On and On (About you) | && Theo.

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Pixie L. Yulianov
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MessageSujet: On and On (About you) | && Theo. Mar 10 Mai - 22:35


Assise en tailleur, enveloppée dans une couverture qu’elle avait ramenée sur le canapé de son salon -pas parce qu’il faisait frai car la fenêtre était ouverte mais parce que c’était plus douillet- ; éclairée par la seule lumière de son écran de télé sur lequel elle regardait tranquillement les DVD d’une série comique pseudo hospitalière qui devait avoir au moins le même âge qu’elle mais qu’elle avait déjà vu en entier des dizaines de fois ; face à l’étalage sur sa table basse d’un paquet de cigarettes vides -n’étant pas vraiment fumeuse elle s’était contentée des deux clopes qui traînaient dans la poche d’une veste qu’elle n’avait pas mise depuis quatre mois- , de plusieurs variétés de gâteaux et d’un gros pot de sa fidèle pâte à tartiner chocolat-noisette accompagné d’une cuillère qu’elle grignotait comme un écureuil fêtant l’automne.. je vous présente Pixie Yulianov, vingt deux ans, un soir à peu près comme les autres, mais encore plus monotone que les autres. C’était son côté casanier, sa façon de s’occuper tranquillement quand elle n’avait pas envie de sortir ou de se prendre la tête avec son boulot, et quand elle ne recevait pas -ce qui était plus que rare de toute façon puisque même les quelques garçons qu’elle avait intimement fréquenté n’avaient jamais vu la couleur de son appartement, question de vote de confiance-. Finalement là, on était plutôt dans le registre « glandouille », c’était même la grande thématique de ce qu’elle aurait nommé ses « vacances ».

Ce qui s’était passé devant le bâtiment gouvernemental, pendant le discours du Sénateur Farinelli, la Russe l’avait mal vécu. Bien sûr, ça aurait pu être pire. Par exemple elle aurait pu être grièvement blessée comme ça lui était déjà arrivé dans les quelques mois qui avaient suivi son recrutement par l’Opération, ou il aurait pu arriver quelque chose à l’un de ses amis, ou encore le Sénateur aurait pu être tué ce qui aurait été une catastrophe supplémentaire dans la lutte perpétuelle Humains VS Mutants. Quoiqu’il en soit, malgré des surprises contrastées survenues ce jour-là, Pixie avait été un peu secouée et ce n’était pas pour arranger le point de vue qu’elle avait de ceux qui l’employaient et qui l’avaient tout simplement envoyée frôler le désastre comme si elle avait une tête à être un ninja. Enfin pas tout à fait, apparemment quelqu’un d’autre ignorait totalement le dispositif qui avait été mis en place ce jour-là, et ce quelqu’un ne l’avait pas mieux prit qu’elle. Pour preuve, le soir même après qu’elle ai réussi -non sans aide- à quitter discrètement les lieux, Sahid Al-Mansûr lui avait téléphoné. Ayant suivi les flash d’information, il voulait s’assurer qu’elle allait bien. Non, elle n’allait pas bien : Elle ne comptait plus ses bleus, elle devait faire réparer ses lunettes, faire du shopping et par dessus le marché ses genoux ressemblaient à des restes de tomates farcies. Au moins, elle n’était pas la seule à être à la fois en colère et paniquée.

Deux jours plus tard, lors de sa convocation dans le bureau de son responsable, Pixie avait déposé sur son bureau les restes du dictaphone qu’elle avait sur elle lors de l’attaque, celui-là même qui devait lui servir à faire un rapport sur le fameux discours du politicien. Évidemment, la jeune fille avait également prit soin d’abîmer la bande au point qu’elle ne pourrait être reconstituée. Adieu joyeuse proposition du Sénateur, adieu intervention de Chow Watanabe.. mais aussi -et surtout- adieu conversation avec Shawn Sciuto. La Russe avait pu écouter l’enregistrement, on entendait plus grand chose à partir d’un moment donnée mais même si elle avait toujours prit soin de ne jamais prononcer le nom de son interlocuteur, elle voulait être certaine que personne n’écouterait la fine stratégie super louche de « il n’y a que ceux qui ne me veulent pas de mal qui peuvent me reconnaître ». Un jour, Pixie aurait vraiment des problèmes.. Elle arrivait déjà à peine à concevoir qu’elle n’ait pas encore été inquiétée par les choses qu’elle cachait. Mais bref, le Professeur Al-Mansûr qui n’était pourtant pas quelqu’un qui se laissait facilement aveugler -son QI était un peu plus élevé que celui de la blonde, en plus- s’était une fois de plus montré conciliant avec elle. Il lui avait proposé un suivi, qu’elle avait refusé, et de l’espace pendant quelques jours. Ainsi elle s’occuperait de ses tâches administratives et de chez elle pourrait écrire ses rapports sur les résultats d’analyse reçus d’un autre laboratoire, et faire de tête son compte-rendu détaillé sur ce qui s’était passé devant le siège du gouvernement.

Tout ceci expliquait donc son choix concernant la soirée et la légère, mais notable, baisse de régime de la scientifique. Après tout, elle avait déjà renvoyé deux rapports depuis le début de la semaine. Il ne lui restait en réalité que ce foutu compte-rendu qu’elle ne savait pas comment tourner pour s’éviter -à elle, et pas que- quelques désagrément. Elle savait qu’elle avait été vue accompagnée, elle ne pouvait donc pas prétendre qu’elle s’en était sortie grâce à deux saltos arrière, une roue et trois coups de feu d’une arme trouvée par terre -la dernière partie restant vraie mais assurément la moins crédible de toute-. Elle se demandait quelle vision de Shawn avaient vu les témoins d’ailleurs. En gros c’était la misère, EIP ou pas. Elle avait donc abandonné sa rédaction en cours dont on pouvait encore admirer la noté titrée, la date et le lieu en gras sur l’écran ouvert de l’ordinateur portable qui traînait nonchalamment sur la table ronde du salon -juste à côté du cactus qui avait remplacé sa plante verte.. et morte en fin de compte-. Se poser des questions, c’était fatiguant. Le pire c’était qu’elle s’en posait tout le temps à cause de ce malin cerveau qui refusait de se mettre en veille. Est-ce qu’elle avait mal fait, bien fait ? Est-ce que ce serait toujours comme ça maintenant, à redouter des attaques mutantes au hasard parmi les civils dès le moindre rassemblement ? Est-ce que sa couverture d’étudiante tiendrait le coup ? Est-ce qu’elle était trop naïve ? Est-ce que c’était la poule ou l’œuf qui était apparu en premier ? Pourquoi les arômes alimentaires de framboise n’étaient-ils pas tous bleus ? Franchement, il ne lui manquait plus qu’une douzaine de chats pour sombrer dans la déprime. A vrai dire, Pixie était crevée, elle fut même tentée de se laisser tomber sur le côté pour dormir là si on avait pas sonné à la porte. La porte, et pas l’interphone comme ça aurait dû être le cas.

Rapide check mental : elle n’avait pas reçu de message ni d’appel, elle n’attendait personne qu’elle ait pu oublier et qui aurait eu le code de l’allée. Un voisin peut-être ? Quel voisin pouvait avoir un problème à quatre heure du matin -pur effet de l’imagination de Pixie puisqu’il ne devait pas être plus de vingt deux heures trente- ? Telle un jeune suricate aux aguets, la Russe se redressa et se tourna comme si elle pouvait, avec un peu de concentration, utiliser le pouvoir de la Force pour ouvrir.. Puis finalement dans un soupir de lassitude intense, elle se décida à s’extirper de sa couverture pour se lever. Les cheveux relevés grâce à un stylo bille, vêtue de son combo anti-glamour t-shirt sans manches XXXL qui retombait sur son pseudo short assortis à de grandes chaussettes qui remontaient au dessus des genoux -parce que les éraflures cicatrisaient mais qu’elles étaient encore bien moches-, la tenue la faisait ressembler à un croisement entre une pompom girl et une ado typiquement parée pour une soirée pyjama -sans parler du fait qu’elle semblait crier « de toute façon je dors seule ce soir »-, Pixie lança un chantonnant « J’arrive ! » visant à ne pas paraître dans les vapes lors de l’insistant deuxième coup de sonnette.

D’ailleurs elle en oublia de vérifier de qui il s’agissait par le judas avant de déverrouiller la porte. Ce n’est pas comme si ça aurait pu changer quelque chose, dans tous les cas de figure, la Chercheuse aurait répondu. Mais disons que dans l’élan approximatif par lequel elle ouvrit le battant, elle se retrouva un peu conne devant.. Theo. Il y eut comme un instant de vide, blanc, blackout même où son regard clair exprima à la fois du soulagement et de la surprise.. curieuse dualité. Ses épaules s’affaissèrent puisque devant lui, elle ne ressentait pas spécialement le besoin d’afficher une forme olympique. D’un autre côté elle ne savait pas franchement où elle en était de toute manière. Pixie prit une grande inspiration en ouvrant carrément la porte en grand

Viens.. Elle se décala par la même occasion, esquissant un léger sourire en se passant le revers du bras sur le front. Mais dis-moi juste qu’il n’y a pas de problème.

Il ne fallait pas s’y tromper, elle était contente de le voir, très pour tout dire ; sinon elle l’aurait envoyé bouler, en lui claquant à la porte au nez par exemple, comme le lui avait fait Winchester.. Mais pas du tout, et si l’enthousiasme n’était pas à son paroxysme, il était là malgré tout. Tous les deux n’avaient pas pu se croiser ces jours-ci et les dernières circonstances où ils s’étaient vus lui avaient laissé un petit goût amère. Pour autant elle ne savait pas non plus quoi lui dire et préférait simplement agir comme elle l’aurait fait d’habitude, à supposer qu’elle pouvait être aussi momentanément décalquée d’habitude. La russe fit une moue plaintive en levant la tête vers lui.

Il est quelle heure ? Si tu viens pour décuver, tu connais le chemin du canapé. Moi je retourne me coucher.

Sans attendre, elle se percha sur la pointe des pieds en s’appuyant sur Theo afin de l’embrasser sur la joue, puis elle se détourna pour retourner dans le salon où elle fit face à son bordel. Ah oui. Autant allumer la lumière alors, et se motiver pour débarrasser aussi.

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Theo Paradise
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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Mar 17 Mai - 22:17

Les quelques jours qui avaient suivi le fabuleux discours du Sénateur Farinelli avaient été difficiles. Blessé au torse, Theo avait goûté aux spéciales sessions de médecine payées par l'aimable Opération Apocalypto pour sa guérison souhaitée rapide. Pas spécialement douillet, le jeune homme n'avait cependant pas vécu de formidables moments de bonheur entre les piqûres et les traitements de cheval, et était resté plongé dans un état de frustration écoeurée pendant sa courte convalescence. Quand il s'était effondré dans l'ambulance le menant à l'hôpital, Theo n'était pourtant pas déçu de ce qu'il avait accompli lors de cette mission extraordinaire. Après tout, il avait réussi à sauver le Sénateur, non ? Et même à neutraliser quelques Mutants qui traînaient dans les parages, le tout avec un sang-froid qu'il n'avait pas beaucoup ressenti dans sa vie et dont il était plutôt fier. Peut-être sous l'effet des tranquillisants, le pseudo photographe avait somnolé un sourire sur les lèvres en se disant qu'il allait finir par gravir les échelons.

Et puis, non. Il avait bien compris que quelque chose clochait. Un truc impalpable, indistinct, qu'il n'arrivait pas vraiment à comprendre. Il avait bien tenté de réfléchir à la question, superposé quelques hypothèses : le discours haineux de Farinelli l'avait mis mal à l'aise, d'accord. Il pouvait supporter cela. L'intervention de Chow Watanabe l'avait un peu inquiété, okay. Mais c'était autre chose, une sorte de condensé de tout cela, mais en pire ; l'impression sordide que tout était en train de foutre le camp. Que ce n'était qu'un petit avant-goût et qu'il y aurait des répercussions. Qu'il n'était pas prêt.

Theo avait quitté l'hôpital avant la fin de son rétablissement officiel, n'en déplaise à ses chers médecins. Nonobstant ses stupides angoisses, qu'il avait mis sur le compte d'un stress passager, le jeune homme avait annoncé à ses supérieurs qu'il reprendrait le boulot au début de la semaine suivante ; c'est à dire bien plus tôt que prévu. L'Opération n'avait pas vraiment insisté, d'ailleurs, pour qu'il se repose un peu plus, et cela avait conforté le jeune homme. Il songeait qu'un brusque retour dans le bain suffirait à guérir son tempérament troublé ; et avait passé le jour suivant à oublier le jour du discours par les seuls moyens qu'il connaissait : la fête, les sorties, l'alcool. Le résultat avait été plutôt concluant.

Alors pourquoi se retrouvait-il devant l'immeuble de Pixie ce soir-là ? La question était plutôt rhétorique. Elle lui manquait ; et ils n'avaient pas encore tout à fait éclairci les raisons de sa présence sur les lieux de ce qui était devenu une rixe humains/mutants. Ils ne s'étaient pas adressé un mot depuis la subtile dérobade de Yulianov devant le siège du gouvernement, et Theo avait besoin de sa folie surdouée pour apaiser un peu sa conscience. Et puis, il voulait voir comment elle allait, aussi ; pourquoi pas l'inviter quelque part en ville. Il n'y avait pas de quoi fouetter un chat, après tout. Il n'arrivait donc pas à comprendre pourquoi il restait cloué sur le parking intérieur de l'immeuble, à faire semblant de regarder le coupé de Pixie d'un oeil d'expert, et à jeter les yeux sur la fenêtre de son salon de temps en temps. Ils étaient amis ; il n'y avait rien de mal à ce que quelqu'un vienne rendre visite à son amie, n'est-ce pas ? Theo se demandait simplement comment elle allait le recevoir. Il n'était pas souvent venu chez elle, il n'était pas invité ; et il avait peur de l'avoir contrarié le jour du discours, pour il ne savait quelle obscure raison. Peut-être que son accompagnateur était son petit ami ? Keurf. Et ça expliquait pourquoi elle ne lui avait pas donné de nouvelles depuis.

Mû par un soudain sentiment d'orgueil, le jeune homme se persuada qu'il n'avait rien à se reprocher et prit cette visite comme un défi personnel. Il serra la bouteille de vin - assez coûteux, comme tout ce que Theo offrait, par crainte peut-être qu'on ne soit déçu, ou parce qu'il n'était qu'un con vaniteux, choisissez - et pénétra dans le hall, puis dans un ascenseur vide, direction le septième étage. Dans le petit miroir incrustré dans les portes coulissantes, Theo, bien sûr, s'était regardé sous toutes les coutures, avait arrangé sa coiffure, lissé ses vêtements, sachant que ce genre de comportement narcissique n'était pas pour plaire à la belle chercheuse, et que c'était donc sa dernière chance. Il s'était ensuite engouffré dans le couloir, jusqu'à la porte recherchée ; s'éclaircit la gorge, et frappa.

Silence. Elle était chez elle, il en était certain. Il avait vu une lumière tremblottante à la fenêtre de son salon, comme une télé qu'on a oublié d'éteindre. Agacé, il frappa une nouvelle fois, plus fort, après quelques secondes de patience relative. Hors de question de rester sur le palier pour lui, merci bien ! D'ailleurs la voix chantante de Pixie le rassura immédiatement, et il s'efforça d'afficher une mine décontractée lorsqu'elle ouvrit la porte.

