La colère est une courte folie

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Kaileen Moore
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MessageSujet: La colère est une courte folie Ven 26 Aoû - 13:03

Je n'étais pas sortie le soir depuis une bonne semaine à présent. Etrange de voir comme je pouvais m'assagir. A la place, j'étais restée à attendre dans mon studio (enfin, le studio de Lukaz où j'avais la chance de pouvoir dormir) que le temps se décide à filer entre mes doigts. Il m'avait semblé si étrange d'avoir enfin des journées normales (comprenez que je vivais selon un rythme plus banal que celui dont j'avais l'habitude), si étrange que je m'étais rendue compte qu'il me faudrait attendre encore longtemps avant de pouvoir rentrer de nouveau dans la monotonie des quotidiens du commun des mortels. J'avais donc abandonner la veille mes louables efforts pour reprendre ma vie dissolue là où je l'avais soigneusement laissée. Le matin de ce 26 août, c'était donc pour moi l'après midi. En gros, je me levais, comme d'habitude, vers quatorze heures. Je réussis à me dégotter de quoi manger, et commençais la journée joyeusement avachie sur le canapé, à regarder la télé – volée, comme beaucoup de choses, je suppose – suivant d'un œil morne des émissions diversement idiotes. Il me fallut attendre dix-neuf heures pour me décider enfin à faire quelque chose de mes dix doigts. Je caressais un moment l'idée d'aller en boîte, mais me ravisait bien vite. De même pour la pensée bien attractive de la drogue, j'évitais d'y toucher depuis que j'avais rencontré cet abruti de flic et sa collègue alors que je venais de consommer de la cocaïne. Enfin.

Une fois n'est pas coutume, je décidais de passer ma soirée dans un bar. Celui dans lequel j'avais rencontré Barthe, d'ailleurs, ce que je constatais avec une moue agacée. Enfin... De quoi me changer les idées, une agitation qui m'était encore acceptable, et la tranquillité, dans le principe. Je ne cherchais pas à me trouver de quoi passer la nuit, pour une fois, cependant. J'avais eu assez de problèmes ces derniers temps pour éviter d'en rajouter une nouvelle couche. Merci bien. J'avais brièvement croisé mon colocataire en m'esquivant, vers cinq heures, à vue de nez. Une chose inhabituelle, puisque d'habitude, il disparaissait dieu sait où avant moi. En tout cas, après une conversation normale – ça me changeait agréablement de mes emmerdes à répétitions – j'avais filé une fois de plus pour laisser passer le temps. Avec un verre histoire de dire que je n'étais pas juste là pour faire joli. Enfin, joli, je me comprends.

Histoire d'amener tout de même un peu de renouveau à mes soirées monotones ces temps ci (Kaileen la tarée psychopathe et sanguinaire prenait des vacances bien méritées), je ne me trouvais pas une table dans un coin, préférant rester à moitié avachie au bar, chipotant dans mon verre de gin, avec un air absent. Je n'allais pas faire long feu ici, finalement. Il n'y avait absolument rien qui puisse m'intéresser ici bas. Quelques boulets qui se firent joyeusement remballer en essayant de me draguer, de manière plus ou moins fine (souvent moins), des types déjà bourrés à à peine vingt heures, que de la joie et de la bonne humeur, pour résumer. Je buvais une gorgée, distraitement, de ma boisson favorite, ou presque, hésitant à finir ma nuit dans un nightclub ou dans le parc d'Achaea, tout en regardant autour de moi, sans trop faire attention à ce que je voyais... Jusqu'à ce que je croise le regard d'un jeune homme arrivant tout juste. Génial. La cavalerie débarquait, histoire de me donner encore plus envie de rester. Je fis alors quelque chose que je ne faisais pas bien souvent, je détournais purement et simplement les yeux, en priant tous les dieux, existant ou pas, qu'il ait la bonne idée de foutre le camp, ou au moins de ne pas venir me chercher, moi qui évitait soigneusement les ennuis pour une fois dans ma misérable vie.

Evidemment... Tous les dieux existants ou pas ne suffisaient pas pour exprimer un malheureux petit souhait de rien du tout, et je voyais donc coup-d'un-soir numéro je ne sais combien s'approcher avec une expression proche du désespoir profond. Youpi. Etant donné que je n'avais plus d'autre choix, je relevais les yeux dans lesquels brillait une colère certaine vers lui, et croisait les bras dans une attitude purement et simplement réprobatrice cette fois ci. Franchement, il y avait des gens que ne tenaient pas à leur tranquillité. Moi y compris, enfin bon, passons.

Matthew Derkins, il me semble. Un type qui m'avait mis dans son lit (peut être croyait il qu'il était un cas unique en son genre, ce qui était bien entendu loin d'être le cas), et m'avait royalement fichu dehors au matin. Ce n'était d'ailleurs pas tant ça qui me gênait, étant donné que j'avais plus souvent qu'à mon tour mis de pauvres jeunes hommes à la porte alors qu'ils croyaient que coucher avec moi leur avaient ouvert la porte de l'amour éternel, et bla et bla et bla. Non, c'était juste quelques unes des remarques bien senties qu'il m'avait offert en cadeau d'adieu qui étaient au dessus de mon propre seuil de tolérance. Je ne comptais donc pas remettre le couvert de si tôt.

« Matt... Je te dirais bien que je suis ravie de te revoir, mais ce serait un mensonge plus gros qu'une maison. »

J'étais toujours aussi butée dans mon expression. Je tournais mon regard furieux vers le type qui l'accompagnait – qui partait aussitôt avec un mauvais à priori, bien qu'il m'avait semblé qu'ils se chamaillaient en arrivant, ce qui m'aurait plutôt semblé sympathique. Néanmoins, je ne serais jamais connue pour accorder le bénéfice du doute, je préférais rester sur mes préjugés, c'était tellement plus simple à gérer, honnêtement. De toute façon, il ne m'intéressait pas des masses pour le moment, j'avais juste besoin de déverser mon fiel, histoire de me sentir apaisée, et surtout à égalité avec mon cher interlocuteur.

« Je ne sais pas ce que tu me veux, mais si tu veux trouver une pauvre âme à vexer pour te sentir un peu moins seul et pitoyable... Payes toi une pute, ça me fera des vacances. »

Il était rare que je sois aussi dure avec quelqu'un. Mais cela étant dû uniquement au fait qu'habituellement, je préférais taper d'abord et causer après, Matthew pouvait s'estimer plutôt chanceux. Je doutais qu'il voit les choses de la sorte, mais je savais bien ce qu'il en était moi, et je me trouvais exceptionnellement clémente de ne pas l'envoyer à l'hôpital aussi sec, pour une raison x ou y.

« La prochaine fois que tu veux me foutre à la porte, fais le autrement. Je ne suis pas une de ces minettes effarouchées qui s'offusquent pour ça. En revanche, j'ai horreur qu'on se foute de moi, et qu'on me prenne pour une idiote. Et t'as fait les deux en cinq minutes top chrono. Un record. »

Finalement, je me décidais enfin à demander ce qui me paraissait intéressant, tout en sachant que j'avais peut être réussi à mettre fin à notre échange dés maintenant (ce que j'espérais moins, en fait, c'était agréable de pouvoir s'énerver ouvertement et autrement qu'avec mes poings).

