Rencontre au détour d’un sentier forestier

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Elena Psiharis
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MessageSujet: Rencontre au détour d’un sentier forestier Mar 23 Aoû - 12:05

Comme à son habitude, Elena s’était levée de bonne heure ce matin-là. Et comme à l’accoutumée, la jeune femme s’était empressée de déjeuner léger avant de se préparer pour sa sortie matinale. Sept heures sonnaient au carillon lorsqu’elle eut fini d’enfiler ses chaussures et qu’elle fut prête à partir. S’assurant au préalable qu’elle n’avait rien oublié derrière elle – entre autres choses ses clés et son téléphone portable –, Elena quitta son appartement et s’engagea dans l’escalier de l’immeuble. Elle habitait au troisième étage, et l’édifice ne comportait aucune cage d’ascenseur.

Arrivée au premier étage, Elena entendit des bruits de pas, plus bas dans l’escalier. S’arrêtant donc sur le palier pour laisser passer la personne qui montait, Elena afficha un grand sourire lorsque ses yeux se posèrent sur une femme replète âgée d’une soixantaine d’années. C’était l’une de ses voisines, qui habitait avec son mari au premier étage justement.

— Ah, mademoiselle Psiharis ! s’exclama la vieille femme en posant les yeux sur Elena. Déjà débout à une heure si matinale ? Etes-vous encore tombée du lit ?
— Non, la rassura Elena, pas cette fois. J’ai décidé d’aller courir un peu pour me dégourdir les jambes et m’aérer les idées. Je vais profiter que le parc est calme à cette heure-ci pour me vider la tête. Et je vous l’ai déjà, madame Mason, vous pouvez m’appeler Elena.
— Elena, oui, bien sûr, acquiesça la vieille femme. C’est toujours un plaisir de croiser votre chemin de si bon matin, ma chère Elena. Vous êtes si pleine d’énergie et de vitalité, un vrai rayon de soleil. Mais assez parlé, je vois bien que vous trépignez d’impatience à l’idée d’aller dégourdir vos pattes. Filez maintenant, avant que je ne vous invite à entrer prendre le thé.
— Merci, madame Mason. Mais si vous voulez, je pourrais passer plus tard ?
— Non, je ne voudrais surtout pas vous imposer ma compagnie.
— Ce serait un plaisir pour moi, lui assura la jeune femme.
— Vraiment ? (Elena acquiesça.) Eh bien dans ce cas, si vous insistez, je vous attendrai pour dix-sept heures tapantes ; cela vous convient-il ?
— Dix-sept, je serai là, madame Mason.
— Alors je vous souhaite une bonne journée, et je vous dis à plus tard.
— A plus tard, madame Mason.

Elena s’effaça pour laisser passer la vieille femme ; et une fois la voie libre, elle s’engagea de nouveau dans la cage d’escalier après avoir salué de la main sa voisine. Arrivée dans le hall, la jeune femme passa devant la rangée de boîtes aux lettres sans daigner y jeter le moindre coup d’œil. Le facteur ne passerait pas avant encore au moins une bonne heure, ce qui lui laissait amplement le temps de faire son jogging matinal. Elle pourrait récupérer son courrier en rentrant plus tard. Traversant le hall d’entrée d’un pas rapide, Elena déverrouilla la porte, sortit à l’extérieur et demeura un instant immobile sur le porche de l’immeuble le temps de prendre une grande inspiration, les yeux fermés. Le mois d’août touchait à sa fin, mais l’été était encore bien présent, même à une heure aussi matinale. Le thermomètre devait d’ores et déjà avoisiner facilement les dix-huit degrés Celsius, si ce n’est même plus. La journée promettait donc d’être, une fois encore, très chaude et très ensoleillée.

Par chance, Elena avait déjà prévu de passer sa journée au bunker de l’opération Genesys ; ce faisant, elle serait au frais une bonne partie de la journée – même s’il se pouvait fort bien qu’elle s’autorise une petite promenade en forêt dans le courant de l’après-midi. Marcher dans les bois, avec ce soleil brûlant au-dessus de la tête, lui rappellerait sans aucun doute son enfance en Arcadie. Qui sait, un jour peut-être pourra-t-elle se permettre de prendre quelques jours de repos bien mérité pour s’envoler pour la Grèce, et retourner poser les yeux sur le pays et les montagnes de son enfance. Hélas, ce n’était pas pour tout de suite, pas avec tout ce qui était en cours de préparation au sein de l’opération. Nulle doute que les autres auraient besoin de moi, ou même de mes talents ; je ne pouvais pas leur faire faux bond au moment où ils comptaient le plus sur moi.

Rouvrant les yeux, Elena les leva vers le ciel. Ce dernier n’était pas encore parfaitement bleu azur, malgré l’absence totale de nuages : des trainées rose orangé persistaient encore ici ou là, signes que le soleil venait tout juste de se lever et qu’il n’avait pas fini de se réveiller. Savourant quelques instants encore la douce caresse de ce timide soleil matinal, Elena finit par reporter son attention sur la rue qui s’étirait à ses pieds. Calme et silencieuse, celle-ci était encore en grande partie sous le charme de Morphée – il était encore trop tôt pour que les enfants en vacances se lèvent et viennent jouer dans la rue. Le seul signe de vie provenait de la petite boulangerie située juste au coin de la rue. Il avait beau n’être que sept heures du matin, la petite boutique était d’ores et déjà grouillante d’activité. Tentée d’y faire halte pour y acheter un beignet ou un pain aux raisins, Elena réfréna son envie de céder à la gourmandise. Elle descendit la volée de marches menant à l’entrée de son immeuble et elle prit la direction opposée à la boulangerie ; le parc se trouvait dans cette direction.

Elena ne mit guère longtemps à rallier le petit coin de verdure situé en plein cœur de la ville, son appartement ne se trouvant qu’à seulement quelques minutes de là. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle choisissait ce lieu pour faire son heure de sport quotidienne. Si cela n’avait tenu qu’à elle, elle aurait préféré la forêt, mais celle-ci se trouvait plus loin, ce qui n’était guère pratique. S’arrêtant à l’entrée du parc, Elena s’accorda quelques minutes pour faire quelques étirements. Elle s’attarda tout particulièrement sur les muscles de ses cuisses et de ses mollets, et une fois qu’elle jugea en avoir fait assez, elle pénétra sous la ramure des grands et majestueux arbres et s’engagea sur le sentier pavé à petites foulées. Rapidement, elle trouva son rythme de croisière.

Au-dessus de sa tête, le soleil fini par chasser définitivement du ciel les ultimes traces colorées caractéristiques de l’aube et il embrasa le parc de mille feux. Sous la voûte sylvestre, l’astre du midi faisait miroiter les feuilles dans son éclatante lumière, de telle sorte qu’on aurait dit que la forêt était toute entière couverte d’une verrière émeraude. Quelques rayons solitaires parvenaient tout de même à traverser complètement le rempart végétal, et dès lors, ils tombaient sur le sol en une cascade dorée, dont la douce chaleur était comme une caresse sur la peau dès qu’Elena passait au travers de l’une de ces flaques de lumière.

Au bout d’une demi-heure environ, Elena se retrouva au centre parc après avoir suivi les méandres sinueux de l’un des nombreux sentiers courant à travers l’espace de verdure. Là, un grand lac artificiel était niché au cœur de la forêt, telle une vaste étendue couleur saphir perdue au milieu de la nature sauvage. S’accordant une pause, c’est sur les berges de ce grand lac qu’Elena s’arrêta de courir. Elle se remit à marcher tranquillement et, au bout de quelques mètres, elle s’arrêta complètement pour se délecter de la vue qui s’offrait à elle. Le dos courbé et les mains plaquées sur les genoux, elle en profitait pour retrouver son souffle.

— Une vraie merveille, se surprit-elle à dire à voix haute, sans penser un seul instant qu’elle n’était peut-être pas seule.