Theo avait pensé à ce qu'il pourrait dire, mais sur le coup, rien ne sortit. Il resta là, immobile, souriant à demi, à peine avachi sur le cadrant de la porte, avec son air assuré et entêtant, tandis que la blonde avait l'air de tomber des nues. S'il avait simplement écouté sa pensée de l'instant, il aurait écarquillé les yeux en détaillant la tenue de son amie, mais préféra ne rien dire tandis qu'elle finissait par l'inviter à entrer. Elle avait l'air contente de le voir. Il sourit de plus belle en franchissant le pas de la porte, jetant un coup d'oeil sur l'intérieur de son appartement pendant qu'elle refermait la porte derrière lui.

- " Il n'y a aucun problème. Sinon ton sens désastreux de la mode, mais je ne suis pas là pour ça."

La voix était chaude et caressante ; le ton plutôt mordant. Il esquissa un ris moqueur, exagérément moqueur, pour qu'elle comprenne bien que ce n'était qu'une boutade. Enfin, bon, elle n'avait pas l'air d'être prête à recevoir du monde, ni même à sortir, ce qui grignota un peu de l'assurance sereine de Theo ; il ne laissa toutefois rien transparaître. Il s'avança dans le salon de la blonde, sa démarche princière, victorieuse même, comme s'il débarquait sur un terrain conquis, notant la télé effectivement allumée, l'ordinateur sur la table, la couverture sur le canapé. Tout semblait crier, dans cette pièce : "CASSE-TOI THEO !" ; et il sourit encore plus.

Après une moue relativement attendrissante, Pixie se pencha sur lui - ou plutôt, se haussa - et lui posa un baiser sur la joue. Ses yeux froids et rêveurs se posèrent sur elle, sur sa petite taille, sur sa blondeur.

- " Il est 20h40, Pixie. Tu sais bien que je ne mets à boire que sur les coups de dix heures." soupira le jeune homme d'un ton plein d'ennui tandis qu'elle faisait face à son salon.

Comme pour répondre à une pensée inconsciente, Theo tendit le bras vers l'interrupteur et alluma la lumière dans le salon. Le flash soudain lui irrita la rétine un instant, mais mit surtout en évidence la tenue saugrenue de Pixie. Sans savoir pourquoi, il fut un peu troublé en la regardant ; il avait somme toute une vue assez splendide puisqu'elle lui tournait le dos et offrait à son regard curieux un relief appétissant. Il se souvint avec un délice nostalgique des fraîches pom-pom girls de sa jeunesse, avant de secouer la tête. Ne pas penser à Pixie de cette façon, ne pas penser à Pixie de cette façon, ne pas penser à Pixie de cette façon.

- " J'ai apporté du vin." nota-t-il subitement d'une voix qui manquait de naturel, et en tendant la bouteille à Pixie. "J'ai bien l'impression que tu avais envie de te goinffrer de pop-corn devant une télé-réalité à la con, mais changement de plan, Blondie. Ce soir, tu vas fêter, uhmmm... le fait que je sois toujours en vie après ma terrible, terriiiible blessure."

Un ton faussement désespéré, comme le survivant héroïque qu'il représentait évidemment après le triste jour du discours. Il alla s'asseoir sur le canapé sans autre forme de procès, songeant qu'elle servirait elle-même le vin - fainéant ? non, à peine ! - et poussant un soupir exagéré. Il retira sa veste pour être plus à l'aise, s'amusant du fait que sa tenue, plutôt classique en fait - un jean sombre, un t-shirt noir - semblait vraiment recherchée par rapport au pyjama de Pixie. Il ricana, les yeux posés sur la télé qui continuait de diffuser le programme de la blonde.

- " Explique moi comment une fille avec ton Q.I peut aimer ce genre de conneries... ?" souffla-t-il entre deux rires. "Ou plutôt, non !" se reprit-il subitement. "Parlons du jour du discours !"

Inconsciemment, les yeux fixés sur la série, Theo sortit une cigarette de son paquet froissé et l'alluma, avant de tendre le bras en arrière au cas où Pixie en voudrait une. Il faudrait aussi qu'il songe à lui demander de se changer : il n'était pas contre l'idée de passer la soirée à se demander ce qu'elle avait sous son short, mais s'il réussissait à la traîner dehors, il fallait bien qu'elle soit présentable, uhmm ?

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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Dim 22 Mai - 20:05

Le contraste entre Pixie et Theo, à ce moment très précis où elle lui ouvrit la porte de son appartement avait quelque chose de.. tranchant, en fait. Cela dit ce n’était pas certain que même s’il avait passé un coup de fil avant de passer la voir chez elle, la demoiselle aurait fait l’effort de se mettre sur son trente et un. Quoique elle aurait sans doute limité la casse, il faut bien l’avouer.

Ne me force pas à être désagréable avec toi d’entrée de jeu mon lapin, tu sais que j'aime bien gagner à la fin.

Marmonna-t-elle avec malice en lui enfonçant sans grand ménagement son index dans le bras, juste après avoir refermé la porte derrière eux. Au moins, il n’y avait aucun problème. C’était à peu près tout ce qu’elle avait réellement retenu de sa phrase.. en effet puisque répondre à ses moqueries était plutôt devenu comme un vulgaire réflexe qui vient sans y penser. Avec son temps de pratique, elle était capable de le faire sans avoir besoin d’y réfléchir, hop, ça sortait tout seul ! Ceci dit, la jeune fausse étudiante en sciences baissa tout de même rapidement les yeux vers sa tenue pour vérifier comment elle était fringuée -oui elle avait oublié, ça arrive- Aheum en effet. Oh n’empêche que merde, elle était sûre d’être tout de même très mignonne. Sinon il n’avait aucun goût pour le fond, voilà. Sans compter que le grand-père du quatrième étage, lui, aurait adoré la voir comme ça.. Elle ne savait pas si c’était une bonne chose finalement -non hein ?- et secoua la tête pour passer à autre chose. Tant pis, le mal était fait et le ridicule ne tuait pas sinon ça se saurait à force. Pixie le dépassa finalement, un chouia atterrée de constater qu’elle allait forcément devoir débarrasser. A côté de ça, Theo pouvait bien se prendre pour Alexandre Le Grand, elle ne semblait même pas le remarquer. Peut-être qu’elle déjà était habituée à ses manies de sale petit bourgeois, ou qu’elle estimait partager avec lui un degrés suffisant d’intimité pour ni se prendre au sérieux, ni le prendre au sérieux.. Un peu avant d’être quasiment choquée et de se tourner brusquement vers l’affichage digital de l’heure, sur le lecteur sous la télé.

Tu rigoles ! Ah bah non, 20h42, alors là tu fais franchement pitié ma petite barbie. Okay, je vis dans un monde parallèle depuis trois jours alors.. J’aurai juré pourtant, je suis crevée. Elle laissa sa tête tomber en avant, c’était à se lamenter quand même.

Mais elle la redressa très vite quand Theo alluma la lumière, mettant plein phare sur le bordel qui apparaissait somme toute comme cent fois plus anarchique que tout à l'heure. Elle cligna des yeux pour s’habituer à la lumière puis fit trois pas et referma d’un geste rapide mais pas si précipité que ça l’écran de son ordinateur portable. De toute manière il y avait très peu de chances qu’elle soit soudainement incroyablement inspirée pour écrire son rapport maintenant que Theo était là. Décidément, il l’a forçait à se réveiller. C’est ce qu’elle se dit en remarquant qu’elle ne s’était pas agitée comme ça depuis le début de la semaine. En moins de cinq minutes, elle avait déjà la sensation de courir dans tous les sens puisqu’elle revenait vers lui, s’emparant de la bouteille de vin pour regarder l’étiquette avec attention. Elle ne l’avait même pas remarquée plus tôt, signe qu’il fallait qu’elle se sorte la tête du.. brouillard. Hum hum.

Excellente idée. En plus tu n’as pas amené de la vodka et je t’en remercie du fond du cœur. La blonde devait toujours être profondément marquée par l’habitude d’un de ses ex de penser que russe était égal à vodka. Elle n’aimait pas spécialement ça en plus. Le vin, se serait très bien même si elle n’était pas sûre que ça passerait bien après les tartines hautement riches en sucre. Testons. Elle n’y connaissait pas grand chose en vin comme en alcool en général mais Pixie estimait pouvoir se fier à ce cher Theo Minet Paradise pour ne pas oser la piquette bon marché. C’était Theo quand même. Elle leva les yeux vers lui en entendant son cinéma presque -pas- digne de l’Actor’s Studio, à la fois très intéressée et en même temps le toisant comme toute personne saine qui n’y croyait pas une seconde.

J’ai apprit. Je sais comment tu as sauvé le Sénateur des griffes des méchants au péril de ta vie. Félicitations Agent Paradise, vous êtes.. un élément fan-tas-tique !

Elle avait beau jouer la maline en exagérant le ton de l’éloge mais quand elle avait eut vent du déroulement de tout ce qu’elle n’avait pas vu le jour du discours, elle n’en avait pas mené tellement large. Et dire qu’elle avait hésité à rester mais qu’elle avait préféré filer comme une voleuse. Pixie n’était pas vraiment fière même si l’objectivité la plus rigoureuse lui disait qu’elle n’aurait rien changé à toute l’affaire. Alors qu’il allait déjà s’installer dans le salon, elle ajouta d’une voix qui se voulait tout à fait anodine.

T’es sûr que ça va ? Tu as voulu reprendre plus tôt, non ?

Ce qui n’était évidemment pas son cas et ça pouvait se comprendre vu l’état dans lequel il venait de la trouver. Il y avait toute une partie de son travail que la Russe adorait mais finalement, si elle l’avait pu.. ne serait-elle pas déjà partie pour de bon ? Peut-être pas en fait, allez savoir. Enfin bon, elle s’était inquiétée pour lui, réellement, ne serait-ce que de le savoir à l’hôpital même si elle n’avait pas eu le cran de lui donner le moindre signe de vie. C’était tout Pixie, changeante jusque dans ses simples relations amicales, encore plus à un stade rarement aussi poussé. Elle pouvait être là à vous en faire pleurer, ou bien alors disparaître de peur d’envahir. Avec Theo en particulier, il lui était difficile de trouver un juste milieu.. parce qu’ils étaient amis. Et en même temps justement, ils n’étaient que des amis.

Elle posa la bouteille de vin sur le plan de travail de la cuisine ouverte. Tout de même, il était d’un comique ce Theo, il pensait sérieusement qu’elle allait s’occuper de tout, se mettre aux petits soins pendant qu’il allait de soupir en soupir avachi sur le canapé qu’elle squattait au bord du sommeil quelques minutes plus tôt. Petit être naïf. Pixie était à des millions d’années-lumière de la parfaite maîtresse de maison -oui ça se voyait, c’est bon, on aura bien comprit-, c’est pourquoi elle s’approcha dans son dos, se pencha en appuyant ses avant-bras sur le dossier du canapé et fit courir ses doigts, remontant le long de sa clavicule gauche, puis de sa nuque jusqu’à ses cheveux.. avant de laisser retomber sa main.

Tu vois la cuisine derrière ? L’ouvre-bouteille est aimanté sur le frigo et les verres sont dans le placard du milieu, celui du haut. Tu sers, je range. Sauf si tu préfères l’inverse et dans ce cas je serais ravie de te montrer où est l’aspirateur, pendant qu’on y est, hum ? Merciii grand prince !

Sur ce, elle fit le tour du canapé et commença à débarrasser la table basse. Passant devant Theo, repassant devant Theo... il ne manquait plus qu’il se mette à chanter et on aurait un magnifique tableau de la cigale et la fourmi, version humanisée. A sa réflexion, elle regarda brièvement l’écran de télé. Le héros était encore paumé en plein rêve éveillé et elle eut envie de pouffer de rire comme une collégienne. Fort était de constater que c’était débile mais qu’en effet, elle adorait ça. Elle repartit vers la cuisine en ignorant son soudain changement de sujet, mais sans oublier de chopper une cigarette dans son paquet gracieusement tendu. Pour une non fumeuse, elle n’était plus à une clope près. Elle la glissa sur son oreille pour le moment -oui oui vous pouvez l’appeler Calamity Jane si vous voulez-

C’est vrai, je suis très intelligente donc je n’ai pas d’humour, j’avais oublié !

S’exclama-t-elle à moitié rieuse en relevant l’absurdité. Il y en avait un qui l’avait déjà accusée de ce crime il y a longtemps. Enfin sauf que pour lui ça n’avait rien à voir avec son intelligence en réalité. Il l’a trouvait peut-être même trop conne. Non, le terme exacte était trop « blonde ». La scientifique leva les yeux vers le plafond d’une façon qui aurait laissé à penser qu’elle doutait un jour être comprise par les gens « moyens » -et non pas « normaux » parce qu’elle était tout à fait « normale » !-

Eh bien tu sais, on a tous un organe qu’on a du mal à mettre en pause.. n’est-ce pas ? Chez moi c’est le cerveau, et quand il est sur veille j’en profite au maximum. Allez, viens m’aider si tu veux pas que je t’appelle « la feignasse » jusqu’à la fin de tes jours !

En pleine séance de fermeture de paquets de gâteau, de jetage d’emballage vide et même de léchouille de la cuillère qui trempait dans le pot de nutella qui elle finirait dans l’évier et lui sur l’étagère du kit complet à petits déjeuners.. Pixie finit par consentir en allant nettoyer les miettes et autres conneries.

Je suis étonnée que personne n’ait conseillé au Sénateur Farinelli de s’accrocher directement une cible lumineuse sur le front. Ce discours était stupide, tout aussi stupide que l’intervention des hostiles. Si jamais j’avais su que vous seriez là, j’aurais comprit que c’était une très mauvaise idée et je n’y serais pas allée. Voilà, à toi je t’écoute.

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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Ven 10 Juin - 20:36

Etalé comme un pacha dans son harem particulier, Theo tendit vaguement la main vers un biscuit abandonné sur la table basse. Fait assez étonnant, il avait particulièrement aimé la remarque piquante d'ironie que Pixie lui avait adressé à propos de ses faits d'arme devant le siège du gouvernement. Il sentait bien qu'il y avait un fond de moquerie, pas méchant pour un sou, certes, et que ces félicitations sentaient autant le cynisme que sa petite déclaration précédente. Mais il aimait ce genre de louanges, il les aimait particulièrement dans la bouche de Pixie, et ne put s'empêcher de lui offrir un visage mêlant orgueil, arrogance et gratitude - très curieux mélange - en se tournant à demi vers elle. Les termes choisis étaient trop incisifs, la tournure globale trop frappante, trop juste pour qu'il passe à côté.

- " Je sais. Si tu pouvais essayer d'ébruiter ça, je t'en serais très reconnaissant."

Encore un peu de suffisance et d'irrespect, mais que voulez-vous, chassez le naturel... Quoique Theo n'essayait même plus de le chasser, il se contentait d'être lui-même lorsqu'il passait un peu de temps avec Pixie. Il n'était peut-être pas aussi futé qu'elle, mais il avait tout de même bien compris ce qui ne marcherait jamais avec cette petite blonde, et jouer un rôle comme s'il avait en face de lui une vulgaire midinette rencontrée dans un bar, cela ne fonctionnerait décidément jamais. Il s'étendit un peu plus sur le canapé, étirant son long corps sur les confortables coussins. Sa tête s'était déjà tournée vers la télévision quand elle posa sa petite question badine, comme on discute très normalement avec un ami pour lui demander de ses nouvelles.

Umpf. Est-ce qu'il était sûr d'aller bien ? Quelle blague, cette question. 99,99% des gens se foutaient pas mal de la réponse, ce n'était qu'une pure forme de politesse pour engager ou consumer une conversation. "Coucou, ça va ?" "Pas du tout, ma mère vient de mourir." "Ah, super chouette ! Moi ça va !"