« Tu me veux quoi, alors ? Et c'est qui, lui ? »

Je désignais l'autre d'un vague geste de la main, qui semblait désintéressé, alors qu'en réalité, c'était maintenant vers l'inconnu que se tournait mon attention. Je me demandais pourquoi et comment il avait rencontré monsieur. Et je me demandais qui il serait pour moi. Sans doute l'ami, le frère, le cousin, ou dieu sait quoi, que je détesterais par pur principe tant que je serais en froid avec Matthew, mais bon, il n'était pas censé le savoir. Et oui, j'étais bien du genre à catégoriser les gens, ça m'épargnait de faire trop souvent le tri entre amis et ennemis. Vu les ennuis que j'attirais irrémédiablement, cela m'avait plusieurs fois sauvé la mise, alors pourquoi changer une méthode qui marche, honnêtement ?

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Matthew Derkins
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MessageSujet: Re: La colère est une courte folie Ven 26 Aoû - 20:36

« Oh la charmante Kaileen... »

J'avais craché ses mots comme si j'étais en train de manger quelque chose de particulièrement indigeste alors que mes yeux croisaient ceux de la « charmante Kaileen en question ». Mais revenons en arrière, histoire de comprendre pourquoi on en était là avec Jacob face à elle.

Je profitais d'une soirée de libre dans mon emploi du temps pour secouer les puces de Jacob et le forcer à quitter l'appartement dans lequel nous vivions tous les deux maintenant. Cohabitation complexe mais là n'était pas le sujet. Alors que mon frère entamait sa seconde partie de Monopoly seul je pris sur moi de le secouer.

« Frangin... déjà je ne comprends pas comment tu fais pour jouer seul et perdre quand même, ou alors ils sont plusieurs dans ta tête. Mais ça fait combien de temps que tu n'es pas sorti merde ?! »

Nous nous évitions cordialement le reste du temps, nos emplois nous le permettant mais pas ce jour là. J'inspectais rapidement mes poches à la recherche de pièces et finis par trouver ce que je cherchais.

« Allez viens je t'offre un verre... »


Comme à son habitude, Jacob bougonna avant que je lui promette de ne plus le forcer à sortir pendant un mois si il le voulait. Apparemment, avoir à se passer de ma présence durant trente jours était le petit truc qui manquait à ma proposition. Après avoir choisi une tenue un peu décente, je sortais avec mon frère tout de même. Nous étions dans la rue, à la recherche d'un bar. Finalement, Jacob en désigna un alors que j'étais en train de me dire qu'il n'était pas si mal. Juste avant d'y entrer, mon frère me lança une bonne réplique bien sentie qui eut pour résultat mon poing dans ses côtes. Alors que nous étions en train de chahuter en bons frères qui se détestaient, la plupart des gens en train de consommer nous regardaient.

Je raclais ma gorge, remis ma chemise en place puis mes yeux se posèrent sur une tête brune posée sur un corps lui même posé sur une chaise à une table. Et nous étions revenus à l'instant présent.

« Oh la charmante Kaileen... »

Je me retournais vers Jacob, lui chuchotant le résumé de la situation rapidement et en espérant qu'elle n'entendrait pas.

« Nous avons passés la nuit ensembles et étrangement elle est partie quand je lui ai demandé si elle n'avait pas une copine qui serait d'accord pour faire la même chose sur moi et avec elle voire même en mieux... »

Je me retournais de nouveau, Jacob était intelligent et de toutes façons après ce qu'elle venait de dire, si il avait encore des doutes alors c'était terminé. Elle jaugeait du regard mon frère et à me cracher ses remontrances à la gueule. Mon regard se durcit alors que j'encaissais ses remarques.

« C'est sûr qu'avec une pute j'aurais été mieux loti qu'avec toi. Ça m'aurait coûté du fric mais au moins j'aurais pris mon pied. »


Mon ton avait été froid. Jacob savait qu'un ton froid chez moi n'était jamais très bon. Signe que je risquais de dérailler méchamment. Et elle, elle continuait la pétasse ! Si seulement elle avait été increvable comme ça au pieu. La remarque acide sortit de mes lèvres avant même que j'eus fini de la penser.

« Au moins y'aura pas que ça qui aura duré cinq minutes pauvre frigide de mes deux. »

Je ne levais jamais la main sur une femme, loin de moi cette idée. Kaileen me demanda qui était l'homme qui m'accompagnait. Je répondis alors que je sortais mes cigarettes et mon briquet. Celui ci claqua quand je le refermais et un nuage de fumée vint frapper les narines de l'hystérique devant moi.

« Lui c'est mon frère, il a du récupérer toute la gentillesse et moi tout le reste, ça te conforte dans ton idée quoi. »


Je renâclais la fumée alors que je regardais Jacob et faisait les gestes qu'on fait dans une présentation usuelle. Désignant l'un et l'autre du doigt et marmonnant d'un ton fatigué alors que je tirais une nouvelle bouffée de tabac.

« Fais attention Kaileen, ça va devenir méchamment technique pour tes cellules grises : Jacob... La frustrée dont tu as déjà entendu le nom... La frustrée... Jacob. »

Moi qui était venu la pour prendre « du bon temps » avec mon frère, enfin tenter, entre Derkins on n'avait jamais la notion de ce qui était « du bon temps », je l'avais bien profond à cause de cette cinglée qui avait décidé de me mettre toute notre soirée passée ensembles sur le dos. Jusqu'à preuve du contraire, ce jeu là ce jouait à deux non ? Un nouveau nuage de fumée vint se fondre dans le visage de Kaileen. Jacob allait être de quel côté maintenant ? Toujours est il que j'étais là, un petit sourire arrogant aux lèvres et mes yeux vissés dans ceux de celle qui avait eu la bonne idée de me faire chier ce soir.

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Jacob Derkins
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MessageSujet: Re: La colère est une courte folie Lun 29 Aoû - 12:20