Et comme de fait, elle perçut non loin d’elle des bruits de pas, et elle entendit une voix féminine commenter sa remarque. En se retournant, Elena avisa alors qu’elle n’était effectivement pas seule au bord du lac. Une autre femme se tenait à la lisière de la forêt, mais Elena ne l’avait pas remarquée avant d’entendre sa voix.

— Oh, excusez-moi, je pensais être seule…

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Dernière édition par Elena Psiharis le Sam 27 Aoû - 13:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre au détour d’un sentier forestier Mar 23 Aoû - 15:50

    La journée avait commencé à l'aube pour la jeune femme, comme à son habitude elle s'était levée en même temps que son mari et alors que lui se rendait au travail, Zahira commença sa série d'exercices matinaux. Elle s'étira et commençai des exercices sur les quelques machines de musculations qui se trouvaient dans la pièce. La jeune femme avait pour habitude de faire du sport chaque matin depuis son plus jeune âge et c'est une habitude qu'elle n'abandonnerais pour rien au monde. D'abord parce-que cela lui permettait de garder une certaine force physique et car elle ne pouvait s'empêcher de toujours aller au-delà de ses capacités. Zahira jeta un coup d'œil à sa jambe, récemment blessée par une mutante, lui rappelant ainsi de douloureux souvenirs, tant pour son orgueil que physiquement. La jeune femme redoubla ainsi d'efforts pour se remettre le plus rapidement possible.

    Après une heure elle s'arrêta tout en essayant de remettre de l'ordre dans ses pensées. Elle avait besoin de changer d'air et d'aérer son esprit. Les événements qui s'étaient passés dernièrement l'avait éprouvé, tant dans sa condition physique que mentale et avait fait basculé sa si grande détermination. Elle avait besoin d'une victoire, d'une vraie victoire. De quelque chose qui lui indique que sa chance ne s'était pas envolée. La jeune femme se décida de sortir, courir un peu, comme elle le faisait auparavant, avant de passer sa vie dans le QG de l'opération. Elle enfila rapidement ses chaussures et sorti de son appartement. Elle commença à courir, dans la rue, sans vraiment savoir où aller, juste histoire d'arrêter de penser. Douter ne lui ressemblait pas et elle ne voulait surtout pas chercher le courage auprès de son mari. Elle cherchait juste le moyen de rester la femme qu'elle avait toujours été, seule, sans l'aide de personne.

    Ses pas, la menèrent rapidement en dehors du quartier et du peu d'animation qui régnait à cette heure de la journée. C'est là qu'elle aperçut, derrière les rues, la verdure qui ressortait du parc d'Achaea. Elle décida de continuer sa course dans cet endroit plus tranquille, qui avait tendance à l'apaiser, les rares fois où elle pouvait l'arpenter. Elle savait exactement où aller, et se dirigea, sans hésitation, cette fois, vers la cime des arbres au loin dans le parc, là où le soleil perçait tout de sa lumière et où il semblerait presque que chaque feuille chante au bruit du vent. En réalité elle adorait cet endroit et elle avait tendance à trop se perdre dans son travail, dans ses convictions et dans cette guerre en oubliant les petits plaisirs qui peuplaient la vie. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne s'était pas laissée aller, qu'elle n'avait pas laisser son coté caché reprendre le dessus.

    Finalement il ne fallait à la jeune femme que la beauté de la nature pour lui redonner courage, confiance et lui permettre de continuer avec plus encore de détermination. Elle se demandait même comment elle avait pu douter. Elle ne perdait jamais confiance d'habitude, elle avait la chance et la justice de son coté, c'était tout ce qu'il y avait d'important. Elle continua sa course, les chemins du parcs étaient presque vides à cette heure, seuls quelques doux rêveurs du matin ou des coureurs comme elle. Mais l'endroit où elle allait était plus isolé encore et lorsqu'elle se trouva complètement seule elle s'arrêta quelque temps pour contempler les premiers rayons du soleil percer les arbres.

    La grandeur des arbres lui rappela son ambition, un jour elle se dresserais contre tous pour faire valoir la supériorité de l'humanité, un jour elle vaincrais, c'était certain. L'homme était parfois stupide mais il avait vécu sur terre depuis la nuit des temps et personne n'avait le droit de partager cette planète avec l'humanité ou même se prétendre égale à elle. Elle vaincrais c'était sur. Le fil de ses pensées fut interrompu par des bruits de pas qui venait en sa direction. Avant qu'elle n'est eu le temps de se retourner, sur ses gardes, la voix de cet(te) inconnu(e) s'éleva, brisant le silence apaisant qui s'était installé.

    - Une vraie merveille

    Un sourire se dessina sur le visage de la jeune arabe, ce qui était plutôt rare et elle tourna la tête pour apercevoir une jeune femme, peut-être à peine plus jeune qu'elle, contempler avec autant d'admiration la beauté simple de ces lieux. Zahira, sans vraiment savoir pourquoi, peut-être que la beauté des lieux l'avait un peu apaisé, répondit à la jeune femme.

    - « Vous trouvez, vous aussi. »

    Il fallait croire que la jeune femme ne l'avait même pas remarqué car elle détourna rapidement le regard du ciel pour les poser sur le visage de Zahira, une expression de surprise dans les yeux. Et ce qu'elle dit, conforta Zahira dans son idée. Ce qui la vexa un peu d'ailleurs mais lui indiquait que la jeune femme ne devait rien avoir à cacher, ni être dangereuse. Elle n'aurait pas à se servir de son arme aujourd'hui il fallait croire.

    -Oh, excusez-moi, je pensais être seule…

    Elle devait avouer qu'elle aussi ne c'était pas attendue à la présence de quelqu'un dans ce petit jardin secret qu'elle fréquentait si peu et qui pourtant avait la capacité de la mettre en joie très facilement. Elle ne savait pas trop quoi dire de plus, et si elle avait dans une situation normale, dans la rue, ou dans un tout autre endroit elle se serait surement contenter de partir chercher un lieu plus isolé encore. Mais ici et maintenant elle avait presque envie d'engager la conversation avec cette inconnue. Du grand n'importe quoi en quelque sorte. Tout du moins de son point de vue. Enfin, même si la curiosité n'était pas son plus grand défaut elle ne lui faisait pas défaut non plus et puis peut-être que cette jeune femme lui apprendrait d'avantage.

    - « Vous venez souvent ici ? Je ne vous ai jamais vu. »

    A vrai dire c'était quelque peu inutile de demander ça, car la jeune femme avait eu l'air de s'émerveiller pour la première fois, et puis Zahira ne venait pas si souvent que ça. Une fois par an peut-être, ce qui était plutôt beaucoup au vu de ses occupations, mais ce n'était pas le cas pour le reste de l'humanité, tout u moins quand on pratique une activité normale. Et c'était le mot pour décrire la jeune femme qui se tenait en face d'elle, trop normale même.

    - « Enfin, je ne viens plus très souvent en réalité. Désolé si je vous ennuie, je voulais m'en aller mais je suis étrangement de bonne humeur. »

    Voilà qu'elle lui racontait sa vie, on aura tout vu. Sa dernière mission avait du atteindre profondément son système nerveux il fallait croire. Enfin de toute manière ce n'était pas avec ce genre de banalités que la conversation deviendrait intéressante, la responsable partirait surement d'ici peu, lassé de trop de normalité. Finalement sa vie complètement déréglée était ce qui lui convenait le mieux et c'était dans celle-ci qu'elle se retrouvait véritablement. Elle tourna le dos quelques temps à la jeune femme, le temps de contempler encore un peu le paysage, et peut-être pour lui signifier de répondre vite fait avant qu'elle ne parte. Puis elle tourna à nouveau son visage, interrogatif, vers la jeune femme, attendant une future réponse. Elle ne savait pourquoi mais son caractère habituel l'envahit enfin et son visage se tinta d'une pointe d'énervement, à peine discernable. Après tout la politesse n'était pas vraiment son fort, même si elle avait du la pratiquer bien des fois. Elle lâcha un dernier soupir, et oui on ne se refait pas après tout.