Bien sûr, si sa belle théorie fataliste, à laquelle il avait songé sans retenir sa moue dédaigneuse, se révélait vraie, il était certain que Pixie ferait partie des 0,01% qui trouvait une certaine importance à cette question. Lui, en revanche, n'aimait pas que les discussions glissent dans ce sens ; fermé comme une huître depuis des années, il distillait ses confessions et ses pauvres états d'âme au compte-goutte, dans la crainte que quelqu'un s'en resserve plus tard contre lui, ou se moque. La peur du jugement, très difficile à vivre pour lui, le forçait à garder un mutisme forcené dans ce genre de situations, et avait aussi et malgré tout suffi à garder tout contre lui la plupart de ses secrets. La réponse honnête aurait été non. "Non, je ne vais pas très bien, mais ce n'est pas nouveau, chérie. Oh, pourquoi ? Juste l'impression de devenir taré, de devenir un monstre, de tuer des Mutants alors que je me fous bien d'eux, tout comme d'Apocalypto d'ailleurs, sur la gueule de qui je pisserai bien volontiers, mais vaut mieux éviter d'uriner sur ses supérieurs, hein ? A part ça, ma mère est une Mutante et ce n'est pas vraiment ma mère, haha ! Du vin ?"

Uhm, uhm.

- " Ah, tu sais bien que je ne peux pas tenir en place..." soupira-t-il d'un ton aussi faussement anodin que celui de Pixie. "Et puis, ils peuvent vraiment pas se passer de moi, comme tu t'en doutes, aha. Tout va bien."

Il valait mieux en rester là. Il soupçonnait le détecteur de mensonge intégré au cerveau rutilant de Pixie d'être en marche et braqué sur lui.

L'entendant s'approcher doucement du canapé, Theo laissa son attention se déconnecter de la télé et de son programme, dans l'attente de ce qu'elle voulait faire. Son corps souple se détendit sous la caresse - uhm, une caresse ? il aimait bien le voir comme ça, en tout cas - que Pixie lui octroyait. Il ferma les yeux un instant quand il sentit ses doigts passer dans ses cheveux, mais se fustigea à ce geste. Ce que ça pouvait être crétin, ce faux sentimentalisme à deux dollars, quand il savait pertinemment que la jeune chercheuse faisait beaucoup plus d'effet à un autre endroit de son anatomie... Enfin, il ne pouvait nier que les filles aimaient diablement ses cheveux, héhéhé.

Elle s'arrêta brusquement et ce qu'elle lui dit eut l'effet d'un seau d'eau glacée. Theo se braqua immédiatement, et geignit en concert de Pixie qui finissait de lui demander de déboucher la bouteille.

- " Haaaaaan, naaaaaaaaaaan ! Merde, j'suis ton invité !"

Le tout d'une belle petite voix plaintive d'un gosse qui ne veut pas faire ce qu'on lui demande. Le quotidien de Theo, en fait - sa vie depuis 24 ans. Pas qu'ouvrir un bon vin soit une activité hautement éreintante, mais le simple fait qu'on lui exige faisait grincer des dents au jeune homme. Il se buta, resta sur le canapé en position nonchalante-feignasse, jetant son regard vexé sur la blonde qui allait et venait devant lui pour commencer son petit nettoyage. Il ouvrit la bouche pour lui faire remarquer qu'il se foutait bien de l'état dans lequel était son appartement, qu'il pouvait même lui prêter sa bonne si elle en avait tant besoin, mais quelque chose le retint. La regarder nettoyer, ranger, empaqueter des emballages n'avait rien de désagréable, au contraire. Il parvint même à sourire, toujours sans se lever, bien sûr. Il laissa glisser les quelques autres remarques de Pixie sur son propre cervelet, songeant avec une petite grimace que c'était un tout autre organe qu'il n'arrivait pas à mettre pause quand - OH MAIS MERDE, A LA FIN ! Il était vraiment en train de virer obsédé, là !!

Maugréant sans vergogne, Theo consentit enfin à se lever, sans doute un peu attendri par les plaintes de la chercheuse - ou en tout cas un peu gêné par le désordre constant de ses pensées qui tournaient salaces de jour en jour - et se dirigea d'un pas ostensiblement lourd et agacé vers la cuisine.

- " 'Tout faire soi-même, ici..." grommela-t-il dans sa barbe en saisissant la bouteille sur le comptoir.

Theo jeta un coup d'oeil sur le frigo, là où était accroché l'ouvre-bouteille. Il le regarda bizarrement, ses lèvres se tordant sur une moue indécise. Uhmm. Uhmmmm. Il ne s'était jamais servi de ce truc-là. Non, non, vraiment. Vaguement honteux, il l'examina en fronçant les sourcils, agacé de plus belle à l'idée d'avoir écopé de cette tâche pourtant simplissime. Oui, mais voilà, chez Monsieur Paradise, ce n'était pas lui qui ouvrait ses bouteilles de vin, c'était plutôt un distingué sommelier, ou bien son interlocuteur, lorsqu'il était invité. Au moins, il n'y avait pas de méthode tordue pour ouvrir une bouteille de whisky : on dévissait le bouchon, et puis voilà. Mais là...

Refusant catégoriquement de montrer à Pixie qu'il ne savait même pas se servir d'un ouvre-bouteille, il vérifia discrètement si elle le regardait avant d'attraper l'engin inconnu. Ce ne devait sûrement pas être compliqué, et puis il avait déjà vu des gens le faire, il suffisait de répéter leurs gestes. Il s'y escrima pendant quelques instants avant que la bouteille lui cède enfin une victoire incontestée ; après un petit "plop !" très satisfaisant, Theo put retirer la bouteille de l'étreinte métallique de l'appareil. Il soupira, fier de lui, et se retourna vers le salon dans lequel évoluait toujours Pixie. Bon, il était certain qu'elle avait remarqué que quelque chose ne tournait pas rond vu le temps que cette simple opération lui avait pris, et les quelques jurons étouffés qu'il avait laissé échapper en bataillant avec l'ouvre-bouteille. Aussi, il prit les devants et déclara, d'une voix frustrée et un chouïa énervée :

- " Je ne veux pas de commentaires."

L'instant d'après, il servait le cru dans deux verres disparates, n'ayant pas trouvé un service complet dans le placard de la blonde. Celle-ci était d'ailleurs en train de lui faire un petit résumé du jour du discours, et put voir les sourcils de Theo se hausser haut sur son front, tandis qu'il s'exclamait sincèrement surpris :

- " Tu ne savais pas qu'on serait là ?"

Là, pour tomber sur le cul, le jeune homme ne faisait pas semblant. Comment Pixie avait pu ne pas être au courant de l'intervention d'Apocalypto dans une situation si périlleuse, sous tension ? Surtout quand elle-même bossait dans la même structure, non franchement, il ne pigeait pas tout. S'adossant nonchalamment au canapé, dans l'expectative où la chercheuse voudrait peut-être encore le faire bosser, il la suivit du regard en lui tendant son verre. Ce fut les yeux dans les yeux, et avec son regard bouillonnant, plein de ses sous-entendus que Pixie n'avait aucun mal à comprendre, qu'il fit tinter son verre contre le sien.

- " Santé." lança-t-il avant de se tremper pudiquement les lèvres.

Uhm. Sacrément bonne, cette piquette, il était très fier de lui.

Après un long, douloureux et très exagéré soupir, Theo consentit enfin à donner son propre point de vue.

- " Farinelli m'a donné envie de gerber... J'veux dire, je veux pas faire l'amoureux des Mutants hein..." s'empressa-t-il d'ajouter. "Mais tout ça, c'était... C'était de la merde. Ca nous pendait au nez toutes ces conneries, et maintenant les hostiles vont multiplier les attaques. Autrement dit, on est pas sorti de l'auberge. Enfin, j'arrive pas à croire que tu n'étais pas au courant de notre intervention... Liam ne te l'a pas dit ?"

Le ton arrogant, l'expression suffisante, et pourtant un léger sourire sur les lèvres. Il la jaugeait toujours de ses yeux froids, un peu piqués par sa propre remarque. Hé oui, les bruits de couloir allaient bon train dans la sordide Opération Apocalypto, et Ilona lui avait fait une petite explication, relevant surtout de commérages culottés, sur la relation explosive entre Winchester et la jolie blonde. A chaque fois que Theo en avait l'occasion, il glanait des informations supplémentaires sur ce duo qu'il jugeait totalement contre-nature, hésitant souvent à en parler à Barbie chercheuse. Mais ce soir, pourquoi pas, hein ?

Se laissant glisser sur le dossier du canapé, il détourna enfin la teneur agaçante de son lourd regard, et se noya quelques instants dans son verre.

- " Ilona m'a parlé de vous, de vos petites rencontres hors boulot. Sincèrement, j'arrive pas à te comprendre. Tu vaux beaucoup mieux que ce con."

Theo savait bien dans quelle direction pouvait aller ce genre de conversation. Les cris, l'incompréhension, l'énervement et les orgueils blessés, tout cela dans un melting pot dangereux pour les nerfs ou les oreilles. Elle lui demanderait pour qui il se prenait, sans doute, que tout cela ne le regardait absolument pas. Vraiment... ? Le jeune homme était pourtant persuadé que les intérêts de la blonde lui importaient beaucoup plus qu'à Liam, ce sale égoïste psycho-rigide. Lui fallait-il un dessin ? Theo était jaloux, jaloux, jaloux, simplement en train de crever de jalousie à l'idée qu'un maniaque fou-furieux comme Winchester puisse avoir la chance de plaire à Pixie, intelligente à l'extrême, séduisante, et tellement moins enfoncée dans les idéaux absurdes de leur Opération noire ; Pixie qu'il essayait désespérément de séduire depuis si longtemps, en usant de toutes les méthodes de son répertoire de dragueur invétéré, compilant tactiques de base et savantes machinations. En vain.

Vie de merde.

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Pixie L. Yulianov
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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Lun 20 Juin - 23:21

Je verrais ce que je peux faire pour toi..

Le ton qu’elle avait employé, si prometteur qu’il soit, rivalisait grandement avec l’expression proprement consternée de son visage alors qu’elle le regardait. Pixie avait retenu un rire d’absurdité devant les affabulations du petit prince Theo. Parfois elle n’arrivait pas à croire qu’il prenait vraiment tout ce qu’il arrivait à grappiller comme compliment, et d’autres elle n’était plus tellement surprise par grand chose venant de lui. Supporter l’insupportable.. tout ce qui l’avait rebutée au départ, quand elle l’avait rencontré, faisait aujourd’hui parti des petites choses qui faisaient son charme dirons-nous. Ces traits caractéristiques qui structuraient -ou pas- la personne qu’il était et qu’elle avait apprit à apprécier, grandement parce qu’elle s’en amusait au lieu de s’en offusquer. Theo sans ses tendances irrévérencieuses, ce n’était pas Theo et elle le préférait sans fois comme ça qu’avec sa panoplie ultra complète du parfait hypocrite. Surtout qu’elle sentait la fausseté à des kilomètres et qu’elle ne supportait pas ça. Cela dit il le lui rendait bien en soi, car si la chercheuse avait l’art d’apparaître comme la réincarnation d’un ange de bonté, elle n’était pas toujours très.. facile à vivre -Liam Winchester approuverait sans réfléchir-.

Tout le monde ment -même que c’est Dr House qui le dit-. Tout le monde cache des choses et déforme ses propres vérités pour les faire accepter par autrui. Pour Pixie c’était humain, comme l’erreur, elle ne dérogeait par ailleurs pas à cette règle donc ça l’arrangeait bien. Mais sûrement qu’elle aurait voulu plus d’honnêteté même si elle avait elle-même laissé flotter trop de légèreté dans la bombe interrogative qu’elle avait lâché. Cependant elle ne pouvait pas lui en vouloir de s’y prendre de cette manière. Première parce que la question était stupide, et deuxièmement parce que s’il la lui avait retourné, elle aurait certes dit que non mais elle n’aurait absolument pas expliqué pourquoi. Il ne fallait pas faire l’erreur de penser que malgré la relation qu’ils avaient, tout est simple, facile, ou même vrai. La tête qu’il venait de faire le prouvait tout particulièrement et la réponse de la blonde n’apporta qu’une pierre de plus à l’édifice.

D’accord.

Bien sûr il y avait dans ce seul mot prononcé presque à voix basse tout le scepticisme de fond dont elle pouvait faire preuve. C’était une affirmation, un consentement qui disait pourtant exactement tout le contraire.. une sorte de façon de lui dire qu’elle n’insisterait pas mais que au cas où.. voilà. Les relations humaines sont définitivement trop compliquées pour le cerveau d’une cérébrale doublée d’une scientifique. Si elle se révélait assez douée, c’était uniquement grâce à sa façon de jouer avec les nuances et aux quelques années d’une maigre pratique depuis qu’elle était sortie de l’école. Aussi elle se détourna sans poursuivre d’avantage.. avant de finir par revenir pour le fameux service qu’elle s’apprêtait à exiger.

Pixie était une fille maline. Elle avait bien fait attention à la façon dont elle allait amener le sujet, riche d’une petite attention visant à endormir le mioche trop gâté qui faisait partie intégrante de Theo afin de terminer sur une formulation ironique exposant clairement l’absence de choix. Dit comme ça, ça devait avoir l’air atrocement calculateur. Il fallait bien avouer que même si la jeune fille ne pensait pas à mal, ça l’était. S’en suivit le caprice face auquel la demoiselle resta parfaitement hermétique, si ce n’était un regard désabusé vers le plafond, elle ne dit rien de plus et l’abandonna à sa tâche pour remplir la sienne. Oh, elle avait bien été tentée de lui répliquer qu’il n’avait qu’à amener un domestique la prochaine fois mais s’en était empêchée de justesse de peur qu’il ne soit effectivement capable de s’en souvenir et de le faire. Au lieu de ça, son minet pouvait bouder aussi longtemps qu’il le voulait, renfrogné dans le canapé, c’était ça ou rien alors à lui de choisir. Pendant qu’il marinait comme une loque, elle rangeait dans son plus bel exemple d’agitation. S’il y avait quelqu’un qui ne pouvait pas tenir en place ici c’était elle, avec sa démarche légère et souple dû à la manie qu’elle avait de marcher presque exclusivement sur la pointe des pieds quand elle ne portait pas de chaussures. Mais Pixie ignorait lamentablement qu’elle se donnait en spectacle.. ou pas tant que ça. Enfin disons qu’elle ne serait jamais allée jusqu’à imaginer ce qui lui passait par la tête et qu’elle ne se douta pas que la cause de sa résignation n’avait pas beaucoup à voir avec sa mièvre menace. Du coin de l’œil, la blonde l’observa se rendre à la cuisine avec une pointe de satisfaction dans le sarcasme.

Bien sûûûr, j’imagine à quel point cette minuscule autonomie forcée doit être dure à vivre pour toi !

Oui, encore une fois si ça n’avait pas été Theo, Pixie se serait sentie insultée par autant de gamineries. Comment faisait-il pour être indépendant, si toute fois il l’était réellement ? Quand on pensait que cette chère immigrée russe s’occupait de tenir son foyer à huit ans, il était facile de deviner que la vie ne leur avait pas servi le même plateau à la naissance. Mais bon, qu’y avait-il à faire hein, à part silencieusement se foutre de lui ? A le regarder galérer en jurant faiblement avec son ouvre-bouteille, la Chercheuse se voyait relativement ravie de son parcours. Après avoir terminé de passer un coup de torchon sur la table basse débarrassée, elle se pinça les lèvres et leva les mains innocemment en guise de réponse, une façon de lui faire comprendre qu’elle n’avait rien à ajouter à son illustre réussite.