Lorsque Matt était venu me déranger en pleine partie solitaire de Monopoly, j’avais déjà deviné que la soirée allait mal tourner. La cohabitation se faisait difficilement, puisque j’avais mes habitudes bien ancrées, et que Matt tenait absolument à toutes les chambouler une par une.
Je m’étais même décidé à ne pas sortir tant qu’il y avait un risque qu’il soit dans l’appartement. Deux raisons : je tenais à retrouver mon appartement dans un aussi bon état que celui dans lequel je l’avais laissé. Deuxième raison : je ne voulais pas retrouver de nana que je ne connaissais pas dans mon lit. Enfin, sur le principe, je n’aurais pas été contre. Mais les filles auxquelles je pensais seraient forcément venues pour Matt à la base… donc très peu pour moi, merci.
Mais il tenait à me sortir. Je sautais sur l’occasion pour accepter, ignorant les piques qu’il me lançait sur le fait que je jouais à divers jeux en solitaire. Il ne pouvait pas comprendre. Trop focalisé sur ses propres habitudes pour cela. Enfin, accepter… sous quelques conditions, bien entendu.
Ce qu’il n’avait pas deviné était que le fait de sortir avec lui était au contraire ce que j’attendais : je pourrais profiter d’être dehors, tranquillement, boire et faire des rencontres, tout en gardant un œil sur lui. Et j’avais les deux clés de l’appartement sur moi… donc aucune chance qu’il nous ramène quelqu’un pendant que j’avais le dos tourné.
Je choisis donc un costume dans mon armoire avant de le suivre vers un bar qu’il me conseillait. Et que je connaissais déjà, bien entendu, mais j’évitais de le lui signaler. Pendant quelques instants, je me demandais si j’allais appeler Logan ou non, pour qu’il se joigne à nous, mais je chassais cette idée de mon esprit. Mieux valait éviter que Logan ait à supporter Matthew. Pour le moment en tous cas.
Tout le trajet s’était bien entendu fait sous le signe de l’engueulade et de la dispute. Comme tout ce qui nous liait, en réalité.
A peine fûmes-nous entrés que mon frère poussa une exclamation que je devinais ironique…
Il m’expliqua la situation, et un sourire commença à naitre sur mes lèvres. Tout cela n’allait pas tarder à devenir plus intéressant que je ne l’aurais imaginé.
Et quelques instants plus tard, cela se confirma. La demoiselle se leva, et matraqua mon frère d’un sens de la répartie particulièrement grandiose. Au moins autant que la demoiselle était charmante, en réalité. Les répliques fraternelles me semblaient beaucoup moins efficaces, mais elles avaient aussi leur intérêt malgré tout.
Mais, de voir mon frère se faire « massacrer » ainsi…
Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire lorsque leur échange fut terminé.

« Une frustrée ? A ce que j’en entends, c’est plutôt toi qui t’es mal débrouillé frérot. Après tout, si ça ne dure que cinq minutes, ce n’est pas vraiment la demoiselle qu’il faut remettre en cause. »

Je lui souris, amusé.

« Et non, tu n’as pas récupéré tout le reste. Seulement ce qui fait que toi tu ne sers à rien, et que moi j’ai un boulot, un appartement, de la classe… les trucs cools quoi. »

Je me tournais ensuite vers la dénommée Kaileen, évitant de la dévisager ou de l’observer avec trop d’insistance. Même si elle me plaisait déjà, autant physiquement que mentalement, elle n’avait pas l’air d’être le genre de femme avec qui on pouvait agir n’importe comment.

« Je m’excuse platement pour le comportement de mon frère. Il n’a jamais eu de cerveau entre les deux oreilles, et encore moins compris les concepts tels que la politesse. »

J’aurais pu préciser qu’au moins, il semblait avoir bon goût, mais je doutais que cette remarque plaise.

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Kaileen Moore
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MessageSujet: Re: La colère est une courte folie Lun 29 Aoû - 20:46

Je n'avais pas entendu ce qu'il murmurait précipitamment au type qui l'accompagnait, mais je me doutais bien que ça ne serait pas aimable pour moi. Loin de me décomposer ou de me sentir atteinte par ce qu'il disait, je me contentais de retourner à Matt un sourire sarcastique au possible, totalement indifférente. Tout ce qu'il pouvait me dire me passait loin au dessus de la tête. Pour moi, actuellement, il était dans la catégorie des gens qui n'avaient le droit qu'à mon mépris et ma froideur. Que je lui parle n'était qu'une question d'envie de me défouler. Déjà presque désintéressée de la question, je me rasseyais, et tournais mon regard furieux vers celui qui était le frère de mon coup d'un soir préféré. Monsieur partait donc bien avec un à priori négatif, d'autant plus qu'au lieu de se mêler de ses affaires, il prenait ma défense. Je ne pensais pourtant pas avoir besoin d'aide, mais bon. Je reportais de nouveau mon regard glacial sur Matthew et lâchais quelques mots dans un soupir.

« Désolée d'avoir paru frigide. En même temps, même avec la meilleure volonté du monde, j'aurais pas réussi à faire mieux avec... ça. En fait, ne dépense pas ton argent... Même une pute ne parviendrait pas à quoi que ce soit avec toi. »

Je fis un geste vague qui englobait la totalité de mon cher spécimen, avec une moue dégoûtée. Pourquoi je m'étais fatiguée à parler avec lui, honnêtement ? Parce que c'était follement réjouissant de pouvoir accabler quelqu'un, oui, certes. J'étais comme ça. Il en faut peu pour être heureux, et bien, dans l'immédiat, il ne me fallait que cela. Et puis, il se prêtait si bien au jeu, c'était si aimable. Il me donnait de quoi en rajouter une bonne couche. De quoi tromper mon profond ennui jusqu'à ce qu'il débarque en fait. Non, vraiment, il aurait été très malhonnête de ma part de prétendre plus longtemps être affligée de sa venue. Parce qu'au moins, j'avais trouvé de quoi faire. Il avait au moins ce mérite là, me faire passer du bon temps d'une manière au moins.

« Frustrée, je ne crois pas. Dieu merci, j'ai des partenaires un peu plus doués et agréables à vivre que toi. Tu me diras, trouver mieux que toi... c'est assez facile. »

Courte pause.

« Toute la gentillesse ? Et en quoi quelqu'un de gentil pourrait m'intéresser, franchement ? »

Je lançais un bref regard à « Jacob », et m'adressais directement à lui, cette fois, ce que je n'avais bien entendu pas fait une seule fois depuis le début, préférant... euh, dialoguer avec Matthew. Il semblait bien s'amuser, et ne s'en cachait pas, puisqu'il avait carrément éclater de rire. J'étais au moins aussi réjouie que lui, à présent, mais je ne le montrais pas tout à fait, loin de là. J'avais inconsciemment décroisé les bras, et semblais donc peut être un peu moins fermée à toutes discussions, mais j'avais toujours l'air aussi détachée et aussi froide. Même mon petit sourire narquois avait disparu dans des abîmes inexplorées.

« Jacob, hein ? Je dirais bien enchantée, mais vu la famille que je vous connais, je crois qu'on va s'en passer. »

J'étais toujours aussi peu amène, après tout. Autant jouer mon rôle jusqu'au bout. Et puis, même si je m'amusais comme une petite folle, il ne fallait pas s'y tromper. J'étais réellement en rogne, contre Matthew, je me méfiais vraiment de Jacob, par amalgame pur et dur. Non, je ne les appréciais pas plus sous prétexte qu'ils représentaient une distraction bienvenue. Je n'étais pas du genre à pardonner directement, plutôt même le type ultra rancunière. Vous voyez bien le genre, j'en suis certaine. Je n'étais pas connu pour mon sens de la générosité. Moralement, j'étais une salope, et point barre, je me vivais très bien comme ça. Et puis, honnêtement... mon cher Matthew ne m'incitait guère à la clémence. Il avait mis les deux pieds dans le plat, carrément. Celui ci alluma une cigarette en passant, et j'essayais de ne pas faire attention à l'odeur qui m'envahit le nez. Ce que je pouvais détester ça. Enfin, je n'allais pas lui faire le plaisir de le lui montrer, et je me concentrais pour ne pas tousser, alors que je n'avais que cette envie là quand je sentais du tabac dans les parages. Je me droguais, buvais, mais je ne fumais pas, paradoxalement. En revanche, je ne pus me retenir de rire (un peu méchamment), quand le grand frère réplique qu'il avait récupérer tous les bons côtés. Ouvertement narquoise, je lui lançais en passant, l'air de rien :

« Oui, et les chevilles à part ça, ça va. La seule chose que je vois, moi, c'est un petit frère totalement idiot et un type qui se prend visiblement pour ce qu'il n'est pas. Sans vouloir être méchante, bien entendu. »

Je regardais mon verre à moitié vide (ou à moitié plein, tout dépendait du point de vue bien entendu. Le vidais distraitement. Je les aurais bien invité à s'asseoir, histoire de profiter de leur présence intéressante un moment de plus, mais ça aurait été faire un pas en avant, ce qui n'était clairement pas dans mes habitudes. Je me comptais donc de me retourner vers eux, et de les toiser plus ou moins, depuis ma position assise, c'était un peu plus difficile avouons le.

