premier pas envers une femme qui lui tenait à cœur et qu’il n’avait pas revu depuis une semaine et demi. Les solitaires comptaient mieux le temps qui passe que nul autre.

    « Pardon, j’ai un trou de mémoire tout à coup. Que m’aviez-vous dit déjà ? »

    Le ton ironique de l’homme ne parut pas amuser la vieille dame qui lui lança l’un de ses célèbres regards noirs avant de contempler à nouveau la porte d’un air grave. Au fil des minutes, ses pensées s'orientaient dans une toute autre direction. Plus douce. De celle qu'il aurait voulu ne jamais oublier.

    « Je me demande si Joyce … »
    « Chut. Ca commence. » grogna John en ricanant déjà, débarqué de nulle part, du pop-curn plein les mains tandis que la porte s’ouvrait dans un fracas assourdissant.

    A moins que ce ne fut le tonnerre qui hurlait au dessus d’eux. Quoiqu'il en soit, et bien que le médium avait une sainte horreur des apparitions et disparitions de son ami qui ne croyait jamais bon le prévenir pour mieux le voir sursauter - parait que c'est plus drôle - ses lèvres demeurèrent hermétiquement closes en cet instant. Dans l’encadrement, un homme d’une taille imposante, des épaules de catcheurs et une haleine à faire frémir les morts toisait l’inconnu qui regrettait déjà d’avoir posé son doigt sur la sonnette.

    « Bonsoir. »

    Fin du premier acte. Premier rire du fantôme de droite qui mastiquait les grains de maîs soufflés et regard mauvais de celui de gauche qui s’apprêtait à tendre une jambe toute molle et bleuie par les années vers le robinet du plombier.

    « Ouais ? »
    « Ca parllleee. » tonna de nouveau John en lâchant un rire grave sous le regard déjà exaspéré d’Angelus qui essayait tant bien que mal de contenir la colère de son amie toujours furibonde.

    « Mr. Duchovny ? Je dois vous parler. »

    Ce n'était peut-être pas une technique des plus subtiles ni des plus intelligentes de s'inviter ainsi chez les gens, encore plus sur ce ton cérémonieux et qui ne tolérait apparemment aucun refus de la part de la montagne qui lui faisait face, mais c'était ainsi qu'il avait toujours fonctionné. A la fois franc et direct. John aurait sans doute dit 'aussi sec qu'un bois mort'. Mais à quoi bon tergiverser ? Il n'était pas venu lui faire une fleur. Juste lui préciser que s'il n'arrêtait pas de cogner sa femme, Constantine s'en chargerait pour lui. Il espérait vivement ne pas devoir en venir à de telles extrémités.


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Dernière édition par Angelus G. Hastings le Lun 3 Oct - 15:21, édité 1 fois
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Joyce H. D'Anceny
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Dim 28 Aoû - 21:59

C’était une des journées les plus désagréables de sa carrière de prof. Pourtant, elle avait déjà plusieurs années dans les pattes, et pas que de l’université, qui était une carrière relativement plus engageante que celle du collège ou du lycée. A moins que ce ne soit un tout, qui la perturbe au plus haut point. Elle ne savait pas trop. La matinée avait été relativement correcte. Les étudiants s’étaient tenus à carreaux, comme s’ils sentaient que quelque chose n’allait pas fondamentalement chez leur enseignante, qui d’ordinaire était quelqu’un de très calme. Ils n’avaient pas bougé d’une oreille, et elle avait pu dispenser son cours sans aucun problème.

A peine son sandwich avalé le midi, les ennuis s’étaient déclarés. Elle n’avait plus de cigarettes. Moment d’horreur terrible que tous les fumeurs ont un jour expérimenté. Non seulement elle n’avait pas pu assouvir son besoin de nicotine, mais elle se sentit vaguement en danger pour le reste de la journée. Même si la jeune blonde ne fumait pas plus que cela – en tout cas bien moins que dans sa période prépa -, elle se sentait comme en sécurité lorsqu’elle avait sur elle un paquet de cigarettes ou de tabac, avec au moins une ou deux de ces bâtonnets de mort. Découvrir par hasard qu’il n’y avait plus que des restes pathétiques au fond du paquet l’avait contrariée au plus haut point. C’était déjà un mauvais départ pour l’après-midi. Elle dû de nouveau se rabattre sur un café au goût insipide, généreusement offert dans la salle des enseignants. Avec deux sucres. Elle avait dû abandonner ses notes de thèse pour traverser la grande salle, péniblement, sous le regard de ses collègues, chose qu’elle abhorrait par-dessus tout. Elle n’était pas un être particulièrement sociable dans le milieu professionnel, bien trop habituée à l’ambiance hostile de la Sorbonne, aux rumeurs désagréables de ces enseignants surqualifiés, presque académiciens, auréolés de gloire et de reconnaissance. Elle n’imaginait pas qu’il en soit autrement à Achaea. De plus, elle n’était pas vraiment disposée à faire dans le social aujourd’hui. Il y avait bien un timide professeur qui lui adressait quelques signes de main dans l’espoir d’une communication éventuelle avec la jeune française. Peine perdue.

Elle s’était brûlée le palais avec le café de mauvaise qualité, en se dépêchant pour l’avaler : elle avait un rendez-vous des plus passionnants avec une jeune fille qui préparait un mémoire passionnant sur l’ère du Nouveau Roman en France, en corrélation avec l’apparition du flux de conscience. Bien, excellent projet. Pourquoi diable avait-elle cette idée saugrenue d’accepter un rendez-vous pédagogique avec une étudiante, alors même que la rentrée n’était pas encore effective pour tous les étudiants de la fac ? Elle ne savait pas trop. Cela lui arrivait souvent en ce moment. Depuis une semaine et demie, en fait. D’entreprendre des actions sans même se souvenir de la cause de ces dernières. Elle était préoccupée.
Elle se rendit compte dans son amphithéâtre, vide. Son vaste hémicycle, qu’elle embrassait de son regard clair, d’ordinaire remplis de têtes sérieuses. Son territoire. Il lui semblait tellement étrange de se rendre dans ce lieu sans la présence de ses élèves. Elle s’assit au bureau, fit marcher les micros, résonner sa voix, en attendant la jeune femme qui accusait déjà un quart d’heure de retard, ce qui était inadmissible pour Joyce. Sans aucun doute parce qu’elle réfléchissait trop, tournant et retournant dans sa tête la rencontre sublime qu’elle avait eu avec l’ange qui hantait ses rêves. Et quand elle réfléchissait trop, bloquée dans une situation hésitante, dont l’issue lui échappait, elle était d’une mauvaise humeur quasi parfaite.

- Bonjour, professeur.
- Mademoiselle Hawkins. Vous êtes en retard. Bonjour. Vous souhaitiez me soumettre quelque chose ? Votre mémoire, si j’ai bien compris.
- Oui, en fait, je voudrais vous montrer mon plan à l’oral.


Seigneur Dieu, il n’y avait donc pas de justice. Pas de repos. Elle aurait dû se faire porter pâle au moment où elle s’était rendue compte qu’elle n’avait plus de cigarettes. C’était un signe. Elle soupira de manière imperceptible.

- Je vous écoute.
Une heure plus tard, elle manqua de s’écrouler de dépit. Elle massa ses tempes, passa ses mains sur ses yeux, retira ses lunettes et les remit. L’étudiante patientait, tremblant concernant son verdict.

- Okay, on va tout reprendre. Vous avez conscience que ce que vous me montrez est complètement dénué d’ordre ? Et le jury ne laissera pas passer cela.


Elle reprit donc. Elle y passa une heure. Deux heures. Deux heures et demi. Elle ne savait pas, elle n’avait pas compté, mais ce fut extrêmement pénible. La petite étudiante y mettait du sien, cela était évident, et elle savait reconnaître les efforts. Mais ces secondes lui semblaient tellement vides, tellement pesantes. Elle n’avait qu’une hâte. Scruter l’écran blafard de son téléphone portable, pour savoir si elle avait des appels manqués. Pour savoir si elle lui manquait, s’il pensait à elle. Cela faisait déjà une semaine et demie, l’espoir lui semblait perdu. Elle s’était trompée. Il n’y avait pas eu de signe. Il l’avait fuie. Elle ne le reverrait plus, il ne la rappellerait jamais. Elle était condamnée à l’inexistence… Toutes ces promesses qu’elle était prête à lui faire… Envolées… Vaines. Vides. Aussi vide que son regard, désormais. La lueur de vie l’avait abandonnée, lorsqu’il lui avait tourné le dos pour disparaître, ce soir qui restait gravé dans son cœur tendre.

- Joyce ? Tu pars ?

Elle se retourna, le regard las, et ses yeux tombèrent sur son collègue, enseignant de littérature américaine.

- Oui, comme tu peux constater.
- Tu… As oublié le CA ?

Elle sentit son visage aux traits délicats se décomposer et le soupir passer la barrière de ses dents de manière involontaire… Ou si peu.

- Non, je n’ai pas oublié, non…

Et elle avait enchaîné. A écouter des gens déblatérer sur les bilans financiers de l’année passée, de l’effectif complet de l’année prévue, ce genre de réjouissances. En tant que tuteur des étudiants de master, elle se devait d’être présente à ces réunions plus embarrassantes qu’autre chose. Elle avait bu son café brûlant à 13h30, il était 18h07 quand elle ressortit de la fac. Un collègue bienveillant lui avait fait don d’une cigarette, ayant pris pitié d’elle. Elle l’alluma rapidement, rentra dans sa voiture et mit le contact. Il ne pleuvait pas, on pouvait donc se réjouir de manière raisonnable. Elle monta les quelques étages qui séparaient le rez-de-chaussée de son appartement.

- Bonjour, mademoiselle D’Anceny.
- Bonsoir, Elena. Tout s’est bien passé ?
- Oui, parfait, elle est devant la télé. Elle a fait ses devoirs.
- Parfait alors. Merci. A demain.


Elle salua la baby-sitter – quoi que sa fille n’avait plus rien d’un bébé, et rejoignit son trésor. Alexiane l’embrassa. C’était enfin le moment pour Joyce, bien mérité, après tout, de se détendre un peu, de sourire et d’oublier la journée harassante qu’elle avait passé. Elle s’apaisa aussitôt, en prenant la petite dans ses bras. Elle respira son odeur familière, avec une joie indéfectible. Alexiane lui parla de sa journée. Et plus les minutes passaient, plus son sourire s’élargissait. Son regard retrouvait sa gaieté, et tout semblait s’éloigner, en particulier ses soucis. Elle aimait tellement sa fille. C’était pour elle la plus belle chose qui lui était arrivée. Elle ne semblait pas malade, lorsqu’elle l’avait dans ses bras. On pouvait tellement facilement l’oublier. D’ailleurs, elle allait l’oublier, lorsque la sonnette de sa porte retentit. Les ennuis recommençaient.

- Bonsoir.
- C’est ce soir ?
- Vous aviez oublié ?


Les deux hommes en costume avaient l’air embarrassé. Elle baissa les yeux. Son cœur se serra.

- Oui. J’avais oublié.
- Cela ne devrait pas durer très longtemps. Si tout se passe bien, elle devrait revenir demain.


Et que se passerait-il si cela ne se passait bien, se dit-elle, ironiquement. Elle préférait ne pas se poser de questions et s’en remettre à leur jugement. C’étaient eux les scientifiques. Elle, elle n’était qu’une mère désemparée devant une maladie muette et rampante, qui n’avait d’autre nom que des sigles barbares désignant la position des allèles. Rien d’autre. Le regard que lui jeta Alexiane la déchira intérieurement. Elle embrassa sa fille. Il y avait de la résignation et de la tristesse.

- Ca va bien se passer, ma puce. Je te promets. A ton retour, on ira au parc d’attraction.
- C’est promis ?
- Promis ma chérie.
- A demain, maman.
- A demain mon amour.

Elle passa sa main dans ses boucles blondes. Le médecin la prit dans ses bras, sans aucun problème.

- Faites-nous confiance, madame.
- Cela fait des mois que je vous fais confiance et qu’elle ne s’en est pas tirée.
- Ce qu’elle a ne disparaîtra pas au bout de quelques mois, malheureusement. Nous mettons tout en œuvre.
- Je sais. Allez. Prenez soin d’elle.


Elle la regarda partir. Elle n’avait pas le droit d’accéder aux installations scientifiques de l’opération Apocalypto, pour des raisons évidentes, notamment d’espionnage industriel. Sans quoi elle passerait chacune de ces nuits horribles près de sa petite. Mais elle savait qu’en un sens, elle bénéficiait de ce qui se faisait de mieux en termes de technologie médicale. Elle n’avait d’autre choix que d’attendre. Et de prier, parfois. On prie souvent lorsque la cause semble perdue…

Elle resta dix bonnes minutes debout, sans bouger, les yeux fixés sur le bout de ses chaussures. La nuit était tombée. La soirée était entamée. Brutalement, elle se saisit de ses clés de voiture et de son blouson en cuir. Elle se rendit en ville, laissant son regard bleuté se marier avec les reflets multicolores des néons, qui s’imprimaient dans ses rétines, sans y prêter attention. Une cigarette, un parking. Un bar, dans une ruelle un peu mal famée. Elle s’en fichait, elle n’avait qu’une envie : que cette nuit se passe, dans l’oubli. Qu’elle puisse noyer son désespoir dans l’alcool et la désillusion.
Elle s’était assise au comptoir, seule, le regard perdu dans la boisson bleutée qu’elle avait commandé. Elle n’avait rien bu. Elle voulait juste que les secondes s’écoulent. Que le bruit ambiant devienne comme une routine pour mieux endormir le temps. Comme elle aurait aimé avoir des bras réconfortant dans lesquelles elle aurait pu se blottir, des lèvres tendres pour y déposer un baiser, un cou pour qu’elle puisse y enfouir son visage et se laisser aller, se reposer un instant, et faire confiance à quelqu’un. Ce ne serait visiblement pas pour ce soir.

Les créatures nocturnes autour d’elle vaquaient à leurs occupations. Quelques murmures se levèrent à son passage, reluquant sa personne sans aucune gêne. Elle n’avait même pas entendu. Elle avait l’air d’un oiseau blessé, perdu, au milieu de cette foule d’habitués parfaitement accordés entre eux. Elle, elle était là, insolite, charmante, avec sa veste de cuir et son chemisier blanc, comme une enfant aux portes de l’enfer. Elle était belle, elle était vulnérable. Elle était la cible privilégiée des pirates de la nuit, qui sillonnaient les bars à la recherche de viande fraîche. Elle but son verre, sans lever les yeux. Elle aurait dû rester à l’intérieur. Au moins, elle était protégée à l’intérieur. Mais non, il fallut qu’elle aille prendre l’air. Elle sentait les yeux fixés sur son dos, alors même qu’elle se levait du tabouret. Des yeux hostiles, des yeux remplis d’une envie lubrique, des yeux inconnus qui la dévoraient comme si elle était une pauvre brebis égarée.

Elle sortit, effleurant les pavés de la rue de ses talons délicats. Elle était grisée, mais certainement pas à cause de l’alcool. Elle était prise dans ses rêves, dans ses désillusions, et se sentait comme une enfant avec le mal de vivre. Elle étendait les bras, pour sentir la brise nocturne effleurer sa peau nue, esquissait quelques pas de danse innocents, alluma une cigarette. Il n’en fallait pas plus pour que ses deux poursuivants parviennent à la conclusion qu’elle était complètement bourrée. Joyce n’était jamais bourrée. Sans doute parce qu’elle était une grande angoissée qui souhaitait garder un contrôle sur tout. Toujours est-il qu’elle ne touchait pas à la drogue, et consommait l’alcool en un degré relativement raisonnable, de peur que tout ceci lui échappe. Elle était parfaitement consciente de tout. Elle était parfaitement consciente de sentir les pas se rapprocher. Elle était parfaitement consciente quand la main se posa sur son épaule. Elle était parfaitement consciente quand elle sentit cette haleine chargée se déverser dans sa nuque à l’en faire frissonner. Elle était parfaitement consciente quand l’homme lui adressa la parole en des mots désagréables.

Elle se trouva acculée contre le mur, cherchant désespérément de l’aide autour d’elle. Mais les passants étaient comme inconscient du drame qui se jouait. Sans doute par une habitude macabre. Ses deux opposants étaient des hommes d’un âge moyen, à l’hygiène douteuse, l’un plutôt imposant, et l’autre très frêle, avec un physique de fouine, visiblement le cerveau des deux, qui se frottait les mains d’avance face à cette superbe prise qu’ils avaient dégottée ce soir-là. C’est vrai qu’elle n’avait que très peu de défense sur elle. Mais elle était prête à se battre. Après tout, quitte à avoir une journée pourrie, il fallait bien qu’il y ait une apothéose le soir. Mais jamais elle ne se laisserait humilier par quiconque. Surtout pas par deux espèces de pouilleux lubriques.

Elle avait glissé sa main dans sa poche. Les doigts rencontrèrent la surface froide de sa bombe au poivre. Elle retira le capuchon à tâtons, reculant toujours un peu tandis qu’ils approchaient. Si elle échouait avec la bombe, il ne lui restait plus qu’à prendre ses jambes à son cou, ou tenter de mettre ses techniques de self défense en œuvre. Ce qui n’était pas la bonne idée, vu son gabarit. Elle dégaina sa bombe, et émit à peine un jet avant de se faire désarmer par le plus grand des deux hommes. Son regard se teinta de peur.

Angélus… Si tu es là… Aide-moi…


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I wished I had one more chance to say what really mattered; to say how much I loved you, how grateful I was for every moment I was with you. But by the time I said what I wanted to, it was too late. But you brought me back. You gave me my wish. One more chance to say what I really wanted to say... Kiss me, once more
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Angelus G. Hastings
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Lun 29 Aoû - 6:19



    « On s’connaît p’têt ? »

    « Heureusement pour lui que non. »
    « Pas l’habitude de traîner avec les cafards de ton espèce. »
    « Non Mr. Duchovny. »

    Trois réponses différentes pour trois caractères en totale opposition. Quoique étant un être d’une particulière complexité, à la fois revêtu d’une apparente neutralité et d’un calme olympien, Angelus n’en était pas moins humain, avec ses forces et ses faiblesses, et depuis toujours incapable de laisser faire le mal sans contrepoids dans la balance. De son côté, si ça n’avait tenu qu’à elle, miss Thorton aurait déjà arraché les deux yeux de leur interlocuteur bouche bée qui n’attendait que le moment propice pour que son cerveau ordonne à ses muscles de s’étirer pour donner une correction à l’individu qui lui faisait face. A l’opposé s’amusait John, à la fois ignorant des règles d’usage et complètement insouciant, voire je-men-foutiste des conséquences que sa conduite aurait pu avoir s’il avait été encore en vie. Bref, trois tempéraments qui se distinguaient tellement que la scène aurait pu passer pour drôle si elle n’était pas aussi dramatique. Angelus avait vu de tout dans sa ‘carrière’ de détective. De tout et de tout le monde. Une aberration qui l’avait conduite à une colère noire, si noire qu’il en avait perdu le sens de la légalité était la pression qu’exerçait un père sur son fils. Il était tout juste majeur à l’époque lorsqu’il avait pris conscience de l’étendue de ses pouvoirs grâce ou à cause de cette affaire qui l’avait interpellé. L’enfant était traumatisé, la mère se muait dans l’effroi et n’osait plus intervenir de peur de finir sur le bûcher. Des cicatrices sur le haut du corps avaient été le premier appel au secours de la petite bouille rousse. Et puis, lorsque la mère finit par décéder trois mois plus tard, son fantôme était venu à Angel pour faire cesser des atrocités qui n’avaient que trop durer. A défaut d’avoir agi de son vivant, la pauvre femme se ferait pardonner dans la mort. Et lorsque le médium intervint, lorsqu’il comprit que la violence des coups n’était rien en comparaison des sévices marquantes et humiliantes que le gamin subissait tous les soirs, quand il apprit que les baisers du père ne s’étaient que trop aventurés sur des sentiers qu’un père ne devrait jamais arpenter, son sang se mit à bouillir. Aussi étrange que cela puisse paraître et parce qu’il n’avait jamais envisagé un jour ou l’autre devenir père, il n’avait jamais eu l’instinct paternel, Angelus était malgré tout très sensible à la cause infantile. Faire du mal à un enfant relevait pour l’homme d’un acte à la fois criminel mais tout aussi lâche. Comment pouvait-on accabler une petite chose aussi innocente ? Incapable de se défendre et ne bloquant les coups que par des larmes versées ? L’affaire fut rapidement expédiée. La police n’eut pas besoin de l’interroger pour savoir quel était l’individu qui lui avait donné toutes ces informations. Il fut à la fois le suspect et le héros. La mère était heureuse, l’enfant le serait un jour. Le père ne le serait plus jamais. Fin de l’histoire. Au maniement des preuves, du sabre et du sang, rien n’était comparable à la folie d’un homme en furie. Personne ne savait ce qui s’était passé. Personne n’avait à le savoir. Il avait débarrassé le monde d’un parasite. Encore de la noirceur dans une âme que certains jugent pourtant angélique. Comme ils se trompaient. Angelus n’avait rien d’un ange. Non, rien du tout. Une heure plus tard et la discussion avait tourné au vinaigre. Il s’en serait douté. Avec John qu’il essayait maladroitement de calmer d’un côté et ce type qui le croyait fou jusqu’aux orteils de parler dans le vide, il ne lui faudrait bientôt plus que des paroles pour être écouté.

