Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1

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Joyce H. D'Anceny
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MessageSujet: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Ven 13 Mai - 22:53

Vous pouvez la croire. L'enseignement, c'est vraiment le pied. D'accord, il est parfois difficile de passer les concours, de tenir bon. Il est parfois encore plus difficile de faire face à une classe d'élèves qui n'en avaient fondamentalement rien à faire de la littérature française du XVIIIème siècle. Et pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une sorte de plaisir. Ce n'était pas seulement du masochisme. Il y avait autre chose. Une sorte de jouissance à déplier un texte, à le pousser dans ses derniers retranchements et à le faire dire ce qu'il cache, quitte à le faire vomir en passant par toutes ces techniques narratives déconcertantes. Pour elle, c'était devenu un jeu. C'était cet esprit ludique qu'elle se devait de faire passer aux jeunes. Tel était son leitmotiv et son plus beau rêve.

C'était sa façon à elle de compenser certains aspects tragiques de son existence, à commencer par l'hospitalisation de sa fille. Alexiane avait fait une de ses crises étranges, et elle avait passé sa pré-rentrée aux urgences, pour tenter de trouver une place et de quoi apaiser la crise. Elle se donnait véritablement à fond dans ses cours. Un jour, un de ses enseignants de prépa lui avait confié cela : l'enseignement, c'est une représentation de tous les instants. Et c'était vrai. Les étudiants étaient sensibles à tous les détails qui pouvaient embarrasser un prof. La moindre imperfection pouvait être une erreur fatale dans la réputation que l'on mettait des années à forger, méticuleusement, comme une petite souris, pour qu'à la fin, l'édifice ressemble à la montagne imposante de respect que l'on souhaitait avoir. Alors voilà, pour la jeune femme, c'était cérémonie d'ouverture du festival de Cannes tous les jours. C'est en ce sens qu'elle parviendrait à les captiver. En ponctuant son discours, en occupant l'espace, en marquant des pauses théâtrales et en ménageant son public. On devrait lui octroyer un budget de scène, rien que pour ces raisons.

En plus de cela, la jeune femme se tuait à préparer un colloque. Cela faisait à peine quelques semaines qu'elle était arrivée, mais la direction de son département lui avait déjà confié des tâches relativement importantes. Pourtant, la jeune prof ne s'était pas démontée. Et après tout, c'était une activité de plus, qui lui donnait l'impression que le temps passait beaucoup trop vite. Ce qui lui permettait de s'étonner à chaque fois de la rapidité de réception des rapports médicaux qui ponctuaient ses semaines. Cela ne lui permettait cependant pas de cacher entièrement ses angoisses. La jeune femme était devenue accro au café et à la cigarette, pour tenir.

- Julien Gracq souligne l'importance de ce nouveau mouvement d'analyse psychologique, qui marque un temps dans l'action effrénée qu'impliquait la forme classique du roman d'aventure, alors très en vogue à l'époque...

A cela s'ajoutaient ses propres crises, comme si ce n'était pas suffisant. Elle pouvait très bien se trouver en plein milieu d'une phrase d'un intérêt prodigieux pour le cours, quand soudain...

Le bruit du vent, l'odeur salée de la mer. La plage. Le soleil tiède réchauffe la peau. Sur une petite parcelle d'herbe, des enfants s'égaient...

Elle ferme un instant les yeux, le coeur au bord des lèvres. Allez, zut, il restait dix minutes... Tiens bon, Joyce. Ses doigts se refermèrent comme des griffes sur son bureau massif en bois, luttant contre la vision.

La robe est belle, faite de dentelle blanche. Qui se souviendrait de cette robe, une fois qu'elle sera tâchée de sang? L'homme s'approche, elle le connait, il lui semble, puisqu'elle lui sourit. Pourquoi sourit-elle alors que la bouche froide du revolver se lève vers elle et...

Elle tremblait. Son regard se troubla. Elle sentait presque la douce brise marine sur sa peau. Les mots se bousculèrent dans sa bouche, tandis qu'elle faisait son possible pour ne pas s'évanouir.

- ... Mais nous verrons cela demain. Pour l'heure, vous pouvez disposer. Une obligation m'empêche de vous garder plus longtemps, alors profitez-en.

Elle essayait de garder la maîtrise sur elle-même, de ne pas paraître trop paniquée. Elle ramassa ses affaires, en supposant que ses tremblements seraient masqués par la distance entre le bureau et les rangées d'élèves. Elle espérait que pour une fois, personne ne viendrait lui poser de questions. Elle fila hors de l'amphithéâtre, relevant la tête, serrant les dents pour éviter de vomir, la tête en feu.

Elle tâtonnait dans son sac, cherchant fébrilement ses seringues d'adrénaline. Il lui fallait se faire des injections à haute dose pour contrer les effets des crises. Et parfois, elle prenait l'apparence d'un écureuil sous acide. Elle devenait folle, se mettait à baver partout. En bref, c'était Bagdad dans sa tête.

Elle ne devait pas vomir. Pas en public. Elle ne devait pas non plus se jeter sur une seringue en beuglant comme une possédée. C'était ce que les autorités lui avaient reproché, et c'est comme ça qu'elle s'était faite épinglée. Son attitude n'avait rien d'un comportement normal. Soit elle était droguée - et là, ça irait très mal pour elle, qu'elle soit agrégée, capésienne ou juste étudiante - soit elle avait un secret bien plus lourd. Alors non, plus jamais ça. Plus jamais de garde à vue, plus jamais d'interrogatoire et de prélèvements sauvages sur sa personne.

Elle s'enferma dans les toilettes, s'accrocha à la cuvette avec un haut-le-coeur. Comme rien ne venait, elle continua de chercher dans son sac, en sortit enfin son précieux petit sachet. Elle releva à peine sa jupe, enfonça l'aiguille creuse du pistolet injecteur dans sa cuisse et s'administra la dose. Un éclair blanc traversa sa tête. Elle vomit. Elle monta dans un sorte de bad trip, pendant cinq ou dix secondes, mais qui lui paraissaient terriblement longue. Puis, une fois que ses membres inférieurs eurent décidé d'arrêter de trembler, elle osa se relever. Elle passa de l'eau sur son visage, et en profita pour s'examiner à travers le miroir des toilettes. Ses yeux cernés de violet lui paraissaient fous.

- Ma vieille, faut que tu prennes des vacances...

Elle sortit des toilettes, vaguement mieux, un peu pâle, et marcha à travers les couloirs, sans trop regarder devant elle, encore dans un trip bizarre... Elle devrait faire son rapport quotidien aux flics de la ville. Cette seule pensée suffit pour déprimer la jeune femme. Ils allaient encore lui soumettre des photographies de meurtres horribles, des enregistrements ou des indices aléatoires... Et ce serait reparti... Les migraines, les vomissements... Le calvaire...




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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Lun 16 Mai - 10:51

     Il était assez rare que Sólveig soit de mauvaise humeur, les quelques années passées avec Laërte lui avaient appris qu'il fallait profiter de l'instant présent et ne pas perdre son temps en de vaines bouderies qui ne nous apportaient rien de plus que l'aversion des autres. La demoiselle paressa un moment dans son lit, elle avait sa journée pour elle bien que nous étions un jour de semaine, après tout l'avocate bossait assez pour se permettre de prendre une journée de congé de temps en temps, et après la rude affaire que la jeune femme avait préparée et défendue avec un collègue, Sólveig ne désirait qu'une chose : passer une journée sans voir ses collègues. Oh, la belle aimait son boulot, mais comment dire, à force de voir les mêmes têtes, la jeune femme ressentait le besoin de changer d'air, de ne plus parler des mêmes choses avec les mêmes gens, de ne pas avoir à se soucier de ne pas se compromettre en parlant trop d'un sujet, bref, pouvoir vivre. Au travail, Sólveig était efficace, mais elle devait aussi beaucoup se brider, se la jouer provocatrice et aguichante, ça commençait sérieusement à la lasser, mais malheureusement la Norvégienne n'avait pas d'autre choix que celui de continuer dans cette voie, au travail du moins. Pour le coup, la demoiselle décida de se détendre aujourd'hui, tout d'abord elle songea à passer un moment au lit, dans les draps chauds en compagnie de sa fidèle peluche, mais après avoir reposé la tête sur l'oreiller en plume d'oie, la mutante se dit soudain que ce serait plus agréable d'aller rendre visite à Curtis qui avait dû partir très tôt ce matin-là pour s'occuper d'un travail prenant. Alors qu'elle se redressait dans son lit, les cheveux décoiffés, Sólveig passa mentalement les quelques petites choses qu'elle pourrait rapidement cuisiner pour lui apporter histoire qu'il se prenne une pause avec Fillan vu qu'il travaillait visiblement avec le jeune garçon aujourd'hui.

     La jeune femme se redresse en sortant de ses draps fripés avant de se diriger vers sa commode pour en sortir quelques habits. Vu qu'elle ne travaillait pas, la jeune femme en profitait pour enfiler un pantalon et un pull assez simples tout en restant élégants, sait-on jamais, peut-être qu'elle croiserait un futur client aujourd'hui ! Après être entrée dans la salle d'eau en se cognant au passage le pied au coin de la porte de sa chambre, Sólveig pesta tout en se dévêtissent pour entrer dans la douche après avoir testé que l'eau était assez chaude, mine de rien lorsqu'on possédait sa température corporelle, c'était presque vital ! L'avocate n'avait aucune envie de se payer une hydrocution dans sa douce, nue comme un vers, il ne manquerait plus que que cet incident fasse la une du journal et elle perdrait toute crédibilité. Après s'être longuement douchée, la jeune femme se décida finalement à sortir de l'eau, elle se sécha avec rapidité avant de s'occuper de mettre ses cheveux en état, puis elle s'habilla prestement tout en finalisant le tout avec une touche de maquillage, juste ce qu'il faut sans paraître grossière et vulgaire pour autant. Sólveig ouvrit la fenêtre histoire d'aérer la pièce et se rendit dans sa cuisine Américaine (et non parce qu'elle avait été fabriquée en Amérique), puis elle entreprit de se préparer un petit café avant de se diriger vers son four pour y jeter un œil et constater que son compagnon avait bel et bien mangé le gâteau qu'elle avait préparé la veille à son attention. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle buvait à petites gorgées le précieux liquide qu'elle adorait autant. Peut-être bien que le jeune homme et son élève préféré s'étaient endormis sur le bureau à force de travailler et qu'elle devait les sortir des bras de Morphée à grands renforts de pâtisseries ! Rigolant légèrement à cette pensée, la belle chassa tout cela de sa tête avant de se diriger vers le plan de travail de sa cuisine, puis elle enfila un tablier et entreprit de sortir tout ce qu'il fallait pour préparer des gâteaux.

     La demoiselle hésita un moment, pensant à faire des choses de chez elle, mais finalement elle opta pour les traditionnels macarons, sachant très bien que Curtis aimait cela, ce qui devait certainement être aussi dans les goûts de Fillan. Tout le monde ou presque aimait les macarons non ? Après une bonne heure de travail, elle glissa ses préparations dans le four et rangea la pièce pendant qu'ils cuisaient, puis lorsque tout fut bon, la jeune femme sortit les macarons du four, finalisa la petite gourmandise et emballa le tout avec application dans la boîte qu'elle réservait à cet effet et la posa sur le plan de travail après quoi elle retourna dans sa chambre pour enfiler une paire de chaussure avec de légers talons, à peine deux ou trois centimètres c'était bien suffisant. Après avoir attrapé son sac, ses clés de voiture et la boîte contenant les macarons destinés au professeur et à son élève, elle sortit de son appartement qu'elle ferma à clé avec application, ne tenant pas particulièrement à être volée pendant son absence, laissant son chaton devenu grand, dormir sur le lit. Sólveig salua sa voisine de palier, une vieille femme avec qui la demoiselle s'entendait bien, puis elle descendit rapidement les quelques étages à pied avant de se diriger vers le parking qu'elle louait pour garer sa voiture. Ce n'était pas une voiture de compétition, la jeune femme préférait largement la sureté à la vitesse, et elle avait donc opté pour un modèle assez petit, deux places pour être exact, avec un coffre assez grand, et qui lui permettait de se garer assez facilement. Contrairement à la rumeur, même si elle était une femme, la mutante conduisait bien, et elle se rendit donc à la faculté sans encombres et gara sa voiture assez loin de l'entrée, ne tenant pas à voir un crétin lui rayer la peinture alors que c'était une voiture pratiquement neuve. La Norvégienne récupéra son paquet plein de gâteaux avant de fermer la porte de sa voiture et de verrouiller cette dernière, puis elle se dirigea d'un pas assuré et soutenu vers le grand bâtiment de la faculté où se situaient les bureaux des professeurs. Elle ne connaissait pas trop l'endroit, mais étant venue rendre visite au jeune homme plusieurs fois, la belle commençait à se repérer assez facilement maintenant !

     Après avoir croisé une jeune femme qui lui décrocha un regard assassin sans aucune raison, l'avocate pénétra dans le bâtiment et prit immédiatement la direction du bureau de Curtis, faisant claquer légèrement ses talons qui résonnaient dans le grand bâtiment aux plafonds hauts et décorés, puis elle atteint finalement le bout du couloir où la porte du bureau se trouvait. Sans hésiter, la Genesys frappa deux fois à la porte, attendant une quelconque réponse, un grognement ou quoi que ce soit qui lui indiquait qu'elle puisse entrer, mais rien ne vint. La jeune femme se mordit la lèvre, attendant, hésitante sur la manière de faire lorsqu'une voix se fit soudain entendre derrière elle. La demoiselle manqua de sursauter avant de faire volte-face, ses yeux de saphir se posèrent sur la silhouette d'une collègue à Curtis, une femme d'un certain âge qui enseignait une matière secondaire. Sólveig lui offrit un sourire contrit, sachant très bien que cette femme ne l'appréciait pas vraiment, puis elle s'adressa à elle d'un ton mielleux.