« Pas besoin de s'excuser à sa place. Je préfère encore qu'il assume. Ce qui est fait est fait, point barre, et ce n'est pas en s'aplatissant devant moi que ça va s'arranger, au contraire. Je préfère encore qu'il me tienne tête, figurez vous. Au moins ça prouve qu'à défaut de mieux, monsieur a un peu de répartie. »

Non, parce que moi, la politesse, je comprenais au moins aussi peu que Matthew, alors je n'allais certes pas aller m'en plaindre. La preuve, je parlais de lui comme s'il n'était pas juste à deux centimètres. Dans ces conditions, ça serait limite, franchement, de faire des réclamations. Non ? Je n'étais pas hypocrite. Au moins un défaut sur terre qu'on ne pouvait pas m'appliquer. C'était étrange à penser. Je n'étais pas sujette à la jalousie, non plus, à priori. Enfin, pas aux dernières nouvelles. Sinon, vu le peu que je possédais, j'aurais jalousé le premier clochard du coin, alors...

« Pour ce qui est du cerveau, c'est peut être bien de famille, alors je ne vais rien en dire. Mais en tout cas, si vous n'appréciez pas qu'il fasse preuve d'impolitesse à mon égard, vous pouvez d'ors et déjà passer votre chemin. Je n'ai pas vraiment la réputation de prendre des gants. Au cas où votre intellect supérieur serait trop préoccupé par des choses plus importantes pour l'avoir remarqué. »

Je ne cachais pas mon ton moqueur, qui se dissimulait de lui même sous ma froideur habituelle. Le fait que je me foutais d'eux deux étaient cependant clairement perceptibles. Peut être allais je réussir à réunir ces deux frères... Unis dans l'adversité. La bonne blague.

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Matthew Derkins
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MessageSujet: Re: La colère est une courte folie Mar 30 Aoû - 18:08

Et bien, elle était plus en forme que quand je l'avais prise celle là, encore une fois j'en venais à regretter qu'elle n'ait pas été aussi « mordante » sur l'oreiller, je te l'aurais corrigée et plus vite que ça. Et avec un peu de chance elle aurait aimé... Ses yeux posèrent sur mon frère alors qu'elle continuait à débiter ses anneries, sur moi et sur Jacob. Je l'écoutais continuer à cracher son venin sur mon visage. Mais soudain, notre échange prit un niveau supérieur et une tournure que j'allais détester : Jacob avait décidé de se rajouter à la conversation, mettant en doute mes performances et tirant la couverture à lui. Bon Kaileen lui mettait un peu sur la tronche aussi, histoire de me contenter un peu, mais plus cela avançait plus j'en prenais pour mon grade et plus je serrais le filtre de ma cigarette entre mes dents. Je tirais une nouvelle bouffée et la soufflais dans le visage de Kaileen, elle finirait bien par trouver ça désagréable. Je marmonnais d'un air sombre.

« Au moins tu pourras aller dire à toutes tes amies que je suis à éviter, à moins que tu aies honte de parler du soir où je t'ai laissée venir chez moi Kaileen. »


C'est vrai quoi, elle y était aussi pour quelque chose dans cette histoire, elle m'avait laissé aller jusqu'au bout merde, elle pouvait bien assumer un peu. Mais non, elle continuait et rajoutait une nouvelle couche sur les précédentes qui étaient déjà bien fournies. Je sentais mon énervement monter comme une jauge qui allait forcément atteindre le dead end à un moment précis, et là, rien que la voir cela me suffisait. Elle se foutait ouvertement de moi, de Jacob, de nous ! Pour qui elle se prenait cette chienne ? Le filtre de mon mégot était en morceaux, le goût du tabac sur ma langue alors que je ne la quittais pas des yeux. On devrait mettre des étiquettes ou des tatouages sur ces filles là, histoire qu'on soit prévenus : « Ne me faites pas l'amour je peux vous retomber dessus après ».

« La prochaine fois je me taperais une muette, ça évitera les problèmes du genre. Si je suis vraiment mauvais je lui couperais les mains de toutes façons... T'as pas une copine comme ça à me présenter toi ? »

Ma remarque était pour la furie, Jacob était toujours derrière moi, mais je devinais sans peine qu'il prenait son pied pour le coup. J'imaginais sa tête avec ce fameux sourire de quand je prenais cher. Rien de tel pour me redonner un bon coup dans la jauge. Les gens dans le bar nous regardaient maintenant, à croire qu'ils étaient avides de savoir pourquoi j'avais été si mauvais... Bande de cons tiens, mes yeux se reposèrent sur Kaileen. Elle avait toujours son petit air fier, ce sourire et cet air supérieur qui voulais dire « je t'ai mis en morceaux allez réplique maintenant garçon ». Alors que je ne lâchais pas cet air des yeux, un sourire naquit sur mes lèvres alors que malgré moi je murmurais d'une voix doucereuse où perçait une pointe sadique.

« Dis moi Kaileen... As tu peur ? J'ai tellement envie de savoir de quoi tu as peur à part que je te prenne de nouveau... »

Jacob devait savoir que cette phrase n'était pas prononcée à la légère, c'était même plutôt le signe de quelque chose de mauvais. Je sentais toute la force que j'avais accumulée durant la colère commencer à couler hors de moi, libérant des pulsions de choses mauvaises, malsaine, de la peur doucement distillée. Mes yeux ne lâchaient pas Kaileen, je voulais la voir crier, je voulais la voir hurler, pleurer, se décomposer à mes pieds. Les vagues que je laissais devenaient de plus en plus intenses, me laissant de plus en plus affaibli et avec des gouttes de sueur froide qui naissaient sur mon front. Je déglutis bruyamment alors que j'étais en train de devenir pâle et j'avais du mal à tenir debout. Je reculais d'un pas malgré moi, tombant légèrement sur Jacob, alors que la dernière vague de mon pouvoir s'en allait, dirigée contre Kaileen.

