Plus grave que l'hostilité : l'indifférence ▬ Boris

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۞ Seconde de l'Opération Genesys ۞


Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Plus grave que l'hostilité : l'indifférence ▬ Boris Mar 16 Aoû - 22:29

     Sólveig parlait souvent avec Jia Li, les deux femmes étaient proches l'un de l'autre et par conséquent, l'avocate prenait plaisir à pouvoir converser avec la jeune évadée. La Norvégienne n'ignorait rien du passé plus que troublé de la belle Genesys, elle avait été victime d'un amour paternel trop dense, son père ne lui voulait aucun mal et pourtant il avait fait de Jia Li un cobaye de l'Opération. Compréhensive, Sólveig en avait discuté avec la jeune femme, jusqu'à ce que celle-ci aborde le sujet de ses amis captifs de l'Opération, notamment de l'un d'entre eux, un Russe de son âgé répondant au nom de Piotr. Il serait aussi à Achaea et avait aidé la demoiselle lorsqu'elle s'était évadé, il était donc devenu quelqu'un d'important à ses yeux. Cela soulageait souvent l'avocate de savoir que son amie avait d'autres personnes sur qui compter, pourtant la jolie typée asiatique semblait avoir la malchance la plus poussée concernant ses relations avec les autres. En effet, le Russe s'était évaporé sans laisser de traces, malgré les tentatives mises en place par Jia Li, celle-ci n'avait guère eu les moyens de remettre la main sur son ami. Cela désolait la trentenaire, elle n'aimait pas l'idée que la malheureuse évadée puisse avoir à chercher quelqu'un de cher à son cœur alors qu'elle avait le droit au bonheur, plus que personne, plus qu'elle-même en réalité.

     C'est pour cette raison que la brune avait mis en place une recherche, commençant par chercher tranquillement de son côté des traces d'un nommé Zakharine. Elle avait bien réussi à localiser une personne répond à ce nom, mais ce n'était pas « le bon », en fouillant dans le passé du jeune Nikita, Sólveig avait découvert qu'il devait être son frère, mais qu'ils n'avaient aucun contact depuis leur enfance. Il ne pourrait malheureusement pas l'aider, c'est pourquoi la Norvégienne continua ses recherches, croisant les doigts et espérant que quelqu'un d'autre se placerait sur son chemin en ne demandant qu'à lui rendre service. Cela ne se passa pas aussi facilement pour tout dire, la Genesys eu beaucoup de difficultés à mettre la main sur une personne répond à ce désir, mais elle y parvint après plusieurs semaines : Boris Zakharine. Difficile de le louper, elle était en train de déjeuner en lisant le journal lorsque le visage de cet homme s'imposa à elle, un mutant évadé de la prison de la ville, hostile et tueur de sang froid, pas réellement le type d'homme que l'on cherche à rencontrer. Cachant à Curtis le fait qu'elle comptait trouver ce tueur, la jeune femme effectua des recherches très pointues pour découvrir que cette personne était bien celle qui avait légué son nom de famille à l'ami de Jia Li. Boris était son père, elle ne doutait pas qu'il puisse mettre l'évadée en contact avec lui, après tout comment pourrait-il ne pas savoir où son propre enfant se trouvait ?

     Elle essaya de ne pas songer au fait qu'elle-même n'avait jamais parlé de son « travail » à son père, essayant de se persuader que cet homme pourrait l'aider. De surcroit, après avoir fait quelques recherches à son sujet, la jeune Norvégienne avait été ravie d'apprendre qu'il n'était affilié à aucun autre groupe, un indépendant hostile en somme, son esprit entraîné à flairer d'éventuelles possibilités de liens, était très intéressé par tout cela. Après avoir trouvé tout ce dont elle aurait besoin, Sólveig avait fait jouer ses « relations », quelques délinquants qui lui devaient un service, des mutants désireux de l'aider, finalement sans que personne ne soit blessé – et elle s'en félicita d'ailleurs puisqu'elle ne désirait pas voir qui que ce soit blessé par sa faute – l'avocate parvint à le contacter. C'était par le biais d'un mutant hostile qui apportait de temps en temps son aide à Genesys, l'Opération n'était jamais contre ce genre de contact et la trentenaire lui en serait longtemps redevable. Il avait fait savoir à Boris qu'une avocate liée à un organisme d'aide aux mutants souhaitait le voir, notamment pour l'un de ses enfants, mais aussi concernant certaines informations qu'il serait certainement ravi d'apprendre.

     Sólveig ne doutait pas du fait que Boris Zakharine n'avait pas de connaissances très poussées concernant l'Opération Apocalypto, peut-être même n'en avait-il jamais entendu parler allez savoir, tous les mutants - même hostiles - n'étaient pas au courant de son existence. En réalité, la grande majorité ignoraient totalement qu'il puisse exister quelque chose de tel, lorsque Sólveig avait glissé cette possibilité à une ou deux reprises, ils avaient ri à son nez. Peu lui chalait, la jeune femme était persuadée que ce qu'elle pourrait avancer comme informations plairait certainement à cet hostile. Si tel n'était pas le cas, il y avait de fortes chances pour que leur conversation tourne court, dans ce cas, elle ne perdait rien à tenter sa chance, ne serait-ce que pour pouvoir espérer aider Jia Li. Un rendez-vous avait donc été fixé, enfin si l'on pouvait appeler ça rendez-vous, la trentenaire avait laissé le choix du lieu, de l'heure et de tout ce qu'il pouvait désirer, au Russe de manière à ce qu'il ne se sente pas oppressé ou piégé. Cela avait demandé beaucoup de patience, mais finalement la jeune femme avait enfin obtenu ce qu'elle désirait : la possibilité de rencontrer cet homme en terrain neutre de manière à pouvoir lui proposer un échange d'informations, puis peut-être même avancer la possibilité de grossir les rangs de Genesys ? Il y avait assez peu de chances pour qu'il accepte, mais d'un côté cela n'empêchait pas de tenter le coup.

