In Nomine Justitiae [ Solveig ]

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Caleb Button
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MessageSujet: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Mar 28 Juin - 13:01

    Caleb n'avait pas dormi de la nuit et de grosses cernes mauves lui barraient le dessous des yeux : il devait passer le lendemain à la barre, en tant qu'avocat d'un mutant victime de violence due à la discrimination. C'était la première fois qu son sens de la justice englobait les siens, et qu'il se laissait aller à prendre un dossier pour protéger ses semblables. L"existence de l'opération Apocalypto lui donnait des sueurs froides ; il ne souhaitait pas lui donner l'idée de s'intéresser à lui. Comme toujours, il préférait ne pas prendre de choix, ne pas prendre de camp : mutants ou humains. Mais ce dossier là l'avait touché, il avait été ému par les photos, horrifié par le dépassement des limites. L'homme avait-il perdu sa tête pour faire subir de telles choses à autrui ? Où étaient passées les idéologie de paix ? Quand il s'agissait d'un mutant, beaucoup d'humains oubliaient l'égalité et la bonté. Pour eux, des êtres doués de capacités qu'ils ne comprenaient pas ne pouvaient être qu'une chose : des monstres. Aussi Caleb avait évité de se faire remarquer jusqu'ici. Mais il était venu pour lui d'arrêter de dénigrer ses compatriotes mutants ; il avait prit le dossier - d'origine Genesys, organisme pro-mutant - et avait travaillé très dur dessus depuis des jours ; il en oubliait de dormir et de manger : ne comptait plus que la victoire et la justice.

    Il se leva de sa chaise, délaissant un instant les papiers éparpillés sur la table en bois massif, et se servit une tasse de café fort. Un coup d'oeil au réveil lui apprit qu'il était six heures du matin. Une bonne douche et un petit déjeuner copieux, et il partirait pour le Palais de Justice. Une angoisse sourde lui monta à la gorge, son ventre fit des noeuds ; allait-il être à la hauteur de sa soudaine renommée ? Il n'était pas avocat depuis longtemps, mais il avait déjà le crédit d'être un homme rigoureux et juste. Caleb porta la tasse à sa bouche et se brûla la langue sur la saveur amère et la force du café bouillant. Au moins, il était parfaitement réveillé à présent ! Avant d'aller se laver, il rassembla proprement ses fiches, ses papiers et ses post-it dont il aurait besoin lors du procès ; puis il reposa sa mallette, sa tasse café vide à côté et s'avança vers la salle de bains.

    Passant dans sa chambre, qui était sur le chemin, il interrompit ses pensées juridiques pour observer un instant une photo de lui et de Carmen qui traînait : que faisait cette photo encore là ? Il pensait avoir tout rendu à la jeune femme - qu'elle en fasse ce qu'elle voulait après tout. Avec douleur, il se souvint de leur histoire et de leur rupture ; avec sècheresse, il mit tout cela au placard pour se concentrer sur les informations qui défilaient sur sa télévision : on parlait justement du procès qui allait avoir lieu. Genesys tenait à faire de la pub, apparemment ; grand bien leur fasse. Caleb préféra ne pas penser qu'il passerait aux informations dans quelques heures, qu'il soit vainqueur ou non. Se déshabillant rapidement, il passa sous la douche où le jet glacé finit d'entreprendre son réveil.

    Après s'être rasé avec soin et coiffé méticuleusement, il s'habilla de son complet propre qui était lavé de près et légèrement parfumé : pourquoi sa femme de ménage avait-elle choisie une senteur lavande ? Il grimaça en mettant sa chemise ; noua sa cravate serrée et sortit de la pièce, emportant sur son bras sa veste noire.

    La télévision continuait son verbiage, le son mit au maximum pour qu'il puisse l'entendre de la cuisine mitoyenne au salon :

    « A présent, suivons notre envoyé spécial pour le reportage suivant : les mutants doivent-ils ou non avoir le droit à la procréation ? Un reportage signé Ludwig Speller. »

    Caleb grogna en posant sur la table une tranche de pain et une bouteille de jus d'orange. Il se servit un verre - il ne pouvait pas faire sans, chaque matin, c'était son petit rituel ; et puis, il ne dénigrait jamais un plein de sucres et de vitamines - et dévora la tartine. Il songea qu'il aurait le temps de s'acheter un gobelet de café et peut-être une barre de céréales en route, ou bien dans le hall du Palais de Justice. Il n'avait pas très faim, trop énervé par l'idée du procès.

    Il répéta mentalement la scène dans sa tête ; ses arguments, son air impassible ; il se mima toutes les situations possibles, et fut enfin convaincu qu'il était prêt. Il jeta un oeil à sa montre et prit sa mallette à bras le corps, pour descendre à toute vitesse les deux étages qui le séparaient de la rue : il était 7h15 et le procès commençait à 8h ! Il héla un taxi et reprit son souffle, adossé à la banquette arrière ; pour un premier procès mutant, ça commençait bien ! Il ne pouvait pas se permettre d'arriver en retard, surtout que bien qu'il soit en duo avec un autre avocat envoyé par Genesys, ils ne pourraient pas commencer la plaidoirie sans lui.

    Le chauffeur de taxi, un bravo homme, fit un détour par des ruelles, et ils arrivèrent sans encombres devant le Palais. Caleb le remercia chaudement et le paya plus qu'il ne fallait, lui laissant un pourboire de roi. Il gravit les escaliers menant au hall ; impressionné, comme toujours, par les gravures d'or, les ornements d'ivoire et de marbre, il resta quelques secondes à rayonner de bonheur : il était avocat ! Il faisait enfin ce dont il avait rêvé toute sa vie !

    Secouant la tête, il sortit de sa brusque rêverie, ne pouvant cependant chasser un sourire béat de son visage jovial ; il salua quelques confrères et se planta devant la salle où allait se produire le procès. Déjà, une foule importante s'amassait là ; il reconnut son client et sa famille, et hocha la tête dans leur direction pour les saluer. Un signe de la main aurait été de trop ; il regarda avec envie la machine à café, et soupira : dans son empressement il avait oublié de prendre de la monnaie, et même si il avait de quoi se payer un gobelet, il doutait d'avoir le temps de le savourer. Il devrait faire sans ! Il se demandait où était le groupe Genesys, et où était son collègue. Il n'avait pas pu se voir avant l'audience et il se demandait si ils ne se mettraient pas des bâtons dans les roues : le pire serait qu'ils se montrent contradictoire. Il n'en fallait pas plus pour démonter une défense, et leurs arguments perdraient tout leur poids devant un bon jury. Soupirant de nouveau, il se mit à faire les cent pas, se creusant la tête pour forger de nouvelles hypothèses.

    L'envie d'utiliser Chance le tiraillait, mais cela aurait été malhonnête. Mais après tout, c'était pour défendre une bonne cause, non ? Levant les yeux au ciel vers la voûte de marbre blanc, il se gratta la nuque : était-ce un fait égoïste que de donner sa chance à une victime de discrimination ? Etait-ce mal de donner un coup de pouce à la justice ? Il n'en savait rien, et aurait préféré ne pas y songer ; le mal était fait. Il vit dans son esprit l'image de Carmen ; son ex n'aurait pas hésité : pour protéger un semblable ou pour se protéger elle-même, elle aurait été jusqu'à tuer.

    Caleb ne parlait pas non plus de massacrer les adversaires ! Il cessa de se gratter, réalisant que c'était un tic plutôt qu'un besoin, et respira un grand coup. Sur la grande horloge de bronze, les aiguilles égrenaient les secondes ; de minute en minute, l'heure fatidique approchait. Il était 8h moins cinq. Il allait devoir entrer dans la salle : du coin de l'oeil il vit un homme en bure noire, tenant un marteau de bois, lui faire signe d'approcher : le président de l'assemblée tenait à lui parler. Il s'avança, une boule dans la gorge, mais réussit à sourire de façon décontractée. Dans sa vision périphérique, il remarqua un mouvement vers la droite : le vieil homme, le président, faisait signe à quelqu'un d'autre ; son partenaire à la barre sûrement. Sans un mot, il se concentra soudain : son corps se mit à vibrer de façon imperceptible. Comme un aimant, il sentit la chance qu'il attirait à lui ; pas de quoi fouetter un chat, mais assez pour que les preuves et leurs arguments fassent mouche. Il songea que ce n'était pas vraiment de la chance, plutôt du bons sens. Il se devait de faire cela : pour la justice. Pour que ceux qui étaient brimés puissent se relever. Caleb réalisa qu'il avait fermé les yeux lorsqu'il les rouvrit ; il vit le coup d'oeil agacé du président qui s'éloignait. Sur sa droite se tenait une jeune femme : était-elle de la famille de la victime ? Il la toisa sans vraiment la voir ; il était trop concentré sur sa diatribe pour pouvoir se concentrer sur autre chose. Il lui fit un mince sourire, poli, timide, puis hocha la tête dans sa direction, silencieux. Il ne savait pas quoi lui dire : pouvait-il paraître convainquant si il lui assurait sur son client rentrerait chez lui avec la victoire en poche ? Ce devait être sa soeur, sûrement. Il avait lu une mention à son sujet dans le dossier.

    « Je promets de faire tout mon possible pour sortir mon client de cet embarras ; nous sortirons vainqueur de ce procès. In Nomine Justitiae. Pour votre frère »
    ajouta t-il un peu distraitement, avec un regard vague.

    Si il avait fait un peu plus attention, il aurait remarqué bien des détails lui prouvant comme il se trompait ; si il avait été un peu moins tête en l'air, il aurait remarqué que cette jeune femme , loin d'être la soeur de la victime, n'était autre que sa partenaire de barre. Hélas pour elle, elle avait affaire à un garçon sympathique mais un peu distrait. Heureusement pour elle, il était juste, droit, honnête. Et il avait un pouvoir qui allait leur servir - bien qu'il eut mis sa main à couper que leurs arguments auraient tenus la route sans son coup de pouce. Il continuait de vibrer dans l'air ambiant, offrant sa chance à la victime, à lui-même, à la jeune femme en face de lui - ils ne voyaient pas les ondes de chance qu'il projetait, mais il les sentait comme seul un émetteur peur ressentir. Sa vue s'éclaira soudain, et on eut dit qu'il sortait d'un mauvais rêve. Il écarquilla deux secondes les yeux, s'ébroua comme un chien d'un air plutôt comique, et sursauta en entendant l'horloge sonner le premier des huit coups de gong. Il était huit heures. Il était temps de pénétrer dans la salle ; d'un regard enfin clair, il observa la jeune femme en face de lui, prit un air interrogatif et se demanda si elle lui avait parlé durant le laps de temps où il avait été tout à son pouvoir. Il ne se souvenait plus, se rappelait juste l'avoir saluée ; que faisait-elle encore là ? Pourquoi ne rejoignait-elle pas son frère ? Il fronça les sourcils, resserra sa main sur sa mallette noire ; sa cravate lui semblait trop nouée mais il savait que c'était du à l'angoisse. La peur et l'exaltation lui nouaient l'estomac ; et alors qu'il songeait à tout ce qu'il allait entreprendre, il se convainquit qu'il avait vraiment fait le bon choix : défendre les innocents, c'était ce pour quoi il était le meilleur. Et sa chance n'avait rien à voir là-dedans, rien du tout ! Foi de Caleb ! Il allait réussir ce procès, pour que les hommes ne puissent plus discréminer les mutants sans crainte de sévices ; ils allaient craindre la loi car à présent elle serait du côté des justes et des faibles, comme elle devait l'être. Le sourire de Caleb s'accentua, et son air fatigué et rêveur fit place au visage d'un conquérant fier et digne.

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Mar 28 Juin - 19:35

     La saison était chaude, les nuits à peine supportables pour quelqu'un originaire d'un pays aussi froid que celui de l'avocate, mais Sólveig était l'exception qui confirmait la règle. Son don de pyrokinésie lui permettait - bien heureusement - de ne pas subir les affres de la chaleur écrasante qui s'installait sur Achaea chaque année à cette époque. Les draps moites de sueur, les difficultés à trouver un petit coin frai pour s'allonger, tout cela était aussi inexistant pour la Norvégienne qu'un peigne dans la trousse de toilette d'un chauve, autant dire qu'elle profitait pleinement de sa chance en se prélassant dans son lit tandis que son compagnon était obligé de haleter comme un chiot pour obtenir de l'air frai. Les lèvres pleines de la jeune femme ne cessaient de se dessiner en un sourire amusé lorsque ses yeux céruléens tombaient sur un Curtis complètement amorphe, assommé par la chaleur difficilement supportable. Et dire qu'il avait des gènes Italiens ! Il faisait aussi chaud dans le pays du soleil, mais il était vrai que le climat plutôt rude du désert environnant n'aidait en rien à alléger la souffrance des habitants du Nevada. Quoi qu'il en soit, Sólveig avait décidé de ne pas se laisser détourner de son dossier, le lendemain elle devait plaider une importante affaire qui traitait - encore une fois - du sujet mutant. Elle espérait sincèrement que tout cela tournerait bien, l'affaire ne se présentait pas sous son meilleur angle, la sélection du jury avait été plutôt difficile, beaucoup de personnes qui haïssaient les mutants et arrivaient avec des préjugés. C'était sans compter que la presse ne s'était pas gênée pour tirer son épingle du jeu, elle avait parlé à tort et à travers de cette affaire, trop heureuse de pouvoir parler d'un procès incriminant - encore une fois - un mutant.

     La patience de la jeune femme était mise à rude épreuve, la malheureux Curtis avait dû supporter une Sólveig particulièrement irritable et qui craignait de ne pas être à la hauteur de la tâche. Le récent incident du siège du gouvernement avec le discours du Sénateur Farinelli n'avait pas facilité la tâche de la défense, au contraire même. Ils devaient être plusieurs avocats sur l'affaire, habituellement la belle travaillait en solo et l'idée de devoir bosser en binôme sur cette affaire ne faisait que l'inquiéter davantage. Elle avait ses petites habitudes qui lui permettaient de réfléchir posément, la présence d'une autre personne – inconnue de surcroit – ne faisait que rajouter une couche de soucis à ses yeux. Mais elle n'avait malheureusement pas le choix, son patron avait fortement insisté, lui expliquant qu'il lui donnerait un jeune homme tout à fait compétent et très prometteur en partenaire sur cette affaire, cette révélation n'avait pas vraiment rassuré la trentenaire qui était plutôt surprise de voir son supérieur engager un avocat d'un cabinet extérieur, débutant en prime, pour une affaire d'une telle importance. Mais la Norvégienne n'était pas du genre à dénigrer un futur collègue simplement parce qu'il n'avait pas souvent plaidé, au moins pouvait-elle espérer qu'il serait habité par la même soif de justice qu'elle, contrairement à bon nombre d'avocats peu scrupuleux qui vendaient leurs services aux plus offrants. C'était donc l'esprit quelque peu inquiet que la jeune femme avait fermé son dossier la veille au soir avant d'aller se reposer, bien qu'elle savait pertinemment qu'elle aurait toutes les difficultés du monde à s'endormir et non en raison de la chaleur environnante.

     Réveillée avant même que son alarme ne sonne, la jeune femme jeta un œil au cadran numérique couleur émeraude, il marquait 5h30, juste le temps pour elle de se préparer et de pouvoir se rendre au palais de justice pour discuter encore une fois avec son client avant de se jeter dans la fosse aux loups. La belle se glissa en silence hors des draps légers pendant que son compagnon dormait encore, puis elle se doucha rapidement avant d'enfiler un tailleur sérieux comme tous les jours où elle devait plaider, avant de s'ajouter une touche très légère de maquillage, juste pour avoir l'air présentable sans en faire trop. Au naturel, c'était ce qu'elle préférait, mais lorsqu'on se présentait à peine coiffée et non maquillée devant un jury, inutile de dire que l'on passait pour une avocate plutôt étrange, la belle se faisait donc force pour jouer leur jeu et s'habillait de sorte à ressembler au stéréotype même de l'avocate des séries policières du moment. Après s'être dirigée dans la cuisine, elle avala rapidement une tasse de café, nourrit les animaux avant de ramasser ses clés et son attaché-caisse pour sortir de l'appartement alors que six heures et quart sonnait à l'horloge de grand-mère du salon. Curtis n'avait même pas ouvert les yeux et ne se rendrait compte de son départ qu'à son réveil. L'avantage à cette heure-ci, c'était que la circulation était encore très légère, la belle n'eut donc aucune peine à glisser sa petite coccinelle entre les quelques travailleurs à la mine endormis, ou les fêtards qui rentraient chez eux et arriva en deux temps trois mouvements au bâtiment qui hébergeait les bureaux de son cabinet d'avocat. Elle avait encore quelques petites choses à régler, il ne lui fallut pas plus d'un petit quart d'heure pour régler les derniers points de sa défense avant de sauter à nouveau dans sa voiture pour prendre la direction du palais de justice.

     Bien que la distance était la même que de son chez-elle à son lieu de travail, la jeune femme mit plus de temps à rejoindre le palais de justice en raison de la circulation qui devenait de plus en plus dense. Elle arriva donc sur le parking alors que sept heures se faisait entendre à la radio qu'elle coupa en même temps que son véhicule avant de se rendre rapidement à l'intérieur de l'imposant bâtiment où l'attendait son client. Il n'était pas vraiment très rassuré, il y avait de quoi, accusé d'un meurtre qu'il n'avait pas commis – Sólveig en aurait mis sa main à couper – et qui découlait uniquement de la haine des humains à l'égard des mutants, il risquait la condamnation à perpétuité, heureusement la peine de mort n'existait plus dans le Nevada depuis quelques temps. Il risquait sa vie, en faisant confiance à la Norvégienne il prenait le risque de ne plus jamais revoir sa femme et ses enfants, un gros risque qui ne faisait qu'inquiéter plus l'avocate consciente de ce que son client pouvait avoir comme condamnation. À son âge il ne sortirait plus en vie s'il terminait sa peine de sureté. Après une discussion animée et les derniers réglages de son témoignage, il fut emmené par les policiers en charge de sa garde alors que la jeune femme se glissait dans les couloirs du palais de justice, esquivant comme elle pouvait les parasites – à comprendre les journalistes – qui tentaient de lui arracher LA révélation qui leur ferait vendre plus de magasines que le voisin. La jeune femme tomba sur la famille de l'accusé avec qui elle discuta un petit moment, apprenant au passage que sa sœur avait été conduite à l'hôpital pour s'être assommée plutôt rudement en apprenant que son frère risquait la peine à perpétuité. Rien de bien grave, mais cela l'empêcherait d'être ici aujourd'hui, ce n'était vraiment pas bon, elle devait témoigner en faveur de son frère.

     Tout le monde était entré et le président adressa un signe à Sólveig qui lui avait fait un signe destiné à demander son attention, lorsqu'elle lui expliqua rapidement l'accident arrivé à la sœur de l'accusé, le président s'éloigna d'un air agacé en rétorquant que son interrogatoire serait donc repoussé. L'attention de la brune se détourna pour qu'elle pose ses yeux clairs sur un jeune homme en complet, rasé de prêt et tenant quelque chose à la main qui fit aussitôt comprendre à Sólveig qu'il s'agissait de son partenaire du moment. À voir les cernes qui marquaient son visage, il devait avoir aussi bien dormis que sa collègue, ce qui dessina un sourire sur les lèvres pleines de la jeune femme, qui s'accentua lorsqu'elle constata qu'il lui adressa un sourire poli certainement réservé à la famille de ses clients. La demoiselle resta un moment surprise avant qu'il ne s'adresse à elle pour lui déclarer qu'il ferait de son mieux pour tirer « son frère » de ce mauvais pas. La jeune femme laissa son sourire s'étendre alors qu'elle comprit qu'il ne se rendait pas compte qu'elle n'était pas de la famille de l'accusé, mais tout simplement sa collègue. La Norvégienne décida toutefois de rester silencieuse alors que huit heures sonnait et que le jeune homme fut visiblement occupé par autre chose, elle l'observa un petit moment, autant surprise qu'amusée par l'air qu'il arbora soudain, puis lorsque leurs regards se croisèrent à nouveau et qu'il sembla surprit de la voir encore, elle entrouvrit la bouche, mais fut coupée dans son élan par le président qui usa de son marteau pour obtenir l'attention de tout le monde. Tous se levèrent alors que la demoiselle prit place aux côtés du jeune avocat, l'accusé entra, puis le président prit sa place et tout le monde pu s'asseoir. Sólveig en profita pour se pencher en direction du jeune homme avant de lui murmure quelques mots.

     ▬ Maître Button je présume, je suis votre collègue, maître Bjørn, j'imagine que vous n'avez pas eu le temps de voir le mémo glissé dans votre dossier qui faisait état de mon nom ? »

     Son sourire ne la quitta pas alors qu'elle inspira légèrement en reprenant sa place, sentant au passage une odeur de lavande se dégager du jeune avocat et bien, il devait avoir une femme qui veillait à ce que son linge sente bon. Ce n'était que trop rare de nos jours. Le président ne laissa pas le temps au jeune homme de répondre à celle qu'il avait pris pour une autre, il fit état des faits reprochés à l'accusé avant de lancer la procédure, parlant du fait que la sœur de l'accusé ne pourrait pas être présente en raison d'un incident qui l'immobilisait à l'hôpital et que son témoignage serait reporté, ou enregistré si son état ne s'arrangeait pas. Le président enchaîna ensuite avec les blabla habituels et la demoiselle en profita pour glisser quelques mots à son collègue qui ne devait pas être au courant des derniers faits.

     ▬ Concernant la sœur de l'accusé, elle a été victime d'un malaise ce matin et s'est assommée plutôt brutalement en tombant sur le sol, normalement elle devrait être en état de témoigner demain, mais les blessures à la tête ne sont jamais bénignes, espérons que nous n'aurons pas plus de poisse que cela. »

     Elle ignorait à quel point la chance risquait de tourner en leur faveur, la demoiselle était bien loin de se douter que son collègue était mutant et encore plus qu'il possédait un don capable de leur rendre service. Celui de l'avocate était plus offensif qu'il ne lui permettait de protéger les gens qu'elle voulait aider à son grand dam. Les accusations furent enfin énumérées et les avocats commencèrent à parler pendant que le procureur entamait les hostilités en présentant un premier témoin qui devait – soit-disant – prouver clairement la nature de l'accusé, à comprendre un homme sans foi ni loi. Le témoin était une séduisant jeune femme, elle devait avoir dans la vingtaine et prétendait avoir été témoin d'une agression de l'accuse vis-à-vis d'un humain qui lui avait demandé son briquet. En réalité, c'était simplement un humain qui avait manifesté sa haine à l'égard d'un mutant qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment et qui avait été pris à parti par un idiot qui voulait montrer sa prétendue supériorité. Malheureusement l'accusé avait effectivement repoussé l'assaillant en lui donnant un coup de poing, tout se jouait donc sur le fait de prouver que c'était de la légitime défense et non une agression gratuite. Le procureur interrogea la demoiselle pendant quelques temps et Sólveig ne manqua pas de remarquer que les yeux de la jeune fille s'attardèrent de temps en temps sur maître Button. Une idée germa aussitôt dans l'esprit de la trentenaire qui avait oublié ses craintes pour ne laisser que l'avocate qui défendait bec et ongles son client. Se glissant vers le jeune avocat, elle lui adressa quelques mots.

     ▬ Je pense que ce serait une bonne idée que vous vous occupiez de l'interroger, à mon avis elle vous répondra mieux qu'à moi. »

     Toujours profiter de ce que la chance nous offrait, visiblement son collègue avait attire l'attention de la jeune fille, autant l'envoyer lui plutôt que de s'en charger non ?


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Caleb Button
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Mer 29 Juin - 10:23

    En entendant le bruit de marteau, qui suivit après les coups de huit heures, le visage de Caleb changea : ses cernes ne semblèrent plus de simples marques de fatigue ; elles étaient la preuve de sa témérité et de son engagement dans cette affaire ; de nerveux et rêveur, son visage devint calme et serein. C'était toujours ainsi : le jeune homme s'inquiétait de sa prestation, mais une fois dans la situation propre, il perdait sa nervosité pour ne garder que son penchant naturel pour le calme, la rigueur et le travail. Il avait travaillé sur ce dossier, aussi longtemps qu'il lui était humainement possible. Il n'allait pas tout gâcher à cause d'une simple erreur de trait de caractère.

    Ce changement fut perceptible à quiconque le regardait ; il semblait soudain plus sûr de lui et plus mûr. La chance qui s'écoulait de lui le rassura un peu, mais c'était en ses capacités de bon avocat qu'il avait pleinement confiance. Il pénétra dans la grande salle, vaste et très éclairée. Elle se remplirait d'ici les deux minutes à venir. Il apprécia la fraîcheur de l'endroit, comparée à la fournaise de la matinée, une autre journée qui prévoyait de devenir brûlante. Mais il serait ici pour au moins deux bonnes heures, si tout se passait comme il l'espérait ; peut-être plus si leurs adversaires étaient coriaces. Il jeta un coup d'oeil à la jeune femme qui marchait à ses côtés ; en la voyant s'installer avec lui, il manqua se taper le front du plat de la main. Il comprit, bien avant qu'elle lui dise, l'ampleur de sa bourde : ce n'était pas la soeur de leur client, mais bel et bien sa partenaire juridique. Il détourna son attention de son erreur pour écouter le président, mais l'inconnue à sa droite lui murmura une explication.

    Maître Bjorn. Non, il n'avait reçu aucun mémo. Il jeta un léger regard à la jeune femme, qui en disait long sur ce qu'il pensait des gens sensés lier les deux avocats dans cette affaire. Il soupira, redevint silencieux et écouta l'explication du juge. La soeur de l'accusé était à l'hôpital ? Un autre que Caleb eut pensé qu'ils avaient peu de chance de gagner ; le jeune homme se contenta de croire plus fort en sa chance. Ils gagneraient, il n'en doutait pas. Toujours silencieux, il écouta distraitement le président expliquer la procédure judiciaire ; Maître Bjorn à son côté se permis de lui expliquer plus en détails leur manque de bol. Les mots qu'elle utilisa, « espérons que nous n'aurons pas plus de poisse que cela », lui arrachèrent un sourire amusé, tandis que son regard étincelait : la chance, il la personnifiait. Et il avait attiré son vieil ami, le destin, dans leur palais de justice, aujourd'hui.

    Il ne répondit rien, se contentant de hocher la tête distraitement, essayant d'effacer le sourire de ses lèvres ; il réussit à reprendre un air sérieux, tout en réfléchissant à leur méthode de travail. Ils allaient devoir se baser sur la légitime défense. Leur client avait été agresser verbalement, et il s'était défendu par la violence. C'était une erreur, certes, mais qui ne valait pas tout ce que ça avait déclenché. De plus, ils n'auraient pas le témoignage de la soeur ; elle n'aurait peut-être pas pu faire grand chose pour eux. Ils n'en sauraient jamais rien.

    Le premier témoin fût appelé à la barre. Miranda Blender, 24 ans, étudiante en vente de cosmétiques. Elle était sur les lieux de l'altercation. Tandis que Caleb réfléchissait à comment décider de qui, entre lui et Maître Bjorn, irait l'interroger, la jeune avocate se pencha vers lui et lui murmura qu'il serait plus avisé qu'il aille poser les questions.

    Sceptique, Caleb se dressa et s'avança ; trop étourdi et trop naïf pour avoir compris le sous-entendu pourtant évident, il ne comprit pas le regard de requin en chasse que lui lança le témoin ; elle eut cependant la bonne idée de rougir, et baissa les yeux. Il la vit tortiller ses mains - était-elle inquiète ? Il devait la faire flancher. Il était certain qu'elle avait été payée par leur adversaire - avocat ou l'agresseur de leur client - et qu'elle tenait à mentir. Il allait donc devoir s'y prendre subtilement pour rester dans un cadre neutre et lui faire dire la vérité.

    « Mademoiselle Blender, jurez de ne dire que la vérité, toute la vérité. Jurez sur votre honneur. Bien. Nous pouvons commencer. »

    Sa voix claire et calme portait plus que ne l'auraient fait des cris furieux ; il resta un instant fixé devant la jeune demoiselle ; leurs regardas se croisèrent un instant et elle détourna ses grands yeux clairs. Bien.

    « Vous dites dans votre rapport que vous étiez sur le lieu de l'incident. Il est avéré que mon client, Monsieur Phillips, a porté atteinte physique à Monsieur Bergue. Néanmoins, est-ce que le gène mutant à quoi que ce soit à voir avec tout cela ? Il n'y a pas eu usage de pouvoir, dans cette histoire. Les deux hommes se connaissaient, aussi Monsieur Bergue connaissait la nature de mon client, néanmoins n'est-ce pas une attaque injustifiée et discriminatoire qui a donné naissance à cette action de violence, en tant que légitime défense ? »

    Le juge frappa une fois de son marteau ; son regard croisa celui de Caleb et il hocha la tête ; il avait été trop loin et devait se montrer plus subtil. Ne pas porter d'attaque. Il ne devait pas se laisser envahir par le ressentiment qu'il avait, par sa volonté de justice. Juste poser des questions.

    « Je reformule. Sur les lieux de l'incident, donc, ces deux hommes étaient présents, et vous aussi. Pourriez-vous nous expliquer votre version des faits ? N'oubliez pas, ne mentez pas. »

    Son ton était redevenu doux, presque caressant, presque suppliant, comme une plainte. Mademoiselle Blender, les yeux cherchant en tous sens, porta son attention un instant sur Bergue. Caleb en fut sûr : elle avait été payée. Mais allait-elle se résoudre à jeter un innocent en prison, voire à l'abattoir ?