Prenant appui sur Jacob, de toutes façons il allait forcément me pousser en avant si je restais, je me relevais et retrouvais une station debout, bancale certes mais je ne quittais pas des yeux Kaileen, mon sourire sadique n'ayant certes pas la même portée désormais, étant donné que mon visage était plus pâle qu'un os et que je donnais l'impression de vouloir vomir à la prochaine seconde. Cette fois, j'y étais allé fort pour cette pétasse, elle le méritait bien après tout, si elle n'avait eu que le médiocre de moi alors elle en avait le meilleur maintenant, restait à savoir quel effet cela lui faisait et surtout si elle allait en parler. Malgré moi, sachant pertinemment que Jacob était là, je marmonnais d'une voix faible.

« J'aimerais qu'elle crie, notre mère s'est mise à pleurer elle... »

Mon sourire s'élargit à ce souvenir, on me l'avait fait payé cher certes, mais quelle délectation de les voir à genoux sur le sol en train de paniquer. Retrouvant un peu d'aplomb, je lançais un regard à tous les gens qui venaient d'assister à la scène, si quelqu'un parlait de moi aux types de l'organisation il était sûr que j'allais prendre cher au prochain check up, mais pour le moment je m'en foutais, je m'étais défoulé sur cette pute et je n'avais qu'une hâte maintenant... Savoir à quelle sauce je l'avais mangée...

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Jacob Derkins
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MessageSujet: Re: La colère est une courte folie Sam 3 Sep - 0:32

Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire lorsque la jeune femme, la dénommée Kaileen, répliqua. Elle avait du caractère, et un sens de la répartie comme je les aimais. Certains ne peuvent supporter qu'on les méprise, qu'on s'avère être plus fin qu'eux. Ils ne voient pas en quoi la joute verbale est un sport à part entière, et sans doute l'un des plus beaux, des plus nobles et des plus anciens qui soient. Mais personnellement, je ne pouvais qu'approuver ce genre de comportement. Après tout, il était si proche du mien, lorsque j'étais vexé. Je pouvais largement la pardonner. Surtout si la source de sa vexation était ce qui me servait de frère. Et vu ce que je comprenais de la conversation... elle avait largement ses raisons. Alors bien entendu, étant le frère de Matthew, je devais avoir droit à ma part d'insultes et de préjugés sur ma personne. J'étais sûr qu'elle aurait eu un comportement tout autre avec moi si je n'avais pas eu le malheur de me montrer en sa compagnie. Peut-être même soupçonnait-elle que tout était calculé, que même nos insultes étaient prévues à l'avance afin que je puisse me faire bien voir. Après tout, connaissant Matt, cela n'aurait pas été au-dessus de ses moyens d'agir ainsi. Ces idées me permirent de garder le sourire, et de me retenir de répliquer. Plusieurs répliques cinglantes moururent sur mes lèvres avant que je ne puisse les exprimer. Cela aurait été dommage. Après tout, même si elle était trop jeune pour que je ne puisse espérer quoi que ce soit de plus qu'une amitié, ou simplement une « relation de bar » comme je les appelais, il aurait été triste de gâcher ce potentiel là.
Même si, soyons honnêtes, il était clair que si j'avais voulu la séduire il aurait au contraire fallu que je réplique avec encore plus de force qu'elle. Elle avait un sacré caractère, le genre de femme que l'on ne se met pas dans la poche avec des mots doux et des gentillesses. Comment Matt avait pu mettre la main sur une fille pareille, voilà ce qui m'interrogeait. Et comment il avait pu être assez stupide pour, non seulement la laisser partir, mais en plus l'insulter en croyant s'en tirer sans conséquences.
Des fois, il était si stupide. Si enfantin.
Il avait toujours été comme ça. En plus d'être le plus sanguin de nous deux. Là où lui était un taureau qui voyait rouge en permanence, j'étais plus proche du bloc de pierre. Il prenait la moindre insulte personnellement, et réagissait au quart de tour, alors que j'étais toujours pragmatique, cherchant toutes les solutions à une situation avant de répliquer. Et encore plus de m'énerver. La colère était la dernière chose dont j'avais besoin dans mon travail. Pour m'énerver, il fallait dépasser des bornes presque inhumaines, et je reconnaissais aisément que seules deux personnes avaient réussi à le faire jusqu'à ce jour. Matt devint en cet instant la troisième.
Au début, je n'avais aucune certitude. Peut-être ne faisait-il que me provoquer, me faire croire qu'il avait décidé de se réveiller, d'utiliser les compétences plus qu'humains que la nature lui avait donné. Après tout, cela aurait bien été son genre. Provoquer pour provoquer. Essayer de me faire peur, de me voir perdre ma contenance. Mais il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que sa colère était loin d'être feinte. L'expression de son visage me faisait davantage peur que s'il avait utilisé son pouvoir sur moi, et la façon dont Kaileen se décomposait me glaça jusqu'aux os. Comme je le disais, j'ai toujours été le pragmatique. Le calculateur. Celui qui cherchait toutes les issues à une situation.
Cette fois-ci, il avait réussi à me mettre dans une impasse. S'il y avait une chose que je n'avais pas prévu, c'était qu'il oserait utiliser son pouvoir ainsi, à des fins aussi puériles... et surtout en public, et en face de moi. Je restais donc quelques instants immobiles, essayant de l'éviter lorsqu'il s'écroulât sur moi. Mais il était tombé trop soudainement, et s'était relevé avant que je ne puisse le dégager de ma personne.
Mon regard ne quittait pas celui de Kaileen. J'ignorais ce qu'elle voyait, mais son horreur était palpable. Presque autant que la mienne devait l'être. Mon petit frère, celui que j'avais tant aimé, celui que j'avais hébergé, à qui j'étais prêt à donner une deuxième chance... il était devenu tout ce que mes parents craignaient que nous devenions. Cette chose dont on qualifie parfois les mutants dans les gros titres, cette chose que les enfants comme les adultes craignent, mais pas de la même façon. Cette chose que l'on appelle simplement « un monstre ». Je ne pouvais trouver d'autre mot pour qualifier l'horreur de ce qu'il faisait, la violence de son acte. Même moi, avec mon travail, je n'avais jamais utilisé mon pouvoir d'une façon aussi inhumaine que lui. Ni aussi personnelle. Que pouvait-il lui être passé par la tête? Pensait-il encore, comme un être doté de conscience pouvait le faire?
Moi qui n'avait jamais pris de parti dans la guerre opposant les mutants et les humains, je fus forcé de reconnaître que les humains avaient raison d'avoir peur de nous. Après tout, ce qui se déroulait sous mes yeux n'était que le fruit de la colère d'un seul mutant isolé. Que se passerait-il si tous nous nous retournions contre eux? Leurs craintes étaient justifiées, même si les moyens qu'ils appliquaient pour nous contrôler l'étaient beaucoup moins.
Je fus sorti de mes pensées par la dernière phrase que prononça mon frère. Peut-être vous voyez ce qui se passe lorsque l'on met un bouchon sur quelque chose de poussé sous pression, ou quelque chose que l'on fait bouillir. Le récipient tient, tient, tient... et un jour, il finit par partir, frapper ce qui se trouvait au-dessus de lui.
Dans ma situation, ce fut mon point qui partit, frappant Matt droit dans la mâchoire, avant que mon autre main ne rattrape son col. Je rapprochai son visage du mien, et lui dit sur un ton plus glacial que les terres des deux pôles réunis :

« Comment oses-tu faire quelque chose comme ça? Tu me dégoutes. »

Je ponctuai ma dernière phrase d'une projection, l'envoyant s'écrouler au sol sans qu'il n'ait le temps de réagir. Mes clés tombèrent de sa poche, et je me baissai immédiatement pour les récupérer, avant de les lancer en l'air et de les rattraper.