     C'était donc le jour J, Sólveig s'était débrouillée pour avoir une journée de libérée et s'était habillée d'une manière très « passe-partout », une simple jupe avec un haut assez léger pour ne pas avoir l'air trop habillée par une telle chaleur, mais sans pour autant trop se découvrir. Lorsque l'on possédait une chaleur corporelle aussi élevée que la sienne, le moindre contact physique pouvait éveiller des soupçons, surtout dans un monde où la peur des mutants était aussi présente. Les cheveux lâchés sur ses épaules, très peu maquillée, prônant surtout le naturel dans son accoutrement et sa tenue générale, la jeune avocate s'était donc longuement préparée à ce qu'elle allait lui dire et la serviette qu'elle tenait sous le bras l'indiquait clairement. Il n'était pas très prudent de sortir ce genre de documents de l'enceinte de Genesys, mais la brune n'avait pas trop le choix, ils avaient fixé un rendez-vous dans un coin assez isolé et il demanderait certainement des preuves de ce qu'elle avancerait. Ce n'était pas une bonne idée de se regrouper dans un lieu normalement désert, à moins qu'ils ne souhaitent attirer toute l'attention sur eux, c'était pour cela qu'elle avait subtilement suggéré le bar du casino Gambino, précisant que son employeur tenait l'endroit et qu'il était très souple avec les mutants.

     Après s'être préparée, Sólveig était rapidement descendue jusqu'à sa voiture pour s'y installer avant de prendre la direction du casino Gambino où le lieu de rendez-vous avait donc été fixé. Est-ce qu'il viendrait, est-ce qu'il ne viendrait pas ? Bonne question, la jeune femme l'ignorait totalement. Finalement, après s'être garée à sa place habituelle, l'avocate se rendit jusqu'au bar en esquivant les hôtesses qui se présentaient à elle pour lui proposer de l'aider. S'installant à une table non loin de l'entrée, suffisamment en retrait pour ne pas être dérangée, elle demanda au gérant de l'endroit de lui signaler l'arrivée d'un homme qui pourrait la chercher. Sólveig lui avait donné son nom, mais peut-être ne voudrait-il pas l'utiliser ? Elle le verrait bien assez tôt ! Patiente comme à son habitude, la demoiselle s'installa confortablement jusqu'à ce que soudain, une silhouette s'arrête à côté de sa table, attirant les yeux clairs de la jeune femme sur lui. Levant le visage pour essayer de distinguer les traits de l'homme – ou de la femme – face à elle, la Norvégienne se renseigna poliment.

     ▬ Puis-je vous aider ? »

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MessageSujet: Re: Plus grave que l'hostilité : l'indifférence ▬ Boris Jeu 25 Aoû - 6:21

Deux semaines chargées que celles qui venaient de s'écouler. Cela ne faisait qu'un peu moins d'un mois que Boris Zakharine était sorti de prison avec grands fracas. L'émeute qu'il avait provoqué avait mis un terme à la vie d'une vingtaine d'hommes. Oh, la plupart parmi les prisonniers, et il ne fallait pas douter que certains avaient juste succombé aux dérouillages en règle dans les chambres d'isolement. Après tout, pas étonnant que les gardiens aient désiré se venger un peu une fois le calme rétabli, il ne fallait pas oublier que trois de leurs collègues faisaient partie de la liste des regrettés serviteurs de l'ordre tombant au nom de la justice. Snif... On ne pouvait pas vraiment leur en vouloir, c'était de bonne guerre. Enfin, à vrai dire, ça ne concernait pas réellement le mutant. Pour le dire tout bonnement, ces détails qu'il avait pu lire dans la presse lui étaient plutôt passés au dessus de la tête. Il s'en foutait éperdument des décès que son évasion avait provoqué. Se moquait de la manière dont cela s'était produit. Tant pis pour ces honorables gardiens, tant pis pour ces méchants méchants taulards qui l'avaient bien cherché... Que des humains sans intérêt ! Non, le principal était bel et bien qu'il avait enfin pu mettre le pied dehors autre que pour rejoindre le banc d'un tribunal, sévèrement encadré d'une cage d'acier, alors considérée comme suffisante pour l'empêcher d'user de son pouvoir et de s'enfuir. Ils avaient été bien crédules... Ils lui avaient laissé tout le temps de travailler sur la maîtrise de ses capacités, tout le temps d'apprendre à mieux doser et explorer de nouvelles pistes... Dix neuf ans à travailler dans le but, un jour, de sortir et aller chercher sa vengeance... Et ça avait porté ces fruits, de toute évidence, puisqu'il respirait à l'air libre aujourd'hui.

Petit à petit, il pouvait voir la suite du plan, les traits grossiers s'en tracer du moins. Un temps d'adaptation tout d'abord, retrouver les traces de sa famille, sont qui pourraient le plus figurer parmi les alliés du Russe. Cette partie ne fut pas très concluante, il fallait bien le reconnaître... Par contre, le Zakharine avait pu également réaliser quelques rencontres qui pourraient s'avérer utiles. Il y reviendrait plus tard... Avant, il devait encore s'équiper ! Depuis sa "libération", il n'avait usé que des aspects les plus simplistes de ses pouvoirs. De quoi déjà mettre un peu de pagaille, certes, ayant déclenché à lui seul la peur d'attaques terroristes aux bas quartiers d'Achaea. Ah, c'était toujours un bon moment que de lire un article relatant ses mineurs exploits, ou d'entendre quelques mouches bourdonnantes sur pattes en parler. Les humains étaient si impressionnables... Une petite explosion de rien du tout, et poum, ils se pissent dessus... Comment croire alors qu'ils ne sont pas fait juste pour servir ceux que l'évolution avait placé sur un piédestal ? Le sommet de la chaîne alimentaire en somme : les mutants !

C'était bien beau, mais il pouvait faire plus encore, bien plus. Ses petits amusements n'avaient pas eu de but réel à part semer un peu de chaos, théâtre dans lequel il évolue le mieux. Désormais, il voulait se mettre à frapper à plus grande échelle... Mais il lui fallait un peu de matériel avant ça. Oh, pas grand chose. Batte, pied de biche, et même un sabre japonais... Il avait insisté sur ce dernier point lorsqu'il avait "passé cette commande" à Bella Cartwright, fille d'un de ses vieux associés, l'homme même qui l'avait aidé à l'extérieur pour préparer son évasion. Un allié en qui le Zakharine avait toute confiance, le seul homme ayant accès au compte en banque caché de Boris, réserve dans laquelle il pouvait se permettre de piocher pour tout ce qui concernait les dépenses du récent évadé. Sur ce plan là, pour une fois, il préférait ne pas être dépendant d'un autre, du moins dans la mesure où il désirait assumer lui même les coups relatifs à ses propres projets. De petites économies qui ne dureraient pas éternellement, au rythme où ça filait... L'immeuble dans lequel le Zakharine vit a été acheté - pas trop cher vu son vétuste état - permettant d'y loger également Pipo, Mario et Leon. Ainsi, Boris n'avait pas long à faire pour trouver son petit personnel qui occupait les étages inférieurs au sien. Mais voilà qui faisait tout de même une tache dans le porte feuille...

