Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris

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Piotr Zakharine
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MessageSujet: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Jeu 28 Juil - 10:45


Boris ZakharinePiotr Zakharine


     Longue journée, rude journée, pour changer, Piotr ne remarquait plus les jours qui défilaient à force qu'ils se ressemblent tous, ça devenait morne et monotone. Des fois il lui arrivait de se demander pour quelle raison il pouvait bien vouloir rester à tout prix à l'extérieur et ne pas se laisser tout simplement capturer par l'Opération. En réalité, cette dernière avait réussi à lui compliquer les choses en y regardant de plus près, elle parvenait à l'empêcher de vivre normalement, même s'il était en liberté. Ce n'était qu'une illusion, le jeune garçon était bel et bien bloqué dans cette pseudo liberté, impossible de mener une vie normale lorsque votre visage passait à la télévision une ou deux fois dans l'année et que vous étiez considéré comme un évadé de l'asile par toutes les autorités Américaines. La chance, heureusement qu'il en avait sans quoi cela ferait longtemps qu'il n'aurait plus la chance d'avoir un petit boulot et un endroit où dormir. Le Russe avait découvert, avec le temps, que bien des personnes avaient d'autres raisons de se cacher des autorités. Son patron au garage, n'était pas mutant, mais cela ne l'empêchait pas de refuser de voir un flic mettre les pieds dans sa rue. Il n'était pas dupe, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, l'homme avait abordé le sujet de sa prétendue évasion de l'asile avec son garagiste, lui déclarant qu'il avait bien remarqué que le slave était tout sauf fou et qu'il ne voulait pas savoir pour quelle raison cette fausse information circulait, mais tenait simplement à être sûr qu'il ne le laisserait pas tomber du jour au lendemain. Piotr avait promis et depuis ce jour il n'avait plus eu de questions à ce sujet. Au final, c'était quelque chose de très reposant de pouvoir se dire qu'il n'avait pas à craindre que ses collègues et le responsable du garage, ouvrent leur journal et voient sa photo en première page.

     C'était cet homme qui avait attiré l'attention de son employé sur une photo qui figurait dans le journal quelques temps auparavant, lui disant que l'évadé de la prison dont la photo était à la une, possédait le même nom de famille que lui. Sur le coup, Piotr avait senti son cœur rater un battement, la crainte avait aussitôt fait surface bien qu'il tentait de garder une expression neutre. Après un coup d'œil sur la photo en question, il avait négligemment secoué la tête en déclarant que son nom était assez courant en Russie - ce qui était totalement faux évidemment - puis avait repris son travail, mais non sans sentir une vague d'inquiétude le submerger. Le visage de l'homme ne lui disait strictement rien, ce qui n'était pas si surprenant au final étant donné qu'il n'avait jamais vu son géniteur, mais son prénom avait suffi à lui confirmer ses pires craintes : cet homme était le meurtrier indirect de sa mère. Il ne le considérait pas comme son père, pour mériter un tel nom encore aurait-il dû avoir été présent au moins une fois dans sa vie, ce qui était bien loin d'être le cas, mais au fond Piotr ne s'en plaignait pas, il en était même parfaitement ravi. Restait à espérer que tout cela n'allait pas changer dans les mois à venir, peut-être que cet homme allait simplement se contenter de faire des meurtres et des orphelins comme à son habitude, sans s'embarrasser de son passé ? Il avait eu une rapide pensée pour son aîné, Nikita, qu'est-ce qu'il pouvait donc devenir ? Pacifiste dans l'âme, il ne ferait certainement pas le poids face à un tueur expérimenté comme Boris, mais impossible pour le Russe de savoir s'il avait déjà revu leur géniteur ou non, les deux frères ne s'étaient plus revus depuis qu'ils s'étaient croisés à la bibliothèque. Une fuite rapide qui leur avait évité de retomber dans les retrouvailles qui finiraient par porter préjudice à Nikita.

     Des pensées qu'il avait abandonnées depuis quelques temps, la fuite à Las Vegas pour changer de vie n'y avait strictement rien changé, depuis son retour il n'avait plus revus beaucoup de monde. Svetlana qu'il avait aperçu rapidement dans les ruelles de la ville, aucune trace de Jia Li, pas plus que de ses anciennes connaissances à présent classées dans la section « passé » de son esprit. Il n'y avait plus que le travail dans sa vie, levé le matin à l'aube pour aller travailler jusqu'au soir où il rentrait généralement bien après les autres employés, emmagasinant les heures supplémentaires qui ne lui servaient pas à grand-chose. Une vie digne d'un Américain, finalement il arrivait à s'intégrer dans le rôle du gars qui bossait trop pour pouvoir profiter de l'argent qu'il gagnait, mais c'était plus pour avoir quelque chose pour s'occuper l'esprit que pour réellement avoir les moyens de financer sa chambre de bonne.

     Mais aujourd'hui était un jour particulier, le patron de la boîte avait l'anniversaire de sa fille à fêter et il avait renvoyé tous les employés chez eux beaucoup plus tôt qu'à l'accoutumée. Piotr ne faisait pas exception, c'était bien pour cette raison qu'il se retrouvait dans la ruelle sur laquelle donnait la façade du garage, à saluer ses collègues qui s'éloignaient dans l'autre sens, allant tous faire un tour au bar du coin. Ils avaient proposé au Russe des les accompagner, mais fidèle à sa neutralité et sa méfiance, le blond avait refusé avec politesse, mais fermeté. Alors que les silhouettes des jeunes gens s'éloignaient dans la chaleur encore très présente, que le soleil était encore assez haut pour la soirée approchante, le Russe se détourna pour prendre la route de l'immeuble où il vivait. Une soirée assez longue en perspective, il voyageait uniquement à pied, plutôt ironique pour un garagiste me direz-vous, mais il n'avait pas le permis et ne tenait franchement pas à se retrouver en prison à cause d'une idiotie comme ça. De plus voyager à pied permettait de se dissimuler plus rapidement aux yeux indiscrets que dans une voiture. Il marcha un petit moment en évitant de regarder les gens qu'il croisait et qui le regardaient étrangement à cause de son éternel pull destiné à dissimuler la marque de l'Opération et le froid glacial de sa peau. Il était vrai qu'avec cette chaleur les gens avaient tendance à se dévêtir et seule sa casquette ne faisait pas tâche dans le décors. Peu lui chalait, il arriva rapidement dans une ruelle plus large où les voitures étaient assez rares et son attention fut attirée par un véhicule arrêté sur le bas-côté, le capot ouvert et des bruits indiquant que quelqu'un était en train de farfouiller dedans. Habituellement, il aurait passé son chemin en laissant l'inconnu se débrouiller, mais il avait trop de temps à perdre alors autant être utile non ? Le slave s'approcha de la voiture avant de s'adresser à la personne penchée sur le moteur.

     ▬ Est-ce que vous avez besoin d'aide ? »

     Pas de « bonjour, comment ça va ? », ce n'était pas son genre d'être aimable, il préférait largement la neutralité, rendre service sans pour autant avoir l'air trop gentil au risque que l'autre cherche à être trop redevable. Trouver le juste milieu comme toujours. Il s'arrêta aux côtés du capot, la personne penchée se trouvait visiblement être un homme, mais son visage penché vers le moteur était masqué et le blond ne distinguait qu'une masse de cheveux foncés. Histoire que l'autre ne s'imagine pas que le nouvel arrivant était uniquement là pour lui causer des ennuis, Piotr ajouta quelques mots d'un ton que son accent traînant rendait quelque peu incompréhensible.

     ▬ Elle refuse de démarrer ? C'est peut-être la chaleur, avec ce temps les vieux modèles n'aiment pas trop sortir. »

     Il jeta un coup d'œil au véhicule, il ne semblait pas être de toute première jeunesse, mais peut-être que l'inconnu était un amateur de vieilles voitures allez savoir. Patient, le slave retomba dans le silence, oscillant du regard entre la silhouette de l'homme et sa voiture.

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MessageSujet: Re: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Sam 30 Juil - 23:50

Boris ne s'était pas laissé abattre par les résultats peu concluants de ses premières recherches. "Parti pour problèmes familiaux" lui avait-on répondu au sein du premier garage qu'il avait visité, là où Piotr avait travaillé par le passé. Parti... Où ça ? Le patron s'était montré dans l'impossibilité de le divulguer, non pas qu'il ne le désirait pas mais juste qu'il n'en avait jamais rien su. Content du travail de son mécano, il avait même avoué au chauffeur du russe qui avait mené l'enquête pour lui qu'il avait regretté son choix de tout plaquer. Du style "dur à trouver du bon personnel de nos jours", ce genre de choses. Voilà qui aurait pu marquer la fin de ses recherches, s'il n'avait pas été aussi obstiné. Sans piste à suivre toutefois, cela s'avérerait particulièrement compliqué.

Son cadet pouvait très bien avoir quitté la ville, et n'exercer plus aucun emploi. Comment alors remonter jusqu'à lui dans ce cas ? Pour le moment, il n'avait d'autre choix que de se baser sur l'espoir, et de poursuivre ce qu'il avait commencé, sans toujours trop attirer l'attention ni se lancer dans de grandes explorations. Au pire, si sa méthode ne donnait rien, il suffirait alors d'avoir recours à quelques uns de ses contacts qui pourraient l'aider à "retourner" le Nevada à la recherche de Piotr Zakharine. Dans ce genre de cas, il n'y a pas de mystère, il faut de la chance. Et de ce point de vue, le mutant intangible en avait eu cette fois ci... Il s'était dirigé vers les autres garages et concessionnaires de la région, se disant que tout le monde avait besoin de manger et qu'un ouvrier chercherait naturellement à se replacer dans son "milieu naturel", son secteur de prédilection. Et... bingo !