« J'espère que tu as apprécié ma porte, car tu vas désormais avoir tout ton temps pour l'observer. De l'extérieur. Et ne pense même pas à dormir sur mon paillasson, je t'assure que ça serait une très mauvaise idée. »

J'avais insisté sur les derniers mots, crachant le plus de venin possible en eux. Il avait dépassé toutes les limites. Il n'y aurait pas de pardon. Frère ou non, il n'était pas question que j'héberge quelqu'un comme ça en ma demeure.
Puis, soudainement, je me rappelai de la jeune fille qui se trouvait prostrée au sol derrière nous. J'avais sans doute interrompu l'effet du pouvoir de mon frère en le frappant, s'il fonctionnait à peu près comme le mien. Ce qui était le plus logique. Mais malgré tout, elle allait en subir un contrecoup plus que violent, je le savais. Après tout, je savais comment réagissaient les victimes de mon propre pouvoir. Et elles ressentaient du plaisir, pas de la peur.
Je mis un genou à terre à côté d'elle, à l'affut du moindre mouvement de la part de Matt, et je posai la main sur son épaule, infusant en elle quelques fragments de mon pouvoir. Je ne l'avais pas aidée à temps pour empêcher qu'elle soit affectée, mais peut-être au moins pourrais-je en atténuer le contrecoup, les effets secondaires.
Comment avait-il pu oser?
Ma voix s'éleva, douce, mais toujours calme. Le calme était la seule chose qui me restait, dans la situation de trouble dans laquelle l'action de mon frère m'avait plongé.

« Est-ce que ça va aller? Je me doute que vous n'êtes pas le genre de femme à vouloir qu'on vous vienne en aide... mais je ne pouvais pas le laisser faire. Pas ça. »

On aurait pu me demander bien des choses. Mais celle-ci aurait été au-dessus de mes forces. J'infusai encore davantage de puissance dans mon pouvoir, tenant de doser pour équilibrer exactement les dégâts que Matt aurait pu faire. Je ne tenais pas non plus à me retrouver avec une Kaileen euphorique sur les bras.

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Kaileen Moore
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MessageSujet: Re: La colère est une courte folie Sam 3 Sep - 16:52

Je levais les yeux au ciel, vaguement agacée. Déjà « copine », ça n'était pas dans mon vocabulaire. Je pouvais compter sur les doigts d'une main les personnes qui m'étaient proches, et c'était à prendre tout à fait littéralement. Et puis, je n'allais pas aller raconter avec qui je couchais ou ne couchais pas (de une, je n'étais pas rendue, de deux, en quoi ça les intéressait, franchement?). Quand à une éventuelle honte... c'était un sentiment qui m'était presque étranger. Je n'allais pas avoir honte d'avoir donner de mon temps à Matt, ou à Pierre, Paul, ou Jacques par ailleurs. J'avais d'autres choses autrement plus propices à la honte, mais cela ne m'affectait pas plus. Quelques regrets, oui, mais je ne m'étais jamais sentie honteuse du moindre de mes actes, pas depuis que j'avais compris qui j'étais. Cela nous ramenait bien à dix ans auparavant.

Je ne relevais pas, cependant, préférant sourire légèrement alors que Jacob éclatait de rire. Lui s'amusait ouvertement de la situation, encore une fois. Je le regardais, un peu perplexe, me demandant s'il allait me répliquer quelque chose alors que je continuais à faire étalage de l'étendue de mon irritation. Etrangement, ce ne fut pas le cas, bien qu'il m'ait semblé qu'il en avait l'intention à plusieurs reprises. Peut être avait-il peur de me rendre encore plus acerbe, mais cela m'aurait tout de même étonné. Je ne me l'expliquais pas, c'était une sensation que j'avais d'instinct. Je revenais donc à mon principal sujet d'intérêt, qui recommençait d'ailleurs à joyeusement me cracher sa fumée à la gueule. Je plissais légèrement les yeux, tout en me raclant doucement la gorge. Dans le genre pénible, en fait, il n'était pas mal non plus, celui là.

« Dis moi Kaileen... As tu peur ? J'ai tellement envie de savoir de quoi tu as peur à part que je te prenne de nouveau... »

Je fronçais légèrement les sourcils, de nouveau étonnée. Mais qu'est ce qu'il me chantait là ? Plus que ses paroles assez énigmatiques pour moi, même si son frère semblait avoir compris, je crois, ce fut son regard mauvais qui m'alarma. Ça, et le fait qu'il ne me quittait pas des yeux. Peut être aussi la sensation légère de gêne que je commençais déjà à ressentir. Passablement sur la défensive, je me redressais, prête à filer. Mauvaise pioche, visiblement. Matthew avait décidé d'appliquer ma méthode pour régler les conflits, à priori. Comprenez : attaquer, bref, m'atteindre d'une manière ou d'une autre. Je perdais le contrôle de la situation, et cela me déplaisait souverainement. Je prenais tout de même la peine de répondre, l'hésitation perceptible dans ma voix.

« Peur ? Tout le monde a peur de quelque chose, j'imagine donc que je ne fais pas exception à la règle. »

Je ne m'inquiétais pas longtemps de la tournure que prenaient les choses, étant donné que j'allais très vite avoir autre chose à penser. Et très vite, ça voulait dire maintenant. L'impression qui m'était si dérangeante se précisa, s'intensifia aussi. J'avais peur, je me sentais plus que tendue, je redoutais quelque chose, mais quoi, mystère. Tout ce que je savais, c'est qu'il aurait fallu que je file d'ici, à présent. Et vite. En tous les cas, je n'eus pas réellement le temps de réagir. La peur se muait en panique, et, tétanisée, je me sentis tomber à terre, la réalité et l'hallucination pure et dure se mêlant encore un peu... Avant que le fictif ne l'emporte haut la main. J'étais entourée d'eau, je coulais, je me noyais, c'était forcé, et je fermais les yeux, comme si j'avais pu faire disparaître cette pure vision d'apocalypse. Ce qui ne fut bien entendu pas le cas. Trop facile. Pour moi, c'était le pire du pire, je n'avais jamais su nager... Et la noyade était la seule mort qui put m'être « douloureuse », en fait. Personne ne trouvait agréable de sentir ses poumons se vider, pour finalement se remplir d'eau. La sensation d'étouffer était atroce, même pour moi, et je perdais totalement pied avec la réalité à cause de cela.