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Dernière édition par Zahira Al-Mansûr le Ven 26 Aoû - 20:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre au détour d’un sentier forestier Mer 24 Aoû - 13:33

Après avoir quitté son appartement, Elena s’était empressée de rallier le parc, où elle s’était mise en tête de faire son jogging matinal quotidien. Après plusieurs minutes de course, pratiquement une demi-heure, elle s’était finalement retrouvée au bord du lac artificiel niché en plein cœur du petit parc. Bien qu’habituée des lieux, la jeune femme n’avait pu retenir l’exclamation émerveillée qui lui avait échappée lorsqu’elle avait posé les yeux sur les berges du lac, et ce faisant, elle avait sans le vouloir attiré l’attention d’une autre personne présente non loin d’elle et qu’elle n’avait pas remarquée en arrivant.

    « Vous trouvez, vous aussi » lui avait soufflé la nouvelle venue en se tournant vers elle.

Elena s’était retrouvée dès lors en face d’une jeune femme à peine plus âgée qu’elle, bien qu’elle lui parut légèrement plus petite qu’elle. Quoique, en y regardant de plus près, elle ne paraissait pas si petite que cela. Quelque chose au contraire semblait la grandir, lui donner de l’importance même, du poids. On eut dit qu’une sorte d’aura mystique se dégageait de ce petit bout de femme dont le sourire faisait rayonner son visage. A la couleur ambrée de sa peau, ainsi qu’aux traits fins de son visage, Elena ne douta pas un instant que la femme qui lui faisait face était originaire d’un pays autre que les Etats-Unis. Elena pensa tout d’abord à l’Irak, ou peut-être même à l’Iran – dans tous les cas, il devait s’agir d’un pays situé à l’est de la Méditerranée. Cela lui refit penser au grand bassin méditerranéen et à ses contrées natales. Comme elle aimerait pouvoir retourner une fois encore en Grèce, ne serait-ce que le temps de quelques jours.

Toujours est-il qu’Elena ne s’était pas attendue à croiser dans le coin qui que ce soit de si bon matin. Prise quelque peu au dépourvu, la jeune femme n’avait pu s’empêcher de faire ses excuses. Et c’est vrai, elle était sincèrement désolée – même si, dans le fond, elle n’avait vraiment rien à se reprocher. Mais c’était là son caractère, et un caractère comme le sien, à la fois timide et désireux du bien-être des autres, ça ne se refait pas. C’est la raison pour laquelle elle s’était sentie obligée de présenter ses excuses, bien qu’elle n’ait rien fait de mal. Elle craignait d’avoir dérangé l’autre jeune femme au milieu de sa méditation. S’en suivit donc un silence plutôt gêné, que la nouvelle venue ne mit guère longtemps à rompre la première :

    « Vous venez souvent ici ? Je ne vous ai jamais vue. » Elle marqua une courte pause, avant d’ajouter précipitamment : « Enfin, je ne viens plus très souvent en réalité. Désolée si je vous ennuie, je voulais m’en aller, mais je suis étrangement de bonne humeur. »

Elena ne répondit pas de suite. Non pas qu’elle fut intimidée au point de ne plus être en mesure de pouvoir s'exprimer normalement, elle s’était tout simplement retournée quelques instants vers le lac, avant de s’égarer malgré elle hors de ses pensées. Elle ne remarqua donc pas immédiatement le changement d’attitude de son interloctutrice – et d’ailleurs, ce dernier fut en réalité si subtil que la jeune femme ne se douta de rien. Seul le soupir que finit par lâcher la jeune femme la tira de sa rêverie pour lui remettre les pieds sur terre.

    « Oh ! Excusez-moi, je… j’avais l’esprit ailleurs. Cet endroit me fait souvent ça, vous savez ? D’ailleurs, pour répondre à votre question, je viens assez régulièrement ici, oui. En temps normal, il est vrai que je ne pousse pas aussi loin, et je me contente le plus souvent d’arpenter le sentier qui longe la route. Mais parfois, j’aime assez sortir des sentiers battus et en arpenter de nouveaux. C’est l’un d’eux justement qui m’entraîne parfois jusqu’ici, mais je ne crois pas y être revenue depuis plusieurs semaines. Mais je dois avouer que cet endroit est demeuré parfaitement identique aux souvenirs que j’en ai. Rien n’a changé, tout est resté comme avant. »

Elena se tut un instant, et elle laissa son regard glisser à la surface azur du lac miroitant. Se retournant vers la jeune femme qui se tenait debout à ses côtés, elle reprit :

    « Pour ce qui est de votre bonne humeur, je pense avoir ma petite idée sur la question. Cet endroit me fait toujours cet effet-là, si vous voulez tout savoir. Qui l’eut cru, qu’un parc naturel puisse avoir autant d’effets bénéfiques sur le moral de quelqu’un ? Dommage toutefois qu’il ait fini par acquérir assez mauvaise réputation. Autant la journée tout va pour le mieux, autant la nuit c’est tout autre chose. Je n’arrive toujours pas à croire qu’ils aient retrouvé le corps sans vie d’une jeune adolescente le mois dernier. Qui aurait cru que dans un endroit aussi calme et paisible, il puisse se passer des choses aussi terirbles. »

Elena se tut une fois encore. Elle venait de s’apercevoir qu’elle parlait trop. Autant elle était d’une timidité maladive dès qu’il s’agissait de faire le premier pas et d’engager la conversation, autant il était difficile de l’arrêter lorsqu’elle était lancée. La femme qui lui faisait face lui paraissait être du genre sympathique, calme et posée et avec qui il était agréable de discuter ; Elena se sentait tout naturellement attirée vers elle, dans le sens où elle se sentait plutôt à l’aise. Courir était certes un bon moyen pour se vider la tête et se changer les idées, mais ce n’était rien en comparaison qu’une vraie conversation avec un autre être humain – au sens large du terme. Parfois, parler avec un inconnu avait des effets thérapeutiques bien meilleurs que de se confier à un ami, ou à un proche. On craint sans cesse d’être jugé par eux, et on refuse de les décevoir. Parler à un inconnu paraissait donc être la meilleure des options ; car après tout, pourquoi craindre le jugement d’une personne que nous serons peut-être amenés à ne jamais revoir ?

C’est quelque peu enhardie par cette idée qu’Elena souffla :

    « La vie est parfois plus sombre et douloureuse qu’on ne le croit de prime abord. Les gens ne sont jamais ce qu’ils paraissent être, et personne n’échappe à cette règle. Prenez ce décor de rêve par exemple, sa beauté ne fait que cacher le mal obscur que renferme le parc une fois la nuit tombée. C’est triste à dire, mais la vie n’est pas souvent un cadeau ; bien au contraire, c’est parfois même une véritable malédiction. »

Cette fois-ci, ce fut au tour d’Elena de soupirer gravement, les bras croisés sur sa poitrine. La vie n’était définitivement pas un cadeau, surtout pas la sienne. La jeune femme avait encore sur la conscience les nombreux morts qu’elle n’avait pas su sauver. Si seulement elle avait été capable de mieux contrôler son don, si seulement elle avait pu être en mesure de décider où et quand avoir une vision, et si elle avait pu, de surcroit, choisir quoi voir exactement, peut-être tous ces gens ne seraient-ils pas morts en vain. Elle se sentait toujours autant responsable de toutes ces âmes innocentes condamnées à mort par Apocalypto. Elle se sentait fautive, et rien ne parvenait à effacer ce poids qu’elle avait sur la conscience.

    « Veuillez m’excuser, je parle pour ne rien dire », s’excusa la jeune femme en esquissant un sourire gêné tout en dévisageant son interlocutrice. « Vous n’êtes sûrement pas venue jusqu’ici pour écouter le discours sans queue ni tête d’une parfaite inconnue. Vous avez très certainement mieux à faire. Moi-même je devrais peut-être y retourner ; j’ai encore un bon bout de chemin à faire avant de pouvoir prétendre à une bonne douche chaude revitalisante. Sur ce, ce fut un plaisir de discuter avec vous ; peut-être aurons-nous l’occasion de nous recroiser un jour. A bientôt. »

Désireuse de ne pas s’attarder plus longtemps, Elena s’était d’ores et déjà retournée avant d’être de nouveau interpellée par l’autre jeune femme. N’ayant pas eu ne serait-ce que le temps de faire un pas, Elena fit de nouveau volte-face et lui demanda :

    — « Pardon, vous disiez ? »


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MessageSujet: Re: Rencontre au détour d’un sentier forestier Mer 24 Aoû - 16:51

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Il ne fallu pas longtemps à la jeune inconnue pour comprendre que le soupir de la responsable était un signe de son impatience et elle répondit rapidement à ses interrogations.