    Hésitante, elle resta sans dire un mot quelques instants ; ses yeux fuyaient les regards, mais elle croisait sans cesse celui de Caleb, posté juste devant elle. Finalement, elle dût prendre une décision car il la vit inspirer un grand coup comme pour se donner du courage ; elle planta son regard dans celui de l'avocat, comme si elle ne souhaitait dire la vérité qu'à lui, et débita très rapidement :

    « J'étais partie acheter des cigarettes. Quand je suis sortie du bar-tabac, j'ai entendu un bruit de dispute. Je suis curieuse, voyez-vous, et je n'ai pas pu m'empêcher d'approcher. Lui - son doigt désigna Bergue - tenez l'autre monsieur par le col. Il lui disait ... »

    Sa voix se brisa, et elle ferma les yeux. Caleb lui murmura doucement qu'elle pouvait continuer, d'un ton paternel et rassurant ; cela parut la rasséréner car elle ouvrit les yeux, et prit un air déterminé.

    « Il lui disait : « Immonde bâtard impur, tu te crois meilleur que moi ? Tu as des putains de pouvoirs, t'es un putain de monstre, et tu crois que je vais te laisser aller et venir à ta guise ? Les cinglés comme toi, on les enferme, on les tue ! ». Je crois qu'il avait bu, et il s'est montré violent. Au moment où il a fait mine de vouloir faire du mal à cet homme - elle montra Phillips - il s'est défendu comme il pouvait. »

    Sa voix était passée de posée et limpide à rauque et confuse ; elle-même semblait choquée par les paroles qu'elle avait récité. Caleb aurait mis sa main à couper que ces paroles, empreintes d'une violence ahurissante, resteraient gravées dans sa mémoire à jamais. Un coup d'oeil aux jurés lui indiqua qu'ils étaient également étonnés par de tels propos injurieux. Cela n'excusait pas le geste violent, le coup de poing, mais ça permettait de comprendre pourquoi.

    Néanmoins, il en vit certains qui étaient loin d'être convaincus. Il devait laisser la main à Maître Bjorn. Il retourna à sa place et hocha la tête en sa direction. Il lui laissait à présent la place pour parler devant les jurés en attendant les autres témoins ; il en restait deux, le gérant d'une épicerie en face de l'endroit où s'était produite l'altercation, et un habitant d'un immeuble qui avait entendu la bagarre. Ensuite, les deux clients iraient eux aussi à la barre. Entre temps, il faudrait se mettre les jurés dans la poche. Certains avaient déjà laissé leurs préjugés au placard, pour comprendre le côté humanitaire de ce procès ; d'autres ne comprenaient pas à quel point leurs idéaux racistes obscurcissaient leur vue. S'asseyant à côté de sa partenaire, il laissa le juge parler. Il fit un demi-sourire, dont le destinataire était sa collègue avocate - il était plutôt fier de lui, et il ne songea pas un instant que c'était sa chance qui avait permis à Miranda Blender de parler. Il avait senti quoi dire ; ses propos du début, reprit par le juge, avaient été calculés - elle devait sentir sa faim de justice, l'injustice qu'elle commettrait si elle mentait. La douceur de sa deuxième question avait achevée de la décontenancer.

    Il se demanda ce que Maître Bjorn allait utiliser pour défendre leur client. Il se rappela l'histoire juridique d'il y avait des années. Les noirs avaient eux aussi été critiqués, jugés injustement de tous les tords du monde. L'idée de reprendre ces faits lui vint, et alors que le juge appelait maître Bjorn, il lui murmura rapidement :

    « Rappelez-vous les noirs ! »

    Il espéra qu'elle comprendrait où il voulait en venir ; le fait de faire un parallèle entre l'injustice des procès contre les noirs et ceux contre les mutants pouvaient en toucher certains qui avaient justement la peau foncée. Il était à présent reconnu que tous étaient des êtres humains et que tous étaient égaux ; qu'en était-il à présent des mutants ? Caleb vivait sous le même ciel qu'eux, respirait le même air ; était-il si différent d'un autre homme ? Ses pouvoirs faisaient-ils tout ? Un homme qui avait un talent pour la chanson était-il coupable de savoir faire ce qu'il faisait ? Non. Tout le monde avait des dons, celui de dessiner, celui de chanter. Lui-même avait des capacités hors du commun, mais la nature était ainsi faites : elle avait donné à la murène le don d'électriser ses ennemis ; certains animaux voyaient dans la nuit ; certains sécrétaient un poison si violent qu'il tuait en quelques minutes. Pourquoi ces espèces là et pas d'autres ? Nul ne le savait. Mais les hommes avaient un besoin irrépressible de tuer ce qu'ils ne comprenaient pas ; de désirer ce qu'ils ne pouvaient toucher ; leur désir de sang était si fort que de tout temps, ils avaient injustement traités ceux qu'ils pensaient différents ; une fois que la loi leur disait qu'ils s'étaient trompés, quelques excuses étaient sensées effacer la peine, les larmes et le sang versé. Les hommes étaient les créatures les plus cruelles que Caleb ait vu, et pourtant il se cachait en eux des trésors de douceur et de bonté. D'où venait cet instinct pour la guerre, qui les poussait à s'entre-déchirer ? Voilà le fléau du monde ; ce n'était pas les mutants, ou autre chose : c'était l'homme et ses besoins de tout détruire. Caleb soupira : ce n'était pas bien de penser à tout cela. Il finirait hostile si il continuait dans cette voie ; il aimait sa façon de vivre - sa façon de vivre cachée. Il ne souhaitait pas avoir les autorités sur le dos. Il observa les jurés, à sa gauche, qui se parlaient entre eux, en attendant que la foule des gens dans la salle se taise - le juge frappa deux fois de son marteau en hurlant au silence. Caleb baissa les yeux sur sa mallette ouverte devant lui ; ses pensées revinrent au procès qui se déroulait. Il aurait tout le temps de s'apitoyer sur lui-même et sur la fatalité bestiale des hommes quand il aurait gagné ce procès !

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Mer 29 Juin - 18:52

     S'il y avait une chose que Sólveig appréciait autant que le fait de plaider pour une cause qui lui semblait juste, c'était bien de voir quelqu'un comme elle à l'action. Elle détaillait la manière d'agir du jeune avocat, ne le quittant que brièvement de ses yeux céruléens pour poser son regard inquisiteur sur le visage du témoin qu'il était en train d'interroger. Laërte, l'homme qui avait été son mentor dans la lutte pour les mutants pendant tant d'années, lui revint à l'esprit, il avait expliqué à de nombreuses reprises que le comportement d'un avocat était tout aussi important que sa manière de parler. Un procureur qui glissait ses mains dans ses proches pendant un interrogatoire donnait irrémédiablement l'impression de ne pas se sentir concerné par ce qui se passait devant lui, chose plutôt mauvaise pour obtenir l'approbation du jury. Il ne fallait pas se voiler la face, l'accusé était coupable d'avoir eu un geste violent à l'égard du plaignant, le seul moyen de pouvoir le sortir de là sans trop de dommages c'était de prouver la légitime défense et ainsi d'obtenir un acquittement. À n'en pas douter, le jeune avocat l'avait clairement compris, car il orientait l'interrogatoire dans ce sens, après avoir fait prononcer le discours habituel au témoin sur le fait de dire la vérité, il tenta d'introduire la légitime défense avant d'être rappelé à l'ordre par le juge. La jeune mutante plissa des yeux, visiblement cet homme était de l'avis du plaignant, il suffisait de voir l'expression qu'il arborait lorsque ses yeux se posaient sur l'accusé. Un léger soupire passa la barrière des lèvres de l'avocate alors qu'elle croisait les doigts pour que le charme de son collègue fasse son petit effet sur le témoin, puis au passage, les membres féminins du jury tant qu'à faire.

     Après avoir reformulé sa question, maître Button attendit patiemment la réponse de la demoiselle, il avait opté pour un ton doux qui devait certainement mettre la demoiselle en confiance. Il n'y avait pas photo, si Sólveig s'était occupée de ce témoin elle se serait sentie agressée, une femme devait éviter d'en interroger une autre, elle aurait pu mentir effrontément pour le simple plaisir de pouvoir l'agacer par ce biais. Les femmes pouvaient être de sacrées pestes entre elles, la Norvégienne en avait déjà fait les frais à plusieurs reprises. Un silence répondit tout d'abord au jeune homme avant que l'autre ne se décide à répondre, non sans s'être donnée au jeu des regards, esquivant habillement celui de l'avocat ce qui montrait clairement qu'elle n'avait pas la conscience tranquille. Une petite séance de mélodrame alors que sa voix se brisait, la trentenaire doutait que ce soit sincère, sûrement n'était-ce là qu'une tentative pour obtenir la sympathie de l'homme qui l'interrogeait. On lui répétait souvent qu'elle était trop méfiante avec les témoins qu'elle interrogeait, mais c'était tout bonnement basé sur des années d'expérience, il suffisait de voir que la jeune femme arborait une tenue qui n'était normalement pas de mise dans un tribunal. Elle espérait certainement obtenir l'appréciation des hommes du jury et pourquoi pas des avocats de la partie adverse, mais par contre elle encourait le risque de se mettre à dos les quelques femmes du jury. Restant de marbre, Sólveig entendit les insultes de l'homme résonner douloureusement dans ses oreilles, même sortant de la bouche d'un témoin il était aisé d'imaginer la scène. Rien de bien nouveau à son grand déplaisir, le genre d'insultes que les mutants entendaient tous les jours, sauf elle étant donné qu'elle n'était pas recensée.

     Un coup d'œil vers le public lui indiqua qu'ils étaient choqués, tout comme les membres du jury, ils ne devaient pas être habitués à voir de telles choses, rien de très surprenant lorsqu'on était humain. Finalement, alors que l'interrogatoire était terminé, maître Button vint reprendre sa place tandis que le juge s'occupait de résumer brièvement les fait alors que la jeune femme se levait pour laisser la place au témoin suivant. Il s'agissait de grappiller des points le temps que la conclusion et la plaidoirie arrivent, c'était la spécialité de la Norvégienne qui usait d'une fausse naïveté pour réussir à convaincre le public. On la prenait toujours pour une sotte sans réflexion, peut-être en raison de son physique qui pouvait la faire passer pour une femme superficielle, comme si l'on embauchait des idiots dans la justice ! Alors qu'elle réfléchissait déjà à ce qu'elle allait dire en se redressant légèrement, la jeune femme s'interrompit en voyant son collègue se pencher pour lui lâcher quelques mots auxquels elle répondit par un léger sourire énigmatique.

     ▬ Ne vous inquiétez pas. »

     Elle avait l'habitude d'exploiter ce filon, on la charriait souvent en lui disant qu'elle pourrait toujours se recycler en tant que défenseure des noirs si jamais la race mutante disparaissait un jour, sauf que si c'était le cas elle disparaissait avec. Sólveig se redressa avant de lisser sa jupe d'un geste machinal, puis elle s'approcha de la barre des témoins derrière laquelle le gérant de l'épicerie était assit, le silence était retombé et le brouhaha s'était dissipé, seul le léger bruit des talons de la demoiselle se faisait entendre. Arrivée à quelques dizaines de centimètres de la barre des témoins, elle orienta son regard vers le jury, repéra une noire et un asiatique dans le tas, avant de poser ses yeux couleur saphir sur le visage de l'homme devant lui. Bedonnant, il devait approcher les cent-cinquante kilos sans trop de peine, son crâne dégarni luisait de sueur alors qu'il faisait plutôt bon en raison de la climatisation de la salle, quelques cheveux épars le parsemaient encore. Elle laissa planer quelques instants de silence avant de finalement prendre la parole d'un ton calme et caressant.

     ▬ Monsieur Hayes, vous êtes gérant de l'épicerie qui fait face à l'endroit où a eu lieu la prétendue agression. »
     ▬ Objection votre honneur ! Il n'y a pas de prétendue agression, elle a bien été confirmée ! »
     ▬ En effet, maître Bjørn, essayez de ne pas dévier des faits je vous prie. »
     ▬ Mes excuses. Elle hocha légèrement la tête d'un air qui se voulait de dépit, comme si elle n'avait pas songé à cela alors que l'intervention du procureur était attendue. Je reformule donc, vous travaillez en face du lieu de l'agression, avez-vous vu ou entendu quelque chose de suspect ce jour-là ? »

     L'homme inspira avec difficulté, la chaleur et le costume qui sentait la naphtaline qu'il ne devait pas avoir utilisé depuis des années n'aidaient pas. Elle était dans son élément et lui non, la demoiselle comptait bien sur ce léger détail pour faire pencher la balance en sa faveur.

     ▬ En effet je suis le gérant, depuis plusieurs années pour tout dire. Ce jour-là, je n'ai rien entendu de ce que le témoin précédent a dit, il n'y avait pas beaucoup de monde cette après-midi et j'avais donc l'occasion de surveiller les environs, j'étais à la caisse avec le fenêtre ouverte et à part les cris de douleur du plaignant je n'ai rien entendu parce qu'il n'y avait rien d'autre à entendre. » La jeune femme hocha la tête avant de marcher vers le bureau où Caleb était assit, elle ramassa quelques feuilles tout en parlant avant de revenir vers le box des témoins.
     ▬ Face à la caisse me dites-vous, pièce numéro 13 bis, un plan de votre magasin, nous voyons clairement que dans une telle position, votre oreille droite donnait sur la rue, or, la pièce numéro 14 du dossier fait état d'une surdité quasi totale de votre oreille droite suite à un pétard défectueux qui aurait endommagé très gravement votre tympan. Comment pouvez-vous prétendre qu'il n'y avait rien à entendre alors que vous ne pouviez pas entendre une discussion, même si vous l'aviez désiré ? »

     Son ton restait doux et apaisant, elle lui parlait comme si elle était face à un enfant pris en faute, c'était une preuve destinée à toucher la crédibilité du témoin, il mentait tout simplement et son but était donc de le démolir sans en avoir l'air. Alors que sa dernière phrase faisait son petit effet, elle glissa un autre papier dans sa main avant de reprendre la parole.

     ▬ Pièce numéro 17 du dossier, le témoignage d'un travailleuse du centre finesse ou vous avez tenté de vous inscrire le mois dernier, vous avez été refusé pour votre corpulence trop élevée, étant jugé comme un homme à l'obésité morbide en raison d'une maladie génétique qui empêche à votre organisme de liquider la graisse en trop. »
     ▬ Objection votre honneur ! Maître Bjørn compte nous dresser la vie du témoin ou va-t-elle poser une question ? »
     ▬ J'y arrivais justement, la question étant donc, qu'avez-vous ressentis lorsqu'on vous a traité comme un paria, lorsqu'on vous a déclaré que parce que vos gènes refusaient de vous laisser avoir une vie normale ? »

     Le concerné ouvrit la bouche avant de la refermer, comme un poisson hors de l'eau qui n'arrivait pas à trouver de l'air. Il inspira finalement, sentant que malgré son air aimable et innocent la femme qui se tenait face à lui n'arrivait pas les mains dans les poches. Après quelques instants de silence, il se décida à répondre alors que le juge le rappelait à l'ordre en lui demandant de répondre à la question qui lui avait été posée. Son ton était contrit et quelque peu troublé.

     ▬ J'ai été très énervé, en colère, j'avais envie de les remettre à leur place en leur faisant comprendre que je n'y pouvais rien. Mais je ne l'ai pas fait moi ! » Il se sentait fier de son petit effet alors qu'un murmure approbateur s'élevait du public sans troubler Sólveig pour autant.
     ▬ Peut-être était-ce tout simplement parce que vous aviez l'habitude de voir des gens souffrir comme ça ? Pièce numéro 21, témoignages divers de clients d'origine asiatique, afro-américaine ou juive, qui indiquent que vous aviez pour habitude de leur faire payer un supplément. Un témoignage raconte même que vous auriez refusé de vendre la dernière bouteille d'eau du rayon à une femme noire qui en avait besoin pour le biberon de son bébé, tout simplement parce que le client derrière, qui était blanc précisons-le, en voulait aussi une. Qu'avez-vous à répondre à cela ? »

     Le racisme que l'on pouvait lâcher sur les autres alors que soi-même l'on était concerné, cela dépassait la jeune femme. Cet homme était obèse, il avait certainement été raillé par les autres enfants alors qu'il était jeune et il ne trouvait rien de mieux que de se venger sur des mutants en leur faisant subir le même sort. Pitoyable. Cette hypothèse faisait son petit bonhomme de chemin dans l'esprit du jury alors que l'autre reste obstinément silencieux, il ne voyait pas quoi répondre et Sólveig lui indiqua qu'il pouvait laisser tomber avant d'ajouter quelques mots.

     ▬ Ne vous fatiguez plus, je présume que tout le monde a deviné que l'origine génétique du mon client a joué pour beaucoup dans la balance, peut-être que la haine d'un être différent vous aura soudain permis d'entendre correctement qui sait, ou d'entendre ce que vous vouliez. »
     ▬ Objection ! J'ignorais que maître Bjørn avait un diplôme de psychologie, est-ce qu'elle désire nous dresser le portrait mental du témoin ? »
     ▬ Je retire, je n'ai plus de questions pour ce témoin. »

     Elle se détourna non sans avoir posé un regard appuyé sur les membres du jury, le comble c'était qu'il avait été interrogé par une étrangère, même si son appartenance ethnique était moins visible que les asiatiques ou les autres victimes de cet homme raciste. La jeune femme reprit place aux côtés de son collègue, elle n'avait pas totalement usé la corde du racisme, l'idée de Caleb servirait beaucoup pour la plaidoirie, ressortir quelques affaires de racisme qui ne concernaient pas les mutants aidaient toujours, elle lui laisserait certainement le soin de s'en charger s'il en éprouvait l'envie. Les débats étaient plutôt à leur avantage, mais peut-être risquaient-ils de tomber sur un os avec le témoin suivant, elle posa son regard sur le visage concentré de maître Button avant de lui lâcher quelques mots alors que le jury prenait des notes.

     ▬ Je n'ai fait qu'effleurer votre suggestion, j'ignorais si cela serait plus utile pour la plaidoirie et j'ai donc préféré la garder au chaud. Je crois savoir que le témoin suivant est quelqu'un de beaucoup moins impressionnable que nos deux témoins précédents. J'espère que nous parviendrons à le dé-crédibiliser aussi aisément. »

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Mer 29 Juin - 20:05

    Caleb resta silencieux, tandis que sa consoeur se levait pour aller elle aussi interroger un témoin. Il était amusant de voir que, comme dans une course de relais, ils se passaient un témoin invisible - pour aller justement interroger des témoins ! L'objectif était le même que dans celui d'une course normale : gagner. Maître Bjorn lui avait dit de ne pas s'inquiéter ; en aucun cas son angoisse s'était réveillée. Au contraire, il se sentait plus confiant qu'il ne l'avait jamais été. Il avait à côté de lui les preuves que la jeune femme voudrait utiliser contre le témoin, Monsieur Hayes. Caleb y jeta un oeil - l'avocate était bien plus renseignée que lui-même ! Il avait certes des preuves et des faits sur quoi se fonder, mais il ressentit un semblant de doute : était-il aussi prêt qu'elle ? Il ne baissa pas les bras, et se contenta de se concentrer sur l'interrogatoire de Bjorn.

    Et ce qu'il pouvait dire, c'est qu'elle savait tirer des conclusions et les utiliser ! En quelques mots, en quelques phrases, en quelques minutes, elle venait de démontrer par A + B que le témoignage original n'était qu'un tissu de mensonges. L'air de rien, elle avançait doucement dans les limites du témoin, et écrasait ses arguments avec les siens. Caleb observa le juré plus attentivement : constitué de beaucoup de femmes, il y avait des origines géographiques diverses : il reconnaissait ici et là une asiatique, peut-être une chinoise ou une japonaise ; une noire, et un homme à la peau mate. Il serait plus facile de convaincre les étrangers et les femmes ; il n'avait pas encore l'esprit aussi calculateur que d'autres avocats, mais il songeait néanmoins à ce qu'il pourrait faire et à ce qu'il pourrait dire pour toucher le coeur de ceux qui étaient sans cesse rabaissés : l'égalité homme-femme ne restait qu'une illusion ; les étrangers étaient ici aussi discriminés que les mutants. Il faudrait jouer sur cette corde ; corde que sa consoeur avait décidé de garder pour plus tard, comme une carte de réserve, réalisa t-il en l'entendant continuer à argumenter, d'une façon douce et sereine, comme si elle avait fait ça toute sa vie. Sa façon de faire était telle qu'on avait du mal à se convaincre du contraire ; Caleb était époustouflé par cette capacité à entretenir l'attention du public et à le mettre dans sa poche ; il ne put empêcher un sourire de fleurir sur son visage.

    Il suivit avec attention la fin de l'interrogatoire, en hochant la tête intérieurement : il n'aurait pas dit les mêmes choses, n'aurait pas agit de la même manière ; il n'en restait pas moins entièrement d'accord avec Maître Bjorn. L'avocat adverse se mit à parler à voix basse avec son client, tandis que Caleb se tournait vers son propre client, installé à une table à part sur ordre du juge et des autorités. Il était un mutant, il était dangereux ; Caleb laissa Solveig se rasseoir et distraitement, il se pencha vers elle - il commençait à avoir ce réflexe de petit garçon bavard durant une leçon.

    L'avocate avait raison : le prochain témoin, l'habitant de l'immeuble en bas duquel avait eu lieu l'altercation, serait bien plus dur à convaincre. Vieil homme ronchon et raciste jusqu'au bout des ongles, Caleb l'avait entendu grogner contre une secrétaire arabe alors que les autorités prenaient sa déposition, la première fois. Cela serait difficile ; Caleb sentit, sans qu'il l'eut déployée, sa chance s'épanouir autour de lui, comme de minces filins qui l'auraient reliés aux autres personnes présents dans cette salle ; il sentit plus qu'il ne vit le vieil homme arriver. Alors qu'il s'asseyait, Caleb prit en main un dossier de feuilles reliées, et s'avança vers la barre, mis il fut interrompu - par la voix de son adversaire avocat, et par une sensation de filin qui se tendait, comme pour prendre une proie.

    « Votre Honneur, puis-je moi aussi participer aux festivités ? Je ne comprends pas pourquoi seul le camp adverse pourrait interroger les témoins. »

    Caleb se rassit, les narines palpitantes sous l'effet de son pouvoir qui était presque devenu autonome ; comme un radar, il avait trouvé sur qui il allait tomber. Et agissant comme une sangsue, il aspirait à présent la moindre parcelle de chance de cet homme fourbe et malhonnête qui s'approchait. Caleb le sentait avide, prêt à tout pour son propre intérêt. Il le dégoûta un instant, puis l'avocat se désintéressa de lui ; concentré sur son pouvoir, il pria pour que Solveig suive avec attention ce qui se dirait. Lui en serait incapable. Il n'entendit donc pas le début de l'interrogatoire, ni ce qui suivit.

    « Monsieur Leyns, vous voici à la barre. Vous étiez sur le lieu de l'altercation, du moins vous étiez tout proche. Je veux dire, vous devriez avoir entendu ce qui s'est dit, non ? »

    Il semblait s'emmêler dans ses pinceaux ; sous le regard fixe et étrécit du juge, il respira pour se reprendre. Leyns le regardait tout aussi fixement, avec la bouche plissé en un air de chien prêt à mordre.

    « Ce jour-là, vous auriez entendu, et je cite : des bruits d'une violente dispute, sur le côté droit, près de ma fenêtre qui donne côté ruelle. Avez-vous entendu des injures, des cris ? »

    Le vieux haussa ses sourcils, comme un vieux sage, mais son regard était cruel et calculateur. Il haussa les épaules, comme si il répugnait à répondre, puis croassa d'une voix agacée :

    « J'ai entendu des cris, ouai. J'ai regardé par ma fenêtre et je les ai vu se battre. De toute façon, l'un d'eux est un mutant. Mon avis c'est qu'il faudrait le foutre dans des camps de concentration, voilà tout ! »

    Les jurés écarquillèrent les yeux, le juge intervint, ne pouvant laisser passer cela :

    « Maître, faites attention à ce que vous dites, et maîtrisez votre témoin, ou son intervention comptera comme caduque. »

    L'avocat déglutit, puis en voulant s'approcher, manqua de tomber ; il se rattrapa comme il put et se redressa dans un élan de fierté ; il continua son interrogatoire comme si de rien n'était.

    « Monsieur Leyns, pouvez-vous nous dire pourquoi dans votre témoignage précédent, vous dites n'avoir rien entendu, alors qu'à présent vous racontez que vous avez vu et écouté ? »

    Ecarquillant les yeux, l'avocat reprit, comme pour éviter qu'on ne fasse attention aux énormités qu'il prononçait, qui ne faisaient que l'enfoncer plus encore. On aurait pu croire qu'il défendait le mutant tellement ses propos étaient dénués de sens ou allaient contre son propre client.

    « Avez-vous vu Monsieur Phillips donner le coup de poing à Monsieur Bergue ? Pensez-vous réellement que ce jeune homme ait pu s'en prendre comme cela à un passant dans la rue, alors qu'il lui demandait juste du feu ? Est-ce que le fait qu'il soit mutant fasse de lui un violent, un fou furieux ? Ses gènes sont-ils plus importants dans cette histoire que la vérité ? »
    « Maître, ne faites pas dans la rhétorique s'il vous plaît. Posez votre question, voulez-vous, au lieu de tourner autour du pot.»
    « Voici la preuve que Monsieur Phillips est un mutant : voyez ses allèles posées sur ... »

    Il s'interrompit : les feuilles qu'il venait de donner aux jurés, ce n'étaient pas celles qu'il devait ! Il vit avec horreur se diffuser la fiche où, affichée en grand, on pouvait voir Bergue et son casier judiciaire : infractions, délits mineurs, violences conjugales et, régulièrement, actes de vandalisme et injures racistes contre autrui, voire violences. L'avocat tenta de reprendre ses feuilles, mais il était trop tard : les jurés se penchaient déjà, la main sur la bouche.

    Leyns continuait de grogner tout bas, comme quoi on n'écoutait pas assez les vieux, et que c'était sûrement à cause de ça que la maladie des mutants avait infectée le monde. A cet instant, Caleb sentit le fil se faire plus lâche ; il retrouva ses esprits tandis que la poisse s'envolait. Mais l'avocat avait décidé de baisser les bras ; après avoir ramassé toutes les feuilles sous le regard courroucé des jurés, il retourna à sa place, silencieux, la queue entre les jambes. Il devait se maudire d'avoir gardé ces feuilles dans son attaché-pièces. Il devait d'ailleurs se demander ce qu'elles fichaient là. Il se mit à discuter avec Bergue à voix basse mais de façon désordonnée. Caleb se tourna vers sa consoeur, l'air un peu distrait et rêveur.

    « Hé bien, nous n'aurons pas eu besoin d'interroger ce témoin ; voilà assez de preuves pour nous éviter de prendre au sérieux celui-là, ainsi que l'avocat et notre adversaire. » déclara t-il d'une voix lente, rendue rauque par sa concentration. Il avait encore du mal à visualiser mentalement ce qui c'était passé, mais il ne comprenait qu'une chose : sa chance avait fait commettre à son adversaire autant de fautes que possibles, et il n'avait fait que s'enliser, discréditant leur travail. Caleb se passa la main dans les cheveux ; à présent que les témoins étaient passés, il allait falloir convaincre les jurés. Pas si aisé que cela, comme tâche ; malgré tous les indices devant leurs yeux, il ne doutait pas que certains seraient encore sceptique ou simplement réduits à faire comme ils l'entendaient. Voter contre la liberté d'un mutant. Il tenta d'imaginer une thèse capable de rivaliser avec celle qui serait, il en était sûr, édifiante, de sa collègue ; devait-il jouer sur les sentiments, ou plutôt sur des faits réels ? Il n'en savait encore rien, mais il faisait confiance à sa chance pour montrer le bout de son nez quand il fallait.

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Jeu 30 Juin - 18:51

     Sólveig plissa légèrement son nez lorsqu'elle entendit le procureur réclamer de l'attention, il n'avait qu'à se bouger les fesses au lieu de protester, habituellement il ne rechignait pas à bavarder pour raconter des choses sans intérêt. Le regard de saphir de l'avocate se posa sur la silhouette de leur adversaire, elle le connaissait « bien » si l'on pouvait présenter les choses de la sorte, disons qu'ils avaient déjà été opposés sur plusieurs affaires et que la Norvégienne savait à quoi s'attendre avec lui. C'était un véritable requin, il ne reculait devant rien, lorsqu'elle avait bossé sur une affaire de viol il s'était trouvé que cet homme défendait la prétendue victime. Il n'avait pas hésité à avancer l'hypothèse que le gène mutant de l'accusé avait détraqué son esprit et qu'il le forçait à violer les jeunes humaines, comme si l'on pouvait voir l'origine génétique des gens affichée sur leur visage ! La trentenaire avait eu beaucoup de mal à faire acquitter son client et elle espérait intérieurement que ça ne serait pas le cas cette fois-ci. Reprenant ses esprits elle se concentra sur la discussion qui débutait entre le procureur et son témoin, il présenta les faits avant de se reprendre comme s'il bégayait. La jeune femme fronça les sourcils sous le coup de la surprise, c'était la première fois qu'elle l'entendait bafouiller ! Il devait vraiment avoir été troublé par le fait que les deux collègues avaient réussi à se débarrasser plus ou moins bien de deux témoins à charge plutôt gênants. L'expression hostile et austère du vieil homme à la barre ne devait pas les aider, il affichait l'expression typique de l'homme que l'on avait du mal à supporter, à n'en pas douter cela risquait de leur porter de la chance, elle avait presque pitié de la partie adverse. Presque seulement. Le témoin répondit d'un ton rauque certainement la conséquence d'une vie passée à trop fumer comme elle l'avait déjà constaté, mais ce qu'il prononça fit l'effet d'une bombe dans le public.