Paradoxalement, je ne pleurais, ne hurlais pas, j'avais juste conscience, à peine, d'avoir la bouche entrouverte sur un cri muet de frayeur. En revanche, je tremblais comme une feuille, incapable de me calmer. J'avais beau tenter de me répéter que je n'étais pas en plein milieu d'un quelconque fleuve, que la sensation de l'eau sur ma peau se devait d'être factice (impossible autrement, non?), tous les arguments du monde ne parvenaient pas à me raisonner. Enfin, au bout d'un temps qui me parut interminable, mes hallucinations disparurent. L'élément liquide s'évanouit, et je hoquetais, avant d'inspirer profondément, comme si j'avais été en manque d'oxygène. Je rouvrais timidement les yeux, sur le bar, sur la réalité, me mordant les lèvres si forts que je finis par faire couler le sang.

Mes réflexions reprenaient le dessus, mais j'avais toujours l'impression d'être transie de froid, prostrée sur le sol plutôt mal entretenu des lieux. J'ouvrais de grands yeux hagards sur Matt, puis sur Jacob. L'un était par terre, tandis que l'autre le toisait. Les mots ne me parvenaient pas cependant, et j'étais toujours tétanisée, incapable de faire le moindre mouvement. J'étais haletante, encore totalement perdue dans le délire créé par mon cher coup d'un soir... qui se révélait plus intéressant, par ailleurs. Je prenais conscience du fait que Jacob s'était accroupie à côté de moi qu'au contact de sa main sur mon épaule, et sursautais, retenant un mouvement de recul. Je commençais tout juste à recommencer à penser normalement, à remettre les deux pieds sur terre... Et à me rendre compte que Matthew était infiniment plus dangereux qu'il n'en avait l'air, même s'il était aussi pâle que moi, à l'heure actuelle. Contrecoup, à priori, et je contenais un sourire compatissant. Je connaissais bien cela, quand vos pouvoirs étaient un ennemi pour votre corps.

Quand la voix de son frère s'éleva, toute proche de moi, je me prenais conscience que je n'avais plus quitté du regard le plus jeune des deux depuis un bon moment. Je secouais la tête, doucement, tandis que ma frayeur aussi incontrôlée qu'inexplicable était balayée peu à peu. Il ne me fallut pas des siècles pour comprendre qu'il n'était pas étranger à cela, et je le remerciais du bout des lèvres. Ma fierté m'aurait poussée à m'éloigner, mais je me sentais encore capable de m'étaler par terre, complètement lessivée par mon expérience toute récente de peur panique. C'était d'autant plus déstabilisant que je n'étais pas souvent en situation de peur, quelle qu'elle soit par ailleurs. J'étais assez maline pour me tenir à l'égard de l'eau, et la seule autre chose qui m'effrayait c'était la douleur. Quelque chose d'impossible ou presque pour moi, en somme.

De nouveau en pleine possession de mes moyens (ou presque), je tendais la main à Jacob, tentant de réfréner mon attitude impérieuse au maximum, au moins le temps qu'il m'aide à me relever. Chance pour moi, il me remit sur pied, et je m'approchais de Matthew pour lui tendre ma propre main. Je lui aurais bien collé mon poing dans la figure, mais apparemment quelqu'un s'en était déjà chargé avant moi, et j'avais la décence de ne pas frapper un homme ou une femme déjà à terre. Mon regard glacial en disait long sur mes sentiments actuels à son égard, et qu'il s'aide ou non de moi pour se relever, cela ne changerait rien. Je n'avais pas la moindre envie de lui pardonner quoi que ce soit, encore moins ce qu'il venait de m'infliger. J'ignorais soigneusement la voix hésitante d'un homme derrière moi (« Mademoiselle, tout va bien ?), tout comme j'ignorais les quelques marmonnements mécontents dans lesquels le terme « mutant » revenait immanquablement. Je préférais m'être les choses au clair immédiatement avec l'autre idiot, bien que je me sente étrangement complaisante, pour le coup. Merci, grand frère, ça devait être sa signature.

« Prendre sur toi, ça t'es pas venu à l'idée, non ? Tu fais mourir de peur tous ceux que tu croises et qui t'embêtent un peu trop ? Les mots n'étaient pas suffisants, pour toi, trop facile, sans doute. »

Je desserrais enfin les poings, que j'avais crispés d'abord à cause de la peur, puis de la colère, y laissant la marque de mes ongles, et même une ou deux coupures. Oups. Un jour il faudrait que j'apprenne à me contrôler, même si je ne sentais rien. J'allais finir par me faire des blessures vraiment pénibles, à force.

« Dans d'autres circonstances, et à un autre endroit, je me serais fait une joie de te finir, Matt. Réagir de la sorte n'était pas très malin pour toi, mais c'est ton problème. Peu m'importe que ce soit la colère qui t'aies dicté ta conduite, tu as réagi, point barre. Ce que tu viens de me faire subir, c'est à charge de revanche. Crois le ou non, tu ne m'as encore jamais vu en colère, très cher. »

J'attendais qu'il se relève, mais s'il était au moins aussi fier que moi, il n'accepterait pas mon aide, aussi mal en point qu'il soit. Je me tournais ensuite vers son frère. Il prenait mon parti plutôt que le sien, ce que je trouvais un peu déplorable par certains aspects, fort heureux pour moi par d'autres. Déplorable, notamment parce que j'avais trop souffert à cause de mes parents qui avaient pris le parti de tout laisser passer à mon égard. Il avait fallu un séjour à l'hôpital pour que nous déménagions. Mais ça m'arrangeait. J'aurais moyennent apprécié de rester par terre à trembler une seconde de plus.

« Je suppose que je dois te remercier. Je perdais vraiment les pédales, pour le coup. Vous me direz, ça ne me change pas si souvent de d'habitude. »

Le regard glacé malgré un petit sourire, un vague frisson me secouant encore de temps à autre, je déglutissais au seul souvenir de mon corps s'enfonçant dans des eaux froides et insondables... Il avait beau avoir cessé d'utiliser son pouvoir, nul doute que je serais marquée un bon moment par les évènements. Savoir que cette réaction de panique avait été ordonnée par un autre n'aidait en rien vos nerfs à se calmer. Quoi que j'en fasse mine, j'étais loin d'être totalement « rétablie ». J'essuyais du revers de la main mes lèvres ensanglantées, sans trop y faire attention, et finis par me rassoir. Je me sentais vraiment fatiguée.

« La prochaine fois que je vais trop loin pour ta capacité à encaisser si déplorable, Matt, préviens moi avant. Je ne suis pas maso. Même si tu t'es apparemment découvert des instincts de sadique. »

Oui, oui, j'en rajoutais une couche. Je n'étais pas non plus du genre à m'aplatir devant qui que ce soit pour des choses aussi accessoires que la capacité de mon interlocuteur à me faire mourir de peur. Je n'avais peut être pas repris tous mes moyens, mais j'étais encore assez alerte pour réagir. Je suppose que cela faisait partie de toutes ces choses qui me rendaient aussi insupportables. Les témoins de la scène s'étaient dispersés quand je m'étais montrée apte à me conduire normalement (pas drôle, plus personne ne se faisait torturé, voyez vous).