     ▬ Bonjour professeur, est-ce que vous savez où se trouve le professeur Langford ? La femme lâcha un grognement avant de secouer la tête d'un air agacé, puis elle répondit d'un ton sec.
     ▬ Comment est-ce que je le saurais ! Vous courrez partout les jeunes, je ne perds pas mon temps à vous comprendre ! »

     La demoiselle retint une grimace amusée alors que la professeure s'en allait, puis l'avocate rebroussa chemin, jugeant plus prudent et plus sage de ne pas trop perdre de temps, mais au détour d'un couloir alors qu'elle passait non loin des sanitaires, ses yeux se posèrent sur une silhouette qu'elle connaissait de vue. Une autre collègue de Curtis, une jeune mère de famille si elle se souvenait bien de ce qu'on lui avait dit. Sólveig lui offrit un sourire au moment où leurs regards se croisaient, puis elle s'arrêta quelques secondes pour discuter avec elle, espérant simplement ne pas la déranger.

     ▬ Oh, bonjour professeur, nous nous sommes croisées quelques fois, je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je suis une amie au professeur Langford. Est-ce que ça va bien ? Vous avez l'air très pâle. »


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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Dim 5 Juin - 0:07

C'était quand même légèrement humiliant, quand on y pensait. Certains militaires, qui devaient la garder pendant qu'elle faisait des tests, arrivaient même à se moquer d'elle, en riant grassement de sa soi-disant capacité géniale : plus besoin de regarder la météo, plus besoin de se casser la tête à jouer pendant une vingtaine d'années le même numéro au loto, il suffisait de s'embêter un peu, et paf, sur commande, on parvenait à tout savoir, du temps qu'il ferait le lendemain, ou pour devenir millionnaire. C'est vrai, ça, pourquoi n'était-elle pas millionnaire, avec une grosse jaguar au bouton de réservoir rutilant, des dents en or, un manteau en vison, une canne avec des diamants incrustés dans la poignée, et une ribambelle de serviteurs tous plus attentionnés les uns que les autres, pour avoir droit à quelques pourboires de sa part. Malheureusement, Joyce n'était pas millionnaire, pour la simple et bonne raison que cela ne se déclenchait pas sur commande. Et qu'au lieu de voir des numéros de loterie, la jeune femme voyait des visages ensanglantés, l'image de la souffrance, l'acier d'un couteau qui s'enfonce dans la chair molle... Tous ces gens qu'elle ne connaissait pas et qui, le soir, défilaient sans un mot dans ses rêves, illuminés d'une aura fantomatique, et la dévisageaient avec une sorte de lueur de reproche dans leur regard. Et s'ils n'y avaient que ces fantômes... Il y avait aussi cette probabilité relativement haute que ses symptômes physiques finissent par l'handicaper. Qu'ils deviennent bien plus pressants, bien plus profonds, et qu'elle ne puisse plus sortir.

Et pour une fois dans sa vie, elle se prit à espérer que les humains, ceux qui les considéraient comme des bêtes de foire, ceux qui les haïssaient et les enfermaient dans des cellules, ceux qui finissaient par les flinguer au détour d'une rue, elle se prit à espérer que ces immondes créatures puissent trouver un remède à leur anormalité. A ce gène qui leur faisait défaut. Elle aimerait tant. Revenir à une vie normale, ne pas avoir à se prostituer pour sauver sa fille... Mais non, elle leur était beaucoup trop utile. Elle ne pouvait plus faire marcher arrière : elle s'était elle-même prise dans le piège.

Enfin bon, une journée venait encore de s'écouler. Elle pouvait maintenant envisager de rentrer chez elle. D'accord, il y avait cette confrontation avec les services de police, mais bon, elle pouvait toujours se consoler en se disant qu'elle amènerait sa fille au restaurant chinois qu'elles aimaient tant, puis qu'elles iraient voir un film au cinéma, ou un concert, puisqu'après tout, sa fille était plutôt éveillée à la musique classique, malgré son très jeune âge.

Mon Dieu, qu'est-ce que c'est pathétique, la vraie vie... Mais comme lorsqu'elle était étudiante, qu'elle ne pouvait plus rien faire, en tout cas qu'elle n'avait plus aucune envie, elle se trouvait une carotte. Cette carotte était l'idée de retrouver son petit confort, cette espèce de bulle d'où elle bannissait toutes les visions macabres, pour essayer de se consacrer à ce petit être malade qu'elle avait enfanté.

Voilà, il fallait qu'elle se fixe sur cet objectif. Elle reprit donc un pas plus rapide, plus vaillant, en étant persuadée que marcher à l'économie de mots et de souffle lui épargnerait de nouveaux hauts le coeur.

En regardant au loin la jeune femme se faire au bas mot rembarrer par une espèce de vieille peau sèche, elle se dit que c'était peine perdue et illusion envolée. Bien. Elle prit une profonde inspiration, chassa le battement à ses tempes de par ses pensées, en grommelant intérieurement. Il lui fallait retrouver contenance. Mais l'adrénaline qu'elle venait de s'injecter en une dose qui ferait tourner de l'oeil à n'importe quel médecin généraliste commençait à faire son effet, et les désavantages secondaires s'estompaient progressivement. D'ici quelques minutes, elle aurait retrouvé toute ses facultés. Mais ce sont des minutes... Comment dire? Comme ces minutes que vous passez enfermé dans une salle de conseil de classe avec une furieuse envie de faire pipi. Oui, voilà, les minutes les plus longues de votre vie.

Elle dévisagea la jeune femme, sans animosité, bien sûr. Avec un peu de curiosité en fait : son visage ne lui était pas inconnu. Elle était cependant trop âgée pour être une des étudiantes dont elle avait la charge, puisqu'elle s'occupait des licences et des masters. Cette sensation de déjà vu est aussi particulièrement désagréable. Elle creusa dans sa cervelle, mais rien ne vint. Peut-être que finalement, elle l'avait déjà croisée sans qu'elles se soient présentées, ce qui est fort probable, vu le côté gigantesque de l'université.

- Oh, bonjour professeur, nous nous sommes croisées quelques fois, je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je suis une amie au professeur Langford. Est-ce que ça va bien ? Vous avez l'air très pâle.

L'air pâle, c'était sans doute un euphémisme. Un peu à côté de la plaque, la jeune femme regarda autour d'elle, pour s'assurer que la jeune femme s'adressait bien à elle. Mais elle ne voyait pas d'autres enseignants à portée de voix, elle supputa donc que c'était bien elle.

- Bonjour...

Elle dut s'y reprendre à deux fois, en s'éclaircissant la gorge, sans quoi la jeune inconnue ne l'aurait certainement pas comprise. Elle avait l'air complètement perdue. Machinalement, elle se présenta.

- Bonjour, excusez-moi. Professeur Joyce D'Anceny, ravie de vous rencontrer.

Le professeur Langford. Oui. Sans doute. Elle avait vaguement regardé le tableau des enseignants en début d'année, et elle n'avait finalement pas fait attention. Elle restait plutôt marginale dans le corps enseignant, et se mêlait très peu des autres, plutôt discrète.

- Le Professeur Langford... Hum, oui peut-être, je ne connais pas tous mes collègues, malheureusement. Ah... Pâle? Oui, sans doute... Une petite baisse de tension, sans doute. Cela m'arrive fréquemment.

Elle vacilla légèrement.

- Je peux vous aider de quelque façon que ce soit? J'ai cru comprendre que ma collègue ne s'est guère montrée trop aimable à votre égard. Et je ne crois pas que vous soyez une habituée des lieux.

Elle lui sourit, aimable. Inconsciemment, elle gratta sa nuque, où sa cicatrice annonçait la pose récente d'une puce.

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I wished I had one more chance to say what really mattered; to say how much I loved you, how grateful I was for every moment I was with you. But by the time I said what I wanted to, it was too late. But you brought me back. You gave me my wish. One more chance to say what I really wanted to say... Kiss me, once more
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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Jeu 9 Juin - 12:25

     Sólveig perçut bien le moment d'interrogation qui traversa l'esprit de la jeune professeur lui faisant face, elle devait certainement se demander ce qu'elle pouvait bien lui vouloir, peut-être ne la reconnaissait-elle même pas allez savoir ? La Norvégienne avait un certain avantage sur ce point : elle avait une très bonne mémoire visuelle, pas du genre photographique qui retenait absolument toutes les choses qu'elle voyait bien évidemment, mais simplement un certain don pour mémoriser les visages des personnes avec qui elle conversait une ou deux fois. C'était presque obligatoire pour elle, autant pour son métier que pour son statut de seconde de Genesys. Lorsqu'on risquait de croiser le suspect d'une affaire sur laquelle on bossait ou encore de croiser un agent de l'Opération Apocalypto camouflé, autant dire qu'il valait mieux pouvoir se souvenir de son visage pour ne pas faire de boulette. En somme, l'avocate aurait très bien pu travailler dans un casino quelconque pour mémoriser les visages des gens qui étaient interdits de séjour, mais elle avait préféré se rabattre sur le métier d'avocate qui lui offrait bien plus de possibilités. La jeune femme avait les pensées qui s'égaraient rapidement ces derniers temps, un peu comme si les choses lui échappaient malgré elle, le simple fait de voir son interlocutrice la dévisager avec curiosité venait de déclencher cette avalanche de questionnement sans intérêt. Sólveig vit alors la jolie professeur regarder autour d'elle comme si elle cherchait quelqu'un, peut-être croyait-elle simplement que la Norvégienne s'adressait à quelqu'un d'autre ? C'était une possibilité en effet. Un mot s'échappa des lèvres de la collègue de Curtis alors que la Genesys ne parvint pas à comprendre ce qu'elle disait, mais visiblement l'autre demoiselle en fut consciente, car elle réitéra son salut avant de s'excuser pour se présenter.

     Un nom de famille Français, oui voilà, Sólveig avait beau avoir la mémoire des visages, elle n'avait pas pour autant celle des prénoms. Un léger sourire se dessina sur les lèvres pleines de la Genesys alors qu'elle hochait la tête d'un air entendu, en effet, ce nom là lui disait bien quelque chose et l'avocate ne doutait plus une seule seconde du fait qu'elles se soient déjà rencontrées à plusieurs reprises. Malheureusement les deux trentenaires n'avaient guère eu l'occasion de bavarder plus amplement, ici tout le monde semblait si pressé ! Lorsque Sólveig était disponible, c'était la jeune femme qui devait s'en aller rapidement pour donner un cours, puis sinon c'était le contraire. La Norvégienne fouilla dans ses pensées, cherchant à se souvenir si Curtis lui avait donné quelques informations sur la jeune professeur, est-ce que c'était elle qui était mariée ? Non ? Avait-elle des enfants ? Sólveig ne parvenait plus à s'en souvenir et ça l'agaçait vraiment. Elle trouvait que c'était plutôt gênant de constater qu'elle avait oublié des informations qui pouvaient se révéler importantes, au sujet des collègues de son compagnon. Bah, il n'y avait pas mort d'homme pour autant ! Les secondes s'étaient égrainées rapidement avant que la voix de la jeune femme ne se fasse à nouveau entendre, elle lui déclara ne pas connaître tous ses collègues et ajouta qu'elle avait certainement une baisse de tension comme cela lui arrivait fréquemment. Une légère moue de compassion plia les lèvres exemptes de maquillage de l'avocate alors qu'elle esquissa un geste pour retenir son interlocutrice au moment ou celle-ci vacilla, puis la jeune femme se renseigna pour savoir si elle pouvait lui être d'un secours quelconque. C'était très aimable, la Norvégienne sourit légèrement avant de répondre d'un ton posé.

     ▬ En réalité, j'étais venue ici pour offrir le goûter au professeur Langford et à son compagnon d'étude, mais visiblement votre collègue m'a fait savoir qu'ils n'étaient pas disponibles et je me retrouver donc avec un paquet de gâteaux dont je ne sais pas quoi faire. Elle accompagna ses paroles d'un léger geste, montrant le paquet qu'elle tenait à la main en le soupesant. Une idée émergea soudain dans l'esprit de l'avocate qui enchaîna sur le même ton. Je constate que vous avez certainement besoin de sucre, est-ce que je peux vous proposer de manger un morceau ? Ça m'aidera à me débarrasser de mes gâteaux, ça vous évitera de tomber dans les vapes, puis ça nous donnera l'occasion de discuter un peu, qu'en pensez-vous ? Quelques secondes de silence passèrent. À moins que vous ne soyez occupée ? Si vous aviez quelque chose de prévu, je comprendrais amplement vous savez. »

     Alors qu'elle baissait à nouveau le paquet qu'elle tenait à la main, la jeune femme sentit la bretelle de son sac glisser au même moment, manquant de flanquer par terre tout ce qu'elle tenait. La maladresse n'était pourtant pas dans ses habitudes, à croire que Curtis devenait contagieux à force, il fallait avouer que le séduisant professeur était plutôt bien placé pour ce point. Sólveig avait toujours été impressionnée par toutes les poisses qui arrivaient au professeur, surtout lorsqu'elle était dans les parages étrangement ! Lors de leur première rencontre elle ne se serait jamais imaginée qu'il puisse se montrer aussi malheureux dans ses mouvements simplement parce qu'il ressentait quelque chose pour elle. Cette pensée dessina un bref sourire mi-amusé, mi-attendrit sur son visage avant qu'elle ne se reprenne en remettant correctement sa bretelle sur son épaule avait de prendre avec plus de précautions, le paquet pour éviter qu'il ne tombe pour de bon. Seulement quelques secondes de silence venaient de passer, une furtive pensée qui ne suffisait pas à la détourner de son offre toutefois, elle reprit donc la parole pour éventuellement argumenter en la faveur de sa proposition.

