Une question d'hormones

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Caleb Button
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MessageSujet: Une question d'hormones Lun 18 Juil - 18:43

Caleb se redressa, une feuille de note collée à la joue. Il la repoussa en grognant ; il faisait chaud, l'air était lourd et orageux. Il détestait ce temps ; on aurait dit que le dieu de la météo ne savait si il voulait de la pluie ou de la chaleur. Alors il faisait un mélange des deux, et offrait aux hommes cette atmosphère détestable. Le mutant soupira et essuya la sueur qui perlait à son front. Malgré la fenêtre grande ouverte, il n'y avait guère de brise qui soufflait pour le rafraîchir. Il sentait seulement l'air pollué de la ville. Il inspira un bon coup, pour se réveiller totalement de sa sieste inopinée. L'avocat décolla sa chemise poisseuse de son torse, et se ventila en la secouant, mais rien n'y fit. Il avait chaud, et il ne supportait pas ça !

Il prit une douche et changea de vêtements ; il aurait du être uniquement intéressé par son affaire en court, mais avec ce temps, il n'avait pas envie de travailler. Il n'avait pas beaucoup dormi la nuit précédente, et son corps avait réclamé brusquement son quota d'heures de sommeil : il s'était endormi en pleines notes. Il secoua la tête doucement, devant le miroir, amusé et agacé par son manque de professionnalisme. Il se rasa avec attention pour ne pas se couper, et fut satisfait de voir les cernes rouges autour de ses yeux qui s'estompaient. Il avait l'air fatigué et mal nourri, mais son sourire démentait ces signaux physiques. Il avait belle mine, avec sa chemise blanche ornée d'un lézard doré sur la poche près du coeur, et avec son jean de toile bleue foncée. Il avait presque l'air d'un homme normal. Mais il savait que ce n'était pas le cas. Il était un mutant, et aux yeux de beaucoup, il n'était pas normal. Et il ne le serait sûrement jamais.

Il sortit de sa salle de bains ; il n'avait pas envie de travailler, il avait envie de se détendre. Mais comment ? Regarder la télévision ne l'amusait pas, surtout depuis quelques temps, où la politique s'engageait beaucoup contre ses semblables ; il avait trop réfléchi cet après-midi pour avoir envie de lire. Il songea à sortir, mais ce n'était plus de son âge. Il regarda son reflet dans la fenêtre ouverte : était-il si vieux que cela, pour ne plus sortir et boire un verre tranquillement ? Avait-il donc une image si dégradante de lui-même, pour se refuser un plaisir aussi simple ? Son visage se dérida, et il soupira d'aise : il allait sortir, et boire un verre ou deux. Il avait le besoin et le droit de faire cela. Il n'avait pas à se sentir coupable ; il était un homme droit, et il ne s'enivrait jamais hors de raison. Quel mal pouvait-il y avoir ?

Aucun. Il prit sa veste, son portefeuille, ses clés, et ses lunettes de soleil ; un tel accoutrement aurait pu paraître surfait, mais il avait l'air naturel sur lui. Nuls artifices en trop, il avait juste l'air d'un homme, un homme séduisant. Il héla un taxi en bas de chez lui, et monta dans le véhicule, qui sentait la lavande et la bière, un mélange plutôt surprenant. Il salua le chauffeur, qu'il connaissait de nom, et ils discutèrent un petit moment sur la route. Caleb lui avait donné un nom de bar qui se situait en pleine ville.