Piotr avait fait sa réappartion à Achaea voilà quelques temps, et s'était alors attelé à se retrouver un emploi... En vérité, son père n'avait pas réellement cru que ce serait si simple, mais il fallait se rendre à l'évidence, cela avait porté ses fruits. La veille, il l'avait suivi discrètement, à l'arrière de sa berline conduite par son chauffeur personnel. Le mutant avait pu pour la première fois voir et observer sa progéniture. Cet enfant qu'il avait laissé au pays avant même qu'il ne naisse... Éprouvait-il des remords à ce sujet ? Pas vraiment... Boris étaient de ceux qui menaient leur vie et procédaient à leurs choix sans se poser d'autres questions et surtout sans se replonger dans le passé. Même le présent n'avait pas d'importance pour lui, car c'est dans l'avenir qu'il souhaitait investir. Il se voyait bâtisseur, l'un des vecteurs d'un monde nouveau dans lequel il obtiendrait la place qu'il mérite réellement. Et ce ne serait que justice que ses enfants puissent en profiter en oeuvrant à ses côtés.

Aussi avait-il planifié une petite mise en scène... De l'argent, Boris n'en manquait pas, ayant eu le temps d'emmagasiner à l'époque où il avait monté sa "petite entreprise" à Las Vegas. Pas difficile donc de faire passer une petite enveloppe au patron du garage histoire qu'il ferme plus tôt aujourd'hui... En voyant le montant, il n'avait même pas demandé d'explications, pour dire à quel point il en était content ! À lui de voir le prétexte, le Zakharine se moquait de cette partie du plan... Sur le chemin qu'empruntait Piotr pour rentrer chez lui, deux voitures s'étaient garées un peu plus tôt. Une berline élégante, celle-là même que Boris faisait utiliser pour ses déplacements, conduite par son chauffeur avec Pipo et Mario sur la banquette arrière, prêts à intervenir si quelque chose se passait mal. Le russe avait conduit lui même la seconde, cette vieille guimbarde... Une Ford Crown Victoria de quatre-vingt-treize, dont les modèles suivants deviendraient des voitures de choix pour les taxis mais surtout les services de police américains au cours des années suivantes. Ce n'était plus le cas depuis bien longtemps... Et Boris lui n'en sait rien de toute façon, n'ayant jamais été réellement passionné de mécanique.

Tout ce qu'il sait, c'est que cette caisse a largement fait son temps, avec sa peinture délavée, ses taches de rouille par endroit et son rétroviseur arraché... Pas difficile de faire croire qu'un tel modèle ait pu tomber en rade ! Elle roulait bien peu avant pourtant... Jusqu'au moment où le mutant avait déchargé une once d'énergie cinétique dans un boulon avant d'y donner une pichenette provoquant une menue explosion. C'était assez périlleux que de tenter un coup pareil, une déflagration un peu trop importante aurait pu déclencher une réaction en chaîne où sa vie aurait été sérieusement en danger. Mais avec l'expérience qu'il avait, Boris avait confiance en ses capacités à doser. Le résultat au final ne fut qu'une faible partie endommagée, mais surtout un beau nuage de fumée !

Un moment pour passer à l'action qui n'est pas choisi au hasard, un appel de phare de ses complices l'informant que son fils allait passer le coin de la rue. Devant son capot ouvert et fumant, fouettant l'air de sa main que pour disperser la brume et y voir plus clair. Il frotte ensuite ses mains sur l'arrière de son jeans délavé, chemise à carreau rouge ouverte sur son débardeur grisâtre, un bandana noir sur son front dont le pan lui retombe devant l'oeil, complétant ainsi la panoplie de son style vestimentaire. Il ne s'est pas couvert la tête d'un chapeau ou d'une casquette aujourd'hui, aussi ses cheveux tombent-ils devant son visage alors qu'il inspecte son moteur. Et il n'a pas besoin de les relever pour savoir à qui appartient cette voix qui vient de s'adresser à lui. Touché !
    Ça serait pas d'refus, ouais ! J'sais pas c'qui s'est passé, elle a commencé à faire du boucan, du coup j'me suis garé. Et au moment où j'allais couper l'moteur, bam ! J'dois avouer que j'y connais rien moi...
Du coin de l'oeil il le regarde enfin. Son fils, lui aussi mutant de ce qu'il en savait. Son fils dont il avait choisi le nom mais dont il ne s'était jamais occupé ni même réellement soucié. Avait-il suivi les nouvelles dernièrement ? Vu sa tête de criminel dans la presse ou les infos ? Possible, très possible, et si c'était le cas, c'était certain que lui aurait fait attention au nom qui y était lié. Des Zakharine, ça devait pas courir les rues, même si au final toute la petite famille vivait à Achaea. Finalement, il relève la tête plus franchement, tout en se passant la main dans les cheveux pour les rabattre vers l'arrière. De quoi un peu forcer le destin, quelle autre manière de savoir s'il pouvait être par lui reconnu ?
    Pensez qu'c'est réparable ? Si vous arrivez à m'sortir de là, j'vous paie un café ! Mieux, un resto, ça vous dit ?
Boris sort son paquet de tabac de sa poche, commençant rapidement à s'en rouler une tout en se disant que Piotr n'avait pu déjà que repérer l'accent russe de son père, même s'il était devenu assez discret avec le temps. Sa clope rapidement achevée, il se la colle en bouche avec de se l'allumer avec un briquet à essence ouvert et allumé du pouce d'un mouvement agile et rapide. Après quoi il lui tend son paquet...
    Z'en voulez une ?

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Piotr Zakharine
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MessageSujet: Re: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Dim 31 Juil - 11:56

     Dans l'esprit de Piotr, la réparation allait prendre quelques minutes avant qu'il ne puisse laisser l'inconnu repartir, ou au pire lui conseiller de passer au garage le lendemain si les réparations étaient vraiment trop importantes. Vu le modèle il y avait fort à parier qu'elle avait déjà rendu l'âme, mais les amateurs de vieux tacots étaient plutôt du genre à refuser de balancer leur petite chérie à la casse. Enfin vu la tête de celle-ci, ce n'était certainement pas par choix que son propriétaire l'utilisait encore, peut-être bien que c'était un chômeur récidiviste qui n'avait pas d'autres choix que de conduire une poubelle ambulante. Quoi qu'il en soit, l'interpellé répondit positivement, certainement trop heureux d'avoir un peu d'aide ce qui était plutôt compréhensible, puis il lui dressa rapidement le diagnostic du véhicule avant d'ajouter qu'il n'y connaissait strictement rien. Le Russe nota un peu bêtement que son interlocuteur avait visiblement l'air d'être originaire de la même région que lui, une habitude que vous preniez rapidement, entendre l'accent des gens qui parlaient la même langue natale que vous. Toutefois l'accent de l'inconnu était beaucoup plus discret que celui du jeune homme qui avait appris à parler Américain sur le tas et n'avait pas encore compris toutes les subtilités de cette langue. Léger hochement de tête alors qu'il s'approche encore un peu pour jeter un coup d'œil sur le moteur fumant au moment où l'autre reprend la parole pour lui demander si c'était réparable où non. Difficile à dire sans trifouiller un peu, sans se mouiller il hausse les épaules pour signifier qu'il ne peut pas le dire de but-en-blanc et lorsque le propriétaire du tacot lui présente un paquet de cigarettes, le blond détache enfin son attention du moteur.

     Sur le coup, son cœur s'emballe soudain, sans vraiment qu'il ne sache pourquoi, un simple regard dans les yeux de l'homme et une sensation de malaise lui étreint le cœur, un peu comme lorsqu'il croisait des agents de l'Opération en civil. Est-ce que cet homme est l'un d'entre eux ? Il a tellement de personnes à craindre que les visages se mélangent à force, Piotr a simplement regardé le portrait de son père et a imprimé certaines particularités dans son esprit. L'accoutrement de l'homme n'aide pas son esprit à faire le rapprochement, seule la sensation d'inquiétude et de crainte se fait sentir. Le slave sait qu'il doit craindre cet homme, mais l'explication tarde à venir et il craint tout à coup d'avoir l'air louche à le contempler sans répondre. Il lui faut quelques instants de silence avant de répondre d'un ton quelque peu hésitant.

     ▬ Merci, mais je ne fume pas. »

     Le Russe détourna son regard vairon du visage de l'homme alors que son esprit carburait, c'était con, ça ne l'avait pas frappé d'un coup comme dans les films où après avoir seulement regardé une photo, l'on parvenait à reconnaître quelqu'un que l'on ne connaissait ni d'Ève, ni d'Adam. Le moteur fumait beaucoup, c'était une chose assez habituelle, mais pour le coup ça ne risquait pas de lui faciliter la tâche, il avança sa main pour commencer à vérifier le matériel, le tout n'était pas de première jeunesse et ce devait certainement être un incident mineur qui avait fait tout sauter. Habituellement ces bagnoles tenaient jusqu'au bout comme les éléments étaient assez bien séparés pour ne pas déclencher une réaction en chaîne, mais Piotr ne voyait aucune autre possibilité. Après un léger hochement de tête il répondit à la question de l'homme avec un peu de retard.