     ▬ J'ai ma voiture dehors, on pourrait aller faire un tour au café du coin si vous avez le temps, j'y ai déjà été quelques fois et je peux vous assurer qu'ils ont un café absolument divin, ou autre chose si vous n'êtes pas amatrice de caféine bien évidemment. »

     Elle esquissa un nouveau sourire, de bonne humeur Sólveig cherchait toujours à communiquer cette joie de vivre aux gens avec qui elle pouvait discuter. Certaines personnes avaient tendance à la prendre pour une aguicheuse qui se croyait capable de séduire n'importe qui, homme comme femme, c'était toutefois totalement le contraire. Quiconque connaissait la seconde de Genesys comprenait que ce n'était qu'une image qu'elle se donnait, une simple « couverture » pour qu'on ne comprenne pas ce qu'elle était réellement. Un peu comme elle camouflait son statut de mutante, la belle ne tenait pas à ce que l'on découvre son véritable caractère. Seuls quelques personnes privilégiées étaient au courant, entre-autre il y avait par exemple Fillan et Svetlana, les deux élèves que Curtis appréciait beaucoup, il y avait aussi Curtis et Aileen qui partageaient beaucoup de choses avec elle, mais ce devait être les seules personnes qui soupçonnaient cette facette de sa personnalité. Quoi qu'il en soit, la Genesys espérait tout de même que la collègue de son compagnon n'allait pas refuser son offre parce qu'elle la percevait comme une femme qui se sentait supérieure aux autres, Sólveig avait déjà essuyé de pareils comportements et même si c'était rassurant puisque sa signifiait que sa couverture était convaincante, elle ne pouvait s'empêcher de se montrer blessée de tels agissements. Quelques secondes passèrent à nouveau alors qu'un duo d'élève passa à côté d'elles en bavardant bruyamment, leur accordant simplement un bref regard comme si elles faisaient partie du décors, puis la Norvégienne reprit la parole pour conclure sa petite intervention.

     ▬ Enfin sinon vous avez parfaitement raison, c'est rare que je vienne par ici, je suis un peu perdue en général et j'avoue que votre collègue ne semble pas particulièrement m'apprécier. Vu la manière dont elle lui avait expliqué les choses, c'était le moins qu'on puisse dire. Peut-être avait-elle le béguin pour Curtis et qu'elle lui en voulait, allez savoir, Sólveig avait déjà essuyé des insultes et des regards assassins de la part de jeunes étudiantes qui étaient plus qu'intéressées par le professeur Langford. Alors, je vous enlève professeur ? »

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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Sam 2 Juil - 1:58

Le mal de crâne commençait à s'estomper, mais les images restaient incrustées dans sa rétine comme une lumière persistante. C'était déjà un mieux dans sa vie : auparavant elle devait rester dans l'obscurité, à trembler, prostrée dans une position ventrale pour atténuer les douleurs et l'envie de vomir. Les ombres venaient la harceler alors, l'entourant. Des visages anonymes, ensanglantés, qui la regardaient avec une expression pleine de reproches peintes au fond de leurs prunelles jaunes. Elle ne savait pas à l'époque. Elle ne savait pas que s'ils la regardaient ainsi, c'est parce qu'elle avait le pouvoir de changer leur destin. Sauf qu'elle n'avait rien fait. Parce que Joyce n'était pas nécessairement une force de la nature. Parce qu'elle ne savait pas manier une arme.

Ce pouvoir, en un sens, était terrifiant, avec un peu de recul. En un sens, si on voulait accorder du crédit à ceux qui sont partisans de la théorie de l'équilibre, les gens qui mourraient, quelque part, le faisaient par nécessité. Or, elle bouleversait cet équilibre, en cédant son don à la police, en devenant, en quelque sorte, une prostituée mutagène. Peut-être qu'un jour, elle le paierait. Joyce détestait se l'avouer, mais elle était légèrement naïve et superstitieuse. Elle n'osait pas trop se frotter aux légendes urbaines, à ces tours de passe-passes qui permettent de faire tourner les tables, de peur qu'à trop jouer avec le feu, le contre coup soit très difficile. Alors, à ses yeux, ce qui se passait en ce moment pour elle était le meilleur moyen de rapidement se faire liquider. Une punition divine, ou quelque chose comme ça...

La jeune femme supputa que son interlocutrice avait déjà eu l'occasion de l'observer un peu plus en détails, sans qu'elle ne s'en rende compte, forcément. Personne ne pouvait retenir un visage en le croisant qu'une fois. Et puis Joyce était la discrétion la plus parfaite. Elle se mêlait rarement à la foule des enseignants, fréquentait que très peu finalement la salle où ils se retrouvent, et ne partage son repas qu'avec sa solitude méditative.

C'était sans doute très stupide, mais la jeune femme trouva cela, dans un premier temps du moins, un peu suspect. Elle détestait penser que quelqu'un l'avait observée. Pourquoi l'observer? D'accord, elle était une mutante, mais finalement, à part les autorités, très peu de personnes étaient au courant. Mais elle en avait marre d'être un phénomène de foire. Le fait qu'elle ne fréquente que peu ou pas de mutants lui donnait l'impression de se trouver seule au monde. Comme si la punition divine ne s'était abattue que sur elle, malheureuse jeune enseignante qui n'avait rien demandé. Oui, c'est Caliméro. Mais elle avait ses raisons : la dernière fois que quelqu'un lui avait signifié que son visage était connu, elle s'était retrouvée dans une cage, à être examinée par une batterie de scientifiques. Et plus jamais cela. C'était déjà tellement difficile d'être le jouet d'une faction, qui ne lui témoignait d'ailleurs aucune reconnaissance.

Il y avait donc trois possibilités : soit elle l'avait simplement regardée un moment, pendant qu'elle faisait les photocopies, par exemple. Soit elle faisait partie d'une sombre organisation gouvernementale. Soit, tout simplement, la jeune femme se faisait des films, et son interlocutrice ne voulait en fait rien d'autre que lui faire la conversation. C'est chose rare mais cela arrive. En ce cas elle devait s'approcher de la mémoire photographique ultime. Après tout, il y avait un sacré paquets de gens inconnus qui sillonnait les couloirs de la fac immense.

Quoi qu'il en soit, elle était acculée. Elle n'avait d'autres choix que de coopérer. ... Wait a minute. Elle regarda plus attentivement la jeune femme. Elle souriait. Possédait un charme indéniable. Elle venait de se faire rembarrer par une prof - et Dieu sait si les fédéraux ont tendance à s'emporter dans ce genre de situation pour le moins... Humiliante -. Et, par Zeus, elle avait dans sa main une boîte qui semblait contenir des gâteaux.

Les alarmes dans la tête de la jeune femme s'estompèrent alors peu à peu. La jeune femme n'était pas menaçante. Elle devait sans doute être sincère. Pour l'instant, Joyce décida de s'en tenir à cette impression. Bon Dieu, mais comment faisait-elle pour supporter des cours avec 400 inconnus dans son amphithéâtre, alors qu'elle parvenait à peine à rester calme quand quelqu'un l'abordait dans la rue? Sans doute l'une des plus grandes énigmes de l'ère contemporaine. A son échelle, du moins. Et si son instinct lui disait de dégager, elle le ferait. En courant.

- En réalité, j'étais venue ici pour offrir le goûter au professeur Langford et à son compagnon d'étude, mais visiblement votre collègue m'a fait savoir qu'ils n'étaient pas disponibles et je me retrouver donc avec un paquet de gâteaux dont je ne sais pas quoi faire.

Un espèce de soulagement gonfla la poitrine de la jeune femme. Son hypothèse se confirmait, elle pouvait désormais baisser un peu la garde. Elle se détendit sensiblement.

- Je constate que vous avez certainement besoin de sucre, est-ce que je peux vous proposer de manger un morceau ? Ça m'aidera à me débarrasser de mes gâteaux, ça vous évitera de tomber dans les vapes, puis ça nous donnera l'occasion de discuter un peu, qu'en pensez-vous ?

Du sucre? Oh, pas nécessairement. Ah oui, elle lui avait raconté qu'elle faisait une sorte de crise... Intérieurement, elle leva les yeux au ciel, consternée de sa propre bêtise. A embrouiller ainsi les gens, à oublier aussi facilement ses mensonges, elle finirait par se griller et devoir se justifier. Rien de plus embarrassant. Non, son système hépatique ne demandait pas de sucre en particulier. Par contre, son estomac protesta, histoire de rappeler sa présence à la jeune française. Elle tâcha de le dissimuler. D'une pierre, deux coups : non seulement elle pourrait satisfaire son appétit grâce à la bienveillance de la jeune femme, mais en plus elle pourrait se rattraper de son comportement qui pouvait sembler pour le moins... Suspect.

D'ailleurs, fort peu habituée à ce genre d'attention, la jeune femme rougit légèrement.

- Oh, ce serait avec plaisir. Mais je ne veux pas abuser de votre gentillesse, mademoiselle. (elle marque une pause) Cela dit, je ne connais presque personne dans la ville, je viens d'être mutée... Alors, pourquoi pas?

Son interlocutrice reprit la parole.

- À moins que vous ne soyez occupée ? Si vous aviez quelque chose de prévu, je comprendrais amplement vous savez.

Joyce sourit, doucement.

- Non, les évaluations sont terminées depuis un certain temps, j'ai pas mal de temps devant moi avant de songer à préparer mon prochain cours. Et puis cela me donnera l'occasion de redescendre un peu sur terre. A trop fréquenter un monde un peu abstrait, on en oublie la réalité. Et si je peux le faire avec un visage amical, alors j'en serais heureuse.

La bonne humeur de la jeune femme était communicative. En très peu de temps, la jeune française fut tout à fait détendue. Elle ramassa son sac de cours en cuir, passa la bandoulière en travers de sa mince poitrine. Entre temps, une pensée secrète avait étiré les lèvres de la jeune norvégienne en un sourire rêveur. Elle lui proposa de rejoindre sa voiture.

- Oh, je serais une bien mauvaise française si je n'aimais pas le café. J'échappe à beaucoup de choses, mais certainement pas aux clichés, malheureusement.

Cette phrase lui avait évidemment échappé. Mais à peine avait-elle prononcé ces mots qu'elle les regretta. C'était un indice sur sa condition. Les mutants étaient tellement mal vus... Peut-être venait-elle de perdre la seule occasion de socialiser avec quelqu'un, en tout cas si la jeune femme était parvenue à déchiffrer ses paroles. Elle baissa les yeux, coupable, ravagée par sa timidité.

Cependant, sa dernière réponse la rassura :

- Alors, je vous enlève professeur ?

Elle releva la tête, le regard teint d'une légère surprise. Une surprise agréable, entendons-nous. Elle lui sourit à nouveau.

- Oui, avec plaisir !

Elle commença à emboîter le pas de la jeune femme, entrouvrit les lèvres pour reprendre la parole, en direction du parking de la faculté. Quand son regard clair accrocha une veste bien connue. Une odeur sans doute. Une présence. Le regard d'une obscurité d'une profondeur éternelle de l'officier Huxley. Un homme blanc, pâle, brun, la rigueur militaire le roidissant dans son costume complet. Il l'observait, sans un mot. Elle devait se rendre au commissariat. Mais la jeune femme ne le voulait pas. Sans trop savoir pourquoi, elle posa sa main sur l'épaule de sa compagne de route et murmura :

- Oui, il faut partir. Et partir assez vite.

Elle pressa le pas, discours performatif. Elle fendit la foule des élèves. Bien que son visage aux traits fins ait retrouvé ses couleurs, elle restait un peu livide, un peu inquiète, le regard attentif et concentré. Elle détestait avoir à faire avec Huxley. Il en venait souvent aux poings avec elle. Pourquoi l'avoir envoyé? Mais au moment où la jeune femme reposa les yeux sur le renfort du mur où il se dissimulait, elle ne rencontra que le vide. Elle avait sans doute rêvé, songea-t-elle, perplexe. Peut-être que cette apparition était le produit fortuit de sa propre folie, de sa profonde paranoïa. Si ça se trouve, personne ne se tenait là. Mais elle se sentait surveillée en permanence. Dans sa nuque, la puce pulsa douloureusement.

Elle essaya de tourner vers la jeune norvégienne un regard rassuré et calme, comme si elle voulait lui signifier que son geste était une fausse alerte -mais une alerte de quoi? Après tout elle n'était pas au courant de ses problèmes...-. Alors qu'intérieurement, elle était sur ses gardes.

Elles arrivèrent au parking, relativement vide. Quelques élèves, en bandes, saluèrent le professeur d'Anceny, amicaux. Elle leur répondit, mais le léger tremblement de sa main gauche semblait révéler autre chose....