Cependant, une autre dépense importante allait devoir venir également. Les derniers détails en furent d'ailleurs conclu directement à l'oral par cellulaire avec Cartwright père, alors en Russie au moment de l'appel mais revenant sous peu.
    Mot de passe ?
    *Les prolifiques vilenies de dame nature vont pullulants sur lui...*
    Enfin ! Bientôt deux s'maines que j'suis sorti, et enfin j'peux t'parler ! Qu'est-ce que tu foutais bon Dieu ?
    Aaaah, des affaires, tu sais... L'appel de la Mère Patrie !
La remarque les fit rire tous les deux. Son accent, bien plus prononcé que celui de Boris, donné un côté particulier à cette affirmation ironique, lorsque l'on savait que les deux hommes n'étaient pas des patriotes dans l'âme, que du contraire, et qu'ils méprisaient assez leur terre natale.
    Ouais, j'ai entendu ça... La Russie... *Qu’est-ce que c’est que ce pays ? C’est pas possible. Il fait au moins... -8000 !*
    Ahah, tu l'as dit ! Enfin, mes obligations se terminent ! Je vais bientôt pouvoir rallier la côté Ouest, une question de jours. *Maintenant nous sommes libres, et nous nous reverrons. Mais pas encore, pas encore.* D'ici là... Tu veux donc que je te dégote une moto ? Quel genre ?
    Du genre équipée. Rapide, boostée même. Je veux un tigre mon ami, un fauve du bitume, tu vois ? Un truc qui en jette sans être forcément tape à l'oeil, et qui trace, qui trace... Et fiable aussi. LA bécane quoi... ça te donne une meilleure idée ?
    Je vois... ça risque de coûter un pont si c'est vraiment du niveau de ce que je pense.
    Genre quoi, *100 patates* ? Toute ma vie, *j'ai dépensé sans compter.* Pourquoi commencer maintenant ?
    Je peux te demander pourquoi tu veux un véhicule de ce genre ? Des nouveaux amis à épater ?
    Tu rigoles ? *Les amis c’est comme les lunettes, ça donne l’air intelligent, mais ça se raye facilement et puis, ça fatigue !* Surtout s'ils portent une jolie plaque...
    Les affaires reprennent alors ?
    On peut dire ça comme ça. T'peux m'avoir ça pour quand ?
    Je dirais... une semaine ! Je pense connaître quelqu'un qui pourra m'arranger ça. Je vais l'appeler tout de suite, pour moi, il acceptera de se mettre au travail avant de recevoir l'argent, d'ici à ce que je rentre aux Etats-Unis. Il ne devrait pas y avoir de problèmes ! Oh, et une dernière chose ! T'approches pas trop près de ma fille, Boris...
Ce dernier ne put s'empêcher de ricaner... Forcément... Et après quelques salutations d'usage, la conversation téléphonique se termina là. Rien d'autre de fascinant à se raconter, du moins pas si ce n'était pas face à face. Boris devrait recevoir des nouvelles rapidement d'un dénommé Mark, quelques heures plus tard à peine. Ce serait lui qui bricolerait la moto, et qui viendrait ensuite l'apporter personnellement. Un mutant lui aussi, selon ses dires. Ce serait une moto de course, améliorée comme il se devait. Mais ils devaient encore se mettre d'accord sur une chose. Le modèle... Ils convinrent ensemble qu'une italienne aurait la classe nécessaire...

* * *


Les jours suivants, Boris s'occupa l'esprit à sa manière. C'est-à-dire en fourbissant quelques plans, en imaginant les meilleures manières de se construire l'avenir qu'il souhaitait voir réalité. Quels grands projets ? C'était ambitieux en effet... Pour avoir pris la vie d'une espèce inférieure, on l'avait enfermé... Est-ce que l'on emprisonne l'homme qui abat un chien ? Non, bien sûr que non... Mais ce n'étaient pas les chiens qui faisaient les lois, après tout ! Ce petit comparatif démontre d'une manière parfaite la place qu'il accorde aux mutants et aux humains dans ce monde. Les premiers sont naturellement plus élevés que les seconds, se montrant finalement en tant qu'une forme d'évolution. Les humains avaient besoin de la technologie pour améliorer leurs capacités, et ça ne rivalisait pas toujours avec les dons naturels des mutants. Certes, les balles tuaient... Mais sans aucun outil, le Zakharine était largement capable de tuer également, et bien plus encore. Un mutant de son niveau, couplant deux pouvoirs puissants en un seul être... Oui, il pouvait se permettre de s'estimer au dessus de la masse dégénérée qui ne pouvait à ses yeux décemment pas occuper une place dans cette société autre qu'être toléré en tant qu'esclave, tout au plus. Comme les animaux primitifs qu'ils sont...

Tout en se grattant la joue - provoquant les bruissements de sa barbe qu'il s'était décidé à laisser pousser pour mieux dissimuler son visage - Boris repensait un à un à tous les pions qu'il pourrait potentiellement faire se déplacer. Pipo et Mario étaient de simples pions inintéressants. Des pièces qu'il n'hésiterait pas à sacrifier. Des humains juste bons à appuyer sur une gâchette et foutre des raclées. Mais au moins, ça, ils le faisaient bien... Pas de quoi vouloir les préserver en tout cas ! Puis il y avait ses cavaliers, ses deux fils, qui seraient bien difficiles à rallier. Une éducation de femme n'avait tout simplement pas lancé ses enfants sur le bon rail, de son point de vue particulier. Tous deux se voulaient droits. Nikita ne pensait qu'à s'insérer dans la paix, et Piotr lui en voulait à mourir... Tout le contraire de ses tours, en les personnes du père Cartwright ainsi que de sa fille chérie Nastasya. Des êtres fidèles, sur qui il pouvait compter, et auxquels il tenait assez que pour ne surtout pas vouloir leur sacrifice. Des pièces à déplacer avec précaution, avec lesquelles il faudrait prendre garde à ne pas trop les exposer au danger... Jusqu'à ce que ce soit réellement nécessaire !