     Jamais jusqu'à ce jour, Sólveig n'avait entendu une telle chose prononcée à la barre des témoins, comparer un mutant à un juif pendant la guerre mondiale, c'était tout bonnement LA chose qu'il ne fallait pas dire. Bon nombre de personnes pensaient la même chose, mais ils avaient généralement l'intelligence et la politesse de ne pas le crier à tout va, cet homme venait de se mettre à dos les trois-quart du jury, si ce n'est plus. Atterrée devant de tels propos, la jeune femme ne remarqua même pas que c'était une bonne chose pour eux, il venait tout simplement de se saborder et les deux collègues n'auraient plus grand-chose à faire de leur côté. La Genesys ne pouvait s'empêcher de se dire que tant que des personnes comme ça existeraient, pourraient voter ou donner leur avis, les mutants ne seraient pas tranquilles sur cette terre. C'était une révélation, elle en avait conscience depuis longtemps, mais entendre quelqu'un prononcer une telle chose sans rougir, ça lui donnait un coup au cœur, comme si une chape de plomb venait de lui tomber dessus. Ses yeux se teintèrent légèrement d'une expression de tristesse avant qu'elle ne se reprenne alors que le président remettait le procureur et son témoin à leur place. Alors que l'autre se reprenait et manqua de trébucher en approchant de la barre, il relança la discussion, s'exprimant comme s'il essayait de descendre le témoin et non d'affirmer ses dires. Nouveau froncement de sourcils de la part de l'avocate alors qu'elle orienta son attention sur le jury histoire de voir ce qu'ils en pensaient. Les pauvres civils affichaient des airs étonnés comme s'ils ne comprenaient pas ce qui se passait, mais qu'ils soient rassurés, c'était aussi le cas de la Norvégienne. Cette dernière risqua un coup d'œil vers son collègue comme si elle tenait à voir s'il était aussi perdu qu'elle, mais maître Button affichait une expression plutôt surprenante et Sólveig ne s'y attarda pas trop, n'ayant pas vraiment l'habitude de travailler en binôme.

     C'était peut-être son air habituel allez savoir, elle ne tenait pas à le vexer en lui demandant si tout allait bien. Son attention se reporta donc sur le procureur qui venait de distribuer des feuilles avant d'essayer de les récupérer aussitôt, il venait de se tromper de documents ! Les yeux clairs de la jeune femme s'agrandirent sous le coup de la surprise, mais à quoi est-ce qu'il pouvait bien jouer ? Avait-il pris quelque chose de répréhensible pour être aussi décalé ? Le vieil homme commença à marmonner dans sa barbe alors que leur adversaire parvenait enfin à récupérer ses feuilles parmi les membres du jury qui affichèrent une expression peu aimable. À ce moment, Sólveig était bien loin de se douter que tout cela était dû au don de son voisin de table, il avait tout simplement l'air de songer à autre chose et non d'agir en leur faveur. Quoi qu'il en soit, ce petit coup de pouce de la chance avait été très utile, ils pouvaient être certains que s'ils gagnaient le procès sans trop de peine, c'était principalement en raison de ce flop de la part du requin du barreau. La jeune femme le suivit du regard alors qu'il regagnait sa place en silence, conscient qu'il ne pourrait pas rattraper ce qu'il venait de laisser filer et qu'il valait mieux ne pas envenimer la situation davantage. L'attention de la belle était revenue sur son collègue et elle s'apprêtait à poser sa main sur son épaule pour obtenir son attention lorsqu'il sembla sortir de ses pensées en affichant un air rêveur, lui lâchant quelques mots qui la firent sourire, sans qu'elle ne se sente toutefois en bonne position.

     ▬ En effet, il semblerait. Mais j'ai du mal à envisager que ce soit un accident, il n'a jamais fait un faux pas depuis que je le connais. J'espère simplement que ce n'est pas une tactique pour reprendre le dessus, »

     Elle avait baissé la voix sur la fin de sa phrase, parlant presque à voix basse comme pour elle-même, ses yeux étaient toujours teintés de soupçons alors qu'elle détourna le regard du visage de Caleb pour se concentrer sur le président. Pour quelle raison est-ce que leur adversaire s'amuserait à se rabaisser et à dénigrer son client ? Elle avait beau retourner la possibilité des dizaines de fois dans son esprit, en vain, impossible de comprendre ce qu'elle pourrait bien faire à sa place, il n'y avait rien de bon à tirer de tout cela, sauf peut-être plaider l'incapacité du procureur et demander à ajourner le procès pour qu'il trouve un autre avocat ? C'était possible en effet, mais cela signifiait aussi que l'homme risquait de perdre bon nombre de clients et surtout sa réputation de requin du barreau qui ne perdait que très rarement. Non, il ne sacrifierait jamais une telle réputation et un tel passé pour les beaux yeux d'un client, surtout pour une telle affaire. La demoiselle fut tirée de ses pensées par la voix du président qui s'adressa à elle afin de lui demander s'ils désiraient interroger le témoin ou non. Sólveig se redressa légèrement avant de répondre en appuyant son regard clair sur le visage du vieil homme ronchon.

     ▬ Non votre honneur, nous estimons que la partie adverse a suffisamment prouvé que ce témoignage n'était qu'un tissu de mensonges plus saugrenus les uns que les autres. »

     Un léger rire se fit entendre du côté du jury, la jeune femme ne vit pas de qui il provenait, trop occupée à soutenir le regard de l'avocat du plaignant qui lui décrochait un regard des plus hostiles. Comme si c'était sa faute s'il venait de faire un véritable fiasco ! Elle lui offrit un sourire charmeur et poli avant de s'asseoir à nouveau aux côtés de son confrère tandis que le président résumait les faits. Il expliqua que les témoins avaient tous été entendus et qu'il considérait inutile d'attendre que la sœur de l'accusé soit présente pour montrer qu'il n'était pas un homme violent puisque les feuilles qui avaient été distribuées en début de procès montraient qu'il avait un casier judiciaire vierge. Il continua en ajoutant que l'accusé et le plaignant ne seraient pas interrogés étant donné qu'ils n'allaient rien apporter de plus à l'affaire et que leurs témoignages précédents étaient disponibles dans les feuilles fournies au début de la séance. Puis il conclut son intervention en expliquant aux jurés que les deux parties allaient désormais plaider en faveur de leur client et qu'après cela ils iraient se retirer afin de prendre leur décision sur la culpabilité ou l'innocence de l'accusé. Les jurés hochèrent docilement la tête, puis le procureur fut invité à prendre la parole, c'était toujours l'accusateur qui plaidait en premier et la partie adverse qui passait derrière. Avant que le procureur ne prenne la parole, la jeune femme demanda l'attention du président qui lui accorda la parole. Elle s'adressa à la cour en se redressant une nouvelle fois.

     ▬ Votre honneur, mon confère et moi-même n'avons été mis en relation qu'au moment d'entrer dans la salle en raison d'un problème de communication entre les bureaux, je demande donc l'autorisation de plaider chacun notre tour au lieu de tout résumer en une plaidoirie. »
     ▬ Je proteste votre honneur, autoriser cela c'est avantager la partie adverse, leurs problèmes de communication ne sont pas les nôtres ! »
     ▬ Asseyez-vous maître, vous avez suffisamment dit de bêtises pour aujourd'hui, j'autorise maître Button et maître Bjørn à plaider chacun son tour, mais essayez de rester bref pour ne pas désavantage davantage votre adversaire. »
     ▬ Merci votre honneur. »

     La jeune femme était passablement satisfaite, même si elle craignait plutôt la plaidoirie du procureur, craignait un retour de manivelle qui leur serait fatal. Celui-ci se redressa, reboutonnant son costume d'un geste machinal avant de s'approcher des jurés. Il posa son regard sur eux, affichant un air sûr de lui qui inquiéta aussitôt Sólveig, c'était cette expression qu'il arborait en temps normal, visiblement sa gêne passagère venait de s'évaporer. Elle inspira légèrement en reprenant contenance alors que la voix grave de l'avocat se faisait entendre, résonnant dans la salle comme dans une salle de concert.

     ▬ Je comprendrais aisément que votre opinion soit déjà faite, que vous imaginiez que les témoins qui ont été appelés à la barre ne sont rien de plus que des menteurs. Certes, certains d'entre eux ont fait preuve d'un manque de sincérité, mais d'autres ne se sont pas cachés de leurs idées quant aux mutants. Croyez-vous que s'il s'agissait d'un témoignage de haine ils auraient été assez stupides pour le dire aussi promptement ? Non, c'est justement pour cette raison qu'ils ont fait preuve de sincérité et qu'ils ont avoué leur haine pour la race mutante, parce qu'ils ne faisaient que dire la vérité et non chercher à faire condamner un homme qui possède le gène mutant. Ce n'est pas le procès de la haine que nous faisons, mais un homme qui en a battu un autre et l'aurait certainement tué s'il n'avait pas été arrêté par des passants. Pouvez-vous prendre le risque de laisser un homme aussi dangereux en liberté ? En votre âme et conscience, je dirais que non, ou qui sera la prochaine victime, votre enfant ? »

     Un silence se posa alors qu'il reprit sa place aux côtés de l'accusé. Sólveig fit signe à son collègue qu'elle y allait la première et lui laisserait le soin de conclure leur intervention, puis elle se redressa en plissant sa jupe de tailleur avant de s'approcher du jury tout en prenant la parole d'un ton calme et posé, alternant du regard entre les différents jurés en leur offrant de brefs sourires lorsque l'occasion se présentait.

     ▬ Ce qui vient d'être dit n'est pas l'exacte vérité, en réalité c'est justement la haine qui a motivé tout cela. Sans haine jamais nous ne serions à discuter de tout cela, mon client a frappé un homme, c'est un fait, il l'a avoué et en assume les conséquences. Mais ce n'est pas un homme violent, non, il n'ira pas frapper vos enfants ou vos compagnons, il s'est défendu comme il pouvait, face à des accusations basées sur quelque chose qu'il ne peut maîtriser. Est-ce que c'est sa faute de naître mutant ? Je ne le pense pas, sa faute est simplement de s'assumer, de ne pas se considérer comme un monstre et d'être fier d'être ce qu'il est, au même titre que 'importe quel étranger. En réalité, ce qui n'a pas été dit, c'est tout simplement que lui a assumé ce qu'il a fait, contrairement aux témoins qui essayent de dissimuler leur envie de nuire aux mutants en prétendant vouloir aider notre société. Qui est le plus coupable des deux ? »

     Elle n'aborda pas le sujet du racisme, laissant à maître Button le plaisir de le faire. Revenant à sa place, elle s'assit tranquillement en lui faisant signe qu'elle lui laissait le plaisir de conclure avant que le jury ne se retire pour délibérer.

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Jeu 30 Juin - 20:24

    Caleb baissa les yeux un instant, comme pour reprendre ses esprits ; l'utilisation de son pouvoir laissait toujours une trace physique. Une migraine commença à sourdre dans ses tempes, coups de marteaux à répétition. Il ne pouvait pas sortir, ni faire quoi que ce soit d'utile, aussi il préféra oublier sa douleur et affronter la suite. L'inquiétude de Solveig l'aurait peut-être touché si il n'avait pas su être l'auteur de cette pitoyable scène dont avait été victime la partie adverse. Il se contenta de hausser les épaules avec un air énigmatique ; il aurait pu abuser de son don pour enfoncer plus encore l'écart qui se creusait mais il ne le fit pas. Le jeune mutant était certain que ce qu'il avait fait n'aurait servi à rien, car il comptait bien sur leurs plaidoiries à lui et à Solveig pour en finir avec tout cela. C'était tellement ridicule. Toute cette affaire à cause d'un homme, de sa haine, de son injustice, de son incapacité à aimer et à se tenir. Caleb ressentit une colère froide et vaine : il ne pourrait jamais vaincre tous ces immondes salauds qui menaient la vie impossible à ceux qu'ils jugeaient inférieurs. Qu'ils soient mutants, ou d'origine ethnique différentes, ils étaient victimes de violences, d'injures, de pressions. Et quel était leur crime, exactement ? Rien. Ils étaient nés tels qu'ils étaient, et n'y pouvaient rien changer.

    L'avocat laissa sa consoeur prendre les rênes et il écouta ce qui s'échangea en y comprenant le sens vague ; sa tête lui semblait aussi lourde qu'un bloc de béton. Il porta involontairement sa main à sa tête et se massa les tempes, camouflant son geste en réflexion intense. Ses doigts, habitués à la douleur, surent où appuyer et comment presser sur quels points : la douleur ne disparut pas mais elle baissa de façon à être supportable. Il était silencieux, on l'aurait cru muet si il n'avait pas déjà parlé ; il remarqua le regard de l'avocate qui l'observait comme pour lui demander si il allait bien, mais il n'eut pas le courage de faire un signe en sa direction. Néanmoins, il se concentra sur leur adversaire qui se leva pour aller plaider près des jurés. Il avait ce regard fixe, et ses paroles suintaient le mépris ; Caleb avait la nausée rien qu'en entendant ces paroles. Si, soudain, il s'était levé pour clamer qu'il avait le gène mutant, il savait que certains regards - beaucoup en fait - changeraient sur sa personne. De brillant avocat à mutant, il allait descendre l'escalier de la grandeur. Il serait devenu un monstre, et ses paroles n'auraient plus de valeur. C'était si idiot qu'il en aurait pleuré ; il regarda leur adversaire finir sa plaidoirie, et il vit avec horreur quelques membres du jury hocher la tête avec compréhension, et quelques femmes baisser la tête - le coup de mettre les enfants dans le jeu était une vieille technique ; Caleb soupira discrètement.

    Il laissa Solveig prendre la première partie de plaidoirie. Le jeune mutant redressa la tête, aux paroles de sa consoeur, et sentit un fourmillement dans ses doigts ; son coeur se serra en entendant ce qu'elle disait. Il jeta un coup d'oeil à leur client qui semblait osciller entre la joie de se voir défendu par la jeune femme, qui semblait savoir parfaitement quoi dire, et l'angoisse de se voir néanmoins rabaissé au rang de simple mutant, de chose monstrueuse, au moment des délibérations. Caleb lui fit un sourire rassurant, et il fut heureux de voir le jeune homme reprendre du poil de la bête ; lui-même se sentit mieux. Son abattement provisoire mourut soudain : il ne pouvait pas mettre toutes les ordures racistes derrière les barreaux, mais il n'abandonnerait pas, il avait toujours rêvé de jouer les justiciers, et c'est ce qu'il allait faire. Rendre sa liberté à un innocent, et mettre le méchant en prison. Il y aurait toujours des salauds pour opprimer autrui, il le savait, mais était-ce une raison pour arrêter de se battre ? Non, au contraire ! Il devrait y mettre plus de coeur, voilà tout. Sa toute nouvelle détermination flamboya dans ses yeux alors que Solveig revenait, après avoir fini son discours. Caleb réalisa qu'elle lui avait laissé le thème du racisme sur un plateau d'argent ; il fit un sourire, entre prédateur et agneau, tiraillé entre la soudaine ardeur qui brûlait dans son ventre presque douloureusement, et son envie d'en finir tout de suite. Il inspira un grand coup et, passant calmement du côté gauche de la table pour l'éviter, il marcha doucement vers les jurés ; certains pensaient déjà avoir trouvé la réponse à tout cela. Il allait leur montrer que leurs préjugés ne faisaient que leur obstruer les yeux.

    « Certains d'entre vous ont peur des mutants. Disons ce qu'il en est. Vous en avez peur comme tout le monde a peur d'une menace inconnue. Mais est-il aussi raisonnable de craindre plus fortement un être aux gènes différents qu'un fou armé d'un couteau ? Est-ce qu'être mutant équivaut à n'être qu'un tueur assoiffé de sang, et de violences ? Vous savez tous parfaitement que tout le monde peut être un assassin ; ce n'est pas parce que l'on est mutant que l'on en veut forcément à tout le monde. La question que je pose est la suivante : préférerez -vous craindre votre voisin, un paisible mutant recensé, qui ne veut de mal à personne, qui veut seulement vivre sa vie calmement ; ou bien faut-il que vous ayez peur d'un échappé d'un asile, ayant déjà tué quelques personnes et qui se balade avec un couteau ? Vous ne devez pas avoir peur des gènes. Les mutants sont ce qu'ils sont, et ils n'y peuvent rien. Comment voulez vous retirer ce qui est en vous ? Ce qui détermine votre nature même ? Votre couleur de peau, vos yeux, vos cheveux. Vos gènes. Voilà ce qui fait de vous ce que vous êtes, cela et vos actes. Chaque humain devrait être jugé pour ce qu'il fait et non ce qu'il est. »

    Caleb inspira un bon coup, pour garder son calme, et aussi pour faire un petit silence théâtral, histoire de bien marquer ses paroles. Il voulait les achever par son petit sujet favori. Il adressa un regard marqué vers ceux qui, comme les mutants, avaient pu être victime de discrimination, et reprit d'un ton doux :

    « Il y a de cela quelques dizains d'années, certains hommes se pensaient supérieurs à ceux qu'ils appelaient le peuple faible. Les nazis étaient certains de leur supériorité, et leur haine contre ceux qui étaient différents les ont menés bien loin. Puis il y a eu la polémique contre les noirs. Etaient-ils différents ? Etaient-ils même humains ? Après tout, ils n'étaient pas blancs ! Il y a de cela des siècles, le même genre de discours étaient tenus, à l'encontre des femmes : elles étaient sensées être des sorcières, des icônes de luxure. De nos jours, avec nos avancées technologiques, l'humanité aurait du grandir en même temps que tout cela. Qu'en est-il ? Le besoin de hiérarchie des hommes a été poussée plus loin encore : l'homme se dit que, comme les noirs sont humains, comme les femmes le sont, comme les asiatiques et les étrangers le sont aussi, sur qui pourrait-il bien s'acharner, histoire de s'amuser ? Les mutants. D'ici à 50 ans, ce sera encore une autre peuplade. Mais certains ont déjà pris conscience de cela, et ont décidés d'agir. Les mutants ont certes des gènes leur permettant de faire des choses extraordinaires, mais les humains savent en faire aussi ! Chanter, danser, dessiner. Voilà autant de dons que l'on pourrait comparer à d'autres qui sont nés du gène mutant. Est-ce qu'un homme doit avoir peur de se montrer, de peur d'être attaqué parce qu'il a le malheur d'avoir une belle voix et de savoir chanter ? Est-ce qu'une jeune fille doit se cacher à cause de son don pour le dessin ? Et est-ce que les hommes sont-ils obligés de jalouser leurs semblables, et de répondre par la violence à ce qu'ils ne comprennent pas ? Certes, certains dons peuvent être utilisés dangereusement, mais encore une fois, est-ce pour cela que vous devez craindre les mutants, alors que tout un chacun peut se munir d'une arme, d'un couteau, et devenir tout aussi dangereux ? »

    Caleb voyait déjà certains membres du juré baisser la tête, honteux ; certains le regardaient avec compréhension, avec bienveillance presque ; d'autres encore se contentaient de l'observer froidement, comme un requin toiserait un poisson rouge qui viendrait buller trop près de lui. Il inspira, et les mains derrière le dos, décida de jouer le tout pour tout.

    « Laisseriez-vous vos préjugés décider de la vie d'un jeune homme ? Qu'y a t-il d'important dans le fait qu'il soit un mutant ? Votre voisin, votre boulangère, un de vos amis, tous ces gens que vous connaissez peuvent être des mutants. Vous les aimez, vous les choyez, vous parlez avec eux, vous échangez des potins ; est-ce qu'une affaire de gènes doit venir gâcher tout cela ? Mon client n'est pas dangereux. Est-ce que vous êtes prêts à mettre sa vie en danger juste parce qu'il est né comme il est ? Doit-il être jugé coupable pour avoir en lui des gènes qu'il n'a jamais demandé à avoir ? Doit-il baisser la tête, courber l'échine, face à des êtres violents ? Doit-il se laisser faire, se laisser rabaisser, tandis que d'autres détournent les yeux, ne voyant que ce qu'ils veulent voir, juste parce qu'il est un mutant ? Vous savez, en votre âme et conscience, ce qu'il faut faire. Ce que vous devez faire. »

    Caleb hocha la tête. Il avait fini. La plupart des jurés se tenaient droit dans leur siège ; le jeune mutant leur adressa un long regard, et retourna s'asseoir. Ce long discours lui avait donné soif, et il se sentit fatigué par tout cela. Il ne savait pas ce qu'il avait pu donner l'air d'être ; il avait songé un instant à se mettre lui-même dans un exemple, mais la peur l'avait envahit, l'avait tétanisé intérieurement et il avait rejeté cette idée. Même si il ne faisait que se prendre en exemple, cela pouvait attirer certains regards, certaines oreilles ; il ne souhaitait pas prendre de risques. Mais n'en prenait-il pas déjà, en défendant un mutant ? Qu'importait, se dit-il, en prenant une bouteille d'eau mise à disposition pour les avocats ; il but une rasade et passa sa main sur son front, réalisa qu'il était légèrement moite et inspira enfin un grand coup. Son coeur battait la chamade.

    « Les plaidoiries sont terminées. Messieurs et mesdames le jury, veuillez aller délibérer. La séance reprendra dans 10 minutes exactement ! »

    Le président frappa de son marteau - Caleb eut un rire intérieur, en pensant que cet homme semblait prendre plaisir à faire ce geste ; lui-même se serait sûrement beaucoup amusé à sa place. La foule se mit à piailler, tandis que les jurés partaient avec le juge pour délibérer. Caleb s'assit plus confortablement dans sa chaise, soupirant tout bas. Leur client vint les voir, accourant, avec derrière lui sa famille. Ses parents semblaient nerveux mais sa mère offrit un sourire aux deux avocats ; le père resta impassible.

    « Vous avez fait un travail formidable ! Je n'aurais pas pu rêver mieux comme avocats. Je suis certain que nous allons remporter la victoire ! » clama le jeune mutant. Caleb lui fit un sourire rayonnant - quelle ironie, c'était à lui d'encourager le jeune mutant dans cette difficile situation, pas l'inverse ! Il se tourna vers sa consoeur et lui adressa un coup d'oeil appréciateur.

    « Maître Bjorn s'est débrouillée comme une chef. On m'avait beaucoup parlé d'elle ; vous êtes réputé féroce. Je ne pensais pas pouvoir travailler avec quelqu'un comme vous dès ma première affaire mutante. »

    Il n'avait pas eu l'occasion de parler beaucoup avec Solveig ; il avait entendu beaucoup de bien de cette jeune femme, et il comprenait - ô combien il comprenait - pourquoi. Il aurait été fier de l'avoir comme avocate si les rôles avaient été autres. Il regarda son client retourner s'asseoir, mais une silhouette vint rôder autour d'eux ; leur adversaire frappa violemment des mains sur leur table, manquant de renverser la bouteille d'eau de Caleb. Le jeune mutant lui adressa un regard hostile ; l'avocat ne se laissa pas démonter et leur cracha au visage :

    « Je ne sais pas comment vous pouvez protéger une telle engeance ! Vous n'avez pas honte ? Vous devriez vous montrer un peu compatriote. Nous autres humains sommes sans défense, face à de tels monstres. Que pouvons-nous faire contre quelqu'un qui peut voler ou traverser les murs ? Vous devriez avoir honte de laisser de telles créatures en liberté. Et puis ! Je ne sais pas comment vous avez fait, pour droguer mon café ou je ne sais quoi d'autre, mais je trouverais, et vous le payerais ! Vous verrez ! »

    Et il s'éloigna, sans laisser aux deux mutants le temps de répondre ; cet homme dégoûtait de plus en plus Caleb. L'avocat soupira un instant, et se gratta les cheveux, mal à l'aise. C'était de longues minutes que celles d'une délibération. Il était d'un naturel patient, mais il avait toujours détesté perdre, comme un petit enfant ; ne pas savoir ce qui se disait dans la salle où étaient les jurés le rendrait presque fou. Nerveux, il but une nouvelle gorgée d'eau et manqua de s'étrangler. Toussant, il grimaça vers Solveig.

    « Je suis vraiment maladroit, excusez-moi. Mais cet homme me fait bouillir de l'intérieur. Je n'aime pas sa façon de parler et de raconter les choses de sorte qu'elles racontent ce qu'il veut faire croire. Excusez-moi encore, vous n'êtes pas mouillée au moins ? »

    Caleb se sentit rougir et baissa les yeux comme un adolescent timide ; il tenta d'apaiser le feu de ses joues mais ne fit qu'aggraver les choses et se détourna dans l'espoir de ne pas paraître ridicule. Non seulement il s'enflammait au lieu de rester calme mais il manquait d'asperger sa consoeur d'eau ! Quel maladroit il pouvait faire. Caleb jeta un coup d'oeil à la foule et tendit l'oreille : ce n'était qu'un brouhaha confus, quand on ne faisait pas attention mais quand on se concentrait - comme il savait si bien le faire - il comprit ce qui se disait. Beaucoup se disputaient sur la façon dont allait se terminer ce procès. Il entendit même deux vieilles qui riaient en croassant des potins sur les mutants de leur quartier ; Caleb frissonna lentement. Avait-il parlé dans le vent pour que chacun n'en fasse qu'à sa tête ? Cela n'avait servi à rien ? L'abattement le reprit, il tenta de le combattre mais il baissa les yeux sur ses mains, légèrement tremblantes. Il ferma les yeux pour chasser la tristesse face à tant d'efforts vains, et leva les yeux vers le juge qui refit son entrée ; les dix minutes étaient passées. Les jurés reprirent leur place ; tous avaient l'air calme, bien que certaines joues fut plus rouges que d'autres. Y avait-il eu des disputes ? Caleb se concentra sur le juge.

    « Les jurés ont délibérés. Veuillez nous donner votre réponse.»

    Il s'adressait à un homme dans le jury ; ce dernier se redressa. Fier et serein, il engloba la foule de son regard. Caleb sentit ses muscles se contracter : l'heure de vérité venait de sonner, et il se demanda si il était prêt à entendre la réponse, finalement.

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Ven 1 Juil - 13:18

     La plaidoirie du jeune homme fut épatante, Sólveig apprécia grandement de lui avoir laissé le coup du racisme, il parvint à l'utiliser juste comme il fallait, touchant les points sensibles, comparant les victimes de ce racisme aux victimes d'un autre racisme qui avait fait tant de morts quelques décennies auparavant. Tout en écoutant les paroles qui faisaient mouche, de son collègue, le regard clair de l'avocate passa tour à tour sur les membres du jury qui observaient en silence ce jeune homme aux paroles véridiques, certains lui offraient un regard compatissant, preuve qu'ils étaient directement touchés par ce qu'il disait, mais d'autres le regardait comme une vermine indésirable. Malheureusement l'on ne pouvait que très rarement se targuer d'avoir réussi à convaincre tout un jury, il suffisait généralement de réussir à toucher la moitié des jurés pour que le tour soit joué. C'était triste de constater que même devant de telles déclarations certains parvenaient à haïr les mutants, mais lorsqu'on voyait le temps qu'il avait fallu aux noirs pour réussir à se faire accepter par les blancs - et encore ce n'était pas le cas partout - autant dire qu'ils étaient seulement au début de la lutte pour les porteurs du gène. Alors que son confrère termina ses paroles avant de venir s'asseoir à sa place après avoir accordé un regard appuyé au jury, Sólveig lui offrit un sourire accompagné d'un hochement de tête appréciateur. Elle avait beaucoup aimé sa manière de présenter les choses et de savoir toucher les jurés où il fallait.

     La Norvégienne l'observa rapidement attraper l'une des bouteilles posées devant eux, mises à leur disposition, avant de détourner son regard vers les membres du jury qui s'éloignaient en compagnie du juge après que celui-ci ait conclu la fin des plaidoiries. La foule se fit alors entendre derrière, plus oppressante et plus présente que jamais, mais il fallait parvenir à l'occulter pour ne pas se laisser noyer par la masse, elle savait bien ce que ça allait donner pendant les dix petites minutes d'attente. Les spectateurs s'occuperaient en faisant des hypothèses sur le verdict et la peine dont il pouvait écoper, d'autres commenteraient la tenue revêtue par tel avocat ou tel témoin, une foule imperméable à l'inquiétude qui pouvait habiter le client des deux jeunes gens. La Genesys préférait rester silencieuse et immobile, ne pas parler à tord et à travers, attendre calmement que les dix minutes passent, elles étaient généralement plus rapides que jamais pendant de tels moments. Alors que des pensées de la sorte traversaient l'esprit de la demoiselle, leur client se présenta devant eux, accompagné de sa famille alors que la trentenaire offrit à son tour un sourire à la mère de l'accusé. L'avocate fut touchée par la certitude du jeune mutant, il avait l'air persuadé d'avoir gagné, Sólveig était de tout cœur avec lui, mais ne faisait pas de pronostics, elle avait trop souvent vu des affaires lui échapper à la dernière seconde alors qu'elle était confiante. Toutefois pour ne pas gâter l'humeur de son client, elle ne se départit pas de son expression rassurante. Alors que le regard de Caleb se posa sur elle, la Norvégienne porta son attention sur lui au moment où il lui offrit un compliment qui augmenta la largeur de son sourire avant qu'elle ne réponde avec modestie.

     ▬ Je me dois de vous retourner le compliment, il me semblerait que si je n'avais pas eu un aussi bon confrère pour cette plaidoirie, nous n'aurions jamais réussi à convaincre autant de monde, même dans le public me semble-t-il ! Elle posa alors son regard céruléen sur le visage de son client. Plus qu'une petite attente et tout cela sera du passé, je suis heureuse que notre prestation vous ait satisfait. »

     Après tout il était le client, certains se retournaient contre leur défenseur en prétendant que s'ils avaient été condamnés c'était à cause d'eux. C'était peut-être stupide, mais la demoiselle avait toujours beaucoup de mal à dormir lorsqu'elle avait la sensation de ne pas avoir été à la hauteur et cela arrivait plus souvent qu'on ne pouvait l'imaginer malheureusement. Alors que l'accusé s'éloignait en compagnie de sa famille, un indésirable fit son apparition en frappant de ses paumes de main sur la table, faisant sursauter la jeune femme qui darda un regard assassin sur lui. Elle ne parviendrait jamais à l'apprécier décidément, ni même à le respecter ! Ses paroles achevèrent de l'agacer et elle claqua légèrement de la langue pour manifester sa désapprobation, évitant de devenir vulgaire si elle prenait la parole. Un crétin voilà tout, un jaloux qui ne supportait pas de voir d'autres espèces d'humains. Sólveig était mutante, pourtant elle n'avait que très rarement recourt à ses dons, excepté celui d'être ignifugée bien entendu, ce n'était pas une facilité, mais une difficulté de plus dans sa vie. La preuve qu'un mutant pouvait vivre et s'intégrer aussi bien dans la société qu'un humain, voir même mieux lorsqu'on découvrait que certaines stars en vogue étaient porteuses du gène. Elle manqua toutefois de s'étouffer d'indignation lorsqu'elle entendit l'accusation d'être responsables de sa maladresse lors de son interrogatoire, la bonne blague ! La trentenaire était loin d'imaginer que son collègue avait tout dirigé depuis sa place pour tout dire.