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I wished I had one more chance to say what really mattered; to say how much I loved you, how grateful I was for every moment I was with you. But by the time I said what I wanted to, it was too late. But you brought me back. You gave me my wish. One more chance to say what I really wanted to say... Kiss me, once more
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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Dim 3 Juil - 11:38

     Sólveig était avocate et elle avait appris à observer les comportements des personnes avec qui elle discutait, c'était sans le vouloir, un mécanisme qui se faisait automatiquement avec le temps. Un peu comme un professeur de langue qui ne pouvait plus lire un livre sans devoir analyser le texte, un professeur d'histoire de l'art qui observait et analysait tous les tableaux qu'on lui présentait, en somme, un comportement impossible à brider. Sauf que dans le cas de la Norvégienne ça pouvait être très mal pris, combien de fois s'était-elle heurtée à des personnes qui l'accusaient de profiter de ses capacités pour les analyser sous un microscope ? Les plus théâtraux en venaient même jusqu'à raconter qu'elle manquait de confiance en eux alors que ça n'avait rien à voir avec tout cela, heureusement que Curtis n'était pas aussi agaçant sans quoi ils auraient certainement essuyés de nombreuses disputes. Une sensation de soulagement apparut soudain alors qu'elle aperçut un léger rougissement sur les jours de la demoiselle face à elle, cette-dernière ne semblait pas faire partie du groupe des personnes qui lui reprochait son analyse involontaire. Inconsciemment, dans un souci de la rassurer davantage, elle arbora un léger sourire qui ne la quittait que rarement. Des mauvaises langues prétendaient qu'elle n'était qu'une sotte ou une aguicheuse qui souriait bêtement parce qu'elle n'était pas capable d'occuper la conversation autrement, mais cela n'avait rien à voir avec ça, c'était simplement le fait qu'elle détestait afficher un air triste ou abattu. En mimétisme inconscient ses interlocuteurs devenaient généralement plus libres et moins stressés lorsqu'elle se montrait de bonne humeur. L'appétit vient en mangeant, la joie vient en souriant.

     La réponse de la demoiselle ne se fit pas attendre alors qu'elle déclarait ne pas vouloir abuser de sa gentillesse, une première bonne impression pour Sólveig qui était toujours ravie de tomber sur des personnes qui avaient encore un semblant de savoir-vivre. Quoi qu'il en soit, elle n'était pas vraiment occupée et en proposant quelque chose, la Norvégienne était bien décidée à le tenir, elle ne suggérait jamais des choses en l'air et ce serait un plaisir de lier une conversation avec une nouvelle connaissance. Ayant son petit cercle d'amis et de contacts, l'avocate était rarement seule, sauf lorsqu'elle en éprouvait le désir, mais ce n'était pas pour autant qu'elle aurait rechigné à faire de nouvelles connaissances, au contraire, elle avait une soif de rencontre inépuisable. Son rôle de seconde de Genesys lui demandait presque logiquement de devoir être sociable et d'être capable de lier la conversation avec n'importe qui, Sólveig était la face publique de l'Opération Genesys. Finalement, après un petit moment et suite à la question de la brune, la professeure déclara que les évaluations étaient closes et que ça lui ferait du bien de sortir un peu de ses livres, ce qui était on-ne-peut-plus vrai ! À force de travailler et d'en oublier le temps, on finissait par déconnecter de la réalité, vivre comme un ermite au milieu d'une grande ville en somme ! Une chose plaisante pour avancer dans ses recherches, mais plutôt mauvais pour le mental au bout d'un moment, peut-être même que la migraine de la demoiselle découlait de là. Il fut donc décidé de rejoindre la voiture de la jeune femme alors que l'interlocutrice de l'avocate parla de son origine Française, puis ajouta quelque chose qui ne fut pas détecté comme une révélation par Sólveig. Celle-ci arbora un sourire ravi avant de répondre.

     ▬ Oh, vous êtes Française ? Je ne rencontre pas souvent d'autres Européens, je suis originaire de Norvège, ça me fait plaisir de croire quelqu'un du continent. »

     Pour une fois qu'elle ne détectait pas un aveu inconscient, c'était une bonne chose ! Les deux jeunes femmes commencèrent donc à se diriger vers le parking alors que Joyce avait passé son sac en bandoulière et que l'avocate faisait de son mieux pour ne pas faire tomber son paquet de gâteaux, lorsque cette-dernière fut surprise de sentir la main de son accompagnatrice se poser sur son épaule. Sólveig lui décrocha un regard un peu surprit alors qu'elle l'entendait lui déclarer qu'il valait mieux partir assez rapidement. L'alarme de l'esprit de la trentenaire sonna alors, celle qui signalait que quelque chose n'allait pas dans le ton emprunté par son interlocuteur, mais étant donné que Joyce avait bien signifié qu'elles devaient partir, elle ne s'attarda pas trop. Se faufilant derrière la professeure en évitant les élèves qui se promenaient sans vraiment porter attention aux personnes autour d'eux, puis se hissa à la hauteur de son interlocutrice qui lui accorda simplement un regard qui semblait moins stressé que quelques instants avant. Un doute effleura l'esprit de la brune, avait-elle mal perçu quelque chose ? C'était possible après tout, l'erreur est humaine, même si la jeune femme n'était pas vraiment humaine en y repensant, quoi qu'il en soit elle rangea cela dans son esprit pour se concentrer sur le moment présent. Leurs pas les menèrent au parking pratiquement désert alors que des élèves saluèrent la professeure qui semblait être plutôt populaire dans le coin, puis Sólveig indiqua sa voiture d'un geste de la main. Ce n'était pas du grand luxe, mais suffisant pour ce qu'elle en faisait, de plus elle n'avait jamais été dépensière pour des choses aussi futiles que les voitures, elles se cassaient trop rapidement si un accident arrivait, cela aurait été jeter l'argent par les fenêtres.

     ▬ Il y a un petit café non loin de là, peut-être y avez-vous déjà été avec quelques collègues, c'est un petit coin très sympathique, je crois que les étudiants le fréquentent pas mal. »

     Même si Joyce lui avait expliqué être nouvelle et ne pas avoir beaucoup de liens, Sólveig avait du mal à croire qu'une jeune femme qui semblait aussi aimable qu'elle au premier abord, ne puisse pas avoir au moins un ou deux collègues avec qui elle s'entendrait bien. Tout en parlant, la Norvégienne s'était approchée de la voiture pour poser le gâteau sur le toit de la voiture histoire de chercher ses clés dans son sac – ordonné je vous prie – avant de les glisser dans la serrure pour déverrouiller les portières avant de prendre place derrière le volant, non sans avoir récupéré ses pâtisseries qu'elle posa sur la banquette arrière. Elle attendit que la professeure s'installe correctement à la place passager, la place du mort ce qui n'était pas vraiment une appellation rassurante en y songeant, puis elle glissa la clé dans le contact avant de démarrer la voiture tout en reprenant la parole sur un ton naturellement calme pour lâcher quelques banalités.

     ▬ Si jamais le siège est trop loin, ne vous gênez pas pour le bouger, mon passager habituel a la sale habitude d'étaler ses pieds devant lui et de tout déplacer. Elle manœuvra pour sortir de sa place avant de poursuivre. D'ailleurs maintenant que j'y songe, pas de mademoiselle, appelez-moi Sólveig et ne faites pas attention à la prononciation si cela vous pose problème. »

     Certaines personnes avaient l'air de mâcher du chewing-gum en prononça son prénom, la jeune femme ne se vexait pas pour si peu, elle se moquait pas mal que l'on écorche son prénom ou qu'on le prononce à la perfection, après tout ce n'était qu'un prénom, le plus important était que l'autre soit à l'aise. Le petit café en question n'était pas trop loin, il ne fallait pas plus de cinq petites minutes de trajet, du moins pour la trentenaire qui conduisait prudemment sans tomber dans l'excès. Elles échangèrent quelques banalités sur la route, la manière de conduire des autres personnes, en somme quelque chose pour meubler le silence et permettre à l'autre de se sentir plus à l'aise, puis l'avocate mit le clignotant avant de se glisser dans un parking où elle gara la voiture à l'ombre. Même si elle ne souffrait absolument pas de la chaleur, la Genesys songeait à ses passagers. Les deux Européens sortirent après que Sólveig ne récupère son paquet à l'arrière puis verrouille les portières, avant qu'elles ne se dirigent vers le petit bâtiment qui abritait LE café par excellence selon la Norvégienne. Cette-dernière tira la porte et laissa entrer Joyce avant de se glisser derrière elle, puis elles sélectionnèrent une table où il leur serait assuré qu'elles soient tranquilles, avant de prendre place. La trentenaire posa ses affaires sur une des deux chaises libres avant de placer le paquet de gâteaux sur la table de l'ouvrir tout en parlant d'un ton badin.

     ▬ Alors comme ça vous venez de France ? D'un coin en particulier ? J'y ai été quelques mois durant mes études, c'est un très beau pays je dois avouer. Vous êtes venue en Amérique par envie de changement, à moins que vous n'ayez de la famille ? »

     Il est vrai que son prénom sonnait plus Américain que Français, mais ce n'était qu'une théorie parmi les autres. Bien évidemment si jamais Joyce ne voulait pas répondre, elle n'en était pas obligée, Sólveig ne se formalisait pas du fait qu'on puisse éluder certaines de ses questions, après tout chacun avait ses petits secrets non ? La demoiselle fut toutefois coupée dans son élan lorsque le serveur fit son apparition pour prendre leurs commandes. Elle laissa sa voisine de table choisir en première avant de commander un thé noir comme à son habitude, puis il s'en alla en les laissant tranquilles pour quelques instants. Sólveig s'intéressa à nouveau à son interlocutrice, curieuse qu'elle était, mais sans tomber dans l'excès ou dans le malsain pour autant.

     ▬ Vous enseignez le français à vos élèves ? À moins que ça ne soit pas en lien avec vos origines ? J'imagine que ça doit être plaisant de pouvoir partager ses connaissances avec des jeunes gens désireux d'apprendre. Enfin, ça doit être les bons côtés ça. »

     Elle rigola légèrement, en effet des fois les jeunes avaient une capacité à devenir insupportable qui était assez impressionnante. De quoi faire sortir de ses gongs une personne aussi patiente que Sólveig et pourtant c'était très difficile ! La patience était une vertu qu'elle possédait, certainement la seule en réalité.

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Joyce H. D'Anceny
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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Mar 5 Juil - 10:09

Bon, allez, Joyce. Ce n'est pas si difficile de sourire alors même que tu es au bord de la crise de nerfs. Une crise de nerfs? Non, elle n'exagérait pas. D'une part, ses crises la fragilisaient énormément. Et d'autre part, si elle était prise par l'officier - si la vision furtive qu'elle avait eu de son trench coat sombre était réelle -, eh bien la fameuse séquence où Alex se fait lobotomiser à grands coups de scènes plus violentes les unes que les autres, avec ses écarteurs de paupières dans Orange Mécanique serait encore bien terne par rapport au traitement qu'on lui faisait subir. Alors, pour être tout à fait franche... Elle n'avait pas réellement envie de s'asseoir de nouveau sur le fauteuil du commissariat d'Achaea. Huxley pouvait apparaître d'un moment à l'autre, surgir de manière inopinée derrière elle pour la traîner dans une autre voiture. Non, elle en avait assez de ce traumatisme. D'autant plus qu'Huxley avait tendance à la forcer un peu lorsque les réponses tardaient à venir.

Sa compagne de route ne réagissait pas. Elle ne semblait même pas se rendre compte de l'état de nervosité de la jeune française. C'était une bonne chose : d'une, cela rassurait Joyce quant à ses talents de comédienne innés et, de l'autre, elle se disait, presque avec envie : "heureux sont les ignorants !". Evidemment, elle n'avait aucune idée de devant qui elle se trouvait. Son pouvoir n'était pas de détecter les mutants. Quoique cela serait des plus intéressants, notamment si une armée de l'ombre se levait pour faire barrage à la mégalomanie des humains. Elle avait vaguement entendu parler de choses, mais sa proximité avec les militaires l'empêchait de pouvoir se pencher sur tout ce qu'elle voulait. Elle n'imaginait - A moins qu'elle n'en ait aucune envie, ce qui restait fort possible - pas le visage tordu de colère, à deux doigts de céder à la folie, de l'officier en charge de ses séances de torture, si jamais il apprenait qu'elle se rapprochait d'un groupuscule de mutants. Adepte de la théorie du complot, Joyce pensait que ce n'était pas difficile de se rendre compte de cela, et de savoir tout ce qu'elle faisait.

Quoique, dans un sens, elle avait vu de nombreuses affiches placardées dans le commissariat, qui témoignait d'une certaine difficulté à saisir un mutant qui créait quand même des mini-soleils. Ce qui n'était pas, entre nous, de la plus grande discrétion.

Quoi qu'il en soit, de toute façon, si Huxley décidait d'apparaître d'un seul coup, comme en se téléportant dans son champ de vision - et le bougre le faisait souvent -, elle serait bien malavisée de tenter quoi que ce soit : elle n'avait pas d'arme et savait pas tellement s'en servir, bien qu'elle tente de se mettre à la maîtrise des armes à feu, pour son propre bien. Et puis, il pourrait lui sortir l'argument de vente ultime : il ferait du mal à a sa fille. Et ça, c'était bien une chose qu'elle ne parvenait pas à soutenir. Déjà que la pauvre petite était encore à l'hôpital, pour faire un de ses énièmes bilans de santé... Joyce était au bord du désespoir.

C'est pourquoi la bonne humeur de la jeune norvégienne lui fit un bien fou. Elle parvenait à se décrisper légèrement, et croyez-moi, ce n'est pas de la tarte en temps normal. Il faut dire aussi que bien peu lui souriait.