     ▬ Pour tout vous dire, je crois que ce n'est pas réparable sur place, vu comme ça fume, ça doit certainement venir d'une pièce qui a complètement cédé. Habituellement les vieux modèles comme ça roulent plutôt bien, même avec une pièce en rade, mais vu cette fumée... »

     Les derniers mots avaient été prononcés d'un ton plus bas comme s'il réfléchissait, chassant la fumée qui lui brouillait la vue d'un geste de la main. C'était toujours la bête noire des garagistes, les moteurs encrassés, mes moteurs qui fumaient, il fallait passer plus de temps à régler le problème de la fumée et pouvoir distinguer la pièce défaillante, qu'à réparer cette dernière. L'avantage lorsqu'on avait la peau aussi froide que lui, c'était que les brûlures devenaient rapidement supportables, s'il lui arrivait de mettre la main sur une pièce trop chaude, il n'avait pas à courir au lavabo pour se passer la main sous l'eau glacée. Mais devant un inconnu il préférait jouer la carte de la prudence et ne pas mettre les doigts n'importe où au risque de se brûler. Après quelques instants à observer les différentes pièces, il recula finalement, s'éloignant légèrement du moteur et par la même occasion de l'homme, faisant mine d'esquiver la fumée alors qu'il mettait en pratique sa technique habituelle : la fuite. Essuyant ses mains quelque peu crasseuses sur son pantalon, il risqua un bref coup d'œil vers le visage de l'homme avant d'en revenir au moteur qui semblait avoir toute son attention. Le regard fuyant, ça ça ne changeait que rarement.

     ▬ Ce n'est pas réparable comme ça, vu la fumée vous devez certainement avoir quelque chose qui a explosé là-dessous, mais je dois avouer que sans y avoir directement accès je ne peux pas vous aider. Il faudra certainement changer toute la pièce. Il jeta un coup d'œil au reste de la voiture. Mais sans vouloir être méchant, à mon avis vous feriez mieux de changer de voiture si vous le pouvez, un modèle comme ça pour avoir des pièces, ça vous coûtera plus cher que la main d'œuvre. »

     Difficile de croire qu'il était en train de parler mécanique avec l'homme qui haïssait certainement plus sur cette terre. Plutôt ironique d'imaginer qu'il était capable de détester quelqu'un viscéralement alors qu'ils ne s'étaient jamais croisés, jusqu'à ce jour du moins, alors qu'il n'en voulait pas plus que cela à l'Opération qui lui avait fait bien pire au final. Son alarme interne ne s'était pas apaisée, il avait toujours la désagréable sensation que cet homme ne lui apporterait que des ennuis, mais ce n'était certainement pas un agent de l'Opération, ils agissaient de manière plus.... Directe, du genre à vous tirer une balle en plein dans le flanc pour que vous ne puissiez pas vous enfuir, pas à jouer la carte de la subtilité pour vous amadouer de la sorte. Quelques secondes de silence alors qu'il se pressait pour essayer de se souvenir où il avait déjà vu cet homme, un drogué qui lui avait fait des menaces ? Un délinquant du quartier qui lui cherchait des noises ? De nouvelles secondes avant que la lumière ne se fasse enfin dans son esprit, l'accent Russe bien dissimulé, il n'y avait pas dix Russes de qui il devait se méfier. Une brève lueur suspecte passa dans le regard hétérochrome du blond alors qu'il essayait de se remémorer le visage de l'évadé que son patron lui avait montré quelques temps auparavant. Les traits, il n'avait pas cherché à les mémoriser, c'était surtout le regard de l'homme qui l'avait marqué. Le silence s'éternisait et il risqua une dernière tentative avant la fuite.

     ▬ Vous devriez appeler une dépanneuse, je ne peux rien pour vous je suis navré et le seul garage du coin est fermé pour ce soir. Je me presserai à votre place, avec la fin de journée qui arrive vous aurez peut-être de la chance. »

     Quelque chose en lui ne pouvait s'empêcher de lui signaler que les hasards n'existaient pas et qu'il devenait paranoïaque à force de s'imaginer voir Boris partout. Il devait certainement être en train de courir dans les rues de la ville pour chercher quelqu'un à tuer ou une femme à violer. Pas à tailler une bavette avec son rejeton qu'il n'avait jamais vu, si ça se trouvait il ne savait même pas qu'il existait ? Piotr n'avait pas osé risquer un nouveau regard pour s'assurer que les yeux de l'homme lui avaient bien fait imaginer tout cela, autant parce qu'il craignait de constater qu'il avait raison que parce qu'il craignait que l'autre ne remarque qu'il avait compris. Dernier hochement de tête avant qu'il ne tente de prendre congé.

     ▬ Je vous souhaite bonne chance, je dois vous laisser je suis attendu, désolé de ne pas avoir pu vous aider. »

     Il recula légèrement, offrit un hochement de tête à l'autre avant de se détourner, l'idée de tourner le dos à cet inconnu ne le branchait pas, mais il n'avait aucune autre solution pour ne pas avoir l'air trop louche. Il était aussi attendu qu'il était capable d'écrire un roman, mais mentir ne faisait pas toujours que du mal, puis si c'était pour mentir à un homme comme ce Boris, ce n'était que justice.

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MessageSujet: Re: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Mar 2 Aoû - 16:49

Son fils déclina sa proposition tout en dissipant de la main les vapeurs due à l'explosion. Il était vrai que ça fumait beaucoup tout de même... Tellement qu'il était peut-être dangereux de rester devant ? Il n'en savait rien à vrai dire, mais bon, si c'était là quelque chose les exposant par trop, il suppose qu'un professionnel en la personne de Piotr le remarquerait vite. Et manifestement, ce n'était pas le cas, même si sa progéniture avait l'air particulièrement tendue. Il devait se douter de quelque chose, oui... À la manière dont il l'avait regardé, ça ne pouvait à son sens être que ça. Aussi Boris attendait une réaction, un mot, un geste pour se déclarer, mais ce signe qu'il attendait ne vint pas. Essayant de faire semblant de rien, le mécano en restant à l'observation du moteur, commentant l'état de la guimbarde. Pas réparable sur place visiblement, mais bon, ce n'était pas comme s'il avait quelque espoir encore pour celle-ci. Le Russe s'en moquait éperdument de cette caisse, clairement !

Appuyé de sa main gauche contre le pare-choc, Boris tournait plutôt toute son attention vers son blondinet de fils tout en tirant négligemment sur sa clope roulée. Ses trois enfants tenaient plus de leur mère respective que de lui, c'était plutôt évident... Mais le Russe ne s'en formalise pas, il y a pire et puis, ce n'est là surtout qu'un point de détail. Outre ses cheveux d'or, celui-ci avait surtout un autre point caractéristique de la première épouse du Zakharine, et qui ne pouvait clairement pas lui être attribué à lui : cette tendance à ne pas être capable de confronter un regard. Était-ce une habitude pour ce garçon, ou juste le fait d'être mal à l'aise devant son paternel, si tant est qu'il avait réalisé cela ? C'était un point certain en tout cas, il avait l'air assez à côté de ses pompes... Boris quant à lui répondit d'un ton assez détaché, presque trop à l'aise justement.
    Changer de voiture hein ? Ah... J'ai déjà abandonné trop de choses dans ma vie... Trop de valeurs sentimentales laissées derrière moi. C'est cruel que de vouloir jeter à la casse une si belle mécanique non ?
Un double sens particulièrement pertinent lorsque l'on se trouvait face à un fils abandonné avant même qu'il ait vu le jour, n'est-il pas ? Mais il n'en éprouvait sans doute pas autant de regret qu'il souhaiterait le faire croire. Le passé est le passé, et on ne peut plus rien y changer de toute manière.