     Maître Button arriva à point nommé avec sa maladresse en manquant de s'étrangler avec l'eau, détournant la jeune femme de ses pensées noires. Elle rigola légèrement, non pour se moquer de lui bien évidemment mais simplement par habitude, on s'esclaffait toujours en voyant le passant d'en face se prendre les pieds dans son pantalon et s'étaler de tout son long sur le trottoir non ? Il s'excusa avant de lui demander si elle n'avait pas été mouillée, heureusement non parce que son don avait la sale habitude de faire sécher presque instantanément ses habits et sa peau dès qu'elle était humide. L'avantage – ou non – d'avoir une température corporelle beaucoup plus élevée que la moyenne tout simplement. Secouant légèrement la tête elle ne se départit pas de son sourire tout en le rassurant d'un ton presque maternel.

     ▬ Ne vous inquiétez pas, j'ai été épargnée, mais quand bien même cela n'aurait pas été le cas, je n'en serais pas morte. Évitez juste de vous étouffer, je ne maîtrise pas assez parfaitement le bouche-à-bouche pour réussir à vous sauver la vie. »

     Elle plaisantait, le malaise du jeune avocat était plus que visible et elle cherchait simplement à le mettre plus à l'aise pour qu'il ne s'inquiète pas trop. De toute manière le ridicule ne tuait pas et elle avait déjà eu l'occasion de voir bien pire avec Curtis qui semblait être l'homme le plus maladroit que la Terre ait porté jusqu'à ce jour ! Le reste de l'attente se passa dans le silence alors que la jeune femme feuilletait rapidement les documents devant elle avant de les ranger d'un geste habitué, puis elle se laissa aller dans sa chaise sans pouvoir parfaitement se détendre pour autant, trop inquiète du verdict qui allait arriver. C'était son don, elle parvenait à se donner un air rassuré et conquérant alors qu'en réalité elle était très inquiète. C'est à ce moment que le juge décida de revenir avec le reste des jurés afin de déclarer que le verdict avait été décidé. Sólveig se redressa sur son séant tandis que le premier juré annonçait que la décision avait été prise, puis il laissa passer un petit moment de silence alors que la pièce était devenue aussi calme qu'un tombeau, avant de prononcer deux mots qui valaient tout l'or du monde. « Non coupable » Un moment de battement passa, comme si tout le monde ne comprenait pas ce qui venait de se dire, puis un cri de joie se fit entendre du côté de l'accusé alors qu'il se redressait pour serrer dans ses bras son épouse qui pleurait. Un sourire naquit aussitôt sur les lèvres de la Norvégienne alors qu'elle se redressait à son tour pendant que le procureur pestait dans son coin en s'éloignant, accompagné de son client. La demoiselle se dirigea vers son client pour le féliciter comme le voulait la coutume, avant de poser son attention sur maître Button en lui tendant la main pour le remercier de sa collaboration et bien entendu, le féliciter à son tour.

     ▬ Mes félicitations maître Button, j'ai été très impressionnée par votre plaidoirie, je suis heureuse d'avoir été mise avec vous sur cette affaire, on peut dire que ça a été une franche réussite et quelque chose me dit qu'on vous la doit pour beaucoup. »

     Elle parlait bien évidemment de ce qu'il avait dit et de la manière dont il avait interrogé la première jeune femme, mais peut-être que Caleb risquait de le comprendre autrement, pour une raison particulière que la jeune femme ne soupçonnait pas. Laissant son client se réjouir avec sa famille, elle s'approcha à nouveau de la table des avocats afin de réunir ses affaires et de ramasser le tout pour glisser son attaché-caisse sous son bras avant de se diriger vers la sortie tandis que la foule se dispersait tout en discutant de ce qui venait de se passer. Arrivée sur les marches du palais de justice, elle stoppa quelques instants pour profiter du soleil déjà très chaud qui dominait la ville. Consultant sa montre, elle constata que ce n'était pas encore l'heure de sa prochaine affaire, elle avait un petit moment pour elle et songea à aller boire quelque chose au café du coin pour fêter la victoire. Son regard passa une dernière fois sur la foule alors qu'elle s'apprêtait à partir, lorsqu'elle vit le jeune avocat non loin de là, qui regardait aussi les environs. Une idée germa dans son esprit et comme à son habitude, elle décida d'être aimable avec lui. Sólveig parcourut rapidement la distance qui les séparait avant de frôler son épaule pour attirer son attention et elle lui offrit un sourire tout en prenant la parole d'un ton enjoué.

     ▬ Maître Button, est-ce que vous auriez un peu de temps devant vous ? Je vous invite à fêter votre première affaire mutante, soldée par une victoire de surcroit, il y a un bon café non loin de là, ça nous permettra au moins de discuter un peu, je suis une grande curieuse à ma manière voyez-vous. Enfin, pas dans le mauvais sens, elle n'allait jamais se montrer indiscrète. Après une très légère pause, elle ajouta quelques mots. En fait ce n'est pas discutable, vous ne pouvez pas refuser ça, au pire si l'on vous attend vous direz qu'une folle envahissante vous aura enlevé quelques instants ! »

     C'était surtout pour éviter qu'il ne décline par politesse ou par peur d'être indiscret. D'un signe de la tête, elle lui fit signe de la suivre et descendit les escaliers du palais de justice en espérant ne pas s'être montrée trop rentre-dedans avec le pauvre avocat. Il ne manquait plus qu'il la prenne réellement pour une folle envahissante ! Il n'y avait que deux ou trois passages piéton à traverser pour se rendre au café que l'on apercevait des marches du palais de justice, il fallait juste éviter de se faire écraser par les voitures qui passaient et c'était l'oasis au milieu du désert. Adepte de la galanterie inversée, elle laissa Caleb entrer avant elle dans le café avant que le serveur ne leur désigne un table vide non loin de là. Il n'avait malheureusement pas de table à leur proposer en terrasse. Lorsque les deux avocats furent installés, il leur déclara qu'il venait prendre leurs commandes d'ici quelques minutes et alla s'occuper d'une autre table pendant ce temps. Après avoir posé ses affaires à côté d'elle, Sólveig se concentra sur son interlocuteur pour prendre la parole d'un ton plus détendu et moins professionnel.

     ▬ Pour commencer appelez-moi Sólveig, ou comme vous le désirez si c'est trop imprononçable pour vous. J'espère que je ne vous semble pas trop indiscrète en vous invitant aussi brusquement, mais j'aime bien pouvoir discuter avec les collègues de temps en temps. Elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise le pauvre, il avait eu l'air suffisamment stressé après les plaidoiries. Alors votre impression après ce premier procès ? Je tenais à vous rassurer, concernant notre adversaire, c'est un idiot fini, ne vous arrêtez pas sur ses paroles, il ne comprend rien à rien et vit à un autre siècle ! Il a le dont de m'agacer au plus haut point, comme la majorité des avocats en réalité. »

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Caleb Button
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Ven 1 Juil - 15:16

    Caleb ne regrettait pas d'avoir décidé de participer à ce procès. Il sentait de manière confuse que cela l'avait grandi, sans trop savoir comment ni sans savoir définir pourquoi. Le jeune avocat rendit son sourire à Solveig ; il était persuadé que c'était grâce à elle, mais au final ce qu'ils pouvaient penser importait peu. Ils avaient semblé faire mouche, et il espéra qu'ils avaient touché assez de gens pour les convaincre de leur bonne foi, et de celle de leur client.

    L'intervention de leur adversaire les laissa silencieux ; tous deux réfléchissaient à des choses, plutôt sombres d'ailleurs. De son côté, le jeune mutant doutait d'être assez bon pour être avocat. Après tout, il était un mutant non recensé, et puis il avait utilisé son pouvoir ... Une pointe d'amertume teinta sa confiance. Il ne saurait jamais, si ils gagnaient, si cela était dû à leurs arguments ou à sa capacité. Son ventre se noua ; il chassa lâchement ces pensées de sa tête, en refusant l'accès à ses idées noires. Il se coupa des bruits de la foule ; les écouter le rendait plus triste encore. Il inspira un grand coup et décida de boire, mais s'étouffa à moitié et s'excusa au près de Solveig. Il remarqua son sourire et rougit fortement. Elle le rassura et fit même une boutade, à laquelle il répondit par une « moue de poisson » : il ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit en hésitant, puis la clos d'un air de petit garçon. Il détestait ce genre de situation : il était tellement maladroit ! Ses joues étaient empourprées, et il se sentit très mal à l'aise. L'air s'était-il réchauffé ou était-ce une idée ? Il desserra légèrement sa cravate ; l'odeur de lavande, à laquelle il n'avait pas fait attention depuis son départ de chez lui, lui effleura le nez et il grimaça intérieurement. Il nota mentalement de demander à sa femme de ménage d'utiliser une autre lessive. Une lessive d'homme ? se demanda t-il avec ironie, et un léger sourire vint détendre son visage. Il se sentit moins gêné, mais cela ne dura qu'un instant.

    Le juge revint, les jurés avec lui ; ils reprirent leur place, et annoncèrent le verdict. Les quelques secondes durant lesquelles le silence perdura, lui glacèrent le sang tout en le lui faisant bouillir ; son coeur se mit à battre contre ses côtes, rapidement. Il se retint de respirer ; à cet instant il ne pensait plus qu'à l'innocent qu'il avait défendu. Il se devait d'avoir gagné ! Car en gagnant, ce mutant montrerait à tous que la justice n'était pas morte et qu'il existait encore une chance que les humains montrent un déclic qui leur permettraient de vivre en harmonie avec les mutants. Quand la sentence se fit, elle résonna un instant dans la salle, comme un écho.

    « Non coupable »

    Un ange passa, et sa cour avec lui. Puis ce fut l'anarchie la plus complète : des cris fusaient, des rires, un brouhaha digne d'un concert de rock. Caleb se redressa, en se sentant décalé : il n'y croyait pas encore. Ils avaient gagné ? Ils avaient réussi à convaincre le juré de l'innocence de leur client ! Solveig le félicita, et il lui répondit par un sourire. Il n'en revenait toujours pas. Il aurait voulu lui rendre le compliment, mais il resta muet de stupeur. Il hocha la tête, avec un regard presque affectueux, où se lisait son admiration pour la jeune femme. Il était heureux d'avoir été mis sur la même affaire qu'elle ; il la regarda s'éloigner après avoir récupéré ses affaires. Elle était professionnelle, et travailleuse au vu de ses performances ; sa langue était aiguisée, pour toucher là où il fallait. Il la regarda disparaître, et il sentit se dissiper sa rêverie ; il fut l'un des derniers à sortir. Il croisa son client qui répondait à des journalistes ; Caleb les évita, préférant rester discret, il savait que son nom serait cité mais il préférait ne pas dévoiler son image. Il se contenta d'une prière mentale pour ce jeune homme, qui aurait toute la vie devant lui. Qu'il profite de sa liberté.

    L'avocat sortit sur le palier, et observa la rue devant lui ; un regard sur sa montre montra qu'il était 10h48. Le procès avait duré quelques heures, mais pas autant qu'il l'aurait cru. Il avait faim ; il aurait volontiers été manger quelque chose. Un croissant ? Un petit pain ? Il avait peu déjeuner, et son organisme le lui fit savoir d'un grognement de son estomac. Il eut un léger rire discret, et se décida pour passer à une boulangerie prêt de chez lui. Alors qu'il amorçait la descente des marches, un instant étourdi par la perspective de devoir se battre pour un taxi, sa consoeur le rejoint. Il reposa le pied par terre, tout de suite attentif. Elle avait de jolis yeux, et un sourire communicatif.

    Sa proposition le laissa pantois, et il resta silencieux ; elle en profita pour lui assener le coup fatal. Il éclata soudain d'un rire comme un aboiement ; chez lui, c'était ainsi que se traduisait une joie instantanée. Il jeta à Solveig un regard amusé, et au lieu de répondre, ce qui aurait été inutile, il se contenta de la suivre docilement.

    Cette partie de la ville lui était inconnue : colorée et joyeuse, il traversa la foule qui inondait les rues avec facilité, suivant le sillage de la jeune femme qui l'entraînait il ne savait où. Son ventre grogna de nouveau, de façon moins discrète et détourna le regard, un peu gêné. Il n'avait jamais visité la rue du palais de justice, et regardait partout comme un enfant ébahi. Ils arrivèrent rapidement devant un café qui offrait ombre et en-cas. Que demander de plus ? Il faisait chaud, et il tenait à la main sa veste noire et sa mallette noire ; ce n'était pas lourd, mais l'air chaud lui crispait les muscles. Il pénétra devant Solveig en faisant attention de ne pas lui claquer la porte au nez, et il la suivit pour s'installer à une table près de la fenêtre, faute d'être sur une terrasse qui, de leur point de vue, était bondée. Le bar passait une musique calme, où une jeune femme chantait sur des accords de piano ; l'endroit était si doux et donnait une sensation de plénitude telle que Caleb se détendit de façon perceptible ; les ridules de son front s'effacèrent et son sourire se décrispa pour paraître naturellement enjoué.

    Solveig se présenta, lui demandant de l'appeler par son prénom ; il le fit rouler dans sa tête, et lui donna immédiatement une consonance russe. Il apprécia la façon dont elle parla, franche, et pourtant douce. Il lui sourit, et baissa les yeux sur ses mains, posées sur la table de bois qui les séparait.

    « Je veux bien vous appeler Solveig - il fit un effort pour bien le prononcer, et apprécia la diction, quoique différente de celles qu'il avait l'habitude de dire - si vous m'appelez Caleb. »
    Son sourire s'accentua, pour se faire amical ; quel mal y avait-il à ce qu'il puisse redevenir lui-même, loin de la barre ? La pauvre jeune femme n'avait vu que le Caleb droit et travailleur ; il la plaignit un instant : il était bavard, et parfois plutôt excentrique. Il aimait faire des blagues, souvent pas drôles, et s'amusait d'un rien comme un enfant.

    « Et pour ce premier procès, je suis ... Je ne sais pas vraiment. Ca se mélange d'une manière confuse. J'avais déjà plaidé, mais jamais pour des mutants » avoua t-il avec un air penaud. « Je suis heureux que notre client se soit vu relâché, c'est l'émotion qui gagne sur toutes les autres ; j'ai aussi été agréablement surpris par votre travail et votre façon de faire. Vous m'avez impressionné. C'était superbe. Je suis également un peu nerveux, car cette histoire risque d'être reprise dans les journaux, et même si j'ai esquivé les journalistes, mon nom sera sûrement cité. »

    Il soupira, puis haussa les épaules d'un air faussement fataliste.

    « C'est la rançon de la gloire »
    dit-il avec un clin d'oeil taquin.

    Il espéra un instant ne pas avoir été trop loin, mais avant qu'il eut pu poser la question, le serveur revint. Il avait apporté son petit carnet de notes, et les observa avec curiosité, puis se permit un sourire vers la jeune femme. Caleb supposa en son for intérieur que la jeune femme, très jolie, devait faire naître chez les hommes qu'elle croisait ce même désir de plaire. Faisait-il lui aussi ce genre de sourire aguicheur ? Il souhaita que non ; il n'était pas comme ça.

    Il laissa Solveig commander, puis demanda « Une citronnade s'il vous plaît »; le serveur s'éloigna vers le bar, son plateau de métal compressé entre son bras droit et son flanc droit. Caleb se tourna vers Solveig, avec la décision de l'inviter : non pas qu'il fut machiste ou ce genre de choses, mais il avait juste envie de marquer le coup ; il préféra ne pas en parler tout de suite, supposant qu'elle n'accepterait pas. Il se passa la main dans les cheveux, observa plus par habitude que par réelle anxiété les gens autour de lui, puis revint à Solveig.

    « Et vous alors ? Qu'avez-vous pensé de ce procès ? Vous avez été sensationnelle. Vous savez dire ce qu'il faut. Si je n'avais pas peur de faire trop gamin, je dirais que, plus tard, je veux être comme vous. Enfin pas vraiment. Je veux dire, pas une femme mais comme vous ... »

    Il se tut, toussota d'un air gêné, et fit un sourire de parfait idiot, pour cesser aussitôt lorsque le serveur vint déposer leurs verres devant eux. Caleb leva les yeux, et regarda la carte avec envie tandis que le serveur partait. Il grimaça puis proposa à Solveig :

    « Je ne sais pas pour vous, mais je meurs de faim ! Vous voulez quelque chose à manger ? Regardez moi ces pâtisseries ! » s'exclama t-il un peu trop fort, sans faire attention, les yeux rivés à la carte de papier glacé.

    Ouverte sur les friandises et autres gâteries, Caleb bavait presque littéralement. C'était un homme gourmand, et il eut du mal à freiner son envie de tout commander, tout de suite, maintenant ! Il se contenta de décider quoi choisir. Son ventre voulait tout goûter, tout prendre, mais même pour son estomac gigantesque - il avait la chance de ne pas être plus gros ! - il ne choisit mentalement qu'un macaron glacé et une assiette de petites pâtisseries assorties. Comme ça, si Solveig préférait ne rien prendre, ils pourraient partager. Il ne souhaitait pas se goinfrer tout seul ! Il héla le serveur qui revint, l'air un peu moins content, mais il prit néanmoins leur commande et retourna au bar pour parler au cuisinier. Caleb se léchait les babines d'avance.

    « J'ai peu dormi, et j'ai eu du mal à petit déjeuner, aussi j'ai très faim. Et je dois avouer que je suis un grand gourmand aussi. » murmura t-il comme pour s'excuser de commander tout cela. Enfin bon, même si Solveig se moquait de lui, ce n'est pas ça qui l'arrêterait. Il but une gorgée de la citronnade. Elle était fraîche et elle le désaltéra. Encore un de ses péchés mignons : le citron ! Il adorait tout ce qui était à base de citron.

    Caleb avait l'impression de parler pour ne rien dire et préféra se taire ; Solveig devait sûrement le trouver agaçant. Il babillait comme un gamin, et il en avait un peu l'allure, avec ses coups d'oeil incertains et son air alléché devant les effluves de chocolat et de sucre qu sortaient des cuisines toutes proches. Il se concentra sur sa consoeur, et éprouva un brusque intérêt pour elle, aussi il lui demanda :

    « Serait-ce trop indiscret de vous demander de me parler un peu de vous ? Je dois avouer que vous m'intriguez. »

    Il avait dit cela franchement, sans contrefaçons. Ce n'était pas une manière de draguer, encore moins une façon de se faire bien voir ; c'était un réel intérêt amical. Il ne ressentait aucun attrait pour la jeune femme, juste une curiosité toute amicale. Cela aurait vexé certaines femmes, de ne pas se sentir désirées par leur interlocuteur ; il espéra que ce ne serait pas le cas de la jeune femme. Il voulait juste en savoir un peu plus sur elle. Il était curieux, mais posait rarement de telles questions de peur d'être mal venu. Il espéra qu'elle ne lui répondrait pas d'aller se faire voir ...

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Ven 1 Juil - 19:03

     Sólveig n'était pas une femme très à cheval sur les convenances, la galanterie, le savoir-vivre et tout ça lui passait un peu au-dessus de la tête dirons-nous, bien qu'elle se comportait généralement de manière irréprochable lorsqu'elle était en compagnie de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. La seconde de Genesys avait été élevée dans l'idée de devenir une jeune femme de bonne famille, ne pas mettre les coudes sur la table, ne pas bailler en public, ne pas grimacer, des choses qu'elle trouvait tellement futiles en comparaison de ce qui les occupaient à ce jour. Par conséquent, l'avocate n'était pas du tout du genre à se froisser de détails sans intérêt, tout comme elle n'irait pas râler ou jouer les vierges effarouchées si on lui posait une question trop personnelle. En général, la Norvégienne se débrouillait pour faire comprendre aux gens lorsqu'ils dépassaient les limites, mais cela s'arrêtait aux personnes comme l'avocat de la partie adverse, ceux qui l'horripilaient juste en ouvrant la bouche. Pour le moment, le jeune homme qui lui faisait face était placé plutôt bien dans son estime, la première impression qu'il lui avait faite était bonne et elle ne demandait qu'à poursuivre sur ce chemin. Avec gentillesse, il lui suggéra donc de l'appeler lui aussi par son prénom tout en faisant un effort pour prononcer le sien du mieux qu'il pouvait. Pour toute personne ne parlant pas le Norvégien, ce n'était pas une chose aisée, mais il s'en sortait plutôt bien. Elle esquissa un sourire en hochant légèrement la tête pour manifester son approbation, autant en venir directement aux prénoms après tout, ils n'étaient plus à la barre et elle n'appréciait pas trop d'être appelée par son titre en dehors des tribunaux.

     Il répondit aussitôt à sa question concernant le procès, expliquant qu'il ne savait pas réellement ce qu'il en pensait au final et un sourire compréhensif se plaqua sur les lèvres pleines de l'avocate. Elle avait souvent ce sentiment après un procès, se demandant si elle avait bien agi comme il le fallait, elle devait généralement s'accorder plusieurs jours avant de pouvoir réellement comprendre ce qu'il en ressortait, avec plus où moins de succès suivant le moment. Une première affaire qui concernait un mutant, ce n'était pas rien, il venait de s'orienter dans une direction précise, celle qui était du côté des mutants et non contre eux, comme leur adversaire par exemple. Elle s'en félicitait, c'était agréable de voir des jeunes avocats se lancer dans cette direction plutôt que de choisir le camp des opposants. La jeune femme fut toutefois agréable surprise lorsqu'il lui parla de sa prestation, déclarant qu'elle lui avait fait forte impression, ce qui ne faisait jamais de mal à entendre, avant de s'inquiéter des répercussions du procès sur la presse. Là, malheureusement c'était un point qu'il ne pourrait jamais contrôler, les médias se plaisaient dans le rôle des agents de publicité, c'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle était classée dans la section « amie des mutants », ce qui lui valait souvent d'être surveillée de près et qu'on lui demande de but-en-blanc si elle était mutante elle aussi. Hochant légèrement la tête en affichant une expression désolée devant le fait que cela ne l'enchantait visiblement pas, elle ne put retenir un sourire amusé lorsqu'il lui adressa un clin d'œil agrémenté d'une boutade. Au moins il savait prendre les choses du bon côté, c'était une bonne chose, il aurait besoin d'optimisme dans les années à venir ! Le serveur choisit ce moment pour revenir vers eux et adressa un sourire à la demoiselle qui lui en rendit un poli, mais distant. Elle s'interrompit alors.

     ▬ Un thé noir s'il vous plait. »

     Elle était complètement folle de ce genre de boissons, de plus pour se désaltérer dans la chaleur le mieux était de boire chaud, elle ne se privait donc pas. Après que Caleb eut commandé et que le serveur se soit en-allé, elle reporta ses yeux bleus sur le jeune homme au moment où il se passa la main dans les cheveux avant de lui retourner la question du procès en lui réitérant ses compliments avant de s'emmêler les pinceaux une fois de plus ce qui provoqua un léger rire chez la jeune avocate qui fut toutefois empêchée de répondre par le serveur qui déposa les commandes avant de s'éloigner. Cette fois-ci ce fut le tour de Caleb de l'empêcher de parler en lui proposant quelque chose à manger, ce qui n'était pas pour lui déplaire étant donné qu'elle était elle-même une grosse gourmande et qu'elle passait le plus clair de son temps à cuisiner des pâtisseries chez elle. Oui, Sólveig avait le rôle de la mama qui gâtait les enfants à la maison, sauf qu'elle n'avait pas d'enfants, mais cela ne l'empêchait pas de produire assez de nourriture pour un régiment. Le serveur vint à nouveau vers eux et elle se laissa tenter par une pâtisserie sans songer à sa ligne comme la plupart des femmes. Les plats Norvégiens qu'elle affectionnait n'était pas vraiment très adaptés aux femmes qui voulaient garder la ligne de toute manière. Le jeune avocat n'avait donc pas de soucis à se faire, il était tombé sur la bonne personne pour la gourmandise ! Une question de plus arriva alors qu'il lui demanda de lui parler d'elle ce qui la prit plutôt de court, elle n'avait pas l'habitude qu'on lui demande des renseignements à son sujet. Le visage de la brune se marqua d'un bref instant de réflexion avant de se détendre tandis qu'elle répondait en souriant doucement.

     ▬ Ça ne serait pas indiscret non, si vous faites de même de votre côté après que je vous ai répondu du moins ! Autant profiter de l'occasion pour en apprendre plus sur lui non ? Elle était opportuniste et s'assumait totalement. La jeune femme inspira légèrement. Hum, je ne sais pas trop quoi dire, on va faire dans le plus marquant. Je suis Norvégienne, je vis en Amérique depuis sept ou huit ans, je ne compte pas vraiment. J'ai toujours été passionnée par la justice et j'ai fait mes études en Angleterre avant de débarquer à Achaea un peu par hasard. Elle leva les yeux vers le plafond comme si elle cherchait l'inspiration avant de jouer avec la cuillère de sa tasse tout en posant à nouveau ses yeux sur Caleb. Sinon, j'ai moi aussi une grande passion pour la nourriture, j'adore cuisiner et tout autant déguster on va dire, je suis aussi passionnée par le théâtre, même si ça peut faire un peu vieux comparé au cinéma je vous l'accorde, mais je m'assume ! Puis, je suis une fervente partisane de la lutte contre le racisme des mutants. Je suis membre de l'Afflictis Lentae une association de défense et d'aide aux mutants, puis comme vous l'avez constaté, je m'investis beaucoup dans les affaires les concernant. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres avant de conclure. Et de votre côté alors ? Je suis très curieuse je vous avais prévenu ! »

     La jeune femme n'avait jamais été très douée pour parler d'elle, ne sachant jamais quoi sélectionner et quoi passer sous silence, des choses qui lui semblaient importantes pouvaient être sans intérêt pour d'autres, c'était assez difficile ! Elle glissa ses doigts sur la tasse chaude qui lui semblait presque froide en raison de sa chaleur corporelle élevée, après avoir posé la cuillère sur la table avant de provoquer une catastrophe, puis Sólveig posa son regard clair sur le visage de Caleb avant de le laisser glisser rapidement sur les environs. L'avocate préférait s'assurer que personne du tribunal ne les avait suivis, un journaliste trop curieux, un avocat du plaignant qui voudrait leur provoquer quelques problèmes, peut-être était-elle paranoïaque, mais elle préférait vérifier plutôt que de découvrir quelque chose de désagréable demain dans la presse ! Cette pensée la fit d'ailleurs revenir aux paroles du jeune avocat au sujet des journaux du lendemain et elle se permit de reprendre la parole.

     ▬ J'y songe d'ailleurs, concernant la presse en effet je crains que nous n'y échappions pas, mais croyez-moi, le mieux dans ce cas c'est de ne pas y porter d'importance. Certains journalistes relatent l'entière vérité, mais d'autres ne se privent pas de mentir éhontément ou même de chercher à nous discréditer. Elle haussa les épaules comme pour appuyer le fait qu'il ne fallait pas trop y songer. Je vous avertis que vous allez certainement être soupçonné d'être mutant, on m'a attribué je ne sais combien de pouvoirs sous prétexte que je défends les mutants, voyez-vous malheureusement il semblait falloir une raison aussi simpliste pour que l'on se sente concerné par le sort d'autrui. N'y portez pas attention, ne lisez même pas les journaux d'ailleurs, moi c'est ce que je fais. C'était souvent ses collègues qui lui apprenaient les nouvelles les plus stupides qui filtraient à son sujet. Au pire, si vous avez tapé dans l'œil d'une journaliste vous serez en première page demain matin et sous peu vous verrez un groupe de fan débarquer à votre bureau. »

     Ce n'était qu'une plaisanterie pour montrer la stupidité que cette situation, elle n'avait encore jamais eu de fan qui débarquait à son bureau pour lui déclarer son amour bien heureusement ! Alors qu'elle jouait toujours avec sa tasse en manquant de la renverser, le serveur refit une dernière fois son apparition pour apporter les commandes aux deux gourmands avant de s'éloigner. Elle attendit qu'il se soit suffisamment éloigné avant de reprendre la parole sur un sujet plus léger. En revenant sur les journaux, la Norvégienne avait simplement cherché à rassurer un peu Caleb, après tout il débutait dans ce genre d'affaires.

     ▬ D'ailleurs Caleb, il me semble que c'est hébreux comme prénom n'est-ce pas ? Vous le portez bien, si je me souviens bien ça veut dire « orienté par son cœur », c'est parfait pour vous de ce que j'ai pu voir ! »

     Oh, elle n'était pas du genre à croire qu'un prénom désignait la destinée de quelqu'un bien évidemment, mais ça l'amusait souvent de constater que certains prénoms collaient plutôt bien – voir même parfaitement – à leur propriétaire. Elle se décida enfin à prendre une gorgée de son thé qui se révéla tout aussi bon que la dernière fois qu'elle était venue ici. Bien qu'elle travaillait souvent seule et n'avait donc pas trop l'occasion de parler, Sólveig appréciait de se retrouver dans cet endroit, loin de l'agitation du palais de justice. C'est alors que la question de son interlocuteur au sujet du procès lui revint à l'esprit, elle reposa donc la tasse sur son support avec un léger bruit de porcelaine avant d'y répondre à retardement.