- Oh, vous êtes Française ? Je ne rencontre pas souvent d'autres Européens, je suis originaire de Norvège, ça me fait plaisir de croire quelqu'un du continent.

Elle lui sourit avec gentillesse. Le sourire de Joyce illuminait son regard d'un éclat particulier. On ne lui donnerait vraiment pas son âge, peut-être vingt-cinq ans, une étudiante en fin de cycle, avec un visage jovial, une expression innocente, vraiment charmante. Bref, on arrête ici l'apologie de Joyce, quoi que son auteur ait bien des choses à en dire.

- Oui, française d'origine, aussi étonnant que cela puisse paraître. J'ai fait un cycle de conférences sur le gender study en Suède, j'en ai profité pour visiter un peu votre pays. Et je dois vous dire que la fraîcheur des pays nordiques a quelque chose de très séduisant aussi. Le côte plaine gelée m'avait énormément attirée. Si j'avais pu, je me serais installée dans un de ces pays, ou au Canada.

Sauf qu'évidemment, la vie en avait fait autrement. Elle s'assit dans la voiture, en jetant quelques coups d'oeil fureteurs autour d'elle, aussi discrets que possible. Où était-il? S'il était une vision, il pourrait au moins avoir la décence de lui signifier, quand même ! Sa jeune conductrice lui indiqua la marche à suivre pour régler le siège.

- Oh, je ne me trouve pas être trop grande, mais j'aime bien étaler mes jambes aussi. Et puis, je pense que le passager habituel s'assied ici plus souvent que moi !

Elle rit. Elle savait qu'elle avait elle-même ses petites habitudes et elle n'aimait pas trop être dérangée dans ces dernières. Sólveig lui avait parlé d'un petit café pas loin, que fréquentait les étudiants et les enseignants. Bon, elles pourraient sans doute se mêler dans la foule.

- En fait, je suis plutôt casanière. C'est un peu stupide, d'autant plus que je ne suis plus une adolescente qui a à peine lâché la main de papa et maman. Mais je ne prend presque jamais le temps de me poser dans un café. Il faudrait, ça me ferait sans doute du bien.

Il y avait une partie de vrai dans ce qu'elle disait. Evidemment, elle était un peu timide à la base, ce qui l'empêchait de s'asseoir pour savourer un café. Mais quand bien même elle poserait ses fesses sur un tabouret de bar, pour enfin prendre ce frappucino qui lui faisait de l'oeil depuis un moment, qu'on venait l'embêter et la traîner au commissariat. Dude, ça c'est vraiment pas le pied ! Alors, forte de cette désagréable expérience, elle préférait désormais se faire son propre petit café dans son propre petit appartement, et fréquenter le moins possible l'air libre, sauf pour ses voyages entre son appartement et l'université et l'appartement et l'hôpital.

La jeune femme lui demanda de lui épargner les "mademoiselles", ce qui n'était pas une mauvaise chose. Les formalités sont certes d'usage chez Joyce, qui avait été élevée dans les bonnes manières, ces fameux concepts qui avaient tendance à se perdre on ne sait trop où sous la poussière. Mais d'un autre côté, Sólveig lui proposait d'aller prendre un café. A ce qu'elle savait, elle n'allait ni à un entretien d'embauche ni à un interrogatoire, elles pouvaient donc toutes deux s'appeler par leur prénom. Cela contribuerait à mettre chacune à l'aise.

- J'avais une prof de français, en collège, qui s'appelait Sólveig. Elle était charmante. C'est aussi un peu bête, mais du coup ça me rappelle ma jeunesse. Quand j'apprenais les ficelles du métier.

Elle rit, d'un rire plutôt clair, manifestant ainsi une joie sincère.

- Et évidemment, vous pouvez m'appeler Joyce. Rien de plus commun que ce prénom, d'ailleurs.

- Alors comme ça vous venez de France ? D'un coin en particulier ? J'y ai été quelques mois durant mes études, c'est un très beau pays je dois avouer. Vous êtes venue en Amérique par envie de changement, à moins que vous n'ayez de la famille ?


Elle hocha la tête.

- Du Nord Ouest, en fait. Je suis née en Normandie, la famille de mon père y avait un domaine plutôt ancien. En fait, mes parents se sont rencontrés à Oxford. Ma mère suivait le cursus anglais civilisation, et elle était une grande fan de tout ce qui avait une consonance anglo-saxonne. Elle a donc déterré ce prénom là. Vous n'imaginez pas à quel point je pouvais passer pour une excentrique, au primaire et au collège. Avec une espèce de fausse réputation. Je devais parfaitement maîtriser l'anglais, sans quoi j'étais conspuée par mes camarades. C'est pour ça : j'ai préféré appeler ma fille Alexiane, ce qui est beaucoup plus passe partout.

Elle essayait de noyer le poisson, en attendant de réfléchir sur le problème qu'elle venait de lui poser. Devait-elle lui dire la vérité? Elle essaya de déformer le tout.

- Je suis ici par nécessité, en fait. J'essaie de soigner un proche. Ma fille. Elle souffre d'un mal inconnu, et il n'y a qu'ici pour qu'elle puisse être soignée.

Elle baissa les yeux. En un autre sens, c'était comme un test pour son interlocutrice : si elle connaissait les moyens technologiques spécifiques à Achaea c'est qu'elle connaissait aussi la structure militaire de l'industrie médicale de la ville... Et avec, les manipulations des mutants. De deux choses l'une, encore une fois : elle pouvait être un membre du gouvernement chargé de la surveiller, ou elle était elle-même une mutante...

- Vous enseignez le français à vos élèves ? À moins que ça ne soit pas en lien avec vos origines ? J'imagine que ça doit être plaisant de pouvoir partager ses connaissances avec des jeunes gens désireux d'apprendre. Enfin, ça doit être les bons côtés ça.

Elles s'étaient assises un peu à l'écart, là où elles seraient tranquilles. Joyce se détendit définitivement. Elle allait répondre à la jeune femme lorsqu'elles furent interrompues par le serveur qui vint prendre leur commande. Elle jeta un coup d'oeil rapide à la carte, ne se préoccupant plus que de son estomac et sa volonté de prendre quelque chose de chaud.

- Un café viennois, s'il-vous plaît !

Elle attendit ensuite que la jeune femme ait commandé avant de reprendre, le sourire aux lèvres, joyeuse :

- En fait, j'enseigne la littérature française. Les pôles sont surtout regroupés dans les universités importantes, comme celle de San Diego, mais j'ai eu la surprise de remarquer qu'elle était enseignée à Achaea, et cela m'arrange beaucoup. Donc je me concentre sur l'histoire littéraire plus que sur les subtilités linguistiques.

Le serveur rapporta les commandes. Elle lui demanda, un peu confuse, si elle pouvait prendre deux ou trois de ces délicieux pancakes qui lui faisaient de l'oeil sous la vitrine. Il lui rapporta en souriant.

- C'est sur que c'est différents du lycée ou du collège. Au moins, ceux qui sont là le désirent réellement, ils n'y sont pas par défaut. Ce qui donne lieu à des échanges beaucoup plus intéressants.

La jeune enseignante avait les yeux brillants d'enthousiasme. Elle adorait parler de son métier. C'était plus fort qu'elle. C'était une passion, une motivation profonde. Un amour puissant pour les lettres. Elle pourrait en parler des heures, s'extasier de la forme des romans d'analyse psychologique. Lorsqu'elle se souvient qu'elle n'était pas dans un amphithéâtre.

- Aherm, excusez-moi, j'ai tendance à m'emballer quand j'ai l'occasion de parler et défendre mon métier. Beaucoup trop de gens mésestiment le poste de professeur, surtout en France, et c'est bien dommage. Et vous, que faites-vous ? Je ne parviens pas à le deviner d'après votre visage et votre tenue. Quoique je ne suis pas très douée là-dedans.

Le cri résonne longuement. Elle est surprise. Elle crie, mais personne ne l'entendra. Elle porte la main à sa gorge et le liquide poisse entre ses doigts blancs. Elle lève les yeux vers l'ombre. Son sourire semble étrangement grand. Comme s'il était écorché. Il saisit sa longue chevelure auburn, la tire vers l'arrière. Elle sent sa peau se déchirer, tandis que le sang gicle à mesure que son pauvre coeur continue de pomper pour alimenter le cerveau. Elle aurait voulu qu'il s'arrête. Arrête-toi, maintenant. Le ricanement de l'ombre parvient pourtant à couvrir le borborygme sanglant.

La jeune femme couvrit sa bouche de sa main, comme si elle allait vomir. Bon Dieu, cette femme était morte. Elle l'avait tuée. Homicide involontaire par négligence. Non assistance à personne à danger. Mais où est-elle? Dans quel coin... Elle devait se forcer, encore un peu, faire face à la vision d'horreur. Elle encouragea mentalement la malheureuse, pour qu'elle garde les yeux ouverts. Le décors se brisa de nouveau.

Sa force vitale la quitte. Elle serre, dans un mouvement convulsif, la blessure béante de sa gorge, dans un élan désespéré pour empêcher le sang de couler. Elle cligne des yeux. Des tâches noires dansent. Allez, allez, tiens bon, donne-moi quelque chose d'utile, que ton corps soit retrouvé, qu'on te donne une sépulture digne... Allez ! Elle tourne la tête vers la gauche, la droite. Son dos est appuyé contre une poubelle métallique, un conteneur vu la taille. Joyce sent les angles agressifs entrer dans son dos, entre ses omoplates. Il faut transcender la douleur qui l'attaque sur les deux fronts. Elle aussi a l'impression de suffoquer. Elle regarde. Une panneau brille dans le soleil, tandis que son regard se fait évanescent. Encore un effort.

Joyce tâtonna, le regard étrangement vide. Elle chercha dans son sac, en sortit un petit bloc notes et un stylo accroché par une ficelle à ce bloc. Elle passa rapidement des pages couvertes d'écritures brouillonnes et arracha une feuille qu'elle posa sur la table. Elle griffonna quelques mots, d'une écriture tremblante mais incisive. Au bord de l'évanouissement, elle le regarda.

- 75, Fleet Street.

Elle regarda la jeune norvégienne, qui devait n'avoir rien compris à l'affaire. Elle avait les yeux embués et ses tempes pulsaient douloureusement. Pourtant, quelque chose avait changé : c'était la vision la plus claire qu'elle ait jamais eu. Elle se leva.

- Il faut que j'aille là-bas, en vitesse.

Stupidement, elle se rendit compte de la situation : elle n'avait aucune voiture, et elle ne savait pas où cela se trouvait. Sans doute dans la banlieue, ou le quartiers des docks... Elle resta debout, les bras ballants, la bouche entrouverte.

- Quelqu'un meurt là-bas.

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I wished I had one more chance to say what really mattered; to say how much I loved you, how grateful I was for every moment I was with you. But by the time I said what I wanted to, it was too late. But you brought me back. You gave me my wish. One more chance to say what I really wanted to say... Kiss me, once more
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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Mer 6 Juil - 18:36

     Sólveig avait été sincèrement surprise lorsqu'elle avait entendu Joyce parler de sa fille et du mal inconnu dont elle souffrait, son visage avait été momentanément traversé par une expression de tristesse. Les enfants qui souffraient ça lui faisait toujours mal au cœur, la brune était déjà très empathique en temps normal, mais lorsque ça concernait des jeunes enfants, l'effet était doublé, voir même triplé. Peut-être son instinct maternel très développé, combien de fois lui avait-on répété qu'elle devait cesse de materner les gens autour d'elle, n'ayant pas d'enfants qu'elle se rabattait sur son entourage bien malgré elle. L'expression de douleur qui avait traversé le visage de Joyce l'avait dissuadée d'aborder le sujet, c'était quelque chose de très personnel après tout et malheureusement certaines maladies – encore à cette époque – étaient inconnues. Quoi qu'il en soit, Achaea était au sommet de la génétique de part le monde, s'il y avait une chose positive dans le combat de cette ville contre les mutants, c'était bien cela. Un mal pour un bien, à force de chercher à décortiquer l'ADN des mutants les chercheurs faisaient aussi des trouvailles qui permettaient d'améliorer le quotidien de bons nombre de malades porteurs d'une maladie incurable. La Norvégienne espéra sincèrement que la fille de la jeune professeur puisse s'en sortir, au moins ce serait un oasis dans ce désert de haine, l'espoir que finalement tout ce que l'Opération faisait n'était pas mauvais et qu'elle ne semait pas seulement la mort et la destruction autour d'elle.

     Quoi qu'il en soit la discussion prenait un tour plus léger alors que le serveur s'éloignait avec les commandes des deux jeunes femmes et que Joyce répondait à la question de son interlocutrice au sujet de la matière qu'elle enseignait. Le regard clair de la Norvégienne se teinta d'intérêt au fil des parles de la Française, la littérature française, elle avait commencé à en lire un peu lorsque son français était meilleur, mais le temps avait effacé ses souvenirs et elle ne se sentirait plus capable de lire le moindre ouvrage en langue originale. La demoiselle était de la vieille école, elle considérait que pour profiter pleinement d'un texte il fallait le lire dans sa langue d'origine. Curtis n'avait pas ce problème lui, il suffisait qu'on lui parle dans n'importe quelle langue et il pouvait comprendre, une vraie chance du point de vue de la Pyrurgiste qui aurait sincèrement apprécié de posséder un tel don. L'herbe est toujours plus verte ailleurs. Elle hocha la tête d'un air entendu alors que le serveur revenait vers eux et que la professeure ajoute quelques friandises à son petit café, puis continua en expliquant que le fait de ne pas enseigner en collège ou dans un endroit ou la scolarité n'était pas forcée, facilitait considérablement la tâche. C'était compréhensible, vu le coût des études de nos jours, les jeunes ne perdaient pas leur temps à regarder le plafond ou à compter les mouches qui volaient dans la classe ! Un bref sourire passa sur les lèvres pleines et exemptes de maquillage de l'avocate alors qu'elle lâchait quelques mots pendant un court silence.