Plutôt syncros, alors qu’il remplissait les verres, elle jeta le torchon par-dessus le comptoir et celui-ci atterrit tout droit dans l’évier par un geste détaché qui sentait la vieille habitude discutable. Et cela en faisant sa description complètement survolée du jour de l’émeute devant le siège du gouvernement. Dommage qu’elle ne puisse pas écrire la même chose mot pour mot dans son rapport parce que ça aurait toujours été plus long que ce qu’elle avait déjà rédigé -soit, le titre-. Devant l’étonnement de Theo, hautement compréhensible puisqu’en effet il semblait totalement impossible qu’elle n’ait pas été au courant, Pixie confirma pourtant d’un hochement de tête blasé. Elle aurait été la première à déclarer que ça ressemblait trop à une caméra cachée mais non. Et surtout si elle l’avait su, il croyait sincèrement qu’elle serait venue se foutre dans cette merde ? Au nom de quoi, je vous le demande.. Son dévouement envers l’Opération Apocalypto avait ses limites quand même.

Un défaut de communication entre nos départements, ou quelque chose comme ça. Avança-t-elle mollement pour évacuer le sujet tout en le rejoignant pour de bon, comme si l’explication était plausible. Le Professeur Al-Mansûr était furieux. Ajouta-t-elle rapidement en saisissant le verre qu’il lui tendait, en imaginant que ça donnait de la consistance à l’excuse ridicule de la bavure.

Il aurait fallu le voir pour le croire, si Pixie n’avait pas été trop occupée à faire un scandale à son supérieur, elle aurait été touchée de l’inquiétude qu’il avait démontrée en apprenant ce qui s’était passé. Visiblement le détachement de la base était supposé être de simples renforts, et pas la protection rapprochée d’un connard s’apprêtant à mettre le feu aux poudres. Et la jeune fille le croyait, Sahid Al-Mansûr était son superviseur direct et elle avait non seulement un grand respect mais aussi une grande confiance en lui. Affaire de compréhension mutuelle et de vécus similaires. Il ne lui aurait sciemment pas fait prendre ce genre de risques, elle en était certaine. Cela dit..

За Ваше здоровье !

Clin d'œil. La nature de la Russe n’était jamais très loin non plus, elle trinqua et porta le verre à ses lèvres pour se les mordre suite à sa première presque gorgée. Elle soutenait toujours le regard équivoque de Theo, sans vraiment lutter contre le sous-entendu d’ailleurs, au contraire. Pixie joua de malice en silence jusqu’à ce qu’il consente enfin à prendre son tour sur la question. Jusque là rien de très novateur, elle pensait globalement la même chose. Par contre elle n’aurait pas dû boire à nouveau, ça lui aurait éviter d’avaler de travers en entendant sa remarque -déplacée- et d’être obligée de se racler doucement la gorge en baissant la tête. Quand elle croisa le regard trop perçant de Theo à son goût, elle su que Farinelli et ses propos outranciers devenaient une préoccupation complètement désuète.

Tu ne me l’as pas dit non plus.

La réplique était plus acerbe qu’elle ne l’aurait voulu. Pas que Pixie voulait l’accuser de quoique ce soit mais elle était légèrement sur la défensive. Face à n’importe qui d’autre, elle serait passée outre et aurait entièrement maîtrisé ça mais là, sourire ou pas, elle devait vouloir lui faire sentir que le terrain était comme qui dirait.. glissant. Elle se réfugia dans son verre de vin, délaissant le sujet pour qu’il disparaisse alors qu’elle savait bien que ce ne serait pas aussi aisé. Que les gens parlent était une chose, que Theo lui en parle en était une autre, beaucoup moins évidente à encaisser car elle ne savait pas quoi lui en dire -ah ah elle ne savait déjà pas quoi en penser elle-même-. La Chercheuse avait fait la leçon à Liam en lui envoyant dans la gueule que les rumeurs n’avaient que l’importance qu’on leur donnait. Après tout il n’y avait rien entre le Bastet et elle, ou du moins il n’y avait rien lorsque les bruits de couloir avaient commencé.. Perdue dans une question qu’elle s’était souvent posé ces derniers temps, elle ne releva ses yeux d’une clarté polaire vers lui que lorsqu’il poursuivit. La mine de Pixie prit une expression froide, ou plutôt non simplement impassible, le pire peut-être.

Ilona a exagéré, jusque là rien d’étonnant. Tu la connais, non ? Elle lui jeta un regard entendu, dans le genre discret on avait fait mieux qu’eux deux et sans doute qu’il y avait un fond de reproche là-dedans cette fois. Et puis c’était quoi ce délire de « petites rencontres hors boulot » ? Elle aurait bien voulu lui expliquer que déjà il n’y avait pas eu tant de rencontres que ça, et qu’en prime la plupart avaient au moins un petit rapport avec le boulot. Ce qu’il s’y était passé était une autre histoire. Pourtant la blonde ne donna aucun détail, elle n’aimait pas ressentir ce besoin de se justifier devant Theo comme si elle lui devait quelque chose. Effectivement ce n’était pas ses affaires, pourquoi devrait-il s’en mêler alors qu’elle faisait de son mieux pour ne jamais rien dire elle ? Tu sais ce que j’arrive pas à comprendre, c’est que tu me balances ça comme ça. Est-ce que je te dis quoi faire moi ? Heu pardon.. QUI te faire ?

Long soupir soudainement exaspéré. Vidant à la va vite le contenu de son verre, elle fronça les sourcils dans une moue contrariée en se détournant pour trouver trop rapidement la table, se saisir de la bouteille et s’en servir un autre aussitôt. Juste.. respirer un bon coup et reprendre comme si de rien était.

Tu ne l’aimes pas, j’ai pigé. Si ça peut te rassurer je passe le plus clair de mon temps à m’engueuler avec lui alors tu devrais même pas écouter ce genre de conneries. Je vois pas à quoi ça t’avance, ni ce que ça peut te faire d’ailleurs..

Oh si.. ou elle en avait une vague idée tout du moins, Theo n’avait jamais été très subtile quant à entretenir le mystère. Surtout que de son côté, bien que Pixie refusait en bloc l’éventualité d’éprouver ne serait-ce qu’une pointe de jalousie et s’évertuait à ne jamais montrer le moindre signe annonciateur, elle ne pouvait pas nier cette sensation dérangeante qui la prenait parfois, cette irrépressible envie d’établir une distance minimum légale entre Theo et tout le reste de la gente féminine. Finalement c’est elle qui le partageait tout le temps.. et elle n’aimait pas du tout ça.

T’es pas.. Rhaaa qu’importe, là n’était pas la question. T’es chiant.

D’un pas décidé et en évitant merveilleusement de le regarder, elle alla se laisser tomber dans son canapé avec son précieux verre de vin et croisa les jambes en rivant ses yeux sur l’écran, brusquement passionnée par ce qu’elle voyait. Il lui filait envie de bouder comme une adolescente, cet abruti de minet.

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Theo Paradise
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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Jeu 7 Juil - 22:54

C'est fou comme le moindre petit détail pouvait éloigner la conscience de Theo du droit chemin de l'intégrité. Que Pixie se morde ainsi les lèvres, en soutenant son regard somme toute très significatif, avait plutôt tendance à remplir son cerveau d'une eau brûlante qui empêchait toute réflexion. Le syndrome type du mâle face à une fille, en fait, qui réduisait le plus puissant esprit à une suite de gargouillis inintelligibles, des fantaisies chimériques inventées par une imagination soudain débordante et pas souvent infiniment catholique. Loin d'en rougir, Theo ne se rendait même pas compte qu'il était aussi distrait, et que ses yeux cinglants eurent beaucoup de mal à s'éloigner des lèvres de Pixie. Se rendait-elle compte des espoirs fous qu'une simple oeillade appuyée pouvait lui insuffler ? Il avait simplement souri en l'entendant parler en russe, mettant de l'ordre dans ses pensées et tentant de se souvenir de quoi ils étaient en train de parler.

Ah, oui, le professeur Al-Mansûr et la bataille devant le siège du gouvernement. Savourant le vin en tâchant de ne pas trop regarder son amie, Theo se déplaça légèrement dans l'appartement, désireux de ne pas rester immobile. Il haussa les épaules dans un geste évident d'impuissance et d'ennui :

- " J'imagine, ouais. Il paraît que ça a été un sacré bordel de notre côté aussi, Whitewood a voulu monter une réunion de crise, ou je ne sais quoi..."

Soupir indolent. Qu'est-ce que ça pouvait lui foutre, après tout ? Il n'était de toute façon pas convié à ce genre de meeting au sommet, et il laissait très volontiers la paperasse aux autres. D'ailleurs, l'impression générale d'échec que lui avait donné cette débâcle devant le siège du gouvernement, sensation partagée par Pixie visiblement, lui donnait l'envie pure et simple de classer cela comme appartenant au passé, point final. Débrieffer quelque peu avec une amie - en particulier celle-ci - l'avait tout de même quelque peu soulagé, mais il ne pensait pas reparler de tout cela dorénavant. Affaire classée.

On a tous connu un moment où l'on met joyeusement les pieds dans le plat, non ? Theo était conscient d'être en plein dans ce genre de situation, et surtout de l'avoir provoqué sciemment. Il n'avait pas honte. Le minet enragé et orgueilleux qui restait lové dans sa tête l'avait conjuré à grands renforts de miaulements agacés d'engager avec Pixie le dangereux sujet "Liam". Un air de défi irrité restait d'ailleurs scotché sur son visage, tourné pour l'occasion vers la blonde qui n'avait pas perdu une minute pour répliquer. Il consentit à boire une gorgée avant de répondre d'une voix ennuyée :

- " J'aurais dû t'en parler ? Je ne savais pas que le service biologie serait de la partie, figure-toi. Je ne pensais pas que tu serais intéressée."

Umpf. L'expression très indifférente de Pixie avait le mérite de réussir à le vexer, aussi il préféra se détourner et se mit à la recherche de son paquet de cigarettes. Oui, il venait d'en éteindre une, il savait bien qu'il avait un problème avec le tabac, mais à la moindre contrariété, la première chose qui apparaissait dans sa tête était ce sacro-saint tube de nicotine. Le sésame. Il s'en offrit une et l'alluma sans attendre, debout au milieu du salon, ayant dédaigné l'appui pourtant confortable du canapé, sous les sous-entendus dégoulinant de la chercheuse.

- " Je connais bien Ilona, ouais." Haussement de sourcils attentif, un brin hautain. L'air de dire "Et alors ? Je ne vois pas du tout où tu veux en venir, ma belle !" "Elle avait l'air bien au courant, mais elle doit exagérer, oui."

Le ton de sa voix n'était pas très convaincu, ni convaincant d'ailleurs, couplé à la mine blasée de son visage. Il se sentait un peu frustré par les paroles de Pixie, qui semblait lui matraquer avec violence et répétition que non, elle n'en avait rien à carer de lui et de l'idée potentielle qu'il avait eu l'audace d'un jour proférer : une relation ?

Pan, un mot difficile à sortir, surtout quand la blonde intéressée n'exprimait qu'impassibilité à son égard. Theo soupira un peu plus fort cette fois-ci, déçu de lui-même et de ses manies de continuer à renchérir devant Pixie, pourtant garnis de multiples et tout aussi frustrantes rebuffades. Il n'arrivait simplement pas à résister à l'envie de retenter sa chance, encore et encore, parfois poussé par un indice qu'il croyait déceler dans l'attitude de la blonde, ou tout simplement par dépit. Et à chaque fois, il récoltait la même chose et s'en voyait contrarié comme un gosse à qui l'on refuse sans cesse le même jouet merveilleux. La comparaison n'était pas franchement méliorative, mais dans l'esprit vexé de Theo, c'était le mieux qu'il puisse faire.

Ce fut pourtant un sourire torve qui s'afficha sur ses lèvres, et son visage se rembrunit. Il leva le menton, un peu par défi encore une fois, et vida son verre un peu après Pixie qui partait déjà se resservir.

- " J'en serai honoré, tu le sais très bien. Même si j'ai l'impression que tu n'as pas très bon goût, hein ?"

Theo se dirigea vivement vers la table pour remplir son verre à son tour, emmenant avec lui un petite voile de fumée tenace qui semblait le suivre. Il combla le verre de vin presque à ras bord, et s'envoya directement une bonne gorgée, à peine conscient du goût travaillé sur sa langue. Oui, quand il était vraiment contrarié, Theo avait également un petit problème d'alcool. Pas méchant, pas méchant.

Chiottes, il n'avait pas pensé que ça tournerait comme ça. Enfin, pour être parfaitement honnête, si, il s'était douté que Pixie ne réagirait pas avec une joie bondissante à ce qu'il lui dirait de Liam et de ses impressions sur lui. Mais que son jugement n'ait aucune valeur, qu'il soit comme un ennemi lorsqu'il parlait de ça lui faisait un peu plus mal que prévu. Tout cela lui confirmait ses sombres prédictions quant à la relation Liam-Pixie que cette dernière avait pourtant l'air de nier. Ouais-ouais, blablabla. Il n'y croyait pas une seconde, et l'idée de se faire évincer par ce type lui cloua une prodigieuse envie de vomir au fond de la gorge. Il déglutit en baissant légèrement la tête - une première ce soir ! - mais ce fut pourtant avec verve et irritation qu'il répliqua :

- " Ca n'a rien à voir avec mon avis sur lui ! C'est un.. collègue, et je te disais simplement ce qu'il est. C'est un maniaque, rien de plus, et que ce soit toi ou une autre, je dirais la même chose : il n'est pas bon à fréquenter. C'est tout."

Re-Umpf. Alors que Pixie le gratifiait d'une dernière insulte - un peu puérile en son sens - et se détournait vers le canapé et la télé, Theo resta debout dans le salon, son verre et sa cigarette en main, encore trop douché pour songer à s'asseoir. Il ruminait encore, et connaissant la chercheuse aussi bien qu'il la connaissait, avec sa façon de s'hypnotiser devant sa série, elle n'était pas forcément en paix avec ce sujet. Sans regarder dans sa direction, il se permit un autre commentaire :

- " Sans déconner, tu ne vois vraiment pas ce que ça peut me faire ? Je croyais que t'étais surdouée ?"

Je tiens juste à toi, espèce d'idiote !

Ils étaient bien partis pour faire la gueule chacun de leur côté avec toutes ces conneries, mais Theo voyait difficilement comment faire machine arrière. Il avait envie de rajouter quelques petites remarques, mais à part embourber la situation, il n'arriverait à rien. Tout d'abord, il était très désireux de demander à Pixie pourquoi donc elle le repoussait avec tant d'insistance, pourquoi selon elle il était si sot de tenter sa chance. Il ne lui convenait pas ? Il n'était pas assez bien loti, ou intelligent, ou complètement drogué à la chasse aux Mutants ? Très honnêtement, Theo ne comprenait pas son choix, mais il avait tellement l'habitude d'arracher ce qu'il voulait par la simple force de sa condition sociale, ou bien de sa carte de crédit dans les cas les moins bons... Les refus de Pixie lui paraissaient insensés, irréfléchis, mais il n'avait pas la force de creuser encore dans cette direction. Il soupira.

Et puis merde.

- " Je t'invite quelque part ?" demanda-t-il sans conviction, car il savait qu'elle dirait non. "Histoire de me faire pardonner. Et tu pourras en profiter pour m'expliquer clairement pourquoi tu ne veux pas de moi mais que tu coures te jeter dans les bras d'un vieux con."

Effectivement, on pouvait se demander si tout ce qu'avait dit Pixie n'avait pas fait qu'un petit aller sans conséquence entre ses deux oreilles. Il ne pouvait s'empêcher de retendre une perche pour la confrontation, quand bien même sa proposition avait des goûts de purgation. Il observa Pixie qui lui tournait le dos, résolument fixée sur son écran, et vida son verre une nouvelle fois, se saisissant déjà de la bouteille pour une nouvelle tournée. L'alcool fait oublier les peines de coeur, vous n'étiez pas au courant ?