    « Votre femme n’est pas là ? »

    Une question pas si innocente que ça. Il savait qu’en général, les hommes comme ce Duchovny traumatisait tant et si bien leur moitié qu’elle finissait par fuir le domicile conjugal pour se réfugier chez une amie, là où les policiers retrouvaient souvent les cadavres. Dans un autre cas, si c’était la première fois, le mari pardonnait en échange de quelques volées gratuites assénées. La jeune femme n’avait bientôt plus que ses yeux rouges et vides de sens et de se renfermer sur elle-même jusqu’à ne devenir plus que l’ombre de son passé. Il n’avait entendu aucun bruit dans la maison, ni même de grattement dans la porte qu’il supposait donner sur la chambre du couple. A moins d’être morte ou endormie, la jeune femme n’était pas à la maison ce soir. Tant mieux, il était plus facile de converser d’homme à homme sans avoir à se soucier des considérations féminines, parfois illogiques mais bien subjectives. Inconcevables pour Angelus que de voir une femme pleurer sur le corps de son mari sans se rappeler de l’enfer qu’elle vivait nuit et jour par sa propre faute. A croire que l’amour était réellement aveugle ou tout du moins, rendait complètement aveugle à toutes autres médisances.

    « Foutez le camp ou j’appelle les poulets, c’est clair ?! » cracha alors le bonhomme en se levant d’un bond, soudainement conscient de la personne qui lui faisait face. Il devait le prendre pour un frère de sa femme ou en tous cas quelqu’un qui tenait à son bien-être. A en croire l’expression mauvaise qui résidait sur ses traits avides de vengeance, n’importe quelle personne saine d’esprit aurait déjà pris les jambes à son cou. Une chance qu’Angelus ne faisait pas partie de ces gens-là.

    « Asseyez-vous Mr. Duchovny, je n’ai pas fini. »
    « Il n’a même pas commencé vous voulez dire !! » grommela la vieille dame en rajustant son chapeau – une salade de fruits ambulante serait plus juste – sur sa tignasse blanche pendant que John se dirigeait d’un pas guilleret à la cuisine.
    « Hum, vous m’appelez si vous avez besoin de moi hein, je vais grignoter un petit quelque chose en attendant. »

    Le médium ne fit même pas attention à son ami pour s’attarder sur l’apparence répugnante du mari dont les nerfs lâchaient à vue d’œil.

    « Ah ouais, c’est c’qu’on va voir l’play-boy d’opérette !!

    C’est à cet instant que le taureau chargea. Peu surpris – l’habitude gagnait vite après des années de dure labeur – quelques minutes suffirent à calmer l’intéressé. Essouflé, le visage rouge et gonflé, des larmes aux yeux, le dénommé Duchovny ne devait son salut qu’à la promesse qu’il fit à l’homme de ne plus poser une main sur son épouse. Angelus pouvait se montrer si convaincant parfois que ça en devenait terrifiant.

    « Au plaisir de ne jamais vous revoir Mr. Duchovny. » ajouta une dernière fois le médium en quittant les lieux, laissant derrière lui le sentiment navrant d’échec et la peur au ventre à un homme qui croyait posséder le monde par la force de ses muscles.

    Dehors, le vent soufflait encore. Un orage se préparait. La nuit était d’un noir d’encre, la Lune s’était dissimulée derrière de gros nuages grisâtres. Plus loin, le rire de quelques jeunes au sortir des boîtes de nuit. Le temps pour Angelus de rentrer dans son appartement. Le monde de la nuit, très peu pour un solitaire dans l’âme. Cette foule qui guettait les cours le jour, attentive et soumise se transformait en une mâchoire dévorante et sordide une fois le soleil couché.

    « Hey chéri, tu viens faire un tour dans ma caisse, je te promets que tu vas aimer … »

    Créatures dotées d’une beauté imparfaite et pourtant si attirantes que même un moine ne saurait y résister. Derrière lui, le rire de John qui se serait bien satisfait des lèvres de cette allumeuse en jupe courte. Dire qu’il était marié. Angelus avait eu du mal à en croire ses oreilles lorsqu’il l’avait su. Lui, marié ? Une femme charmante d’ailleurs. Rien à voir avec celles que le fantôme avait pris pour habitude de faire grimper au septième ciel. Car oui, John avait trompé sa femme plus d’une fois. Il disait aimer la ‘diversité’. Un argument pour l’adultère qui avait conduit son meilleur ami à le voir sous un autre angle. Lui qui aimait tellement le charrier sur l’inexistence de sa vie sentimentale se taisait aujourd’hui face aux moqueries réalistes et répétées de son protégé.

    « Joyce … »

    Cela faisait des jours qu’il pensait à la jeune femme. Un sentiment jusque-là inconnu s’était sournoisement faufilé dans le creux de ses entrailles. L’envie de la revoir était telle qu’il n’en dormait plus la nuit. Ses rêves n’étaient peuplés que de son visage, chacun de ses traits qu’il redessinait lentement, ses lèvres qui se promenaient sur la chair blanche de son cou tandis que ses mains glissaient plus bas …toujours plus bas…

    « C’est la petite blonde avec laquelle vous discutiez il y a deux semaines de cela ? » intervint miss Thorton, une lueur plein d’espoir dans les yeux et un sourire qu’Angelus ne connaissait que trop bien qui étirait ses lèvres pâles.
    « Tsss, décidément mon chou, j’te comprendrais jamais. Tu peux te taper toutes les filles que tu veux et toi il faut que tu penses à celle-là. Je vois pas ce que tu lui trouves. Elle a rien de spécial tu sais. Bon ok, elle est bien roulé et AIEEEUUHH !! Ca fait mal !! » cria le fantôme en se frottant la tête et déjà prêt à répliquer.
    « Ce n’est pas ainsi que l’on parle d’une femme John, ne l’oublie pas. répondit calmement l’ancêtre.
    « Espèce de …. »

    « Angélus… Si tu es là… Aide-moi »

    « …Joyce… »
    « Oh ça va hein, tu vas pas recommencer. C’est cette vieille ronchon qui… »
    « Non. Joyce. John, elle a des ennuis. Trouve-la. »
    « Hein ? Mais comment tu le sais qu’elle a des…. »
    « La ferme. Fais ce qu’on te dit pour une fois au lieu de radoter !! »
    « Non mais dis donc l’ancêtre, tu ferais mieux de te taire sinon je… »
    « JOHN !! S’il te plait !! Vas-y . Fais moi confiance. »
    « Oh ça va, ça va, j’y cours, j’y vole. » finit par grogner le fantôme en disparaissant à l’angle d’une rue sous le regard inquiet d’Angelus qui venait d’accélérer le pas.

    5 minutes plus tard et le voilà qui avait réapparu aux côtés du couple qui s’était élancé dans les rues de la ville.

    « Hey Angel, comment t’as fait pour savoir que … »
    « Où est-elle ? »
    « Troisième rue sur ta droite, tout droit jusqu’au port. C’est une petite rue sur la gauche près de la boîte Midnight. Y’a deux abrutis qui veulent croquer de la chair fraîche apparemment. Je te conseille vivement de te dépêcher. »

    Il n’avait pas besoin de le répéter une seconde fois. A peine la destination connue que le médium avait couru dans la direction indiquée, la colère grimpant peu à peu dans son subconscient et les poings déjà serrés par l’insoutenable qu’il entendait éviter de justesse. Le jogging quotidien qu’il faisait maintenant par habitude avait porté ses fruits. Son endurance était telle qu’il ne lui fallut que quelques minutes pour arriver sur les lieux. Deux hommes qui empestaient l’alcool bloquaient le passage, écartant toute tentative de fuite à une Joyce apparemment apeurée.

    « Je prends le gros, t’as cas prendre l’autre. » murmura instinctivement miss Thorton à son compagnon qui avait déjà enfilé ses gants de boxe. Angelus,quant à lui ne les avait pas attendu. La colère avait déjà embué ses traits. D’ordinaire, son regard était noir corbeau. En ce moment, ses pupilles étaient aussi dilatées que les chats un soir de pleine Lune. Un néant anormal que ne purent expliquer les deux hommes lorsqu’ils furent brusquement rappelés en arrière par une poigne ferme et tenace.

    « HEY…. QU’EST-CE QUE C’….. !! »

    Seul l’insondable répondit à leur voix. La température de son corps était montée à une vitesse fulgurante mais qui n’avait rien à voir avec le sprint qu’il avait piqué il y a deux minutes.

    « Joyce ? »

    Le timbre de sa voix avait changé. D’une douceur infinie, tandis que ses mains avaient rattrapé la jeune femme pour la rassurer de son corps et par sa présence. Non, il ne la quitterait pas. Pas cette fois. Un léger sourire parcourut ses lèvres dès l’instant où ses yeux croisèrent les siens, plus affolés que d’ordinaire. A quelques mètres de là, les deux hommes contemplaient la scène avec un rictus sournois scotché sur leurs bouches épaisses et visqueuses. Angelus ne les avait même pas remarqué. Son attention était entièrement dévolue à Joyce qui frissonnait encore et à sa main caressant tendrement sa joue froide.




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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Lun 29 Aoû - 20:14

Bien. Elle allait donc se faire violer comme une vulgaire demi-mondaine, là, sous le regard indifférent des passants. Réjouissante perspective. Après tout, c’était une vraie journée de merde, il n’y avait pas d’autres mots. Elle en était même à se dire que ce ne serait qu’un mauvais moment à passer. Cet instant de perdition dura une minute, puis elle se ressaisit. Attendez, elle avait son nom gravé quelque part en Sorbonne, elle ne pouvait pas se faire violer comme ça !

La pensée qu’elle avait eue la frappa violemment. Pourquoi penser ainsi à Angélus ? Pourquoi lui alors qu’il n’avait pas donné signe de vie depuis plus d’une semaine, alors qu’elle était en train de se faire assaillir par deux pervers en mal de présence féminine décente. Il n’allait pas débarquer comme ça, avec sa cape rouge et son bouclier, pour la défendre. Comment pourrait-il être au courant ? Elle ne pouvait pas communiquer avec lui par téléphone, encore moins – lui semblait-il – par télépathie. Et pourtant, elle avait pensé à lui, si fort qu’elle avait eu la sensation que tout son esprit hurlait. Allons bon. La réponse était simple, même si elle ne voulait peut-être pas se l’avouer : depuis plus d’une semaine, le regard sombre du détective ne l’avait pas quittée. Dans ses rêves, dans ses pensées. Elle attendait, dans la nasse du temps qui passait, inexorable, un signe de lui. Il avait été sa lumière, l’espace d’une soirée. Elle s’était sentie vivre sous son regard sombre. Elle avait frémis lorsqu’il avait pris sa main. Elle avait savouré l’instant où ses lèvres s’étaient posées si près des siennes. Et pourtant, aucun appel. Elle était retournée au commissariat, avec cette petite pointe d’excitation au cœur, en espérant le revoir, ne serait-ce que capter son odeur, apercevoir un pan de son trench noir. Lui parler, saisir sa main, lui demander pourquoi… Pourquoi ce silence assassin ? Elle ressentait dans chaque centimètre de son corps la souffrance de leur séparation. Hé quoi, pourtant, il ne s’était rien passé…

Tandis que ses agresseurs s’approchaient, la lippe dégoulinante, elle se prenait à croire qu’il apparaîtrait et qu’il la sauverait. Angelus était pourtant un homme d’une stature certes des plus séduisantes, mais pas non plus des plus imposants. Oh, évidemment, elle ne doutait pas de sa force physique, mais ses adversaires ne le prendraient jamais au sérieux. Elle ignorait dans quel état pouvait se mettre le détective. Elle ignorait quel était son pouvoir, et comment ses alliés pouvaient agir avec lui. Elle rêvait juste que ses bras l’enlèvent de cette menace. Elle essayait de maîtriser les battements de son cœur inégaux, la sueur moite qui commençait à couler le long de ses mains légèrement tremblante. Elle se pliait légèrement, étudiant la situation de son regard clair, ses yeux bleus sautant du frêle pervers à son gros camarade.
Le grand avançait, menaçant, se délectant par avance de cette prise facile, se léchant les babines de ses futures et pathétiques moments où elle se débattrait. Le petit restait un peu derrière, son regard planté sur la silhouette pliée de la jeune femme, avec un sourire à peine esquissé, dévoilant une incisive blanche.

Le flash la prit brutalement. Elle se plia beaucoup plus, crispée, le souffle coupé, ses bras croisés sur son ventre, les yeux légèrement écarquillés. Un goût étrange monta dans sa bouche. Elle chercha à tâtons le mur, ou du moins quelque chose à quoi se rattraper, s’appuyer, tandis que le monde s’effaçait autour d’elle, se teintant d’un voile obscur.

Elle avait eu plusieurs types de crises. Des moments de clairvoyances complets, où elle voyait réellement tous les détails au travers des yeux des victimes. Des moments où elle saisissait les détails, comme en mémoire sélective, ce qui lui permettait d’aider au mieux les policiers. Et des moments de confusion la plus complète, où les rêves, les fantasmes, se mêlaient à la vision.

Le bar est là. Je me vois, encore, assise au bar, le regard perdu. Les murmures, je ne les comprends pas. Un cheval, noir, qui galope, je perçois toute la puissance de ses membres qui s’abattent sur le sol, arrachant à la terre des mottes entières. Son encolure est tendue, son poil est brillant, sa queue rabattue sur son dos. Pourquoi ? Un néon clignote dans le bar. Une odeur étrange, de la terre grasse, de la cendre, du souffre. La ville, je vois la ville, comme si j’étais élevée dans les airs, mais ses murs brûlent et s’écroulent en poussières, balayées par un vent puissant dont l’origine m’est inconnue. La chaleur m’étreint. Qu’est-ce que… Un visage. La femme que j’ai trouvée avec la jeune avocate norvégienne. Un visage inconnu, une dame âgée, qui se dispute avec un homme plus jeune. Qui est-ce ? Au milieu, une silhouette sombre. L’agresseur se rapproche, tend ses griffes vers elle, ses yeux devenus comme rougeâtres, brûlant d’une lueur étrange. Je me vois, je suis là, dans cette ruelle, le bas du dos appuyé contre le mur. Je ne suis que des traits, des traînées de lumière blanche. J’ai peur, je tremble, je peux voir mon cœur battra à travers ma poitrine. J’ai des vertiges. Je ne contrôle pas mon corps. J’ai l’impression qu’ils se précipitent.

La jeune française tourne de l’œil. Elle pose un genou sur le sol, au bord de l’évanouissement. Elle se voit chuter. Elle agit sans avoir la maîtrise de ses mouvements. Sa main droite s’est appuyée sur le sol sale. Ses agresseurs hésitent, ne comprennent pas. Les mots, elle ne les saisit pas. Brutalement, la focalisation changea. Elle voyait dans le dos de ses agresseurs. Quelque chose qui fondait sur eux comme un aigle impérial. D’une rapidité qui défiait les lois humaines. Elle releva vaguement la tête, plissa les yeux, essayant de réunir ses pensées, tandis que le sang battait à ses tempes. L’odeur était familière, se frayant difficilement un chemin à travers la persistante effluve de souffre qui agressait ses narines. Pendant une seconde, elle était cet aigle. Elle se voyait, mais aucune intention négative ne semblait motiver cet aigle. Il n’était pas menacé ni menaçant à son égard. C’était étrange. Et nouveau.

- Joyce ?

Elle réintégré brutalement son corps et se retrouva dans les bras d’Angel. Elle tremblait, et avait du mal à trouver son souffle.

- Angel… Angelus ? C’est vraiment vous ?

Elle tourna son regard bleu vers les deux pupilles noires, étrangement rondes, et se plongea un instant dans ce bonheur inattendu. Elle mit de côté toute la prudence des conventions sociales, se contenta d’enfouir son visage dans son cou, rassurée, respirant à pleins poumons son odeur, se serrant contre lui.

- Oh Angel…

Ses mains se serrèrent sur sa chemise, s’agrippant à lui, comme désespérée. Les deux agresseurs secouèrent la tête, sous le coup de cette force étrange qui les avait brutalement tirés en arrière. Le grand enfonça son poing dans la paume de son autre main, faisant craquer les phalanges, et s’approcha, menaçant. Instinctivement, Joyce se tassa dans les bras d’Angelus, savourant la caresse sur sa joue comme un triomphe sans prix. Elle ne voyait plus les autres, seulement Angelus, son Angelus, son sauveur, son héros, l’homme qui était apparu des ombres pour la sortir de ces ténèbres. Le petit restait immobile, et marmonnait, sournois.

- Ce n’est pas grave, Rick, regarde, il ne fait pas le poids face à toi. Ecrase-le, ce n’est qu’un moucheron, un divertissement. Et ensuite, nous pourrons savourer cette petite putain comme il le faut.

Son ricanement écorcha les oreilles de Joyce. Le dénommé Rick s’avance, en ricanant lui aussi, à quelques centimètres d’Angelus, et s’apprête à porter le premier coup, triomphant d’avance de cette victoire facile.