     ▬ C'est compréhensible, je crois qu'ils sont aussi plus matures et donc plus ouverts aux écrits plus profonds. J'ai toujours aimé la littérature française, j'avais commencé à en lire en version originale pendant mes études. Mais mon français s'est détérioré avec le temps ! »

     Elle avait glissé cette dernière phrase en français, plutôt bancal et avec un fort accent Norvégien, mêlé à un peu d'accent Américain, en somme un patois qui ne devait plus guère ressembler au français qu'elle connaissait lors de ses études ! Un léger soupir lui échappa alors, elle se désolait souvent d'avoir été assez stupide pour oublier de s'entraîner, la perte d'une langue était toujours désolant, peut-être que si elle demandait de l'aide à Curtis il pourrait l'aider à régler tout cela ? Mais il avait besoin d'un interlocuteur sachant correctement parler, c'était une partie de son pouvoir plutôt gênante. Joyce s'excusa alors, expliquant qu'elle avait tendance à s'oublier lorsqu'elle défendait son métier, ce qui dessina une expression amusée sur le visage de l'avocate qui ne pouvait que comprendre cette raison, elle-même agissait de la sorte ! Elle aurait été bien stupide de railler son interlocutrice et surtout bien hypocrite. C'est alors que la française lui retourna la question, lui demandant de plus amples renseignements sur son métier. Sólveig avait avalé quelques gorgées de son thé et elle s'apprêtait à répondre lorsqu'elle se ravisa. Son regard céruléen fut un instant troublé alors qu'elle vit l'expression de Joyce changer. Elle semblait fixer le vide à la manière d'une aveugle, regardant devant elle sans pour autant voir l'avocate qui lui faisait face. Cela dura quelques instants, la Norvégienne fronça les sourcils en reposant rapidement sa tasse sur la soucoupe avant de s'adresser à la professeure d'un ton calme, mais assez ferme pour essayer d'attirer son attention, en vain.

     ▬ Joyce ?! Quelque chose ne pas va ? Vous avez besoin d'aide ? »

     La jeune femme tâtonna alors autour d'elle, attrapant son sac pour en sortir un bloc-note et un stylo avant de feuilleter rapidement les pages pour finalement en arracher une vierge et tracer quelques mots dessus avant d'y baisser les yeux. Une étrange impression serra le cœur de l'avocate qui pensait reconnaître les manifestations de vision dont elle avait été témoin avec Elena, l'Oracle de l'Opération Genesys. Ses visions lui apparaissait de la même manière, un trouble, les mains tremblantes, le regard vide et fixe devant elle, est-ce que Joyce était une mutante capable de voir l'avenir ? C'était une possibilité en effet, le regard qu'elle lui lança prouvait clairement que c'était un fait éprouvant. Elle se redressa avec rapidité avant de déclarer qu'elle devait s'y rendre, puis resta debout un instant avant de lâcher une phrase qui fit frissonner l'avocate, quelqu'un mourait. Sólveig n'hésita pas une seule seconde, le serveur revenait juste vers eux en tenant les pâtisseries commandées par Joyce, il regarda cette-dernière d'un air un peu surpris, elles venaient juste d'arriver et elle semblait avoir l'air de vouloir s'en-aller. La Norvégienne se redressa à son tour, attrapa son sac et glissa sa main dedans pour en tirer un porte-monnaie avant d'en extraire un billet qu'elle déposa sur la table, cela payait très largement les consommations et le pourboire du serveur qui ne semblait rien comprendre à la scène. Il leur demanda si quelque chose les avait dérangées et alors que la brune était en train de glisser à nouveau son porte-monnaie dans le sac qu'elle ferma machinalement, elle lui lâcha quelques mots en lui offrant un sourire qui se voulait rassurant.

     ▬ Tout était parfait, mais nous avons une urgence, prenez le supplément pour vous et mangez donc les pancakes ça ne vous fera pas de mal ! »

     Elle se glissa aux côtés de Joyce avant d'attraper le papier sur la table, y jeter un coup d'œil puis le fourrer dans les mains de la jeune professeure en lui faisant un signe de la tête pour qu'elle la suive. La chance de la brune était d'être grande de nature, elle ne portait jamais de talons – ou très rarement – et pouvait donc sans peine marcher rapidement sans risquer de se tordre la cheville. De plus elle était en civil et profitait pleinement de ce repos pour passer des habits moins gênants. Une fois dans la rue devant le café, elle regarda Joyce d'un air calme avant de lui dire quelques mots.

     ▬ Allons voir là-bas, j'ai une voiture ça ira beaucoup plus rapidement que si vous devez emprunter des bus. »

     Sólveig ouvrit les portières de la voiture à distance et les deux jeunes femmes se glissèrent dans le véhicule avant que sa propriétaire ne la démarre rapidement et prenne la direction de la sortie du parking tout en attachant sa ceinture de l'autre main. Une chose qui n'arrivait généralement jamais, mais l'avocate avait appris à faire confiance aux personnes lorsque son instinct le lui disait. Et là c'était le cas. Engagées dans la circulation à bord de la petite voiture, les deux jeunes femmes restèrent silencieuses un instant avant que la plus jeune des deux ne se décide à le briser.

     ▬ Je ne suis pas sûre de ce qui c'est passé, mais je voulais que vous sachiez que j'ai déjà vu plusieurs personnes douées de visions lorsqu'elle en recevait une. Si je ne me trompe pas et que vous souhaitez en parler, vous pouvez compter sur moi. Elle marqua une petite pause. Je ne vous l'ai pas dit, je suis avocate et je défends principalement les intérêts des mutants. »

     La circulation était assez dense à cette heure de la journée et la jeune femme faisait de son mieux pour éviter de tomber dans les bouchons, à force de circuler en voiture elle prenait l'habitude d'emprunter les ruelles les plus désertes. Sa voiture était dotée d'une sécurité qui faisait en sorte que les portes se bloquaient automatiquement dès qu'elle commençait à rouler, elles seraient donc passablement en sécurité. Alors qu'elles arrivèrent en vue de la ruelle concernée par la vision de la jeune professeure, l'avocate regarda dans les environs, cherchant la moindre trace d'agression, de policiers ou de quoi que ce soit, mais rien n'était visible. Elle s'humecta les lèvres avant de reprendre la parole.

     ▬ Est-ce qu'il y a une raison de croire qu'on risque d'être en danger ? Je peux toujours nous défendre si jamais, mais je voudrais savoir à quoi m'attendre. Elle regarda rapidement la jeune femme à ses côtés, son don pouvait permettre de se défendre même si elle rechignait à l'utiliser. Pendez-vous que nous devrions appeler la police ? »

     Après tout elle devait savoir si elle pouvait ou non faire confiance à son don. Si tel était le cas, elles ne perdraient rien à le faire, mais encore fallait-il pouvoir les convaincre de venir, bien que Sólveig ne s'inquiétait pas de ça. Elle regardait dehors de temps en temps et déclara à Joyce qu'elle devait hurler si jamais elle voyait quoi que ce soit de suspect.

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Joyce H. D'Anceny
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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Ven 15 Juil - 21:29

La situation pouvait presque prêter à sourire. Dans un état second, Joyce souriait intérieurement. Deux - superbes - jeunes femmes arrivaient dans un café dans l'optique de se repaître de pâtisseries et boire un bon café, et d'un seul coup, sans raison aucune, l'une d'elle bondissait sur son séant, comme une possédée. Elle marmonnait quelque chose, puis manifestait l'intention de partir. Et partir vite. Comme si une colonie de moisissures avait eu l'intention de prendre le contrôle du délicieux pancake qui miroitait paresseusement sous la vitrine. Cette femme avait certainement un problème.

Sauf que cette femme était Joyce et qu'elle était grée à sa jeune interlocutrice de bien préciser que tout allait bien - enfin, théoriquement, puisqu'aucune d'entre elles n'avait trempé ses lèvres dans le gobelet de carton - à l'infortuné serveur, qui devait bien se demander ce qui se passait. Joyce comprenait, comme si elle n'était plus vraiment dans son corps et qu'elle regardait la situation avec le recul d'un spectateur, que la jeune norvégienne puisse être à la fois surprise mais aussi déçue par son comportement. Après tout, elles étaient en train d'aborder une conversation des plus intéressantes, et que Joyce appréciait d'autant plus que son interlocutrice était loin d'être un de ses collègues qui passaient leur temps à geindre sur leur situation particulière plutôt que sur le système scolaire américain, sinon mondial.

Sólveig apportait une dose de fraîcheur à la discussion que la jeune femme ne pouvait pas ignorer et trouvait d'autant plus agréable. Et honnêtement, tailler une bavette avec une avocate était peut-être plus enrichissant que d'entendre le discours rabattu et terne d'un prof blasé par sa condition. Elle était souriante, et son sourire était communicatif. Elle faisait d'ailleurs des efforts pour parler la langue de Molière, ce qui était toujours agréable. Et pour une fois qu'un natif d'un autre pays ne lui sortait pas les clichés du genre "baguette" ou "soupe du jour", cela faisait reéllement du bien. D'ailleurs, elle lui fit remarquer, avec un sourire.

- Si cela fait des années, je trouve que vous vous en sortez bien, votre syntaxe est correcte. Et l'accent a quelque chose de charmant : il n'est pas aussi mécanique que mon accent scolaire.[/i]

Elle eut un léger rire. En regardant la prunelle des yeux de la jeune femme s'illuminer, elle eut le sentiment que la conversation serait placée sous les meilleures auspices : Sólveig semblait être atteinte du même virus professionnel qu'elle. C'était un point positif : avec la passion de son métier, quel que soit l'obstacle, aucun risque que cela tourne mal, dans le sens le plus dramatique du terme. Et cela repoussait le risque de s'enfermer dans une routine barbante, qui finissait par endormir les gens. Non, il y avait du renouveau, de l'espoir, mais aussi des grosses déceptions, et c'est dans ces émotions intenses que l'on trouvait le plaisir d'exercer un travail : on s'y sentait vivre, sans le subir.

Sauf que désormais, la situation n'était plus au sourire ni à la conversation agréable sous un lustre. Tandis que sa vision l'assaillait, elle voyait sans la voir, aussi paradoxal que cela puisse paraître, Sólveig qui s'agitait devant elle pour la ramener à la réalité. Jusqu'ici, elle avait échoué. Peut-être que si elle enlevait le haut elle /ZBAFF/... Non, ça ne marcherait sans doute pas, un peu de sérieux. Progressivement, elle acceptait la vision. Il lui fallait agir. Elle ne pouvait pas rester insensible. D'autant plus qu'elle ressentait la vision avec une profonde acuité. Comme si la victime n'était vraiment pas loin.

La jeune femme devait agir, pour une fois qu'elle n'avait pas le sentiment que le meurtre avait lieu à 1200 kilomètres sur la côte est. Peut-être n'était-il pas trop tard pour la malheureuse qui était en train de se faire égorger, quoiqu'elle en doutait. Mais elle avait dans le coeur la quasi certitude qu'elle pouvait faire quelque chose pour que ce meurtre soit puni. Car à moins d'être un mutant doué du don d'ubiquité, le meurtrier ne pouvait pas filer plus rapidement que la lumière hors de la ville, aux proportions importantes.

Elle aurait sans doute dû composer le 911, comme dans les films. Mais comment justifier sa vision ? Elle imaginait la conversation dans le genre surréaliste : "Oui, excusez-moi, j'étais en train d'essayer de manger un pancake, quand soudain, sainte Thérèse de Lisieux est venue toquer à ma porte pour me dire qu'une nana se faisait égorger. Bien sûr, je n'ai rien réellement vu, rien entendu, mais je sais juste que... Allô?". Il fallait agir. Et s'émanciper de l'autorité des Apocalypto ou des flics simples d'Achaea... Quelle vengeance, quelle jouissance !

Elle reprit peu à peu ses esprits et reconsidéra l'environnement, en le prenant en compte dans sa progressive totalité. Elle remarqua que sa jeune amie s'agitait et prenait les mesures nécessaires pour la sortir efficacement de sa torpeur. A elle de suivre le mouvement et de s'adapter, afin d'être la plus efficace possible. Ce qui ne fut certainement pas le cas lorsqu'elle resta debout, les bras ballants, tout simplement d'apparence stupide et inappropriée. Allez, D'Anceny... Fais quelque chose !

Ainsi, notre chère héroïne était fort peu héroïne à cet instant, comme l'aurait écrit quelques siècles auparavant un certain Henri Beyle dit Stendhal. Jusqu'à ce que sa compagne d'infortune, involontairement embarquée dans l'affaire, ne décide de lui rappeler qu'elle disposait d'un moyen de locomotion. Oh, joie ! Cela ramena la jeune française à la réalité. Avec un regard d'excuse envers Sólveig, elle accepta l'aide. La pauvre ne devait sans doute pas s'attendre à cette réaction de la part de la française, à moins d'être devin, mais là, ce serait un peu l'hôpital qui se moque de la charité.