« Oh ! Excusez-moi, je… j’avais l’esprit ailleurs. Cet endroit me fait souvent ça, vous savez ? D’ailleurs, pour répondre à votre question, je viens assez régulièrement ici, oui. En temps normal, il est vrai que je ne pousse pas aussi loin, et je me contente le plus souvent d’arpenter le sentier qui longe la route. Mais parfois, j’aime assez sortir des sentiers battus et en arpenter de nouveaux. C’est l’un d’eux justement qui m’entraîne parfois jusqu’ici, mais je ne crois pas y être revenue depuis plusieurs semaines. Mais je dois avouer que cet endroit est demeuré parfaitement identique aux souvenirs que j’en ai. Rien n’a changé, tout est resté comme avant. » , pour continuer quelques instants après par une autre flopée de paroles.
— « Pour ce qui est de votre bonne humeur, je pense avoir ma petite idée sur la question. Cet endroit me fait toujours cet effet-là, si vous voulez tout savoir. Qui l’eut cru, qu’un parc naturel puisse avoir autant d’effets bénéfiques sur le moral de quelqu’un ? Dommage toutefois qu’il ait fini par acquérir assez mauvaise réputation. Autant la journée tout va pour le mieux, autant la nuit c’est tout autre chose. Je n’arrive toujours pas à croire qu’ils aient retrouvé le corps sans vie d’une jeune adolescente le mois dernier. Qui aurait cru que dans un endroit aussi calme et paisible, il puisse se passer des choses aussi terribles. »

Elle qui avait la bouche liée il y a quelques minutes commença à déblatérer pleins de choses et Zahira mis quelque temps à tout saisir. Elle ne pensait pas que la jeune femme suivrait ainsi son invitation à la conversation, alors qu'elle l'aurait plutôt décrite solitaire. Elle était particulièrement à l'aise en ce moment. A vrai dire la responsable ne prêtais plus vraiment attention à ce qui lui disait cette inconnue qui semblait vouloir raconter sa vie au premier venue, elle espérais d'ailleurs que ça ne durerait plus très longtemps. En réalité la chef commença à observer plus longuement le visage de cette inconnue, peut-être par simple habitude ou pour y déceler un mystère. Elle n'avait pas vraiment d'attrait particulier, elle avait l'air d'une femme ce qu'il y a de plus normal sans être impressionnante et elle devait surement faire partie du monde qui était encore bien loin de se douter de ce qu'il y avait au-dessus de lui. Mais à vrai dire, quelque chose intriguait la jeune femme, un trait sur son visage, une attitude ou peut-être simplement le son de sa voix, elle ne savait pas trop, comme si la jeune femme cachait quelque chose. Et elle le savait trop bien, lorsqu'on gardait un secret, surtout en ce moment, ce n'était pas un petit secret. Zahira ne savait pas trop si cette jeune femme était simplement mutante, ou peut-être qu'elle l'avait déjà aperçue quelque part. Impossible de vraiment le savoir.
La chef des bastet continuait ses réflexions tandis que l'inconnue ne cessait de parler, sans même que Zahira ne l'écoute vraiment.

« La vie est parfois plus sombre et douloureuse qu’on ne le croit de prime abord. Les gens ne sont jamais ce qu’ils paraissent être, et personne n’échappe à cette règle. Prenez ce décor de rêve par exemple, sa beauté ne fait que cacher le mal obscur que renferme le parc une fois la nuit tombée. C’est triste à dire, mais la vie n’est pas souvent un cadeau ; bien au contraire, c’est parfois même une véritable malédiction. »

Il lui semblait avoir entendu quelques bribes sur un meurtre ou elle ne savait trop quoi, mais elle ne pris pas la peine ni de répondre ni de vraiment tendre l'oreille pour en saisir plus. De toute manière la jeune femme parlait trop vite et trop indistinctement pour que la responsable n'est ni le temps ni l'envie de répondre quoi que ce soit. Les dernières paroles de la jeune femme tirèrent quelque peu Zahira de ses pensées et elle prêta un peu plus attention à ce qu'elle disait. Elle avait parlé de malédiction, à vrai dire Zahira ne considérait nullement sa vie et sa manière de vivre comme une malédiction et ne trouvait d'ailleurs pas nécessaire de se poser des questions de ce genre. Pour elle chacun était né pour remplir un rôle que Dieu avait destiné, et le sien lui avait été clairement transmis par les épreuves qu'elle avait traversé. Mais peut-être que la jeune femme était loin d'avoir une condition semblable, au plus profond de son être aussi.
Zahira repensa soudain au fait que cette jeune femme pouvait être mutante, et qu'elle l'ait déjà rencontrée. A vrai dire elle pensa aussi que sa vie ne tournait définitivement qu'autour de ça, de cette ultime question, la question de l'origine. Cela faisait bien longtemps que Zahira ne c'était pas simplement mise à discuter avec un parfait inconnu sans se poser aucune question sur lui, simplement pour passer le temps. A vrai dire depuis qu'elle était ici elle n'avait que très peu de temps et son caractère l'empêchait de vraiment chercher à en avoir plus. Elle s'était toujours sentie investie d'une mission.
Tout en stoppant net ses pensées, mais sans prêter attention au fait que la jeune femme était en train de parler Zahira posa la question qui la hantait depuis le début de leur conversation.

« Veuillez m’excuser, je parle pour ne rien dire »,

- « On ne se serait pas déjà vu quelque part ? »

« Vous n’êtes sûrement pas venue jusqu’ici pour écouter le discours sans queue ni tête d’une parfaite inconnue. Vous avez très certainement mieux à faire. Moi-même je devrais peut-être y retourner ; j’ai encore un bon bout de chemin à faire avant de pouvoir prétendre à une bonne douche chaude revitalisante. Sur ce, ce fut un plaisir de discuter avec vous ; peut-être aurons-nous l’occasion de nous recroiser un jour. A bientôt. »


Zahira eut à peine le temps de se rendre compte que la jeune femme avait poursuivie sans même l'entendre, qu'elle se rendit elle-même compte de son erreur et lui lança quelques secondes plus tard.

« Pardon, vous disiez ? »

Avant d'avoir le temps d'être vexée, Zahira se dit intérieurement qu'elle n'avait elle-même rien écouté des précédentes paroles de la jeune femme, et n'en avait perçu que des bribes, qui d'ailleurs l'intriguait de plus en plus. Elle laissa passer quelques instants, le temps que la jeune femme se retourne te soit prête à l'écouter cette fois, puis elle réitéra sa question, en espérant qu'elle ne ferait pas le même effet que la précédente, soit une rafale de réponses incohérentes.

- « Je me demandais si nous ne nous étions pas déjà rencontrées ? Quelque chose en vous me semble étrangement familier. »

Il n'y avait d'ailleurs pas que ça, il y avait bien des choses qui intriguait la responsable dans l'attitude et les paroles de la jeune femme. Outre quelque chose de familier, quelque chose d'autre se dégageait d'elle, mais Zahira ne pouvait vraiment dire si c'était sa trop grand méfiance qui lui dictait que cette jeune femme avait quelque chose à cacher, ou si c'était son instinct sur-entrainé. Elle vivait parfois trop dans l'action pour se rendre compte que des personnes chérissait encore une vie sans la moindre préoccupation de ce genre. D'ailleurs la responsable ne se gênait pas pour montrer ce qu'elle pensait de ses personnes. Elle se rapprocha quelque peu de la jeune femme comme si la proximité avec son visage lui rappellerait quelques autres souvenirs qui lui traversait l'esprit tout à coup. Mais elle ne perçut aucun flash, absolument rien. La jeune femme n'avait pas l'air plus avancée qu'elle et c'est pourquoi Zahira se décida à lui faire part de se qui l'intriguait vraiment. De toute manière qui qu'elle était, elle ne faisait pas le poids, même si il n'était pas judicieux d'user d'une attaque contre elle au plein milieu d'un parc.