Sur un dernier conseil, Piotr fit mine de reculer avant de lui souhaiter bonne chance et de carrément tourner le dos. Un départ précipité qui ne peut que faire sourire son paternel, quelque peu attendri de voir sa progéniture ainsi se défiler. Pourtant, le blondinet aurait bien dû y penser, si Boris s'était donné tout ce mal pour le rencontrer, ce n'était pas ensuite pour le laisser filer comme si de rien n'était. Bien entendu qu'il allait le retenir, bien entendu qu'il allait tout faire pour prolonger cette entrevue ! Ce serait bien mal le connaître que de croire qu'on peut lui filer entre les doigts aussi facilement...
    Hey ! T'en vas pas comme ça voyons ! Je sais bien que le garage le plus proche est fermé, c'est moi qui me suis arrangé pour qu'il le soit... Par là même je n'ignore pas qu't'étais censé bosser à c't'heure-ci, et que donc tu n'as rien de particulier à faire là tout de suite, n'est-ce pas ?
D'un pas rapide il le rattrape tout en poursuivant la discussion d'une voix joueuse.
    Tu mens très mal, mon garçon... Après tout, *Luke, je suis ton père" ! Enfin, Piotr j'veux dire !
Son petit trait d'humour ne serait sans doute pas apprécié à sa juste valeur, mais qu'à cela ne tienne, il n'allait pas laisser le temps d'un riposte et directement repartir sur quelque chose de plus sérieux. Ce qu'il ne voulait pas, c'était perdre son auditeur bien entendu, il fallait de suite enchaîner pour "l'accrocher" ne fusse qu'un peu, et surtout éviter qu'il ne prenne ses jambes à son cou...
    C'est moi qui ai choisi ce prénom, tu sais ? Je suis content que ta mère ait respecté cette volonté malgré nos dernières heures difficiles... Enfin... Mon fils, il faut qu'on parle ! Et j'aime autant te dire tout d'suite que je suis d'un naturel capricieux, en cas de refus je suis capable de tout faire pour attirer l'attention sur nous... Et je pense que, toi comme moi, nous préférons éviter d'en arriver là, n'est-ce pas ? Alors, réfléchis bien et sois sage, car s'il est une chose dont tu dois être certain, c'est que je ne te veux aucun mal, que du contraire...
Ce n'était pas une menace en l'air. Il avait chargé le pare-choc d'assez d'énergie cinétique que pour créer un joli petit cratère en plein milieu de cette rue. Un seul claquement de doigt et ce serait l'apocalypse dans le secteur. Mais il était sûr qu'il préférait éviter ça, une telle manoeuvre en plein jour n'était clairement pas dans son intérêt. Toutefois, le ton qu'il avait utilisé pour lui parler se voulait plutôt rassurant, pas trop mielleux ni trop prétentieux. La voix d'un père raisonnable qui s'adresse à un enfant capricieux... Alors qu'en vérité ce devait être tout le contraire...
    Il y a un bar un peu plus loin. T'y viens avec moi, on bois un café, on discute... Et après je te laisse partir pour ne plus jamais me revoir si tu le désires... Tout ce que je te demande, c'est une demi-heure de ton temps précieux, et je paie la note en plus ! Tu n'as rien à y perdre, mon garçon...
Une berline aux vitres teintées passe lentement près d'eux sans toutefois s'arrêter... Ses hommes de main sont prêt à venir en renfort, ou bien à embarquer Boris pour filer, suivant ce que la situation dictera. Tirant une latte sur sa clope, il hausse un sourcil interrogateur tout en recrachant la fumée en un filet partant en biais. Et il ne fixait rien d'autre que son fils, en attendant sa réponse...

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MessageSujet: Re: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Mer 3 Aoû - 13:49

     L'entendre parler de sentiments, de valeurs et d'autres choses aussi stupides fit hésiter Piotr entre l'envie de le trouver tout simplement ignoble de lui servir de telles stupidités, ou le besoin d'y croire un instant. Ce fut la première solution qui prit le dessus sans trop de peine, lorsqu'on avait passé une bonne partie de sa vie à haïr une personne et l'autre à l'ignorer, il n'était guère difficile de voir les mauvais côtés chez elle. Piotr voyait cet homme comme quelqu'un de pourri jusqu'à la moelle, il ne pouvait pas envisager un seul instant qu'il soit réellement triste d'avoir abandonné sa famille pour aller voir ailleurs - d'après ce que sa mère lui avait raconté - ça ne collait pas à l'idée qu'il s'était fait de cet homme. Mais après peut-être que les années passées à détester cette personne en avait fait un monstre digne de Croquemitaine alors qu'en réalité ce n'était rien qu'un mutant volage ? Il n'en savait rien et n'avait absolument aucune envie de lui accorder le bénéfice du doute, c'était tellement plus aisé de le détester sans chercher à en savoir plus à son sujet. Il pouvait se permettre le luxe de haïr quelqu'un pour une fois, ce n'était pas pour lui chercher des excuses comme toutes les personnes qu'il avait rencontrées jusqu'à ce jour.

     Un frisson lui descendit le long du dos lorsqu'il entendit la voix de son géniteur derrière son dos, lui lancer qu'il n'ignorait pas que le garage était fermé puisqu'il en était responsable. La paranoïa du jeune garçon refit surface une fois de plus, est-ce que le patron de la boîte où il bossait était de mèche avec lui ? Non, certainement pas sans quoi il n'aurait jamais montré sa photo dans le journal, peut-être bien qu'il avait envoyé un ami à lui pour régler l'affaire, enfin en envisageant qu'un tel individu puisse avoir des amis. C'était difficile à imaginer. Piotr s'arrêta un moment alors que son père se hissait à ses côtés pour lui lâcher une réplique de film d'un ton tout à fait détendu. Il avait l'air aussi à l'aise que son cadet était dérangé par une telle situation, la vie est injuste, c'est toujours celui qui est le plus fort qui arrive à mieux s'en sortir. Le fait d'avoir été pris sur le fait en plein milieu d'un mensonge ne l'enchantait pas particulièrement, visiblement Boris avait l'air bien plus au courant des habitudes de son rejeton que celui-ci ne le pensait, ce n'était pas bon du tout et ça sentait le roussi. Toujours silencieux, il darda son regard clair dans celui de l'homme qui lui faisait face, sans réagir aux répliques qu'il lui sortait. Il s'imaginait vraiment pouvoir revenir comme ça après des années et jouer du « mon fils » pour se le mettre dans la poche ? Non, certainement pas, Piotr était très rancunier à ce niveau et lorsqu'on l'abandonnait il ne pardonnait pas facilement. Une pointe d'énervement passa dans son regard lorsqu'il osa lui dire qu'il valait mieux être sage, ça lui donnait l'impression d'être un gamin de dix ans sermonné par son père.

     Le slave n'avait aucune envie d'aller discuter autour d'un café avec cet homme, mais disons qu'il n'avait pas vraiment le choix, visiblement Boris avait tout prévu et Piotr n'avait aucune raison de refuser si ce n'est qu'il le détestait purement et simplement. Bah, quelque chose lui disait que du moment qu'il n'aurait pas accepté, il ne le lâcherait pas, peut-être que l'on pouvait compter sur sa bonne foi et imaginer qu'il le laisserait réellement en paix après cette demi-heure de calvaire. Le regard du jeune homme fut attiré par une voiture qui passa, il serra les dents, tiraillé entre l'envie de le planter ici au risque de déclencher une catastrophe, ou d'accepter docilement de le suivre. À bien y regarder, il n'avait absolument pas le choix. Reposant ses yeux clairs sur Boris, il lâcha quelques mots d'un ton vraiment peu amène, visiblement la « révélation » avait suffi à faire remonter son côté agacé.

     ▬ Ce n'est pas comme si j'avais le choix et ce n'est certainement pas pour vous faire plaisir que j'accepte. »

     Il refusait de le tutoyer, ce serait comme de le considérer comme proche de lui et il se le refusait tout bonnement. Un peu stupide comme réaction et pas franchement très utile, mais il faisait avec les moyens du bord. Des remarques simplement destinées à lui faire comprendre qu'il n'avait absolument aucune envie de lui faire plaisir et qu'il agissait pour sa survie. Peut-être bien que ça lui apparaîtrait stupide et que ça le ferait sourire, mais Piotr s'en contrefichait.

     ▬ Je me moque pas mal que je vous doive mon prénom, il n'a jamais été très utilisé de toute manière et ça me fait une raison de plus de ne pas l'apprécier. Puisque vous l'avez choisi, utilisez-le et ne m'appeler mas « mon fils », j'aimerais autant qu'on en reste aux prénoms. »

     Pas très engageant pour une première conversation entre père et fils, Piotr en était pleinement conscient, mais ce n'était pas comme si cet homme avait « mérité » son amour. Le slave n'était pas du style à se montrer ingrat, il avait toujours été redevable envers les personnes qui faisaient preuve de gentillesse à son égard, mais cet homme n'avait rien fait, au contraire si l'on regardait de plus près, il était responsable de tout ce qui lui était arrivé puisqu'il l'avait conçu non ? Le Russe n'en était pas au point de lui en vouloir pour ça, c'était son côté aigri qui prenait le dessus, voir cet homme arriver comme une fleur et la jouer « gentil papa » alors qu'ils se rencontraient à peine, ça l'énervait au plus haut point. Son prénom avait toujours été « cobaye #60 » jusqu'à ce qu'il sorte de là-bas, savoir que son prénom lui venait de cet homme ne l'enchantait pas. Pour quelle raison une femme violée pouvait envisager de respecter le désir de son époux ? Stupidité.

     ▬ N'allez pas m'attirer des ennuis, j'ai déjà eu suffisamment de problèmes comme ça et je m'en suis tiré sans l'aide de personne. Même si le respect ne semble pas faire partie de vos habitudes, vous pourriez faire un effort pour une fois. »

     Il n'était pas hostile, seulement fortement contrarié, comment réagir autrement ? S'il avait été plus enclin à manifester ses sentiments cela aurait peut-être tourné autrement, mais pour le coup il allait se contenter d'écouter ce que l'autre avait à lui dire, tout refuser en bloc et s'en-aller en espérant qu'il allait respecter sa parole et ne plus venir l'importuner. Au moins là, il pourrait envisager d'oublier le visage et le prénom de cet homme qui se disait être son père. Un soupir contrarié, il détourna son attention de son visage pour regarder provisoirement la voiture qui fumait derrière elle avant de secouer la tête.

     ▬ Je devrais vous facturer le diagnostic puisque j'imagine que c'est certainement vous qui l'avez mise dans cet état. »

     Sans plus de cérémonie, il détourna son attention du visage de cet homme, avant d'esquisser un pas puis de tourner la tête en direction de Boris pour lui signifier qu'il ne comptait pas se faire la malle, mais ne tenait pas à attendre ici encore des heures. Piotr tilta alors, se rendant compte qu'il avait beaucoup savoir que cet homme était son père, il ne connaissait absolument pas son pouvoir, ignorant totalement s'il avait effectivement la capacité de le neutraliser sans peine ou de lui attirer de gros ennuis. Vu le caractère de l'homme, ce devait certainement être un pouvoir très hostile, difficile de croire qu'il puisse tuer quelqu'un avec le don de télépathie pour tout dire. Piotr chassa rapidement ses pensées de son esprit, il se moquait de cet homme et de sa vie et ne voulait rien en savoir, il fallait oublier ces questions et se concentrer sur le présent. Sans attendre Boris, décidé à expédier rapidement l'entrevue, le slave se détourna une fois de plus pour prendre la direction désignée par son interlocuteur, ne doutant pas une seule seconde que celui-ci allait le suivre.