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Angelus G. Hastings
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Mar 30 Aoû - 8:26

    « Oui. » énonça l’homme à la veste noire après quelques secondes, le regard toujours penché sur la jeune femme qui était semble t-il, était sur le point de s’effondrer s’il ne la tenait pas contre lui. La réaction de surprise puis de reconnaissance de Joyce, le fait qu’elle se blottit peu après dans son cou, la chaleur de son corps contre le sien qui la réchauffait déstabilisa un moment Angelus avant qu’il ne revienne de son trouble naissant. Ses muscles se détendirent, toute son âme aspirait à un retour au calme maintenant qu’il la savait en sécurité dans ses bras. « Je suis là. C’est fini. » répéta t-il encore comme pour la rassurer à nouveau. L’une de ses mains, d’abord hésitante, s’était glissé dans sa chevelure blonde, chutant bientôt jusqu’à sa nuque pour l’obliger à le regarder. Il voulait être certain qu’elle n’avait pas été blessée. Il ne leur aurait jamais pardonné cet insignifiant détail, dût-elle n’avoir qu’une ecchymose au visage. Ses lèvres tremblaient encore mais elle ne paraissait pas aussi mal au point qu’il l’aurait cru en arrivant. Tant mieux pour eux. Chassant toutes ses idées noires comme on efface un tableau souillé par la craie, Angelus ne détachait pas ses yeux de Joyce, incapable de penser un seul instant à ses agresseurs qui pourtant, ne les avaient pas oublié et se tenaient même encore debout face au couple, comme un nouvel affront opposé. Près d’eux, et bien que rien ne le laissait deviner, John patientait, roublard comme toujours, et apparemment impatient de donner une bonne correction à celui qui serait le plus intrépide, à l’idiot qui oserait franchir la limite, à la première main levée. Près de Joyce, miss Thorton qui la consolait d’un regard et par des paroles réconfortantes qu’elle ne pouvait hélas entendre. Seules les lamentations du vent rompaient maintenant le silence qui s’était installé. Pesant et inquiétant, il était un présage de ce qui s’annonçait. Le combat n’était pas terminé. Pourtant, le médium était même prêt à passer l’éponge. A laisse s’enfuir ces deux bourreaux pour mieux s’occuper de sa Joyce. Il n’avait plus qu’elle en tête. Elle et son bien-être qui venait d’être entaché par des parasites inconscients. Même le froid n’avait plus d’impact sur notre homme. Ni les feuilles des arbres qui s’écrasaient à leurs pieds en roulant après des jours de cavale. D’un bras protecteur, Angelus avait retiré son manteau pour en revêtir les épaules de Joyce. Il n’était plus le même. Toute son essence respirait l’envie de lui plaire, de l’emmener au loin sur son cheval blanc pour une nuit de plaisirs éphémères. Et puis, quelques mots. Rien de très surprenant de la part de deux voyous de leur espèce mais qui avait suffi à ranimer le désir de vengeance du détective. La flamme de son regard jusqu’alors animée par les meilleures intentions avait viré vers la couleur maudite de l’enfer. « Vous n’auriez jamais dû… » se contenta de murmurer le médium en s’écartant très légèrement de Joyce, son regard fixement braqué sur les deux individus. L’ambiguité de ses paroles avait été mesurée. Avait-il voulu signifier qu’ils n’auraient pas dû tenter de la violer ou de la qualifier de ‘putain’, les deux hommes ne le sauraient jamais. Le plus petit eut même l’audace de rire comme s’il s’agissait d’une farce amicale. Cinq secondes. Deux secondes. Une seconde …

    « AAAAAAAAAAHHHHHHHHH……………………… »

    Un cri rauque qui avait brisé le silence de la nuit. Des larmes plein les yeux. L’impression d’être tiraillé dans tout son corps. Qu’on le broyait sur place. Des images de morts, de cadavres, l’horreur la plus complète. Les souvenirs heureux avaient disparu pour laisser place à la frayeur d’être seul au monde. Il devenait fou. Ses cris se répercutaient en écho dans la ruelle. Ses mains étaient toutes deux vissées à ses tempes, arrachant les mèches jaunasse qui s’échappaient encore de son crâne brûlant. La douleur était telle qu’il ne pouvait en réchapper. Plus loin, John avait disparu. Miss Thorton elle, contemplait la scène avec un rictus mauvais scotché au visage. Son acolyte lui ne comprenait pas. Ses pupilles arrondies par la peur cherchaient une réponse à ses plaintes.

    « Rick…Rick…qu’est-ce qu’il y a ? Parle moi bordel, RICK !! »
    « AAAAHHH…..JE…..ARRETEZ…..S’IL VOUS PLAIT……JE….JE SUIS…..DESO……LEEEEE…………….AAAAAHHHHHHH…….. »
    « Putin de m… mais qu’est-ce que tu lui as fait ? Arrête ça t’entends !! Arrête j’te dis !! » grogna l’autre homme en s’élançant vers Angelus, un poignard à la main. Il n’eut pas le temps de s’en servir. Aussi prompt que l’éclair, et parce qu’il était habitué à de telles démonstrations de violence, Angelus avait agi à son tour, écartant d’un mouvement Joyce pour éviter qu’elle ne soit blessée et décochant presque immédiatement un coup de poing au visage de son agresseur. « Je vais te… » Il ne termina jamais sa phrase. A quelques centimètres de son cou, le bout d’une lame coupante comme du rasoir n’attendait qu’un geste de sa part pour terminer le travail commencé.

    « Donne-moi une seule raison... j’en meurs d’envie… »

    Plus loin, le corps flasque et gras de son ami, étendu de tout son long, une grimace de terreur peinte sur ses traits. Le silence avait repris ses droits et John avait réapparu comme si de rien n’était. Les deux hommes se dévisagèrent une nouvelle fois. Dans le blanc des yeux, le premier fit comprendre au second qu’il n’hésiterait pas un seul instant à achever son œuvre. Un éclair de lucidité traversa l’esprit pervers de son adversaire qui finit par rendre les armes et à s’enfuir à toutes jambes, abandonnant même son compagnon de voyage. La peur amenait parfois à une lâcheté sans nom.

    « Joyce ? Venez, je vais vous raccompagner. »

    Nul besoin de se perdre dans d’autres considérations. Angelus savait que la française avait des questions plein la tête. Des questions qu’elle ne tarderait pas à lui poser et auxquelles il allait bien devoir donner une réponse. Pour le moment, il voulait avant toute chose la mettre en lieu sûr. Alors, il replaça son sabre sous la longue veste noire qui frôlait les pavés rugueux de la ruelle et, sans réfléchir, sa main enlaça la sienne jusqu’à l'avoir à ses côtés, elle qu’il avait mise à l’écart le temps d’un combat gagné d’avance. Son bras entoura sa taille, son regard croisa le sien un moment, et ils s’en allèrent enfin, se dirigeant vers le bain de foule de minuit, vers ces passants qui n’avaient pas agi ou qui n’avaient su. Vers ce monde instable et irrécupérable. Vers un avenir qu’ils désiraient mettre en commun …




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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Mar 30 Aoû - 21:40

Elle n'osait pas y croire. Elle y était, enfin, dans ses bras. Combien de fois en avait-elle rêvé? Combien de fois s'était-elle retrouvée entre ses bras, les yeux fermés, non pas à vivre la scène - ce serait bien trop beau -, mais à la ressentir, dans toute sa profondeur, en laissant ses sens interpréter pour elle ce qui se passait? Elle en avait dénombré bien trop pour que son esprit puisse les mémoriser. Elle avait rêvé d'un moment de tendresse où les mots seraient inutiles. Juste ses bras, son propre dos appuyé contre le torse d'Angelus, des mots murmurés au bout des lèvres, glissant doucement dans son oreille, élargissant son sourire. Elle n'avait certainement pas imaginé que ce serait ainsi. Que les circonstances seraient aussi surréalistes et si peu propices à du romantisme cliché comme elle l'aimait. Mais au moins, elle était dans ses bras, et l'espace de cet instant précis, personne ne pouvait la remplacer. La vie recommençait à s'animer dans sa poitrine. Elle écoutait sa voix, elle écoutait son souffle, elle caressait son visage de son regard. Elle aimait déjà la chaleur de sa paume posée sur sa nuque, pour qu'elle le regarde, encore et encore, pour qu'elle puisse le rassurer sur son état physique. Elle n'avait pas besoin de mots. Il lui suffisait de plonger ses yeux clairs dans les deux braises du détective pour qu'il comprenne. Il n'avait qu'à saisir l'apaisement qui gouvernait désormais ses deux pupilles, pour qu'il comprenne qu'il n'y avait pas milles raisons de cette sérénité nouvelle : il en était à l'origine, il en était le maître, le souverain, et il n'avait qu'à fléchir le petit doigt pour que cette paix se fissure et s'effondre.

Pendant une seconde, Joyce fut effrayée par ce pouvoir qu'il détenait. Cela signifiait que d'un claquement de doigts, Angelus pouvait lui ôter tout bonheur, tout espoir. Il pouvait la détruire, alors que rien d'officiel ne s'était instauré entre eux. Tout était dans la nuance, tout était dans la subtilité, dans l'envie mutuelle de s'appartenir, qui n'avait jamais été prononcée de vive voix. Elle lui faisait confiance. Ce n'était pas un jeu entre deux adolescents qui ne connaissent pas l'amour et qui finissent par se brûler les ailes. Ils connaissaient les enjeux.

"Je suis là, c'est fini." Ces simples mots pouvaient sembler enfantin. Comme si Joyce n'était qu'une pauvre enfant prise dans les tourments d'un cauchemar, et dont la présence simple d'Angelus lui suffisait pour combattre le cauchemar et le reléguer dans la forteresse de l'oubli. Ce qui n'était pas tout à fait faux. Mais outre cela, ces simples mots reflétaient les bonnes intentions d'Angelus à son égard. Et rien que ces mots poussaient Joyce à lui accorder une confiance absolue. Les deux lascars qui tournaient encore autour d'eux n'avaient plus aucune importance. Joyce posa sa main sur la joue de son médium, caressa doucement la peau imberbe, les lèvres légèrement entrouvertes, retenant son souffle. Elle sentit, plus qu'elle ne vit, Angelus couvrir ses épaules de son manteau noir. Elle se blottit immédiatement à l'intérieur, avide de la chaleur évanescente du médium et de son odeur.

- Merci, Angelus.

Cela lui suffisait. Elle se fichait même de l'issue de la confrontation entre les deux molosses et sa personne. Elle se noyait dans sa voix grave. "Vous n'auriez jamais dû." Elle voulut le retenir de sa main, lui dire que ce n'était pas grave, que cela ne comptait plus, désormais. Que tout pouvait se terminer là. C'était sans compter l'audace des deux agresseurs. Angelus semblait bien frêle face au premier d'entre eux. Mais, brusquement, Joyce eut la conviction que cela n'avait aucune importance.

Elle ouvrit des yeux ronds quand le premier hurlement déchira le silence. Angelus n'avait pas bougé d'un centimètre. Et pourtant, le corps de son opposant se contorsionnait violemment, comme en proie à la pire douleur qui soit. Joyce ne comprenait pas. C'est tout juste si elle saisissait la nuance dans la voix du médium : ce n'était peut-être pas tant une menace qu'un avertissement. Angelus voyait des choses qu'aucun autre humain ne pouvait prétendre ne serait-ce qu'apercevoir. Joyce, moins effrayée que surprise, saisit la main d'Angelus et la serra, sans quitter des yeux l'étrange spectacle qui se jouait sous son regard clair.

- Attention !

Elle réagissait à l'assaut soudain de la petite vermine, qui tenait une lame dans sa main. Elle se recroquevilla, s'apprêtant à bondir pour se soustraire à son agresseur. Cela aurait été inutile. Angelus l'écarta d'un mouvement de main qui la mit naturellement hors de portée, sans heurt, et se mit à se battre à main nue. Joyce était inquiète : bien que la colère devait sans aucun doute grandement perturber l'agresseur, il n'en restait pas moins qu'il possédait une arme contondante, contrairement à Angelus. Un seul mauvais coup mal placé et le drame était vite arrivé. Elle comprit alors rapidement que les apparences étaient fort trompeuses, lorsque son regard accrocha l'éclair métallique soyeux du sabre d'Angelus. Cet homme lui réservait décidément bien des surprises. Le temps se figea. Les secondes s'écoulèrent, douloureuse, le temps pour le nabot de se rendre compte de sa terrible erreur : il avait sous-estimé Angelus. Et il était désormais seul face à cette montagne de forces surnaturelles, qui avait couché sans aucun effort son armoire normande de collègue. Il fit donc la chose la plus censée qui lui restait à faire. Prendre la fuite. Angelus eut la décence même de ne pas afficher de sourire autosatisfait, geste qui provoqua l'admiration de la jeune française et la confortait dans l'idée qu'il n'était pas un homme pour les autres, à la défendre vaillamment avec pertes et fracas pour mieux abuser d'elle par la suite.

Elle se releva. Il voulait la raccompagner, lui offrir l'escorte et la garantie que plus personne ne l'approcherait. Elle se sentait si bien, désormais, comme - et la comparaison lui paraissait quelque peu stupide, mais réellement évocatrice -, comme lorsque l'on se trouve dans une maison lors d'un orage, admirant de loin les éclairs qui zébraient le ciel, tout en sachant que rien ne pouvait arriver. Leurs mains s'entrelacèrent, naturellement, et elle eut le sentiment que c'était bien ici que sa main devait se trouver.

Elle fit quelques pas avec lui, le visage figé en une expression pensive.

- Angelus...

Elle s'arrêta, regarda son compagnon.

- Merci. Sans vous j'aurais passé un très mauvais quart d'heure...


Elle reprit sa marche, pressant doucement sa main. Puis, elle s'arrêta de nouveau, à quelques mètres de l'entrée du night-club, autour duquel papillonnaient toutes sortes de créatures nocturnes qui fascinaient tant la jeune femme.

- Comment avez-vous su? Je veux dire... Je n'ai pas appelé au secours, je n'ai pas crié. Et vous avez couru vers moi, comme si vous saviez...

Des tonnes de questions se bousculaient à ses lèvres. Elle ne savait pas par laquelle commencer, sans aborder des sujets qu'elle imaginait tabous.

- Et Rick. Comment avez-vous fait? Est-ce en rapport avec votre don? C'était... Surréaliste.

Elle était un peu perdue, et baissa les yeux. Elle se trouvait face à lui, tenant ses mains, immobile.

- Que pouvez-vous voir, Angelus? La dernière fois, vous m'avez quittée en parlant de manière bien sybillinne.

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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Mer 31 Aoû - 19:39

    Ils marchaient depuis une bonne dizaine minutes maintenant. Le bruit de leurs semelles claquant sur le pavé déjà mouillé des rues sombres du quartier. A défaut d’orage, le temps avait choisi de fines gouttes de pluie qui s’écrasaient lentement mais rapidement sur le sol. Le vent n’avait pas fini de geindre. Bientôt, la ville serait prise d’assaut par les caprices de ces nuages qui avaient assombri les cieux depuis plus d’une heure. Angelus voulait mettre Joyce à l’abri. N’importe où pourvu qu’elle ne soit pas trempée jusqu’aux os. Le froid demeurait son principal adversaire. Même sa veste, aussi chaude soit-elle ne servirait alors plus à grand-chose. Lui frissonnait un peu. Pas assez pour s’en inquiéter. De toutes façons, ses pensées s’orientaient vers la jeune femme sans prendre en considération la chaleur qui s’était retirée de son corps. Et puis, son nom qu’elle interpella dans un murmure et lui fit ralentir l’allure. Dans sa jolie tête, il imaginait fort bien ses doutes et ses incertitudes. Sans répondre d’abord, l’homme porta un regard confiant et qui se voulait rassurant dans sa direction.

    « Ce n’est rien. »

    Il n’aimait pas les compliments. Non, peut-être que la négation n’était pas tout à fait véridique. Disons qu’il n’en avait pas l’habitude et qu’aucun besoin d’en recevoir ne lui était nécessaire pour vivre. Naturellement, Joyce l’avait remercié par politesse et peut-être aussi par soulagement. Cependant, le loup solitaire qu’il était n’avait jamais su se comporter face à une telle marque de …gentillesse. C’était en cela que Joyce le surprenait. D’ordinaire, il se contentait de faire son travail et de quitter les lieux sans demander son reste. Evidemment, on avait déjà remercié ses services, mais c’était différent. Avec la jeune femme, le médium sentait qu’il y avait autre chose. Comme si ….elle lui était redevable. Comme s’il avait accompli un miracle tel qu’elle désirait en savoir davantage et pas seulement ce que ses yeux avaient eu le privilège d’observer. En un sens, il était flatté de son attention. De l’autre, il ne pouvait s’empêcher de se refermer comme une huître sitôt que le cadre de la conversation dépassait les limites qu’il s’était fixé. D’un léger hochement de tête, le détective lui fit alors comprendre qu’il n’avait fait que ce que sa conduite morale lui avait indiqué de faire, rien de plus, rien de moins. Inutile de le remercier. Sauf que la vérité était toute autre. Généralement, lorsqu’Angelus se devait d’agir, seule la neutralité et son calme olympien guidaient ses gestes. La loi, ses principes et ses sentiments n’entraient jamais en ligne de compte, à quelques exceptions près. La justice, il s’autorisait à la rendre en toute équité, sans considération de la race, du sexe, de l’âge ou du statut social. C’était la différence entre la justice du peuple qui était souvent meurtrière pour peu de choses, celle des codes et règlements qui punissaient davantage les plus faibles socialement et financièrement parlant que tous les autres, et celle d’Angelus qu’il estimait appartenir à tous et régir tout le monde. Il ne prétendait pas être un législateur ni un héros, il faisait ce que beaucoup refusaient de faire. Il agissait selon sa conscience, voilà tout.

    Leurs mains ne s’étaient pas quittées. Il ressentait les battements de son cœur au travers son poignet. A les voir ainsi, on aurait dit un couple d’amoureux qui se promenaient au clair de Lune. Ma foi, ce n’était pas tout à fait faux au fond. L’entrée du Midnight, une boîte de nuit privée où n’entraient que quelques privilégiés, humains ou mutants, leur tendait les bras à deux mètres de là. Le propriétaire était l’un des seuls amis du médium encore en vie, et suffisamment puissant pour que la police et Apocalypto n’osent mettre leur nez dans ses petites affaires. L’un des seuls endroits où le médium se sentait chez lui et en totale sécurité. D’ailleurs, il avait prévu de le faire découvrir à la jeune femme. Joyce pourrait ainsi se rendre compte par elle-même qu’elle n’était pas seule au monde et se faire des compagnons de route qui, comme le médium, ne reculeraient devant rien pour flanquer une raclée à ses bourreaux du commissariat. Plusieurs d’entre eux avaient déjà eu affaire aux forces de l’ordre. Certains savaient mieux que quiconque contourner le système. D’autres vous offriraient même une prime de leur avoir permis de mettre un rostre à un ‘poulet’. Certains étaient des êtres à part ou coupés du monde, d’autres au contraire vaquaient à leur occupation quotidienne chaque jour que dieu fait sans se soucier de leur intégration pourvu qu’ils puissent se sentir chez eux comme ailleurs. Amis ou ennemis, mutants ou humains, Joyce allait entrevoir une autre partie de la vie du médium en cette fin de soirée. Mais avant toute chose …

    « Pour tout vous dire, je n’en sais rien. »

    Il était sincère. Ce phénomène ne s’était jamais produit avant elle. Angelus avait entendu sa voix à l’intérieur de sa tête et vibrer à travers son corps, comme lorsque l’on tape avec une barre métallique dans un tuyau et que la résonance se projette sur des miles et des miles. Inexplicable mystère qui l’incitait à croire en une connexion muette entre eux deux.

    « Je me souviens seulement que je pensais à vous à ce moment-là. » Il lui fallait être plus précis dans sa description pour ne pas qu’elle croit à une imagination trop fertile dont elle était la cause première. « Enfin…je pensais à vous appeler quand j’ai entendu votre appel, à l’intérieur de ma tête. Je sais, c’est incroyable mais c’est ainsi que ça s’est passé. » Angelus avait froncé les sourcils, songeant à ce qu’il avait ressenti à ce moment-là. La colère, l’envie de meurtre, le désir aussi. Les scientifiques affirment que l’homme possède, comme les animaux, un sixième sens mais que, peu habitué à l’utiliser, il a fini par le perdre. Et si ce n’était pas son cas ? Après tout, voir des fantômes n’avait rien d’une faculté répandue en ce bas monde. Et s’il avait d’autres secrets enfouis. Ou alors cela venait de Joyce… Quoiqu’il en soit, il avait répondu à sa question. Peut-être pas dans toutes ses insinuations – comme de savoir par exemple la manière dont il s’était débrouillé pour la retrouver – mais en grande partie. La suite par contre, lui demanda de recourir à davantage de tact et de subtilité. Il n’allait tout de même pas révéler de but en blanc qu’il voyait et parlait aux morts. A sa connaissance, cette technique de séduction n’avait jamais fait ses preuves.