- « … et puis vous avez parlé de malédiction. J'avais comme l'impression que tout cela parlait un peu de vous. Excusez ma curiosité. »

A vrai dire Zahira n'en avait pas grand chose à faire d'être curieuse, surtout s'il s'avérait que cette jeune femme avait vraiment quelque chose à cacher. Elle la laisserait surement partir cette fois mais si elle recroisait son chemin elle n'allait pas la laisser s'en sortir comme ça. Être dans le collimateur de la responsable n'était pas une situation très confortable, tout du moins le sort de ceux qu'elle avait pris pour cible n'avait jamais été très glorieux. Enfin peut-être qu'elle se montait quelque peu la tête et se faisait des idées. Ce qui était sur c'est que la conversation avait complètement changé de ton et que l'humeur de Zahira aussi. Sa confiance revenue elle était désormais plutôt énervée. Il fallait vraiment qu'elle songe à ne pas voir le mal partout, un jour peut-être...

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MessageSujet: Re: Rencontre au détour d’un sentier forestier Jeu 25 Aoû - 12:08

Elena avait mis un certain temps à se rendre compte que les mots s’écoulaient hors de sa bouche bien trop facilement à son goût. Elle ne s’était pas attendue à se montrer si bavarde en présence d’une jeune femme qu’elle venait tout juste de rencontrer. Après tout, Elena était la méfiance incarnée dès qu’il était question de nouveaux visages. Elle prenait toujours soin de garder ses distances et de demeurer dans l’ombre dès qu’elle croisait une personne qu’elle ne connaissait pas. Il en allait ainsi depuis bien longtemps, la jeune femme ayant passé la majeure partie de sa vie à garder la tête baissée dans la rue pour ne pas être affiliée au « problème » mutant. Elle ne se sentait pas encore assez forte pour dévoiler sa véritable nature et porter fièrement les couleurs de ses semblables. Même au sein de Genesys, elle faisait de son mieux pour rester en retrait, se contentant la plupart du temps de donner des informations obtenues par le biais de ses visions. Elle servait aussi parfois d’auxiliaire médical, compte tenu de ses compétences en ce domaine, mais cela allait rarement plus loin. Elle craignait encore ce qui pourrait advenir d’elle-même si jamais son secret était dévoilé au reste du monde.

Là, bien au contraire, la jeune femme n’avait pas su retenir ses mots. Se sentant en confiance – alors qu’elle était par nature prédisposée à se montrer méfiante –, Elena s’était sentie libre de partager avec son interlocutrice le fond de sa pensée. Bien entendu, elle avait pris soin de ne faire aucunement mention de sa nature mutante, ou même encore de tout ce qui aurait pu avoir attrait aux mutants de près ou de loin. Après tout, les images et les cris qui hantaient ses cauchemars la nuit n’étaient pas entièrement liés au phénomène mutant. Ces individus qui avaient péri en parti à cause d’elle étaient avant tout des êtres humains – au sens large du terme. Cette nuit-là, des hommes et des femmes étaient morts, pas des animaux, mais bel et bien des Hommes. Un fardeau qu’Elena avait jugé opportun de partager avec sa nouvelle connaissance, elle qui ne l’aurait sûrement pas jugée, contrairement à ses proches.

Mais voilà, il s’avéra que ses confessions masquées tombèrent dans l’oreille d’une sourde ! Ou plutôt, il s’avéra que la sourde en question était bien trop préoccupée par elle-même pour se soucier de tendre l’oreille à une pauvre âme en détresse. Bien entendu, Elena ne se rendit compte de rien – profondément égarée dans ses pensées, elle ne remarqua pas qu'elle déblatérait dans le vide. Aussi, lorsqu’elle décida de prendre congé, ce fut avant tout par gêne vis-à-vis de son interlocutrice – à qui elle s'était en partie ouverte trop facilement –, et non à cause de la question que la jeune femme venait de lui poser. Cette dernière, perdue au milieu des excuses d’Elena, ne fut d'ailleurs pas attendue de prime abord. Ce n’est que lorsqu’elle prit congé et se détournait, qu’Elena l’entendit comme un écho surgi des profondeurs de sa mémoire.

    « Pardon, vous disiez ? », avait-elle alors demandé en se retournant.
    « Je me demandais si nous ne nous étions pas déjà rencontrées ? Quelque chose en vous me semble étrangement familier », lui rétorqua son interlocutrice.

Bien évidemment, ce furent là les seules paroles que la jeune femme aurait mieux fait de ne jamais prononcer en face d’Elena. Pour sûr, le visage typé qu’elle avait en face d’elle ne rappelait rien à Elena. Si tel avait été le cas, elle s’en serait immédiatement souvenu. Toutefois, la femme qui venait de lui poser cette question semblait convaincue de l’avoir déjà vue quelque part. Bien entendu, Elena en ressentit brusquement de l’appréhension. Son instinct lui dictait de ne pas s’attarder plus longtemps ; chacune des fibres de son être la suppliait de prendre la poudre d’escampette avant qu’il ne soit trop tard. Pourtant, Elena demeurait sur place, muette de stupeur – bien que les traits de son visage ne laissèrent en rien deviner sa surprise.

    « Je ne crois pas vous avoir déjà vue », lança Elena avec hésitation. « Si tel avait été le cas, je pense que je m’en souviendrais. »

Elle s’apprêtait à ajouter autre chose, mais elle en fut empêchée par le mouvement atypique que fit son interlocutrice : elle fit un pas en avant, pour se rapprocher d’elle et l’observer de plus près. Elena sentit sa peau picoter et la chair de poule lui dressa les cheveux sur la nuque. Un frisson empli d’appréhension glissa alors le long de l'échine de la jeune femme, tel un torrent glacé ayant jailli des sommets enneigés des plus hautes montagnes d’Arcadie. Si ça ce n’était pas une invitation à prendre ses jambes à son cou, Elena n'était pas voyante ! Mais, paralysée, Elena était incapable de faire le moindre mouvement. Dominée de haut par le regard intrigué qui la clouait littéralement sur place, elle ne pouvait que fixer la femme qui lui faisait face en feignant d’être étonnée de son comportement. Pourquoi Andrew n’était pas là lorsqu’elle avait le plus besoin de lui ?!

La voix de la femme attira alors de nouveau l’attention d’Elena :

    « … Et puis, vous avez parlé de malédiction. J’avais comme l’impression que tout cela parlait un peu de vous. Excusez ma curiosité. »

Finalement, la jeune femme avait écouté une partie au moins du long monologue d’Elena – malheureusement, elle avait été trop prompte à faire le rapprochement avec la mutante. Bien entendu, Elena faisait clairement référence à elle-même lorsqu’elle avait parlé de la malédiction ; il était bien sûr question de sa propre vie, de sa propre condition de mutante et de son propre pouvoir. Toutefois, au vu des intonations que la jeune femme avait cru discerner dans les propos de son interlocutrice, il ne faisait aucun doute que la curiosité n’était pour rien dans l’interrogation de la jeune femme : c’était avant tout la suspicion qui prédominait, et rien d’autre.

Elena n’en fut que plus effrayée encore. C’était certain, la conversation avait complètement changé de ton ; on était à présent bien loin de la simple rencontre anodine de deux jeunes femmes aimant courir et faire de l’exercice à peine le soleil levé. Du point de vue d’Elena, la conversation avait tout l’air d’être devenue un genre d’interrogatoire, comme ceux que l’on peut voir dans les mauvaises séries policières importées d’étranger. La jeune femme ne ressentait en effet aucune difficulté à imaginer la salle obscure et la lampe éblouissante braquée sur son visage, ou même le méchant flic aux bras croisés la pressant de répondre à toutes ses questions. Et tout d’un coup, l’image réconfortante et avenante qu’Elena avait de sa nouvelle connaissance vola en éclats, pour ne laisser derrière elle que l’ombre d’un dragon sur le point de cracher du feu.