Il vit sur le bord de la route les strates de la société : des prostituées en bas résille et robe de cuir, aux cheveux colorés et aux visages bariolés ; des hommes d'affaires en complet, le téléphone accroché comme une sangsue à leur oreille ; il vit aussi des gens normaux, aux allures de fêtards. Il remarqua une jolie blonde, qui passait au passage piéton, et elle lui fit penser à Solveig. Il eut un sourire en pensant à sa collègue, mais s'interdit d'approfondir ses pensées. Il se concentra sur autre chose, et l'envie brutale de faire le fou l'envahit. Il fallait qu'il fasse quelque chose de différent de lui ; quelque chose qui sortait de l'ordinaire. Il avait ce besoin de sortir de son moule, de montrer qu'il était capable d'autre chose, qu'il pouvait être fou. Cela ne lui arrivait que rarement, mais il ne put empêcher sa bouche de formuler un nouveau lieu de prédilection pour ceux qu'une soirée différente des autres attirait :

« Casino Gambino, finalement, Richard. »

Le taxi fit difficilement demi tour, mais réussit à le faire sans anicroches. Caleb regarda défiler les lumières vives de la ville, il avait l'impression d'être dans un manège. Ils arrivèrent près du grand bâtiment ; Caleb avait entendu parler de cet endroit, mais n'y était jamais allé. Peut-être parce qu'il était avocat, et qu'un homme de loi dans un tripot où blanchissait l'argent sale, c'était aussi déplacé qu'un renard dans un poulailler.

Il remercia Richard le chauffeur, lui donna son argent - et un agréable pourboire - et se redressa pour faire face à une entrée lumineuse, avec tapis rouge et hôtesses qui attendaient les visiteurs avec un sourire faux de barbie siliconées. Caleb eut un frisson ; la chaleur était étouffante, mais il sentait l'air frais qui sortait de par les portes grandes ouvertes du Casino. Il rentra, et ses remords restèrent au vestiaire avec sa veste ; ne serait-ce que pour la climatisation, il serait rentré dans ce Casino. Il se retrouva, un peu perdu, au milieu de toute la foule. Il ne savait pas quoi faire ; qu'était-il venu faire ici ? Jouer, parier ? Il n'était pas de ce genre là. Il remarqua le bar sur sa droite et s'y dirigea. A cette heure de la soirée - il était tôt, 18h30 tout au plus - les gens jouaient encore, et il entendait des cris, tantôt de joie ou de rage, et les bruits des machines à sous. Quand il s'assit au bar, la musique qui passait était celle de Cantina, du film Star Wars. Il eut un sourire, et commanda un verre de bourbon avec des glaçons - on the rock ! - au serveur, qui essuyait les verres sales, accoudé en train de parler à un autre homme.

Sa boisson lui fut servie, et il but une gorgée. Ici, l'air était bon, il était agréable de se tenir simplement assis. Caleb songea à la pile de feuillets qu'il allait devoir éplucher et organiser, et il oublia en buvant une nouvelle gorgée. Il s'était offert une soirée de détente, il n'allait pas la gâcher en pensant au boulot ! Une hôtesse s'approcha de lui ; blonde, les lèvres peintes en rouges, elle semblait tout aussi fausse que celles qui attendaient dehors. Il refusa sa compagnie, et son sourire se figea un instant avant qu'elle ne s'éloigne ; peut-être n'avait-elle pas l'habitude qu'on refuse ses propositions, quelles qu'elles soient. Caleb finit son verre, et en recommanda un ; il n'était pas ivre, mais il ressentait avec joie le léger engourdissement au bout de ses doigts. L'alcool faisait effet, et il se sentait bien, comme baigné dans un bain tiède. Il aurait cependant préféré boire en agréable compagnie - et non pas avec une blonde aux seins en plastique et qui avait troqué son cerveau contre un piercing à la langue. Il grimaça devant son cynisme mordant, et accepta avec gratitude son verre rempli du liquide ambré. Quand il posa son verre sur la table, les glaçons s'entrechoquèrent dans une jolie musique cristalline.

Malgré sa décision de ne pas penser au travail, son esprit trouva une porte cochère : le sujet mutant. Un regard autour de lui lui fit se demander combien de personnes présentes ici étaient des mutants ; combien d'entre eux détestaient ceux de sa race ? Combien de ces gens l'auraient voulut mort, en sachant juste qu'il avait en lui ce gène maudit, cette allèle mutante ? Le regard au fond du verre, il soupira : cette simple pensée avait suffit à dégriser le peu d'enivrement en lui. Il se mordilla l'intérieur de la joue, ignorant le léger goût amer de l'alcool qui régnait dans sa bouche. Il passa le bout de ses doigts sur son front ; il était temps qu'il rentre. Il n'était là que depuis 20 minutes, mais il avait assez joué la comédie.