    « Oui, c’est en rapport avec mon don, Joyce. » commença le médium à faible voix tandis qu’ils s’étaient rapprochés du Midnight. Comment poursuivre ? Comment aborder un sujet aussi sensible et déroutant avec une personne ? La complexité de sa situation donnait raison à sa vie de solitude et de misère affective. Pourtant, à la manière dont en parlait Joyce, il avait l’impression qu’il l’avait subjugué d’une certaine façon. A la différence des autres, elle pourrait peut-être comprendre et ne pas s’effrayer de ce phénomène inédit. Ce n’était pas parce qu’elle était mutante – certains mutants sont parfois écoeurés de leur propre sort – mais parce que la jeune femme le voyait différemment. Qu’il lui plaisait autant qu’elle lui plaisait. Qu’il lui avait sauvé la vie et qu’elle lui faisait, il l’espérait en tous cas, aujourd’hui totalement confiance. Alors, elle méritait des explications. Toute la vérité sur ce curieux don qu’il possédait et qui le rendait si mystérieux aux yeux du monde. « J’espère ne pas vous avoir effrayer. » Leurs mains enlacées lui apportaient le soutien qu’il n’espérait plus. Il n’avait jamais avoué son don. Seuls ses amis étaient au courant. Se confesser revenait pour lui à revenir sur son passé, sur ce par quoi il était passé avant de s’en apercevoir, sur ce qu’il vivait au quotidien. Le comprendrait-elle après ses révélations ? Il le saurait bien assez tôt. « Veuillez me pardonner mais …j’avais des affaires urgentes à régler. » Premier point à éclaircir. Son regard chercha le sien. Il voulait qu’elle l’écoute sans l’interrompre. Ce serait peut-être plus facile de tout débiter d’une traite. « Joyce, je….j’ai confiance en vous. Plus qu’en n’importe quel autre mutant. Je ne vous connais pour ainsi dire pas et pourtant, avec vous, tout me semble plus simple. La dernière fois … » Angelus prenait son temps pour articuler chaque syllabe, chaque mot, plongeant toujours un peu plus dans ces deux magnifiques lagons qui l’attiraient irrésistiblement. « …la dernière fois, je devais m’en aller. Pas ce soir. Ce soir, je ne vous quitterais pas. » Une hésitation de quelques secondes puis il finit par se lancer, la peur au ventre à l’idée qu’elle puisse fuir son monde après ça. « J’ai bien des noms. Certaines personnes m’appellent par mon prénom, Angelus, d’autres lui préfèrent son diminutif pour des raisons que j’ai choisi d’ignorer parce qu’elles me paraissent infondées. Et puis, il y a ceux que je traque dans mon métier de détective. Ceux-là m’ont nommé Constantine. » Encore une fois, l’homme se tait un moment avant de poursuivre. « La fois dernière, je vous ai fait une promesse Joyce. Celle de vous aider à oublier ces images qui vous hantent à longueur de journée. Tous ces cadavres anonymes que vous découvrez à mesure du temps, moi je peux leur donner un nom, une identité, une vie. Lorsque vous ressentez le vécu d’un mort en touchant sa peau froide, j’ai moi la possibilité de connaître chaque recoin de sa vie passée, chaque souvenir, chaque personne que ce cadavre a fréquenté de son vivant. » Enfermé dans son monde et dans son flot de paroles – il ne se souvenait pas avoir autant parlé avant ce soir – Angelus guettait la moindre réaction de Joyce, déjà prêt à faire silence si elle le lui demandait. « Je suis un médium Joyce. Je vois et je parle aux âmes des défunts. Elles me racontent leurs vies, leurs peurs, leurs morts. C’est ainsi que je résous les crimes et que j’arrête les coupables. C’est la mission qui m’est donnée de remplir chaque jour. » annonça t-il d’une voix plus grave que d’ordinaire, et le regard ailleurs.

    « Hey, à ta manière de dire ça, on dirait que ça ne te fait pas plaisir, merci pour moi !! » grommela John à deux pas, l’air véritablement outré de voir qu’il ne comptait pas plus que ça aux yeux de son meilleur ami qui fit comme s’il n’avait rien entendu.

    « Chut, je crois qu’on devrait les laisser. Viens gamin, on repassera plus tard. » murmura miss Thorton en bonne marieuse, et le sourire aux lèvres en attrapant le bras du fantôme qui se refusait de bouger avant de finir par déclarer forfait.

    « Mouais mouais, on en rediscutera toi et moi, j’te préviens que j’ai pas l’intention de te laisser t’en tirer à si bon compte. » ajouta pour dernier mot celui-ci avant de disparaître avec sa vieille amie.


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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Mar 6 Sep - 22:41

Ce qui importait plus que tout dans l'instant présent, c'était cette sensation, cette impression de légèreté qui gouvernait les pas de la jeune française. Inconsciemment, un sourire s'épanouissait doucement sur son visage, l'illuminant d'une douce lueur de bonheur. Elle resserrait doucement ses doigts autour de ceux d'Angelus, tout doucement, de manière à ce qu'il ne sente pas nécessairement son envie de se rapprocher de lui, ou qu'il ne devine que la raison de son bonheur était tout simple. Enfin, simple... C'était peut-être un peu rapide, un peu réducteur, un peu précipité. Mais, en regardant, tranquillement, la main du médium dans la sienne,, en remontant la manche d'Angélus, pour arriver à caresser le visage grave et pâle de l'anglais de son regard si clair, elle connut l'épiphanie. La révélation. L'Apocalypse. Oui, tant de mots appartenant au lexique religieux, mais voyez plutôt : Angélus, l'ange déchu visionnaire, venu du ciel malgré lui pour l'enlever des forces obscures, Angélus, donc, cet homme pour qui elle se damnerait, était l'Alpha et l'Oméga de son bonheur. Il en était la source, le catalyseur et son gardien. Voilà donc pourquoi le temps avait paru si vide, ces derniers jours. Pourquoi, malgré tous ses efforts, elle n'était pas parvenue à vivre pleinement les heures, à se consacrer à ses tâches habituelles et à s'abandonner à sa routine, comme elle avait l'habitude de le faire. L'absence. Lamartine a écrit, à juste titre, dans ses méditations poétiques : "un seul être vous manque, et tout est dépeuplé". Citation ô combien utilisée, recyclée, et psalmodiée, que ce soit par la jeune veuve éplorée ou la lycéenne prépubère adepte d'un romantisme illusoire. Et pourtant, on ne pouvait en vouloir à personne : tout le monde avait connu ce désenchantement, cette souffrance de l'absence, cette crainte de l'obscurité de l'oubli. C'était ce néant, cet océan de souffrances, qu'elle avait expérimenté. Jusqu'ici, elle ne l'avait jamais encore subi...

Cette sensation étrange lui donna le vertige. Ce bonheur nouveau s'insinuait doucement dans chaque partie de son corps, prenait possession de ses muscles, de ses nerfs, pour doucement remonter jusque dans son cerveau, explorant son esprit et se l'appropriant, en se glissant sournoisement dans les failles de sa psyché. Progressivement, elle perdait le contrôle, si elle ne s'abandonnait pas elle-même à ce délice. Elle sentait des mots traverser la barrière de ses dents sans pour autant les avoir réellement convoqués. Elle sentait son interlocuteur partagé entre deux sentiments. Il était sans aucun doute sincère lorsqu'il lui faisait comprendre qu'il n'était guère adepte des compliments. Mais il y avait aussi autre chose qu'elle pensait percevoir également. Son coeur battait vite quand elle imaginait qu'il appréciait en réalité ses remerciements. Elle était elle-même flattée de songer qu'il prenait ses paroles différemment que si elles étaient prononcées par une autre femme. Au plus intime de sa personne, elle considérait cela comme un triomphe personnel qu'elle ne partagerait avec personne, égoïste et jalouse.

Leurs pas les guidaient vers le club qu'elle avait aperçu en sortant du bar. Le club midnight. Elle ne savait pas à quoi cela correspondait, en avait vaguement entendu parler. Où donc d'ailleurs? Dans le Achaea News Online? Peut-être. Elle ne savait plus. Et en avait-elle quelque chose à faire, en fait? La jeune femme n'en savait rien. Tout ce qui importait, c'était la chaleur diffuse et douce de la paume d'Angélus, qui lentement prenait possession de sa main. Pour un peu, elle aurait pu croire que c'était lui qui donnait chaque impulsion salvatrice de son coeur, dispersant un sang vigoureux aux quatre coins de ce corps fatigué mais reconnaissant d'une telle faveur. Peu importait, finalement. Qu'il l'amène au bout du monde ou même en enfer, ce n'était rien, elle était prête à suivre ses pas, le plus paisiblement du monde. Elle était sous le charme discret de ce bel anglais ténébreux, qui distillait pudiquement chaque information le concernant. Elle était aux anges pour ce soir, et rien ne pourrait lui enlever ce sentiment, du moins pour l'instant.

Pendant une seconde, une seconde délicieuse, elle imagina le regard d'un passant extérieur, se posant sur le dos d'Angélus. Il verrait une jeune femme aux boucles blondes, un peu perdue, un peu pâle, très fragile, s'appuyant doucement contre une silhouette sombre, tandis qu'ils marchaient, échangeant à voix basse des paroles incompréhensibles. Ils ne verraient que deux personnes, deux anonymes, les mains liées tendrement ensemble, quoique celle de la jeune femme semblait légèrement crispée, comme si elle craignait que l'homme la lâche. Elle semble si fragile qu'on pourrait croire qu'elle se briserait lors de sa chute. Ce n'était pas totalement faux. Mais ce qui sauta surtout aux yeux de la jeune enseignante, était cette vision d'un couple, cette vision tendre, presque normale, celle de deux jeunes gens qui se promenaient à la faveur de cette nuit estivale, profitant des derniers instants de chaleur... Un couple. L'idée fit frisonner la jeune femme. Et pour la première fois, elle décida de ne pas reléguer cette dernière au fond de la boîte "impossible à réaliser". Elle s'en défendit, et s'autorisa à y croire, ne serait-ce que pour cette soirée.

- Vous pensiez à moi?


Elle lui sourit, et pendant une autre seconde, envisagea la possibilité de le taquiner un petit peu, de le tester subtilement pour tenter de saisir ses désirs refoulés et ses pensées. Mais c'était peine perdue et sans aucun doute une sorte de pression qu'elle exercerait sur le médium. Non, il fallait être prudente, délicate et prendre son temps. Il n'y a rien de plus précieux que le temps passé à conquérir le coeur de l'être aimé.

- Je vois. Peut-être est-ce une forme de mon pouvoir, qui sait...


Elle restait pensive. Quelle était leur connexion pour que l'appel qui avait retentit dans sa poitrine, avec toute la douleur du désespoir, ait trouvé écho dans la tête d'Angélus? C'était fort, c'était très puissant, et c'était surtout quelque chose d'inattendu. En sondant le visage de son interlocuteur, elle devina que différentes sensations étaient entrées en conflit dans son esprit, des sensations sans aucun doute contradictoires. La jeune femme pressa doucement la paume du médium dans la sienne, comme pour essayer de lui faire évacuer ces mauvaises impressions. Tout était terminé, elle ne craignait plus rien, il n'avait pas à s'infliger une telle colère. Et elle était là... A partir de cet instant, elle savait qu'elle lui appartiendrait. Elle lui appartiendrait quand bien même il refuserait sa présence. Et s'il la refusait, alors elle ne voulait même pas s'imaginer la solution qu'elle trouverait.

- Incroyable est le mot. Et je crois que tout ce qui s'est passé jusqu'ici, du commissariat à cette rue même... Tout peut être qualifié d'incroyable.

Elle hocha doucement la tête, entendue. Mais avant d'envisager un futur à deux, un mariage, et une ribambelles de gamins, elle devait essayer de passer, doucement, sans forcer et sans le blesser, ses barrières, pour le connaître et le comprendre. Elle écouta attentivement ses réponses, sans faire un bruit, sans émettre un seul jugement ou trahir une émotion, en tout cas un sentiment de frayeur. Non, elle n'avait pas peur.

- Il en faut bien plus pour m'effrayer, j'en ai bien peur.

Elle lui sourit une fois de plus, un sourire candide, tendre, celui d'une femme en paix. Elle faisait marcher ce qui avait jusqu'ici fait ses preuves : l'humour, l'autodérision. A sa grande surprise, elle obtint des excuses concernant leur première fois, qui s'était soldée par une sorte de... D'échec. Aucun homme ne s'était jamais excusé auprès d'elle. Cette sincérité la toucha, profondément. A son regard, elle comprit qu'elle ne devrait pas l'interrompre. Il semblait difficile de trouver les mots corrects. Alors, elle observa le silence le plus religieux et le plus respectueux possible. Des centaines de paroles se bousculaient pour traverser ses lèves, et elle se fit violence pour les contenir. Comme par exemple : "ne me quittez pas aujourd'hui, mais ne me quittez pas non plus demain. Restez, Angélus, j'ai besoin de vous, j'ai envie de votre étreinte...". Ce genre de pensées qu'une amante éconduite et éperdue peut avoir. Et ce gage de confiance l'émut profondément. Son regard sombre dans le sien... Elle voulait s'approcher, elle voulait saisir ses mains, ses poignets, se hisser sur la pointe des pieds...

Constantine... Brutalement, des images polluèrent son esprit. Elle eut un léger vertige, mais resta bien consciente. Comme si, d'un seul coup, toutes les âmes qu'elle avait aperçues avaient murmuré quelque chose. Un grand froid la saisit, hérissant ses poils sur ses avant-bras, qu'elle ramena sur sa poitrine en frissonnant. Il disait vrai... Angélus avait le pouvoir de communiquer avec les morts. C'était un peu effrayant, mais aussi pas mal excitant. Elle comprenait mieux pourquoi elle se sentait si bien avec lui, et que lui abaissait une à une ses barrières : ils avaient le même gêne, mais aussi une certaine complémentarité dans leur mutation. C'était inattendu, mais aussi des plus encourageants.

Elle attendit la fin de son monologue, tranquillement. C'était confus dans son esprit, mais elle restait calme. Elle saisit son autre main, se plaça face à lui. Elle garda un instant le regard un peu baissé, organisant elle-même son discours, afin que ses mots soient tous efficaces.

- Angélus... J'ai conscience des difficultés que vous avez dû éprouver pour m'avouer tout ceci. Mais sachez que je vous comprends.

Elle avait bien saisi les variations de son ton, et, en tant qu'enseignante qui était payée pour étudier la rhétorique, elle pensait savoir ce à quoi correspondait ce changement. Elle gardait les mains dans celles d'Angélus, caressant doucement sa peau pâle.

- De cette mission que l'on se donne. Nous sommes là, à voir des choses que l'on ne devrait pas, comme des intrus sur un terrain inconnu. Et si l'on reste inactifs, ce sont les regards, ou les paroles, j'imagine pour vous, sans cesse, les remords, le harcèlement, l'examen de conscience. Qui était-ce entre Hegel et Kant qui disait qu'il n'y avait pas pire tribunal que celui de la conscience? Personne n'y échappe. On ne peut pas ignorer indéfiniment ces appels. Je le sais, j'ai essayé. Mais je n'ai pas supporté. Alors on se donne pour mission d'empêcher les drames ou de les réparer... Comme je vous comprend, Angel...

Et elle, elle savait pertinemment pourquoi elle l'appelait Angel. Sa voix s'était réduite à un murmure tandis qu'elle lâchait doucement la main du médium, et qu'elle levait la sienne vers la joue du médium pour se poser avec précaution sur sa peau blanche. Elle la caressa un peu, s'étonnant de ce geste, mais ne s'arrêtant pas pour autant, observant ses doigts effleurer l'épiderme de cet homme qu'elle aimait sans se l'avouer.

Le moment s'étira, pour une fois en la faveur de la jeune femme. Mais il fallait le briser, pour passer à autre chose. Elle sourit doucement à Angelus, se réfugia près de sa poitrine, les épaules encore couvertes de son trench noir. Et elle passa le bras du médium autour de ses épaules, pour qu'il la serre contre lui. Ils reprirent leur marche nocturne. Les pas de la jeune femme les guidèrent vers le Midnight. Elle savait qu'il fallait aller par ici, instinctivement. Elle ne connaissait pas, et pourtant, c'était là, dans ses entrailles, la conviction que les réponses se trouvaient ici...

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I wished I had one more chance to say what really mattered; to say how much I loved you, how grateful I was for every moment I was with you. But by the time I said what I wanted to, it was too late. But you brought me back. You gave me my wish. One more chance to say what I really wanted to say... Kiss me, once more
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Angelus G. Hastings
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Mar 13 Sep - 7:22

    Ses pas le conduisaient tout droit au Midnight. Il n'y avait pas songé jusqu'alors mais cet endroit purulait de créatures toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Joyce serait-elle aussi capable de supporter cet inédit après la soirée épuisante qu'elle venait de vivre ? Oui, sûrement. De son point de vue, Angelus l'avait toujours considéré comme une femme forte dans le sens où peu de monde saurait véritablement vivre le calvaire qu'elle endurait chaque jour. Pour autant, le monde dans lequel il évoluait chaque jour était différent du sien. Tellement différent qu'il donnait des vertiges à n'importe quelle personne saine d'esprit pas assez préparée. Et pendant qu'il songeait à cette nouvelle révélation, Angelus n'aperçut ni ne sentit l'étreinte plus chaleureuse de la jeune femme. De proie, elle était devenue chasseur. Ses doigts avaient resserré les siens avec la lenteur féline de ces grands prédateurs sûrs de leur force. Son regard se baladait sans gêne aucune sur les traits sérieux de l'homme qui fixait toujours droit devant lui. Pour peu qu'il l'eut croisé, son audace l'aurait sans nul doute fait rougir. Heureusement, il n'en était pas encore là. Plus tard peut-être. Un sourire illumina son visage dès l'instant où sa question fut posée. « Comment, vous en doutiez ? » oserait-il répondre avec insolence si un reste de pudeur ne le lui en avait pas dissuadé au dernier moment.

    « Oui. »

    Rien de clair, peu précis et pourtant si juste. Angelus n'était pas le type d'hommes à s'étendre sur la sensiblerie. Il préférait les actes aux paroles bien tournées. Les mots peuvent dire beaucoup, il est vrai, mais le corps en dit tellement plus. Un regard échangé dans sa direction indiquait clairement sa gêne maintenant. Sa main qui tressaillait comme si une décharge électrique l'avait traversée, aussi. Sans compter qu'il avait baissé les yeux et ne la regardait même plus comme s'il eut peur qu'elle ne se rende compte des battements moins réguliers de son coeur. Il crut même que, la nuit et les environs aidant à la décontraction, Joyce ne se prenne au jeu de la malice en le taquinant à ce propos. A cela, il n'aurait rien su répondre sinon que de rougir encore et encore jusqu'à se muer en tomate trop mûre ou de s'évaporer une fois encore dans la nature. Mais elle n'en fit rien, se contentant de lui rendre son sourire, avec plus de brillance dans ses beaux yeux clairs néanmoins, de quoi le rassurer sur ce qu'elle pensait de sa personne.

    « Peut-être. » soupira le médium en fronçant les sourcils sitôt après avoir croisé du regard un homme dont l'apparence toute entière respirait le mal. Un démon-soldat comme il les appelait. Un être de chair et de sang qui, comme lui, voyait et parlait aux âmes des défunts. Sauf qu'il n'était pas du bon côté de la balance. Cet homme là, ce...mutant, avait pour mission de les disperser sur Terre, ôter le moindre de leurs souvenirs de jeunesse jusqu'à ce que plus une goutte de bonheur ne survive dans leurs veines. Alors, les âmes devenaient mauvaises, perdues à jamais dans un océan de noirceur. Et il devenait alors plus difficile à Angelus de les ramener dans le droit chemin. C'était d'ailleurs la cause de son malheur autrefois. Lorsqu'il n'était pas suffisamment puissant pour résister à leur choc mental. Il se souvenait encore de ce qu'il avait ressenti ce jour-là. Dès lors, il savait ce qu'enduraient les criminels lorsqu'il leur faisait subir le même sort. La venue de cet être venu d'ailleurs ne présageait rien de bon. Lui et Angelus se connaissaient depuis des années maintenant. Son plus féroce adversaire. Malheureusement, il ne pouvait pas lui infliger les mêmes souffrances que ses ennemis habituels. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Peut-être parce que leurs pouvoirs respectifs, si similaires, s'annulaient lorsqu'ils essayaient de l'enclencher.

    Alors qu'il était plongé dans ses réflexions, en proie à d'anciens tourments, la main de Joyce, collée à la sienne, le réchauffa un peu plus lorsque ses doigts entrèrent à nouveau en contact avec les siens. La chaleur de sa peau lui fit immédiatement oublier ses soucis tandis qu'un sourire énigmatique se dessinait à la commissure de ses lèvres. La remercier n'aurait aucun sens. Peut-être lui prouver sa gratitude autrement. Les gestes valent toujours mieux que le reste.