Theo s'avança vers le canapé et hésita un peu derrière la chercheuse, comme elle l'avait fait auparavant pour passer les doigts dans ses cheveux. Non. Lui, il ne pouvait pas se permettre ce genre de geste, il n'avait pas les mêmes droits ; et il aurait été idiot de penser qu'il pourrait la toucher - l'effleurer - après une mise au point si claire. Il bifurqua donc sur la droite et contourna le canapé pour s'y laisser tomber, faisant au passage s'envoler de la cendre sur le tissu qui le recouvrait. Sans même y faire attention ; petit détail futile.

- " ... Ou bien je peux attendre que tu aies trouvé la conviction de me virer de chez toi. Dépêche-toi, au prochain verre, je n'ai plus le droit de prendre la route." lâcha Theo d'une voix peu concernée, suivant des yeux l'émission qui défilait sur le poste en face d'eux.

Et glou, et glou, et glou.

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Pixie L. Yulianov
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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Ven 8 Juil - 19:37

Magnifique ! Quelle répartie, quelle excuse ! Le “Service Biologie”.. petit con. Theo jouait sur les mots, elle ne parlait pas de département, mais d’elle et de lui. Pixie s’intéressait toujours à ce qu’il faisait, qu’elle approuve ou non, elle aimait savoir. Sinon pourquoi Liam aurait dû plus lui en parler, hein ? Il détestait les chercheurs autant qu’elle dénigrait l’équipe Bastet. La blonde dû serrer les dents pour garder cette expression détachée mais dès qu’il se tourna elle plissa les yeux de désapprobation. Qu’il s’étouffe avec ses clopes ! Qu’il les mange même ! La nonchalance dont le chasseur faisait preuve face à ses non-dits étaient entrain de la rendre malade, la jeune fille se sentait narguée, mise à mal et elle ne put s’empêcher de le fixer avec une pointe de dégout blessé. Et après il pouvait se permettre de la juger ? On nageait en plein délirium, mes amis ! Mais puisqu’il le prenait de cette façon..

Pixie savait qu’il ne la croirait pas. Mieux valait se fier aux bruits de couloir, non ? A Ilona et sa capacité à simplifier les choses à sa manière entre deux parties de jambes en l’air. Après tout, pourquoi s’embarrasser à écouter la concernée, même si cette dernière mentait sans doute un peu pour préserver tout le monde. Ça devait faire longtemps que la Russe ne savait plus faire gober n’importe quoi à Theo, ce n’était pas ce qu’elle voulait intentionnellement en soi mais ça aurait été tellement plus simple. Cependant elle ne voyait pas la bombe maxi format qui allait dans peu de temps lui exploser en pleine figure, elle ne comprenait pas tout à fait ce qu’il attendait clairement d’elle maintenant. Jusque là ils s’étaient toujours contentés de ça, il y avait bien quelques remarques ou quelques signes mais elle s’était mise à penser au fil du temps que ça n’irait pas plus loin, que les éventualités passées étaient.. oubliées et qu’il ne restait qu’une espèce de routine dans laquelle elle s’était surement trop laissée aller à la complaisance. Et puis avec lui, comment prendre les choses au sérieux, merde ?!

Le fond de son verre cogna brusquement contre la table laquée, quitte à ce que quelques gouttes fraichement versées s’en échappent. Se redressant dans un quart de tour, la chercheuse posa sur lui des yeux médusés, les sourcils arqués dans une expression qui lui demandait silencieusement mais -pourtant très clairement- s’il n’était pas entrain de se foutre de sa gueule. Ses petits coups de bluff d’ado fier de lui ne la faisaient pas rire du tout, non là il commençait à l’énerver. ça lui rappelait le Theo qu’elle avait rencontré, faux et prétentieux, celui qui lui avait laissé une très mauvaise impression en moins de trois secondes. Avec les mois et les années, l’insistance, le charisme, les faiblesses.. ces petits détails qui faisaient parti intégrante de lui avaient été gommés. Ils avaient fini par amuser la blonde qui souriait de le regarder faire avec les autres. Mais avec elle ? Avec ELLE ? Oh non très mauvaise idée. Pixie s’était peut-être trompée, elle n’avait pas la place qu’elle croyait avoir et se vautrer en beauté de son piédestal venait de lui faire très mal ; quelque part là dans sa poitrine et autre part sur un point sensible de son ego. Aucun mot ne daigna sortir comme si pas un seul n’aurait su exprimer avec justesse sa masse confuse de colère et de souffrance. Dans sa condition de cérébrale -hypertrophiée je vous prie-, la scientifique ressentait tout en puissance mille, en permanence, mais elle détestait au plus haut point avoir à montrer aux autres ce qui pouvait la toucher, même tout juste l’effleurer un peu. Sa facilité à classifier et compartimenter aidait à maintenir une limite de sureté, un barrage à tout ce qui pouvait sortir du cadre maitrisé de ce qu’elle avait à donner. Certes c’était éreintant mais toujours plus facile que de laisser entrevoir l’affection maladive qu’elle avait pour Theo, la vulnérabilité vomitive sur laquelle elle avait bâti tout le miroir de son monde, ou encore la peur de tout ce qui devenait trop réel.. Elle en avait la chair de poule rien que d’y songer. Décidément, c’était tout bonnement impossible qu’elle fonce sans réfléchir comme une reptilienne, ou qu’elle se laisse guider par des pulsions sentimentalo-chimiques comme les émotionnels. Plutôt crever que de lâcher prise en fait. Alors il fallu qu’elle mette de la distance. Dans cet appartement qui n’était absolument pas grand, ils avaient trouvé le moyen de seulement se croiser.

Non.. Petit rire ironique spontané très difficile à étouffer. Son verre gardé en main, elle avait chassé l’air et les paroles de son ami de l’autre en levant les yeux vers le plafond. Un dernier petit volte face parce qu’elle ne pouvait décemment pas laisser passer cette hypocrisie monumentale. Voilà, elle écarta les bras, scandalisée. Il n’est pas seulement question de “moi ou une autre”, il s’agit aussi de “lui ou un autre” . Admets-le au moins !

Même si là elle avait fait très fort, Pixie pensait dur comme fer que Theo aurait qualifié de mal incarné n’importe qui de toute façon mais ce n’était pas comme ça qu’elle avait voulu le dire. Elle le regretta immédiatement d’ailleurs et s’empressa de soupirer en fermant momentanément les yeux.

Est-ce que tu pourrais envisager deux secondes que je ne vois pas les mêmes choses que toi ? Que.. et je sens que ça va te paraitre stupide, il n’a pas toujours le même comportement avec moi que celui que tu vois ?

Winchester restait plus proche de l’ours sauvage et mal léché que de la colombe, soit ; et ce que la blonde avait entrevu était radicalement insuffisant pour qu’elle fasse une quelconque apologie du trentenaire, surtout face à Theo, soit. Elle avait sans doute choisi le pire, oui c’était un pari à faire et à gagner facilement. La Fée du Folklore aurait concédé tout et n’importe quoi sur ce point qui n’avait l’air judicieux pour personne. D’accord ! Cela dit est-ce que c’était une raison pour la traiter comme une minette incapable de prendre une bonne décision ? Il la regardait comme s’il lui reprochait de ne pas prendre son avis pour le nouvel évangile et il lui parlait comme à une sociopathe accroc aux criminels en liberté conditionnelle. Seigneur du Chocolat ! Heureusement qu’il ne s’était pas attardé autant sur la façon dont elle s’était fait la malle avec un inconnu ce fameux jour au Siège !

Aussi étrange que ça puisse sembler, je suis une grande fille et je n’ai pas de permission à demander. Pas même à toi.

L’ajout était très lourd de sens. Contrairement à sa façon de revendiquer sa totale indépendance, ce que Theo pensait avait son importance pour Pixie même s’il était délicat à prendre en compte. Par exemple, si elle avait eu son mot à dire, aucune fille au monde n’aurait été assez bien pour lui, même pas pour le contrat à durée déterminée de six heures. On nommait ça de la mauvaise foi. En tout cas le comportement systématiquement rebutant du Bastet dont il était question ne faisait qu’alimenter le côté « plantage assuré » de ce qui n’était même pas qualifiable de flirt potentiel. Le fait qu’elle ne veuille rien dire n’était pas anodin, évidemment ! Et puis non, stop. Elle ne voulait plus en entendre parler. La Russe ne voulait même plus le regarder et préféra en quelques secondes s’enfermer dans sa bulle hermétique avec ses médecins drôles à la télé. Elle ne prit même pas la peine de se bouger pour lui lancer un regard quand il reprit.

Faut croire qu’ils se sont plantés dans le diagnostique. Mais t’as raison de tout ramener à ça, c’est bien.

Sa voix était coulante mais sans ton, imperméable, imperturbable aussi faussement qu’il était possible de l’imaginer. Par contre si elle en avait porté, elle aurait enlevé une de ses chaussures pour la lui jeter violemment dans la gueule et elle dû lutter pour ne pas le faire avec son verre plein. Je t’en mettrais moi des surdoués, andouille. C’était bas, ras du sol, incrusté sous la moquette même comme commentaire. Le mot qui fâche, encore. C’était.. résumer Pixie à son QI et elle le prenait véritablement comme une insulte à ce moment précis. Ça c’est sûr, quand on ne savait pas ce que c’était, on pouvait se permettre d’en parler ! Sans ça, il aurait été plus que probable qu’elle se soit relevée et qu’elle soit revenue le chercher parce que.. parce qu’elle savait trop bien ce que ça faisait. L’attachement ou le degrés d’implication de Theo dans les relations qu’il entretenait avec d’autres filles.. Il ne devait même pas se rendre compte, alors ce qu’il lui faisait comprendre, elle y était sensible.. Mais la blonde était du genre butée, capable de faire la tête jusqu’à ce qu’elle juge relativement correcte le nombre de coups de rame laborieux de l’autre pour qu’elle s’intéresse de nouveau. Et elle était exigeante là-dessus. Hum ouais, elle aurait pu tenir des jours s’il n’avait pas dit ce qu’il avait dit.

Mais non, pas l’invitation à sortir qu’elle ignora royalement -même si ne se priva pas de penser quelque chose du style Si en plus tu crois que je vais me bouger le cul à m’habiller pour toi, ah ah même pas en rêve.- mais la suite plutôt. Si Pixie eut l’air de ne pas réagir, ce fut seulement dû au reboot effectué par l’intégralité de son système. Ce qui avait commencé par une vulgaire tentative d’esquive du sujet allait beaucoup trop loin à présent. Fait indéniable : la blonde avait cherché à lui faire cracher le morceau.. mais elle ne s’attendait sincèrement pas à ce que le minet lui balance les choses aussi.. franchement. Ils n’étaient plus dans les sous-entendus ou dans les hypothèses, difficile de ne pas comprendre ou d’éluder. Pixie flippa devant ce retour de boomerang qu’elle n’avait absolument pas prévu. Sérieusement, en dehors de “Ton frère est mutant, est-ce que tu le savais ?” c’était la question à laquelle elle n’aurait jamais voulu avoir à répondre, jamais. Maintenant qu’elle ne distinguait plus sur l’écran de télé que le vague reflet de la silhouette de Theo entrain de se mouvoir derrière elle, elle ne pouvait pas s’empêcher de se dire que c’était pas dans le plan que ça redevienne si vrai, ça l’a choquait. Surtout qu’elle ne savait même pas quoi dire. Attention, ne vous méprenez pas, la Fée Pixel avait un tas d’explications plus sensées les unes que les autres mais si jamais il se mettait à la contredire, ce serait l’horreur. Elle but une ou deux gorgées de vin, se pencha pour poser son verre sur la table basse et replia ses jambes contre elle en s’enfonça dans le canapé -peut-être dans l’espoir que les coussins l’avalent littéralement-. Son regard glissa furtivement sur le côté quand il vint s’asseoir à côté d’elle, in extremis la mini barbie casanière se retint de lui faire remarquer que s’il faisait un trou de cigarette quelque part, elle mettrait le feu à ses fringues de petit bourgeois. Silence. Dans son mutisme profond, subtilement gêné, Pixie cherchait par où commencer. Une sorte de stupide force intérieure la poussait à trouver un truc à dire. Les premiers mots sortirent d’eux-même.

T’auras qu’à dormir par terre.

Ce n’était pas la plus chaleureuse ni la plus adroite des invitations cependant elle essayait vraiment de lui dire qu’il n’avait pas à partir. Elle voulait qu’il reste avec elle, elle était contente qu’il vienne la voir alors même si elle était capable de ne plus lui adresser un seul mot jusqu’au lendemain, sa présence était.. ça restait Theo, son Theo aussi chiant, désagréable et imprévisible qu’il puisse être. Enfin, la demoiselle daigna se tourner un peu vers lui.. pour aller lui coller un taquet derrière le crâne avec une moue à la fois sévère et désemparée.

T’es qu’un crétin. Et elle mettait les formes là. Tu tiens vraiment à ce qu’on ait cette conversation ? J’veux dire, tu pouvais pas laisser tout ça comme c’était ?

Mais ça ne répondait pas à sa question, si ? Pixie souffla, pesta dans sa tête et détourna le regard ; elle se pinça les lèvres, décidée, acquiesça plusieurs fois à ses propres réflexions, d’une manière de dire « Bon très bien, tu l’auras voulu ». Pourtant ses yeux s’ancrèrent pensivement dans son verre encore à moitié plein devant eux.

T’es plus proche de moi que n’importe lequel des garçons que j’ai pu fréquenter, Theo. Et tu comptes plus pour moi que tous réunis, et même que pratiquement tous les gens que j’ai connu.. mais non, ça peut pas te suffire, pas vrai ? Parce que t’es comme un gosse, par principe tu veux uniquement ce qu’on ne veut pas te donner. Sérieusement, est-ce que t’as envisagé même une fois ce qui se passerait si tu l’avais ?

Elle, elle voyait ça d’ici. C’était comme le super noël génial des mioches, le plus beau de leur vie parce qu’ils avaient eu le truc indispensable qu’il leur fallait absolument. Et en trois jours ils avaient déjà eu le temps de se rendre compte qu’il n’était pas aussi amusant que ça ; en une semaine ils lorgnaient déjà sur un autre ; en un mois ils l’avaient déjà oublié. Raison N°1.

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Theo Paradise
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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Lun 18 Juil - 1:34

Si Pixie s'imaginait qu'elle était la seule à souffrir de ce qu'elle entendait ce soir, il la maudissait. Il la maudissait avec une passion étrange née de ce sentiment bizarre et incongru, très superficiel dans son esprit ignorant de la chose, si joliment nommé le chagrin. Theo rejetait cette idée, évidemment. Mais c'était bien les gonzesses, ça, à se plaindre et à chouiner dès qu'il élevait un peu trop la voix, et puis à répliquer avec tellement plus d'étroitesse et de mesquinerie qu'il en restait scotché, les yeux baissés, digérant des paroles menaçantes pour son ego. Lui ou un autre ? Effectivement, ça avait du poids dit comme ça, dans sa bouche, avec ce ton ironique et scandalisé. Elle avait l'air de présenter quelque chose de simplissime, d'évident même, quelque chose qu'il aurait du savoir depuis le début. Un goût de bile irrité lui monta le long de la gorge et il sentit venir la répartie acide et cinglante. Mais, pff... C'était Pixie tout de même, et une partie de son esprit agacé par cette nouvelle ne pouvait qu'approuver vivement ce qu'elle venait de dire. C'était la logique même, mais y songer de cette façon ne vantait pas vraiment ses propres mérites, plutôt son incroyable don pour continuer à tendre la joue quand il ne recevait que des gifles.