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MessageSujet: Re: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Ven 5 Aoû - 4:07

Spoiler:
 

Comme Boris pouvait s'en douter, Piotr avait très mal pris cette révélation. Cependant, il ne s'attendait pas à ce que son fils lui voue une telle haine. Cela transpirait littéralement de ses propos, de sa manière d'agir. Quelque chose de viscéral qu'il ne serait pas aisé de remplacer. Les sentiments de ce garçon à son égard était fort, au moins, c'était toujours ça. C'était mieux que de le laisser totalement indifférent, d'un côté... Est-ce que ça le blessait ? Non, pas vraiment. Cela constituait plutôt un caillou dans sa chaussure. Le Russe devrait maintenant voir comment transformer ces émotions négatives en une certaine forme de fidélité. Oh, il n'attendait pas de l'amour, non, il savait que c'était là peine perdue. Et puis, il n'en avait pas besoin.

Autant dire que la précision concernant le fait qu'il ne venait juste que pour la menace et non par pur plaisir n'était pas nécessaire. Rien que son comportement et son ton en disaient déjà largement assez long. À cela Boris ne répond rien justement, l'évidence est assez forte pour qu'il n'ait pas à la commenter. La remarque suivante le vexa un peu cela dit, bien qu'il tenta de ne rien en montrer. En venir à détester son prénom au point qu'il l'évoquait... C'était triste, tout de même... Mais plus encore, le fait de refuser d'être considéré comme son fils. Là, il se devait tout de même de remettre un peu les choses au clair.
    Et bien... Au risque de te décevoir, mon fils, tu l'es, c'est un fait. Que tu le veuilles ou non, tu ne pourras rien y changer, jamais.
Son ton se veut neutre. Pas de brimade, ni de défiance. Juste la simple énonciation d'un fait auquel ni l'un ni l'autre ne pourront rien changer. Quels que soient les actes, ils étaient père et fils, et ça, c'était pour la vie. Pour le meilleur et pour le pire, comme on dit. Piotr n'apprécierait sans doute vraiment pas cette réplique, aussi se priva-t-il de s'en servir pour enfoncer le clou. Entre temps, ils marchaient de concert. Aucun des deux ne distança l'autre, tant tous deux avaient manifestement l'envie de se rendre au bar désigné pour en finir au plus vite. Pressés... tiens, pouvait-on considérer que ça leur faisait là un point commun ? Sans doute trop maigre pour cela, mais bon...
    Je n'ai aucune intention de t'attirer des ennuis... C'est tout l'contraire en fait. Mais ça, si tu arrêtes un peu de faire ta tête de mule et que t'ouvres un minimum tes oreilles durant la demi heure à venir, tu t'en rendras bien vite compte.
Dans cette remarque, il ne put totalement camoufler son agacement. Jugé et mis au pilori avant même d'avoir dit le moindre mot sans doute. D'une pichenette vive, Boris envoya voler son mégot au travers de la route alors qu'ils traversaient pour rejoindre l'endroit désigné. Une table en terrasse libre mais pas encore débarrassée des verres vides des précédents occupants. Cela conviendra très bien, car ça veut dire aussi que leur commande sera prise rapidement lorsque le serveur - ou la serveuse - viendra nettoyer la table, ce qui ne devrait logiquement pas tarder. Et puis, par cette chaleur, il serait véritablement idiot de s'enfermer à l'intérieur alors qu'ils disposaient là d'une place de choix à l'air libre. Cela ferait également un peu moins de dégâts si la discussion dégénérait, ce qui n'était toujours pas tout à fait à exclure. Comment prévoir les réactions de ce garçon dont il savait si peu de choses ? Père et fils s'installèrent alors l'un en face de l'autre, et de fait n'eurent même pas le temps d'en placer une avant que la serveuse - une quarantenaire pas trop mal conservée, mais pas du tout son genre tout de même - ne vienne faire son travail. Ce fut un café et une eau glacée pour Boris, laissant ensuite le loisir à Piotr de commander ce qu'il désirait. Oui, deux consommations rien que pour lui... L'homme n'aimait pas réellement le café mais louait les bénéfices de la caféine, aussi avait-il besoin d'eau afin de se rincer la bouche et la gorge ensuite, histoire d'en atténuer le goût. Lorsque la commande fut prise, Boris ne perdit pas de temps !
    Bien... Je suppose que tu dois vouloir en finir vite, alors allons-y. Par où commencer...
Ses mains venaient réajuster son bandana, tentant d'aider à camoufler au maximum son visage. Sa dextre en redescendant alla lisser son bouc tout comme il mimait la réflexion.
    J'aurais vraiment voulu faire cela plus tôt, beaucoup plus tôt. Mais j'ai malencontreusement été longtemps enfermé, alors ça n'a pas été aussi évident que j'l'aurais voulu. J'ai... Je n'ai pas été quelqu'un de bien, c'est un fait. Et des raisons d'm'en vouloir, t'en manque pas, j'suis sûr. J'avais même pas ton âge quand j'suis tombé dans bien des vices... La drogue, le jeu, l'alcool... J'étais jeune et très con... Oh, j'essaye pas d'me faire passer pour la victime hein, quelque part j'avais conscience que ce n'était pas bien... J'avais une femme aimante et un p'tit garçon, et c'est pas d'ça qu'ils avaient besoin. Mais... J'étais très con comme je viens de l'dire, et c'était plus facile de lâcher prise et de s'laisser emporter par mes démons...
Il marque une pause comme la serveuse revient leur apporter leurs consommations. À peine un regard pour elle, avant qu'elle s'éclipse. Ainsi put-il reprendre son récit, après s'être humecté les lèvres en sortant brièvement la langue.
    Quand j'y repense, c'est l'annonce de ta naissance qui a été le début de la fin. Rassure toi, je ne t'accuse de rien, ce serait un comble, hein ? Non, je suis le seul fautif... Je n'étais déjà pas capable d'assumer ma petite famille, alors une naissance supplémentaire... J'ai alors commis la plus grosse erreur de ma vie, j'en ai conscience à présent... Et je suis parti ! J'ai abandonné ma famille comme un lâche. C'était pour être mieux pour elle, au moins elle s'est débarrassée facilement d'un mari violent...
La mine sombre, baissant les yeux sur ces dernières déclarations... Le masque même du regret et de la honte. Comme pour tenter de dissimuler cela, il porta son café noir à ses lèvres et en sirota une petite gorgée. Un soupir d'amertume avant de reprendre...
    J'avais ton âge voir un peu moins quand je suis arrivé aux Etats-Unis je pense. J'y ai épousé une nouvelle femme sans me soucier de la précédente, dans l'infamie la plus totale, et je lui ai même fait un enfant... Car tu dois savoir, mon fils, que tu as une soeur... Je t'en reparlerai plus tard si tu souhaites en entendre parler... Mais sa naissance ne fut pas une réjouissance. Je pense aujourd'hui que c'est Dieu lui-même qui a souhaité me punir de mes actes, mais malheureusement je ne l'ai pas compris à l'époque. Pour une vie donnée, une autre fut prise... Morte en couche...
Le moment émotion, où Boris parait avoir du mal à trouver ses mots, la voix mal assurée. Une bonne respiration bien profonde pour reprendre ses esprits.
    J'ai alors poursuivi ma descente aux enfers. Quelques années ainsi jusqu'à ce que totalement camé ma violence ne me punisse. J'ai pris une vie... Une vie innocente qui n'avait rien demandé, sur un simple excès de colère. Et pour cela, on m'a enfermé...
Une nouvelle gorgée de café, plus longue celle-ci, en venant presque à terminer sa tasse.
    La prison, ça change un homme... Mais j'ai eu une chance. Celle d'y trouver Dieu ! *léger rire* Oh, je sais, c'est bateau. Très cliché, sans doute. À croire que c'est lorsque l'on voit le mieux la lumière que l'on peut voir celle du Très-Haut ! Mais j'ai eu dix-neuf années pour y penser, ainsi qu'à mes actes, ma vie ratée, mon comportement égoïste. Et aujourd'hui, je pense que j'ai changé... Tu n'es pas obligé de me croire, et ton avis m'apparaît comme être fait depuis longtemps déjà. Teh ! je parle sans doute dans le vide depuis tout à l'heure, pas vrai ? T'en fais pas, j'arrive à la fin de mon histoire...
    Maintenant que je suis sorti, il te serait insultant sans doute de t'dire que je veux rattraper le temps perdu. Tu dois d'ailleurs sûrement te demander ce que j'attend de toi. Je pourrais dire "une rédemption", mais ce serait faux... Achaea est une ville dangereuse... J'ai entendu dire que des gens disparaissaient ici plus qu'ailleurs... Et maintenant que j'ai changé, maintenant que j'ai compris à quel point j'ai été mauvais et que j'ai enfin l'occasion de me comporter autrement, je souhaite juste pouvoir jouer mon rôle et vous protéger tous les trois... Tu dois trouver ça ironique... Mais je n'ai rien à te demander ! Mon désir est plutôt d'offrir. Offrir mon aide, ma protection... Je ne veux pas qu'il arrive plus de mal à mes enfants que ce qu'ils ont déjà dû endurer, en bonne partie de ma faute ça ne fait pas d'doute.
Combien de temps passé ? Loin de la demi heure en tout cas. Peut-être seulement quinze, voir vingt minutes. Encore de quoi discuter un peu et le retenir si jamais Piotr décidait qu'il était temps pour lui de mettre les voiles. De quoi lui permettre donc pour le moment de se taire, enfin, après ce long monologue. Contrairement à son habitude, il n'avait que peu regardé son interlocuteur, seulement à quelques reprises et d'un regard fuyant, comme en pleine repentance. Maintenant, Boris relevait des yeux humides vers lui. Pas de larmes, mais pas loin. Un joli jeu d'acteur... Et dans ce regard, il tenta de mettre toute la conviction qu'il avait tenté de faire passer par ses mots déjà. Le simple désir pour un père de protéger ses enfants. En espérant que ça parle un minimum à son rejeton...