    « Nous étions peut-être faits pour nous rencontrer. » murmura alors le médium en sachant pertinement que son timbre, sa façon de la regarder et les mots prononcés auraient un impact bien réel sur la jeune femme. Voulait-il lui faire comprendre le sens caché de ses paroles qu'il ne se serait pas pris autrement. En attendant, il arpentait une voie dangereuse, celle où se mêlait désir et raison, folie et prudence. « Dommage, moi qui apprécie tout particulièrement les innocentes. » ironisa Angelus en laissant son pouce dessiner des arabesques sur le haut de son poignet. Un geste inconscient ? Pas tant que cela. L'humour avant le sérieux de la situation, du passé qu'il lui exposait. Tout au long de son monologue, il guetta la moindre de ses réactions, cherchant à deviner si poursuivre son discours était ou non la meilleure solution. Ce n'est qu'une fois terminé qu'il en fut certain. Elle n'avait aucune pitié, ni même de compassion. Elle comprenait, voilà tout. Une démonstration d'affection qui n'avait rien des grandes scènes mélo-dramatiques 'guimauvardes' des films romantiques. Il détestait cela. Au lieu de ça, elle l'avait touché par sa candeur et sa gentillesse. Ce n'était pas grand chose mais deux qualités essentielles pour Angelus. Et puis, c'était vrai qu'elle le comprenait. Leurs dons étaient semblables. Il se serait même risqué à dire 'complémentaires'. Joyce avait parlé « d'examen de conscience », elle ne croyait pas si bien dire. Quoiqu'il s'agissait nullement des mêmes tortures qu'elle endurait avec la police. De son côté, le médium devait combattre ces mêmes âmes qu'il se devait d'aider chaque jour. Ce n'est pas pire ni mieux. Ce n'était qu'un constat. Un simple constat.

    « Vous me comprenez trop, Joyce. » soupira le médium avec un sérieux irréprochable en détournant les yeux vers le Midnight.

    Elle allait sans doute croire qu'il s'agissait d'un reproche ou d'une suspicion de sa part. En vérité, il n'en était rien. C'était plutôt une franchise masquée par de l'admiration. Et un étrange sentiment. Tout à coup, il avait envie de la serrer contre son coeur, de sentir ses battements et les siens à l'unisson. Le fait qu'ils se ressemblent lui faisait entrevoir à quel point elle comptait pour lui, et lui pour elle. Alors certes, la situation échappait peu à peu à son contrôle. Il encourageait les efforts que son coeur manifestait pour lui témoigner sa gratitude et son affection. Mais s'il n'y réchappait pas finalement ? Et si, ce soir, il avait enfin mis un nom sur les sentiments qu'il ressentait pour la jeune femme. Tendresse et amitié avaient quitté le rivage depuis trop longtemps pour qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils nageaient en pleine tempête. D'ailleurs, le geste qu'elle eut dans sa direction brisa ses dernières défenses. Retenant son souffle, les joues blêmes, le teint pâle et les lèvres entrouvertes, Angelus eut tout d'abord un mouvement de recul en voyant sa main se rapprocher lentement de son visage. Ce n'était pas de la peur, juste de l'appréhension. Et puis, finalement, ses paupières s'abaissèrent, son coeur rata un battement et une chaleur confuse se diffusa dans ses veines. Il déglutit. Une fois, deux fois, avant de pouvoir prendre la parole.

    « Joyce … »

    Sa voix rauque eut raison de son courage habituel. Lui qui savait mieux que quiconque repousser l'ennemi, quel qu'il soit, avait ouvert les bras pour l'accueillir contre son torse, la réchauffer de tout son corps. Pendant quelques minutes, le couple resta ainsi, tendrement enlaçé. Le souffle de l'homme faisait voleter les mèches de la jeune femme qu'il considérait comme le plus précieux des fardeau. Son menton effleura son front, descendit un peu plus jusqu'à la naissance de ses lèvres. Plus rien n'avait d'importance. Le temps s'était comme arrêté. Alors, dans un dernier effort, Angelus franchit la seule, la dernière frontière qui le séparait de Joyce. Doucement, presque timidement, ses lèvres effleurèrent les siennes, son souffle se joignit au sien, avant qu'il ne se penche légèrement pour baiser le début des lèvres. Juste le début. Pas assez pour un vrai baiser. Suffisamment pour qu'elle comprenne qu'il irait plus loin. Forcément.

    « Venez. Je vais vous faire découvrir le monde dans lequel j'évolue. » chuchota t-il à son oreille après s'être redressé. Sa main ne quittait la sienne lorsqu'il les conduisit vers l'entrée du Midnight. Des escaliers qui descendaient en colimaçon jusqu'à une petite porte devant laquelle veillait un géant aux biceps impressionnants qui, à peine Angelus à sa hauteur, tendit une carte juste sous ses yeux. On pouvait y voir une grenouille qui jouait aux cartes, assise sur une bûche de bois, un chapeau de fou du roi sur la tête. Bref, un symbole incompréhensible qui servait à embrouiller l'esprit des simples humains.

    « Deux canards sur un banc. » marmonna Angelus sans s'arrêter, entraînant la jeune femme à l'intérieur. L'homme n'avait même pas scillé. Pour ceux qui connaissaient décrypter ces symboles, le Midnight leur ouvrait les bras. « Bienvenue dans l'antre de l'enfer mademoiselle D'Anceny. » s'exclama le médium pour couvrir le bruit de la musique. « Ici, tu seras toujours en sécurité. » annonça t-il d'emblée sans même se rendre compte qu'il venait, pour la première fois, de la tutoyer.

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Joyce H. D'Anceny
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Jeu 22 Sep - 16:19

Le laconisme du médium ne dérangeait pas la jeune femme. Elle qui était pourtant maîtresse des mots, à l’affut de la moindre nuance dans la rhétorique, aurait pourtant été rapidement lassée du jeu. Non, avec Angelus, elle avait l’impression d’apprendre un nouveau langage, comme un enfant qui peu à peu assimile l’alphabet. Elle n’avait jamais été extrêmement douée dans l’interprétation de l’expression corporelle, et désormais, si elle voulait tirer son épingle du jeu, c’était ce qu’il fallait faire. Être concentrée sur chaque signal qu’Angelus lui envoyait, sans pour autant avoir l’air d’une espèce de psychotique analysant chaque plissement de peau avec le regard d’un aigle, était pour elle quelque chose de nouveau et d’intéressant. Comme une activité ludique, sans pour autant être puérile. A 32 ans, elle se sentait comme une jeune femme qui redécouvrait la vie, après un trop long passage à vide. Elle redécouvrait la joie de la séduction, ces battements de cœur irréguliers lorsqu’elle posait les yeux sur lui et qu’il la regardait. Pendant trop longtemps, elle s’était crue cantonnée à son rôle de mère. Elle n’avait jamais cherché à combler la place laissée par son précédent compagnon. D’accord, il l’avait quittée en claquant un peu brutalement la porte, sans lui donner de réelles raisons valables, un soir de Noël. Elle l’avait regardé partir, sa petite fille dans les bras, et elle s’était dit qu’elle méritait sans doute ce départ. Après tout, après la naissance de leur fille, elle était déjà difficilement parvenue à mener de front sa carrière professionnelle, qui connaissait alors une avancée fulgurante, et son nouveau rôle de mère. Elle était jeune à l’époque, ne savait pas trop comment s’y prendre, et avait fini par délaisser son compagnon. Elle pensait que c’était cela qui lui avait valu cet abandon. C’était donc devenu une sorte de fatalité. Elle pensait que cela n’évoluerait plus. Que les seules relations qu’elle aurait désormais se résumeraient à quelques coups de cœur et étreintes d’un soir. La place du père était devenue comme quelque chose de sacré et d’indicible. Puis, sa fille était tombée malade. La vie de Joyce s’effondrait peu à peu et se trouver un compagnon était devenu le cadet de ses soucis. D’ailleurs, qui voudrait s’occuper d’une femme et d’un enfant malade ? Cela lui semblait peu crédible.

Et elle était là désormais, sa main tendrement glissée dans celle d’Angelus, son épaule frôlant la sienne involontairement, ses narines captant son parfum délicieux qu’elle aurait voulu s’approprier jalousement à jamais. Si proche de lui, elle avait le pas léger. Elle ressentait son trouble, elle savait que cet homme qui ressemblait à une fière sentinelle inébranlable, baissait désormais les yeux à ses côtés. Sa main était tremblante aussi. Doucement, le pouce de la jeune femme alla caresser la peau tiède de la paume de son compagnon, dans un mouvement apaisant. C’était fini, elle était là désormais, et si elle était si proche de lui, c’était pour lui rappeler qu’elle lui appartenait, comme un accord tacite qui se serait signé entre eux, dans l’obscurité de la nuit d’Achaea. Elle était à lui parce qu’il l’avait conquise comme dans les temps médiévaux. Elle, elle était la dame qui avait été assaillie par deux mauvais bougres, deux chevaliers sans hauteur ni honneur, qui avaient profité de son moment de faiblesse. Et lui avait bondit, et son épée avait fendu l’air, une épée si vive qu’elle n’avait pas eu le temps de l’apercevoir, noyée dans l’étreinte rassurante d’Angelus. Désormais, elle le suivait, emmitouflée dans un sentiment de sécurité si doux qu’elle ne craignait désormais plus les ténèbres.

Puis, quelque chose de froid l’envahit et un cri vrilla soudainement son crâne. Elle se recroquevilla légèrement et, d’instinct, se rapprocha d’Angelus. Son regard croisa celui de l’homme qui les dévisageait, un sourire cynique étirant ses lèvres. Elle ne pouvait comprendre, mais quelque chose lui avait soufflé à l’oreille qu’il valait mieux s’éloigner un instant, ou, en l’occurrence, se réfugier dans l’étreinte d’Angelus. Elle comprit à son regard qu’ils y avait une connexion entre eux, une connexion dont elle ignorait la nature, mais qui ne pouvait pas être bonne. Cette expérience lui laissa un goût étrange dans la bouche, et elle souhaita ne pas avoir à la revivre, essayant de repousser le plus loin possible tout ce qui aurait pu parasiter leurs si intimes retrouvailles. Les quelques mots d’Angelus achevèrent d’éloigner la rencontre avec le mutant. Elle regarda devant elle, mais Angelus pouvait facilement trouver le léger sourire qui illuminait son visage aux traits délicats, et cet éclat subtil de doux bonheur dans ses yeux. Elle posa sa joue sur son épaule, un instant.

- Je n’en ai aucun doute, et j’espère que vous non plus, auquel cas vous allez avoir du mal à me chasser de vos bras.

Elle était bien, en effet, lovée contre la poitrine de cet homme en noir. Cela lui paraissait naturel. Elle entrelaça de nouveaux ses doigts entre les siens, resserrant doucement son emprise sur celle du médium. Elle souriait avec lui, parfaitement détendue et chaleureuse, retrouvant la jeunesse de ses traits.

- Innocente ? Eh bien ! Vous allez regretter d’avoir dit cela, mon cher ami !

Joie. Bonheur. Elle remettait à tâtons des mots sur ses sentiments. Oh, bien sûr, elle connaissait des moments de bonheur lorsqu’elle était auprès de sa fille et chaque petite victoire que remportait la médecine sur sa maladie était source de joie. Mais revivre ce bonheur précis, cette envie d’évoluer à deux, de former un réel couple solide, ça, ça commençait à réellement dater. Ils étaient alors arrêtés, et leurs voix n’étaient qu’un même filet, un même murmure du bout des lèvres. Son regard était désormais un peu grave, un peu empreint de tristesse, sans pour autant marquer une quelconque gravité.

- Quelles sont les implications, si je vous comprends trop ?

Le trouble du médium était évident. Doucement, les sons s’étouffaient. Il n’y avait plus que le martèlement sourd de son cœur. Boum, boum, boum. Irrégulier, rapide, puissant, elle avait l’impression que la toquante allait sortir de sa poitrine. Ou plus concrètement qu’elle allait faire une rupture d’anévrisme. Dans le poing qu’elle avait serré dans sa poche de veste, une légère pellicule moite se formait sur la paume. Elle était à deux doigts de défaillir, sentant que quelque chose se rompait dans l’attitude de son interlocuteur. Elle aurait voulu lui crier d’y aller, de faire quelque chose, et elle-même se reprocha intérieurement et sévèrement de ne rien faire d’autre que caresser la joue du jeune homme. Elle aurait voulu se hausser sur la pointe des pieds, pour poser ses lèvres sur les siennes, et savourer un baiser qu’ils désiraient tous deux sans l’ombre d’un doute. Mais la bienséance lui empêchait de faire ceci. Elle était une femme, après tout, une femme bien élevée. Et les femmes bien élevées ne sautent pas au cou de leur partenaire subitement.

- Joyce…
- Oui… Angelus ?


La pause entre les deux membres de cette phrase nominale interrogative était disproportionnée. Elle aussi avait déglutit un peu péniblement, les lèvres légèrement tremblante, marquant un trouble viscéral, une hésitation qui n’avait pas lieu d’être, masquant surtout cette peur de l’inconnu vers lequel ils se jetaient tous deux, à corps perdu et cœur éperdu. Comme dans un rêve, sans doute le plus beau de ses quatre dernières années, elle regardait les lèvres pâles de son compagnon s’approcher timidement des siennes, jusqu’à les effleurer doucement. Elle savait que c’était cela, que c’était la dernière étape, pour que l’entente soit parfaitement claire entre eux deux. Cette fois, il n’y aurait pas de fuite possible. Le cœur ne mentait pas. Délicatement, sa main remonta le long de son cou, l’attirant un peu plus vers elle, fournissant ainsi la réponse à son geste, une réponse tendre et absolue. Elle ouvrit les yeux, transportée, clignant légèrement des paupières pour que ses pupilles se refassent à la lumière extérieure, et lui offrit un doux sourire.

Son cœur battait toujours lorsqu’il l’invita dans son monde. Ce n’était pas une chose qu’elle prenait à la légère. Angelus devait être ce genre d’hommes qui avaient un jardin secret sauvagement gardé et protégé. Et il la laissait pénétrer dans l’enceinte… Leurs pas les rapprochaient du Midnight, endroit qu’elle avait toujours instinctivement évité, sans jamais en comprendre la raison, durant ses errances nocturnes. Ils descendirent rapidement un escalier, symbole dantesque de la catabase infernale, et le jeu entre le vigile et le médium la surprit. Elle eut à peine le temps de regarder la carte, pour remarquer que la grenouille ne ressemblait pas à un canard. Encore un code qu’elle ne pouvait encore saisir. Quelque chose lui disait qu’elle en saurait un peu plus, un jour.
Son regard curieux découvrit donc l’antre de l’enfer, et les corps de ses succubes qui s’entrelaçaient au rythme d’une musique assourdissante. La lumière rougeâtre diffuse s’imprimait sur les peaux, et les regards se trouvaient étranges, comme si la pupille était parfaitement ronde, donnant une impression d’absence, d’aveuglement. Elle se pencha vers lui, parla un peu plus fort pour qu’ils puissent s’entendre par-dessus la musique. Sa main serra un peu plus fort la sienne.

- Je croyais que c’était dans tes bras que je serais le plus en sécurité ?

Elle aussi était passée au tutoiement. Son regard brillait. Ce soir, elle était la femme la plus heureuse que pouvait compter Achaea. Loin de tout, elle se trouvait en enfer avec l’homme qui avait réussi à dérober son cœur parmi les cendres.

- C’est quoi, ce club ? Qui sont ces gens ?

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I wished I had one more chance to say what really mattered; to say how much I loved you, how grateful I was for every moment I was with you. But by the time I said what I wanted to, it was too late. But you brought me back. You gave me my wish. One more chance to say what I really wanted to say... Kiss me, once more
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Angelus G. Hastings
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Jeu 22 Sep - 17:45



    Angelus n'avait jamais songé à avoir une vie sociale, ni même intime en dehors de son boulot ou de son cercle déjà présent. Même si une part de son âme réclamait le bonheur que l'autre cherchait à tous prix à éviter, le médiateur avait préféré tirer un trait sur un pan d'une vie qui lui semblait ne jamais durer éternellement. Ses seules années de bonheur avaient été pour l'Angleterre, son pays natal, et une petite fille amie d'enfance qui lui avait donné son premier baiser. Depuis, plus rien. Les circonstances avaient fait qu'ils ne s'étaient jamais revus. Morte, disparue ou oubliée du monde, Angel n'avait fait son deuil de cette époque chérie seulement parce qu'il avait compris qu'elle ne se reproduirait jamais plus. Et pourtant … Joyce faisait ressurgir en lui tous ces souvenirs, d'anciens démons. Avec le bonheur de se savoir à nouveau libre d'aimer, la peur de perdre un nouvel être cher à son coeur. C'était pour cela que le médium ne prenait jamais ce risque, celui de tomber amoureux. Il n'aurait jamais pensé que ces choses-là n'allaient pas de soi. Qu'il n'avait rien à en dire et que, quoiqu'il fasse, le destin se mettrait toujours sur sa route pour contrer ses desseins les plus nobles. Ainsi était-il tombé amoureux de Joyce. Un amour fulgurant, une passion dévorante qu'il avait du mal à contrôler de l'intérieur. Malgré tout, il n'osait le lui avouer. Révéler ses sentiments reviendrait presque à ...un engagement. A court ou long terme, ce n'était pas le problème. Angelus voulait simplement être près d'elle à l'instant, partager ce petit bout de chemin ensemble avant de prendre une décision parfaitement réfléchie. Il n'avait pas oublié que Joyce était aussi mère d'une petite fille. Certes, il n'avait jamais songé à être père auparavant, et il imaginait bien que le père biologique de l'enfant n'allait pas réapparaître aussitôt. Il connaissait suffisamment ce genre de lascars pour y mettre sa main au feu. Cependant, élever un enfant demandait de la maturité, être responsable et moral à tout point de vue. Or, il n'était pas certain de tenir ce rôle à la perfection. Mâture, peut-être bien. Responsable, ...hum pourquoi pas. Mais moral ...non, sûrement pas. Angelus n'avait de sens moral que celui qui le permettait de rendre la justice et donc souvent contraire aux lois préétablies. Et bien qu'il savait que ses missions l'obligeaient souvent à aller au devant de graves ennuis, il ne pouvait prendre un risque aussi grand avec une enfant sous les bras. Mais passons. L'instant était mal choisi pour y penser. Pour le moment, les sourires et les regards emplis de sous-entendus de Joyce lui suffisaient largement. Peut-être faisait-il preuve d'un égoîsme sans bornes en faisant cet aveu. Le ton taquin de la jeune femme le ramena sur la planète Terre et un sourire énigmatique erra sur ses traits pendant un court instant. Il préféra ne pas répondre à la question. Elle semblait déçue qu'il en ait trop dit, ou pas assez justement. Il n'avait pas envie d'en parler. Pas ce soir. Cette soirée était la leur. Pourquoi s'attrister en songeant à l'avenir … Comme un vampire assoiffé de désir, les battements étouffés de son coeur tambourinant contre sa poitrine produisaient une mélodie exquise aux oreilles d'Angelus. Il se rapprochait, lentement, presque mécaniquement. Sa peau pâle attisait ses sens déjà en émoi. Il voulait y goûter. Déposer un baiser, caresser sa gorge de ses lèvres pour renaître sur ses lèvres. Mais non ...il ne pouvait aller aussi loin. La bienséance, certes ...mais pas ici. Pas devant toutes ces âmes qui les guettaient de l'autre côté de la rue. Angelus sentait leurs regards familiers braqués sur eux. Alors, il se contenta d'un baiser. Que dis-je ? Un effleurement de sa peau si tentante, maitrisant l'ensemble de ses muscles contractés pour qu'il ne se jette pas sur elle pour lui offrir la chaleur qu'elle lui réclamait. Il le lisait dans son regard émeraude, Joyce le désirait. Tout comme lui avait envie d'elle. Comment l'expliquer ? Lui qui avait toujours jusque là réussi à garder son sang-froid était démuni face à un sentiment aussi incroyablement humain que le désir.