Theo releva les yeux vers sa blonde, le visage clairement glacial. Elle soupira alors en fermant les paupières, comme si elle regrettait un peu la brusquerie de ses derniers mots. Bizarrement, il n'en fut pas trop attendri ; il avait l'impression sordide et tenace qu'elle n'en avait pas fini avec lui. Le jeune homme se pressa contre le canapé, ne cessant de la fixer d'un air absent, et sirotant parfois une gorgée dans l'unique but d'occuper ses mains.

Et là, soudain, il éclata de rire. Comment en aurait-il pu être autrement ? Pixie venait de lui expliquer un fait qu'il avait déjà cru comprendre : Liam n'aurait pas le même comportement avec lui qu'avec elle ; ou en tout cas pour ce qu'il en voyait. Tieeeeens donc ? C'était une hilarité sincère et suffisante qu'il lui offrait, les yeux plissés, le rire coulant, traînant, juste avant qu'il ne s'interrompe suffisamment pour glisser :

- " Mais ça c'est normal, Pixie. Aussi étrange que ça puisse paraître, il ne veut pas me baiser, moi."

Il détourna la tête. Ses paroles avaient dépassé sa pensée, et il regrettait d'avoir laissé échappé une bombe comme ça. En soupirant, passant une main contrite sur son visage, il reprit bien plus calmement :

- " Non, c'est pas ce que je voulais..." - il s'interrompit, Pixie s'étant décidé à reprendre la parole.

Theo se figea, la moue aux lèvres. Elle lui avait assez sympathiquement cloué le bec, d'une manière magistrale et nette, pour ensuite se replonger avec fougue dans sa série comique. Le jeune homme resta immobile quelques instants, méditant les mots de Pixie avec une délicieuse aigreur, et ruminant en son for intérieur ce qui lui avait déjà traversé l'esprit auparavant : au jeu des piques douloureuses à envoyer à son prochain, la belle chercheuse n'était pas la moins bonne. S'en suivit alors un silence de quelques secondes, où le salon fut bercé par les répliques des acteurs à la télé, l'un et l'autre faisant la gueule de son côté. Le pseudo photographe n'avait pas grand chose à rajouter, techniquement, puisque son avis n'était pas vraiment requis. Cette façon brutale de l'évincer n'était évidemment pas très agréable, mais une partie de lui-même - et pas la plus belle - ne pouvait s'empêcher de louer Pixie pour ce trait d'esprit. Assez rustre et piquant, mais si élégamment tourné qu'il ne pouvait qu'applaudir mentalement.

Elle rajouta quelque chose, juste après, à propos d'une de ses remarques, mais c'était avant qu'il ne s'affaisse sur le canapé, et il n'avait pas vraiment prêté attention. Il boudait, évidemment, et il doutait que Pixie, qui ne le regardait même pas en balançant tout ça d'une voix neutre, l'ait aspergé de compliments. Il consuma vivement sa cigarette.

Bien sûr, après, il avait tendu cette immense perche à la catastrophe relationnelle. Il n'était pas particulièrement gêné, pas franchement allègre à l'idée d'avancer dans ce sujet, mais c'était une simple question, qui forcément avait déjà tourné une ou deux fois dans son esprit. Dans le fond, il y attachait tant d'importance parce qu'il était capricieux, séduit, insupportable ; mais il y avait autre chose, il en était presque sûr. Il évitait simplement d'y penser et s'efforçait de ne pas trop attendre de cette conversation. L'évidence de la réponse qui planait dans l'atmosphère lui laissait très peu d'espoir, mais en parler lui ferait du bien. C'était assez rageant de n'avoir aucune oreille à prêter à ses tourments, sinon celle d'Ilona, indiscrète et hystérique, dont la détentrice semblait surtout s'amuser quand il pestait contre Liam.

Le calme demeura encore un petit moment, avant que Pixie ne lâche une petite remarque légère, qui eut le mérite de le faire pouffer. Il tenta un regard vers elle, se replongea dans la télévision en serrant les mâchoires pour résister à l'envie de terminer son verre : il préféra aspirer sa cigarette, entouré d'une fumée dense et tenace. Elle l'avait fait rire, oui, mais il ne pensait pas mettre en application cette idée... Plutôt cuver dans sa voiture ; enfin, il avait tout de même noté que la proposition avait un fond de gentillesse, non ?

Bien sûr, Pixie n'en resta pas là - il aurait été quelque peu vexé - mais réagit en... lui mettant une claque derrière la tête ?! Theo se tourna vers elle, la mine atterrée et un poil outragée - faussement, dirons-nous... - attendant qu'elle explique ce geste qui le faisait sourire malgré lui. Il jeta un coup d'oeil à sa cigarette et regretta de constater qu'il lui faudrait bientôt se bouger les fesses pour l'écraser dans le cendrier le plus proche.

Il la laissa parler sans la couper, attentif. Après tout, il avait marché sur des oeufs jusque là, autant bien écouter la réponse de Pixie, qui au moins n'était plus aussi cinglante. Il arrivait même à retirer un certain réconfort de ce qu'elle lui disait, mais il savait que ce joli tableau était terni par sa jalousie maladive. Difficile à avaler.

- " Loin de moi l'idée de t'embarrasser." souffla-t-il d'une voix veloutée en levant les yeux au ciel. "Je n'attends pas de réponse particulière, tu sais. Pas besoin de prendre des gants, je cherche juste à comprendre. Je suis un grand garçon, Pixie, je ne vais pas me mettre à pleurer si tu ne me trouves pas à ton goût."

Léger sourire, en allusion avec sa déclaration précédente sur le fait qu'elle-même était assez mûre pour prendre des décisions seule. Un sourire un peu doux-amer, mais le visage de Theo était nettement plus ouvert, son regard plus clair et plus sincère, comme quand ils n'étaient pas en train de se prendre le nez pour un oui ou pour un non.

Mais pour ce qu'il répondrait ensuite... Il lui fallait une plus ample réflexion. Les yeux du jeune homme se perdirent dans le vide, sans se fixer sur quelque chose en particulier, pendant que l'idée lancée par Pixie prenait forme fantaisiste dans sa tête. C'est vrai, c'était un peu bizarre en soi, mais il n'avait jamais vraiment imaginé comment ce serait. De sortir avec Pixie, s'entend. L'aspect "couple" de cette proposition le rendait vraiment curieux. Cette notion lui était peu familière, et l'associer à la chercheuse donnait un résultat tumultueux. Il eut un petit rictus cependant. Ca n'avait pas l'air trop désagréable, si ? Après tout, il pouvait bien embrasser l'idée d'une fidélité absolue si les avantages de ce genre de situation étaient ce qu'il pensait. Sortir avec une fille, pour lui, c'était en version simplifiée : la voir quelque soirées, lui payer un petit cadeau pour ne pas paraître trop mesquin, profiter de quelques attentions physiques. Et la larguer, évidemment, ou faire le mort patiemment et avec délice jusqu'à ce qu'elle craque elle-même et prenne la responsabilité de la rupture. Souvent même, il ne se considérait même pas en couple, ni ses partenaires d'un soir d'ailleurs. Mais l'idée plus fleurie d'un couple uni, ce n'était quand même pas si ridicule à ses yeux. Après tout, il s'entendait vraiment bien avec Pixie, et elle venait à l'instant de dire qu'il comptait beaucoup pour elle. Ils ne s'ennuieraient pas. Il pourrait se servir de son argent inutile pour elle, même si elle n'en voudrait pas. Ils habiteraient ensemble, ils parleraient du boulot, ils sortiraient ensemble. Theo s'avouait sans mal qu'il était plaisant d'imaginer Pixie à son bras ; de se présenter comme étant son compagnon lors des soirées, ou à Liam tiens, héhé, de la conduire à la base et de partager son lit avec elle. Juste elle.

- " Uhm."

Comme elle un peu avant, ce fut le seul son qui sortit de lui-même de la bouche de Theo. Il tourna vers elle un sourire un peu coupable, bien loin de l'agressivité qu'ils s'étaient envoyé au visage auparavant.

Il avait quand même compris où elle voulait en venir, mais il trouvait la question déplacée. Personne ne planifiait à l'avance ce genre de chose, et l'audacieux Theo aurait préféré éviter les prises de conscience et les interrogations existentielles pour se jeter simplement dans la mêlée. Evidemment, il y avait des probabilités pour que cela tourne mal. Il ne se considérait pas vraiment comme un gosse - umpf, et puis quoi encore ?! - mais il reconnaissait n'être pas un expert dans les relations longue durée. Parce que les autres filles étaient moins intéressantes, voilà, ou parce qu'effectivement le refus le rendait fou, il n'en savait trop rien, mais il était clair que ses réactions avaient à voir avec son côté inégal, instable. Mais il fallait qu'il trouve un moyen détourné de lui dire, une façon peut-être plus poétique, ou qui en tout cas irait plus loin dans le fond de sa pensée. Il toussota un peu, encore apparemment pensif, avant de se lancer :

- " Content de savoir que tu tiens à moi. Le contraire serait étonnant." - il ne pouvait vraiment pas résister - "Ce n'est pas si déplaisant à imaginer, tu sais. J'ai bien compris que tu voudrais vite éloigner le sujet, et je t'assure que je n'insisterai pas, mais regarde : je suis un bon parti. Tu ne peux quand même pas le nier. Qu'est-ce qui te fait penser que je ferais tout foirer, hein ? Tu penses que je peux pas rester sage, ou que je refuserais de faire le ménage en rentrant ?" - air innocent, presque candide - "Est-ce que toi, tu t'es imaginé ne serait-ce qu'une seconde ce qui se passerait si je l'avais ? J'ai tous les défauts du monde, Pix', mais je t'assure que je sais parfaitement remarquer quelque chose qui a de la valeur."

Theo se leva alors, son mégot carbonisé à la main. Bouger rendait la situation moins figée et lui éclaircissait un peu les idées, ainsi, même lorsque sa cigarette ne fut plus qu'un souvenir fumant dans un cendrier - ou ce qu'il avait pu trouver pour jouer ce rôle - il ne retourna pas s'asseoir directement. A la place, il se donna l'air de faire quelques pas dans l'appartement, le temps de réfléchir à ce qu'il pouvait ajouter.

- " Imagine toi la classe de te promener avec moi à ton bras." - bien entendu, le pompeux héritier prenait parfois le dessus, mais clairement, Theo plaisantait. Il en rajouta une couche, l'air de pas y toucher. "La fille la plus jalousée de la ville. Avec des tonnes de fringues, de DVD à la con, de voitures, de voyages. Et puis, je ne serai pas jaloux, je te laisserai fréquenter ton petit copain avec qui tu es allé au discours de Farinelli... Ou même Liam, puisqu'il est si agréable avec toi."

AHA, non, il n'avait pas oublié l'étrange présence de cet inconnu après de Pixie, le jour de la débandade devant le siège du gouvernement. Il avait simplement considéré qu'il n'y avait pas trop de danger de ce côté là, que la jalousie était inutile, et que l'affaire était toujours classée. Il ne lui en tiendrait pas rigueur si elle glissait sur ce petit détail. Par contre, il ajouta, derrière le canapé comme une présence invisible à Pixie :

- " Et lui, il te fera plus de mal que moi, Pixie." lâcha-t-il d'un ton lourd de sens, gonflé d'émotion.

Il ne tint que quelques secondes avant d'éclater de rire, se dirigeant de nouveau vers le canapé pour s'y asseoir, et s'expliquant rapidement entre deux secousses :

- " Uhm, pardon, mais je la trouvais bien placée."

Qu'est-ce qu'il pouvait être con des fois, c'était inimaginable. Un peu tel le Jean-Claude Convenant des temps modernes, Theo se trouvait désopilant d'absurdité, avec sa réplique digne d'un mélodrame pourri des années 80, mais il se calma vite par peur du ridicule.

Il se tourna vers Pixie en reprenant son verre sur la table. Et soupira longuement. Finalement, il savait qu'il fallait rebrousser chemin maintenant. Absoudre la stupide conversation qu'il avait lancé, par dépit plutôt qu'autre chose. Pixie avait sans doute raison, et puis il n'était pas magicien, et elle avait déjà refusé. Il ne réussirait pas à la convaincre, la corrompre, l'acheter. C'était dénigrant, douloureux, sans doute irraisonné pour lui, mais elle avait déjà fait son choix depuis longtemps et il n'était pas très sympathique de la piquer sans cesse sur le sujet, surtout s'il avait l'audace de se dire son ami. Oh bien sûr, il pensait cela à chaque fois avant de revenir à la charge, mais chaque fois moins convaincu. Viendrait sans doute un jour où il se lasserait, et s'en retournerait à sa vie salement débauchée niveau relationnel. Elle avait raison. Il foirerait tout avec Pixie si jamais cette situation se présentait, d'une manière ou d'une autre.

- " Bon allez, j'arrête. T'as pas tort, cette conversation est inutile. Je vais accepter le fait que tu n'es pas obligée de tout me dire, mais en échange, s'il-te-plaît, dis à Winchester que je suis quelqu'un d'exceptionnel, ça lui coupera peut-être l'envie de m'étrangler à chaque mission en commun."

Il haussa les sourcils en souriant, avant de se tourner vers son verre et de le descendre d'une dernière gorgée. Le vin commençait à lui monter gentiment à la tête - hey ho, la bouteille avait bien descendu, figurez-vous - et Pixie paraissait fatiguée. Il n'allait pas s'attarder, et en se contorsionnant pour récupérer sa veste sur laquelle il s'était assis, il s'imagina que son ami en était consciente.

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Pixie L. Yulianov
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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Mer 20 Juil - 19:41

Elle n’aimait pas ce regard-là, les yeux polaires de Theo posés sur elle la mettait étrangement mal à l’aise. Pixie n’avait pas l’habitude et ne voulait surtout pas la prendre. Ce qu’il pouvait être blessant sans même utiliser de mot, juste dans ces expressions, juste en ayant cette capacité acide de la pousser à se sentir coupable. Pourtant elle était sûre d’avoir raison, au moins partiellement, elle ne pouvait pas imaginer qu’il en soit autrement parce que si une certaine réciprocité n’existait pas, ce serait une faiblesse bien trop lourde à porter seule. Elle fit un pas en arrière quand il rit, elle ne comprit pas.. ou si, elle su d’avance qu’elle n’allait pas apprécier. Effectivement il dépassa les bornes pour de bon. Elle se figea soudainement, interloquée, de la haine dans les yeux comme si elle avait senti la colère monter d’un coup et qu’elle se trouvait là, prête à déborder d’une seconde à l’autre. Cependant Pixie ne jurait pas souvent, et jamais violemment dans ses mots. Question d’éducation sans doute, éducation qui n’était pas ce qu’on pouvait qualifier de distinguée mais simplement de dénuée de toutes futilités y comprit celle de l’argot d’une langue qui n’était pas la sienne. Elle ne releva même pas mais Theo pouvait être sûr à trois mille pour cent qu’elle n’oublierait jamais ce qu’il venait de dire et que si une dispute ultérieure survenait entre eux, même dans six mois, elle allait la lui ressortir avec l’odieuse puissance d’une bombe à retardement nucléaire. Elle aurait pu aller au plus simple et le foutre dehors sur le champ mais c’était loin d’être suffisamment sournois à son gout. Envolé la gentille fille. La blonde n’eut que faire de sa tentative de se raccrocher aux branches, elle lui coupa la parole sans hésiter parce que là, il pouvait bien allez mourir. C’était dît : elle n’avait pas besoin de son approbation, elle n’en voulait plus.