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Piotr Zakharine
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MessageSujet: Re: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Ven 5 Aoû - 15:56

     Piotr ne releva pas les remarques de son « père », pour lui cet homme ne resterait rien d'autre que son géniteur, cela ne signifiait pas pour autant qu'il méritait le titre de « père », c'était une appellation qui se gagnait après des années de comportement digne et certainement pas simplement pour avoir engrossé sa femme. Leur vision des choses était partagée sur ce point et Piotr se doutait bien que ça n'allait certainement pas être le point de désaccord qu'ils risquaient d'avoir. À peine installés à la terrasse du fameux café – chose qui ne rassura pas franchement le slave qui préférait les coins sombres et peu fréquentés aux emplacements visibles de tous – la serveuse vint ôter les verres qui restaient sur la table des anciens clients, puis leur demanda ce qu'il voulait. Il opta simplement pour un verre d'eau tempérée, par la peine d'avoir des glaçons avec, il pouvait se débrouiller pour cette partie de la commande. Au moins Boris ne pourrait pas prétendre lui payer quoi que ce soit étant donné que ce n'était certainement que de l'eau du robinet. Le blond observa la serveuse s'éloigner rapidement alors que la voix de son interlocuteur se faisait entendre à côté de lui, attirant irrémédiablement le regard vairon du fils sur le père. Cette manière de tenter de rendre son visage le moins visible possible lui rappela étrangement son habitude, il dû se faire force pour ne pas s'assurer que sa casquette était encore en place et garda fermement ses mains sur les accoudoirs de sa chaise.

     Boris se lança alors dans son discours qui n'apprit rien de bien nouveau à son fils, du moins au début, Piotr savait bien que son père était un junkie drogué, soulard et surtout un mari infidèle. Maintenant il apprenait en plus que c'était un adepte de la facilité qui préférait fuir que de se retrouver avec une femme et deux gosses sur les bras. La serveuse arriva et Piotr regarda fixement devant lui en murmurant un bref « merci » lorsqu'elle lui posa son verre avant de s'en-aller, puis la voix à l'accent atténué recommença ses révélations. Apprendre qu'il était « coupable » de son départ, même si Boris ne lui reprochait rien – ne l'enchanta pas particulièrement, dire qu'il lui avait juste donné une bonne raison de s'en-aller, déjà qu'il regrettait d'être né, étant persuadé que c'était cela qui était responsable de l'état de déprime permanent de sa mère, voilà qu'il pouvait y ajouter autre chose. Mais le blond n'avait pas envie de se culpabiliser et il laissa filer tout cela, ignorant la brève colère qui le submergea soudain lorsque Boris déclara que c'était mieux pour sa mère, comme s'il lui avait rendu service en la quittant ! Piotr risqua un coup d'œil vers lui avant de détourner le regard pour ne pas se laisser prendre par l'air apitoyé de son géniteur, puis attrapa machinalement son verre pour boire une eau qui se révéla juste tiède.

     La surprise le submergea lorsqu'il entendit parler d'une nouvelle femme et d'un nouvel enfant, c'était beaucoup à encaisser en un coup de Piotr repoussa brutalement les questions qui lui vinrent à l'esprit, se contentant de garder sa main autour du verre pour ne pas laisser son esprit vagabonder. Lorsqu'il annonça la mort de sa nouvelle femme, une brève sensation de joie tirailla le slave, voilà qu'il se réjouissait d'apprendre la mort de quelqu'un, mais au moins Boris aussi avait souffert à sa manière. Le ton emprunté par son géniteur le convainquit de sa sincérité, le jeune homme ne mentait que très rarement et il avait beaucoup de mal à déceler les mensonges de la vérité. Il parla ensuite du meurtre qui l'avait collé en prison, puis de la découverte de « Dieu », ce que son fils avait toujours refusé de croire possible, décidément ils n'étaient vraiment pas en accord ! L'autre sentiment d'inquiétude qui étreignit Piotr fut lorsque son père prononça le mot « trois », il savait donc que son autre fils était aussi en ville, une chose que le blond avait redoutée, Nikita était un pacifiste dans l'âme et une proie de choix pour un homme comme leur père. La fin de son histoire arriva et le blondinet ne quitta pas son verre du regard pendant quelques secondes, avant de finalement tourner ses yeux vairons pour les planter directement dans le regard de Boris. Ce n'était pas fréquent, mais lorsqu'il dévisageait quelqu'un, c'était toujours avec un air farouche.

     ▬ C'est une bien jolie histoire, tu devrais écrire un livre tu sais. »

     Il se rendit alors compte qu'il venait de le tutoyer dans le feu de l'action, se mordit la lèvre inférieure en détournant le regard en réalisant sa sottise puis finalement haussa les épaules. Ils n'en étaient plus à de simples petits mots comme ça de toute manière. Piotr lâcha son verre avant que sa fraîcheur ne rende l'eau trop froide, puis il enchaîna tout en reportant son regard sur le visage aux yeux humides qui lui faisait face.

     ▬ Je savais déjà que tu avais tous les vices de la Terre, elle me l'a souvent dit et pourtant, elle ne te détestait pas, je me demande bien ce qu'elle a pu te trouver pour tout te pardonner. Et pour lui reprocher à lui d'être à et d'être le fruit d'une relation qui n'avait pas été consentie. Tu crois peut-être que tu lui as rendu service en la laissant seule ? Tu sais que les médecins avaient dit que son cancer était aussi offensif parce qu'elle avait une organisme trop affaiblit. Élever deux enfants ce n'est pas de tout repos. »

     Il ne lui reprochait pas vraiment d'être responsable de la mort de sa mère, c'était certainement mieux pour elle après tout, mais disons simplement que Piotr voulait faire réfléchir son « père », enfin en imaginant qu'il soit capable de penser à autre chose qu'à sa petite personne. Même s'il disait vouloir aider ses enfants, le slave n'en était pas parfaitement convaincu. Des années de doute ne se chassent pas en quelques minutes de discussion après tout.

     ▬ J'espère au moins que t'auras été un bon père pour ta fille, ça fera une réussite sur les trois, tu ne finiras pas tout seul comme ça. Mais ne me dis pas que c'est ma sœur, je te l'ai dit, je ne te considère pas comme mon père, juste comme mon géniteur. Enfin rassure-toi, je ne vais pas la détester parce que tu auras été là pour elle, j'ai dépassé ce stade depuis longtemps. »

     Tant mieux pour elle si elle avait quelqu'un pour s'occuper d'elle, Piotr n'était pas capable de haïr véritablement quelqu'un, il avait beau avoir toujours réussi à ressentir une vive colère pour cet homme qui était son père, le voir face à lui rendait les choses plus difficiles. Surtout avec cet air aimable et compatissant, à lui dire ainsi les paroles qu'il avait toujours espérées. En effet, Boris avait - sciemment ou non ? - touché le point sensible de son cadet, depuis le temps qu'il espérait que quelqu'un débarque un matin en lui disant qu'il avait envie de l'aider, il fallait que ce soit la personne qu'il avait le moins envie de fréquenter ! Le slave soupira légèrement avant d'en arriver au vif du sujet.

     ▬ Je ne veux pas de ton aide, je me suis débrouillé seul depuis qu'elle est morte et je peux subvenir tout seul à mes besoins. Puis de toute manière... Il observa une pause, hésitant un moment à aborder ce sujet, surtout avec lui, puis se lança finalement. Tu ne pourras pas tenir parole, même si tu essayes, il y a beaucoup de choses que tu ignores à mon sujet et ne veux pas avoir une nouvelle déception de ta part, j'en ai suffisamment eu pour le moment. Il quitta Boris du regard. Qui plus est, j'ai clairement dit à Nikita d'arrêter de me chercher et de ne laisser tranquille, je n'ai aucune envie de le mettre en danger en m'approchant de lui. Et si j'accepte ton aide, ça arrivera forcément. Tout cela devait sembler bien obscure à Boris qui ne devait certainement rien connaître du passé de son rejeton. Et je ne veux pas mettre ta fille en danger. Pas toi non plus, mais que ce soit clair, ce n'est pas pour toi que je dis ça, je n'ai pas envie de faire une orpheline. »

     Il orienta son regard sur le visage de l'homme qui était son père, mais qu'il ne reconnaissait pas. C'était stupide, il ne pouvait pas dire qu'ils se ressemblaient, mis à part le fait qu'ils n'étaient pas taillés comme des armoires à glace. D'un côté c'était une bonne chose, il aurait été vexé d'avoir hérité de beaucoup de choses de son père indigne, mais d'un autre côté quelque chose au fond de lui le regrettait amèrement. Dire qu'avec Nikita – et cette sœur inconnue – c'était la seule famille qui lui restait. La question qui lui brûlait les lèvres depuis tout à l'heure ne pouvait pas se calmer, il la sentait le troubler et savait bien que s'il ne la posait pas, elle ne cesserait de le lancer encore et encore. Après avoir hésité une fraction de seconde, le blond se lança finalement.