    Joyce, hissée sur la pointe des pieds, avait quant à elle surrenchéri, berçée par l'illusion d'un amour pure et innocent. Si elle savait... sentir ses lèvres se mouvoir contre les siennes sans pouvoir la toucher le rendait fou. Les battements de son coeur s'étaient accélérés. Trop pour qu'il prenne pleinement conscience de la situation. Ses doigts ressérèrent leur étreinte. Sa paume semblait brûlante. Il l'entraînait au loin, vers le Midnight Club, là où les êtres à part se chevauchent et se perdent dans une symphonie infernale et sauvage. Là où tout n'était que ténèbres pour les simples mortels. Son antre. Son fardeau. Sa croix. Lui faire découvrir son monde oui, mais pas seulement. La découvrir elle aussi. Savoir enfin si la tentation briserait ses dernières défenses ou au contraire, si ce lieu de perdition le ramènerait à la raison. Et encore une fois, Joyce avait le dernier mot. Si innocente parfois qu'il savait que le jeu n'avait pas pris fin. Qu'il se demandait même si ses paroles n'avaient pas été choisies exprès pour le titiller. Son regard se détourna de la piste pour capturer celui de sa compagne. Sa main ne lâchait pas la sienne. Il semblait même qu'elles ne faisaient plus qu'une.

    « Tu l'es. » murmura d'abord le médium près de son oreille. « Des mutants. Ou presque. » Que voulait-il dire par là ? Déjà des regards se retournaient sur leur passage. Amicaux parfois, souvent pire. Angelus était un habitué des lieux. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ses retrouvailles. « Je reviens tout de suite. » s'exclama t-il afin d'être entendu. Leurs pas les avaient mené à une table tout vers le milieu de la salle. Angelus l'avait choisi exprès. Ainsi pourrait-il l'avoir à l'oeil. Joyce assise autour de l'une des nombreuses tables du night, Angelus lui offrit son plus beau sourire avant de s'éclipser dans la foule à la recherche de celui que tout le monde appelait « papa Midnight », le propriétaire du nightclub, et un grand ami de la famille.

    « Salut chérie. Qu'est-ce qu'une jolie fleur comme toi fait par ici hein ? Je t'avais jamais vu dans le coin avant ce soir, t'es nouvelle ? » Près de Joyce, et alors que le médium était occupé ailleurs, un homme avait fait son apparition. D'apparence sérieuse, vêtu d'un costard à rayures beiges, chaussures vernies et cravate rouge sang, l'homme était de petite taille, ce que les humains considèrent comme étant un nain – ce qu'en enfer on nomme 'troll'. Des bijoux en or massif parcouraient l'ensemble de son corps et quelques cheveux luttaient encore sur un crâne marqué par les années de labeur. « ANARAZEL. Enchanté de te connaître …? » Un sourire pervers creusait maintenant ses joues blafardes. « Allez, faut pas avoir peur, je te ferais aucun mal tu sais. Même si mon nom est inspiré des enfers, je suis un homme tout à fait ordinaire. » Et il s'imaginait peut-être qu'elle allait le croire. L'espoir fait vivre comme on dit.

    « Bonsoir Midnight. J'ai à te parler... » Plus au Nord, une porte se refermait sur deux hommes. L'un grand et massif, de couleur bazanée, et le regard amusé par la soudaine apparition de son hôte dont le sérieux irréprochable contrastait avec la folle ambiance des lieux. La discussion dura pendant deux minutes. Cinq. Dix. Quinze. Jusqu'à ce qu'ils se soient mis d'accord et que la porte ne s'ouvre à nouveau devant eux. « Qu'est ce que ... » Le rire gras de Midnight confirma ses doutes. Plus loin, la table de Joyce était encerclée par trois hommes qui, au vue de l'attiture de Joyce, avaient du mal à comprendre le message. Lourds jusqu'aux bouts des ongles.

    « Elle est mignonne. Mais tu es sûr que tu peux avoir confiance en cette fille ? Est-ce qu'un voile ne te... » Midnight fut contraint de s'interrompre devant le regard agaçé d'Angelus. « Ne recommence pas avec tes leçons de psycho ! Je te l'ai déjà dit. Je sais très bien ce que je fais, et je lui fais confiance. » marmonna le médium, les mâchoires contractées et les sourcils fronçés en direction de Joyce. « Tu me l'as promis Midnight. Ne l'oublie pas. » Dernières paroles que l'homme en question prit pour une offense personnelle. La confiance était sa qualité la plus marquée, Angelus le savait pertinemment. Il avait juste souhaité le lui rappeler. « Merci. » murmura t-il pour la seconde fois depuis son arrivée avant de se diriger vers la table du fond, l'air aussi grave qu'une porte de prison. Malgré la foule qui se tassait, Angelus n'avait eu aucun mal à se frayer un chemin jusqu'à l'enseignante. A croire que sa réputation le précédait toujours. « Hum hum ...est-ce que je dérange ? » Les têtes s'étaient levées, certaines plus hautes que la sienne de quelques centimètres. Les regards s'étaient croisés. Quelques sourires sous-entendus. Dans d'autres, la colère ou la peur. « Joyce, est-ce que ça va ? » s'inquiéta le médium en délaissant les invités de Midnight pour s'attabler près de la jeune femme. « Euh...Constantine, on lui a pas fait de mal tu sais, on voulait juste causer. J'te jure hein... » s'exclama une petite voix stridente à sa gauche. « Put*** mais aidez-moi les mecs, merde, j'ai pas raison ? On l'a pas touché la demoiselle, si ?! » Des éclats de voix et des hochements de têtes approbateurs. « Ouais ouais, il a raison Constantine, on l'a même pas touché d'abord. » « Et puis, moi j'connais même pas son nom t'sais. » Un autre célèbre regard noir d'Angelus suffit à faire comprendre à la petite troupe qu'il était temps d'aller prendre l'air ailleurs. Pas besoin de le dire deux fois. Déjà les hommes étaient loin, dispersés aux quatre coins de la salle. Et déjà Angelus avait posé sa main sur celle de Joyce, comme pour la rassurer et s'excuser de l'avoir fait attendre. « Je vois que tu as fait connaissance avec ANARAZEL. Comment le trouves-tu ? Une haleine un peu chargée non ?! » L'humour avait toujours tendance à débloquer même la plus tendue des situations. Ses yeux cherchèrent les siens. Une attache dont il avait du ma à se défaire. A l'instant, il avait encore du mal à croire que la jalousie avait assombri ses traits pendant quelques secondes, lorsqu'il l'avait vu entourée de ces types. Dès l'instant où il était revenu vers elle, son coeur avait repris plus fort ses battements. La chaleur, retirée de son corps pendant un moment, réchauffait désormais son âme et ses entrailles. Chaleur qui se manifestait aussi dans ses reins. Son désir n'avait pas disparu. Il n'en était même que plus vivace. « Joyce ... » Sa voix n'était plus qu'un murmure. Ici, plus rien n'avait d'importance. Ici, chacun avait une vie à part, personne n'oserait les déranger. Ici, elle était en sécurité ...dans ses bras. Ses lèvres se rapprochaient à nouveau des siennes. Plus sûres d'elles cette fois. Plus envieuses. Sa main avait quitté la sienne pour s'égarer sur son bras, remontant peu à peu jusqu'au dos de sa nuque, pressant tendrement son cou contre ses doigts, se faufilant dans sa chevelure dorée.

    « Mmm....bonsoir Angelus. » Une voix de femme s'était faite entendre aà ses côtés. Fiévreux et sensuel à la fois. Un timbre familier. Assis à ses devants, une brune sulfureuse, un brin coquette et des courbes plus qu'avantageuses les observait en souriant. « Je ne vous dérange pas j'espère ? » Quelle question, biensûr qu'elle les dérangeait, comme si elle n'avait pas remarqué. Loin d'être hostile, la succube s'était penchée en avant, dévoilant un décolleté de rêve au médium qui comprit d'instinct où est-ce qu'elle voulait en venir. Depuis son arrivée, Danaẽ le poursuivait. Ne vous y trompez pas, il n'y avait aucune hostilité dans son comportement, juste de l'envie. L'envie de faire sombrer le coeur de l'ange déchu dans les ténèbres. L'envie d'assouvir ses passions. L'envie de lui appartenir le temps d'une nuit. Sauf que jusqu'ici, et malgré ses tenues affriolantes, Angelus n'avait jamais accepté ses propositions indécentes. Et même ce soir, même si le but de la sylphide était des plus évidents, le médium n'avait d'yeux que pour Joyce. « Danaê » Le sourire qui se dessina à la commissure de ses lèvres voulait tout dire. Non, tu ne m'auras pas, encore moins ce soir. Mais peut-être était-ce là une manière de rendre jalouse sa rivale ? De lui prouver que, comme tous les hommes, même celui-ci pouvait être perverti par la générosité que la nature avait offerte à certaines plus que d'autres. « Joyce, je te présence Danaê. Succube de son état. Danaê, voici Joyce, une ...amie. » Pourquoi amie alors qu'il la considérait bien plus que cela aujourd'hui ? Justement. Les succubes sont connues pour être de vilaines filles particulièrement possessives avec leurs jouets. Or, Angelus voulait éviter que Joyce souffre de l'attitude de la succube. Non seulement celle-ci pouvait entrer dans des colères titanesques expliquées par la jalousie dont elle avait toujours fait preuve à l'égard du médium, mais qui plus est, savoir qu'il tenait à une femme, alors que tous savait depuis toujours quel solitaire habitait son âme, faisait courir un risque trop important pour Joyce. Elle était devenue sa faille, son point faible. Très bien, mais Inutile de le crier sur tous les toits. Cela dit, c'était peut-être la meilleure solution au vue de l'attitude de plus en plus ambiguë de Danaê. Quoiqu'Angel ne se laisserait pas démonter aussi faicilement.


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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Ven 23 Sep - 23:23

Désormais, la jeune enseignante n’était plus sur un terrain connu. Lentement, comme Orphée descend aux enfers, la lyre à la main, elle progresse dans l’antichambre des enfers, avec toutes ces âmes qui tourbillonnaient autour et la dévisageaient avec une curiosité mêlée à la méfiance. Contrairement au héros grec, elle était accompagnée d’un guide qui semblait en savoir énormément sur le milieu, sans pour autant plus lui expliciter. Il en était ainsi, mais elle savait que les explications pour l’instant étaient inutiles : elle était en sécurité près d’Angelus. D’ailleurs, la plupart des corps qui peuplaient ce lieu, soit ne se préoccupaient pas d’eux, tout à leur chorégraphie de cuir et de latex, soit s’écartaient, hochant brièvement la tête en signe de reconnaissance. C’était impressionnant pour la jeune femme. Elle perdait définitivement pied, sans pour autant que cela soit péjoratif, au contraire. Mais elle était réellement dans l’inconnu, étrangère blonde délicate au milieu de codes incompréhensibles. Elle aimait tout contrôler, c’était dans sa nature. Et là, tout lui échappait. Au fond, elle était peut-être un peu inquiète. Qui n’a jamais éprouvé de l’inquiétude en évoluant sur un terrain inconnu ? Et qui étaient ces créatures étranges, aux mouvements si hypnotisant qu’ils en étaient irréels ? Il lui semblait qu’elle était plongée en plein rêve, avec un ange à ses côtés pour lui apporter de la lumière dans ce lieu où les ténèbres régnaient.

Beaucoup de questions, beaucoup de réparties brûlaient ses lèvres. Il lui envoyait tellement de signes, il laissait filtrer tant de paroles qu’elle n’osait plus essayer d’interpréter. Oh, comme elle aurait voulu en savoir plus, comme elle aurait voulu savoir se montrer assez convaincante pour qu’il poursuive, et qu’il lui donne le fond de sa pensée… Mais, respectueuse, elle tenait sa langue, à défaut de pouvoir empêcher ses yeux de briller et de chercher les prunelles sombres du médium. On dit que les yeux sont le miroir de l’âme. Elle essayait donc de sonder celui de son compagnon, à la recherche du moindre signe qui lui permettrait de trouver ce qu’elle voulait entendre. Elle voulait qu’il lui dise, elle le désirait du plus profond de son cœur. Elle voulait un aveu, une volonté d’engagement, quelque chose qui lui assurerait qu’il ne la quitterait pas en claquant la porte et en disparaissant dans les ténèbres épaisses des nuits d’Achaea. Trop de fantômes toquaient à sa porte, le sourire goguenard, agitant des souvenirs amers dans la mémoire de la jeune femme. Tant bien que mal, elle résistait, elle repoussait les assauts insistants de ces chimères qui cherchaient à insinuer le doute dans son esprit. Après tout, peut-être qu’il était proche d’elle ce soir, mais il n’avait jamais vu sa fille. Comment réagirait-il ? Elle savait le médium solitaire. Elle imaginait son trouble, ses propres interrogations à l’idée de se retrouver brutalement engagé avec une femme et un enfant, dont la situation n’était pas simple. Elle imaginait aussi très bien que le britannique ne devait que très difficilement se projeter dans ce rôle, si un jour il se l’était figuré. Mais son baiser sonnait comme une promesse pour elle. Elle s’était jurée les grands dieux de ne jamais oublier ce moment, de l’enfermer précieusement dans un écrin qu’elle protégerait jalousement au creux de son cœur relevé de ses cendres. La crainte de l’abandon est une crainte des plus naturelles chez l’homme, ce fameux animal raisonnable. Avec cette chute vient la fissuration de tous les principes de confiance, jusque dans la remise en question de la sincérité de chaque relation que l’on pouvait nouer. Elle était passée par ce chemin sinueux, mais, avec Angelus, elle voulait croire que le mot « trahison » n’existait plus.

Lorsqu’il la laissa, un doute affreux la traversa, l’espace d’une seconde. Puis, son esprit se mit à analyser la situation : elle était assise à une table plutôt centrale, par rapport à la salle. C’était Angelus qui l’avait choisie, il n’y avait pas de doute que c’était à dessein : le médium avait envie de la garder sous son regard. Elle était rassurée. Mais, plus ses pas l’éloignaient d’elle, plus les angoisses se faisaient insistantes et menaçaient de créer une brèche dans son cœur. Où allait-il, que faisait-il, pourquoi n’avoir rien dit ? Elle lutta un instant pour lutter contre le tremblement de ses mains. C’est alors qu’il apparut. La petite créature détestable, et ses deux acolytes. Joyce avait l’air d’une adolescente complètement paumée, une pauvre innocente au milieu de succubes. C’était bien évidemment faux, cela faisait belle lurette qu’elle n’était plus niaise. Elle était timide, un peu maladroite, mais elle n’en était pas stupide pour autant. Elle avait accepté de se trouver dans un endroit à la frontière des deux mondes. Elle était surtout abasourdie par le nombre de mutants qui se trouvaient ici. Elle qui était encore persuadée, quelques semaines auparavant, qu’elle n’était qu’une sorte d’exception, que les mutants s’il y en avait plus que ce qu’elle pensait, vivaient cachés… Ce n’était pas le cas dans ce lieu qui était une zone de non-droits pour les humains, visiblement. Et puis, elle était aussi prof de littérature, et quoi qu’on puisse en penser, c’était fort utile pour se souvenir que la littérature médiévale considérait les nains comme créature démoniaque, il suffisait de lire Chrétien de Troye pour en témoigner. Le nain rejoignait dès lors le hérisson et le corbeau parmi les créatures maléfiques et mises au ban de la société. Ensuite, il ne fallait pas être sortie de polytechnique pour sentir l’haleine effectivement chargée, un mélange entre l’alcool et… une pointe de souffre, et pour remarquer le regard brillant de lubricité des trois personnages. Angel, où es-tu… Elle le chercha des yeux, ne rencontra que la foule mouvante au rythme du morceau. Il avait disparu de son champ de vision, engouffré dans un bureau sombre qu’elle ne pouvait apercevoir. Elle jura intérieurement, glissant sa main dans sa poche, trouvant du bout des doigts la surface glacée et rassurante de sa bombe au poivre. Elle aurait été bien idiote de croire que ce simple artefact pourrait avoir effet contre ces individus. Qui étaient-ils ? Chimères, mutants ? Quel était leur pouvoir ? Finalement, cela importait peu. En une soirée, elle aurait eu droit à deux confrontations désagréables avec des hommes peu recommandables.

Elle détournait légèrement la tête, incapable de soutenir l’odeur fétide qui s’échappait de la bouche de son interlocuteur et venait chatouiller son nez. Elle ne répondait rien, serrant les dents. Au fond, une petite voix murmurait à son oreille que ce n’était qu’une question de temps avant qu’Angelus ne vienne l’arracher de cette bien triste compagnie. Sauf que les minutes s’étiraient, avec une lenteur exaspérante. Son cœur battait de plus en plus vite, de plus en plus fort. Dans quoi s’était-elle embarquée ? La peur commençait à étreindre son cœur et ses poils se hérissaient sur ses avant-bras fins. Elle attirait donc les ennuis à ce point ? Tandis qu’ils insistaient, gagnant à chaque réplique un peu plus de terrain sur elle, elle redressait la tête, fièrement, en se préparant à livrer bataille, courageusement, bien qu’elle espérât de toute son âme un secours de son beau chevalier au panache blanc. Et il vint, in extremis, l’arracher de cette situation qui la mettait tant mal à l’aise. Avec un étonnement non feint, elle constata l’étendue de l’influence d’Angelus. De Constantine, comme ils l’appelaient. Ils se dispersèrent, comme des charognards dérangés en pleine chasse.

- Charmant, en effet. Je crois que c’est ma soirée.


Elle avait dit cela en esquissant un sourire, et reprenait un peu d’assurance. Pour l’y aider, rien de plus beau que la main de son compagnon dans la sienne. Le contact de sa peau tiède la rassura et d’instinct, elle se blottit contre lui, sans prêter attention, ni même penser à l’effet que cela aurait pu faire dans le club. Il avait murmuré son nom et son cœur rata un battement à ce murmure. Elle se rapprochait de lui, plongeant son regard clair dans le sien, son souffle se mêlant au sien. Elle ne put résister à l’appel de ses lèvres si proches. Elle s’avança légèrement, fermant de nouveau les yeux, frissonnant sous sa paume, ses doigts serrant fortement ceux de son compagnon. Cette fois le baiser fut plus long, plus intense. Presque avidement, elle entrouvrit les lèvres, transformant enfin ce simple contact en un réel baiser, n’attendant désormais qu’une étreinte de sa part pour que leur fusion soit complète, indifférente à l’environnement direct.

Aux accents féminins qui osa les interrompre, la française se mit instinctivement sur ses gardes. Elle se sépara immédiatement d’Angelus, plissant légèrement les yeux sur la nouvelle inconnue. Automatiquement, ses yeux identifièrent les obstacles potentiels. Les traits acérés de son visage, l’éclat de son regard, ses courbes, sa façon de se mouvoir. Quelque chose d’étrange était en train de naître dans sa poitrine, une impression qu’elle n’avait pas ressentie depuis des années. Elle eut très peu de difficultés pour la reconnaître. C’était la jalousie, la jalousie maladive, ce sentiment terrible qui pouvait transformer une femme exemplaire comme Joyce en une sorte de harpie de fureur. Oh oui, personne n’aurait à en douter : si cette… Cette succube tentait quoi que ce soit, elle ne donnait pas cher de sa peau. Elle se tendait dans les bras de son compagnon, prête à se déplier, à bondir, à l’attraper par le décolleté et lui faire ravaler sa fierté à coup de becs. Elle essayait pourtant de ne rien laisser paraître, mais c’était sans doute trop lui en demander dans une même soirée.

- Danaê. Enchantée. Joyce, simple prof de son état.


Elle lui jeta un regard qui voulait tout dire. Un regard empreint de jalousie et de sauvagerie. Presque un regard de défi. Une simple prof pouvait faire bien des ravages, insoupçonnés, et pas que vous assommer avec des copies barbantes, qu’on se le dise. Angelus avait sans doute voulu la protéger en lui signifiant qu’elle n’était qu’une simple amie – d’autant plus que cela sautait aux yeux que ce n’était pas le cas. Mais elle, elle se foutait de la protection, en tout cas de ce genre-là. Pour lui, et égoïstement, elle était prête à prendre des risques et à affronter la première des pé… des rivales qui oseraient se mettre en travers de son chemin. Qu’elle essaie ! Progressivement, la jeune femme retrouvait toute sa puissance d’antan, cette espèce d’énergie dynamique qu’elle utilisait pour se débarrasser de ses concurrentes pour protéger sa relation.