    « Je… Je ne vois pas où vous voulez en venir », se défendit Elena tant bien que mal en peinant à dissimuler ses craintes. « Ce n’était rien de plus qu’une remarque sans réelle arrière pensée.

Elle-même doutait fortement de ses propres propos. Si elle voulait faire disparaître la suspicion qui brûlait dans ces yeux sombres qui ne la quittaient pas du regard, Elena allait devoir trouver mieux.

    « Je n’étais pas dans mon assiette en me réveillant, ce matin », expliqua-t-elle en s’efforçant de mettre le plus d’assurance possible dans sa voix. « La semaine passée a été pour le moins éprouvante ; j’ai encore du mal à m’en remettre. Cela ne vous est jamais arrivé ? Je ne sais pas dans quel secteur d'activité vous travaillez, mais ne vous est-il jamais arrivé d’avoir l’impression que les problèmes se succédent inlassablement les uns aux autres ? Dans ces moments-là, difficile de croire que la vie est un cadeau, n’est-ce pas ? »

Elena esquissa un sourire qui sonnait horriblement faux. Elle avait voulu la jouer décontractée, mais le regard de son interlocutrice toujours braqué sur elle ne la mettait pas du tout à l’aise. Ne pouvait-elle donc pas cligner des paupières ne serait-ce qu’une seule fois ? Ne pouvait-elle pas se décider à enfin porter son attention ailleurs, ne serait-ce qu’une seule seconde ? Etre ainsi jaugée sans discontinuité mettait Elena plus que mal à l’aise. Elle était même tellement tendue que ses muscles refusaient de faire le moindre mouvement – elle ne pouvait donc pas reculer, ni même mettre un peu plus de distance entre cette tigresse et elle. Pire encore, sa poitrine était à présent tellement écrasée par le poids de l’appréhension que l’air peinait à pénétrer dans ses poumons. Elena commençait à éprouver quelques difficultés à respirer normalement. Elle pâlissait à vue d'oeil.

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MessageSujet: Re: Rencontre au détour d’un sentier forestier Ven 26 Aoû - 20:33

Un ambiance de suspicion c'était totalement emparée de ce lieu auparavant calme. La jeune femme en face de moi avait changée du tout au tout ce qui ne faisait qu'accentuer ma première impression. Je n'avais pas envie de faire monter tout ça en flèche mais je sentais qu'elle était de moins en moins nette, et elle savait très mal le cacher. Il n'y avait plus rien de son ton enjoué et ces belles paroles, seulement une vois quelque peu tremblante que Zahira connaissait parfaitement. Même si la responsable ne pouvait parier connaître la jeune femme elle avait quelque chose à cacher et quoi que ce soit la jeune femme finirais par le découvrir tôt ou tard. La responsable n'avait aucune idée de ce qui se tramait véritablement entre les mutants, ni si cette femme en était une, peut-être n'était elle qu'une vulgaire femme sans grande confiance en elle. En tout cas la jeune femme prêta cette fois attention aux paroles de cette inconnue pour ne pas en louper une miette.

— « Je… Je ne vois pas où vous voulez en venir », « Ce n’était rien de plus qu’une remarque sans réelle arrière pensée.

La responsable aurait eu envie de lui répondre qu'elle mentait très mal mais ce n'était peut-être pas la peine de la pousser à fuir, la responsable devait tout de même rester discrète, pas la peine de rameuter le quartier et de risquer griller sa couverture ou de faire courir des rumeurs. Ainsi Zahira resta calme mais ces pensées étaient en pleine ébullition cherchant un moyen, pour une fois pacifique de régler la situation, à son avantage bien sur. Zahira s'approcha encore quelque peu de la jeune femme tout en la dévisageant. Son visage n'arrivait pas à faire tilt dans la mémoire pourtant sans faille de la bastet, s'était-elle trompée ? Elle était persuadée du contraire. Un sourire s'afficha tout à coup sur son visage et elle répondit.

- « Excusez-moi, j'étais pourtant persuadée du contraire. »


Elle accompagna ses fausses excuses d'un regard encore plus soupçonneux pour que la jeune femme y lise le fond de ses pensées; Elle ne pouvait plus se trouver d'excuses. A vrai dire c'était déjà perdu d'avance. Dès le moment où le soupçon avait germé dans l'esprit de la responsable l'inconnu resterait toujours suspecte de son point de vue. Elle avait déjà du mal à accorder sa confiance alors à quelqu'un dont l'attitude la tiquait c'était tout simplement impossible. Zahira pensait que la jeune femme était en train de se chercher des excuses, les meilleures possibles surement, dans son cerveau d'ailleurs le silence qui avait suivi sa deuxième déclaration lui avait bien indiqué qu'elle avait touché dans le mile, et que la jeune femme ne savait quoi répondre.

— « Je n’étais pas dans mon assiette en me réveillant, ce matin », « La semaine passée a été pour le moins éprouvante ; j’ai encore du mal à m’en remettre. Cela ne vous est jamais arrivé ? Je ne sais pas dans quel secteur d'activité vous travaillez, mais ne vous est-il jamais arrivé d’avoir l’impression que les problèmes se succédent inlassablement les uns aux autres ? Dans ces moments-là, difficile de croire que la vie est un cadeau, n’est-ce pas ? »

Elle avait décidé d'en remettre une couche sur sa vie personnelle, mauvaise idée, très mauvaise idée. C'était quelque chose que détestais Zahira, la vie des gens elle n'en avait absolument rien à faire et si elle voulait être franche elle aussi avait vécu des choses éprouvantes et à son humble avis c'était bien pire que les petits coup de blues de la demoiselle. En fait sans même plus l'intriguer ni la trouver suspecte la jeune femme commença à l'exaspérer, bien sur elle n'atteignait pas les nerfs de la jeune femme au point de la voir perdre son sang-froid, ce privilège n'était détenu que par un petit nombre mais elle l'irritait, elle qui avait été de bonne humeur pendant quelques minutes.
Elle avait l'impression d'entendre les lamentations d'une pauvre enfant immature et à vrai dire ça l'exaspérait mais bon elle tenait le coup, en espérant que son discours ne reprendrait pas de plus belle, mais elle semblait s'être calmée, tout du moins en ce qui concernait son débit de paroles.
Son attitude restait étrange et elle semblait tout sauf à l'aise en sa compagnie. A vrai dire la responsable aurait pensé qu'elle fuirais, comme c'était son intention première, mais il fallait croire qu'elle était trop mal à l'aise pour ça. Elle avait peur des représailles ? La responsable ne pensait pas faire peur par son simple regard. Enfin même si des fois elle ne se rendait pas vraiment compte de ce qui était normal et ce qui ne l'était pas. Elle lança un soupir comme pour montrer son désarroi et son ennui. Elle n'avait pas vraiment envie de rester plus longtemps par ici. Elle aurait pu partir mais elle ne voulait pas vraiment planter la jeune femme comme ça. La politesse était quelque chose de très important aux yeux de zahira et même si cette inconnue ne lui inspirait pas confiance elle n'allait pas la planter là et puis elle allait grappiller certaines informations.

- « Ca m'arrive oui. Mais ne vous sentez pas agressée, je ne veux pas vous inquiéter. »


La responsable adressa un sourire qui se voulait réconfortant mais dont elle n'arrivait pas à cacher la pointe d'hypocrisie et la méfiance. Zahira commença à esquisser un petit rire, chose extrêmement rare chez elle, portée par l'ironie de la situation. A vrai dire elle parlait pour ne rien ire alors que c'est ce qu'elle détestais, elle était presque aimable avec quelqu'un qu'elle suspectait mutant et ell était même en train de lui adresser un sourire. La responsable était encore de bonne huleur c'était sur en fait. Même si c'était difficile à croire. En plus cette inconnu était une femme et c'était bien connu Zahira avait plus de sympathie pour la gente féminine, comme si elles avaient un combat commun.