En gros, jusque là, rien de bien utilisable. Des gens qui seraient soit inutiles, qui ne désiraient pas rallier son camp et idéaux ou encore qu'il souhaitait préserver... Pas facile de se monter sa petite start up dans le monde du crime et du chaos lorsqu'on ne pouvait pas lancer un large recrutement public... Surtout lorsque l'on venait à peine de sortir de prison et que l'on ne disposait pas tout à fait d'autant de moyens qu'il l'aurait désiré. Et ça n'allait pas aller en s'arrangeant... Les fous... ces pièces utiles mais fragiles, incapables de donner la victoire à eux seuls. Pour être précis, ce seraient des folles dans ce cas ci. Folles si elles acceptent de le suivre dans ses plans... Kaileen et Bella... La première était déjà dans le métier, et semblait disposée à l'aider dans ses entreprises tant qu'il rémunérait correctement ses services. C'est comme cela qu'il voyait leur entente. Bella par contre... Cela ferait sans doute du mal à son père s'il lui arrivait quelque chose, mais Boris était prêt à passer outre l'avertissement de son père pour l'exposer si c'était nécessaire. Cependant, elle aurait son mot à dire, et il ne savait pas exactement si elle pourrait accepter de se lancer dans le banditisme à son échelle. Elle paraissait mener une vie plus ou moins normale. Devenir une réelle criminelle ne pourrait au final que lui créer des soucis dont elle se dispenserait bien. Mais son pouvoir... Il serait utile, très utile ! Ce serait trop difficile pour lui que de cracher dessus, si elle ne refusait pas son offre lorsqu'il la lui ferait.

C'était maigre, mais cela semblait lui permettre quelques opportunités déjà. À eux trois, Boris voyait déjà un plan parfaitement applicable et réalisable. Cette entente pourrait suffire à court terme. Un braquage, un seul. Mais assez énorme que pour remplir les caisses pour un bon moment... Déjà ce à quoi il avait pensé lorsqu'il avait proposé à celle qu'il ne connait encore que sous le nom d'Eva de travailler pour lui. Une pièce de plus ne lui serait pas du luxe cela dit... Un troisième fou ? Ah, plus on est de fous, plus on rit comme dit ! Attendre et voir, une opportunité se présenterait peut-être pour donner ce rôle à quelqu'un. Et le Zakharine avait même déjà son idée... Un joker rencontré en prison... Qui serait encore à retrouver, puis à convaincre, et ce ne serait pas forcément là une tâche facile.

Sur son plateau, le russe ne disposait pas encore de Reine, mais il espérait bien que cela vienne un jour. Car dehors, il y avait encore de grands mutants qu'il serait intéressant de rencontrer... Une place vacante qui n'est pas encore à combler, peu utile en son début de partie.

Son concept du Roi par contre n'était que symbolique. Un homme puissant, redoutable, celui qui se veut être la voix des mutants en colère. Chow... Pourquoi un Roi particulier ? Et bien, tout simplement car sa chute ne signifierait pas la défaite de Boris... Ce ne serait qu'une place laissée vacante à laquelle il pourrait accéder. Le vieux japonais avait voulu par le passé enrôler le sibérien. Cela ne s'était pas fait, le Zakharine ne se montrant pas intéressé. Mais depuis, le leader des hostiles était plusieurs fois venu visiter le mutant en prison. L'avait même aidé à trouver des informations sur ses enfants d'ailleurs. Une entente entre ces deux hommes pourrait être possible et ferait alors particulièrement mal. Mais pour cela, il faudrait d'abord que le riche et puissant asiatique puisse se montrer... Le "numéro d'urgence" dont il disposait ne donnait aucune nouvelle, malgré ses quelques tentatives. Monsieur Chow était trop occupé, faut croire... Un comble tout de même qu'une fois Boris sortit, il attende si longtemps que pour donner des nouvelles alors que celui qu'il s'était donné du mal à attirer dans son camp désirait le voir. Puis un jour...

* * *


Un appel qui allait le mettre en joie. Il allait pouvoir rencontrer le Watanabe, bientôt. Ce n'était pas lui en personne qu'il eut au téléphone cependant. La voix d'une jeune femme, faisant typiquement penser à une secrétaire. L'appel fut reçu un soir alors que Boris tapait la carte avec ses deux guignols de porte flingue. Le Zakharine n'avait pas été en veine jusque là, et s'était pris quelques sales coups pokeristiques. À peine raccroche-t-il qu'un sourire se peint sur son visage. Voilà qui pourrait aller dans son sens, enfin. Se rapprocher de Chow pour mieux pouvoir se planquer derrière lui. Le japonais pourrait parfaitement couvrir ses arrières, et pour un temps au moins leurs objectifs se rejoignaient, aussi une coopération temporaire ne pourrait qu'être fructueuse. Voyant son enthousiasme, Pipo & Mario ne manquèrent pas de s'interroger sur les raisons de cette joie, sur la provenance de cet appel. Particulièrement de bonne humeur - alors que quelques minutes plus tôt il bougonnait sur ses pertes aux cartes - le mutant se livra un peu à eux...
    Qui c'était ? Et beiiiin... *C'est... c'est un dinosaure...* Un "collègue". Un puissant collègue. Puissant et riche ! Du genre qui pourrait nous permettre de nous lancer pleinement, qu'on puisse respirer mieux que dans c'taudis. Suffit de lui faire croire que je marche dans son jeu, et ça devrait pouvoir rapporter... Mes buts et les siens se rejoignent. Il m'avait dit qu'il ferait de grandes choses... Z'avez entendu parler de la prise d'otage du sénateur Farinelli hein ? J'suis sûr qu'il est dans l'coup ! Qu'il l'a monté lui même, ouais, j'en mettrais ma main au feu. Il l'avait dit. *Il l'a fait, il y est arrivé ce vieux dégénéré.* Bon, ça n'a pas tourné parfaitement, mais il a prouvé que les mutants ne craignaient pas les humains, même ceux qui se prétendaient les plus grands. Si on marche avec lui, notre potentiel explose, c'est aussi simple !
Ce qui l'excitait surtout, c'était que son "aventure" commençait à prendre véritablement forme ! Et c'était bon de voir que les choses avançaient, évoluaient, même s'il n'était toujours pas entièrement chaud à l'idée de se "prostituer" en acceptant de se mettre au service du Watanabe. Les opportunités que cela offrait, par contre... Être en première loge, et attendre le moindre faux pas... Voilà qui valait le coup de ravaler un peu de son honneur, non ? Le rendez-vous n'était pas pour tout de suite, certes. Mais il ne fallait pas être trop pressé, il le savait. L'air de rien, ça ne faisait encore que peu de temps qu'il était hors de sa prison. L'homme avait encore bien du temps devant lui pour bâtir ce qui deviendrait son empire... Une ambition légèrement démesurée, mais c'est lorsque l'on visait les étoiles que l'on avait le moins de chance de se retrouver le nez dans la merde...