     ▬ Je bavarde tellement que j'en oublie vos questions, je suis désolée je ne suis vraiment pas sortable ! Pour tout vous dire, je pensais que le procès allait être beaucoup plus difficile, je n'étais pas aussi confiante que j'en avais l'air. Je ne comprends toujours pas ce qui c'est passé avec notre adversaire, ses maladresses, ses bafouillages, tout ça, ce n'est tellement pas lui ! J'ai plaidé contre lui à plusieurs reprises, c'est un vrai requin, il a dû passer une drôle de nuit je crois ! L'idée qu'un pouvoir mutant puisse être associé à cela ne lui venait même pas à l'esprit. Mais comme je vous l'ai dit, je suis satisfaite et heureuse du résultat final, même si je suis un peu surprise en fin de compte. Ça m'a fait très plaisir d'y travailler avec vous, je ne suis pas souvent en binôme, mais voir des jeunes avocats avec votre talent ça me réconforte pour l'avenir de notre profession ! J'ai crus comprendre que vous travailliez depuis peu ? »

     Elle avait du mal à mettre un âge sur son visage, plus jeune qu'elle c'était certain, mais disons qu'il avait un visage encore.... Pas enfantin, mais qui ne semblait pas marqué par les années comme certains des collègues de Sólveig. En fait il faisait partie de ce groupe de personnes qui semblaient jeunes sans que l'on puisse leur donner un âge précis. En tant que Genesys elle était rassurée de voir des jeunes aussi prometteurs, mais son rôle de seconde de l'Opération reprit alors le dessus et elle ne pu s'empêcher d'ajouter quelques mots.

     ▬ Et alors, ce procès vous a-t-il donné envie de continuer dans la lutte pour les mutants ? Ou cela vous a dégoûté à vie ? C'est une raison particulière qui vous a poussé à accepter ce procès d'ailleurs ? Elle marqua une petite pause avant d'ajouter avec un sourire. Vous n'êtes pas obligé de répondre si cela vous gêne je précise. »

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Dim 3 Juil - 10:48

    Caleb, entre ses pâtisseries et sa citronnade, était au bord de l'euphorie. Il était un si gros gourmand qu'il mangeait souvent trop de cochonneries, et il avait de la chance de ne pas grossier. Il y avait un temps, il avait travaillé dans des métiers qui demandaient une entretien de la forme : il avait été maçon, charpentier. Médecin aussi, mais ça n'avait rien à voir. Il continuait parfois ses exercices : pompes, abdominaux, couse à pied. Cela entretenait, mais il avait quand même beaucoup de chance de ne pas excéder son poids optimal. Alors qu'il attendait la commande et buvait une gorgée de son verre, il réalisa qu'il avait incendié la jeune femme de questions sans lui laisser le temps de répondre ; penaud, il baissa les yeux d'un air contrit, comme un chiot malmené.

    La curiosité de Solveig réveilla en lui quelques affres d'angoisses : que pouvait-il raconter ou non ? Pouvait-il réellement lui faire confiance ? Il ne pouvait pas lui raconter tout de go qu'il était un mutant ... Et puis, il n'avait pas envie de faire pitié avec sa défunte mère. Hormis cela, il n'y avait guère de choses intéressantes. Il soupira discrètement, et se concentra sur la réponse de l'avocate. Il s'en voulait déjà de ne pas être assez attentif, autant commencer maintenant à être meilleur écouteur.

    La jeune femme avait étudié en Angleterre et était d'origine Norvégienne. Caleb lui sourit, but une gorgée de son verre en imaginant toutes les aventures qu'elle avait pu vivre. De plus, les Anglais étaient réputés pour être féroces à la barre, et de solides avocats ; cela ne l'étonnait plus trop que Solveig fût aussi bonne consoeur.

    L'Afflictis quoi ? Caleb haussa les sourcils. Il ne connaissait pas du tout ! Il n'eut pas le temps de demander, et laissa poliment finir la jeune femme. Le retour de balle qu'il avait craint revint ; il nota dans sa tête les questions sur l'organisme dont elle faisait partie, étonné qu'il n'ait même pas entendu parler de cela. Il fit le tri entre le trop personnel et ce qui pourrait être dit, et se décida enfin :

    « Il n'y a pas grand chose d'intéressant à dire, croyez-moi. Je suis originaire de Denver, où mon père vit encore. J'ai quitté mon lieu de naissance pour continuer mes études et trouver un boulot. J'ai un peu touché à tout : autant les métiers physiques, comme maçon ou charpentier, que les métiers dits intellectuels comme médecin ou traducteur. Mais mon rêve de gosse, c'était de devenir avocat, et je suis venu à Achaea pour y construire mon propre cabinet. »

    Il s'arrêta pour boire une nouvelle gorgée amère ; il se sentait un peu mal à l'aise de parler de lui. Il espéra ne pas avoir droit aux questions sur sa mère, cela étonnait toujours les gens qu'il ne parle que de son père. Il n'avait pas envie de parler du décès, tous ça. A cause de ça, les gens changeaient souvent de regards sur lui, alors qu'ils n'avaient pas besoin. Il se souvenait à peine de sa mère ; il la chérissait autant qu'un fils peut aimer une mère, il n'avait juste aucun souvenir avec elle.

    Solveig essaya de le rassurer sur la presse, mais son dernier commentaire le fit se hérisser ; la chair de poule courut sur ses bras et il remercia il ne sut qui de porter une chemise, afin que cela ne soit pas visible. On allait lui donner le profil d'un mutant ? Il était perdu ! Il serra les dents, brusquement silencieux, se fermant comme une huître. Le serveur déposa leurs commandes, et au lieu de se ruer sur la nourriture comme un affamé, il jeta à peine un regard à son plateau pourtant alléchant. Il se mordilla la lèvre ; que pouvait-il y faire de toute façon ? Il espéra que l'Opération n'aurait pas la mauvaise idée de regarder les informations télévisées.

    Le brusque commentaire de Solveig le ramena à la réalité, et il eut un petit sourire amusé. Cette fille était intelligente, et il était plutôt heureux de ne pas la compter comme une ennemie ; elle aurait fait un adversaire trop coriace pour lui. Il hocha la tête doucement, et un sourire affectueux flotta sur ses lèvres, sans qu'il put s'empêcher de dire :

    « Ma mère tenait à me donner ce nom, elle était d'origine hébreuse je crois. »

    Il but une gorgée de citronnade pour faire passer le goût amer d'en avoir trop dit, et baissa les yeux, espérant que Solveig comprendrait sa réaction et ne lui poserait pas de questions. Un silence flotta entre eux, et il en profita pour se remplir l'estomac - les pâtisseries étaient bonnes, mais leur goût subtil et délicieux était gâché par l'idée des rumeurs qui courraient sur son sujet. Il leva les yeux quand Solveig reprit la parole, et se sentit rougir quand elle parla de leur adversaire qui avait bafouillé et fait les pires gaffes possibles. Caleb sut qu'il devait dire quelque chose, mais quoi ? Il se gratta le nez, passa sa main dans ses cheveux ; il aurait fait un piètre menteur, et il se demandait parfois comment il avait réussi à devenir avocat, avec son côté anxieux et maladroit.

    « Vous savez, faire des erreurs ça arrive. Droguer son café, quelle idiotie ! » s'exclama t-il avec un rire qui sonna même faux à ses oreilles. Il se tut, se mordant la langue d'être si exécrable en mensonge, et préféra continuer que la laisser se poser des questions, bien qu'il était sûr qu'elle allait s'en poser. « Je suis installé à Achaea depuis quelques mois seulement, et au lieu de travailler dans des associations ou pour d'autres cabinets, j'ai préféré fonder le mien. Il ne paye pas de mine, mais j'ai déjà eu quelques clients. »

    Ca permettait de payer le loyer, au moins. Il gardait les yeux baissés, de peur que Solveig ne lise dans ses yeux, ou sur son visage. Il observait avec obstination son croissant, qu'il n'avait toujours pas fini ; son estomac gronda brusquement et il mordit dans la pâtisserie. Il avait faim ; et il essaya de repousser du mieux qu'il put sa peur d'être dévoilé. Il ne fallait pas qu'on sût qu'il était mutant.

    La question de Solveig le prit au dépourvu, et il resta silencieux quelques secondes. Il avait du mal à réagir, tout à son angoisse sourde et menaçante. Il se força à penser à autre chose, et son visage se détendit soudain ; Caleb réalisa à quel point il s'était crispé depuis qu'elle lui avait parlé du sujet qui fâchait. Crispé à telle point qu'une de ses mains tenait le bord de la table, et serrait si fort que ses jointures en étaient devenues blanches. Il lâcha la table, eut un rire cassé, et se gratta de nouveau le nez.

    « Je ne suis pas gêné, je vous rassure. J'avoue que ça a été le meilleur procès auquel j'ai participé, et j'ai beaucoup aimé défendre un mutant. Quant à savoir si je renouvellerais l'expérience, pourquoi pas ? Je verrais ce que me réserves l'avenir » déclara t-il, assez content de ne pas avoir fermé de porte sans en avoir l'air. Il songea qu'elle lui ferait peut-être une proposition, comme d'entrer dans un organisme protecteur des mutants - l'Afflictis quelque chose - et il songea à si il avait envie d'entrer dans un tel engagement : serait-ce le mettre en danger ? Il se dégoûtait d'être aussi lâche ; il était un mutant et aurait dû mettre un point d'honneur à protéger les siens. Au lieu de cela, il se terrait tel un rat à l'approche d'un chat.

    Mais se protéger de l'Opération était la meilleure chose à faire pour retrouver Leeloo. Penser à sa soeur était trop douloureux, et il tourna lentement autour de cette idée sans oser l'approcher, comme si il avait peur qu'elle le morde. Sa soeur était retenue par l'opération ; elle était une mutante comme lui. Elle ne connaissait pas son existence, mais lui, il souhaitait de tout son coeur la retrouver et la libérer. Son père et lui se donnaient souvent des nouvelles, en code ou de façon éloignée, qu'eux seuls pouvaient comprendre. Il se demanda si il était arrivé à Apocalypto de tomber sur leurs messages ; la peur lui raidit la nuque, et il prit son verre d'une main légèrement tremblante. Il fit un petit sourire à Solveig ; il avait totalement oublié qu'il n'était pas seul. Il se reprit, se força à se détendre, et ses sourcils se défroncèrent.


    « Est-ce que vous pourriez m'en dire un peu plus sur votre organisme protecteur des mutants ? Je suis étonné de n'en avoir jamais entendu parler ; j'aurais dû être au courant de son existence, depuis que je sus installé ici. »

    Dans sa voix perçait la frustration et la fierté blessée, il n'avait pas été prévenu qu'un tel organisme, si important, existait. Il mordit plus volontiers dans un petit pain fourré à la crème ; il avait changé du tout au tout, et se sentait bien mieux. Il fallait juste éviter de penser aux sujets interdits et se laisser aller. La présence de Solveig était agréable, il ne voulait pas tout gâcher à cause de sa peur et de ses angoisses. Avant que sa consoeur ait pu lui répondre, une sonnerie se fit entendre ; un air de piano, doux et posé. Caleb leva les mains en signe d'excuses, et se leva. Appel masqué. Son père ! Il s'éloigna, sortit du bar, et décrocha enfin. Depuis peu, ils correspondaient très souvent.

    « Hey quoi de neuf ? » déclara le jeune mutant en essayant de se détendre, le coeur battant à tout rompre. Il pouvait lui annoncer tout et n'importe quoi. Il espérait qu'il avait du nouveau sur Leeloo.
    « Pas le temps de parler. EGM, 458, 36, 3 et 8. »

    Et il raccrocha. Caleb avait noté dans sa tête la série de chiffres. C'était simple : EGM n'était autre que l'Encyclopédie du Gène Mutant, page 458 paragraphe 36, ligne 3, mot 8. Ce mot en question serait un indice, pour savoir si ils se voyaient ou encore un indice sur sa soeur. Caleb pénétra dans le bar, l'air excité comme une puce ; il s'assit en face de Solveig, manquant de renverser son verre. Il éclata d'un rire trop fort, puis prit un papier dans sa poche et écrivit ce que son père lui avait dit. Il avait parfois la tête en l'air et il ne voulait pas oublier. Totalement dans la lune, il se tourna vers Solveig, fit un grand sourire et demanda :

    « Sauriez-vous où il y a une bibliothèque municipale ayant des bouquins sur les mutants ? Particulièrement, l'oeuvre Encyclopédie du Gène Mutant. »

    Il fit comprendre à Solveig que c'était important, en posant son regard dans le sien ; son coeur battait à tout rompre, il respirait fort et par à coups. Il inspira un grand coup, puis se décida à révéler certaines choses. Mais pas ici, pas maintenant. Ce n'était pas un endroit approprié.

    « C'est très important. Ecoutez, je vous expliquerais plus tard, mais pas ici. J'aimerais pouvoir vous en dire plus, mais je préfèrerais être certain qu'on ne nous écoute pas. »

    C'était un discours étrange pour un avocat ; on aurait plutôt dit les paroles d'un espion de choc dans une mauvaise série B. Mais tout ceci était vrai. Il inspira, et rangea le papier dans sa poche. Dans une joie non-feinte, il sourit et fit tinter son verre sur la tasse de porcelaine.

    « A notre victoire, ma chère Solveig » déclara t-il avec un large sourire. Il était si heureux ! Il allait avoir des nouvelles de sa soeur et avec un peu de chances, un indice assez important pour qu'il avance dans ses recherches ! Pourquoi avait-il décidé d'en parler à Solveig ? Parce qu'elle protégeait les mutants. Et il avait cru voir en elle assez de sincérité pour qu'il songeât à lui demander son aide dans cette entreprise. Il continua de sourire et finit son verre, dans un état d'excitation telles que ses pupilles étaient dilatées.

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Lun 4 Juil - 12:07

     Caleb ne semblait pas particulièrement apprécier de devoir parler de lui, elle pouvait le concevoir, après tout il lui avait fallu plusieurs années avant qu'elle ne daigne parler de certaines bribes. Il était originaire d'une autre ville, était parti de là-bas pour faire ses études en étant passé par plusieurs métiers avant de pouvoir devenir avocat comme il en rêvait depuis toujours. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la brune, c'était louable, avoir financé ses études lui-même, elle aussi, avait agi de la sorte, mais par obligation pour survivre, enchaînant les boulots de plongeuse ou de serveuse dans des petits bistrots, manquant même de lâcher prise des fois lorsque tout cela devenait trop rude. Mieux que personne, elle comprenait que la vie du jeune avocat n'avait pas dû être très facile, il fallait beaucoup de volonté et de ténacité pour réussir à mener de front un métier difficile et des études d'avocat. La jeune femme avait eu la chance d'être aidée par quelqu'un dont elle ne parlait presque jamais, pas même avec son compagnon c'était pour dire. C'est aussi pour cette raison qu'elle ne lui demanda pas ce que sa mère pensait de tout cela, Sólveig avait appris que ce que l'on passait sous silence révélait souvent bien plus de choses que ce que l'on disait. Elle-même avait dissimulé beaucoup de choses tout en donnant l'impression de parler d'elle de manière sincère, c'était l'avantage lorsqu'on était avocat : on parvenait à mentir sans trop de peine et sans que ça ne se voit. Par conséquent, la Norvégienne ne comptait pas demander plus de détails à Caleb, elle était déjà heureuse qu'il ait daigné lui donner quelques informations, il ne fallait pas pousser le bouchon. Le fait de savoir qu'il était plus ou moins passé par le même chemin qu'elle lui donnait encore plus d'estime pour le jeune avocat, c'était autre chose que tous les enfants de riche qui voyaient leurs études payées par leurs parents, eux-mêmes souvent avocats.

     La première fois où il parla de sa mère fut à sa question sur son prénom, c'était elle lui le lui avait donné, le sourire affectueux qui prit place sur ses lèvres et l'expression « je crois », exprimèrent clairement l'idée première de la demoiselle : il ne devait pas avoir connu sa mère, ou très peu. Peut-être morte en couche ou morte trop jeune, si elle l'avait abandonné il n'en parlerait pas avec autant d'affection. Mimétisme inconscient, la jeune femme laissa un sourire s'étendre à son tour sur ses lèvres, elle avait beaucoup d'affection pour ses parents et était toujours heureuse de voir que d'autres qu'elle, entretenaient de bonnes relations avec leurs parents. Elle dû toutefois se faire force pour cesser d'analyser les paroles de Caleb, ne voulant pas profiter de son avantage pour essayer d'en apprendre plus sur lui, s'ils devaient travailler à nouveau tous les deux, ils pourraient toujours discuter plus en avant et elle aviserait à ce moment. Bien qu'il sembla un moment confus lorsqu'elle aborda le sujet de leur adversaire, elle ne chercha pas plus loin, même lorsqu'il força un rire pour mieux faire passer la pilule avant d'enchaîner sur son cabinet. Soit, il ne désirait pas en parler, mais aux yeux clairs de l'avocate ça signifiait qu'il en savait plus long qu'il ne voulait dire, bien qu'elle s'interdit de pousser l'analyse plus loin. Quoi qu'il en soit, elle fut heureuse d'apprendre que même si son cabinet débutait, il s'en sortait plutôt bien, c'était le début, quoi de plus normal que de ramer ? Si tout arrivait dès le début, le travail ne servirait à rien. Le fait qu'il évite son regard lui conseilla de ne pas s'aventurer sur ce terrain non plus et elle le laissa manger tranquillement en sirotant son thé d'un air détendu. Tout ce qui touchait à sa vie privée semblait le gêner, c'était plutôt étrange, mais à la fois compréhensible.

     Elle-même dissimulait beaucoup de choses, la seule différence étant qu'elle se débrouillait pour donner l'air du contraire en glissant beaucoup d'informations sans importance. Si vous parliez beaucoup, vous donniez le sentiment de vous confier sans retenue alors qu'en réalité, vous pouviez éluder bon nombre de données, c'était exactement ce qu'elle avait fait avec Caleb pour tout dire. Le point des mutants fut inévitablement abordé et il adopta pour un air un peu gêné avant de déclarer qu'il ne l'était pas, faits contradictoires qui amusèrent la jeune femme qui ne s'en cacha pas, abordant un sourire amusé. Il parla en sage en disant que l'avenir lui montrerait s'il devait ou non continuer dans cette direction, ne se décidant pas et ne déclinant pas cette possibilité pour autant. Elle sourit légèrement et murmura quelques mots d'un ton calme. « Vous êtes jeune, vous avez le temps. » Elle souhaitait simplement le rassurer si jamais il était amené à hésiter encore à l'avenir, il n'était pas obligé de se décider de suite sans compter qu'une décision pouvait être modifiée. D'autres signes de gêne se dégagèrent de Caleb, mais la trentenaire ne releva pas, mimant ne rien voir avant qu'il ne lui pose une question concernant l'Afflictis, déclarant ne pas être au courant de son existence. C'était un peu surprenant, mais pas une faute pour autant, s'il n'était pas concerné par les mutants de n'était pas surprenant qu'il ne soit pas au courant de tout cela, comme bon nombre de personnes malheureusement. Il semblait déçu, ou frustré de ne pas être au courant, mais ce n'était pas vraiment sa faute après tout, Achaea était la seule ville des États-Unis à posséder une telle association. Elle n'eut toutefois pas l'occasion de répondre, le téléphone du jeune homme sonna et il s'absenta le temps de décrocher alors que Sólveig hochait la tête avec un sourire.

     L'avocat avala une nouvelle gorgée de thé le temps que Caleb réponde, goûtant aussi à la tarte qu'elle avait commandée et qui se révéla délicieuse. Après quelques instants, le jeune avocat refit son apparition, il ne lui avait pas fait le coup de filer en douce pour la laisser payer tiens ! Non que ça lui soit déjà arrivé, mais souvent un de ses collègues disait qu'il ferait ce coup-là si la situation devenait trop gênante. Étrangement il semblait plus.... Détendu, motivé, impatient ? Elle n'arrivait pas à l'identifier en réalité, le temps qu'il note quelques mots elle avait abandonné, puis il lui posa une question plutôt surprenant qui lui fit ouvrir les yeux de surprise. Elle ouvrit la bouche avant de se raviser, est-ce qu'ils avaient un rayon mutant à la bibliothèque ou Svetlana travaillait ? Caleb la regarda en lui faisant comprendre que c'était réellement important, peut-être une affaire qui venait de tomber allez savoir, elle n'avait aucun droit de lui demander plus de détails, puis lorsqu'il fit teinter leurs verres en arborant un grand sourire, elle ne put s'empêcher de rigoler légèrement en fronçant les sourcils d'incompréhension.

     ▬ Vous a-t-on déjà dit que vous étiez quelqu'un de surprenant ? Dans le bon sens du terme évidemment. Elle inspira légèrement. J'ai mes habitudes dans une bibliothèque de la ville, il y a plusieurs ouvrages traitants des mutants, je dois dire que c'est là-bas que je me procure tous les livres dont j'ai besoin. Ils n'ont pas un rayon entier pour eux, mais c'est le mieux que vous puissiez trouver à Achaea je ne crains. Elle avala une autre gorgée. Il faut simplement une carte de membre, mais je pourrais l'emprunter pour vous, avec ma carte, au moins ça conservera votre anonymat. »

     Elle lui décrocha un coup d'œil amusé, c'était une petite boutade puisqu'elle avait constaté qu'il semblait plutôt frileux sur la publicité qui pouvait se faire autour de lui. Emprunter un ouvrage de la sorte c'était prendre le risque de pouvoir se faire tracer si jamais le gouvernement cherchait à savoir qui avait emprunté quoi, la thèse d'un fou que Sólveig avait entendu un jour, comme quoi le gouvernement s'amuserait à surveiller certains livres pour vérifier l'identité de ceux qui les emprunteraient. La Norvégienne ne savait pas trop si elle voulait y croire où non, mais disons simplement qu'avec ses connaissances sur l'Opération Apocalypto, la demoiselle pouvait s'attendre à tout. Elle avait déjà emprunté tellement d'ouvrages concernant les mutants, un de plus ou un de moins pour ce que ça changerait. Avalant une dernière gorgée, elle vida sa tasse et la reposa sur la petite soucoupe en promenant son regard sur les environs avant d'en revenir à Caleb.

     ▬ Je connais bien une des bibliothécaire, on pourra trouver votre bonheur là-bas sans soucis, vous voulez y aller tout de suite ? Elle consulta sa montre. Je suis libre encore une bonne partie de la journée, je peux vous déposer là-bas et vous laisser tranquille si vous le souhaitez, ou vous accompagner si vous avez besoin d'aide pour vous y retrouver. Elle ne souhaitait pas jouer les envahissantes en le forçant à accepter son aide après tout, s'il avait ses petits secrets elle comprenait aisément. J'ai ma voiture sur le parking du palais de justice, en une dizaine de minutes on peut y être si jamais. »

     Laissant la balle dans le camp du jeune avocat, elle décida toutefois de lui répondre aussi au sujet de l'Afflictis. Pour le moment il n'y serait pas forcément intéressé, mais si jamais il décidait d'aider plus en avant les mutants, peut-être bien que l'association pourrait lui offrir de plus grandes opportunités. Elle-même était l'une des avocates principales de l'association, c'était vers l'Afflictis que se tournaient tous les mutants dans le besoin, enfin le peu qui en avait connaissance pour le moment. La belle et son compagnon s'investissaient beaucoup dans ce domaine, surtout Curtis avec ses recherches archéologiques sur les origines des mutants. D'un ton calme et plus bas qu'à l'accoutumée elle lui répondit rapidement, le temps qu'il puisse terminer son dessert avant de prendre sa décision. Mieux valait ne pas parler trop fort pour éviter que les gens autour n'entendent de quoi ils parlaient, elle n'avait rien à cacher, mais prudence est mère de sureté.

     ▬ Et pour répondre à votre question précédente, l'Afflictis Lentae est une association d'aide aux mutants, nous sommes plusieurs membres de différents horizons. Je m'occupe par exemple de défendre, gratuitement, les mutants qui viennent nous contacter pour une affaire qui les concernerait. Nous avons des psychologues, des médecins et surtout des mutants qui ont vécus les difficultés qui découlent de leur statut. Elle songea à Fillan qui lui, était non recensé tout comme elle, mais prenaient beaucoup de risques de son côté. Ils sont là pour répondre aux interrogations de jeunes mutants qui ont peur de voir leur corps changer pour s'adapter à leur don, leur apprendre à se contrôler, en somme comme des tuteurs ou des amis à qui se confier, qui ont vécus la même chose qu'eux. C'était même la partie la plus importante de l'association, qui après tout avait le but d'aider les mutants. Dans un but plus large, nous avons aussi quelques archéologues ou étudiants qui enquêtent sur les origines de mutants. Certains sont persuadés qu'elles remontent à bien plus longtemps que ce que l'on prétend, il y en a même pour dire qu'ils seraient imputables aux dieux de la mythologie. Zeus serait par exemple un mutant doué d'Électrokinésie, Hermès pouvant voler, etc. Ils effectuent donc de sérieuses recherches à ce sujet. Sólveig parlait beaucoup, mais c'était un sujet qui la passionnait. Notre face publique, c'est Gregory Taylor, un milliardaire qui possède beaucoup d'influence et qui n'hésite pas à nous mettre en avant dès qu'il le peut. »

     Effectivement, sans lui l'association n'existerait même pas, Sólveig n'osait pas imaginer ce qu'ils pourraient bien faire. Elle était très proche du milliardaire et l'appréciait beaucoup, c'était un homme de bien comme il y en avait peu sur Terre, sans compter qu'il était très proche d'Aileen et que la dirigeante de Genesys avait beaucoup d'estime pour lui. Terminant sa part de tarte, elle afficha un léger sourire à l'attention de Caleb avant de conclure.

     ▬ Je pourrais vous fournir quelques documents au sujet de l'Afflictis si vous le souhaitez, ou même vous mettre en contact avec certains de nos membres, n'hésitez pas à me le demander si jamais. »

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Mar 5 Juil - 12:37

Caleb avait beau être mal à l'aise, il l'aurait été bien plus si l'avocate en face de lui avait été bien plus curieuse. Mais elle se contentait de ce qu'il lui disait, et Caleb lui en était reconnaissant. Le jeune homme n'aurait pas menti si elle avait posé d'autres questions, mais elle aurait remarqué qu'il lui donnait au compte-goutte et à contre-coeur des informations.

Se mordillant la lève Caleb chassa d'un geste agacé une mouche qui était venu se poser sur son front ; il regarda la petite bestiole noire volante qui vrombit et s'éloigna légèrement. Il aurait pu l'écraser d'un simple coup, la tuer sans remords. Qu'était-elle exactement pour lui ? Un insecte, un minable insecte ; il était un mutant et, plus fortement que les humains, il avait conscience de ce qu'il était capable, et ce n'était pas parce qu'il pouvait faire une chose qu'il la faisait. User de son pouvoir uniquement parce que l'on jouit d'un don aurait été aussi idiot qu'un mouton suivant le troupeau dans une chute du haut d'une falaise. Caleb regarda l'insecte s'envoler et s'en aller dehors par une fenêtre ouverte.

Le regard du mutant revint à la table, et il but une gorgée de son verre de citronnade, appréciant la fraîcheur du liquide pétillant ; il mordit dans sa dernière pâtisserie et observa avec curiosité la jeune femme face à lui. Lors de leur discussion, il fut interrompu par son téléphone. Lorsqu'il revint, il avait changé du tout au tout : du jeune homme posé, quoique anxieux, il était devenu un être fort, au visage respirant l'excitation et le danger. Il posa quelques questions à la jeune femme, ne la laissant pas répondre puis, le souffle court, cessa son babillage.

Il porta un toast officiel avec Solveig, avec un sourire de dément, les yeux rendus sombres par ses prunelles cachées par ses iris déployés. La jeune femme fut surprise par son brusque excès de bonne humeur ; lui qui avait été si réservé, il comprenait son étonnement. Il se détendit, se força à se calmer un minimum ; les informations que lui donna Solveig fit tourner son petit cerveau : elle était prête à l'aider, de façon plus imposée qu'il ne fallait, mais il lui en était - pensivement - reconnaissant. Il lui sourit, appréciant sa boutade - un flamboiement du regard montra son amusement - et il appréciait qu'elle cherche pour lui ce qu'il lui avait demandé. Une autre aurait rejeté ces questions et demandé des explications pour savoir où il se jetait, avant de donner ou pas les donnée qu'elle avait. Caleb se renforça dans son idée de lui faire confiance ; il lui raconterait ce qu'il jugeait nécessaire une fois qu'ils seraient seuls et en sécurité.

Le jeune mutant finit son verre en écoutant attentivement l'avocate face à lui ; reposant son verre sur la table, il joua un instant avec un dessous de verre en carton, imbibé de ce qui ressemblait à de l'alcool, et sentait la bière. Caleb leva le regard vers Solveig, un peu surpris qu'elle soit si serviable ; une pointe de méfiance se mêla à sa reconnaissance, mais il endigua ce sentiment indigne de lui. Elle voulait juste l'aider, et il avait dû aviver sa curiosité avec son comportement brusquement digne d'un agent de la CIA. Il espéra qu'il ne lui inspirait pas le sentiment d'être bizarre, ou indigne de confiance. Ou pire : un agent double, qui aurait colporté des infos sur les mutants à un organisme comme Apocalypto.