     ▬ Comment est-ce qu'elle s'appelle ? Comme s'ils avaient parlé de beaucoup de femmes, il ajouta un détail. Ta fille je veux dire. Il était parti de Russie juste après avoir appris que sa femme allait avoir un enfant, cela signifiait donc qu'elle était logiquement plus jeune que lui. Bizarre de ne plus être le dernier-né. Quel âge est-ce qu'elle a ? »

     Il parla d'un ton neutre, comme si tout cela ne l'intéressait pas réellement et qu'il se renseignait « juste par politesse », mais il aurait été stupide de dire que c'était l'exacte vérité. Il ne pouvait s'empêcher de se demander ce que cette fameuse sœur avait de commun avec lui.

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Dernière édition par Piotr Zakharine le Ven 12 Aoû - 11:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Jeu 11 Aoû - 2:28

La riposte de Piotr ne se fit pas attendre. Son garçon ne semblait pas ému le moins du monde des déclarations qui venaient d'être faites. Peut-être son coeur s'était-il refermé pour toujours concernant celui qui était son géniteur. Peut-être que ce blondinet avait tiré une croix définitive sur le fait d'avoir un père et ne comptait pas revoir ses positions. Boris pourtant n'en ressent pas d'inquiétude majeure. En effet, le Russe a encore une espérance : celle que ses mots finissent par travailler dans l'esprit de son rejeton, que la repentance de son père finisse par lui paraître réellement sincère, et qu'il lui vienne l'idée de lui réclamer son aide... En l'instant, ça avait l'air assez peu probable, mais qui sait ?

Boris en tout cas s'était efforcé d'afficher des émotions concordant avec le message qu'il souhaitait faire passer alors que Piotr lui répondait. Un petit sourire en coin, amer, alors que son fils évoquait la possibilité qu'il en écrive un bouquin. Petite provocation futile de la part du jeune Zakharine, mais son père ne manqua pas de remarquer le tutoiement soudain. Était-ce le fruit de son mépris suite au récit qui venait d'être fait, ou bien simplement que le tout, l'ayant rendu plus humain, permettait à son fils de s'en voir plus proche ? Assez du moins que pour ne plus marquer cette distance verbale qu'il s'était amusé à appliquer depuis leur rencontre, visiblement... Ensuite, le mutant ne manqua pas de se montrer affecté, touché par la déclaration faisant état du fait que sa première épouse ne l'avait pas détesté. Comme si ça pouvait réellement lui provoquer le moindre sentiment... Elle n'avait été qu'un tremplin, une "dépanneuse" le ramassant sur le bord de la route mais dont il n'eut plus besoin alors qu'il avait finalement trouvé le moyen de se sortir de ce pays dont il avait tant souhaité partir. La Russie, ce trou à rats... Le Zakharine ne voyait pas sa mère patrie natale d'une autre manière !

L'homme n'avait pas manqué d'opiner du chef en murmurant un "oui" affaibli lorsque Piotr lui avait posé une question qui semblait pourtant ne pas attendre de réponse. Oui, il estimait qu'il valait mieux pour la mère de ce garçon que Boris s'en soit allé la laissant seule. Pas besoin de mentir ici, c'était assez évident que tout valait mieux pour elle que de devoir passer quelques années de plus avec un homme tel que lui ! Pas de doute possible, il en était même étonnant que le blondinet puisse oser penser autrement, après les reproches qu'il lui faisait. Pouvait-il vraiment croire que partager la demeure d'un homme violent était préférable à l'éducation de deux enfants seule ? Si c'était le cas, ce garçon était totalement fou ! Si Boris était resté, il y aurait alors eu de bonnes chances pour qu'elle décède encore plus tôt, et ce n'aurait pas forcément été la maladie pour responsable. Soit...

Par la suite, Boris s'était montré particulièrement attentif, les sourcils légèrement froncés comme ce que Piotr pensait du fait d'avoir une soeur était évoqué. De même lorsqu'il parla de ses problèmes qui pourraient amener le danger sur le reste de la famille. S'il posait la moindre question à ce sujet, est-ce que son fils prendrait la peine de le renseigner ? Peut-être pas... Peut-être qu'il ne ferait que se braquer. Et puis, est-ce que ça l'intéressait vraiment ? Pas la peine de prendre de risques à ce sujet. Par contre, le mutant ressentait le besoin de clarifier certaines choses, estimant que la famille était sans doute un peu trop sous-estimée à l'instant, mais il se retint pourtant, voyant que son garçon était désireux d'aborder encore un petit quelque chose. Ne pas le couper dans son élan, non, ce ne serait qu'une mauvaise idée que de l'interrompre là alors qu'il s'était sans doute plus ouvert qu'il ne l'aurait voulu... La question manqua de le faire sourire, la précision y parvint quant à elle. Voilà que Piotr montrait de l'intérêt pour cette soeur qu'il se refusait de reconnaître comme telle. Peut-être un filon à creuser de ce côté là...
    Et bien... Pourquoi vouloir t'intéresser à elle si tu ne la considères pas comme ta soeur, hum ? *Son sourire flottant toujours indiquait bien que ce n'était pas un reproche, mais plutôt que cet intérêt lui faisait plaisir... Aussi ne laissa-t-il pas le suspens s'installer bien longtemps, enchaînant rapidement sur les réponses demandées.* Stasie n'a que quelques mois de moins que toi. C'est une très belle jeune femme qui tout comme toi n'a pas eu la chance de grandir avec son père à ses côtés... Mis à part m'apercevoir de l'autre côté d'un parloir... Mais si tu dois t'en faire pour quelqu'un, ce n'est pas pour elle, mon garçon. Elle est intelligente et plutôt débrouillarde dans son genre, et puis... Je dois sans doute être le seul à connaître ses capacités. J'ajout'rais qu'elle ne risque pas de finir orpheline comme tu montres t'en inquiéter... Comme tu peux le voir, je suis devenu plutôt du genre insaisissable...
Disant cela, sa main fit un aller-retour discret au travers de son verre d'eau, sans que ses doigts ne s'en trouvent humidifiés. L'une de ses deux capacités étalée carrément sous le nez de son fils. Saisissant ensuite son verre, son intangibilité n'ayant plus cours cette fois, Boris le porta à ses lèvres pour en boire le tiers d'une bonne gorgée.
    Je dois t'avouer que ton raisonn'ment m'échappe. J'veux dire... Tu penses que seuls, chacun de notre côté, nous sommes moins vulnérables qu'ensemble ? Si les Zakharine se réunissaient, crois-moi bien, personne ne pourrait nous faire craindre quoi que ce soit ! C'est réuni, c'est en famille que nous pourrons être forts et nous protéger les uns les autres. J'ai compris qu'tu ne voulais pas de moi dans ta vie... Mais comme tout le monde tu as besoin d'un clan. Tu vas sans doute me sortir une ânerie du genre "j'ai toujours vécu sans et je m'en suis sorti" et bla et bla et bla... Tu t'en es tellement bien sorti que t'as dû quitter la ville pour "raisons familiales", hein ? Raisons familiales... Ta famille peut te protéger au sein même de cette ville, sans le moindre problème ! Plus que tu ne pourras te défendre toi-même, seul, quelque soit la menace qui plane sur tes épaules et dont tu n'veux apparemment pas me parler plus en détails.
Un léger agacement peut se faire entendre, proche de celui d'un père s'inquiétant pour son fils qui ne souhaite pas entendre raison. Rien de très appuyé, non, sa voix est restée calme et son débit ne s'est pas intensifié. Mais la manière qu'il a de secouer la tête légèrement dépité en terminant sa phrase ne peut qu'appuyer ce sentiment.
    Enfin... Je ne peux ni ne veux te forcer. Tu connais mon souhait qui est de me rapprocher des miens, les rassembler afin de pouvoir leur venir en aide... Cette aide, t'en as besoin, ça me parait clair, mais si tu n'en veux pas maintenant... peut-être que plus tard...
Une fouille rapide dans une de ses poches, en sortant avec un morceau de papier entre ses doigts, et qu'il fait ensuite glisser sur la table jusqu'à Piotr du bout de l'index.
    Mon adresse et mon numéro de cellulaire. N'importe quand, désormais, je serai là pour toi...
Boris se leva alors, déposant un billet sur la table afin de payer la note.
    Le temps est écoulé... Comme promis, je ne t'embêterai pas plus longtemps... N'hésite pas à faire usage de ce que je viens de te donner si tu en as le moindre besoin... N'importe quoi ! C'est une arme à double tranchant que tu as là... Et dire qu'il suffirait que tu donnes ça aux flics pour que je retourne derrière les barreaux le temps qu'on me gaze... D'une certaine manière, c'est un peu comme si tu avais ma vie entre tes mains à présent... Me faire payer la peine que j'ai pu te faire ou me permettre de tenter de corriger le tir... À toi de voir ce que tu souhaites en faire. Pose toi les bonnes questions mon garçon. S'il y a bien quelqu'un en ce monde qui ne te souhaite pas de mal, c'est moi. Comme tu l'as dit, je t'en ai déjà fait bien assez...
La partie était terminée pour cette fois. Car après avoir déclaré cela en essayant de plonger son regard sombre dans celui de sa progéniture, Boris était passé à côté de lui, lui posant furtivement la main sur l'épaule en ajoutant un "fais attention à toi, mon fils". À prendre comme un "adieu" ou un "au revoir" ? Le paternel préférait très nettement la deuxième option, et se montrerait à nouveau un jour ou l'autre de toute manière, si tant est que Piotr ne le joigne pas avant. Puis Boris s'éloigne sans s'être arrêté, d'un pas lent sachant néanmoins où il va. Il réajuste une nouvelle fois son bandana, se dirigeant vers une berline aux vitres teintées, un peu plus loin. Le moteur de cette dernière démarre dans un doux vrombissement attestant de la qualité de sa mécanique. Et déjà, il ressort d'une poche son tabac, ses doigts s'agitant rapidement dans le roulage d'une bonne clope bien méritée...