- « Après tout je me dis que je saurais toujours si vous avez quelque chose à cacher... »
,
Zahira stoppa net sa phrase, se lançant dans une réflexion soudaine.

Elle n'était pas très habituée pour essayer de tirer les vers du nez, quand il ne s'agissait pas de criminels ou qu'on ne pouvait pas utiliser la manière forte, mais elle ne voulait pas échouer. Elle se dit tout à coup qu'elle avait peut-être fait trop paraître sa position, même si après tout jamais la jeune inconnue ne pouvait se douter de quoi que ce soit. Elle-même ne c'était doutée de rien et elle restait très mal à l'aise, presque apeurée. L'ambiance c'était encore alourdie, l'aura qui se dégageait des jeunes femmes était pleine de doute et de suspicion et elle semblait plus pesante encore du coté de l'inconnue. Zahira se dit que ce n'était peut-être pas le meilleur moyen pour faire parler, mais est-ce que ça en valait la peine... Elle mit sa main sur l'épaule de la jeune femme, comme un geste qui se voulait rassurant.

- « Rassurez-vous je ne voulais pas vous apeurer. Je vous sens quelque peu mal à l'aise. Je pose peut-être trop de questions. Une mauvaise habitude il faut croire. Mais bon peut-être vous sentez-vous toucher par quelque chose d'autre. »

La responsable essayait d'amener délicatement la femme à parler, sans pour autant le laisser paraître. Elle savait que c'était la fin, elle jetait les cartes et bientôt les jeux seraient faits. Mais peut-être que par un heureux hasard les deux jeunes femmes se retrouveraient et cette fois chacune en serait plus sur l'autre et se serait la fin, cette fois, la toute fin où on ne se pose tout bonnement plus de questions. Zahira en était persuadée et c'était pour ça qu'elle avait jeté cette dernière phrase, pour ça qu'elle avait gardé son calme et qu'elle ne c'était pas emportée. C'était comme un fil du destin qui les liait. Zahira était prête cette fois et si elle revoyait le visage de la jeune femme elle n'en serait pas étonné, pas le moins du monde. Elle l'avait ressenti à l'instant, ce doute était là pour l'aiguiller et le bonheur que lui avait insufflé ce lieu pour la calmer. Tout était prêt pour qu'elle gagne à nouveau, dans le meilleur des cas.

- « Peut-être se reverra-t-on de toute manière. Dans ce lieu ou dans un autre. »


Zahira prononça ces mots avec un regard de défi, sans sourire cette fois, c'était une déclaration importante pour elle, surement la dernière avant de partir.

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MessageSujet: Re: Rencontre au détour d’un sentier forestier Sam 27 Aoû - 13:24

Pour sûr, un froid venait d’être jeté sur la discussion ; et autour des deux jeunes femmes, ce fut comme si l’air s’était brusquement épaissi, condensé même, à tel point que l’atmosphère était devenue soudain pesante, presque électrique. Une tempête aurait tout aussi bien pu se déchaîner dans l’instant, personne n’en aurait été étonné plus que ça – compte tenu de la situation pour le moins exceptionnelle dans laquelle se trouvaient actuellement les deux jeunes femmes. D’ailleurs, celle-ci était passée si brutalement d’un extrême à l’autre, qu’Elena ne s’était même pas rendue compte que tout avait basculé en sa défaveur. Littéralement pétrifiée devant la femme qui la dévisageait avec insistance, la jeune oracle ne savait plus où se mettre et elle peinait à réfléchir correctement. Elle éprouvait quelques difficultés à gérer la pression qu’on exerçait ainsi sur elle – pourtant, au cours des années qu’elle avait passé en école de médecine à préparer son diplôme, la pression n’avait jamais été un souci pour elle ; Elena s’était-elle beaucoup trop ramollie depuis qu’elle était sujette à toutes ces visions – ces visions à la fois débordante d’espoir, mais aussi de désolation pure et simple, qu’elle avait du futur ?

Percevant dans le regard de son interlocutrice que la curiosité avait laissé place à une suspicion débordante d’entrain, Elena s’était efforcée de trouver des excuses pour se justifier sans pour autant se retrouver à confesser, malgré elle, sa nature mutante. Hélas, ses maigres tentatives furent vaines ; la forte pression à laquelle elle était soumise lui coupant littéralement tous ses moyens. Elle hésitait, formulait des réponses trop évasives, ou bien trop précises justement, et elle peinait aussi à afficher un visage impassible. Elle le sentait, les traits de son visage devaient être comme un livre ouvert que la femme en face d’elle pouvait feuilleter à sa guise. Tout dans la posture d’Elena trahissait son appréhension et son mal-être : ses mains tremblantes, son sourire crispé qui sonnait faux et son regard qui se faisait de plus en plus fuyant. Elle ne pouvait contrôler ces subtiles traîtrises de son propre corps.

Voyant son interlocutrice faire un pas de plus dans sa direction pour se rapprocher, Elena sentit tous les muscles de son corps se crisper et exprimer leur mécontentement. Complètement raide, la jeune femme ne pouvait plus faire le moindre mouvement ; même son regard ne parvenait plus à fuir, tellement il était focalisé sur ce visage de moins en moins amical qui se penchait vers elle avec insistance pour la détailler une fois encore dans les moindres détails. Un silence pesant tomba alors tout autour des deux jeunes femmes et Elena fut en mesure de percevoir au loin le souffle du vent caressant les feuilles des arbres. Soudain, un sourire se forma sur le visage qui la scrutait avec autant d’obstination ; il apparut si brusquement même, qu’Elena eut tout juste le temps de retenir une exclamation de surprise qui l’aurait sinon définitivement trahie. La jeune femme entendit alors :

    « Excusez-moi, j’étais pourtant persuadée du contraire. »

Elena était sur le point de lui répondre qu’il n’y avait pas de mal, qu’une maladresse confuse était à la portée de tout un chacun ; cependant, elle n’en fit rien. Le fait que son interlocutrice accompagne sa remarque d’un nouveau coup d’œil plus que soupçonneux y était d’ailleurs pour beaucoup ; et Elena comprit le message aussi sûrement que si la jeune femme qui lui faisait face s’était exprimée de vive voix : « fini de jouer maintenant, tu ne peux plus te trouver d’excuses valables. » Toutefois, appelons ça l’instinct de survie s’il le faut, Elena était parvenue à formuler une justification dans laquelle elle avait fait de son mieux pour ne laisser transparaître aucune hésitation, ni aucun doute, afin de se montrer la plus assurée possible. Malheureusement, le sourire qu’elle avait esquissé sur la fin avait sonné horriblement faux avec son discours inspiré. Elle craignait à présent que cela ne lui ait été préjudiciable. Et comme de fait, un soupir ennuyé s’échappa de la bouche de l’antipathique jeune femme qui se décida finalement à reculer d’un pas ou deux. Mais par chance – si tant est que cela en soit vraiment –, Elena l’entendit dire sur un ton dénué de la moindre suspicion :

    « Ca m’arrive, oui. Mais ne vous sentez pas agressée, je ne veux pas vous inquiéter. »

Dans sa tête, Elena ne put s’empêcher de rétorquer à cela : « Ben voyons, à peine ! » Mais bien entendu, elle était pour le moment encore trop bouleversée pour faire l’erreur de penser à voix haute dans une situation aussi tendue. Quelle idée aussi elle avait eu de se laisser entraîner dans cette direction ? Pourquoi ne s’était-elle pas contentée de suivre son trajet habituel, le long de la route ? Certes, la vue ici était magnifique, et il y régnait un calme surnaturel auquel on ne s’attendait pas en plein cœur d’Achaea ; mais est-ce que cela avait-il vraiment valu le coup ? Etant donnée la situation précaire dans laquelle elle se trouvait à présent, Elena se maudissait d’avoir cédé à l’appel de l’aventure. Cela lui ressemblait si peu ; elle qui s’était toujours efforcée de faire profil bas et de demeurer dans l’ombre. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Etait-ce le pur hasard, ou le destin ? Elena ne pouvait s’empêcher de penser à un mot pire encore : une condamnation. Qui plus est, le sourire que lui adressait à présent son interlocutrice – bien qu’il se voulût certainement réconfortant – était en réalité plein d’hypocrisie et de méfiance. Pire encore, un petit rire ironique suivit le faux sourire. La situation pouvait-elle pire encore ?