« J'accepte votre aide avec plaisir, je serai ravi que vous m'emmeniez à cette bibliothèque » déclara t-il après un court silence, en faisant un sourire timide ; il était calmé. Sa méfiance avait douché froidement son excitation ; il ne devait pas forcément se méfier de Solveig, mais au moins se montrer prudent. Son père le lui avait répété des centaines de fois : ce n'était pas en fonçant tête baissée qu'il allait réussir à faire sortir Leeloo de sa prison. Ses pensées se tournèrent de nouveau vers sa soeur, et il ressentit un élan de douleur à la savoir si loin. Cette femme, qu'il n'avait jamais vue, il la chérissait de tout son coeur ; cet être, frêle, cet enfant, sa soeur, on la lui avait enlevé. Et ceux qui avaient fait ça payerait, il se l'était promis ; un éclat dangereux brilla dans ses yeux, pour s'éteindre aussitôt : ce n'était pas le moment de brûler de colère. L'heure était aux recherches et au calme, ainsi qu'à la prudence et à la vigilance. Il se leva, et s'approcha du bar ; il paya leurs consommations - même si Solveig protestait, il rétorquerait qu'il l'invitait et que c'était normal vu qu'elle l'aidait. Il se tourna vers l'avocate, écoutant ce qu'elle avait à dire sur l'Afflictis. Le jeune mutant réfléchissait à toute vitesse : Afflictis Lentae était un organisme protégeant les mutants. Il songeait à tout ce qu'il pourrait faire pour eux ; il était avocat comme Solveig, mais elle ne se doutait pas de ses dons. Il pouvait être un allié de choix pour ces gens qui mettaient leurs vies en péril pour sauver l'honneur des mutants et défendre les autres. Caleb soupira un instant : était-il prêt à se mettre en danger pour sa soif de justice ? Il n'en savait rien ; il aurait voulu être aussi courageux que cela, comme dans les films d'action où le héros traverse mille périls en criant « Même pas mal ! », mais il doutait d'avoir en lui assez de bravoure pour risquer de jeter à l'eau sa propre protection. Si il était capturé par Apocalypto, se pourrait-il qu'il voit sa soeur ? Il allait d'abord voir quelle information son père avait trouvé, et il aviserait ; Afflictis pourrait lui être d'une aide précieuse. Quel mal y aurait-il à faire un échange de bon procédé ? Pour sa soeur, il était prêt à tout ; et il avait envie de faire enfin un choix. Il aviserait, nul besoin de se presser, se dit-il en se forçant à respirer calmement.

Les mutants remonteraient à aussi longtemps que cela ? Caleb avait lui-même fait quelques recherches, mais juste pour s'amuser ; il avait vu des récits faisant référence à l'Atlantide, qui aurait été l'origine des mutants - une ville ravagée par la mer, mais qui en réalité aurait été cachée par les puissances des êtres vivants là-bas. Caleb n'avait pas le temps de réfléchir à tout ce que la jeune femme venait de lui dire, mais il hocha la tête avec un sourire quand elle lui proposa des documents ; il songea qu'il risquait d'entrer dans les filets de recrutement plus vite qu'il ne fallait, si le destin mettait Leeloo dans tout cela.

« Je serai ravi que vous m'informiez davantage sur cet Afflictis. Si vous voulez nous pouvons en parler en route ? » demanda t-il doucement, en sortant du bar, tenant la porte à la jeune femme, doux contraste avec la politesse de tout à l'heure et la galanterie de la jeune femme : lui aussi savait être charmant, et il le prouvait. Il n'avait pas de voiture propre, utilisait plutôt des taxis. Rapide et cela lui évitait de devoir chercher une place sur des parkings.

Il inspira un grand coup ; son oreille n'entendait plus grand chose à cause des klaxons et du brouhaha des passants. Il se pencha vers Solveig, et lui révéla quelques informations, histoire de la tenir au courant. Personne ne pourrait les entendre, même si quelqu'un cherchait à les écouter discrètement.

« Ma soeur est une mutante ; elle est retenue contre son gré par une organisation anti-mutante. Ce que je recherche dans ce livre à a voir avec elle, je vous expliquerais. »

Il essaya de paraître courageux, mais sa voix avait des accents de tristesse profonde ; comment expliquer cet amour incommensurable qu'il portait à cette inconnue, cette frustration d'avoir une soeur qu'il n'avait jamais vue ? Il baissa les yeux et se dirigea vers le parking du palais de justice ; il avait débuté un récit à Solveig et il devrait le finir. Ce n'était pas une obligation, et il ne se sentait aucune restriction ; il avait sincèrement envie d'en parler avec elle. Il était juste peu habitué à parler de sa soeur avec d'autres personnes qu'avec son père. Il se demanda un instant si Solveig commençait à se douter qu'il était un mutant : souvent, dans une famille où un gène mutant est décelé, il y en a d'autres qui son découverts. Mutante ... Il ne savait rien du pouvoir de sa soeur, d'ailleurs. Son père n'en savait pas plus que lui. C'était pitoyable de voir leur manque cruel d'informations, d'autant plus douloureux qu'ils avaient besoin d'en savoir plus pour la retrouver.

Il n'avait pas prévu que ce simple procès se changerait en marathon pareil ; comment savoir qu'il allait se faire une alliée de taille, gagner le procès, et que tout cela le changerait radicalement ? Il se sentait à la fois plus mûr et plus menacé d'avoir gagné ce procès. Mais tout passait si vite ! Il avait encore du mal à réaliser ce qui se passait : il avait mit une personne extérieure au courant pour Leeloo ...

Et alors ! rugit une voix intérieure, grognant de mécontentement. Que lui importait de devoir mettre au courant tout l'Afflictis ? C'était un organisme qui aidait les mutants, et qu'était-il, justement ? Un mutant ! Quel hasard ! Il pouvait les mettre sur le coup ; ils pourraient l'aider. Il l'espérait tellement ! Ses mains tremblèrent légèrement tandis qu'ils approchaient du parking. Il ne pouvait mettre le doigt sur ce qu'il ressentait exactement : il était heureux, car il allait en savoir plus sur l'emprisonnement de sa soeur. Mais son père avait tendance a chercher la petite bête, aussi certains de ses codes étaient difficiles à déchiffrer. Bah il verrait bien. Il ne pouvait pas perdre confiance alors que rien ne s'était encore passé. Solveig lui indiqua sa voiture et il monta à côté d'elle, avec un noeud dans le ventre. A peine rentré dans l'espace confiné, il grimaça. Il fallait qu'il soit honnête avec elle. Il le savait, et il en avait envie, réellement. Mais il avait toujours été maladroit, surtout quand il disait la vérité. C'était quand il mentait qu'il était le plus ridicule - il s'était légèrement amélioré, étant avocat. Mais maintenant, il devait être sincère. Il respira un grand coup. Allait-elle le détester, pour ce qu'il avait fait au procès ? Quitte à dire la vérité, autant la dire toute entière, toute nue, dévoilée. Comme du cristal, elle était fragile, cassante. Il devait la manier avec précaution.

« Solveig je dois vous avouer quelque chose. J'espère que vous ne m'en voudrez pas » murmura t-il avec une mine peinée. Il garda le silence un instant, priant en silence pour qu'elle ne le coupe pas, et il continua rapidement : comme un pansement qu'on arrache vite pour éviter la douleur, il se mit à débiter un flot de paroles, cohérentes mises bout à bout, mais avec l'air d'un petit garçon qui débite une histoire et qui sait qu'il va se faire gronder.

« Je n'ai pas été totalement sincère avec vous ; je sais pourquoi notre adversaire s'est emmêlé les pinceaux. Je sais que je n'aurais pas dû mais ca a été plus fort que moi, sous le coup de l'anxiété, j'ai toujours tendance à faire des bêtises. Alors j'ai utilisé mon pouvoir ; je peux manier la chance d'autrui ou même la mienne comme je veux, et j'ai un peu remanié la sienne, pour faire qu'il n'en ai pas. C'est pour ça qu'il a bafouillé, et qu'il a montré le casier judiciaire de son client. Il ne l'aurait jamais fait en temps normal, mais c'était un cas d'urgence. C'est mal, je sais, je n'aurais pas du. Mais je suis certain que même sans ça, nous aurions gagné ! Vous étiez tellement exceptionnelle ! »

Il se tut de nouveau, puis il reprit, doucement, en plantant enfin son regard dans celui de Solveig :

« Je suis un mutant. » déclara t-il.

Un poids s'enleva de son coeur ; il n'aurait jamais cru que devoir cacher sa nature lui pesait autant ! Il se sentait presque libre ; maintenant c'était elle qui avait la balle. Elle ferait ce qu'elle voulait, mais il avait été honnête. Entièrement honnête. Il se sentait presque nu, d'ailleurs ; il détourna le regard, se mordilla la lèvre, et soupira. La mallette semblait peser sur ses genoux. Mais c'était sa conscience et son coeur qui pesaient le plus lourd dans cette histoire.

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Mar 5 Juil - 19:02

     Caleb accepta aussitôt son invitation pour se rendre à la bibliothèque, elle en était plutôt contente d'un côté, il avait semblé changer totalement d'attitude alors qu'il répondait au téléphone, peut-être quelque chose qui pourrait être utile à Genesys allez savoir ? Sólveig ne perdait jamais de vu des éléments qui pourraient apporter leur aide aux actions perpétrées par l'Opération dont elle était la Seconde officieuse, tout comme elle voyait d'aussi bons avocats que Caleb comme des recrues de choix. La lutte n'était jamais terminée, certains mutants préféraient agir de leur côté pour ne pas se mettre les autorités trop à dos en montrant publiquement leur position. Certains étaient encore égoïstes sous un angle bien précis, préférant sauver leurs proches ou même seulement leur propre peau sans se soucier des autres mutants. Ils ne comprenaient pas que tant que l'opinion publique n'avancerait pas, rien de tout cela ne bougerait. La jeune femme chassa ces pensées noires de son esprit en protestant lorsque Caleb paya les consommations en parfait gentleman, puis elle lui accorda un sourire ainsi qu'un « merci » lorsqu'il ne céda pas. Dire qu'elle l'avait invité à la base, elle se sentait un peu stupide et gênée de le laisser régler la note, surtout qu'elle devait mieux s'en sortir que lui sur le plan financier. Les hommes pouvaient être trop galants des fois, elle se jura de lui retourner la pareille un jour prochain. Les informations qu'elle donna au compte goutte concernant l'Afflictis semblaient intéresser l'avocat qui manifesta un intérêt grandissant au fil de ses paroles, avant d'accepter les documents qu'elle lui proposait. Il proposa judicieusement d'en parler en route et prirent la route en direction du parking tandis que Sólveig jeta un coup d'œil aux alentours pour vérifier qu'elle ne voyait personne de sa connaissance.

     Ce fut à ce moment qu'il lâcha la première bombe, tout d'abord elle crut ne pas avoir correctement entendu, mais si, c'était bien ça, il parlait de sa sœur et de l'Opération Apocalypto, bien qu'il ne pouvait visiblement pas mettre de nom dessus. Ainsi donc ce livre représentait quelque chose en lien avec la recherche de sa sœur, la demoiselle hocha la tête lorsqu'il lui déclara qu'il lui expliquerait le reste plus tard, mieux valait ne pas prendre de risques inutilement, elle ne pouvait se le permettre. Le début des soupçons de la jeune femme arriva alors, le souvenir de l'avocat qui perdait contenance, l'expression rêveuse que Caleb avait arborée presque au même moment, se pouvait-il qu'il soit doté d'un gène mutant ? D'un rapide coup d'œil, elle effleura la silhouette du jeune homme, rien ne le montrait en apparence, il semblait tout à fait « normal », mais elle non plus n'avait rien qui puisse indiquer le fait qu'elle était porteuse du gène, mis à part sa température corporelle qui ne se remarquait qu'à condition de la toucher. Ils arrivèrent rapidement au parking et Sólveig indiqua sa voiture à son accompagnateur avant de déverrouiller les portes puis de prendre place derrière le volant tandis que Caleb s'installait à côté. Les portes se refermèrent et l'habitacle de la voiture prit soudain des airs de confessionnal alors que la voix du jeune avocat s'éleva à nouveau comme il commençait une sorte de confession. Elle posa ses mains sur ses genoux avant de glisser son regard sur le visage de son interlocuteur dans un silence parfait, adoptant involontairement l'attitude de l'élève attentive. La jeune femme avait une grossière idée de ce qu'il pouvait lui dire, mais ignorait si elle avait vu juste, lorsqu'il reprit la parole cela la conforta dans son idée de base, il était certainement mutant.

     La Norvégienne ne le quitta pas de son regard clair tout le long de ses paroles, ne laissant aucune expression s'installer sur son visage jusqu'au moment où il lui avoua clairement être porteur du gène et s'être servi de son don pour gagner. Un léger soupir traversa la barrière des lèvres de la jeune femme alors que Caleb détournait son regard, attendant certainement un autre verdict, il ne fallait prendre aucun risque toutefois. Les idées défilaient rapidement dans son esprit, elle était tentée de lui parler à cœur ouvert elle aussi, mais ne pouvait pas prendre le risque qu'il soit un espion envoyé par ses adversaires pour la faire tomber. Aileen la suppliait presque quotidiennement de ne pas accorder sa confiance trop facilement, perdre un procès était bien peu s'ils pouvaient la faire tomber en détruisant sa crédibilité. Et pourtant. Et pourtant elle avait envie de lui faire confiance. Quelques secondes passèrent avant qu'elle ne se penche légèrement pour appuyer sur le bouton permettant d'ouvrir la boîte à gants, s'excusant au passage de le déranger, puis elle en tirant un petit boitier de la taille d'une télécommande destinée à commander l'ouverture d'une porte de garage et enclencha le bouton avant de la ranger. Elle se laissa tomber en arrière dans son siège avant de regarder devant elle en expliquant son geste.

     ▬ C'est un brouilleur d'ondes, normalement interdit par la loi, mais je dois malheureusement le faire de temps en temps moi aussi. Gregory Taylor me l'a offert pour de telles occasions. Par cette phrase, elle voulait le rassurer sur le fait qu'il avait « triché » pendant le procès. J'ai envie de vous faire confiance, on dit que je suis trop naïve, mais je ne crois pas que vous puissiez mentir, ou alors vous êtes excellent acteur. Au moins si l'un de nous devait porter un mouchard, il serait totalement neutralisé. »

     Elle espérait sincèrement ne pas le vexer, mais son statut de Seconde de Genesys ne lui offrait aucune autre possibilité, aucune marge d'erreur permise. Son regard céruléen quitta le couple qui marchait sur le parking devant eux certainement pour rejoindre leur voiture, pour se poser sur le visage de Caleb qui semblait soudain préférer contempler tout ce qui y avait à portée de regard, mais pas elle. Sa décision était prise, il lui avait fait confiance, si elle ne pouvait plus se permettre de le faire sans devoir tout vérifier, comment voulait-elle qu'on fasse de même avec elle ? Comme une gamine devant le grand plongeoir elle hésitait, puis se lança finalement.

     ▬ Vous m'avez fait confiance, je vais faire de même. Vous savez, si je suis aussi concernée par les mutants et par leur manière de vivre, c'est parce que moi aussi j'en suis une. Je suis non recensée en raison de mon origine, la Norvège a des lois plus souples que l'Amérique à ce niveau. L'Afflictis dont je vous ai parlé n'est qu'une face publique de ce que nous faisons réellement, il y a beaucoup de choses derrière le rideaux, beaucoup de choses contre l'Opération dont vous m'avez parlé. Elle marqua une légère pause et s'humecta les lèvres avant d'attacher sa ceinture en faisant signe à Caleb de faire de même, puis elle glissa la clé dans le contact et démarra avant de prendre la direction de la sortie du parking. Cette Opération existe bien évidemment, c'est un organisme top secret au même niveau que la zone 51, les simples habitants de la ville, même mutant, en ignorent l'existence pour la grande majorité. Ils roulaient à présent dans les rues bondées de la ville, les portières s'étaient automatiquement verrouillées. L'organisme dont je suis membre compte plusieurs mutants qui ont été pensionnaires de bases secrètes, ils ont réussi à s'évader et se cachent désormais pour vivre. J'imagine que peut-être l'un d'entre eux doit pouvoir avoir entendu parler de votre sœur, du moins si elle était pensionnaire de la même base qu'eux j'imagine. »

     D'après Aileen il existait plusieurs bases dont une principale, il semblerait même que quelques bâtiments en ville abritent des zones secrètes pour leur permettre d'étudier des sujets sans forcément avoir besoin de les avoir sous la main. Où étaient les bases secrètes ? Personne ne le savait, pas même les évadés, dans le désert simplement, mais tous les scans aériens ou à l'aide de satellites ne donnaient rien, elles étaient définitivement invisibles. La jeune femme resta un bref moment silencieuse alors que la circulation devenait plus dense, ils y seraient en moins de deux, mais elle tenait tout de même à avoir l'avis de Caleb avant toute chose, une fois qu'ils sortiraient du véhicule pour entrer dans le bâtiment, ils n'auraient plus beaucoup de possibilités de communiquer sans danger. Surtout dans un bâtiment public comme celui-ci. La jeune femme se rendait compte qu'elle ne parvenait pas encore à détecter ses collègues mutants, elle connaissait bien certains des leurs qui étaient capables de détecter les porteurs du gène, comme Salvatore Gambino un homme d'affaire soupçonné d'être un mafioso, ce n'était pas un don à la portée de le monde. L'Opération Apocalypto était une véritable plaie pour les mutants, le souvenir du nombre de jeunes, de parents ou de personnes âgées qui cherchaient un parent enlevé était tellement élevé qu'il lui donnait le vertige. Elle déglutit difficilement avant de continuer.

     ▬ Je vais être sincère, j'aimerais pouvoir vous donner toutes les informations dont je dispose, mais l'organisme dont je fais partie ne le permettrait pas. Il faudrait que vous veniez vous présenter en personne auprès des mes compagnons, ils voudront en savoir plus sur vous avant que nous vous donnions de plus amples informations. De plus, je crains qu'ils ne souhaitent que vous nous apportiez quelque chose en échange. Elle se mordit la lèvre quelques instants. Nos alliés se comptent sur les doigts d'une main, nous devons vendre les connaissances en notre possession pour espérer avancer un peu, je crois que si vous souhaitez parler avec l'un des évadés, il faudra patienter un petit peu, le temps que je puisse démontrer à mes compagnons que nous ne courrons aucun risque. »

     Elle s'engagea dans une nouvelle ruelle en retombant dans le silence c'était la partie qu'elle aimait le moins dans son rôle, devoir demander quelque chose en échange de leur aide. Sólveig et Aileen s'étaient querellées à ce sujet, la Norvégienne prétendant qu'elle ne comprenait pas comment une association voulait aider pouvait demander des rétributions, quelle qu'elles soient. Aileen lui avait clairement expliqué ces raisons qui étaient on-ne-peut-plus justifiées, si elles donnaient sans jamais recevoir, l'Opération Genesys finirait par sombrer une fois que tout le monde aurait pris ce qu'il souhaitait sans rien apporter. Ça lui fendait le cœur et son côté sentimental était tiraillé, mais elle devait apprendre à se durcir. Le silence était là depuis quelques instants, Sólveig se rendait compte qu'elle serrait tellement le volant que ses jointures blanchissaient, elle tenta de se détendre avant d'inspirer longuement, reprenant un léger sourire comme pour essayer de se donner contenance, puis lâcha quelques mots d'un moins contraint.

     ▬ Vous vous êtes engagé sur la bonne voie en défendant ce mutant, même si vous avez eu l'aide d'un petit tour de passe-passe. Elle le regarda rapidement en souriant. C'est un bien beau don que vous possédez là, orienter la chance dans une certaine direction, vous devez faire des merveilles j'imagine et vos petites amies devaient être ravies que vous mettiez dans le mille au fêtes foraines ! Elle faisait référence aux stands où il fallait descendre des cibles, une petite plaisanterie pour détendre l'atmosphère, autant pour lui que pour elle. Plus sérieusement Caleb, je crois que vous n'aurez pas besoin de ça pour gagner plus tard, vous avez du talent, il faudra apprendre à vous en servir plus que votre don, surtout si l'on constate que vos adversaires ont souvent des... Crises de malchance de ce genre. Faites très attention à vous. C'est grâce à la prudence que j'en suis là. »

     Elle ne voulait pas jouer les moralisatrices, mais bon, la sécurité de Caleb l'inquiétait un peu, il lui avait fait bonne impression et elle ne tenait pas à ce qu'il se fasse avoir au second procès pour un mutant. Ils arrivèrent en vu du bâtiment qu'ils cherchaient, Sólveig dirigea sa voiture jusqu'à une place de parking non loin de l'entrée, coupa le contact puis détacha sa ceinture avant de glisser son regard vers Caleb.

     ▬ J'espère ne pas vous avoir inquiété en parlant de tout cela, ce n'était pas mon but. Loin de là. »

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Jeu 7 Juil - 9:55

Caleb ne s'était pas attendu à tout révéler à la jeune femme. Comment aurait-il pu deviner qu'il allait rencontrer pareil être humain ? Elle lui semblait forte, et confiante ; il avait l'impression de pouvoir lui parler de lui. De ce qu'il était vraiment. Etait-ce dû au fait qu'elle travaillait pour l'Afflictis Lentae ? Ou alors était-ce quelque chose en elle qui l'avait séduit, réconforté, plié à ce désir si cher ? Il n'avait pas réalisé combien se cacher lui pesait ; il réalisa ce qu'il avait enduré pendant ces années lorsque ce poids se leva. C'était comme une gêne, et il respirait à présent à pleins poumons. Il se sentait plus léger, plus serein. C'était à elle que revenait le droit de le blâmer ou non ; il n'avait plus de choix à faire. Cependant, il s'était engagé dans quelque chose : il avait décidé d'aider l'organisation pro-mutante ; il ne savait pas si il la rejoindrait, mais au moins il voulait mettre sa pierre à l'édifice. Et ce, quelle que soit l'aide qu'ils lui apportaient pour sa soeur. Il voulait faire quelque chose de bien, pour ses semblables. Mais il n'y avait pas que cet engagement là : il avait eu la sensation de pouvoir faire confiance à Solveig ; qu'est-ce qui lui prouvait qu'elle n'était pas d'Apoclypto ? Elle s'était montrée gentille, douce et avenante, mais ça pouvait n'être qu'une supercherie. Caleb ne ressentit nulle angoisse à cette idée : adviendra que pourra. Il avait fait un choix.

Une nouvelle détermination flamboya dans ses yeux tandis qu'il observait au dehors les gens qui passaient sur le parking ; il attendait calmement que la jeune femme sorte de sa surprise - ou quoi que ce soit d'autre. Il se poussa en la voyant se pencher sur la boîte à gant ; il eut la vague idée qu'elle allait avertir ses pairs de sa confession. D'ici peu des agents viendraient le chercher. Il s'imagina quelques secondes rejoindre sa soeur ; tout ne serait pas pour le mieux, mais il pourrait marcher la tête haute. Mais il sortit de ces rêveries quand il vit que Solveig avait quelque chose à lui dire.

Ce qu'elle déclara le laissa éberlué, mais il cacha sa surprise pour garder son masque de neutralité ; Gregory Taylor, n'était-ce pas ce richissime homme d'affaire, ou quelque chose comme ça ? Le nom lui disait vaguement quelque chose. Un brouilleur d'ondes ? Il se mordilla la lèvre : pourquoi utiliserait-elle un objet permettant de neutraliser les appareils électroniques, comme les micros ou les radios ? La fin de sa phrase acheva de le surprendre : elle lui faisait confiance ? Même après ce qu'il avait fait au procès, même après qu'il lui eut menti sur sa nature mutante ? Il la regarda avec un air penaud, essayant de garder un semblant de dignité, mais il ne pouvait empêcher un soupçon de culpabilité le ronger. Il réalisa à la figure de la jeune femme que son appareil servait à brouiller le signal de micros qu'il aurait eu sur lui. Il resta pétrifié un instant, puis se ressaisi : c'était normal qu'elle ne lui fasse pas totalement confiance. Il se demanda ce qu'elle avait à lui dire, pour qu'elle prenne autant de précautions ; il hocha la tête dans sa direction, avec sur le visage un air qui se voulait compréhensif. Il respectait ce qu'elle faisait, ce n'était que prudence et avec les temps qui courraient mieux valait être plus vigilant que distrait.

L'avocat ne s'était pas du tout préparé à la suite, et malgré sa décision de rester neutre et de garder un visage impassible, ses yeux s'écarquillèrent légèrement en entendant ce qu'elle lui avouait : elle était une mutante ! Une non-recensée ! Il mit sa ceinture de façon robotique, sans y penser ; le geste avait ordonné à son cerveau ce que son intelligence n'avait su faire, totalement centrée sur ce qu'elle venait de lâcher : elle était une mutante, comme lui ! La culpabilité qu'il avait ressentie à ne pas lui faire part de sa nature fondit comme neige au soleil ; il ne regretta plus de lui avoir dit tout cela. Il ne resta plus qu'un grande sensation de bien-être, comme si il était rentré chez soi après une longue absence. Il écouta ce qu'elle lui disait sur Apocalypto : il n'était pas au courant des bases secrètes diverses. Il avait cru naïvement qu'il n'y en avait qu'une, comme dans ces films d'espionnage. Il se gratta le nez, et ajouta doucement, comme si il rechignait à donner ces informations que son père et lui avaient mit si longtemps à obtenir :

« Ma soeur est retenue là-bas. J'ai réussi à avoir quelques informations grâce à mon père sur ces bases et sur le dossier de ma soeur ; j'ai moi-même fait des recherche et nous essayons de trouver la base où elle est enfermée. Vous dites que des mutants s'en sont échappé ? »

Il n'osa formuler sa pensée, sa demande : il voulut soudain rencontrer l'un de ces mutants. Peut-être que l'un d'eux savait où était sa soeur, l'avait rencontré dans un couloir, ou que savait-il encore ! Son coeur se gonfla de ce désir, de cette espérance. Quelqu'un savait forcément quelque chose sur sa soeur ! Conscient de son égoïsme, il se força à continuer, à penser à autre chose :

« Je mettrais à votre disposition les informations que j'ai trouvée. Cela vous servira peut-être. »

Il avait détourné la tête, pour scruter le paysage de bitume et de magasins. La foule dans les rues étaient plus abondantes ; il n'aurait pas voulu rentrer à pieds chez lui. Il avait fini sa journée, n'ayant qu'un procès à faire aujourd'hui. Quand il rentrerait il travaillerait sur d'autres dossiers ; allait-il y arriver, après cette journée déjà éprouvantes en émotions ? Et elle n'était pas finie, loin de là.

La proposition de Solveig contenait à la fois de l'espoir et en même temps elle abattit le moral de Caleb : il ferait un échange de bons procédés avec cet organisme, au même titre que le feraient des associés, mais c'était surtout quand elle avait dit qu'il devrait attendre pour rencontrer un mutant échappé. Il était normal qu'il doive faire ses preuves en tant qu'allié, et qu'il doive attendre que l'Afflictis lui fasse confiance, mais cela le blessa plus que de raison. Il savait que même si Solveig venait à lui faire totalement confiance, ce qui n'était pas là d'arriver car il voyait bien comme elle était prudente, ce n'était pas gagné pour les autres membres. Il hocha la tête lentement, pour prouver qu'il avait compris et qu'il adhérait à ce qu'elle avait dit. Il ne lui en voulait pas, et il s'efforça de panser l'écharde qui s'était enfoncé dans son coeur ; pourquoi était-il blessé qu'elle lui dise ce genre d'évidences ? Il aurait aimé qu'on le reconnaisse comme un allié, directement, et qu'on lui fasse confiance. Il dut s'avouer que si l'Afflictis avait eu un comportement pareil, il aurait rechigné, car la prudence était de mise. Grognant intérieurement sur ses émotions conflictuelles, il chassa tout ça de son esprit et se concentra sur la route.

Que pouvait-il apporter à cet organisation ? Il était avocat, c'était sûr, mais il n'était pas certain qu'ils veuillent uniquement son aide dans le domaine juridique. Voudraient-ils qu'il utilise son don pour intervenir là o ils voudraient ? Il se refusa à faire cela, mais un instant, il se dit qu'il pourrait le faire, si la cause était juste. Tiraillé entre sa conscience et son envie, il se tourna trop rapidement vers Solveig quand elle lui parla ; son cou émit un petit craquement et il grimaça en sentant ses muscles se contracter douloureusement. Il allait être bon pour un torticoli ! Il se massa le cou, et baissa les yeux sur ses genoux. Pouvait-elle lire dans ses pensées, pour se mettre à parler de ce à quoi il songeait ?

« Je n'ai pas pour habitude d'utiliser ce don comme on utiliserait un spay anti-moustiques. J'ai toujours eu conscience de sa puissance, et j'évite d'en user. Aujourd'hui, c'était une erreur, j'en conviens. Je ne l'ai jamais utilisé pour épater mes amies. »

Un frisson de douleur le parcourut à la pensée de Carmen ; la jeune femme était encore présente dans son esprit, et dans son coeur, quoi qu'il en dise. Ils avaient rompus il y avait déjà quelques temps, et il était de tout coeur dans cette décision. Ils ne pouvaient continuer alors que leurs divergences d'opinion leur faisait aussi mal. Ils se comprenaient de moins en moins, et il avait détesté cela. Caleb ferma les yeux un instant, et prit un air qui voulait exprimer qu'il réfléchissait ; il repoussa la douleur aigüe, tenace, qu'il tentait de chasser quand elle revenait, de plus en plus souvent ces temps-ci.

« Je n'ai pas été prudent aujourd'hui, mais habituellement je suis vigilant. Je me cache d'Apocalypto, car je ne suis pas recensé non plus. Je ne veux pas qu'on me soupçonne, et c'est la raison pour laquelle le fait que les journalistes me mettent une réputation de mutant me met hors de moi. Il suffit de peu de choses de nos jours pour être catalogué. »

C'était comme durant les vieilles guerres, où les Nazis cherchaient leurs proies : le moindre soupçon sur son voisin le poussait à le dénoncer aux autorités ; que la victime soit ou non coupable importait peu. C'était de la propagande pure et dure, et Caleb était plus que triste, il était effondré de voir que les hommes en revenaient presque là, avec leurs accusations de mutation et leurs dénonciations. Il eut un frisson en y pensant.

« Mieux vaut que je m'inquiète trop plutôt que pas assez. Je préfère trembler et me préparer mentalement à tout ça. »

Avant qu'ils sortent de la voiture, Caleb se permit de poser sa main sur le bras de Solveig ; sa curiosité avait soudain reprit conscience, et il lança un petit sourire à la Norvégienne.