C’était trop bête d’en être arrivé là. C’était ce qu’elle était entrain de se dire, plus tard, pendant qu’elle tentait maladroitement de faire comprendre à Theo le pourquoi du comment. La chercheuse avait toujours du mal à saisir comment en quelques secondes, elle était passée d’un état semi comateux à toute cette folie douce. Bien sûr, elle le rendait entièrement responsable -ne l’était-il pas véritablement ?- C’était comme si elle avait senti une cassure à trop vouloir mettre une raison sur ce qu’elle aurait voulu garder vague et inexpliqué. La facette inachevée de sa relation presque fusionnelle avec Theo avait fait office de confort alors qu’il s’amusait à la faire voler en éclat par un retour de boomerang bien placé. Ne pas le trouver à son gout ? Elle aurait préféré. Ça aurait pu être la raison la plus sommaire et la plus valable il y a quelques années mais aujourd’hui il n’était plus question de ça, ce qui somme toute avait le don de faire redescendre une certaine pression. Pixie était vraiment fâchée, entendons-nous bien, mais elle n’arrivait tout bonnement pas à le rester, pas entièrement, pas en le regardant osciller entre sourire et provocation. Ça ne marchait pas avec lui, la morale. Elle n’avait pas tant de reproches que ça à lui faire et aucune tirade bien construite ne pouvait mettre un terme à des affabulations qui avec le recul syndical n’étaient pourtant pas si stupides que ça. Dans le silence qui suivit, elle ne put que lever les yeux vers le plafond pour se donner une contenance, elle appréhendait sa réaction et ce qu’il pourrait bien inventer encore..

Cet état de flottement lui sembla durer une éternité avant qu’il ne lui fasse écho et qu’il se tourne vers elle. Rien qu’à voir la tête qu’il faisait, Pixie ne put s’empêcher d’afficher une moue embarrassée en haussant les épaules. Elle était tout à fait consciente qu’elle donnait l’impression d’un peu trop s’avancer, évidemment, mais pour elle il y avait déjà une différence de base dans toute relation. A savoir partir dans l’idée d’un CDI et pas d’un CDD éventuellement renouvelable, si qualité du service satisfaisante. C’était une simple nuance qui n’impliquait pas le contrat à vie mais un bête état d’esprit. Pour que les choses marchent, il fallait au moins le vouloir et essayer. La blonde doutait que Theo fasse cet effort, et qu’il lui jette des pierres s’il effleurait seulement le concept de stabilité. Quand il se décida à reprendre la parole, la russe laissa lourdement sa tête retomber en avant. Il ne pouvait pas s’empêcher d’être con, non bien sûr. Elle ferma les yeux, prête à recevoir une petite salve de bêtises comiques dont elle arriverait surement à rire dans trois jours. Mais non.. à la place elle tiqua et se redressa plus soudainement qu’elle ne l’aurait voulu. En voilà des façons de la prendre au dépourvu.. Comme une évidence, elle éluda ce qui la touchait pour relever la faute, mais d’un ton très léger loin de l’accusation pure de toute à l’heure.

Un peu des deux. Beaucoup du premier, je ne suis pas convaincue que tu captes la notion d’exclusivité.

Elle pensait peut-être à tord le connaitre par cœur, d’ailleurs il y avait fort à parier que si Theo ne lui était pas devenu si proche, il serait resté dans la catégorie nommée avec indulgence « enfoirés notoires ». Mais une grande partie de ses raisons, celle passé sous silence, devait avoir un rapport avec sa propre peur de l’engagement. Ainsi lorsqu’elle l’observa ensuite sans dire un mot, la blonde se surprit à.. envisager. C’était le terme approprié. Elle aurait menti en disant qu’elle n’y avait jamais pensé mais c’était il y a longtemps, quand la négation était encore sans le moindre appel. Et quand Theo se leva, elle eut l’impression qu’il l’abandonnait un peu à une remise en question forcée. Il fallait reconnaître le paradoxe : Pixie idéalisait littéralement une forme un peu trop romantique de la relation qu’elle aimerait vivre, cependant elle se trouvait encore au stade où le sentimentalisme ne lui inspirait qu’un tas d’absurdités et où le sentiment amoureux ne résultait que d’une réaction chimique cérébrale -vrai, mais dans le genre cynique on ne fait pas mieux-. Oh, elle s’en arrangeait parfaitement, c’était bien plus facile et comme ça, chaque relation ayant débouché sur un échec n’avait pas eu l’occasion de l’ébranler plus que ça. Souvent elle en prenait la responsabilité même, peu impliquée émotionnellement elle s’ennuyait vite et s’appliquait à garder le monde à distance. Son travail pour l’Opération constituait sa plus grande excuse personnelle alors toutes ses histoires se terminaient ni bien ni mal, sans dispute, ni cri, ni pleurs.. sans rien en fait. Plate conclusion. Mais avec Theo.. il était facile de tomber dans totalement autre chose. Ils étaient complices, il pourrait la faire rire, elle se voyait tendre, ou même plus passionnée. L’espace d’un instant, Pixie dû rougir et elle se remercia d’avoir laissé traîner le cendrier à l’autre bout de la pièce pour qu’il ne voit pas ça. Ils iraient au restaurant, ou elle pourrait lui faire la cuisine et avec un peu de chance il arriverait à lui faire croire qu’elle était douée en s’empêchant de paraître écœuré. Et le matin, quand elle serait encore entre le sommeil et le réveil, il serait là et elle pourrait se faire une place entre ses bras l’air de ne pas y toucher. L’idée paraissait agréable, elle devait bien l’avouer. Tout ceci sans devoir faire attention à sa couverture puisqu’il savait déjà tout -ou presque-.. mais alors où mettre les barrières ? Parce qu’à dépeindre cette vision fantaisiste mais parfaite, la russe sentait qu’elle serait capable de tomber tout droit dans le panneau et que son affection dépasse encore celle éprouvée aujourd’hui. Dans ce cas si ça tournait mal, elle lui en voudrait et elle serait obligée de le tuer -légèrement extrême, soit-, au final ça gâcherait tout pour rien -ouais, c’est bien une façon de pensée niaise de nenette ça, c’est clair-.

Ses pensées de whisky aromatisé arsenic la quittèrent quand il la ramena dans la réalité. Theo, ou l’art de se vendre comme un accessoire au compte en banque bien rempli. Pixie fut tentée un instant de lui dire qu’elle n’avait pas besoin d’un sac à main sur pattes mais elle n’en eut pas l’occasion. Mais elle rit en l’écoutant, surtout pour les voyages et les DVD « à la con » -ah ah-. Elle se fichait éperdument de ses mondanités et il le savait bien. La fortune de Sieur Paradise -bien qu’elle ne cracherait pas sur une amélioration notable de son niveau de vie, soyons un minimum honnête- ne pesait absolument aucun poids dans la balance. Quoique se voir privilégiée apparaissait comme tentant.. mais plus aux yeux de Theo qu’à ceux du monde. Elle allait minauder quand il la coupa dans un élan digne d’une sous-marque de mélo romantique, et tout de suite ce qu’il ajouta lui parut douteux. Dans une grimace assez indescriptible d’interrogation consternée, elle commença à se retourner pour essayer de voir s’il ne s’était pas attaqué à la moquette pendant qu’elle ne le regardait pas. Mais finalement il n’arriva même pas à tenir son sérieux jusque là. Pixie se leva d’un bond en attrapant un coussin du canapé où il venait de se rasseoir et le lui lança dessus.

Pff mais t’es vraiment trop nul !

Bizarrement alors qu’elle disait ça, son rictus indiquait clairement qu’elle essayait de contenir son sourire, un nouveau rire peut-être même. Elle secoua la tête d’une façon de dire qu’il était complètement irrécupérable et ramena une main sur sa hanche en avançant.

Je pourrais payer mes dettes et arrêter de travailler pour eux, ne plus revoir Liam et ne plus jamais avoir à assister à un discours de politique protestataire et aberrant. La russe n’avait jamais parlé des raisons qui l’avait conduite à l’Opération, mais ce n’était pas là où elle voulait en venir. Encore une fois elle cherchait plutôt à glisser sur ses fréquentations en annihilant la base de tout. C’est moi qui serais jalouse tu sais ! Elle ne savait pas comment ni pourquoi mais elle avait ce pressentiment là, tout comme couple ou pas elle masquait autant que possible sa volonté de l’accaparer lui. Je deviendrais parano, ma tête finirait par exploser.. et la tienne avec ! Un petit souffle sur sa frange pour dégager ses yeux et elle se retourna pour se saisir de son verre. Il y avait un fond de vérité là-dedans, d’où le sérieux qui fit ombre à la plaisanterie d’épilogue: Crois-moi, tu n’as pas envie de connaître cette Pixie-là, humph c’est une folle furieuse.

Elle but, surtout parce qu’elle n’avait plus rien à argumenter à ce sujet, tout en restant debout. Une espèce de déception venait de la traverser mais tout ce cinéma était tellement plus sage que n’importe quel saut en chute libre non avisé. Pixie s’en voulait un peu de ressentir ça car elle se rendait compte qu’il s’agissait de pur égoïsme. Elle ne pensait pas à Theo autant qu’elle le disait, elle le souhaitait pourtant.

Laisse-moi juste le temps d’avoir quelque chose à dire. Et je lui dirais ce que je pense.

Si le sujet arrivait un jour sur le tapis avec Liam. Ils n’étaient pas maitres en matière de communication et à vrai dire, à part se bouffer le nez entre deux baisers, la blonde avait encore du mal à s’y retrouver. Pour ne pas avoir l’air trop pensif à la nouvelle évocation du Bastet, elle se mit à arquer un sourcil de défi, accompagné d’un rictus mutin envers Theo. La tension et la conversation retombait à plat et le virage tournait court. Quand elle le vit se tortiller pour dégager sa veste, elle comprit qu’il allait partir. Elle lui avait pourtant dit qu’il pouvait rester.. c’était finalement trop délicat maintenant, sans doute. Ses épaules s’affaissèrent légèrement alors qu’elle glissa fébrilement.

Tu peux conduire, t’es sûr ? Parce que..

Pixie pouvait encore le retenir, l’empêcher de se lever et de franchir la porte de son appartement. Sauf qu’à vrai dire, elle l’accompagnerait mais sans signe de risque, elle ne le ferait surement pas -ah la fierté c’est vraiment quelque chose de moche-. L’impasse l’attristait cependant, néanmoins les hostilités -brèves mais intenses- l’avaient encore plus accablée.

Theo.. Elle faillit s’excuser, mais pourquoi ? Elle n’avait pas à le faire déjà. C’était lui qui arrivait à faire en sorte qu’elle se sente fautive surtout ! C’était à se demander comment il arrivait à tourner les choses à son avantage de cette manière. Aussi, elle essayait de remplacer par des mots la quête de ce « truc » entre eux qu’elle avait la sensation d’avoir cassé. Il se trouva que Pixie était définitivement lamentable en relation sociale.

Si jamais.. je viendrai pleurer sur ton épaule, et toi tu me diras que tu m’avais prévenue, d’accord ?

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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Lun 15 Aoû - 23:59

Ca l'avait fait tiquer, lui aussi... mais il n'avait rien dit. Quand Pixie lui avait rétorqué qu'elle ne pensait pas qu'il était capable de comprendre ce que signifiait l'exclusivité, il s'était rapidement tourné vers elle, les yeux plissés et inquisiteurs. Il avait voulu sourire, se marrer dans son si joli salon, lui répondre du tac au tac, ou bien la secouer violemment par les épaules pour qu'elle comprenne enfin cette putain de vérité. Mais Theo n'avait rien dit, rien fait sinon pincer les lèvres en tentant un rictus avant de se détourner, pour que la conversation glisse sur autre chose et que la blonde se convainque de son point de vue. C'était beaucoup plus facile pour lui qu'elle pense ainsi, qu'il n'était qu'un vulgaire coureur de jupons, handicapé des sentiments et allergique aux relations sérieuses. Cela lui éviterait des questions, des problèmes. Il soupira.

Après, il y avait eu cette grande réflexion, qu'ils avaient partagé tous deux dans un moment de silence bienvenu. Le jeune homme goûtait encore un peu à cette étrange illusion qui avait pris vie dans son esprit, s'attachant à certaines images qu'elle peignait. Theo n'était clairement pas fait pour une vie routinière ou médiocre ; pas de métro-boulot-dodo, pas de fast-food le week-end en guise de jour de fête ; pas de films en noir et blanc le soir, avant de se coucher à minuit comme un gentil enfant sage. Il avait un cruel besoin de ce côté décalé, de pouvoir dormir tout le jour et se réveiller les yeux collés et la bouche pâteuse aux alentours de 21h, sans responsabilités aucune, de s'acheter des meubles et des merveilles de high-tech dont il ne servirait jamais, de noyer son cerveau et ses facturettes de carte bleue de litres et de litres d'alcool... Sincèrement, s'imaginait-il que ce genre de quotidien pouvait inclure Pixie ? Non, bien sûr que non. La chercheuse avait un train de vie beaucoup plus sain que le sien. Cela aurait du suffire à éteindre la vision chatoyante de son esprit, mais elle perdurait. Dans sa tête, Theo s'imaginait étendu dans un canapé avec sa belle au creux des bras, enroulés comme des sushis dans une couverture, lorgnant une série débile en s'endormant avec le jour tombant... Pfouah. Ce n'était pas lui. Mais il se sentait tellement capable de faire semblant...

Quelques instants après, il se prit un coussin dans le visage et son rire se décupla. C'est vrai, ce qu'il avait dit était vraiment bête, mais sous fond de pensée véritable, évidemment. Il y croyait, à sa connerie, et pas qu'un peu. Liam Winchester semblait être taillé dans la matière qui faisait des hommes peu habiles à la compréhension. Mais il garderait ça pour lui, également. Souriant comme un gosse, il l'observait en repositionnant distraitement le coussin sur le canapé, derrière lui. Pixie s'était levée et parlait à propos de leur rêve éphémère, la main sur la hanche.

- " Ce serait beau, hein ? La vie de rêve !" plaça-t-il entre deux de ses déclarations. Puis, raidi sur le canapé, il continua avec plus de vigueur : "Jalouse ? Mais voyons, quelle idée ! Ma tête parfaite n'explosera pas, puisque je ne connaîtrais jamais cette Pixie... Que Dieu m'en garde, en tout cas. Tu n'aurais même pas l'occasion d'être jalouse..."

Le pseudo photographe soupira avec langueur et s'étira une nouvelle fois sur le confortable canapé. Il avait perçu un sacré fond de vérité dans cette façon de plaisanter sur une hypothétique jalousie, mais il s'était promis de ne pas creuser le sujet. Aussi il s'était donné l'air de rire également, d'exagérer ce qu'il disait pour que Pixie ne perce pas le fond de sa pensée et continue de croire que ce n'était là que pures affabulations. Rah, ce que cela pouvait être rageant, parfois, surtout avec elle... Mais après tout, Theo avait cherché cette situation, tout donné et tout fait pour qu'on s'imagine de lui qu'il n'était pas capable d'un peu de droiture morale. Cette ironie, en plus de lui donner une violente aigreur d'estomac, fit naître un rictus un peu amer sur ses lèvres. Il regardait toujours Pixie, nonchalant et un peu étourdi par le vin.

Un de ses sourcils se haussa nettement sur son front, dans une mimique travaillée et hautaine, que contredisait l'un de ses rares sincères sourires. Evidemment, que pourrait bien trouver Pixie à raconter à ce cher Liam ? A son sujet, s'entend, Theo était intimement persuadé que ces deux-là arrivaient bien à converser ensemble sur n'importe quoi, contrairement à ce qu'elle pouvait lui avancer. Il s'imaginait un petit texte qu'il pourrait lui faire apprendre, pour qu'elle le colporte docilement à Winchester et que son inimité foudroyante se transforme en respect. Theo pouffa en fermant les yeux quelques instants, amusé par sa propre bêtise. Rien ne marcherait, avec cet idiot de Bastet. "Theo est quelqu'un de bien, de compétent, il vous aime bien, promis juré craché, alors arrêtez de le traiter comme un chien" se transformerait, dans sa tête de fanatique, en "ABATTRE THEO PARADISE".