- Dis, Angel, j’irais bien boire quelque chose, tu me conseilles quoi ?


Elle serrait fortement la main du médium dans la sienne, pour lui intimer l’ordre de ne pas la quitter d’une semelle. Elle avait besoin d’un espace géographique entre elle et la succube, sans quoi elle finirait par provoquer un incident. Elle n’avait pas non plus trop envie de s’exposer, mais si cela était nécessaire, elle n’hésiterait pas. Elle décocha un dernier regard à sa rivale. En l’espace d’une seconde, elle était passée de la prof fragile et timide en une tigresse jalouse et possessive. Oui, mais c’était pour la bonne cause, voyez-vous. Elle se leva, tenant toujours la main d’Angelus dans la sienne.

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Angelus G. Hastings
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Sam 24 Sep - 7:22

    Pour un peu Angelus lui aurait fait un compliment sur le débarquement soudain de cette masse de testostérones à ses côtés. Sauf que le compliment, quoiqu'en théorie il en est, ne ferait sûrement pas plaisir à la jeune femme. Au mieux, il la ferait rire. Ce serait déjà un bon début. Quant à leur baiser échangé, il fut malheureusement trop court dans la durée pour qu'Angelus puisse en apprécier l'entière saveur. La succube par contre avait contemplé le spectacle avec une attention renouvelée, prête toujours à séparer le couple par des paroles par trop emplies de sous-entendus pernicieux. Heureusement, Angelus n'y faisait pas attention, se contentant d'un regard discrètement amusé dans sa direction. Enfin ...jusqu'à la réaction de Joyce qui eut l'effet de le surprendre. Elle qui paraissait si tendue tout à l'heure avait vu son timbre changer soudainement. Bien loin de sa douceur habituellement envoûtante, Joyce paraissait outrée. Non, le mot était encore trop faible. Il aurait dit véritablement « irritée » par leur interlocutrice. Fronçant les sourcils, le médium se demanda d'abord sur sa réaction n'avait pas une juste cause. Peut-être se connaissaient-elles au final ? Non, l'une d'entre elles au moins lui en aurait parlé lorsqu'il avait fait les présentations. Alors quoi, sa tenue lui semblait peut-être trop excentrique ? Non plus. Joyce n'était pas aussi superficielle que cela pour s'intéresser au vestimentaire d'une succube maîtresse d'elle-même et des fantasmes d'autrui. Alors quoi ? D'où lui venait cette aversion soudaine ? Etrangement, et cela apparaissait comme de l'innocence pure venant de l'homme, il ne comprenait réellement pas les émotions soudaines des deux jeunes femmes. Pourtant, l'on sentait très bien la tension dans l'air. Un mélange de colère refoulée, de malice contenue et de ...une autre touche, plus subtile. Il l'aurait reconnu entre milles de la part de Danaê, mais Joyce ...serait-il possible que … ? Et oui. L'évidence lui sauta aux yeux après des minutes de réflexion. La jalousie se peignait même sur son visage. Comment avait-il fait pour ne pas l'avoir remarqué auparavant, ça, c'était un mystère. En attendant, ses joues s'étaient creusées et un sourire gêné avait fait son apparition. Il avait beau sentir ses doigts se crisper dans la paume de sa main, caresser cette même chair avec sincérité et douceur, Joyce ne capitulait pas. La rivalité des femmes-amantes l'avait toujours surpris par son caractère intentionnellement meurtrier. Bien plus, il était persuadé qu'enfermer ces deux-là dans la même pièce en cet instant et c'était l'ensemble du Midnight qui finirait par voler en éclat. Ne jamais rendre une femme jalouse, c'était la première règle. Sauf que lui, complètement à l'ouest à ce sujet, contemplait maintenant le spectacle, par sa propre faute, d'un air qui se voulait aussi détaché que possible mais non moins amusé. Joyce n'avait-elle pas compris que ce n'était qu'un jeu auquel se prêtait Danaê ? Cette dernière avait toujours l'habitude de fourrer son nez dans ses affaires, et une fois encore, elle marquait des points. Même quand Angelus avait l'audace d'emmener l'une de ses amies de longue date, inspectrice de son état, et mutante également, chez papa Midnight – un ami en commun – la succube s'en donnait à coeur joie. Heureusement, Emilie – car c'était là son nom – avait fini par comprendre le manège de la jeune femme et laissé la place au jeu duquel nul ne ressortirait vainqueur.

    « Danaê. Enchantée. Joyce, simple prof de son état. »

    « Tu es beaucoup plus que cela pour moi ... » songeait Angelus en la fixant du regard. Hélas, il l'avait perdu pour de bon. Tout accaparée par les prunelles violettes de la succube qui, au vue de son sourire condescendant se délectait du spectacle que lui offrait gratuitement l'enseignante, Joyce avait du mal à détecter les messages tactiles que lui envoyait régulièrement son chevalier servant. Il n'allait tout de même pas l'entraîner sur la piste de danse pour éviter une confrontation directe. - Par directe, il entendait le vilain jeu de mains à coups de griffes et ongles auquel se prêterait volontiers Danaê, comme toujours – De toutes façons, il n'avait jamais été doué pour la danse. L'emporter dans un coin plus isolé ? Non, ce serait faire preuve de grossiereté, et de prouver qu'il tenait véritablement à la jeune femme, sans compter que Danaê ne les laisserait pas quitter les lieux aussi facilement maintenant qu'elle savait l'affection qu'il lui portait. En vérité, il était coincé. Enfin, presque. Il l'aurait été et passé toute la nuit à travailler un plan pour se sortir de ce pétrin, si Joyce n'avait pas eu l'heureuse idée de lui tendre une perche. Volontaire ou pas, cela n'avait aucune importance. « Hum, Danaê, serais-tu assez aimable pour aller me chercher la carte des boissons ? Je ne suis pas un habitué. » murmura t-il à la fois à Joyce et lançant un regard suppliant – il savait jouer la comédie quand sa vie en dépendait – à cette chère Danaê qui ne se fit pas prier. Sans doute crut-elle à sa franchise. Après tout, il n'y avait pas vraiment de quoi en douter, il avait toujours fonctionné ainsi. Enfin, jusqu'à ce soir. « Tu n'as jamais eu l'intention de boire n'est-ce pas ? » Il n'attendit pas sa réponse. Sa main prit la sienne avec douceur, quoique déterminée, et l'emporta parmi la foule encore plus dense que lors de leur arrivée. « Viens avec moi. » Là-dessus, ne la libérant de son étreinte sous aucun prétexte, il la conduisit vers un escalier en colimaçon, vers des portes devant lesquelles campaient plusieurs couples, jusqu'à l'aboutissement d'un long couloir, jusqu'à une porte plus massive que toutes les autres et loin du divertissement abrutissant de la scène. De sa poche, le médium en sortit une clé massive en métal qu'il enfonça dans l'une des nombreuses serrures. Une porte unique en son genre : chaque serrure conduisait à un endroit bien précis. Un cliquetis mécanique. Une légère poussée avant qu'une lumière tamisée ne recouvre le sol tapissé et qu'une vague odeur de miel n'embaume la pièce. Une chambre. Petite mais coquette. Une chaleur confuse emplissait les lieux. Des rideaux beiges. Un lit immense trônait à quelques mètres du couple comme un appel à la débauche. Une armoire en bois verni à leur droite. Plus rien n'avait d'importance.

    Pendant plusieurs minutes qui lui parurent durer une éternité, le silence. Pendant plusieurs minutes, la consternation. Angelus n'en revenait pas d'être ici, avec Joyce. Lui qui faisait toujours preuve de logique et suivait le chemin de la raison depuis toujours, ce soir, n'avait pu emprunter un autre chemin que celui de son coeur. Des battements se répercutant en écho contre son torse. Sa respiration était altérée. Son regard perdu chercha une excuse à son comportement soudain. Il n'en trouva aucune. Alors, il songea à mentir. Juste pendant quelques secondes, l'hypothèse parut acceptable. Peut-être même efficace. Sauf que les mots restèrent bloqués au fond de sa gorge. Au lieu de ça, ses doigts s'étaient contractés, ses lèvres, pincées, et son regard suivit chaque trait du visage de la jeune femme avec le même sentiment de malaise intenable. « Joyce ... » Que faisaient-ils ici d'abord ? Enfin, la question serait plutôt : comment avait-il pu l'emmener dans cette chambre sachant très bien à quel danger il s'exposait en sa compagnie ? Le constat était simple. Le calcul mathématique. Sauf qu'il se sentait actuellement démuni. Ridicule même. L'amour vous fait faire de ces choses. Il n'avait jamais songé au romantisme de la situation, ni aux intentions mauvaises de Danaê. Seule fut le désir qui grondait dans ses reins. La volonté de la faire sienne, de lui prouver qu'il n'était qu'un homme finalement. Son homme. Pour cette nuit. « Je suis désolé. Je n'aurais jamais dû ... » Et voilà que les excuses pleuvaient. Que ses doigts se relâchaient, trop faibles, trop lâches. Pourquoi s'excuser d'un fait qu'il n'avait pas encore commis ? Parce qu'elle avait sûrement compris. Compris la raison de ce retournement, la raison de sa présence dans cette chambre. Le tremblement de ses mains, sa voix qui s'affaiblissait et son regard fuyant. « Pardonnez-moi. » Le vouvoiement avait repris ses droits. Peut-être parce que la politesse équivalait à une certaine distance entre deux êtres. La désillusion ne masquait pourtant pas ses traits. Il avait envie d'elle. Une envie réprimée avec force en songeant à sa réaction si jamais il se laissait aller à la confidence.

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Joyce H. D'Anceny
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Sam 24 Sep - 10:56

Au fond, Joyce savait bien que cette espèce de harpie était en train de se moquer d’elle, de se repaître de tous les sentiments profonds qui pouvaient l’agiter tandis qu’elle posait son regard si particulier sur Angelus. Mais il n’y avait rien de plus facile à exciter chez une femme que le sentiment de jalousie. Il y avait différents types de jalousie. Celle qui s’insinuait doucement dans le cœur d’une femme et venait parasiter chaque moment de la vie quotidienne de couple, de plus en plus intensément. C’est sous le coup de cette jalousie qu’on finissait par faire les poches de son compagnon, que l’on lisait les textos et que l’on se demandait si l’emploi du temps que sa moitié débitait était vraiment cohérent. Puis, il y avait la jalousie intense et pulsionnelle qui grandissait d’un coup dans la poitrine et donnait un courage digne du désespoir à son sujet. Cette jalousie pouvait être provoquée autrement que par des petits mensonges ou quelques incohérences. Des regards, des paroles sous-entendues, des attitudes venant de jeunes femmes comme la succube qui se trouvait devant elle. Elle était d’autant plus dangereuse que cette jalousie se muait rapidement en une colère destructrice si l’on n’y prêtait pas attention. C’était dans cette situation en général que les assiettes volaient et que les voix se faisaient plus aigues sur le coup de la fureur. Ou que cela finissait en une bataille rangée entre les deux femmes incriminées. L’expérience et la prudence préconisaient de ne jamais provoquer une femme jalouse : qui avait déjà lu de la littérature antique, ou des pièces de théâtre inspirées des mythes ne pouvait qu’en témoigner. Autant les hommes en venaient rapidement aux mains, autant les femmes étaient quelque peu plus subtiles, cherchant à déstabiliser l’adversaire pour frapper là où cela faisait mal. Une femme était rancunière. Surtout Joyce. Elle avait énormément de ressources à revendre, des années de frustration et d’incompréhension, et elle était presque ravie de voir une occasion se présenter pour pouvoir déverser sa rage. Elle se sentait devenir comme une animale prête à tout pour défendre son territoire, une animale blessée par les provocations de sa rivale. Elle savait que c’était ridicule, mais elle n’avait pas assez d’expérience dans le domaine de la jalousie pour savoir comment dompter cette bête noire qui commençait à s’agiter brutalement dans sa poitrine. A son grand désespoir, elle savait aussi que cela arrangeait Danaê. Une sorte de voile grisé avait envahi son champ de vision et il lui semblait qu’il l’emprisonnait peu à peu, la liant comme une camisole de force, l’isolant du monde autour d’elle. Elle se trouvait dès lors beaucoup moins réceptive aux signaux envoyés par Angelus, qui auraient pu l’apaiser.

Il fallait que quelque chose se désamorce, et, presque inespérée, la solution se présenta d’elle-même, de sa propre bouche. Elle en conçut comme un soulagement. Elle n’avait pas envie de paraître comme une espèce de bête enragée à Angelus qu’elle venait à peine de timidement conquérir. Grâce à son petit coup de pouce – son compagnon était excellent comédien, elle regarda avec satisfaction sa rivale s’éloigner et disparaître dans la foule. A mesure qu’elle était séparée d’elle, la jeune femme s’apaisa et se détendit. Son regard retrouva sa teinte espiègle ordinaire quand elle n’était pas affublée de sa tenue d’enseignante de littérature. Elle se tourna vers lui.

- Bien sûr que non. Je ne bois que très rarement. Que pour les grandes occasions. J’ai dit n’importe quoi qui aurait pu nous séparer d’elle.


Elle baissa les yeux, éprouvant alors le sentiment de culpabilité inhérent à son attitude ridicule, contrecoup de la force soudaine qui avait parcouru quelques secondes plus tôt ses veines, tout en l’accompagnant en fendant la foule.

- Je suis désolée, j’ai l’air ridicule, je sais. Je n’ai pas su hiérarchiser mes sentiments. Cela fait… Trop longtemps.


Elle ne voulait pas en rajouter plus, pour ne pas sombrer plus profondément dans le ridicule. Elle se tut donc, et suivit son compagnon, balayant à peine de son regard de nouveau curieux le nouvel environnement, entraînée dans ce tourbillon de vitesse. Et la porte. Elle resta surprise devant, écoutant à peine les dernières notes de musique s’évanouir, assourdies par la distance. Elle regarda les multiples serrures, se demandant ce que cette porte pouvait bien cacher pour qu’il y ait autant de serrures. Qu’est-ce qui était si précieux qu’il fallait une sécurité aussi importante ? Elle ne posa aucune question, conformément à leur pacte tacite, se contentant de rester légèrement en retrait de lui, sa main dans la sienne, seule chose tangible qui la rattachait encore au monde réel. Elle restait accrochée à cette main comme une naufragée s’accroche à une planche de bois flottant dans l’océan, avec l’énergie du désespoir. Le cliquetis éveilla encore plus sa curiosité. Elle hésitait à entrer avec lui. Elle se sentait définitivement comme Dante descendant aux enfers, en découvrant les différents cercles. Ce n’était pas une peur panique qui étreignait son cœur, mais une sorte de douce torpeur qui lui faisait douter de la réalité de ce qu’elle vivait à ce moment précis. Après tout, quelques heures auparavant, elle était bien à la fac, à écouter le discours barbant d’une malheureuse étudiante qui donnait tout ce qu’elle avait pour correspondre aux attentes draconiennes de la jeune femme. Elle se souvenait vaguement avoir scruté avec insistance son portable, pour savoir si oui ou non Angelus pensait à elle. Elle était rapidement parvenue à la conclusion que non, puisque cela faisait une semaine et demie qu’ils ne s’étaient pas croisés au commissariat. Et voilà que brutalement tout s’accélérait. La rencontre, le sentiment de bien-être, comme s’il était juste qu’elle se trouvât avec lui, contre sa poitrine, son souffle dans son cou, son regard braqué sur son visage. Le premier baiser, si rapide, si simple, si mince, comme évanescent. Et sa main dans la sienne…

Et tout aussi brutalement, elle se trouvait propulsée sur le seuil d’une chambre. Une… Chambre ? Cela ne collait pas du tout avec ce qu’elle avait vu quelques minutes auparavant. Elle jeta un regard interloqué à Angelus, et entra avec lui. Elle visita du regard, caressant l’armoire de ses prunelles bleutées, explorant le lit, et s’habituant à la lumière doucement tamisée. Elle se détacha d’Angelus, et commença à faire quelques pas dans la chambre, un peu timide. Elle regardait autour d’elle, n’osant pas trop s’aventurer. Du bout des doigts, elle alla caresser la surface du lit et y posa au bout d’un moment sa paume. Est-ce que tout ceci avait été manigancé par le médium ? Elle se retourna vers lui. Sans aucun a priori dans son regard, elle dévisagea son compagnon. Il s’était légèrement raidi, et aux excuses qu’il commençait à lui fournir, elle sut que c’était parfaitement sincère : il n’avait rien prémédité, ou peut-être que si, mais sans pour autant en avoir une réelle volonté. Il ne voulait sans doute pas paraître vulgaire. Elle ne savait pas trop comment réagir. Une chaleur dans son ventre lui criait qu’elle devait agir, maintenant, l’atmosphère ne trompait pas. Cela étant, elle non plus ne voulait pas paraître vulgaire. Il commençait à s’excuser, et dans quelques minutes il bafouillerait. La jeune femme détruisit la distance qui s’était réinstaurée entre eux, autant physiquement que tacitement, en quelques pas. Elle posa doucement son index sur les lèvres d’Angelus, pour l’intimer au silence, doucement. Elle murmura doucement.

- Chut. Ne t’excuse-pas. C’est parfait.


Elle lui sourit tendrement. Ses mains glissèrent sur sa chemise, remontèrent doucement, caressant le tissu de son manteau sombre, se glissèrent dans sa nuque, réchauffant sa peau de la sienne. Elle s’approcha de lui, se hissa de nouveau légèrement sur la pointe des pieds, et l’embrassa. Cette fois, elle prit tout son temps, profitant de l’instant. Son autre main alla chercher la sienne, la glissa sur le creux de son dos. Lorsqu’elle rompit le baiser, elle posa son front contre le sien, les yeux toujours fermés.

- Ne me laisse plus… S’il te plaît.


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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Dim 2 Oct - 15:35

Un nœud restait bloqué au fond de la gorge. Il avait le sentiment d’avoir agi avec trop d’empressement, de ne pas su se défaire de l’affection grandissante et coupable qui le liait à Joyce. Angelus regrettait presque de l’avoir emporté dans cette chambre. Il ne voulait pas qu’elle ne pense faible au point de ne pas savoir réprimer ses émotions, comme ces hommes qu’elle avait rencontré tout à l’heure, trouvant insurmontable de contrôler des émotions par trop humaines. Le sexe, la perversité du monde le révulsait tant parfois. Non, Joyce ne pouvait avoir cette vision là de l’homme qui se tenait debout, face à elle. Angelus avait simplement voulu être seul, juste seuls tous les deux, se rapprocher peut-être, certes, mais sans arrières pensées. Jamais le médium n’aurait eu l’audace, ne serait-ce que d’envisager de jouer les fanfarons séducteurs ce soir. D’autant plus qu’il n’avait jamais été très doué à ce jeu. Et pourtant, ils en étaient là. Lui, incapable d’articuler une phrase un tant soi peu cohérente, les pensées bouillonnant dans son esprit qui cherchait un échappatoire à peu près convaincant à ce qui venait de se passer, les joues rosies par la honte, et elle si compréhensive qu’elle le troublait par sa capacité innée à lui faire confiance alors que lui-même doutait de ses moindres faits et gestes. L’index qu’elle venait de poser contre ses lèvres lui intima l’ordre de faire silence. Il obéit avec une rapidité surprenante, non content de voir ses balbutiements prendre fin pour laisser place à une profonde gêne. Il faut dire qu’Angelus n’avait jamais agi de la sorte, encore moins à l’égard de la gente féminine. Il lui était par contre déjà arrivé d’agripper un homme par le bras et de l’enfermer dans une pièce en bloquant la seule issue de son corps. Sauf que la situation était différente, et le contexte particulier. Généralement, l’intéressé s’en sortait avec un curieux mal de tête, voire quelques bleus ici et là. D’un autre côté, Angelus avait aussi eu des relations sentimentales et sexuelles, comme la plupart des personnes de son âge, surtout à notre époque. Sauf que ces précieuses relations n’avaient jamais duré plus de trois jours, une semaine étant son grand maximum et que ce qu’il avait créé avec Joyce lui semblait plus ‘intense’ que tout ce qu’il avait vécu jusque-là. Pour une fois, Angelus voulait faire les choses en grand, sans se presser. C’était la raison pour laquelle il ne voulait en aucun cas briser le lien qui s’était à mesure du temps, créé entre eux deux. En un sens, ses réactions quoique surprenantes au premier abord, paraissaient tout à fait logiques s’il y réfléchissait bien. Le fait qu’il l’évitait sans cesse au départ, qu’il ait du mal à mettre un nom sur les sentiments qu’il éprouvait lorsqu’elle se trouvait à ses côtés, et ce soir, alors qu’ils étaient tous deux dans cette chambre, l’excitation qu’il avait du mal à réprimer, mêlée à une profonde déception de lui-même comme s’il venait de rompre à jamais une amitié qui n’avait pas lieu d’être. Elle ne voulait pas qu’il s’excuse. Il n’avait pas de quoi s’excuser au fond, c’était vrai. Pourtant, les mots sortaient d’eux mêmes sans qu’il ne puisse les retenir. Il n’y avait rien de précipité, rien de prémédité, juste un désir insoutenable qui avait envahi son cerveau le temps d’une minute et avait barricadé la raison dont il faisait preuve habituellement. Une raison qui menaçait à tous moments de scier ces mêmes barreaux pour reprendre une place qu’elle n’aurait jamais pu quitter sans renfort.