« Quel est votre don ? » demanda t-il à voix basse, malgré que les portières soient fermées et que l'appareil de Solveig marchait encore. Il avait des airs de conspirateur, et avait l'impression d'un secret d'état. C'était presque ça, quand il y songeait. Il se demandait ce que cela pouvait être : elle n'avait pas l'air d'en ressentir d'effet physiques. Si il avait su ce qu'elle possédait comme capacité, il se serait concentré sur la chaleur étonnante qu'il sentait à travers le tissu de la manche de la jeune femme. Une chaleur plutôt surprenante pour un corps humain. Mais trop absorbé par sa curiosité, il ne pensa pas à être vigilant à ce genre de choses. Il lui fit un petit sourire, lui montrant ainsi qu'elle pouvait ne pas répondre, ou plus tard si elle voulait.

Ils sortirent finalement de la voiture, et marchèrent vers la bibliothèque. L'édifice était immense, et Caleb ressentit une excitation particulière : il avait toujours été fou des livres, il était un dévoreur de bouquins, et étant petit, il avait toujours eut la liberté d'aller dans des bibliothèques. Il y passait le plus clair de son temps, et c'était dans ce calme plat et ses lectures où son imagination partait à l'aventure qu'il avait façonné son côté rêveur et calme. Il s'arrêta pour lire le nom de la bibliothèque, puis pénétra dans le bâtiment ; la fraîcheur l'assaillit comme pour lui sauter à la gorge, mais il apprécia ce contact. Il faisait chaud dehors, et midi approchait à grands pas. Un accueil était installé en face de l'entrée, et sur les côtés, deux grands escaliers en marbre donnaient sur un étage ; au rez-de chaussée les étagères remplies de livres montaient jusqu'au plafond. Caleb refoula les souvenirs qui voguaient vers lui, et il se tourna avec un grand sourire d'enfant vers Solveig.

Comme il n'était pas sûr d'avoir assez montré sa reconnaissance à la jeune femme, il déclara très bas sur un ton très doux : « Merci beaucoup » ; comme une caresse amicale. Puis il se dirigea vers l'accueil, la démarche féline, à grands pas impatients.

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Ven 8 Juil - 11:15

     Caleb avait semblé quelque peu contrarié lorsqu'elle avait abordé l'idée qu'il puisse se servir de son don pour épater ses petites amies, une indication très nette que le sujet était épineux, Sólveig ne se sentit nullement froissée et n'ajouta rien à ses paroles. Après tout s'il avait atteint cet âge sans se faire détecter par les autorités, c'était bien qu'il devait être capable de se débrouiller pour ne pas en user à tort et à travers non ? Elle resta de marbre, veillant simplement à ne pas se prendre une voiture roulant trop vite, les Américains étaient généralement civilisés à ce niveau, mais prudence est mère de sureté. Ils arrivèrent finalement sur le petit parking et alors que la Norvégienne faisait le geste de tendre sa main vers la poignée de sa porte, elle sentit la main du jeune homme se poser sur elle. Le regard céruléen de la brune se plaça sur le visage de Caleb au moment où il lui posait la question qu'on ne pouvait s'empêcher de glisser lorsqu'on apprenait que quelqu'un était un mutant. Par-dessus la crainte, le dégoût ou la haine, elle avait constaté que l'intérêt était toujours là, même les anti-mutant ne pouvaient pas s'empêcher de se renseigner à ce sujet dès qu'ils voyaient un mutant. Un simple sourire énigmatique se dessina sur les lèvres pleines de l'avocate, elle lui aurait bien fait une démonstration, mais dans une voiture disons que c'était plutôt dangereux. Elle lui réservait ça pour plus tard, sans compter qu'Aileen qui avait toujours conseillé de garder un coup d'avance sur les gens qu'elle connaissait, ne révéler qu'un pouvoir des deux qu'elle connaissait, souvent le moins puissant pour garder cet avantage. Ils sortirent alors de la voiture tandis que la jeune femme s'occupait de bloquer les portières avant de glisser ses clés dans le sac en remettant sa jupe - qui avait la sale habitude de se déplacer lorsqu'elle conduisait - en place, avant de se hisser à la hauteur de Caleb qui admirait le bel édifice qui abritait la bibliothèque principale de la ville.

     Ils entrèrent dans le bâtiment alors que le regarde de la jeune femme se plaça aussitôt sur la personne de l'accueil avant de laisser place à une légère moue sur son visage, ce n'était pas Svetlana ! Elle réprima un frisson de surprise, le froid de cet endroit lui sautait dessus à chaque fois, même si son pays était doté d'un climat plutôt froid et humide, à force de vivre dans une ville en plein milieu du désert, elle commençait à prendre ses habitudes. La demoiselle resta immobile quelques instants alors que son accompagnateur observait les environs, certainement pour s'imprégner des lieux, avant de lui offrir un sourire et un remerciement qui lui dessinèrent à son tour une expression amusée. Il y avait quelque chose chez ce jeune homme qui lui plaisait beaucoup, peut-être le côté enfantin qu'il dégageait avec ses sourires surprenants ou sa gourmandise, allez savoir, quoi qu'il en soit elle était sincèrement ravie d'avoir été placée sur cette affaire en sa compagnie. Sólveig emboîta le pas à Caleb qui s'était déjà dirigé vers l'accueil, c'était un jeune garçon que la brune n'avait jamais vu, certainement une sorte de remplaçant étant donné que Svetlana devait avoir des vacances pendant les périodes de congés scolaires. Elle se glissa aux côtés de Caleb alors que le chargé de l'accueil avait déjà demandé au jeune homme ce qu'il pouvait pour lui, la trentenaire attrapa sa carte de membre qu'elle avait préparée sur le chemin, puis la posa sur la table avant de la faire glisser en direction de l'inconnu tout en lui offrant un sourire avenant.

     ▬ Bonjour, mon ami et moi-même voulions consulter quelques ouvrages s'ils sont disponibles, j'emprunterais certainement un ou deux livres je pense. » Il jeta un coup d'œil sur la carte plastifiée présentée par l'avocate, sans se départir de son expression morne.
     ▬ Ouais, pas de soucis, est-ce que je dois vous accompagner ? » Rien que le ton employé montrait que ça l'aurait contrarié de devoir le faire, elle récupéra sa carte en secouant la tête.
     ▬ Oh non, ça ira je suis une habituée, ne vous embêtez pas, profitez de la fraîcheur, vous êtes tous tranquilles ici comparé à la canicule dehors ! »
     ▬ Hum, possible, je ne suis pas sortis depuis ce matin, je n'en sais rien du tout. »

     Elle lui adressa un geste de la main pour le remercie, il avait l'air aussi actif que du plancton, à se demander s'il bougeait des fois ses fesses de sa chaise. Ce type de personne avait le don de la faire sortir de ses gongs en général, mais elle avait autre chose à faire pour une fois. Sólveig indiqua la direction du fameux rayon à Caleb avant de se diriger vers cette zone, elle passa son regard sur les environs pour voir s'il y avait des personnes qu'elle connaissait, mais rien. Un groupe de jeunes qui devaient peut-être réviser les derniers examens en cours, des enfants accompagnés de quelques adultes, en somme surtout des écoles de tous les âges qui se trouvaient là pour passer le temps, puis deux ou trois solitaires de leur âge environ. Rien de bien intéressant ou inquiétant. Elle passait énormément de temps ici et empruntait très souvent des bouquins ou encore venait rendre ceux que Curtis oubliait avant de payer une majoration, un lieu familier en somme. Il ne leur fallut pas longtemps avant de se glisser entre deux grands rayonnages qui bouchaient la vue, ils étaient plus où moins isolés comme si le fait de s'intéresser aux ouvrages mutants était quelque chose de honteux. D'un autre côté ça l'arrangeait pour une fois, elle n'allait pas s'en plaindre ! Les deux avocats s'arrêtent et le regard de la trentenaire se promena sur les couvertures, certaines toutes neuves d'autres plus usées, avant qu'elle ne localise l'ouvrage en question. Posant son sac par terre, Sólveig glissa ses doigts le long de la couverture pour le retirer du rayon avant de le placer devant elle en hochant la tête, puis de finalement tendre le livre au jeune homme.

     ▬ C'est celui-ci, assez complet et plutôt véridique de ce que j'ai pu lire, j'espère que c'était bien ce que vous cherchiez. »

     À sa connaissance il n'existait qu'un ouvrage de ce nom, mais sait-on jamais, le sujet des mutants faisait vendre au même titre que les livres d'épouvante ou de science-fiction. La jeune avocate promena son regard sur les environs avant de localiser une table déserte qui pourrait toujours servir, rester debout dans un rayonnage à consulter un livre ça attirait généralement plus les regards et visiblement c'était ce que Caleb semblait vouloir éviter. Sólveig lui désigna donc la table et ils y prirent place, encore une fois masqués par une bibliothèque qui leur bouchait la vue. Il n'y avait que deux personnes du même côté qu'eux et elles ne regardaient pas dans leur direction. Il fallait avouer que la curiosité de la jeune femme avait été piquée au vif lorsqu'il s'était soudain intéressé à ce livre après la discussion téléphonique, peut-être qu'il cherchait une explication à une manifestation mutante, quelque chose qu'un tel livre pourrait expliquer ? Elle l'ignorait et n'allait pas jouer les indiscrètes en posant des questions, elle se contenta donc de poser son sac sur la table en croisant les jambes pour patienter. L'avocate n'avait toujours pas répondu à la question de son collègue du jour concernant son don, puis l'occasion se présenta sans qu'elle ne s'y attende alors qu'elle leva les yeux vers un tableau accroché au mur juste face à eux. Il y avait des bougies posées de par et d'autre du petit rebord qui dépassait du mur, l'une d'elle avait fondu au point de dégouliner sur le côté et de répandre sa cire sur le bas du cadre. Cela devait faire un moment que c'était comme ça car la flemme de la bougie avait déjà gagné du terrain et à n'en pas douter, s'ils attendaient encore il risquait d'y avoir un feu sous peu. Un bref sourire passa sur ses lèvres alors qu'elle se pencha vers Caleb pour murmurer quelques mots.

     ▬ Vous voulez toujours la réponse à votre question de tout à l'heure ? »

     Elle attira son attention sur la flamme en désignant le tableau d'un geste du menton, il était difficile de rater la flemme qui prenait dangereusement du terrain. Avant qu'il ne panique et n'appelle à l'aide en voyant un éventuel incendie se profiler à l'horizon elle se contenta de lever légèrement sa main - en veillant à ce qu'elle soit masquée par le corps de Caleb, à la vue des autres visiteurs - puis elle concentra rapidement son don pour obliger la flamme à s'éteindre, ainsi que celle de l'autre côté pour parer à tout risque. Oh, elle aurait tout aussi bien pu s'amuser à allumer une cigarette avec son doigt, ça aurait été original et sympathique pour amuser la galerie, mais disons qu'elle ne voulait pas montrer le don de création du feu, mais uniquement celui du contrôle, pour le moment du moins, le reste pourrait venir plus tard. De plus elle ne fumait pas et n'avait donc pas de cigarettes. Elle laissa retomber sa main sur sa cuisse avant de reporter son regard sur le visage de Caleb en souriant légèrement, puis elle lâcha quelques mots d'un ton badin comme s'ils étaient en train de discuter de la pluie et du beau temps.

     ▬ Pyrokinésie, peau ignifugée en température corporelle doublée, un peu comme un dragon en somme, bien que j'espère ne pas y ressembler quand même. »

     Son sourire ne la quitta pas, elle lui avait au moins répondu et étant donné qu'il était concentré sur son ouvrage ça lui permettrait d'enchaîner tout de suite sur autre chose. Habituellement la brune n'usait jamais de son ton dans de telles occasions, elle attendait d'être à l'abri et préférait même largement signaler au bibliothécaire que son bâtiment risquait de flamber plutôt que d'agir de son propre chef. Elle se sentait un peu idiote d'avoir agis de la sorte, Aileen s'arracherait les cheveux si elle apprenait que sa seconde s'amusait à amuser la galerie en faisant des petits tours de passe-passe simplement pour répondre aux questions d'un garçon qui était presque un inconnu. Mais Sólveig était comme ça, c'était plus fort qu'elle. Au final, elle reporta son attention sur la couverture du livre entre les mains de Caleb avant d'enchaîner sur autre chose.

     ▬ Mais venons-en au fait, est-ce que c'était bien ce que vous cherchiez, il manque quelque chose ou tout est là ? Vous savez ce que vous avez à faire maintenant ? »

     À peine ces mots avaient-ils traversés la barrière de ses lèvres qu'elle se reprit aussitôt et se mordit la lèvre inférieure, consciente de poser beaucoup de questions alors qu'il lui avait simplement demandé de l'accompagner ici. Comme une gamine prise en faute elle baissa les yeux sur une gravure de la table « Jim M Sofia ! » qui lui semblait soudain très intéressante, craignant à la fois de l'avoir buter et espérant qu'il ne ferait aucune remarque son sa curiosité assez poussée. Peut-être bien qu'elle pourrait l'aider après tout, ses connaissances sur l'Opération Apocalypto étaient certainement plus développées que celle du jeune homme à ses côtés, elle était curieuse, mais voulait aussi bien faire, rien de plus, pour cette fois-ci. Un bref sourire d'excuse se plaqua sur ses lèvres alors qu'elle parlait d'un ton légèrement navré.

     ▬ Je suis vraiment désolée, je vous embête avec mes questions, ce n'est pas pour jouer les fouines je vous rassure, mais je pourrais éventuellement vous aider. Je connais presque par cœur tous les ouvrages sur les mutants si jamais il y a besoin de quelque chose d'autre, mais si vous préférez regarder cela seul pour le moment je comprendrais bien sûr ! »

     S'il lui demandait de déménager de table elle s'exécuterait, même si son intérêt pour sa sœur était grand, elle n'irait jamais jusqu'à froisser quelqu'un qui lui semblait aussi aimable que Caleb. Sa manière de s'excuser à chaque fois pouvait avoir l'air agaçante en y regardant de plus près, mais lorsqu'on la connaissait vraiment et que l'on connaissait son passé, il n'y avait plus vraiment de surprise, elle avait fait suffisamment de faites pour le restant de sa vie et ne tenait pas à réitérer l'exploit de vexer une personne qu'elle appréciait. Et ce, même si elle ne connaissait presque rien du jeune avocat.

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Ven 8 Juil - 15:30

La jeune femme n'avait pas insisté, que ça soit question petites amies ou sur sa vigilance. Peut-être avait-il réussi à la convaincre de sa bonne foi ; il avait l'habitude, réellement, de faire comme si il n'avait pas de dons. Il pouvait s'en passer, ce n'était pas comme si il était né avec une queue de serpent ou avec le don d'entendre les pensées. Solveig se permit un sourire quand il prouva sa grande curiosité avec sa question sur son don ; il accepta son silence et s'approcha du bâtiment, respectant qu'elle puisse vouloir garder pour elle ce genre de secret. Il songea qu'il ne lui avait pas parlé de son autre don ; il n'avait pas pensé à causer de ça. Non pour garder cela pour lui mais il avait juste été trop distrait.

Baste ! Il aurait bien le temps d'en parler un autre jour. Ils s'avancèrent vers le bâtiment, et il resta quelques secondes interdit devant l'impressionnante bibliothèque. Il sentit l'excitation s'emparer de lui ; sensation à double tranchant, car cela lui rappelait des souvenirs, et aussi la cruelle morsure de l'énigme de son père. Ils s'avancèrent et il laissa Solveig faire ; il évita de faire des remarques, mais l'homme de l'accueil était loin de briller par ses compétences et son enthousiasme.

Il laissa l'avocate le mener où il fallait, et elle trouva le livre qu'ils cherchaient ; Caleb le prit entre ses mains, délicatement, comme s'il se fût s'agit d'une relique sacrée. Il observa le bouquin, relié en cuir un peu abîmé, les pages avaient la couleur du parchemin. Caleb n'osa pas l'ouvrir ; il y avait quelque chose d'inconvenant à l'ouvrir ainsi, debout dans le rayon. Il apprécia la proposition de son amie et ils allèrent s'asseoir à une table. Le coin était relativement calme ; il pensa furtivement qu'ils pourraient parler tranquillement, mais l'idée qu'Apocalypto pouvait avoir des oreilles partout lui fit peur. Le jeune homme resta assit, très droit sur sa chaise ; ses mains étaient posées sur la couverture du livre, dont le titre, Encyclopédie du Gène Mutant, était écrit en lettres argentées à présent écaillées et noircies par le temps ou l'usure.

Il avait le coeur qui battait vite ; il ne s'était pas rendu compte ô combien il avait imaginé ce moment entre le moment où il avait eu son père au téléphone et cette seconde même. Qu'allait-il y avoir dedans ? Son père ne l'aurait pas appelé pour rien ; ce devait être quelque chose de capital pour qu'il utilise le code le plus secret qu'ils avaient. Caleb inspira profondément, pour calmer son palpitant qui manquait de défaillir.

Le brusque retour en arrière qu'amena Solveig en lui demandant si il voulait toujours connaître la réponse à sa question le laissa perdu, puis il hocha la tête plus vigoureusement qu'il n'aurait dû, renouvelant la douleur née de sa torsion en voiture. Il retint une grimace, et se massa de nouveau le cou, son attention portée sur la jeune femme ; il n'aurait pas cru qu'elle accepterait de lui montrer, de lui dire. Il se demanda si elle avait attendu simplement d'être à l'abri ou si elle avait réfléchi entre la voiture et ici. Si oui, qu'avait-elle bien pu se dire pour se convaincre de lui faire confiance ? Il repoussa ces questions pour ne pas manquer ce qu'elle faisait : il remarqua grâce à son aide des bougies sur un rebord sur un mur. Il se hérissa : quelle idée de mettre des objets pouvant mettre le feu dans une bibliothèque où tout ce qu'elle contenait pouvait être détruit ? C'était si idiot qu'il en oublia de protester ; la première flamme s'éteignit, comme sous le coup d'un souffle ; la deuxième la suivit rapidement. Si il n'avait su qu'ils étaient en intérieur et que Solveig faisait une démonstration de son pouvoir, il aurait pu croire qu'elles s'étaient éteinte à cause d'un peu de vent ou bien elles s'étaient consumées elles-même. Mais un regard coulé en biais vers son amie l'informa que c'était ce qu'il espérait : une preuve de son pouvoir. Son corps pétilla devant cela ; il sentit une vague d'émotion le submerger devant ce qu'il venait de voir.

Son explication finit de l'achever : elle contrôlait donc le feu ! Quel pouvoir absolument divin ! Sa métaphore sur le dragon le fit sourire, amusé, et son regard dénota à Solveig qu'elle était encore loin d'avoir des écailles et une gueule garnie de crocs. Il détourna doucement les yeux ; il ne voulait pas qu'elle sente tout ce qu'il éprouvait devant la découverte d'un pouvoir mutant dont il n'avait jamais rien su ; la pyrokinésie ! Il avait bien vu des super-héros avoir ce genre de pouvoir, mais qui aurait cru qu'un don pareil existait ? Il garda son sourire, et baissa les yeux sur ses mains, étalées à plat sur la grande couverture de cuir ; il ne l'avait toujours pas ouvert. Il hésitait, entre espoir et désillusion.

La question de Solveig l'amena à prendre une décision : il ouvrit lentement les pages et chercha celle que son père lui avait donnée. Il ne remarqua pas la gène de la jeune femme et il fut étonnée en l'entendant soudain se rétracter. Il arqua un sourcil, puis manqua d'éclater de rire ; il colla sa main sur sa bouche à la manière d'un enfant, mais qui ne put dissimuler un large sourire amusé.

« Allons, je ne vais pas vous chasser, ne prenez pas cet air si gêné. J'avoue que j'ai l'impression étrange de vous connaître depuis bien plus longtemps, alors que notre rencontre ne date d'il y a quelques heures. Je me sens proche de vous, c'est peut-être bête à dire, surtout que vous devez avoir du mal à me faire totalement confiance, c'est normal. Mais vous m'avez aidé, et nous avons partagé mutuellement beaucoup de choses étonnantes. Je suis prêt à accepter votre aide généreuse, mais aussi à vous offrir la mienne. Aussi je serais ravi que vous partagiez ma découverte avec moi, si vous voulez. »

Il avait lâché tout ça à voix basse, mais avec une pointe de sincérité qui lui fit détourner le regard comme si il en avait trop dit. Il avait dit la vérité : il avait l'impression d'être avec une amie intime. Ils n'en étaient pas encore à rire de leurs souvenirs, mais il sentait une sorte de lien ténu entre eux deux, ils pouvaient s'aider, et de différentes façons qu'ils ne pouvaient imaginer.

« Allons-y » déclara t-il autant pour lui que pour sa compagne ; ses mains eurent un soubresaut avant de chercher plus directement la page indiqué par son paternel ; il sortit le mot de sa poche, petit papier froissé quasiment illisible : page 458, paragraphe 36, ligne 3 et le 8eme mot. Il chercha du bout de son index droit, les yeux étrécit en une fente sombre.

Il lut le mot, une fois, trois fois, douze fois. Il ne comprenait pas ! Il sentit un gouffre s'ouvrir sous lui, le froid l'envahir. Il ne comprenait pas ! Il essaya de repousser le désespoir qui l'envahissait petit à petit comme les feuilles mortes et le lierre s'empareraient d'un jardin à l'abandon. Il serra les dents, brusquement énervé et triste : son père ne pouvait pas lui donner d'indice qu'il ne comprendrait pas ! Et il ne pouvait logiquement pas faire de recherche sur ce mot : internet devait être sous garde surveillée d'Apocalypto, si on voyait qu'il s'intéressait brusquement à quelque chose ayant part à leur base ou à eux en général, ils soupçonnerait quelque chose. Il serra le poing ; il se tourna vers Solveig, sans oser y croire.

« Si je vous dis Ptah - il énuméra les lettres - ça vous dit quelque chose ? »

Il avait dans sa voix l'envie qu'elle lui réponde oui. Il le désirait si ardemment ! Il avait l'impression d'avoir été floué, d'avoir joué et d'avoir perdu. Mais c'était plus important encore ; et la valeur de ce qu'il avait espéré était au diapason de son sentiment de perdition et d'abandon. Il se mit à parler sans pouvoir se retenir ; c'était comme un flot qui sortait, comme une cascade dont la force allait au delà de ses limites; il n'aurait jamais cru qu'il avait autant besoin de parler que cela, il en ressentit à la fois une certaine honte toute masculine et un soulagement indicible.

« Mon père et moi faisons des recherches sur ma jeun soeur retenue par Apocalypto. Nous nous tenons souvent au courant de nos recherches, et le coup de fil de tout à l'heure c'était lui ; il m'a juste remis une liste de chiffres et des lettres qui m'ont menés à ce livre, à ce mot. Ptah. Il ne veut rien dire ! Je me sens si floué ! Je ne peux pas me permettre de perdre un indice, mon père et moi faisons front de concert ; rechercher ce mot sur internet ou tout autre registre mettrait la puce à l'organisation. Solveig ... »

Il y avait dans sa voix toute la tristesse du monde ; il avait prononcé le nom de la Norvégienne comme certains prient leur dieu, avec déférence, avec espérance. Il espérait un miracle, oui. Elle connaissait beaucoup de choses, non ? Et elle avait l'air intelligente ! Elle saurait ce qu'il voudrait dire. Une brusque confiance exubérante monta en lui, pour cette jeune femme qu'il connaissait à peine ; ce sentiment monta à sa gorge et lui monta les larmes aux yeux. Il réalisa que c'était non seulement cet excès brusque de confiance mais aussi toutes ces émotions retenues depuis si longtemps. Il chassa les larmes d'un clignement de paupières et endigua tout ce qu'il ressentait ; mieux valait attendre la réponse en se préparant au pire. Il ne pouvait pas mettre autant de confiance en une personne, c'était trop de poids pour elle. Son visage passa de la confusion à la détermination froide. Il ne pouvait pas se permettre tout ce qu'il faisait : révéler qu'il était un mutant, parler de son père, de sa soeur ... Il ne comprenait pas d'où tout cela sortait. Il ne pouvait pas raconter tout cela à quiconque et pourtant c'était ce qu'il faisait.

Il regarda autour de lui ; il avait envie d'utiliser son don de chance. Il ne le ferait pas, il se l'était interdit. Mais il avait envie d'avoir un peu de chance. L'ironie du sort était qu'il contrôlait la chance, mais que ce don n'était pas un cadeau du destin lui-même. Savoir que la chance pouvait apporter certains choses était agréable, mais quand on avait une conscience accrue comme lui, c'était un fardeau que de savoir quand décider de l'utiliser ou non. En cet instant, il aurait apprécié ne pas avoir de remords et de regrets, utiliser ce don et savoir. Mais il se retint malgré le fourmillement dans ses doigts, qui commençait quand son don montrait sa présence. Non ! Il ne pouvait pas. Il ne fallait pas. Cela le rendait triste, mais ce n'était pas en utilisant son don à tord et à travers qu'il réussirait dans la vie.

Il retourna son attention sur le livre ; de relique sacrée, il était descendu à l'échelon bien bas du simple bouquin, un peu écorné, un peu abîmé, et qui ne lui était d'aucune utilité. Il songea à demander à Solveig de brûler le papier où était marqué les indications de son père ; il eut envie de lui demander de brûler ce livre qui avait été l'objet de son espoir et qui au final s'était joué de lui. Ce n'était qu'un objet, sans vie, et pourtant il se forçait à concentrer sa colère sur ce livre plutôt que sur son père ou pire, sur lui-même. Il s'en voulait d'être toujours aussi confiant, toujours aussi espérant. Combien de fois avait-il été surpris par la vie ? Combien de fois avait-il espéré jusqu'au dernier moment et avait été déçu ?

Il se força à sourire et a prendre le bon côté ; il n'avait peut-être pas trouvé ce qu'il cherchait mais au moins, il avait gagné son procès. Maigre réconfort quand on songeait à ce que cette journée avait promis de lui apporter. Il n'avait pas laissé le temps à Solveig de répondre, et ses pensées, son flot de pensée n'avait duré que quelques secondes temporelles. Il leva les yeux vers elle, avec l'envie de rentrer chez lui et de se cacher sous les couvertures. Il aurait aimé avoir quelqu'un qui l'attendait, quelqu'un comme Carmen, qui l'aurait réconforté et rassuré. Mais il n'y avait personne. Tant mieux, pensa t-il avec une fureur ranimée. Il ne comptait que sur lui-même.

Rendu amer par sa défaite, il ne pouvait pas penser avec cohérence. Son regard descendit et se posa sur ses mains, posées sur ses cuisses avec des airs d'araignées mortes, pâles et fines. Il avait encore faim. Penser à ce genre de besoins primaires le fit revenir à ce qui l'entourait ; il avait été trop occupé à pleurnicher sur lui-même. Il ne pensa pas à s'excuser ; son air le faisait pour lui-même.

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Ven 8 Juil - 19:13

     Sólveig ne put retenir un sourire amusé lorsqu'elle entendit Caleb éclater de rire avant de plaquer sa main sur sa bouche comme pour empêcher le son de passer. Elle aperçut une tête se redresser non loin de là et leur décrocher un regard lourd de reproche, ce qui ne fit qu'accentuer son amusement et elle se mordit l'intérieur de la joue en détournant le regard afin d'éviter de rire à son tour. Il lui déclara finalement qu'il ne comptait pas la chasser - ce qui la ravie sincèrement - puis qu'il avait le sentiment de la connaître depuis plus longtemps que ce n'était le cas. C'était plaisant à entendre, d'un côté elle-même trouvait qu'il dégageait quelque chose qui parvenait à la mettre en confiance sans trop de peine, si elle n'avait pas connu son don, la Norvégienne aurait été prête à parier qu'il possédait le don de charmer les gens et de les mettre en confiance. Elle lui faisait confiance, c'était justement ce qui l'embêtait pour tout dire, Aileen ne cessait de le lui répéter : comment savoir s'il était sincère avant d'avoir vérifié tout ce qu'il disait ? C'était le même traitement pour chaque personne, tout nouvel arrivant devait montrer patte blanche avant de savoir quoi que ce soir, elle avait lâché des informations qu'elle n'aurait jamais dû communiquer à quelqu'un d'extérieur à Genesys. Sólveig devait trouver une bonne explication afin de justifier son manque de sérieux pour cette fois-ci, mais au pire elle dirait simplement que son instinct lui avait dit de faire confiance à Caleb, il ne la trompait jamais, du moins pas jusqu'à ce jour. Elle haussa légèrement les épaules, leur discussion se faisait à voix basse bien que des soupirs autour d'eux semblaient vouloir dire qu'ils dérangeaient, elle s'en moquait, combien de fois avait-on aussi agi pareillement à son encontre ?