* * *


La livraison de son petit matériel avait eu lieu. Il était particulièrement content du sabre, qui était particulièrement sobre et effilé. Lui resterait à apprendre à la manier au mieux, ce n'était pas comme s'il avait une quelconque habitude de se trimbaler avec ça en main. La batte par contre, ça lui convenait bien mieux ! Un instrument qu'il avait déjà pu apprécier à sa juste valeur à l'époque de sa petite organisation à Las Vegas. Et puis, son attente concernant la fin de la livraison ne fut plus très longue à partir de là... Un peu moins d'une semaine après que la commande fut passée, Mark recontacta le criminel notoire pour lui signaler que les transformations de son petit bijou en étaient arrivées à leur terme. Plus tard dans la journée donc, le mutant mécano se présenta donc au domicile du Russe, frappant sa porte de sept coups successifs. Le signal que Boris lui avait demandé de pratiquer afin qu'il ne puisse pas y avoir de doute sur l'identité du livreur. Mieux valait toujours être prudent, et le Zakharine n'hésitait jamais à avoir recours à divers codes et signaux, de manière à s'assurer que l'on s'adressait bien à la personne que l'on croyait. Une vieille habitude de brigand...

Le jeune Mark était un blondinet aux cheveux frisés et aux oreilles percées. Un T-shirt ample et sombre, sans doute à l'effigie d'un groupe de musique dont le Russe n'avait jamais entendu parler. Il fallait dire que ce n'était pas réellement son domaine... Lorsqu'il voulait écouter de la musique, il en jouait, il n'y avait pas d'autres questions à se poser pour lui qui pensait que dans ce domaine, on n'était jamais mieux servi que par soi même. Sans doute un peu désabusé aussi de toutes ces merdes qu'on pouvait entendre à la radio... Sans doute. Ensemble, ils descendirent au bas de l'immeuble et sortirent, Mark devait lui présenter "la bête".
    Voilà ! Une beauté hein ?
    J'suis plutôt porté sur les blondes plantureuses habituellement, mais là... Le charme d'une belle brune, ça a aussi ses arguments !
    Ah, c'est ça les italiennes m'sieur Zakharine !


Spoiler:
 

Mark prit alors un grand plaisir manifeste à lui expliquer toutes les modifications qu'il avait eu à effectuer sur le modèle de base. Changer le moteur, le "doper" comme il appelait ça, renforcer la structure du véhicule, doubler la sortie de pot, de la gomme tous temps pour les pneus... Bref, la totale. Le jeune mutant se montrait de toute évidence très fier de son travail, les yeux presque lumineux alors qu'il résumait en quelques mots des heures de travail le tout pour une somme particulièrement rondelette. Le soleil frappait fort ce jour là, et faisait parfaitement reluire la mécanique de ce bijou.
    Vous êtes un connaisseur pour avoir voulu un monstre pareil. Seulement, je dois vous prévenir... Un monstre pareil, c'est pas vraiment fait pour respecter le code de la route... Enfin, ça, je suppose que vous êtes au courant et que c'est plutôt le but, non ?
    *Moi les règles j'leur pisse dessus.*
    Au moins, on pourra pas dire que je ne vous ai pas prévenu, je considère que j'ai fais ma partie du boulot. N'empêche... ça m'a fait plaisir de bosser sur une bécanne pareille ! Ah ça, si je pouvais me permettre d'avoir la même, je suis sûr que ma nana reviendrait direct à mes pieds ! J'vous envie m'sieur Zakharine !
    *La jalousie te sied mal mon jeune ami !* Et puis, si t'as besoin d'un truc pareil pour que ton chagrin d'amour revienne à tes pieds, c'est que tu n'sais pas t'y prendre. Je t'aurais bien donné quelques conseils, mais bon... Enfin, je peux tout d'même t'en donner un ! *Parfois le seul moyen d'attraper une femme insaisissable c'est de lui offrir une alliance.* Penses-y, mais bon, ça ne te r'viendra p't'être pas moins cher...
Mark hocha juste du chef, manifestement pensif... Et vu la tête qu'il tirait, Boris pouvait se faire une idée de ce qui lui trottait dans la tête. Ce garçon n'était apparemment pas désireux de se passer la bague au doigt, "sa nana" comme il en parlait donc ne devait pas être si importante que cela au final. Enfin, ce ne sont pas ses affaires et il ne compte pas s'en mêler, ce n'était pas comme s'il avait du temps à perdre avec ça.
    Oh, sinon monsieur Zakharine... Il faudrait que je vous parle d'un truc... Bon, je ne sais pas si ça va vous plaire, ou vous intéresser, mais bon... Il se trouve qu'à l'occasion, je travaille pour une jeune avocate... Du genre, canon si vous voyez ce que je veux dire, vraiment ! Enfin, c'est pas le principal. Apparemment, elle cherchait à gauche à droite qui pourrait la renseigner sur... sur vous ! Elle voudrait vous voir, je sais pas trop pourquoi...
    Qu'est-ce que tu lui as dit ?
Le regard noir, le ton sec, et cet accent habituellement très atténué qui revient plus fort... De l'agacement. Il s'était bien dit que ce n'était pas une excellente idée d'avoir fait savoir à ce garçon pour qui il travaillait réellement. Certes, le père Cartwright pensait que c'était quelqu'un de confiance, mais il pouvait faire erreur ! Boris estimait pourtant avoir été clair dès le début sur le fait qu'il ne faudrait rien dire de sa présence en ville...
    Rien, rien ! Je lui ai juste dit que je mènerais mon enquête, vous comprenez... Je voulais tout d'abord vous en parler.
    J'suis pas intéressé !
    Vous voulez même pas savoir ce qu'elle vous veut ? C'est quelqu'un de bien vous savez ! Elle est du bon côté ! Elle est en faveur des droits pour les mutants et tout. Enfin, j'explique ça mal je suis sûr, mais elle est de notre côté, ça j'en suis persuadé, j'bosserais pas pour elle sinon !
Une petite hésitation... ça méritait de s'interroger en effet. De gratter un peu plus loin, voir ce qu'il pourrait en récolter. Et si c'était la Reine dont il manquait qui venait de tomber du ciel sur un plateau d'argent, tout simplement ?
    Hmmm... Bien... Tu vas lui dire que tu connais un gars qui connait un gars qui pourrait p't'être être en contact avec moi... Mais que quoi qu'il arrive, elle pourra rien avoir de moi si je n'ai pas idée de ce qu'elle me veut. Elle est si mignonne que ça ?
    Plutôt ouais, et pas qu'un peu ! Et puis... elle a un petit quelque chose en plus... Elle dégage une impression de... *Force et Honneur !* C'est pas facile à décrire, mais c'est quelque chose, vous devriez voir ouais...
Intéressant... Sa position actuelle ne le mettait pas trop en danger tant que Mark tenait sa langue et s'en tenant aux consignes. Il insista d'ailleurs sur ce point, lui assurant qu'il serait payé pour servir d'intermédiaire tout en gardant sa localisation secrète.