Ce Casino, ce n'était pas son univers. Il n'avait rien à faire là ; il aurait dû rester chez lui, et boire une bouteille qui traînait dans un coin. Il aurait même pu inviter son voisin, un homme agréable et honnête qu'il appréciait. C'était une erreur, mais qui pouvait encore être réparée : si iil partait maintenant, il ne serait pas trop tard pour inviter Kim a boire un coup et voire à manger un bout. Il n'était pas fin cuisinier, mais son voisin serait ravi de pouvoir parler avec Caleb. Ils adoraient faire les commères, comme deux mégères au coin d'une rue. Caleb eut un sourire amusé, en se rappelant leur dernière discussion sur la nouvelle arrivée dans l'immeuble : la jeune femme était rousse, était polonaise, et avait un joli accent du nord ; elle avait tapé dans l'oeil de son ami, qui cherchait des plans pour l'inviter sans en avoir l'air. Caleb lui avait proposé d'aller chercher du sucre chez elle, mais Kim avait refusé, trouvant cela trop commun. Ils avaient promis d'en reparler une prochaine fois. Caleb songea qu'il connaissait son prénom et avait fait légèrement la connaissance de la jeune femme ; Kim serait jaloux, et en même temps content d'en apprendre plus.

Caleb se leva, paya le serveur, et sortit du coin bar. Il s'arrêta un instant devant la recrudescence de la foule, qui allait et venait comme des zèbres dans une plaine d'Afrique. Il observa les gens, dans une curiosité toute humaine. Il les trouva différent de lui ; il semblait dissonant d'eux, comme décalé par rapport à eux. Il n'avait rien à faire ici. Vraiment ?

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Electra Willington
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MessageSujet: Re: Une question d'hormones Jeu 18 Aoû - 19:39

Il était rare que la belle Electra puisse profiter d'une soirée à elle. Hôtesse émérite, elle passait souvent ses nuits au casino, engrangeant des sommes qui, sans exagération aucune, auraient pu nourrir un pays modeste pendant un an. Ses supérieurs avaient vu clair dans son chiffre d'affaire, et les baleines étaient souvent des animaux nocturnes, n'est-ce pas ? Ses services commençaient quand le jour se mettait à décliner, et elle ne partait que lorsque dans l'air ambiant se chargeait la douce odeur de l'aube. Parfois, c'était fatiguant, un peu déprimant, mais elle s'en contentait en estimant qu'elle était plus utile ici qu'ailleurs.

Peut-être, mais pas ce soir. Ce soir, la créature avait des envies de repos, et pas de se traîner aux basques d'hommes riches pendant des heures, un sourire artificiel aux lèvres et son esprit ailleurs. Jackpot pour Electra, puisque le lendemain, c'était également son jour de congé hebdomadaire. Professionnelle et véritablement amoureuse de son travail, il arrivait pourtant qu'elle tire la sonnette d'alarme - quoi de plus normal ? Elle avait envie de faire une pause avec le casino, avec le travail, et avec ces constantes tentations, ces désirs de séduire qui dans cet établissement atteignaient des records. Elle avait fait trop d'excès de ce genre ces derniers temps, et il était temps de se calmer.