Elle conduisait extrêmement bien, malgré la circulation. Mais ce qui avait frappé le plus la jeune française n'était pas cette conduite souple. Non, ce n'était pas parce qu'elle avait encore des nausées ou que son coeur cognait à cent à l'heure dans sa poitrine. Les paroles de Sólveig l'avaient simplement renversées sur son siège. Quoi? Avocate pour les mutants? Des visions? Des... Hein? Elle la regarda, complètement incrédule. Et se sentit, encore une fois en l'espace d'une dizaine de minutes, très stupide. Comment pouvait-elle croire qu'elle était la seule, et que personne ne connaissait vraiment leur cas? Elle était juste simplement complètement ancrée dans son petit monde et ne prenait pas assez de recul.

- Je... Avocate pour les mutants?

Elle était acculée, et de toute façon, elle ne pouvait pas mentir. Une fois qu'on avait remarqué cela, il était impossible de nier. C'était Joyce qui était bluffée, et elle venait de perdre toutes les cartes qui lui auraient permise de nier toute la chose. Elle planta son regard clair, les yeux ronds, sur la voiture qui se traînait devant et balbutia rapidement.

- Des visions? Euh... Non, vous ne vous trompez pas. Oh mon Dieu. Mais vous me prenez au sérieux? Je veux dire... Personne... A part les flics... Et ils se fichent de... Vous me croyez vraiment? Woah.

Mais devait-elle pour autant tout lui balancer? Non, c'était inutile. Elle ferait encore un truc incompréhensible, sans ponctuation, cela n'aurait pas de sens. Et puis ce n'était pas le moment de tailler une bavette sur son don ! Une vie était entre ses mains, ou du moins, la justice quant à un crime commis. Elle sortit en trombe de la voiture, tandis que ses maux de tête s'intensifiaient. C'était un peu le baptême du feu : rarement elle avait eu l'occasion de se rendre elle-même sur les lieux d'une vision. Et puis elle s'approchait, plus elle avait l'impression que ses tempes allaient se fendre pour laisser couler sa cervelle brûlante à l'air libre. Mais pour l'heure, place à l'action.

- Oui, c'est bien ici...

Elle reconnaissait la luminosité, les pierres, la flaque d'eau sale sur le sol, qui reflétait les escaliers de secours des immeubles qui formaient la ruelle. Une poubelle. Pas de traces de luttes. Elle fut saisie d'un vertigineux doute : et si elle avait paniqué pour rien? C'était encore fort possible... Mais bon, le doute n'allait tuer personne, elle pouvait très bien se tromper. Son regard, de nouveau, se fit lointain, comme si elle était aveugle. Elle avança instinctivement les mains, se laissant envahir par les impressions.

Elle se tourna vers Sólveig, son regard hagard, et murmura, d'une voix fragile, un peu d'outre-tombe, mais pas trop, parce que sinon c'est cliché :

- Non, ne vous inquiétez pas. Il n'est plus sur les lieux, le salopard.

Il fallait désormais trouver un corps. Sinon, elle passerait pour plus idiote qu'elle n'était déjà, et merci l'image de qualité de la prof de littérature comparée.

- Et n'alertons pas les forces de police pour rien... Tant que nous ne sommes pas sûres.

Elle errait. Elle baissa les yeux. Dans la pénombre, elle ne distinguait pas grand-chose. Puis, sa chaussure glissa légèrement. Ses doutes se confirmaient. Elle surmonta sa répugnance et explora plus profondément. Elle fit machinalement un panorama, sans pour autant plus voir. Elle s'approcha de la poubelle, et sans prendre plus de précaution, comme mue par une force extérieure, ignorant les principes de prudence quant à la transmission de ses marques biométriques, elle ouvrit la poubelle en acier qui se trouvait près du mur. Sans regarder, elle tendit la main et la plongea dans la poubelle. Les ordures effleurèrent la peau de sa paume, et elle produisit une grimace. Elle fouilla toutefois, pour en avoir le coeur net. Soudain, sa main rencontra un morceau de tissu rembourré, légèrement tiède. Son visage se décomposa. Sa voix n'avait plus rien de normal, éthérée, comme un augure qui délivre sa prophétie.

- Personne n'a entendu crier, pourtant. C'était quelque chose comme un vieux coupe chou. Un rasoir, peut-être. Pas un couteau, qui ne serait pas assez aiguisé. Il a visé directement la carotide, sans faire d'autres procès. Il est droitier. Elle ne le connaissait pas, mais elle ne s'est pas méfiée. Peut-être droguée. Par contre, lui, il la connaissait. Il pouvait prédire ses trajets. Je...

D'un coup, elle fit trois pas en arrière, en vacillant, retrouvant avec violence la réalité. Elle avait vécu chacun de ces détails, et cela avait grandement attaqué sa sanité. Elle tituba, s'accrocha au mur, la tête baissée vers le sol, les lèvres serrées en une mince ligne. Elle était à deux doigts de perdre connaissance, son énergie réduite à zéro. Le corps était encore chaud. Elle garderait encore un long moment la sensation funeste sous sa paume tremblante.

- Je... Je vais appeler les flics. Une ambulance. Le 911. Vaudrait peut-être mieux pas que vous trainiez ici. Si vous vous intéressez aux mutants... Vous ne devez pas être en odeur de sainteté...

Elle offrit un pauvre sourire à la jeune femme. Son regard témoignait d'une tristesse profonde.

- Vous avez vu, Sólveig. C'est ce que je sais faire...


Elle se dirigea vers le mur, s'appuya de nouveau, en respirant profondément, les larmes aux yeux. Elle sortit son téléphone et composa très lentement le 911.

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Sólveig K. Bjørn
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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Dim 17 Juil - 12:49

     La déclaration de Sólveig au sujet de son métier perturba pas mal la jeune professeure, ce qui était plutôt logique si elle-même était mutante, comme la Norvégienne l'avait imaginé en voyant les vertiges qui venaient soudain de la prendre. Elle balbutia quelques instants avant de chercher à détromper son interlocutrice avant de s'étonner qu'elle la prenne au sérieux. Malgré la situation plutôt alarmante, la brune esquissa un léger sourire, ce n'était rien de très surprenant pour elle, il y avait belle lurette qu'elle avait cessé de s'étonner de ce que la nature pouvait créer, elle-même était capable d'envoyer des boules de feu et de pouvoir contrôler ce-dernier, pourquoi serait-il étonnant qu'une autre personne ait la chance de pouvoir voir des bribes d'un futur plus ou moins proche ? Il fallait s'adapter à la période où l'on vivait et c'était ce que l'avocate faisait. Celle-ci gara la voiture à une place qui permettait de sortir sans trop de peine – et surtout de ne pas se faire embarquer le véhicule entre-temps – puis Joyce sortit à toute vitesse de la coccinelle avant de regarder autour d'elle. Sólveig se glissa rapidement hors de son siège avant de refermer la porte derrière elle puis s'approcha de la professeure qui murmura que c'était bien l'endroit qu'elle avait vue dans sa vision. La trentenaire tendit la main vers le véhicule avant d'appuyer sur le bouton de sa clé et les portières se verrouillèrent avant que les jeunes femmes ne commencent à observer les environs. Glissant sa clé dans son sac, les yeux céruléens de la brune se posèrent sur Joyce qui avança ses mains devant elle comme si elle cherchait quelque chose, puis se tourna finalement vers elle afin de la rassurer en déclarant qu'il n'était plus ici.

     Ça ne la rassurait pas entièrement parce que si l'homme était parti, cela signifiait obligatoirement qu'il en avait terminé avec sa victime et par conséquent, que celle-ci devait être morte quelque part dans le coin. Ou peut-être agonisait-elle simplement ? Sólveig se maudit intérieurement de ne pas avoir de bases plus poussées en matière de gestes de premier secours, elle savait à peine faire quelques petits gestes sans grande utilité. Joyce la tira de ses pensées en déclarant qu'elles feraient mieux de ne pas appeler la police tout de suite et qu'il valait mieux être sûres de ce qu'elles avançaient, mais aux yeux de l'avocate si la mutante face à elle en était persuadée, c'était amplement suffisant. Elle avait fini par faire confiance très rapidement aux dons des autres personnes, peut-être tout simplement parce qu'elle savait que l'instinct était très souvent plus utile que le reste, il était vrai que son statut de mutante l'y aidait beaucoup d'un autre côté. La trentenaire observa alors Joyce qui regardait autour d'elle avant de baisser les yeux, puis de s'approcher d'une grosse poubelle dont elle souleva le couvercle avant de plonger sa main dans le contenu. Loin d'être dégoûtée, la brune sentit une vague d'inquiétude la submerger et si elles trouvaient un cadavre, comment est-ce qu'elles feraient ? Oh, expliquer leur arrivée ici et le fait qu'elles avaient trouvé un cadavre encore chaud ne serait pas vraiment difficile, après tout Sólveig était - malheureusement - habituée à cela depuis qu'elle était avocate, elle avait vu bien pire. Bêtement, la Norvégienne espéra que sa collègue s'était trompée, mais le visage qu'elle arbora soudain lui expliqua que ce n'était pas du tout le cas.

     Ses paroles étaient effrayantes, elle parlait comme si elle connaissait très exactement ce qui c'était passé, ce devait être absolument affreux d'assister à la mort d'une personne sans parvenir à la sauver pour autant. Se mordant la lèvre inférieure dans un geste d'impuissance, la brune observa Joyce et s'approcha soudain d'elle lorsqu'elle recula pour s'accrocher au mur comme si elle venait de comprendre qu'elle avait découvert un cadavre. La jeune professeure lui conseilla alors de ne pas traîner dans le coin étant donné qu'elle était du genre à protéger les mutants, puis son regard se troubla et elle commença à composer le 911 sur son téléphone, juste avant que sa compagne ne posa sa main sur le téléphone pour qu'elle cesse. Un regard bienveillant filtrait des yeux clairs de la Norvégienne alors qu'elle se débrouilla pour installer Joyce sur le sol, dos au mur au cas où elle faisait un malaise, puis s'accroupit à ses côtés avant de prendre la parole d'un ton posé, celui de l'avocate qui rassurait quelqu'un en état de panique, elle savait comme gérer ça alors elle allait se rendre utile.

     ▬ Joyce, je vais rester avec vous, déjà parce que je vous ai proposé de vous accompagner ici, puis parce que je sais comment gérer les policiers trop curieux. Je ne vais certainement pas vous laisser tomber alors que vous êtes dans un tel état. Laissez-moi appeler les secours, je m'occupe de ça. En attendant, essayez d'inspirer normalement pour vous calmer si vous le pouvez. »

     C'était facile à dire en effet, mais moins facile à faire par contre, la jeune femme se redressa et s'approcha rapidement de la poubelle pour jeter un coup d'œil à la femme qui se trouvait allongée. Elle avait les yeux ouverts et n'était visiblement plus vivante, Sólveig revint auprès de Joyce avant de glisser sa main dans son sac pour en sortir son téléphone avant de composer le 911. Elle attendit que ça sonne, une première fois, puis une seconde et une vois masculine se fit entendre, professionnelle et rassurante, le type de personne qui devait pouvoir apaiser quelqu'un en panique à l'autre bout du fil. Il lui demanda si elle avait besoin d'aide et lui signala que son appel était enregistré, puis la trentenaire expliqua rapidement la situation, observant de temps en temps Joyce à ses côtés.

     ▬ Je suis au 75, Fleet Street avec une amie, nous avons trouvé une femme qui a visiblement été tuée, je ne crois pas qu'elle soit encore en vie, il faut envoyer quelqu'un pour s'occuper de ça. »

     L'homme lui demanda alors quel était l'état de la victime, la brune décrit rapidement ce qu'elle avait vu en précisant qu'elle n'avait pas regardé de plus près pour des raisons qui lui semblaient évidentes, puis avant de raccrocher, l'homme lui demanda finalement si son amie ou elle-même avaient été blessées. La Norvégienne hésita un bref instant avant de répondre que son amie avait été passablement choquée par sa découverte, mais qu'elle s'occupait d'elle. Il déclara que les secours et la police étaient envoyés immédiatement et qu'elles devaient juste patienter pour que les autorités trouvent l'endroit exact. La jeune femme raccrocha et rangea son téléphone dans son sac avant de soupirer longuement, puis elle s'accroupit une nouvelle fois aux côtés de la malheureuse Joyce avant de lui attraper la main pour la serrer dans un geste rassurant. C'était la première fois qu'elle arrivait sur le lieu d'une vision, ça avait de quoi déstabiliser. Sólveig devait malheureusement aborder un sujet plutôt gênant.

     ▬ Joyce, je suis navrée de vous demander ça, mais si je dois m'occuper de fournir une explication je dois savoir quelque chose. Est-ce que les autorités sont au courant de votre don, ou est-ce que vous ne parlez de cela à personne ? Je peux dissimuler le fait que ce soit votre vision qui nous a amené ici si jamais, mais je dois savoir ce que je peux dire et ce que je dois passer sous silence. »

     Oh, elle ne mentirait pas, elle passerait simplement par des chemins détournés et expliquerait tout cela avec d'autres raisons que celles qui étaient réellement en vigueur. Si Joyce ne souhaitait pas être mêlée à tout cela, la Norvégienne n'aurait aucune peine à détourner l'attention d'elle, mais bien évidemment, il fallait encore que la jeune professeur désire confier cela à une femme qu'elle venait à peine de rencontrer. Si Joyce collaborait avec les autorités, elle n'avait peut-être aucune envie que tout le monde le sache, surtout une femme qui défendait les mutants. Sólveig ne s'arrêtait pas à si peu, mais après tout la Française ne le savait pas. Très au loin, les sirènes commençaient à se faire entendre.