* * *


Après plusieurs aller-retours de Mark s'étalant sur plusieurs jours, Boris et cette dénommée Solveig s'étaient mis d'accord sur un jour, une heure et un lieu de rendez-vous. Les sujets qu'elle souhaitait lui évoquer étaient du genre à particulièrement l'intéresser, en effet. Il se devait de faire confiance au jugement de Mark sur ses intentions et d'y aller. Après tout, c'était de son fils Piotr qu'elle souhaitait s'entretenir avec lui. Il lui avait été aussi mentionné l'apport d'informations qu'il pourrait juger précieuses... Et puis, pour finir mais pas des moindre, un argument qui s'imposait tout de même : rien que de l'évoquer avait presque fait baver le jeune mutant mécanicien. Une beauté pareille, ça ne ressemblait pas au Zakharine de lui poser un lapin ! Si elle valait tant le coup d'oeil que cela, l'hostile ne pourrait que s'en vouloir de ne s'être pas donné la peine de la rencontrer.

Destination : le casino Gambino. Ce serait au bar de celui ci qu'il pourrait rencontrer mademoiselle Bjorn. Une bonne occasion pour sortir son bolide et l'essayer un peu ! Casque noir sur la teinte, visière teintée sans être non plus par trop sombre, il filait entre les voitures tout en respectant grossièrement les limitations et le code... Ce ne serait pas le moment parfait que pour se faire contrôler... De permis, il n'en avait pas, n'ayant même aucun papier sur lui, tout simplement. Heureusement que les casinos étaient de véritables moulins dans le Nevada, et que l'on pouvait en entrer et sortir sans devoir montrer une pièce d'identité. Pas de quoi s'inquiéter de ce passage donc, sauf si les choses avaient radicalement changé au cours des deux dernières décennies.

Une fois arrivé non loin, il se gare à quelques dizaines de mètres, et enlève son casque pour le dévoiler sous un style légèrement différent de ses habitudes. Un bandana noir lui entourant le front, pas de quoi franchement trancher avec son style jusque là. Mais ses cheveux sont lissés vers l'arrière et tenus en un catogan grâce à un simple élastique. Sa barbe avait bien poussé sur la quinzaine qui s'était écoulée, et le bas de son visage était donc recouvert d'une toison sombre. Aucun fil blanc dans celle ci, malgré l'âge du mutant qui ne faisait de toute manière pas ses quarante cinq ans. De sa poche Boris sort une paire de lunettes noires qu'il enfile d'un geste assuré au plus vite mais sans précipitation. Une chemise grise assez simple et passe partout, un denim en bon état pour une fois... On n'allait pas le caler pour tenue vestimentaire incorrecte, c'était toujours ça... Même si bon, encore une fois, les casinos du Nevada étaient connus pour être assez permissifs à ce niveau... Combien de chemises à fleurs derrière un bandit manchot ? En tant qu'ancien joueur compulsif, le Zakharine est bien placé pour le savoir... Il a assez côtoyé le cercle du jeu pour cela. Bouche fermée, il mâche un chewing-gum avec application. Goût eucalyptus ! Pas ses préférés, il les préférait au fruit, mais bon, il voulait toujours s'assurer d'avoir une bonne haleine, au cas où...

Puis, en quelques pas, le voilà à l'intérieur du casino. Un petit coup d'oeil circulaire, tentant de capter tout ce qui pourrait le menacer. Sécurité, types louches, caméras... Rien d'anormal au premier coup d'oeil, mais observateur il restera sur ses gardes. Pourtant, il ne parvient pas à s'empêcher de se faire remarquer, comme si c'était plus fort que lui... Il aurait dû filer droit, essayer de reconnaître la demoiselle Bjorn selon la description de Mark et la rejoindre directement pour aller à l'essentiel. Mais une idée était venue le frapper alors qu'il avait aperçu un vase contenant quelques roses, à l'accueil... Il s'en était approché pour en saisir une et se l'approprier...
    Ho ! Hoooooooo ! Monsieur ! Ce n'est pas un self-service, je suis désolée, mais rendez moi cette fleur s'il vous plait !
    Hum... Et si je veux vraiment la garder ? Je vous la paie hein, il n'y a pas de problème...
Disant cela il fouilla dans sa poche et en sortit quelques pièces qu'il déposa sans ménagement sur le comptoir. Souriant et un ton amène... Ne disait-on pas qu'un sourire était à même d'ouvrir toutes les portes ?
    Désolée monsieur, mais je ne peux pas vous laisser faire. C'est... c'est interdit !
    Interdit ? Vous rigolez ? J'aimerais bien voir le point de règlement qui le précise... *La Liberté, au cas où vous l’auriez oublié, est le droit de l’âme à respirer. Quand elle ne peut pas respirer à fond, c’est que les lois sont trop étroites. Sans la liberté l’homme est une syncope.* Là, à l'intérieur, la femme de ma vie m'attend. Et je suis en retard... J'ai besoin de cette rose, vous comprenez ? Allez vous m'interdire de me faire pardonner, ou m'offrir la liberté de vivre une soirée paisible avec celle que j'aime ? Soyez compréhensive, s'il vous plait...
Un garde qui s'approche... mais avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, l'hôtesse d'accueil craque et lui accorde son souhait. Un grand sourire, puis il s'incline en remerciement. Et au fin sourire de la dame, il sait qu'il lui laisse une bonne impression, un bon souvenir. Bien loin de l'image du criminel qu'il est, ce qui est parfaitement ce qu'il recherche...