Ce soir donc, elle aurait pu ne jamais rencontrer Caleb Button. Elle terminait son service à 19 heures, et lui-même, au bar, venait à l'instant de décider qu'il s'en irait. Cela aurait pu en rester là. Alors qu'il reposait son verre sur le comptoir, Electra passa tout près de lui sans même le regarder, ne dirigeant ses pas et ses pensées que vers le vestiaire. C'est alors qu'une de ses collègues la harponna au passage, déclenchant son ire immédiate, violente mais parfaitement silencieuse. La femme en question était splendide ; bimbo blonde d'un mètre soixante-douze, la poitrine refaite, la bouche en coeur, les pommettes botoxées. Cela n'empêcha pas Electra de la considérer avec froideur et agacement tandis qu'elle la suivait à l'écart de la foule - et mon dieu, elles s'éloignaient des vestiaires ! - repoussant tout de même la main qu'elle avait mise par empressement sur son épaule.

- " Oh, arrête Electra ! Je voulais juste te dire que tu as laissé s'échapper un gros poisson..." minauda la jeune femme en observant discrètement sa manucure.

La quarantenaire haussa haut ses sourcils, jetant un regard peu charitable à sa collègue. Il était 18h49, elle allait partir d'ici, gros poisson ou non. Pourtant, elle ne put nier avoir l'intérêt subtilement piqué. La pauvre folle bombardée de collagène qu'elle avait en face d'elle, c'était la deuxième meilleure hôtesse de ce casino, autrement dit, moins douée qu'elle (mais que voulez-vous, la perfection était difficile à égaler). Elle n'avait jamais ignoré l'inimité qu'elle lui réservait en raison de cette première place qu'elle avait gagné voilà bien longtemps, et elle avait cru que leurs relations se limiteraient strictement à leurs horaires professionnelles. Stacy - car effectivement, son prénom allait à son physique comme une verrue sur une sorcière - avait forcément quelque chose derrière la tête en lui balançant ça. Electra croisa les bras, la mine amusée.

- " Est-ce que par là je dois comprendre que TU l'as laissé s'échapper ? Ecoute Stacy, je ne peux pas réparer toutes tes erreurs, tu le sais, ma chérie. Je finis à 7h, je m'en vais. T'en fais pas, je ne le dirais pas au patron."

Idiote. Electra se détourna en secouant la tête, dépitée par ce genre de comportement. Elle se demanda comment les hommes pouvaient être assez bêtes pour succomber à un charme aussi synthétique que celui de Stacy. Son visage saillait et brillait à longueur de temps, comme si le Botox avait voulu fuir par tous les pores de sa peau maquillée ; et si certes, elle possédait un corps tout-à-fait avantageux, elle était loin de l'égaler, hein... ? De toutes façons, elle en avait soupé de cette pseudo compétition qui existait entre eux. Oh, les batailles ne l'effrayaient pas, mais quand la victoire était si aisée à arracher...

- " Oh, très bien !" lança la blonde d'un ton froissé. "Je me disais simplement qu'une vantarde comme toi pourrait réussir à le faire dépenser en moins de 10 minutes, mais j'ai du me tromper, hein ? T'en fais pas, je le dirais pas au patron..."

La quarantaine s'arrêta, ferma doucement les yeux en laissant son sourire déchirer ses lèvres. Elle consulta sa montre. 18h51. Un petit soupir fit monter et redescendre ses épaules, et elle fit face à Stacy en papillonnant des paupières. La blonde avait l'air très contente d'elle et de son petit plan pour aviver l'irritation d'Electra ; elle en déduisit que sa rebuffade avait du être particulièrement sèche. Rien que cela la décida finalement.

- " Stacy, tu es mesquine et pas très vive d'esprit, mais je vais te faire ce plaisir. A 19 heures, ce cher monsieur aura dépensé assez d'argent pour mettre son appartement en hypothèque, et moi je serai partie. Montre-le moi."

La blonde estomaquée obtempéra, rageuse et sûrement indignée, et Electra posa enfin son clair regard sur Caleb. Ce dernier était tout proche de la sortie, mais venait de s'arrêter, comme pour contempler la foule avide qui évoluait autour de lui, se massant comme un banc de poissons. Elle emplit largement ses poumons d'un grand bol d'air en laissant tout son être se faire submerger par la voix de son pouvoir. Ce serait un jeu d'enfant. Une bagatelle. Il était simplement dommage qu'un homme visiblement séduisant, sympathique et assez intelligent pour repousser Stacy fasse les frais d'une gué-guerre d'adolescente.