Des frissons lui parcouraient le corps. Il n’avait pas froid, ni chaud. Quoique la température de la pièce venait brusquement d’augmenter. Les doigts de Joyce effleuraient les boutons de sa chemise tandis que le médium faisait de terribles efforts pour ne pas se dérober à sa vue. Et puis son torse imberbe qui se dressait fièrement devant elle, se soulevant au rythme des battements irréguliers de sa respiration. Ses lèvres qui se rapprochent innocemment des siennes. Il eut un mouvement de recul pour la dissuader de continuer. Tout ceci était entièrement de sa faute, elle n’était pas obligée de …trop tard. Le goût de sa bouche, un mélange de vanille et de cannelle. Ses lèvres s’accrochèrent à leur tour à cet aveu silencieux, appréciant lentement cet effluve inconnu avant qu’ils ne se séparent à nouveau et que leurs souffles ne reprennent leur véritable propriétaire. Les paupières jusqu’alors closes de l’homme se rouvrirent pour contempler la jeune femme. On pouvait lire dans son regard une tendresse insoupçonnée. De la peur aussi. Peur du passé et de l’avenir. Pourtant, il n’avait pas bougé, comme si le timbre de sa voix le rassurait.

« Plus jamais. » murmura t-il en reprenant ses lèvres avec plus de fougue qu’auparavant. Ce fut long, langoureux et sensuel à souhait. Sa main descendit de son dos à la naissance de ses hanches. Quand ils s’éloignèrent à nouveau, ses pupilles avaient changé. Leur couleur d’ordinaire noire d’encre avait viré à l’émeraude sous le coup du désir. De sa main libre, Angelus caressa son visage, traçant lentement les lignes de sa nuque pour remonter vers ses joues, jouant avec l’une de ses mèches en l’enroulant autour de son index. La gêne avait disparu laissant la place au jeu de la séduction. Tout son corps la réclamait. Des signes qui ne trompaient pas. Les battements tambourinés de son cœur contre son torse, la chaleur confuse qui s’emparait de chacun de ses membres, le fait qu’il la dévorait littéralement du regard. Tout à coup, il n’y avait plus de raison, plus de failles. Juste un homme et une femme qui se regardaient l’un l’autre avec l’instinct animal du chasseur guettant sa proie. Restait à savoir qui était le chasseur et qui était la proie. « Hum…tu sens tellement bon. » lui chuchota Angelus à l’oreille, la pressant tendrement contre lui, et déposant un nouveau baiser dans son cou. La fièvre taraudait ses reins déjà brûlants. Pourtant, il ne voulait rien faire qui puisse gâcher cet instant. Tout lui semblait si parfait. Jusqu’au décor et à la lumière tamisée de la chambre, d’un romantisme non feint. Petit à petit, ses pas les éloignaient de la porte d’entrée, jusqu’au lit trop grand pour une personne seule. Le lit recouvert de draps couleur caramel, eux-mêmes étouffés par une couverture molle et traînant au plancher.

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Joyce H. D'Anceny
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Mer 12 Oct - 8:27

D’accord, Joyce, ne panique pas. Calme-toi. Ton cœur bat trop vite, tu rougis. Bientôt, tu vas avoir les mains moites, ce qui n’a rien de bien sexy. Mais bien sûr que si, chérie, tu vas avoir besoin d’être sexy dans les quinze prochaines minutes. Déglutis. Voilà, calmement. Regarde-le. Arrête de trembler. Approche-toi. Respire. Respire, nom de Dieu.

La voix de sa conscience prenait autoritairement le contrôle. D’ordinaire, la jeune française protestait fortement et la repoussait. Mais ce jour-là, elle était comme pétrifiée. Elle ne voulait pas avoir le contrôle sur rien. Le teint de son visage hésitait entre la pâleur mortelle de la timidité maladive d’une jeune adolescente en proie aux premiers émois, et la rougeur cuisante d’une femme qui reconnaissait le désir qui propageait une douce chaleur au creux de ses reins. C’était étrange. La jeune femme n’était pas la vierge Marie, loin de là, sans pour autant être une traînée. Elle estimait cependant avoir eu un quota d’expériences sexuelles tout à fait normal pour quelqu’un de son âge. Pendant un moment, elle avait pensé que son mari aurait été sa seule réelle expérience. Evidemment, elle se trompait lourdement. Cela faisait déjà quelques années qu’ils s’étaient quittés dans l’incompréhension et depuis, elle avait eu divers amants, et quelques relations plus ou moins sérieuses. Elle ne se considérait pas comme une vierge effarouchée sur ce sujet, et appréciait le contact des corps à sa juste valeur. A cela s’ajoutait ses propres croyances, quant à cette fusion des corps.

Pour elle, l’amour physique avait été pendant un moment un besoin, pas nécessairement une pulsion. Mais à une époque, elle ne rechignait pas s’unir avec quelqu’un sans aucun sentiment. Elle avait juste envie de se sentir aimée, dans les bras de quelqu’un, dans les tourbillons de cette folie que l’on nommait plaisir, et dans lequel il était si simple de perdre la raison et de tant l’idéaliser que l’on finissait par dédier sa vie à le poursuivre, à s’en enivrer et à se vautrer dedans. Puis, avec l’âge et son activité professionnelle, elle n’avait plus vraiment eu l’occasion de courir la présence masculine – ou féminine, d’ailleurs. Quelques aventures occasionnelles. Malgré tout, elle n’était pas une amatrice au lit et en règle générale, elle parvenait à outrepasser sa timidité pour se lancer à corps perdu dans une relation sans lendemain.

Etrangement, avec Angelus, ce n’était pas du tout le cas. Elle n’osait pas faire le premier pas. Pourtant, l’évidence était là. Cette chambre n’était pas là pour la décoration. Dans le cas contraire, c’était une fort belle décoration, il fallait l’avouer, cela dit. Pourquoi réagissait-elle différemment ? Sans doute parce que la situation elle-même était différente. Elle voulait Angelus, mais pas seulement sur le point de vue charnel. Et, en plongeant son regard clair dans le sien, elle lisait que cette envie était réciproque. Si elle hésitait encore, c’est parce qu’elle ne lisait pas tout à faire en lui comme dans un livre ouvert. Elle se demandait s’il envisageait quelque chose après ce qui se passerait dans quelques minutes. Ils ne pourraient pas faire marche arrière et repartir comme si rien ne s’était passé. Elle ne voulait pas espérer à l’aveugle, et pourtant… C’était bel et bien de son plein gré que ses mains déboutonnaient progressivement la chemise immaculée de son compagnon, glissaient sur la peau de son torse. Elle les regardait avec une sorte de tendre étonnement. Pourtant, elle n’en était pas réellement choquée, ses gestes n’avaient rien d’indécent. Ils étaient tendres, naturels. Sous ses doigts, il lui semblait qu’il était proche de la panique. Peut-être pensait-il, à tort, certaines choses, peut-être croyait-il qu’elle était gênée, embarrassée, ou que sais-je. Elle ne savait trop comment lui signifier que tout allait bien. Que rien ne pouvait aller mieux. Elle était enfin entre ses bras, dans ce moment fantasmé dans ses rêves les plus fous. Elle avait eu ses lèvres.

Mais ils voulaient autre chose, désormais. Elle sentait son désir pulser sous sa peau où ses mains reposaient. Elle se mordait la lèvre inférieure, cherchait le contact avec son souffle, les yeux fermés, avançant à l’aveugle dans un chemin salvateur. Toute en jeux, elle se dérobait parfois à ses lèvres, en souhaitant secrètement attiser son désir. Son cœur battait fort. Elle saisit la main d’Angelus, la glissa doucement sous le tissu de son chemisier blanc, ses lèvres si proches des siennes, les yeux toujours clos, comme si elle se faisait violence pour vivre chaque seconde si précieuse de cette instant tant espéré. Elle ne quittait pas ses yeux, et y pouvait lire ses peurs et sa tendresse. Sa main délicate caressait la peau du médium, comme pour en chasser les doutes. Elle aussi aurait aimé songer à l’avenir, à fantasmer sur un projet commun, une envie de se réveiller chaque jour aux côtés de la silhouette mince et fière de son compagnon. Non, il fallait qu’elle le garde à l’esprit : le passé, l’avenir, les erreurs, la folie de la journée… Tout cela n’avait aucun intérêt, plus aucune importance, à cet instant précis. L’intensité était bien là. Chaque seconde qui s’écoulait était un arrachement pour elle. Qu’est-ce qui les retenaient ? Cette sensation sans aucun doute, de se trouver au bord du gouffre, vertigineuse et unique. Ils étaient tous les deux, main dans la main, à deux doigts de faire un saut qui changerait leur vie. Ils avaient peur. C’était normal. Mais ils en avaient envie. Elle le sentait dans chacun de leur frémissement commun, dans chaque battement de cœur qui répondait à l’autre, et qui pourtant semblait à l’unisson.
Il lui disait qu’elle sentait bon. La jeune femme sentit son visage s’éclairer d’un sourire éclatant, caressant sa nuque. Elle avait envie de dire quelque chose qui brûlait ses lèvres depuis un moment et qui faillit spontanément s’exprimer, mais c’était peut-être vieux jeu, ou stupide, dès le premier « rendez-vous », quoiqu’il était étrange de parler d’un rendez-vous, étant donné le type de circonstances extraordinaire qui les avait réunis. Pourtant, le premier membre de sa phrase sortit. Cette phrase était tellement simple… Trois mots.

- Je…

Elle étouffa le tout rapidement, en enfouissant son visage dans son cou, finissant de murmurer les mots incriminants contre la peau de son médium. Ses mains s’étaient serrées sur le tissu de sa chemise, la rapprochant du corps d’Angelus. Elle l’accompagnait vers le lit, leur destination finale. Elle n’avait même pas besoin de se soucier de l’intimité de cette chambre : elle avait l’impression qu’en pénétrant dans cette pièce, ils étaient sortis du monde réel, pour entrer dans le leur, le premier commun, leur premier né.

Elle ne pouvait plus ignorer les flammes qui étreignaient son ventre. Elle les reconnaissait certes, mais jusque-là elle avait eu du mal à l’accepter. Cela devenait une urgence. Elle s’assit sur le bord du lit, ses mains ne quittant jamais la chemise ouverte d’Angelus, l’attirant contre elle. Elle retira avec un peu de pudeur son propre chemisier et eut un regard timide. Elle s’approcha, parcourut son torse de baisers et caressant sa peau, s’imprégnant de son odeur. Le tissu glissa le long de ses épaules, dévoilant son corps mince, quoiqu’encore couvert par son soutien-gorge en dentelle. Elle guida ses mains sur son corps, dans des caresses un peu plus précises et osées, se laissant aller à la suprématie des sensations qui l’étreignaient.

- Je… je…

Elle se fit violence, mais c’était bien difficile. Elle voulait tant exprimer ses sentiments, mais elle se trouvait saisie par une sorte de pétrification. Puis, elle parvint à murmurer du bout des lèvres.

- J’ai envie de toi…

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I wished I had one more chance to say what really mattered; to say how much I loved you, how grateful I was for every moment I was with you. But by the time I said what I wanted to, it was too late. But you brought me back. You gave me my wish. One more chance to say what I really wanted to say... Kiss me, once more
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Angelus G. Hastings
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MessageSujet: Re: « Et si le loup s’était épris de l’agneau ? » Mer 26 Oct - 6:26

Immobile devant elle, Angelus observait chacune de ses réactions, si diverses qu’il les lisait dans son regard à la fois apeuré et…envieux. Envieux d’un instant qu’ils allaient bientôt partager ensemble. Envieux d’un homme avec qui elle voulait passer plus de temps qu’elle ne saurait dire. Une envie qu’il partageait en cet instant et qui le conduisait à la folie muette des grands soirs. A un romantisme latent. A la débauche des amants éperdus de passion. Joyce rougissait. Il trouvait cela adorable. Un sourire égaya ses traits tandis qu’il se perdait dans la contemplation de ses tâches rosées sur ses joues, de ses ridules autour de son magnifique regard azur. Une poupée de porcelaine qui fait « non, non, non » alors que son cœur l’appelait de toutes ses forces. De son côté, Angel avait repris son teint habituellement pâle, bien que sa peau avait emprunté une légère teinte cuivrée sous l’effet du désir. Il n’était pas plus expérimenté que la jeune femme en matière de sexe. Il avait certes eu quelques partenaires d’une nuit, mais ce n’était jamais allé plus loin que cela. Faire l’amour à une personne que l’on estimait, respectait, que l’on…aimait même, c’était différent. On ne pensait plus à son seul plaisir mais uniquement à celui que l’on procurait à l’autre. On cueillait sur sa bouche ses premiers gémissements et on terminait sa course dans ses bras, à l’unisson. Cela, Angelus ne l’avait jamais vécu, pour la bonne raison qu’il n’avait jamais aimée jusqu’à présent. Pourtant, il n’était pas aussi « effarouché » que l’était Joyce en ce moment même. Certains vous diront que les hommes ont tendance à mieux savoir dissimuler leurs émotions que le sexe faible, d’autres émettront l’hypothèse d’une force incroyable dissimulée sous sa personnalité complexe. Il n’était rien de tout cela. Angel n’était pas effrayé parce qu’il savait ce qui allait se passer. Parce qu’il avait gardé en lui des souvenirs inexistants de longues nuits durant lesquelles ses pensées s’orientaient vers Joyce. Pervers diraient certains. Non, on touchait plutôt ici à une sensualité sans bornes. Les instants qu’il avait passés dans ses bras, à la chérir, lui murmurer qu’il l’aimait de tout son être, des instants qui n’avaient eu lieu que pour lui et lui seul mais qu’il avait l’occasion de lui faire vivre à présent qu’elle s’offrait à lui. Angel n’était pas le plus doué des amants. Ni le plus mauvais. D’ailleurs, pouvait-on parler de bon ou de mauvais en amour ? Seule la complicité jouait un rôle dans ce jeu de la séduction. Et en amour, Angel portait bien son nom.

Sa chemise venait de glisser sur le sol carrelé. Un torse nu, imberbe, aussi blanc que du marbre, telles les statues des dieux grecs qui témoignaient d’une perfection olympienne. Se laissant contempler sans mot dire, Angel défit à son tour les fermetures de son corsage, lentement, avec de la dévotion dans le regard, jusqu’à ce qu’elle soit débarrassée et qu’il put à son tour l’admirer à son gré. Des frissons de chaleur parcouraient son corps. Les mains de Joyce contre sa peau nue y étaient pour beaucoup dans son émoi. Se lovant au creux de son cou, Angel y déposait milles baisers, revenant toujours à ses lèvres qui ravivaient sa passion, et la douleur qui se manifestait dans ses reins. Il ne pensait plus à rien sinon à elle, à ses moindres faits et gestes, à ses soupirs de désir, à ses murmures extatiques, à son corps qui s’embrasait contre le sien, chaud comme de la braise. Et puis, un doute qui semblait accaparer le regard de sa partenaire. Ses yeux rivés aux siens, Angel chercha une réponse qui ne vint pas. Joyce venait de blêmir en baissant le regard au plancher. Elle paraissait si troublée. Et le médium aurait sans doute mis ses peurs sur le compte de l’excitation que procurait une telle montée de plaisirs si ses lèvres ne s’étaient pas mises à trembler à ce moment-là. Elle cherchait à lui dire quelque chose, il le pressentait. Mais les mots ne sortaient pas, comme paralysés à l’idée de faire un tel aveu. Alors, il attendit. Ses mains caressaient ses bras comme pour lui insuffler le courage de lui avouer ce qu’elle avait tant de mal à lui dire. Même son regard cherchait à apprivoiser sa peur. Jusqu’à ce qu’elle se love contre lui, qu’il glisse l’une de ses mains dans sa chevelure blonde, qu’il sente les battements de son cœur s’accélérer. Jusqu’à ce qu’elle l’attire contre elle jusqu’au lit vide, qu’elle le couvre de baisers brûlants et qu’il ne rejette la tête en arrière dans un léger soupir lorsque ses doigts effleurèrent son intimité la plus secrète.

« J’ai envie de toi… »

Il retrouva la vue en cet instant précis. Joyce venait exactement de prononcer ce qu’il avait en tête. L’envie. Sans doute ne s’était-elle pas, ou pas assez rendue compte de l’état dans lequel il se trouvait. Elle avait envie de lui…pourrait-il prétendre le contraire ? Certainement, non. Sa virilité parlait d’elle-même sans qu’il lui soit besoin de la dévoiler. Mais comme si ce sentiment suffisait à rassurer la jeune femme, Angelus captura ses lèvres des siennes, tandis qu’un délicieux ballet échangeait leurs baisers de leurs langues, jusqu’au retour à la réalité. Lentement, son corps s’allongea tout entier contre le sien, étendu maintenant sur le lit. Ses mains prirent leur temps pour dégrafer son soutien-gorge, laissant le soin à sa bouche de goûter chaque parcelle nue de sa peau, jusqu’à la naissance de sa gorge désormais dénudée.

Angel avait lu. Beaucoup lu. Les scènes de sensualité érotiques, les émotions ressenties, les formes visitées, les romans d’amour, il en avait déjà tourné quelques pages. Au départ, alors qu’il était encore adolescent, tout n’était que flou et incompréhension devant un phénomène qui le fascinait autant qu’il décuplait son imagination. Après avoir vécu la chose, et maintenant qu’il faisait face à la chaste des beautés, la beauté féminine dans son état le plus pur, le médium ne pouvait détacher les yeux de sa poitrine voluptueuse, dont le désir ne faisait plus aucun doute maintenant. Un moment encore, l’homme se plut à contourner du bout des doigts ces rondeurs de femme, avant que le plaisir de la satisfaire ne décuple ses sens et que ses lèvres ne redessinent chaque sein de sa langue, de sa bouche, de ses yeux, avant qu’il ne prenne chaque soupir comme un témoignage de son envie de plus en plus pressante. Langoureusement, l’une de ses mains s’était même permise de pousser son exploration plus au sud, se laissant guider par les très légers spasmes qui prenaient ses cuisses, remontant peu à peu jusqu’à son aine.

Mais Angel ne pouvait continuer. Non pas que l’envie n’était pas là, mais il ne pouvait agir sans le consentement explicite de la jeune femme. Joyce était apparemment aussi volontaire que lui, aussi troublée. Pour autant, peut-être n’avait-elle pas prévu qu’ils aillent aussi loin ? Et si, pour une raison ou pour une autre, elle changeait d’avis ? Et s’il s’y prenait mal ? Et si…tant de doutes et d’hypothèses infondées qu’elle pouvait lire dans son regard qui la dévisageait.

« Moi aussi j’ai envie de toi Joyce, mais je ne veux pas que tu regrettes quoique ce soit demain matin. Tu es sûre de vouloir continuer ? » murmura l’homme en baisant à nouveau ses lèvres.

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