Le bar, enfin. Et il n'eut pas de mal à trouver Solveig. Enfin, il n'en aurait pas la certitude tant qu'il ne le lui aurait pas demandé, mais une magnifique brune, seule à une table avec sa serviette, jupe et haut léger... Ce fut une autre impression que force et honneur qu'il put avoir, même s'il comprenait le point de vue de Mark. Lui, il aurait ajouté un troisième qualificatif : sexy... Se tenant un instant à côté de sa table sans dire un mot, il se permet de la laisser s'exprimer la première, désireux d'entendre le son de sa voix. Après quoi seulement Boris lui répond...
    Bonjour ! C'est moi, Nikolaï. J'espère que je ne suis pas trop en retard...
Il s'assit en face d'elle sans lui demander sans avis - et toujours sans être certain à cent pour cent que c'était bien elle. Mais à son expression faciale, il voit qu'elle sait de quoi il parle, ce qui le conforte donc sur l'idée que c'est bien face à Solveig Bjorn qu'il est assis. Nikolaï, c'était sa couverture, le nom sous lequel il se présentait en public, et l'avocate avait été mise au courant via leur intermédiaire. [Déposant la rose face à elle, il ajoute.]
    Prenez cela comme un cadeau de bon coeur. Notre entrevue paraîtra moins suspecte si l'on croit que nous sommes ensemble, vous ne pensez pas ?
Un franc sourire, alors qu'il avait adopté un ton un peu plus bas pour être certain de ne pouvoir être entendu par personne d'autre qu'elle. Puis enchaîne le plus sérieusement du monde.
    Vous comprendrez que je préfère ne pas m'éterniser trop longtemps en public. Alors allons droit au but. Qu'est-ce que vous pouvez avoir à faire avec mon fils ? Et... Oh... Un instant j'vous prie... J'peux plus attendre, c'est trop pressant là !
C'était gênant, mais ça pouvait arriver même aux meilleurs... [Fallait qu'il aille pisser, vite... Il aurait dû être plus prévoyant à ce niveau, mais bon, il n'avait pas été jusqu'à penser à faire la vidange avant de prendre la route, non...] Alors oui, en plein milieu d'une conversation comme celle ci, ça la foutait mal, en effet, mais les choses de la vie font que certains besoins ne peuvent pas se différer éternellement. Il fut rapide, juste le temps de se vider et de se laver les mains en hâte, emportant quelques serviettes pour s'essuyer les mains en chemin.
    Voilà ! Toutes mes excuses pour ce contretemps... Bon, où en étions-nous donc ? Ah, oui ! Dites moi donc pourquoi vous vous intéressez à mon fils !
Ce qu'il affiche n'est rien d'autre que l'intérêt d'un père protecteur pour les intérêts de sa progéniture. Mais c'est en partie feint, bien sûr. C'est surtout un préambule, une manière d'entamer cette discussion en se montrant comme impliqué dans l'avenir de son fils. Voir ce qui en ressortirait avant toute autre réaction, et ainsi ne pas trop en montrer... Au plus vite, il devait savoir exactement pourquoi il était là, et se faire une idée de son intérêt à rester dans les parages... Bien qu'il était particulièrement envieux de savoir ce qu'elle pouvait aussi avoir à lui apprendre...

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: Plus grave que l'hostilité : l'indifférence ▬ Boris Sam 27 Aoû - 15:15

     L'homme répondit en se présentant sous un pseudo, c'était du moins ce que leur intermédiaire avait laissé entendre sans pour autant lui donner le prénom exact de Boris. C'était compréhensible en y songeant, après tout, le Russe était recherché par toutes les polices de la ville, il devait faire attention, même si le lieu où ils se trouvaient était relativement sécurisé. Une fois de plus, Sólveig se félicita d'avoir eu la bonne idée de parler avec monsieur Gambino du cas de Shawn, c'était de là que leur collaboration était partie, sans quoi il y avait peu de chances pour que les deux slaves se soient rencontrés. Après tout, Aileen ne voulait pas laisser entrer qui que ce soit qui n'était pas directement affilié à Genesys, dans le bunker de l'Opération. Une fois de plus, c'était compréhensible, l'intérêt d'une personne - à savoir Jia Li - ne devait pas passer avant celui des autres, même pour retrouver la trace d'un éventuel futur membre de l'Opération.

     L'avocate resta silencieuse le temps qu'il s'installe face à elle, puis une expression de surprise passa sur son visage lorsqu'elle le vit poser une fleur devant elle. Et bien, il avait tout bien prévu visiblement ! Entendant son explication sur la raison de ce cadeau pour le moins surprenant, elle hocha la tête d'un air entendu, il était vrai que de faire croire à un rendez-vous amoureux pouvait leur faciliter les choses, même si elle espérait qu'il suffirait de se borner à des sourires charmants ! Déjà par souci de respect pour son compagnon, puis surtout parce que la Norvégienne avait beaucoup d'adversaires qui seraient absolument ravis de pouvoir la voir dans une situation compromettante. Comme elle avait été obligée d'annoncer ses fiançailles à ses collègues puisqu'elle devait s'envoler pour son pays natal sous peu, la brune ne tenait absolument pas à se voir une réputation de femme infidèle lui coller à la peau. Pour manifester à son interlocuteur qu'elle avait bien compris, Sólveig lui offrit un sourire qu'elle réservait normalement à son compagnon lorsqu'il lui offrait un quelconque cadeau, autant jouer correctement le jeu après tout.