Electra arriva près de lui, splendide évidemment dans sa tenue brillante, moulante, sa chemise un peu trop déboutonnée pour être parfaitement appropriée. Laissant savamment une mèche de ses sombres cheveux onduler devant son visage, la belle laissa un violent flot de phéromones s'échapper d'elle. Si Caleb lui tournait le dos, il devait déjà commencer à sentir un drôle d'engourdissement, car elle n'y était pas allée de main morte. Mais elle avait un pari à tenir et elle ferait taire cette mauvaise langue de Stacy.

La belle contourna l'avocat et passa ainsi devant lui, un sourire éclatant à ses lèvres et les yeux grands ouverts, comme si voir cet homme-là, à cet instant, lui faisait un plaisir fou. Le regard fixe et mordant, elle avait l'air séduite.

- " Vous n'avez vraiment pas envie de jouer, monsieur ? Je suis sûre que nous pouvons trouver votre bonheur ensemble. Il est trop tôt pour partir, vous ne croyez pas ?"

Sans gêne, Electra s'approcha encore un peu de lui, brûlant les limites invisibles qui existent pourtant entre inconnus notoires. Avec toujours sur le visage cette mine incandescente et ravie, elle poussa le vice jusqu'à déposer une de ses mains sur le coude de Caleb, comme pour l'enjoindre à retourner au coeur de la salle principale, remplie des bourdonnements des machines et des jurons des joueurs. 18h54.

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Caleb Button
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MessageSujet: Re: Une question d'hormones Ven 19 Aoû - 13:07

Caleb ignorait tout du destin que deux femmes tissaient pour lui ; comment aurait-il pu imaginer ce qui allait suivre ? Pour le moment, il était debout près de la sortie, immobile, sur le côté de la grande allée, où une foule hétéroclite allait et venait, ignorant tout de lui. Il préférait cela. Il s'imagina un instant rencontrer quelqu'un qu'il connaissait ; ce n'était certes pas une honte de se trouver ici, mais comment expliquerait-il cette situation ? De loin, il vit l'entrée saturée de jeunes femmes hypocrites dans leur sourire et fausses dans leur beauté froide. Il était sensible aux femmes, bien entendu, mais plutôt à celles comme Solveig : jolie, franche, avec plus de neurones que la moyenne. Quelqu'un avec qui il pouvait discuter sans entendre des gloussements de dinde. Il s'étira un instant, et son corps se détendit, prêt à former le pas décisif qui le mènerait à la sortie.

Son pied ne franchit jamais la limite ; il le reposa soudainement au même endroit. Son corps s'était soudain tendu, et il ressentit une sorte de vive excitation. Son coeur battait légèrement plus vite ; devait-il mettre cela sur l'alcool qu'il avait bu ? Il faisait bon, il sentait la brise fraîche venir de dehors. Ce n'était pas une ivresse relative. Avant qu'il n'ai pu tracer d'autres signes étranges sur sa personnes, il se fit accoster. Il ne sursauta pas, mais recula d'un pas comme pour garder un périmètre personnel. Une jeune femme se tenait près de lui, essayant de l'attirer au casino. C'était son boulot. Elle semblait plus franche, et son corps généreux était sincère. Elle n'était pas fausse. Très jolie. Il aurait pu lui dire oui ; son corps lui ordonnait presque. Il se sentait attiré par elle, quelque chose de bestial naissait en lui, un besoin, un désir certain. Etonné et gêné par cette émotion toute neuve et étrange, il ne répondit pas tout de suite, se retenant de reculer encore une fois quand elle s'approche plus que de raison de lui. Jouait-elle ? Il ne voulait pas revenir au casino ; il avait décidé qu'il n'avait pas les moyens de jouer, et qu'il avait autre chose à faire de son temps qu'à sortir dans des endroits pareils. Il remarqua qu'il était resté silencieux ; il chercha quelque chose à répondre. Il sentit des regards se poser sur eux : des hommes qui passaient les observaient, elle avec envie, lui avec une jalousie visible. Caleb regretta de sentir ses joues rougir ; quel était cette émotion qui persistait, comme si tout son corps brûlait, il se sentait poussé vers elle. Son coude fut touché par sa main, et il ressentit un choc électrique dans la moindre cellule de son être. Il se mordilla l'intérieur de la lèvre, et s'entendit répondre :