    « Après tout, je me dis que je saurais toujours si vous avez quelque chose à cacher… »

La réponse était donc positive, la situation pouvait être bien pire encore. La menace sous-entendue par cette dernière remarque était à peine voilée, et Elena n’avait donc eu aucun de mal à comprendre le message. Mais plus intriguant encore, la femme qui venait de proférer cette menace en demi-teinte s’était comme interrompue au milieu de sa pique. Pourquoi donc ? Pourquoi s’était-elle arrêtée aussi brusquement ? Craignait-elle d’avoir été trop directe ? Allait-elle choisir de se montrer plus offensive et plus directe encore maintenant que son plan était éventé ?

Certes, Elena ne savait rien de cette femme ; toujours est-il qu’elle sentait qu’elle était de plus en plus en danger en sa compagnie. Une petite voix dans sa tête lui criait à tue-tête qu’il était grand temps de prendre la fuite à présent, qu’elle ne devait surtout pas continuer à s’attarder ici, près de cette femme. Néanmoins, Elena ne pouvait se résoudre à fuir. Elle ne comprenait pas pourquoi ; elle ne comprenait surtout pas comment elle avait pu se retrouver dans cette situation si compromettante. Pourquoi son don unique ne l’y avait-il pas préparée ? Dès qu’elle était sur le point de se retrouver dans une situation dangereuse, Elena avait toujours pu compter sur son pouvoir pour la prévenir et lui permettre de s’échapper sans laisser de plume derrière elle. Alors pourquoi lui avait-il fait défaut cette fois encore ? Etait-ce parce qu’il n’y avait en réalité rien à craindre de cette femme, ou bien était-ce pour lui apprendre qu’elle ne devait pas compter en permanence sur ses visions pour survivre – et ce quand bien même celles-ci lui avaient sauvé la vie un nombre incalculable de fois ? Elena se sentait complètement perdue ; effrayée et perdue même. Si seulement Andrew était resté avec elle, si seulement il n’était pas parti après lui avoir tenu compagnie pendant la soirée de la veille.

Elena revint brusquement à elle en sentant un poids peser soudain sur son épaule. Lorsqu’elle avisa qu’il s’agissait de la main de la femme hostile, elle se pétrifia – quoique, elle était à présent tellement tendue, raidie et crispée, qu’elle pouvait difficilement faire pire encore. Toutefois, elle eut un fugace mouvement qui trahit la terreur sourde qui venait de lui serrer le cœur. Ce dernier peinait d’ailleurs à battre correctement désormais. Il avait manqué un battement ou deux et il n’arrivait plus à retrouver un rythme régulier. Elena sentait son corps trembler et sa poitrine brûler. Qu’allait-il encore lui arriver ?

    « Rassurez-vous », lui souffla son interlocutrice, « je ne voulais pas vous apeurer. Je vous sens quelque peu mal à l’aise. » (C’était là un euphémisme, bien sûr.) « Je pose peut-être trop de questions ; une mauvaise habitude, il faut croire. Mais bon, peut-être vous sentez-vous touchée par quelque chose d’autre ? »

Elena secoua la tête sans dire un mot. Elle ne voulait pas se trahir plus qu’elle ne l’avait déjà. Cependant, elle vit soudain clair dans le jeu de la jeune femme. Elle n’était pas n’importe qui, c’était plus que certain à présent. Une banale inconnue, rencontrée au hasard dans la rue, ne se serait certainement pas comportée de cette façon avec la première venue. Non, ce ton soudain si calme, si délicat et si compatissant, cette main posée négligemment sur l’épaule comme pour rassurer, ce regard plein d’autorité et de suspicion, pas de doute possible : cette femme n’était pas comme toutes les autres. Au mieux, elle n’était qu’une simple activiste luttant contre l’acceptation des mutants au sein de la société ; au pire, elle était une ennemie redoutable, probablement une mutante hostile à la cause défendue par les activistes, voire peut-être même une membre des forces de l’ordre. Dans tous les cas, ce brusque revirement de situation n’était pas à prendre à la légère. Quelque chose se tramait, et Elena était certaine de ne pas vouloir s’attarder ici pour découvrir de quoi il s’agissait au juste.

Par chance, il s’avéra que le poids sur l’épaule de la jeune oracle disparu. Baissant les yeux, Elena vit que la main qui pesait sur son épaule avait été retirée. Reportant son attention sur la femme qui lui faisait toujours face, Elena se retrouva à dévisager un visage tout ce qu’il pouvait y avoir de neutre. Aucun sourire, aucune suspicion dans le regard, pas le moindre muscle crispé qui aurait pu être un signe avant coureur d’une charge ou d’une attaque ; absolument rien. Seul un imperceptible éclat brillait dans le regard de la jeune femme : l’éclat du défi. De même, ce défi trouva écho dans les paroles qu’Elena l’entendit prononcer :

    « Peut-être se reverra-t-on de toute manière. Dans ce lieu ou dans un autre. »

Elena acquiesça docilement. De prime abord, elle ne voulait rien dire – pour ne pas laisser sa voix ou son corps la trahir une fois encore. Néanmoins, elle jugea préférable de prononcer quelques mots, ne serait-ce que pour mettre un terme à cette rencontre. Elle sentait que la femme qui lui faisait face était sur le départ ; les paroles qu’elle venait de prononcer sonnaient comme un adieu – un adieu provisoire cependant. Aussi Elena jugea-t-elle adéquat de rétorquer :

    « Oui, qui sait, nous serons peut-être amenées à nous revoir un jour. »

Elle n’en dit pas plus. De nouveau silencieuse, elle trouva le courage de soutenir une dernière fois le regard de son interlocutrice jusqu’à ce que ce soit elle qui se détourne la première pour prendre congé. Droite comme un i, Elena la regarda s’éloigner tranquillement sans la quitter un seul instant du regard. Et ce n’est que lorsque la femme eut bientôt disparu sous la voûte sylvestre du petit bois que l’oracle s’autorisa à pousser un long soupir, ainsi qu’à relâcher ses muscles. Pour elle ne savait qu’elle raison exactement, elle était au bord des larmes. Il s’en était fallu de vraiment peu pour qu’elle se mettre à verser un torrent de larmes en face de cette étrange femme. Pour rien au monde elle ne voulait la revoir un jour. Et d’ailleurs, ce parc serait définitivement le dernier endroit en ville où elle se rendrait dorénavant. Non, à compter de ce jour, elle ne remettrait plus jamais les pieds dans cet endroit. Autant ce parc lui rappelait autrefois sa terre natale, autant il serait à présent un lieu de cauchemar et de hantise pour la grecque.

Décidée à fuir ce lac et ce bois au plus vite, Elena retourna sur le sentier qu’elle avait suivi pour venir jusqu’ici faire cette désagréable rencontre. Et, stimulée par les ombres qui la pourchassaient dorénavant, elle se lança à petites foulées le long du chemin. Elle ne comptait pas rentrer chez elle pour le moment. Elle ne pourrait pas en effet supporter le fait de rester seule dans son appartement. Aussi choisit-elle de prendre la direction de la base secrète de Genesys, où elle était sûre de trouver un refuge sécurisée où elle pourrait oublier un instant la terreur dont elle avait été la proie en face de cette femme transpirant l’autorité et la suspicion.

Hélas, autant la jeune femme désirait plus que tout au monde ne jamais recroiser la route de cette harpie ; autant elle était bien loin de se douter qu’un jour viendrait, où elle serait contrainte de l’affronter une fois encore. Malheureusement pour elle, ce jour était destiné à arriver plus vite encore qu’elle n’aurait pu s’y attendre. A suivre…

FIN ¤~

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Rencontre au détour d’un sentier forestier

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