     ▬ Je vous fais confiance c'est bien ça le problème justement, mais je vous remercie de ce que vous venez de dire, peut-être bien que nous étions amis dans une autre vie qui sait. »

     Est-ce qu'elle croyait en la réincarnation ? Peut-être, en réalité elle ne le savait pas vraiment, c'était des questions qu'elle ne se posait pas, tout comme elle ne croyait pas à l'idée d'une âme sœur ou des idées préconçues de la sorte. Pouvait-on moins aimer quelqu'un sous prétexte qu'il ou elle n'était pas son âme sœur ? Non, elle avait toujours aimé les personnes qui partageaient sa vie à leur juste valeur. Il ouvrit alors le livre, coupant court à ses pensées avant de tirer le papier sur lequel les indications figuraient. Sólveig patienta le temps qu'il localise le mot avant d'afficher une expression qui montrait visiblement que ce n'était pas ce à quoi il s'attendait. La jeune femme sentit une pointe de tristesse compatissante la troubler, puis il tourna la tête vers elle avant de lui demander si elle connaissait le mot « Ptah ». Cette fois-ci ce fut aux yeux de la jeune femme de s'ouvrir de surprise, en contradiction avec l'expression de Caleb quelques instants avant, bien sûr qu'elle connaissait, c'était le nom d'un dieu Égyptien non ? La jeune femme se souvenait des ouvrages de son père - un passionné de diverses mythologies - il y en avait un sur l'Égypte et ses dieux, il lui semblait bien que ça avait un rapport, mais pourquoi dans un ouvrage sur les mutants ? Avant qu'elle ne puisse répondre, le jeune homme reprit la parole pour parler de sa sœur, expliquant que son père lui donnait des informations sur ce qu'il trouvait de son côté. Empathique au possible, elle sentit son cœur prit dans un carcan et dû se retenir de ne pas le consoler à la manière d'une maman poule, Sólveig n'aimait pas voir les gens malheureux et elle se sentait plus impuissante que jamais. Un silence pesant s'installa alors, elle ne pouvait pas rester là les bras ballants, c'était plus fort qu'elle, dans une attitude rassurante elle posa sa main sur l'épaule du jeune homme avant de débiter tout ce qu'elle savait à propos du mot qu'il venait de lui donner.

     ▬ Ptah, je connais, c'est un dieu de la mythologie Égyptienne, mon père est un grand amateur de ce genre de choses, je crois me souvenir que ça a quelque chose à voir avec la construction, le dieu des artisans et de tout ce qui s'y rapporte. Elle fronça les sourcils ne voyant pas le rapport avec les mutants, mais elle était avocate elle savait émettre des hypothèses non ? Hum, peut-être que ça à voir avec l'Opération, ils veulent créer un nouveau monde sans mutants, on peut envisager que ça serait un mot de passe ou quelque chose du genre non ? Ils ont choisi le nom de l'organisme en raison de la Bible, l'Apocalypse, on pourrait très logiquement considérer qu'ils se donneraient un nom de dieu pour se justifier ? Après tout leurs agissements avaient à voir avec ce qu'un dieu pouvait faire, remanier l'humain à son image. Fidèle à son habitue, elle continua d'échafauder des hypothèses, espérant remonter le moral de Caleb en même temps. Je crois que ça a à voir avec tout ça, un nom d'unité, de lieu, quelque chose comme ça qui donnerait la localisation de l'endroit où se trouve votre sœur ? Elle prononça juste ses mots qu'une lumière se fit dans son esprit. La jeune avocate se frappa le front du plat de la main, provoquant un nouveau soupir du voisin avant de reprendre d'un ton plus bas. Ce que je suis stupide, un mutant évadé m'a parlé de l'équipe Bastet, une équipe qui serait chargée d'attraper les mutants les plus dangereux ou les évadés, il n'aurait rien entendu de plus que cela, mais c'est le lien ! Elle se sentait presque plus excitée que lui pour le coup. Bastet, c'est une déesse Égyptienne. Ils baptisent leurs unités ou leurs abris avec des noms de dieux à mon avis. Attendez-moi je reviens. »

     Elle se redressa pour regarder autour d'elle avant de passer entre les tables d'un pas rapide et leste, tout en évitant de se prendre les pieds dans les chaises mal rangées ou une table dans la cuisse, une écharde très peu pour elle. Alors que l'avocate arriva devant le rayon de la théologie, elle fouilla rapidement les ouvrages avant d'en attraper un traitant de la mythologie Égyptienne qu'elle plaça sous son bras avant de regagner sa place après quelques slaloms entre les tables. Avec un soupir de contentement, elle posa le livre sur la table avant de feuilleter rapidement les pages pour finalement arriver sur celle de Bastet qu'elle commença à lire avant de regarder Caleb en souriant, puis elle lut le passage qui l'intéressait.

     ▬ Elle est une déesse à double visage : sous sa forme de chatte ou de déesse à tête de chat, elle est la déesse bienveillante protectrice de l’humanité et est également réputée pour ses terribles colères. En revanche, sous les traits d’une déesse à tête de lionne, elle s’identifie alors à la redoutable déesse de la guerre. Bastet est une déesse aux caractères antagonistes, douce et cruelle, elle est aussi attirante que dangereuse. La jeune femme s'interrompit, secouant la tête d'un air à la fois satisfait et effrayée. Ils sont tellement fous et sûr de leur bonne foi, je suis pratiquement persuadée qu'ils justifient leurs actes en utilisant des figures de dieu Égyptiens. »

     Elle se mit alors à feuilleter encore les pages pour en arriver à Ptah qui les intéressait réellement, mais ils n'obtinrent rien de plus que ce qu'elle n'avait pensé lorsqu'il lui avait demandé ce qu'elle pouvait savoir de l'étymologie de ce mot. La jeune femme lâcha un autre soupir avant de refermer le livre de théologie puis elle posa son regard sur le visage de Caleb sans vraiment le voir. Son esprit fonctionnait au maximum, elle réfléchissait à diverses choses, était aussi fortement tentée de passer un coup de fil à Curtis pour lui demander des détails sur ce dieu puisque l'archéologie était son domaine et qu'il avait forcément potassé tout cela. Mais il lui demanderait encore pourquoi elle avait besoin de savoir tout ça et la brune ne voulait pas avoir à se justifier. Non, ils devaient se débrouiller seuls pour le moment, elle s'occuperait de poser quelques questions au Genesys plus tard lorsqu'il serait de bonne humeur après un repas copieux. La jeune femme se mordit la lèvre dans un geste de réflexion en portant ses yeux céruléens sur le livre devant Caleb, avant de prononcer quelques mots sur un ton plein de réflexion.

     ▬ Est-ce que vous avez déjà songé à rechercher des informations sur les hommes politiques qui ne cachent pas leur aversion pour les mutants ? Elle plongea son regard dans celui du jeune homme avant d'ouvrir la bouche comme pour parler, puis de se raviser. C'était tellement dur, elle avait envie de lui dire tout ce qu'elle savait, mais si quelqu'un l'apprenait ça risquait de lui retomber dessus. Peu lui chalait au final, Genesys était là pour aider les mutants dans le besoin non ? Caleb, il faudra me promettre de ne pas parler de cela à qui que ce soit pour le moment, votre père pourra le savoir, mais plus tard. Ce n'est que des suppositions, je ne veux pas que vous vous mettiez en danger pour ça, entendu ? Elle était sérieuse, son expression le montrait clairement. Après une profonde inspiration, la brune se lança. Une évadée qui séjournait dans une base depuis plusieurs années, m'a confié qu'elle avait cru entendre le nom de nombreux hommes politiques influents. À force de côtoyer les mêmes mutants, les chercheurs oubliaient la prudence de mise, du coup nous pensons que ça peut être des sénateurs, des gouverneurs ou je ne sais quoi d'autre, qui seraient responsables de la création de cette unité spéciale. Il est possible qu'un ou plusieurs des créateurs de cet organisme soit passionné par la mythologie Égyptienne et décide de baptiser certaines choses en lien avec cet organisme, par des noms de dieux. Rien n'est prouvé évidemment, ce n'est que des hypothèses comme vous devez vous en douter. »

     Elle espérait vraiment qu'il n'allait pas faire de folie en se jetant aussitôt dans une recherche concernant les hommes politiques passionnés par ce genre de choses, comme il l'avait clairement dit, certains organismes surveillaient les mots clés tapés sur internet. Le meilleur système restait de se procurer ces connaissances par des livres, ne pas les emprunter, juste se débrouiller pour les consulter, de préférence dans différentes villes. On la traitait souvent de folle ou d'adepte du complot, mais elle avait toutes les raisons du monde de comprendre cela. Peut-être qu'un séjour à Las Vegas ou Reno lui permettrait de découvrir de plus amples détails à ce sujet ? C'était une piste de départ, nul doute qu'il allait certainement s'aiguiller lui-même sur les pistes suivantes, mais il aurait besoin d'un coup de main, il ne pourrait pas s'en sortir seul. Après une courte pause, elle continua donc. Les voisins de table s'étaient tous en-allés, certainement lassés par les chuchotements inaudibles de cet étrange couple.

     ▬ Je connais un archéologue très doué, il a un étudiant avec qui il enquête sur le passé des mutants comme je vous en ai parlé plus tôt, je peux m'arranger pour lui demander de me documenter un maximum sur ces dieux si vous voulez, peut-être qu'ils ont des sens cachés que nous ignorons, peut-être n'est-ce qu'une perte de temps, mais sait-on jamais. Autant chercher sur ce que vous avez en main je pense non ? »

     Elle pourrait toujours demander de l'aide à Fillan si jamais Curtis se montrait trop curieux à ce sujet, bien qu'elle ne lui cachait rien, Sólveig ne tenait pas à l'inquiéter inutilement. La demoiselle passa en revu ses quelques connaissances, mais personne n'était apte à l'aider à ce niveau. Après un petit moment de silence, elle se laissa aller contre le dossier de sa chaise pour conclure.

     ▬ En tous les cas, vous pourrez compter sur moi, j'ai commencé à vous aider, autant que je continue n'est-ce pas ? Je pourrais vous présenter quelqu'un, qui pourrait peut-être en savoir plus sur votre sœur, elle est captive depuis longtemps ? Vous auriez une description d'elle, ou même son prénom ? »

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Lun 11 Juil - 16:06

Caleb remarqua bien entendu que, même en parlant à voix basse, dans cette enceinte de silence, c'était comme si il hurlait. Il ignora superbement les regards agacés ; il ignora également le regard de Solveig. Il se sentait fautif d'en avoir trop dit, d'en avoir trop déballé. Il ne voulait pas qu'elle se sente soudainement étouffé par des sentiments trop rapides d'un inconnu. Lui-même trouvait étrange de se sentir si bien avec elle ; il savait bien qu'ils commençaient malgré tout à devenir amis, mais ils n'étaient pas intimes au point de se révéler tout ce qu'ils avaient avoué. Comme quoi, les erreurs sont humaines.

La remarque de Solveig lui tira un sourire : amis dans une autre vie ? Peut-être. Il s'imagina soudain ami avec cette femme, dans un autre monde, dans une autre vie, où ils étaient différents, et à la fois si semblables. Cette sensation qui l'envahit, de plénitude, lui murmura avec douceur qu'ils étaient fait pour être amis, comme certains sont destinés a faire de grandes choses. « Peut-être », murmura t-il autant pour lui-même que pour elle ; sa voix était basse et grave, et elle s'éteignit brusquement à la fin de son mot qui, dans le silence, avait donné l'impression de s'étendre indéfiniment.

Caleb n'aurait su décrire la peine qu'il ressentit en voyant ce simple mot anéantir tous ses espoirs ; quand il se tourna vers Solveig, il s'en voulut de s'en remettre de nouveau à elle. Mais il n'avait pas le choix : elle pouvait l'aider, il en était sûr ; ne serait-ce qu'en lui disant qu'elle ne comprenait pas ce mot, qu'elle le rassure en lui disant qu'ils trouveraient bien quelqu'un à qui cela dirait quelque chose, il voulait qu'elle l'aide, d'une façon ou d'une autre. C'était égoïste, mais en cet instant, il se fichait de tout sauf de sa soeur.

La mythologie Egyptienne ? Ce mot, Ptah, résonnait en lui, cherchant le moindre souvenir à quoi s'accrocher. Il essaya de se souvenir de ce qu'il avait appris en histoire ; il aimait beaucoup la mythologie, qu'elle soit égyptienne ou japonaise, ou encore romaine ou grecque. Mais cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas étudiée, et il en avait oublié l'essentiel. Il laissa Solveig échafauder des hypothèses, qui lui semblait évidentes, maintenant qu'elle les disait à voix haute. Il lut la phrase qui entourait le mot Ptah, pendant qu'elle cherchait un bouquin. Il essayait de comprendre, de relier tout cela avec ce qu'il savait déjà : ils baptisaient donc leurs unités et leurs bases avec des noms de divinités ; était-ce pas égoïsme ou se prenaient-ils vraiment pour des dieux, capables d'éradiquer ce qu'ils n'assumaient pas, comme le ferait un petit dieu égocentrique ? Caleb savait, par expérience, que plus un homme a de pouvoir, plus il tendra à l'utiliser mauvais escient ; lorsqu'un groupe d'hommes a le pouvoir, c'est encore bien pire. Cela faisait tourner les têtes, ils croyaient à des choses comme des illuminations ou devenaient paranoïaques. Le pouvoir était une chose mauvaise ; Caleb n'en aurait voulu pour rien au monde.

Solveig revint vers lui, un livre à la main ; il la regarda, souriant de concert, son coeur manquant régulièrement des battements. Il se sentait à la fois léger et nauséeux. Il écouta avec attention la description de la déesse Bastet : au fur et à mesure qu'elle lui en parlait, il se souvenait des gravures qu'il avait vu dans ses livres. La déesse à tête de chat, féline, qui pouvait se transformer en lionne ; elle symbolisait sous sa forme de chat la musique, la protection humaine et elle était également l'icône de la maternité ; mais une fois sous les traits de la lionne redoutable, elle devenait Sekhmet, la déesse de la guerre, qui personnifiait les ravages du soleil. Un être redoutable, songea Caleb ; il hocha la tête devant l'hypothèse de son amie. Elle avait sûrement raison ; ces fous pensaient aider l'humanité comme l'auraient fait des dieux, ils s'identifiaient à eux et donnaient des noms de divinités égyptiennes à leurs commandos et à leur base. Ce genre de mégalomanie doublée de leur paranoïa et de leur haine faisait froid dans le dos.

Caleb secoua la tête à la question de Solveig ; rechercher des informations sur des hommes politiques ou qui auraient le pouvoir ? Il n'y avait jamais songé, mais ce n'était pas idiot, loin de là ! Il regarda Solveig continuer, après que, d'un regard, il lui ai fait comprendre qu'il ne dirait rien de tout ce qu'ils avaient pu dire aujourd'hui. Il était arrivé aux mêmes idées qu'elle ou presque : certains hommes de pouvoir pouvaient influencer, pouvaient permettre à leur haine des mutants de prendre un pas décisif. Peut-être que l'un d'eux, qui aimerait la mythologie égyptienne, avait vu dans ses faits qui guidaient peut-être Apocalypto un parallèle avec les dieux qu'il adorait. Cela le dégoûtait qu'un homme use ainsi de son pouvoir, pour des raisons personnelles.

Il songea qu'il ne pourrait pas se mettre soudainement à chercher des informations sur ces hommes là, quels qu'ils soient. Il ne pouvait pas se permettre soudainement de rechercher de telles choses, l'organisation devait sûrement avoir des mouchards, qui observaient les faits et gestes de ceux qui leur semblait louches. Un homme, qui venait de gagner un procès en faveur d'un mutant, lui-même accusé d'en être un, qui soudainement faisait des recherches sur des hommes de pouvoir ? Il allait avoir droit à une descente chez lui, direct.

Un regard autour de lui lui fit comprendre qu'ils étaient seuls ; ils avaient du faire trop de bruit pour leurs voisins. Etonnant qu'aucun ne soit venu se plaindre, ou qu'un bibliothécaire ne soit pas venu les mettre en garde contre une expulsion en bonne et due forme du bâtiment si ils ne se taisaient pas. Caleb se tourna vers sa compagne ; maintenant qu'il avait un début de piste, il lui était d'une reconnaissance infinie. Il lui coula un regard, sans oser la remercier d'une façon plus excessive. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, et se mettre à crier ; il n'en fit rien, bien entendu. Il ne pouvait cependant empêcher son regard de se poser sur elle et de lui sourire d'une façon enfantine et sincère.

« Je suis d'accord, si cela ne vous dérange pas. Je serai ravi que votre ami m'aide ; je prendrais avec moi les informations susceptibles d'apporter d'autres éclaircissement. Peut-être n'ai-je pas vu ce que certains indices voulaient vraiment dire, ou peut-être n'ai-je compris qu'à moitié. »

Caleb referma avec délicatesse le livre, avec une sensation de satiété. Comme si il avait été rassasié par ce simple mot. Ptah. Rien que de le prononcer dans sa tête, c'était bon ; il savait à quoi s'attendre, et il avait de quoi réfléchir à présent. C'était bon de ne plus se sentir seul, de se sentir épaulé autant physiquement que moralement. Caleb se sentit honteux de penser ça ; son père l'avait toujours aidé. Mais depuis peu, il semblait distant. Le jeune mutant craignait qu'il ne soit suivi, ou pire.

Ce que Solveig finit par lui dire lui réchauffa le coeur ; il sentait effectivement qu'il pouvait compter sur elle. Il aurait aimé lui renvoyer ce compliment, mais cela aurait fait trop théâtral. Il se retint, mais eu un petit sourire, avant de froncer les sourcils pour réfléchir et répondre aux questions de sa collègue :

« Ma soeur ? Elle s'appelle Leeloo ; je suppose qu'elle porte le nom de sa mère. Leeloo Littleton. Mon père a réussi, allez savoir comment, à trouver de vieilles photos d'elle. Peut-être a t-il encore des contacts avec la mère de ma soeur ; tant et si bien que Leeloo avait des cheveux noirs, coupés au carré, sur la photo que j'ai vue. C'était une adolescente en devenir, elle a très bien pu changer. Je ne voyais pas grand chose d'autre, le cliché était flou, comme pris à la va vite, ou un peu comme ces photos à moitié pixelisées, prises d'un satellite. »

Caleb se gratta la nuque avec anxiété ; qu'était-il arrivé à sa soeur ? Et son père, allait-il bien ? Ces messages courts qu'il laissait étaient plus qu'angoissants.

« Vous avez parlé de mutants s'étant échappé de cette base ; se pourraient-ils qu'ils aient connu ma soeur ? Se pourrait-il qu'elle se soit échappée ? Je me demande si l'un d'eux pourrait m'aider à retrouver ma soeur. »

Il se mordilla la lèvre ; non, il ne pouvait pas rencontrer l'un de ces mutants, Solveig le lui avait déjà dit. Il n'était pas encore quelqu'un de confiance ; peut-être une fois qu'il serait intégré chez les Genesys, peut-être une fois là il pourrait leur démontrer qu'ils pouvaient lui faire confiance ; il était prêt à tout pour retrouver sa soeur. Il ressentait également le besoin d'aider cette femme, d'aider les mutants. Il n'avait jamais fait de choix, jusque là ; le jour il rencontrait Solveig, il en faisait un. Ce genre de rencontre était peut-être due au hasard, mais elle n'était pas de celle qu'on oubliait ; Solveig avait changé sa vie, sans exagération. Il se sentait soutenu, et c'était une émotion formidable. Alors qu'il souhaitait continuer leur conversation, il entendit des bruits de pas. Il tourna la tête et il vit le jeune homme de l'accueil s'approcher, l'air plus exaspéré que énervé. Il s'approcha d'eux, avec les yeux étrécis, et il se planta à côté d'eux, comme si il les prenait la main dans le sac. Caleb posa ses yeux sur lui, s'étonna qu'il se soit bougé les fesses pour eux ; il eut un sourire devant la flatterie ironique.

« Paraît que vous faites du bruit. Depuis un bout de temps. Alors veuillez partir, s'il vous plaît. »

Caleb faillit rechigner, puis il hocha la tête ; le jeune homme hésita, puis s'en alla, avec un regard qui montrait qu'il les surveillait. Caleb se redressa lentement, fit un geste à Solveig lui demandant de se préparer et il alla remettre le livre à sa place, dans le rayon derrière eux ; il revint vers elle, et d'un sourire, lui indiqua qu'ils finiraient leur discussion en bas. De toute façon, ils avaient le mot ; plus rien ne les retenait ici.

Ils descendirent l'escalier ; Caleb eut envie de faire un pied-de-nez au garçon de l'accueil, mais se contenta d'un regard appuyé. Puis ils sortirent. Midi était passé, ils avaient passés du temps dans la bibliothèque ; l'air chaud les assaillit comme une nappe de mélasse. Caleb haleta, avant de s'habituer à la chaleur estivale. Il avait toujours détesté l'été.

« Ecoutez, voici ma carte. Je sais, ça fais très imposant de dire ça, mais je vous marque mon numéro de portable derrière ; n'hésitez pas à m'appeler si vous avez du nouveau. Si moi-même j'ai besoin de vous voir, j'irai voir au cabinet dont vous m'avez parler. Je suppose que vous devez aller déjeuner et vous devez avoir du boulot à faire. Je regrette que nous nous quittions ainsi, aussi brusquement, mais je dois rentrer chez moi. »

Il sourit, un peu maladroitement, et repris avec plus de douceur :

« J'ai vraiment été ravi de faire votre connaissance Solveig. Vous êtes une femme merveilleuse ; forte et intelligente. Votre aide m'a été précieuse, plus que je ne saurai le dire. Les mots me manquent pour vous dire combien je vous suis reconnaissant de m'avoir suivi dans toute cette histoire. J'espère que nous nous reverrons très bientôt. »

Son regard était doux, caressant ; il se surprit dans un élan d'amour sincère. Ce n'était pas le sentiment d'être amoureux, non ; c'était juste l'émotion elle-même, l'amour, qui fouillait ses veines, réchauffant son coeur au sens propre et figuré. Il se sentait bien, heureux et léger ; il savait qu'il pouvait compter sur elle, et il espéra qu'elle ressentait la même chose. Il l'admirait, et il ne put effacer le large sourire qu'il avait.

Puis, comme pour éviter les au revoir douloureux, il se détourna et après avoir fait un vague signe de la main, il s'éloigna et héla un taxi. Sa mallette dans sa main, il avait sa veste sur son bras ; il avait chaud, même si ses vêtements étaient légers, le soleil tapait fort. Il avait faim. Il préférait éviter de penser à tout ce qu'il avait rencontré aujourd'hui ; il aurait le temps d'y repenser plus tard. Quand il monta dans le taxi jaune, il s'interdit de regarder si la jeune femme avait bougé ; néanmoins, il prononça son nom tout bas, s'attirant un regard interrogateur du chauffeur. Il lui fit un sourire, et s'appuya sur le siège, avec une sensation de bonheur.

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MessageSujet: Re: In Nomine Justitiae [ Solveig ] Mer 13 Juil - 10:47

     Caleb avait visiblement l'air content de constater que son mot avait bel et bien une définition capable de l'aider, ou du moins de le lancer sur une nouvelle piste. Après tout, c'était le plus important, désormais il savait dans quelle direction chercher, enfin le jeune avocat pouvait au moins espérer avoir d'autres zones à fouiller. Le plus important dans une enquête aussi poussée, c'était tout simplement de pouvoir continuer dès qu'on éclaircissait une zone d'ombre, de plus de ce qu'il lui avait dit, le jeune homme travaillait de concert avec son père ce qui signifiait qu'ils pouvaient être deux fois plus efficaces. Sólveig était toutefois assez surprise de constater qu'il n'avait pas donné de plus amples informations à son fils, après tout s'ils devaient travailler en duo et que le père connaissait des informations au sujet de « Ptah », pourquoi ne pas le dire clairement à Caleb ? Ils ne possédaient peut-être pas de ligne sécurisée ? C'était une possibilité, en tous les cas il avait été bien inspiré d'abord le sujet avec la Norvégienne sans quoi il n'aurait certainement pas autant de choix pour la suite. Oh, la jeune femme ne se jugeait pas comme plus douée que la moyenne, au contraire même, mais disons simplement qu'elle avait des contacts que le jeune avocat ne pouvaient pas posséder puisqu'il n'avait jamais été investit directement dans la lutte contre le racisme à l'égard des mutants. Dans une telle quête, il fallait pouvoir compter sur quelqu'un d'autre, si l'on jouait tout seul de son côté, il n'y avait que très peu de chances pour que ça débouche un jour sur quelque chose de potable. La brune esquissa un sourire satisfait lorsqu'il lui déclara accepter l'aide de son ami et qu'il apporterait d'autres informations par la suite, elle avait étrangement confiance en lui et était donc persuadée qu'il n'allait pas leur faire défaut. En fin de compte, la seule raison qui poussait la Norvégienne à devoir tout de même lui demander de montrer patte blanche, c'était que s'il souhaitait entrer en contact avec d'autres mutants de Genesys, il devait être considéré comme digne de confiance par tous les membres de l'Opération. Nul doute qu'il parviendrait très rapidement à se faire apprécier d'Aileen et de bon nombre d'autres mutants.

     Refermant le livre, le jeune homme répondit ensuite aux quelques questions de sa collègue au sujet de sa sœur, donnant tout d'abord son prénom puis ce qu'il pensait être son nom. Ce devait certainement être une enfant issue d'un second mariage ou quelque chose d'approchant, les paroles qui arrivèrent aux oreilles de l'avocate lui donnèrent l'impression qu'il ne savait que très peu de choses sur cette jeune femme qui recherchait. Plutôt surprenant en fin de compte, il semblait aussi désireux de lui mettre la main dessus que s'il avait passé toute sa vie avec elle, ce qui n'était apparemment pas le cas. Un sourire énigmatique se dessina sur les lèvres pleines de la jeune femme alors qu'elle fut désormais persuadée que ce n'était pas une personne mauvaise. Il n'y a que les gens de bine pour se soucier du sort d'individus dont ils ne connaissaient rien. Les égoïstes, elle connaissait ça, Sólveig en avait côtoyé longtemps, elle l'avait elle-même était dans sa tendre jeunesse, désormais la trentenaire pensait être capable d'en identifier un lorsqu'elle en croisait et Caleb était tout l'opposé de ce genre de personnes. La jeune femme écouta patiemment son collègue, il avait l'air de se tenir à ces informations comme s'il était question de vie ou de mort, c'était très surprenant et à la fois très attendrissant pour une femme comme elle, à savoir aussi sensible. Finalement l'avocat lui demanda si elle pensait qu'il y ait la possibilité de pouvoir parler avec les mutants qui s'étaient évadés, peut-être que l'un d'eux avait effectivement connu sa sœur. Aileen, Shawn, Jia Li, pour ne citer qu'eux, Jia Li et Shawn s'étaient connus au sein de l'Opération, il était donc possible qu'ils aient été en contact avec la sœur de Caleb. Si elle s'était évadée, ils pourraient la retrouver, mais ce n'était pas sûr, bien souvent les mutants captifs de l'Opération ne revoyaient plus la lumière du jour. Mais bien évidemment, elle n'allait pas lâcher cette information de but-en-blanc, peut-être qu'il était arrivé quelque chose de mieux à Leeloo et qu'elle cherchait aussi sa famille de son côté, quelque part en ville ou même ailleurs. Nul ne pouvait le dire.

     Mais ils n'eurent guère l'occasion d'en discuter plus amplement, le bibliothécaire arriva à ce moment précis pour se planter à côté de leur table et Caleb lâcha quelques mots qui firent sourire Sólveig, avant que la loque humaine ne leur déclare qu'ils devaient partir parce qu'ils faisaient trop de bruit. La jeune femme fut tentée de lui montrer les écriteaux qui déclaraient qu'il fallait chuchoter et c'était ce qu'ils faisaient, discuter n'était pas chose interdite, mais ils avaient terminé leur recherche et de toute manière, Caleb s'occupa de régler les choses en acquiesçant. La Norvégienne ramassa ses affaires avant de se retourner vers son collègue qui lui indiqua qu'ils termineraient leur discussion dehors, elle hocha la tête et ils descendirent donc sans que la brune n'accorde le moindre regard au jeune homme de l'accueil. Sólveig sentit son organisme soulagé de sentir une telle chaleur sur sa peau, son don avait toujours une certaine façon de réagir lorsqu'il était en présence d'une forte chaleur, certainement le côté ignifugé de sa peau. Caleb la tira de ses pensées en lui donnant sa carte avec son numéro de portable, ce qui ne serait jamais de trop il fallait l'avouer. Bien souvent c'était un véritable parcours du combattant lorsqu'on désirait joindre un avocat, surtout lorsqu'il travaillait seul, contrairement à ce que l'on pouvait imaginer de prime abord, les avocats étaient souvent en déplacement partout dans la ville, un portable était donc indispensable. Elle hocha la tête lorsqu'il parla du cabinet avant de supposer à juste titre qu'elle devait avoir du travail à abattre. De manière plus posée, il lui fit soudain des éloges et elle ne put s'empêcher de baisser les yeux un instant, elle avait appris à contrôler ses rougissements depuis longtemps et s'en félicita sans quoi elle aurait très certainement ressemblé à une tomate sous le soleil.

     Elle n'eut pas l'occasion de lui répondre car il se détourna aussitôt, ses affaires sous le bras et sa mallette à la main avant de héler un taxi sous le regard posé de la brune qui l'observait en train de s'éloigner. Alors qu'il fut entré dans une voiture jaune comme il y en avait des centaines dans cette ville, la brune haussa doucement les épaules, amusée devant le comportement toujours aussi surprenant de ce jeune homme pour le moins original, puis elle commença à descendre les marches de l'escalier pour se retrouver sur le chemin du parking. Le temps de prendre place dans sa voiture, elle glissa la carte, offerte par Caleb, dans son carnet de contacts avant de se noter quelques mots en dialecte Norvégienne, codé bien évidemment. Demander des renseignements à Curtis concernant les dieux Égyptiens dont ils avaient parlé, essayé d'interroger Aileen, Shawn et Jia Li sur une prénommée Leeloo, puis pour finir, essayer d'avoir une rapide entrevue avec le Pyrurgiste pour lui demander s'il accepterait ou non de rencontrer Caleb. Elle était pratiquement sûre qu'il accepterait, après tout il cherchait aussi sa sœur non ? Qui mieux que lui pourrait comprendre ce que ressentait l'avocat ? Une fois cela fait, elle consulta sa montre pour constater qu'elle avait pris pas mal de retard sur son programme de la journée, bah, une fois n'était pas coutume, elle ne rencontrait pas des jeunes gens dans le besoin tous les jours ! La brune se pressa donc de reprendre la route pour rentrer à son bureau, restait à espérer que son patron n'allait pas se montrer trop curieux, elle détestait mentir, mais ne se priverait pas de le faire en cas de besoin.

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In Nomine Justitiae [ Solveig ]

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