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Piotr Zakharine
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MessageSujet: Re: Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris Ven 12 Aoû - 11:43

     L'intérêt, la curiosité était un bien vilain défaut, Piotr était bien placé pour le savoir et juste après avoir formulé sa question au sujet de cette sœur inconnue, il le regretta, Boris comprendrait qu'il y avait là une bonne chose à exploiter. Peu lui chalait, après tout il avait clairement dit qu'ils ne se reverraient plus si le jeune garçon n'en exprimait pas le souhait, est-ce que c'était le cas ou non ? Difficile à dire, il y a moins d'une dizaine de minutes, le blond aurait juré haut et fort qu'il se fichait de savoir ce que son père lui voulait, mais désormais il en était au stade de l'hésitation. Empruntant une expression faussement neutre qui masqua bien mal son trouble, il se contenta de baisser les yeux sur la table aux multiples rayures faites par des années d'utilisation, écoutant ce que son géniteur lui disait. Stasie, quel pouvait être le prénom qui lui valait ce surnom ? Piotr n'eut guère l'occasion d'y songer plus en avant puisque son père fit les éloges de sa fille visiblement très appréciée par son paternel, mais étonnamment, il ne ressentit aucune jalousie. Comment être jaloux d'une personne que l'on ne connaissait pas, parce qu'elle était plus proche que vous d'un homme que vous veniez juste de rencontrer ? Pour éprouver de la jalousie il fallait avoir de l'intérêt ou de l'amour, pour le moment le slave ne possédait aucun des deux.

     Les mots qui suivirent expliquèrent au jeune neutre que sa demi-sœur était aussi porteuse du gène, soit parce que ses deux parents étaient mutants, soit parce que Boris parvenait à transmettre quelque chose de plus intéressant qu'une simple couleur de cheveux à ses enfants. Lorsque son géniteur le rassura sur le fait qu'elle ne risquait pas de finir orpheline, Piotr risqua un coup d'œil vers son interlocuteur, juste au bon moment puisqu'il le vit faire un geste en direction de son verre - il crut d'ailleurs que celui-ci allait se renverser - mais le traversa tout bonnement. Il était intangible ! C'était toujours surprenant de voir ce que les pouvoirs de certaines personnes étaient capables de faire, les yeux vairons du blond brillèrent un instant d'une lueur interloquée avant de se détourner une fois de plus, c'était certainement de cette manière qu'il s'était évadé de sa prison. Piotr ne parvint pas à s'empêcher de jeter un coup d'œil à la ronde pour s'assurer que personne ne s'était aperçu du petit « tour » de son père, mais les passants étaient rares et ceux qui marchaient dans les environs avaient autre chose à faire que regarder deux personnes discuter en terrasse. Tant mieux. Il n'avait aucune envie de voir la fin de journée tourner à la catastrophe, sinon ce serait certain qu'il ne pourrait plus séparer Boris de ses souvenirs douloureux, bien qu'il n'en avait pas l'intention pour le moment au fond.

     Boris faisait la discussion à lui seul, son fils écoutant docilement sans répondre, se contenta de manifester le fait qu'il écoutait par les légers hochements de tête ou des regards brefs. Comme si la famille pouvait se réunir, Piotr n'y connaissait peut-être rien, mais il avait bien constaté que le meilleur moyen pour être tranquille, c'était de ne pas traîner avec d'autres personnes recherchées. Nikita était tranquille, pacifiste qu'il était, les autorités ne venaient pas l'importuner, mais s'il avait à faire avec deux évadés – l'un de l'Opération, l'autre d'une prison – il y avait de fortes chances pour que sa vie vire à la catastrophe. Apparemment « Stasie » était non recensée, il en était donc de même pour lui. Non, la neutralité lui convenait parfaitement, il ne souhaitait pas mêler d'autres personnes à ses ennuis, sans compter qu'il n'avait pas envie de devoir dépendre de quelqu'un qu'il connaissait à peine. Ils avaient beau porter le même nom de famille, ils ne se connaissaient pas pour autant. Une expression de bref agacement passa sur le visage de Piotr lorsqu'il entendit Boris parler des raisons familiales qu'il avait avancées pour quitter son ancien boulot, cela signifiait qu'il le suivait depuis un bon moment. Un malaise le submergea soudain, il ne s'en était pas rendu compte, si ça se trouvait l'Opération pouvait bien être toute proche sans qu'il ne le remarque. Il était beau le mutant incapable de flairer les gens louches !

     En imaginant qu'il ait été tenté de dire les véritables raisons de ses craintes à son père, ses bonnes résolutions s'étaient envolées en même temps que son entrain, il avait hâte que la conversation ne se termine pour s'en-aller d'ici, peut-être même changer complètement de vie, arrêter les garages et changer de logement, emprunter un faux prénom et se trouver des faux papiers. Tout cela n'était pas à sa portée, mais il finirait bien par trouver après tout non ? Piotr se contenta de regarder son père qui semblait visiblement agacé par ce passage sous silence, mais le jeune garçon s'en fichait pour le coup, il demanderait toujours plus de détails s'il commençait à se lancer dans ces explications. Quoi qu'il en soit, il commença à entamer la fin de conversation au grand soulagement du blond qui craignait à tout instant de voir l'Opération débarquer, puis le Russe lui glissa un morceau de papier en lui indiquant ce qu'il contenait – et c'était tant mieux parce qu'il n'était pas sûr de parvenir à le déchiffrer vu dans l'état de stress où il était – mais le blond se contenta de le regarder. Piotr leva les yeux vers Boris lorsque celui-ci se redressa, écoutant brièvement ce qu'il avait à dire, il n'y avait pas de risques pour que le jeune homme le dénonce sans quoi il se mettrait lui-même dans les emmerdes jusqu'au cou, à moins qu'il ne fasse parvenir cette information par un coup de téléphone anonyme. Il murmura quelques mots.

     ▬ On verra bien.... »

     Il soutint le regard de son père lorsque celui-ci le regarda avant de s'éloigner après une petite phrase digne des retrouvailles de film, puis le slave resta immobile le temps de voir la silhouette s'éloigner d'un pas léger en direction d'une voiture. Visiblement son père avait des moyens que lui-même ne possédait pas, peut-être bien qu'il pourrait l'aider en effet. Mais Piotr ne tenait pas plus que cela à lui demander secours, à ses yeux l'on ne pouvait pas proposer son aide sans attendre quelque chose en retour et peut-être bien que son géniteur était au courant de ce qu'il pouvait bien savoir à propos de l'Opération. Il ignorait les renseignements que l'homme possédait à son sujet, peut-être plus qu'il ne voulait le prétendre, le neutre n'était pas télépathe et malheureusement, ne pouvait pas lire dans les pensées de son père.

     L'idée de pouvoir lui demander s'il pouvait lui procurer des faux-papiers était tentante, après tout Boris était aussi un fugitif, un évadé, dans un autre cadre que son fils, mais Piotr ne doutait pas qu'un homme comme lui pouvait intéresser l'Opération. Demander ce genre de secours signifiait qu'il s'embarquerait dans une histoire plus grosse, il devrait sûrement servir des explications, pourquoi est-ce qu'il avait besoin de cela et compagnie, puis surtout, Boris saurait très exactement où le trouver en cas de besoin. Des points positifs et négatifs dans une solution qui n'en était pas vraiment une puisqu'elle posait au moins autant d'ennuis qu'elle n'en résolvait. Piotr soupira, tout était tellement compliqué, si la vie décidait d'être chienne avec certaines personnes, visiblement elle le souhaitait avec lui !

     Alors que la silhouette de Boris s'était éloignée, le blond se redressa à son tour, laissant tout d'abord le papier posé sur la table, puis il le saisit, le chiffonna et l'envoya sur le sol avant de s'éloigner de quelques pas. Mais son esprit ne désirait pas le laisser en paix visiblement, après s'être un peu éloigné, Piotr stoppa, revint en arrière après avoir hésité brièvement, puis se pencha pour saisir le bout de papier chiffonné, le remis un peu en état avant de le plier pour le glisser dans sa poche et reprendre sa marche. On ne sait jamais, cela pourrait toujours servir.


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Les bonnes familles sont pires que les autres ▬ Boris

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