« Quel mal y aurait-il à rester encore un peu, en votre charmante compagnie ? »

Son ton était rauque, à la fois enfantin et très homme. Il se força à se détendre, et fit un sourire, aimable et amusé par la situation qui s'offrait à lui. Le désir qu'il ressentait était brusque, il ne comprenait pas comment il pouvait ressentir pareille chose. Il pénétra de nouveau dans le bâtiment, en se traitant intérieurement d'idiot. Il jouait le jeu du casino : ils avaient l'intention de le traîner ici pour le forcer à jouer, le tenter. En parlant de tentation, il retira lentement son bras, pour éviter le contact troublant de cette simple main. Ils allaient doucement à travers la foule, et Caleb se sentit comme un goujat de rester ainsi silencieux. Cette femme à côté de lui semblait intelligente. Troublante également. Non ! Il ne devait pas penser à cela ; il était déjà assez ivre, d'une ivresse autre que celle induite par l'alcool.

« Je m'appelle Caleb, et vous ? » demanda t-il doucement, en lui jetant un regard caressant.

Il espérait ne pas outrepasser les limites de la bienséance. Il était certain qu'elle se faisait aborder. Elle était différente des autres femmes ici ; comment pouvait-elle rester seule ? Pourquoi l'avait-elle choisi, d'ailleurs ? Etait-ce un ordre d'un supérieur, voyant qu'il était sur le point de partir ? L'avait-elle choisi ? Il y avait sûrement d'autres hommes, plus beaux, plus riches ... Le mutant s'en voulut de penser ainsi : cette femme faisait son boulot, certes, mais était-elle forcément comme ces autres hôtesses, qui ne recherchait que le profit ? Il n'en savait rien, et décida de ne pas porter de préjugés trop profonds. Il souhaitait se montrer sous un bon jour ; poli, doux, il ne voulait pas se montrer comme ces hommes, qui devaient la tripoter. Une question, étonnante, qu'il ne se serait jamais posée si il n'avait pas été si troublé, lui vint à l'esprit : est-ce qu'elle couchait avec ces hommes ? Il détourna le regard. Comment pouvait-il se demander cela ? Ce n'était pas digne de lui ; ce n'était pas une excuse, mais il sentait que ce genre de questions étaient due à son état d'excitation.

Ils arrivèrent au bar ; le barman l'observa, curieux de savoir pourquoi un client qui venait de partir revenait déjà. Son regard coula sur la jeune femme qui l'accompagnait ; regard d'envie, plein de luxure. Caleb se demanda si tous les regards masculins se posaient sur elle avec cette même lueur malsaine. Le barman lui fit un sourire, presque complice, comme pour lui dire qu'il comprenait qu'il ai cédé à la tentation. Caleb l'ignora et invita la jeune femme à s'asseoir avec lui à une table.

« Je ne devrais pas rester. Cet endroit n'est pas pour moi. »