     La raison de leur rencontre fut alors avancée, Boris, ou plutôt Nikolaï, commença alors à parler en lui demandant ce qu'elle pouvait bien avoir à faire avec son fils, mais le tout fut interrompu d'une manière pour le moins.... Originale ! Les yeux clairs de la jeune femme s'entrouvrirent de surprise alors qu'elle le regardait sans comprendre au moment où il se leva, puis lorsque les pensées firent leur chemin dans son esprit, l'avocate ne pu retenir un sourire amusé. Belle entrée en matière, c'était la première fois qu'on lui faisait ce coup-là ! Elle profita de ce bref laps de temps pour réfléchir à ce qu'elle pourrait bien lui dire, puis lorsqu'il revint - en s'étant bien heureusement lavé les mains - elle posa ses yeux clairs sur lui avant de hocher la tête d'un air entendu. L'avantage certain qu'il avait sur elle, c'était qu'il savait ce qu'il en était réellement de sa relation avec son fils, Sólveig elle de son côté n'avait pas obtenu assez d'informations à son sujet pour savoir qu'ils ne se connaissaient pas plus qu'elle ne connaissait sa voisine fraîchement arrivée.

     ▬ Avant toute chose, je voudrais vous rassurer, je ne veux aucun mal à votre fils. Disons simplement que j'agis pour une amie, elle est très liée à votre fils et malheureusement, celui-ci a disparu depuis quelques temps sans laisser de traces. Je peux comprendre son côté solitaire, mais mon amie s'inquiète sincèrement pour lui. »

     Ils étaient dans un lieu relativement sécurisé et Sólveig n'avait donc pas particulièrement à craindre de parler de choses aussi importantes, mais disons que le fait que Boris semble très protecteur avec ses enfants la faisait privilégier la prudence. Après tout, quel père serait heureux de vous entendre parler des problèmes de son fils avec le gouvernement ? Dans son esprit, elle était pratiquement certaine que le Russe face à elle était parfaitement au courant de tout ce qui était arrivé à ses enfants, bien loin de se douter qu'il ne devait certainement pas comprendre ce qu'elle voulait dire par là. Elle hésita un bref instant, inspirant légèrement, puis elle parcourut rapidement la salle du regard - toutes les personnes présentes là étaient suffisamment loin pour ne pas entendre sa voix basse - puis elle se pencha légèrement vers son interlocuteur comme si elle souhaitait lui confier un secret.

     ▬ Mon amie est membre de Genesys, elle s'appelle Jia Li et a été emprisonnée avec votre fils dans la base de l'Opération. Je crois qu'elle ne l'a pas été aussi longtemps que lui, mais visiblement ils ont été mis en contact à plusieurs reprises, tout comme avec d'autres évadés de ce que j'ai cru comprendre. Vous comprenez donc qu'avec les récentes captures de l'Opération, elle a tout à fait raison de s'inquiéter pour son ami n'est-ce pas ? »

     Elle avait assez bien résumé la situation, parlant de Jia Li, de l'emprisonnement, de Shawn même si elle passait son nom sous silence. Peut-être que si Boris aidait l'Opération Genesys, il pourrait être mis en relation avec la jeune chinoise, après tout elle aurait certainement beaucoup de questions à lui poser, mais Sólveig doutait du fait que la directrice de l'Opération puisse accepter qu'il mette les pieds chez « eux ». De plus, Jia Li ne sortait pas très fréquemment du bunker étant elle aussi recherchée. Pour le moment, elle espérait de tout cœur que l'homme face à elle allait pouvoir lui donner une information sur son fils, un nom, un numéro, un endroit où il travaillait ou encore où il pouvait vivre, n'importe quoi, juste qu'elle ne rentre pas chez elle bredouille. Même si Jia Li n'était pas au courant de la tentative de son amie, celle-ci souhaitait tellement pouvoir lui donner une bonne nouvelle.... Quelques instants de silence avant d'enchaîner d'un ton toujours aussi bas pour que les oreilles indiscrètes n'entendent rien de ce qu'ils se disaient.

     ▬ Je peux comprendre votre envie de protéger vos enfants, mais elle est vraiment très inquiète, j'aimerais pouvoir lui donner n'importe quoi, une adresse, un numéro de téléphone, un endroit où le voir. Au moins savoir qu'il est en vie et en sécurité, ce serait déjà une bonne assurance pour elle. Léger soupir. La pauvre s'en serait bien occupée seule, mais disons qu'elle est très bridée dans ses mouvements puisque, tout comme vous, elle est recherchée par les autorités. Notre organisme refuse de la laisser se mettre en danger, même pour retrouver un ami. Une brève pause. Nous pourrions vous aider, vous et vos enfants. »

     Oh, Genesys aidait sans rien demander en retour, ou plutôt l'Afflictis, mais disons que Boris cherchait certainement d'autres informations au sujet de l'Opération Apocalypto. C'était du moins ce que la trentenaire croyait, loin de se douter que l'homme qui lui faisait face savait encore moins de choses qu'elle sur son rejeton. Boris n'avait peut-être même jamais entendu parler de l'organisme du gouvernement, pas de manière aussi poussée que les membres de Genesys tout du moins. Combattre les autres en solitaire était loin d'être à la portée de tout le monde, seul, le slave ne pourrait jamais avoir autant de facilités qu'avec un coup de pouce de l'avocate ou d'Aileen. Un petit moment de silence passa avant qu'elle n'oriente la conversation sur un autre sujet.

     ▬ Vous devez savoir qu'un avocat précis possède beaucoup d'informations à votre sujet. Je parle évidemment de Jay Sigway qui s'est occupé de votre affaire, l'avocat commis d'office vous savez.... Il se trouve que c'est l'un de mes collègues, nous n'entretenons pas de très bonnes relations et je dois avouer que je me ferais un plaisir de le délester des informations vous concernant. Encore faudrait-il que vous le souhaitiez ? »

     C'était le moins que l'on puisse dire, les relations entre les deux avocats étaient simplement cordiales et la Norvégienne savait très bien qu'il n'était pas aussi clean qu'il voulait bien le faire croire. D'un côté, ce serait que lui service de le délester de ses dossiers sur Boris, elle ne doutait pas une seule seconde du fait que si le Russe s'en chargeait en personne, ce serait beaucoup moins pacifiste que sa manière à elle. De plus, ce ne serait qu'une vengeance bien méritée. Qui a dit que les femmes n'étaient pas capables de se venger de manière subtile ?

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MessageSujet: Re: Plus grave que l'hostilité : l'indifférence ▬ Boris


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Plus grave que l'hostilité : l'indifférence ▬ Boris

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