« Tu pourrais utiliser tes pouvoirs à des fins un peu plus utiles que terroriser la première idiote venue. » Je levais les yeux au ciel avant d'ajouter avec toute la moquerie du monde. « Heureusement que ton frère, preux chevalier, était là pour venir au secours de la demoiselle en détresse. »

La dite idiote/demoiselle en détresse était actuellement très occupée à fixer sa main entaillée, jouant distraitement avec les plaies minuscules, montrant tout de même clairement tout le dédain que lui inspirait le concept de la princesse à sauver. Je restais assez discrète dans l'utilisation (instinctive, comme toujours) de mon pouvoir pour qui n'était pas averti, n'ayant pas la moindre intention d'étaler mon appartenance au genre mutant en public. Je ne faisais pas trop attention à ce que mes deux frères diraient, eux, n'en ayant techniquement rien à cirer. Je tournais et retournais mon attitude dans ma tête, mortifiée de m'être montrée si pitoyable, bien que ce ne soit pas ma faute le moins du monde. Mes lèvres à nouveau vierges de traces de sang furent de nouveau tachées, car je recommençais à les mordiller, expression de mon agacement particulièrement prononcé. Je marmonnais finalement pour moi même, sans faire un effort de discrétion pour que les deux autres ne m'entendent pas (au point où j'en étais, je m'en fichais pas mal).

« Il faut vraiment que j'apprenne à nager. »

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MessageSujet: Re: La colère est une courte folie Sam 3 Sep - 18:39

Tout venait de se passer très vite, alors que j'étais en train de regarder Kaileen avec des yeux sadiques presque fous, une douleur forte m'atteignit la mâchoire alors qu'elle était en train d'émettre un immonde bruit de craquement dans mon cerveau. Jacob venait de me frapper et me prenait par le col pour m'approcher de lui histoire que j'entende bien ses mots alors que j'étais en train de pousser un rire douloureux. Je le dégoûtais apparemment. Il me lança sur le sol alors que je continuais à rire nerveusement, oubliant ma mâchoire qui, contre toute apparence était sérieusement amochée et mon nez qui commençait à saigner. Les clés tombèrent bruyamment de ma poche et Jacob s'en saisit, ajoutant que désormais je pouvais très bien éviter son appartement, qu'il ne voulait plus me voir chez lui. Alors que je portais la main à mon nez pour refréner l'afflux de sang, je le regardais sombrement. Lui il était là, à côté de Kaileen, lui portant secours et lui délivrant une petite dose de pouvoir au passage. Je reniflais méprisant, rien n'avait changé, rien ne pouvait changer. Seule satisfaction qui m'apporta un léger sourire, elle avait l'air d'avoir morflé, seul point noir, je ne savais pas à cause de quoi. Elle avait eu des respirations étranges pour le moins saccadées...

Je ne les quittais pas des yeux, lui il était là et il s'occupait d'elle, il devait être en train de générer du bien pour qu'elle se sente mieux. Moi, j'imaginais sans peine ma tête, d'une pâleur mortelle, la sueur collait sur mon visage et se mêlait au sang de mon nez. Elle était de nouveau debout et fit quelque chose qui me fit pousser un rire moqueur malgré moi. Sa main était là tendue vers moi pour que je me relève avec son aide. Mon regard levé vers elle se fit sombre, alors que je marmonnais, ma main tenant toujours mes narines.

« Je suis arrivé ici par mes propres moyens, je me relèverais par les mêmes. »

Se faisant, je me levais sans son aide, quitte à mettre un peu plus de temps, les gens du bar commençaient à marmonner des choses, demandant à Kaileen si elle se portait bien, d'autres me montrant du doigt. Elle n'en avait pas fini avec moi et continuait à me parler, me faire des reproches sauf que maintenant je m'en foutais, en fait je m'en étais toujours foutu c'était ça le pire, mais non je ne pouvais pas m'empêcher de réagir. Elle me parlait toujours mais son blabla incessant était couvert par le bourdonnement de mes oreilles, mes yeux regardaient Jacob sans le voir, il venait de me chasser de chez lui. Mon frère... Quelques mots de Kaileen furent pris çà et là par mes oreilles « te finir », « tu ne m'as jamais vue en colère » mais je ne les imprimait pas. Un mouvement de celle ci me fit ciller, alors que j'étais perdu dans ma torpeur. Ma main quitta ma narine alors que je reniflais bruyamment et que je me massais la mâchoire, y laissant quelques taches de sang au passage. Une nouvelle remarque sur Jacob, j'en avais tellement l'habitude que ça en devenait risible en fait. Mes yeux se posèrent sur la paume de Kaileen, une paume entaillée par ses ongles sous le coup de la peur et de la colère avant de remonter vers son visage, mon regard était neutre, je ne m'en préoccupait plus désormais, elle pouvait bien ce qu'elle voulait vrai ou pas. Elle marmonna quelque chose sur la question de savoir nager, ainsi donc c'était bien ça sa peur, je l'avais supposé quand elle s'était mise à respirer étrangement.

Je m'avançais vers Jacob, cherchant dans mes poches mon paquet de cigarettes et mon briquet alors que mes yeux croisaient les siens et que je marmonnais d'un air sombre, alors que je tirais la cigarette du paquet et que je l'allumais en faisant claquer mon briquet.

« J'en déduis que papa et maman ne t'ont pas dit pourquoi si jamais la prochaine fois je repasse le seuil de la porte de la maison je suis mort. »

Je soufflais un nuage de fumée, personne n'avait rien dit dans le bar, les gens me regardaient avec crainte maintenant mais je m'en foutais. Arrivé au niveau de l'épaule de Jacob, je m'arrêtais quelques instants avant de repartir dans un nouveau nuage. Kaileen je n'y pensais plus, Jacob, je ferais sans... Encore quelques secondes et la porte se referma alors que je mettais le pied dehors. Le vacarme ambiant de la rue emplit mes oreilles alors que je sortais à la lumière comme hébété, la première pensée qui venait de m'assaillir était que je venais de perdre le seul endroit que j'aurais pu appeler un foyer. Le soir tombait déjà, les gens me regardaient alors que je m'appuyais contre le mur pour finir ma cigarette. J'avais encore du mal à réaliser ce qui venait de se passer. Des gens me regardaient étrangement, ils avaient raison, j'étais toujours aussi pâle et le visage couvert de sang par endroits. Ma mâchoire me faisait un mal de chien, il me l'avait peut être démise, ce con, toujours une sacrée droite, même de la gauche. Un léger rire fit jaillir un peu de sang sur mes doigts alors que je les portais de nouveau hâtivement à mon nez, histoire de stopper le flot. J'étais là dans mes pensées, ne me demandant même pas ce qu'ils devaient bien se dire à l'intérieur. Comment allais je faire maintenant ? J'étais donc à la rue, il n'allait pas me laisser passer sa porte pour retourner chercher mes affaires. Il m'avait trouvé pitoyable quand j'étais sur ce paillasson alors qu'il venait de me réveiller et il me laissait dans un état pire. Peut être pas physiquement, mais savoir que je dégoûtais mon frère était au moins aussi dur à encaisser que tous les « Lukaz » du monde. Je venais de marcher sur la gueule de la chance qu'il m'avait donnée et je m'en mordais les doigts maintenant. Un bruit de porte, la porte du bar où nous étions allés, se fit entendre, une personne sortait.

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La colère est une courte folie

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