Quelle excuse minable ! Il avait faillit ajouter qu'il était avocat. C'aurait été trop prétentieux. Pourquoi voulait-il se faire bien voir, comme ça ? Il avait l'impression que le regard de cette femme était plus important ; que ce qu'elle pouvait penser de lui le conduirait au paradis ou en enfer. C'était insupportable. Il commanda un verre de vin blanc, et laissa sa vis-à-vis commander elle aussi. Il l'observa de coin, espérant être discret. Il ne la jugeait pas, n'essayait pas de voir ce qu'elle valait. C'était un regard qui tentait de percer ses désirs : qu'espérait-elle ? Qu'il dépense son argent au casino ? Sûrement. Elle allait être déçue. Malgré son corps qui la désirait ardemment, il ne comptait pas rester longtemps ici. Certes, il n'avait rien contre le fait de faire sa connaissance, de rester ici encore ... Peut-être un quart d'heure, ou un peu plus. Mais il se fixait une limite financière, et il serait raisonnable. Il craignait juste de céder aux pulsions qui cognaient en lui. Pourquoi avait-il si envie d'elle ? Elle était jolie, oui, mais ce n'était pas son genre de désirer quelqu'un, surtout une parfaite inconnue. Une étrange idée lui passa par l'esprit : un coup de foudre ? Non. Il ne croyait pas à ces superstitions ; mais comment expliquer ce qu'il ressentait alors ? Ses doigts s'engourdirent un instant ; il retint les ondes de son pouvoir de chance, qui frappaient à la porte de sa conscience. Il n'utiliserait pas son don. De quelle chance avait-il besoin ?

Le serveur apporta leurs consommations, et Caleb prit son verre, délicatement. Le bout de ses doigts effleurèrent les doigts de la jeune femme ; nouveau choc électrique qui lui prit tout le corps. C'était physiquement impossible, ce désir fou ! Il n'était pas un obsédé : il se promit que si cette émotion continuait, il partirait, en courant si il le fallait. Comment une présence pouvait faire naître ce genre de choses en lui ? Il n'avait jamais connu une telle effervescence, même avec son ancienne petite amie. Ce souvenir le réveilla presque, comme après une piqûre d'anesthésiant. Il but une gorgé de son verre, le vin pétilla sur son palais. Son corps se calmait enfin ; la pensée de Carmen avait fait mur avec les phéromones de la jeune femme face à lui. Pas pour longtemps, certes, mais il avait l'impression de se réveiller d'un rêve érotique. Ses yeux pétillaient, et ses joues étaient légèrement roses. Il baissa le regard : qu'est-ce qui avait induit cet état ? Ce n'était pas normal ; l'hypothèse du coup de foudre s'imposait en lui, tout en se heurtant à sa raison. Perdu dans ses pensées, il en oublia de faire la conversation ; il le remarqua, et s'y efforça, essayant de paraître moins troublé qu'il ne l'était.

« Cela m'étonne de voir qu'une femme comme vous est hôtesse dans un casino. Je veux dire par là que ce sont plutôt des espèces de paquets de silicones et de botox qui s'y promènent. Leurs opérations ont sûrement troqués des neurones contre du plastique » fit-il avec une ironie mordante.

Il n'était pas du genre à être méchant ; son humour était cependant parfois claquant et noir. Il but une nouvelle gorgée de vin ; il voulait apprendre un peu du passé de cette femme. A la lumière des éclairages, elle sembla plus vieille. Il apprécia cela : les jeunes cruches qu'il avait croisées ne lui inspiraient pas confiance. Cette femme était une vraie femme ; son maquillage était parfait. Elle était belle. Non ! Magnifique. De nouveau cet état de transe, qui le prenait sans qu'il s'en rende compte. Son pouvoir de chance intervint sans qu'il le veuille : son sang se mit à bouillir, et son don diminua légèrement les hormones qui le mettaient au supplice. Il revint à lui doucement ; la situation était dangereuse ; des alarmes retentissaient en lui. Et pourtant ... Même sans le pouvoir inconnu qui agissait sur lui, il ne trouvait pas cette femme moins obsédante. Ses doigts s'engourdirent légèrement, et il sentit sa chance, comme un voile, le réveiller complétement. Il ne pourrait pas tenir toute la soirée ainsi ; il se fatiguerait vite. Il fallait qu'il trouve ce qui le mettait dans cet état ! Avait-on drogué son verre ? Non, ridicule. Ses yeux se posèrent de nouveau sur la femme en face de lui ; son voile de chance frémit. Elle était si belle ...

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