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Joyce H. D'Anceny
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MessageSujet: Re: Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1 Ven 26 Aoû - 9:39

La jeune femme se trouvait dans une situation délicate, comme elle en avait la fâcheuse tendance en ce moment. Dans un premier temps, elle avait toujours du mal à faire face à ses crises. Les policiers qui l’interrogeaient – enfin si on pouvait réellement appeler cela « interroger » -, en particulier ce vieil Huxley, trouvaient que son don était quelque peu « amusant ». Après tout, n’y avait-il rien de plus amusant en effet que de se mettre dans la peau de victimes de morts violentes, ou d’être prise de vision morbide ? C’est un peu comme le cinéma en 3D, mais en mieux et sans avoir à débourser une douzaine de dollars pour assister au spectacle ! Ils n’avaient aucune idée de la souffrance physique engendrée par ses visions. Ce vertige persistant, cette sensation de flotter puis de tomber, une chute sans fin dans un océan de visages inconnus qui demandaient son aide. Cela faisait finalement peu de temps qu’elle se trouvait à Achaea pour aider la police – si aider devenait un acte forcé, évidemment -, mais combien de corps avait-elle déjà trouvés ? Combien de fois, les yeux fermés, avait-elle rencontré la main tiède de quelques cadavres inconnus, mais qui rejoignaient bien vite sa collection personne de fantômes ? Elle ne saurait dire. Sans doute trop pour elle.
En plus de cette douleur, de cette espèce de lassitude qui étreignait son cœur, il y avait cette situation nouvelle, cette sorte de coming-out forcé dans le monde des mutants. Joyce n’acceptait toujours pas ce fait. Non par souci du regard des autres – après tout, elle était prof, si elle commençait à se soucier du regard d’autrui, elle n’était pas sortie… -, mais simplement parce qu’elle se sentait responsable de ce qui arrivait à sa petite. Elle pensait qu’en elle son code génétique avait quelque chose de pourri, d’anormal, de répugnant. Et là, elle était dévoilée, assez facilement, sous le regard de quelqu’un qui lui était parfaitement inconnu quelques heures auparavant. Comment cela était-il arrivé ? Comment pouvait-on considérer sa mutation comme une bénédiction ? Elle savait pertinemment qu’elle se marginalisait elle-même, de son propre chef, et que cela lui coûterait très cher, un jour. Ce jour n’était pas encore venu, mais une petite voix lui susurrait régulièrement à l’oreille, pleine d’ironie, qu’il viendrait et qu’elle ne pourrait rien faire. Cela venait aussi de son « éducation » mutante, en tout cas de son expérience : elle pensait que les mutants étaient des personnes aussi isolées qu’elle, agissant dans des situations désespérées, sans alliés.

Pourtant, ses différentes rencontres, bien réelles et non fantasmées à travers des articles de journaux et autres news télévisées, lui prouvaient le contraire. Elle se sentait pour autant encore vulnérable et assez marginale pour continuer à essayer de protéger son secret.

L’avocate, avec son sourire et sa démarche assurée, elle n’était visiblement pas un danger, ou une sorte d’agent de police sous couverture chargée de surveiller les faits et gestes de notre française. Elle avait appris à se méfier de tout le monde, mais il venait un moment où elle était trop lasse, ou encore que la situation ne se prêtait pas tellement à ce jeu. D’ailleurs, dans sa transe, elle avait senti que sa jeune accompagnatrice n’avait pas hésité à mettre la main à la pâte, avec une sorte d’habitude qui décontenança l’enseignante. Mais en un sens, cela la rassurait. Elle avait le sentiment qu’elle pouvait voir dans la personne de la norvégienne une excellente alliée. Mais en progressant, elle eut l’impression qu’elle pouvait l’effrayer. Son pouvoir était malsain. Elle n’était pas médium, mais on pouvait croire qu’elle était une sorte de folle éthérée qui délivrait des prophéties macabres, comme un oiseau de mauvais augure, une Cassandre post-moderne.

Pourtant, elle n’avait pas cillé, rien. Elle s’était même approchée pour lui offrir du soutien, en l’empêchant de finir la composition du numéro – et elle avait fait vite, parce que trois touches à enfoncer ne réclamaient guère de temps. Sans trop comprendre le comment du pourquoi, puisqu’elle était encore dans les vappes, la jeune femme se trouva dos au mur, Sólveig à ses côtés, et sa voix rassurante l’engloba toute entière, calmant les battements de son cœur affolés. Elle lui disait qu’elle savait gérer les policiers, que tout allait bien se passer, qu’il lui fallait lui faire confiance. Confiance… Joyce inclina légèrement la tête, les yeux mi-clos. Elle décida de rendre les armes, et d’accorder, au moins momentanément, une parfaite confiance à l’avocate. Une profonde lassitude affligeait ses membres et l’envie pressante de retrouver son lit après une bonne douche se faisait largement ressentir. Mais non, seigneur Dieu, elles avaient un cadavre sur les bras ! Elle essaya de se ressaisir, tout en captant les paroles de l’avocate à travers le brouillard de sa pensée.

Elle savait comment cela se passerait. Elle voyait déjà les sirènes bicolores répandre leur lumière aveuglante sur les murs sales de la ruelle. Elle voyait les policiers débarquer, les ambulanciers charger le corps, puis éteindre les sirènes : il n’y avait plus aucun secours à prodiguer. La police scientifique, les clichés, les interrogations, qu’est-ce que vous faisiez-là, pourquoi fouiller des poubelles, vous avez vu quelque chose, vous avez entendu quelque chose, vous êtes responsable de quelque chose ? Les inspecteurs qui ne connaissaient peut-être pas Joyce ne pouvait pas savoir, évidemment. Peut-être seraient-ce des gens du commissariat de quartier, et pas la brigade homicide qu’elle connaissait relativement bien. Ou peut-être que justement, ils allaient faire débarquer Larkins et ce vieux Huxley. Il triompherait : alors poupée, tu viens plus à tes rendez-vous ? Tu vois, même en essayant de nous échapper, tu n’y arrives pas. Vaudrait mieux que tu restes bien au chaud dans les locaux, ma cocotte, ça t’évitera de te vomir dessus. C’est pas pour toi les cadavres, hein ? Et il éclaterait de rire. Il l’humilierait sans aucun doute en face de sa nouvelle amie et Joyce serait plus basse que terre. Non, cela n’arriverait pas.

Elle se remit péniblement debout, en s’appuyant contre le mur. Dans son regard bleu, on pouvait clairement voir à la fois la reconnaissance que la jeune femme éprouvait pour sa compagne et aussi une nouvelle détermination. Une sorte de courage un peu vacillant mais l’intention était là.

- Il faut qu’on trouve un alibi en béton pour avoir ouvert une poubelle dans une ruelle sombre, sale et très peu romantique.

Elle s’éclaircit la voix pour se donner de la contenance. Ce ne serait finalement pas trop compliqué. Ensuite, les traces de doigts de Joyce seraient facilement expliquées par la terreur de la découverte : il y avait bien des flics qui eux-mêmes laissaient des traces derrière eux, surtout ceux qui n’étaient pas initiés. Elle avait appris tout cela de sa grande science des policiers et autres séries américaines pur jus. Donc cela restait théorique mais néanmoins probable. Elle jeta son paquet de cigarettes dans la poubelle, simplement, en prenant soin de bien le triturer auparavant.

- Voilà, il n’y a plus qu’à attendre le grand méchant loup. Pour répondre à votre question… Oui. Les autorités sont… Très au fait de ma malédiction. Tellement qu’ils ont trouvé cela drôle de m’obliger à travailler avec eux. Ne prenez pas la peine de dissimuler quoi que ce soit si le chargement de flics provient du commissariat central. Ils me connaissent bien. Les autres moins, dans ce cas, vous n’aurez même pas besoin de dire quoi que ce soit : ils sont assez stupides pour montrer leur ignorance.


Son regard clair s’arrêta sur le corps de la femme, la gorge ensanglantée béant comme un second sourire morbide. Joyce inspira difficilement et secoua la tête. Sa décision était prise : elle vengerait cette pauvre femme. Elle s’approcha d’elle, et tandis que ses pas s’enfonçaient dans la crasse de la rue, un éclair blanc vrilla son cerveau.

- Qu’est-ce que…

La pièce est sombre. Mon regard porte sur son intégralité. Quelques morceaux de meubles se détachent. J’approche malgré moi. Je me regarde dans le miroir. Je ne suis pas moi. Je est un autre. Je est la femme assassinée. Instinctivement, je déteste mon reflet. Je le hais de toute mon âme. Je le hais encore plus que moi, Joyce H. D’Anceny. Il y a quelque chose dans mon sang, quelque chose qui bourdonne et que je déteste. Le Don. Il est là aussi. Je me déteste parce que le soleil ne veut pas de moi. Je me hais parce que je ne suis pas comme les autres.

La jeune femme pose un genou sur le sol, et lève les yeux vers le ciel, embués de larmes cristallines, les lèvres entrouvertes sur ses dents serrées. Ses mains se lèvent à leur tour, au niveau de ses épaules.

Je ne suis pas seule. Il y en a d’autres avec moi. Tellement d’autres. D’autres qui attendent le jugement. D’autres qui ne savent pas vivre. Rendez-moi ma liberté. Délivrez-moi du mal. Je ne suis pas seule.


Brutalement, la jeune française retrouva la réalité. Elle baissa la tête, essuya ses yeux, hébétée. Les policiers étaient là, interdits, tandis que Sólveig leur donnait les indications nécessaires, avec une précision professionnelle admirable.

- Mademoiselle ?

La main se pose sur son épaule tremblante. La jeune femme se relève et fait face à l’homme, un peu perdue. C’était un jeune policier, sans doute tout frais promu hors de l’académie de police. Il semblait aussi fragile qu’elle. Elle ne put s’empêcher d’esquisser un sourire intérieur.

- Vous allez bien ?
- Oh… C’est sans doute le choc… Ne vous en faites pas… Je me sens bien… Peut-être un peu de sucre…


Elle lui offrit un sourire charmant, d’ordinaire celui qu’elle réserve à l’élu de son cœur, mais là il fallait jouer un peu au cinéma. Comme prévu, il lui répondit avec la même attitude : c’était gagné.

- Je vais vous en chercher, les ambulanciers doivent bien en avoir.
- Merci. Vous allez prendre ma déposition ? Elle n’est pas longue.
- Oui, bien sûr, c’est seulement dans le cas où vous auriez vu quelque chose de suspect dans les environs.


Avec un nouveau sourire de vierge effarouchée, elle lui donna sa version des faits, sans rien mentionner : si elle avait du sang sur les doigts, ou si peu, c’est parce qu’elle avait vérifié à la jugulaire si elle était encore vivante, ce qui a été vérifié par la trace de ses empreintes qui s’étaient imprimées sur la peau pâle de la morte. Elle se promenait ainsi avec son amie, en discutant de tout et de rien – encore heureuse que la rue n’étaient pas non plus la plus isolée de la ville. Et elle avait eu envie de jeter son paquet de cigarettes. Aucune mention du fait qu’elles s’étaient échappées comme des furies de la cafétéria près de la fac. D’ailleurs on ne lui demanda pas non plus de précision sur son emploi du temps. Elle jouait le jeu, répondant avec les pauses nécessaires pour faire croire à la sincérité – qui n’était finalement qu’à moitié dissimulée -, après des années de théâtre, ce n’était que juste récompense.

- Je vous remercie de votre coopération, madame. Voici ma carte, si quelque chose vous revenait en mémoire.
- Merci, officier…


Elle lut le nom sur la carte. C’était un point en plus, surtout pour les jeunes premiers de classe, qu’un citoyen retienne leur nom : ils en bombaient davantage le torse.

- … Lawson.

C’était gagné, il avait rougi. Il fit signe à ses gars de laisser les civiles de côté. Joyce s’approcha de Sólveig.

- On peut y aller.
Elles sortirent de la rue. Elle se tourna vers elle.

- Je vous jure que je ne vais pas laisser cela ainsi. Plus jamais.

Elle fouilla dans sa poche et griffonna rapidement son nom sur une carte, avec son numéro de téléphone portable.

- Si jamais vous avez besoin de moi… Ou pour des nouvelles. Je vous fais confiance, Sólveig.

Du coin de l’œil, la jeune femme avait remarqué la voiture noire qui était garée. Elle baissa légèrement la tête.

- Je dois vous laisser. J’aurais aimé que nous nous soyons rencontrées en d’autres circonstances, mais malheureusement… Enfin, on ne choisit pas. Merci pour tout. J’espère vous revoir, à la fac ou même, passez-moi un coup de fil, je vous offrirai le café.

Elle lui sourit, un sourire un peu pauvre, un peu triste. Puis l’étreignit brièvement, en guise d’au revoir. En se dirigeant vers la voiture noire, le cœur gros, elle se dit que c’était loin d’être terminé. Et qu’elle pouvait être plus que reconnaissante envers Sólveig : elle lui offrait un aperçu de la liberté.



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I wished I had one more chance to say what really mattered; to say how much I loved you, how grateful I was for every moment I was with you. But by the time I said what I wanted to, it was too late. But you brought me back. You gave me my wish. One more chance to say what I really wanted to say... Kiss me, once more
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Ne jamais décliner une invitation, règle numéro 1

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