- " Oh, ne te donne pas cette peine, en fait. Même ton cerveau de Miss-Je-Sais-Tout ne trouvera pas de quoi le radoucir... Enfin, merci bien si jamais tu tentes l'expérience !"

Haha, ce pouvait vraiment être marrant à imaginer. Peut-être que Liam s'énerverait contre Pixie, et que du coup elle ne voudrait plus lui parler ? Conclusion tentante. De la perfide jalousie s'installerait ainsi dans le cerveau embrumé de Winchester, qui rattacherait son nom à son échec avec la blonde... Mouais, non. Mieux valait ne pas s'imaginer ça comme ça.

Theo se leva finalement en passant sa veste. De ce fait, il gagna un peu en carrure au niveau des épaules et du torse - elle était très bien coupée, une merveille -, lui le svelte jeune dandy pas trop fan de la gonflette. Cherchant autour de lui ses cigarettes, son briquet, il pouffa en entendant Pixie lui demander s'il pouvait conduire. Quelle question ! Petit minet vexé dans sa virilité, bien sûr que Theo était capable de conduire, même avec deux grammes dans chaque oeil ! Orgueil démesuré... qui en avait conduit plus d'un à se planter comme des cons contre un platane, mais voyons, Monsieur Paradise n'était pas comme ça. Il arrangea encore un peu sa veste, ramassa ses clés de voiture dans un chuintement métallique sur le rebord de la table.

- " Bien sûr que je peux conduire, ma belle ! Tu vas me vexer, vraiment. Et si jamais je croise les flics, je leur montrerai ma carte de super-héros..."

Autrement dit, bien sûr, sa carte d'agent Apocalypto, à ne jamais montrer à n'importe qui - évidemment - mais qui faisait claquer les genoux de ces stupides policiers. Et dire que Liam faisait à l'origine partie de cette cellule, il en aurait vomi joyeusement sur des géraniums.

Visiblement, il était fin prêt à partir. Elle prononça alors doucement son nom. Se tournant vers Pixie avec son sourire numéro 15, placide ultra-tendance à nuance rassurante, il garda lui-même le silence. La table basse de son salon était le seul objet qui les séparait. Il avait l'air tellement... Tellement sûr de lui, confiant et sécurisant, un peu trop indolent, comme si aucun malheur sur cette maudite Terre ne pourrait jamais l'atteindre vraiment. L'aspect général paraissait bien sûr incroyablement prétentieux, sous ses airs d'élégant héritier, mais là, sur le coup... Il auréolait simplement le plaisir simple d'être en compagnie d'une amie comme Pixie, qui pourtant venait de lui faire manger un délicieux râteau en ferraille. Un gosse, un pauvre gosse, incapable d'en vouloir à quelqu'un comme elle plus de 10 minutes. Demain, il aurait oublié leur petite dispute, jusqu'aux raisons idiotes.

- " Pixie ?" répondit-il, interrogateur, après quelques instants de silence.

Il fronça légèrement les sourcils, s'imaginant que l'hésitation de la blonde relevait d'une chose plutôt difficile à dire. Mais ce n'était pas si horrible, en fin de compte, et il sourit avec indulgence, de grandes fossettes se dessinant autour de ses lèvres. Il s'approcha d'elle et la serra dans ses bras. Hé oui, aussi simplement que ça, pas de détournement coincé de monsieur le richou, juste un simple câlin parfaitement amical pour se dire bonsoir... Lui caressant le dos, il tâcha de lui répondre avec douceur :

- " Bien sûr que oui, Pix', je serai là. Mais croisons les doigts pour que je n'ai jamais à te balancer un bon vieux "J'te l'avais bien dit !", tu le prendrais mal, uhm ?"

Theo se détacha lentement d'elle après quelques secondes supplémentaires à savourer son parfum et son contact. En cela il se sentait victorieux ; il était certain d'avoir l'affection de Pixie, à défaut d'autre chose ; et il lui apparaissait soudain que ce n'était vraiment pas si mal que ça.

Encore proche d'elle, il comprit son erreur lorsqu'il déposa un chaste baiser sur sa joue, comme elle l'avait fait quand il était entré dans son appartement. Une simple salutation. Il aurait du se retirer totalement après ça, s'éloigner, lui faire un signe de la main, balancer une dernière blague et sortir d'ici. Il avait fermé les yeux et la pression de ses lèvres s'attarda un peu trop. Il recula légèrement la tête, fixa Pixie dans les yeux - bon sang, cela ne dura que quelques petites secondes de merde, mais le cerveau de Theo recommença son manège et s'éteignit violemment, remplacé par une suite de fantasmes irréalisables. Il était si prêt d'elle, ses bras enserraient encore son corps, il sentait la respiration féminine se heurter à son visage. Mêlant son parfum d'homme, artificiel et capiteux, à sa fragrance naturelle et plus délicate, sa force différente de sa douceur. Il était difficile de réfléchir, de se souvenir de tout ce qu'elle avait pu lui dire pour que ce genre d'idée ne frôle plus sa tentatrice conscience. Enflammé. Désireux, capricieux. Il pencha de nouveau la tête, approchant ses lèvres des siennes. A quelques centimètres à peine du Paradis.

Et puis se retira. Un peu brusquement, Theo détourna la tête et recula promptement, sans regarder Pixie. Il toussota, mais il n'y avais rien à dire, et il ne put relever les yeux vers elle. Quelle force d'âme il avait pu invoquer pour réussir à s'extraire de cette proximité - quelques secondes ! Simplement quelques secondes, bordel ! - il n'en savait rien. Il estimait qu'un refus aurait été trop douloureux, qu'il n'aurait pas supporté d'être repoussé. Une voix, qu'il n'écouta pas, lui dicta qu'il faisait cela pour Pixie, pour ne pas la gêner.

Theo lui offrit un vague signe de la main, toujours sans la regarder, avant d'ouvrir la porte de son appartement.

- " On se revoit à la base..."

Rien d'autre. L'instant d'après, il disparaissait dans les couloirs, se maudissant intérieurement jusqu'à ce qu'il soit sûr que Pixie ne puisse plus l'entendre, et qu'il se laisse aller à quelques jurons crachés tout-à-fait non-silencieusement. Dans l'ascenseur, il passa les mains dans ses cheveux avant de se saisir la tête de désespoir, jetant un pauvre regard au miroir. Bon dieu, mais qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête... Pourquoi avoir dit ça ? Pourquoi avoir fait ça ? Il l'avait presque embrassé. Embrassé Pixie !! Il ne savait pas vraiment s'il fallait se fustiger du geste, ou de l'avoir interrompu... Crispant les paupières, engourdi par la honte de son geste stupide, Theo ne sortit pas immédiatement après que les portes se soient ouvertes. Et si elle s'était laissée faire ? Et si elle l'avait également voulu ? Rhhhaaa, il regrettait longuement cette soirée, il en était certain. S'il avait pu lui expliquer... Tout lui dire. Lui faire comprendre qu'il savait très bien ce que signifiait l'exclusivité, et qu'il en avait envie avec elle.

Merde !

Le jeune homme, remonté dans sa voiture rugissante, jeta un dernier coup d'oeil à la fenêtre du salon de Pixie, avant de lancer le bolide hors du parking et bien loin de ses interrogations existentielles, douloureuses comme jamais.

Et si jamais elle ne l'avait pas repoussé... ?

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MessageSujet: Re: On and On (About you) | && Theo. Mar 16 Aoû - 19:16

Elle attendait peut-être qu’il lui crache qu’elle avait tord, allez savoir, sinon elle n’aurait sans doute pas dit les choses d’une manière si ouverte. Pourtant non, rien ne vint. En fait, cette visite ne suivait tout bonnement aucune des manœuvres qu’elle effectuait habilement pour l’orienter. On aurait dit qu’il le faisait exprès. Theo, ou l’art et la manière de prendre les mauvais tournants. Pixie ne voyait finalement pas comment tout ceci aurait pu prendre la tournure attendue, comment elle aurait pu le forcer à aller dans son sens puisqu’elle ne faisait pour le moins aucun véritable effort non plus de son côté. C’était vexant de constater que ça ne marchait pas, aussi vexant que la remarque qu’elle n’arrivait pas à digérer. Ce n’était pas faute d’avoir des certitudes mais la jolie petite blonde refusait de voir ce qui aurait dû lui paraître évident. Trop inquiète peut-être, trop égocentrique ou trop apeurée de faire un pas dans le vide. Lui avait osé le risque de prendre une veste mais pour la Russe, l’échec était bien trop dévastateur. Elle aurait voulu qu’il soit sincère, qu’il lui montre.. douce utopie venant d’un Theo qui faisait tout sur simple commande. Elle aurait dû lui dire qu’il n’était pas à son gout. Définitivement elle aurait dû mentir et fermer la porte pour de bon. C’était de sa faute tout ça, parce qu’elle n’avait jamais été capable de poser une vraie limite.

Et voilà qu’elle se remettait à prendre toutes les responsabilités. Pitoyable petite chose fragile. Ils étaient si différents que c’était à se demander comment ils pouvaient bien s’entendre en réalité. Même l’espoir factice qu’elle s’était permise de caresser dans sa tête était tout ce qu’il y avait de plus irréaliste. La toile aurait été parfaite si le tempérament du garçon avait été celui qu’elle y voyait.. mais il n’en était rien, bien sûr. Theo s’attardait à vivre comme un adolescent libre de tout, et Pixie avait prit la tendance à être un peu trop adulte bien avant l’heure. De touts les schémas que son cerveau pouvait bien continuer à faire, leurs routes se manquaient toujours alors une telle folie à deux, c’était simplement du suicide émotionnel. Pour elle en tout cas. Cependant quand Pixie chassa ses rêves éveillés par une profonde inspiration qui creva le drôle de silence, quelque part dans sa tête germait l’idée qu’il était peut-être le grain qui lui avait toujours manqué. Elle eut l’impression sans entendre de moquerie prématurée que Theo aussi y avait sérieusement songé. Panique à bord.

Mais entendre son rire fit un bien fou à la Barbie scientifique, comme une vague qui venait d’emporter tout le reste, une sorte de soulagement de la dernière chance qui lui donna la sensation que les choses se remettaient toutes seules sur les rails. Il était même temps, en voyant le fond de son verre, de prendre la résolution de ne plus boire pour ce soir aussi, parce que même si ses mots rieurs semblaient plutôt résolu, là-haut dans sa tête ses idées n’étaient plus vraiment aussi claires que ça. L’arrière-gout d’un partage insensé s’évertuait vraiment à y perdurer. Ça la faisait trop flipper pour tout dire, Pixie n’était rien de moins qu’effrayée par sa propre curiosité.. Ce qu’elle dit pour se justifier encore lui apparut comme toujours aussi insuffisamment catégorique. Mais Theo avait comprit, non ? Elle choisissait de croire qu’il avait perçu avec une grande exactitude ce qu’elle avait cherché à lui dire dans une quête désespérée de déception ou bien de réconfort. Encore raté. Bordel de merde, est-ce qu’un jour il lui dirait ? Mieux valait ne pas trop compter dessus, fatalement ce cinéma resterait un jeu jusqu’à ce que l’ultime coche soit raté pour de bon. La chercheuse avait toujours détesté les équations à inconnues applicables dans la vie. Pixie émit juste un rire très bref visant à dissimuler son désarroi tout en se laissant aller contre la table du salon.

Elle n’avait toujours pas trouvé comment concilier Theo et Liam dans sa vie. Opération difficile quand on savait les assentiments qu’ils avaient l’un envers l’autre. Contre au terrible minet qui n’avait pas hésité à faire un portrait peu reluisant du Bastet, le sujet n’avait jamais été abordé avec le trentenaire. Il s’agissait juste de ce qu’elle savait de la façon dont il traitait son.. subordonné ? Pourtant il faudrait bien remédier à cela, non ? C’était ce qu’elle était entrain de se dire en soutenant le regard un peu faussé de Theo. Car si effectivement sa relation avec Liam était encore bien loin de pouvoir rivaliser avec l’affection qu’elle portait à son ami, il existait tout de même déjà ce petit quelque chose qui faisait qu’elle n’avait pas envie de l’avorter. Elle pencha la tête en plissant les yeux avec malice.

Je l’ai bien fait avec toi, pourquoi pas avec lui ? Ne me dis pas que c’est un cas désespéré parce que c’est exactement la première impression que tu donnes.

C’était si présomptueux de la part de Pixie, ces mots auraient pu être prononcés par l’orgueil enflé de Theo d’ailleurs.. Elle croisa les bras et vint poser son index sur ses lèvres d’un air innocent. Oh, bien sûr il n’était pas toujours délicat avec elle, comme il l’avait démontré très peu de temps avant, mais dans l’ensemble, elle avait réussit à fendre la carapace du connard fini. La blonde avait déjà entendu, écouté et gardé précieusement certaines confidences qu’il ne laissait vraiment pas souvent s’échapper de sa bouche. Pixie aurait pu faire carrière dans le garde-fou.

Mais bof, elle s’interrogeait sur l’éventualité qu’une telle situation entre eux se représente un jour maintenant. Et pour être parfaitement sincère, son esprit était trop embrumé pour savoir exactement où était les points importants là tout de suite. Elle se contenta juste de le regarder, lui et son allure indéniablement rehaussée d’une aura somme toute particulière. Un sourire passa sur les lèvres de la Russe avant qu’elle ne les pince en se redressant sur ses jambes. Ses yeux roulèrent cependant de façon désapprobatrice dans son dos.

J’espère que tu m’as mise dans les personnes à contacter en cas d’urgence, comme ça si tu te plantes je perdrai moins de temps pour venir t’achever.

Comment dire ça d’un ton autre qu’empli de légèreté ? C’était pas comme si Theo avait quelque chose à carrer de sa morale. Le sujet avait déjà été abordé de toute manière. Il était insensible à toute forme de responsabilités et ce n’était pas elle qui changerait ça, elle le savait. N’empêche que voilà, c’était une raison supplémentaire pour tout le reste. La vie dissolue du chasseur causerait tellement de soucis à la jeune fille qu’elle mourrait probablement jeune à cause du stress. Être soucieuse était bien trop ancrée dans sa nature pour qu’une vie d’inquiétude ne finisse pas par la tuer. Aimer les gens, c’était vraiment l’équivalent d’un tas d’emmerdes. Mais bon, hypocrisie quand tu nous tiens.. n’avait-elle pas elle aussi esquivé un ou deux PV avec sa carte de membre ? Scientifique ou pas, la mention gouvernementale faisait toujours son petit effet bénéfique. Sauf qu’elle, elle ne s’en vantait pas. Elle secoua la tête et se décida à la suivre pour rejoindre la porte. Ce n’était pas aujourd’hui qu’elle s’opposerait à ce qu’il la franchisse alors.

Stupide en soit, parce qu’elle aurait eut tellement, mais tellement d’autres choses à lui dire. Au lieu de ça, elle sortit difficilement une solution de secours comme une espèce de demande déguisée. Et comme par magie, Theo céda à son caprice. Elle s’inquiétait peut-être pour rien au final, en tout cas quand il la serra dans ses bras, il balaya une foule de doutes qui n’avaient pas lieu d’être. La poupée russe se blottit aussi littéralement que possible contre lui et agrippa ses omoplates en fermant les yeux. Le reste importait peu tant qu’il pouvait faire ça, parce que Theo était le seul avec qui elle pouvait avoir cette proximité, et qu’elle en avait besoin depuis que la petite fille qui était en elle avait quitté son grand frère, aussi. Aucune gêne, même toutes les ambiguïtés folles ou bien pas si extravagantes que ça n’avaient plus leur place à cet instant. Elle put presque respirer à nouveau au creux de la chaleur d’un proche. Seul un petit rictus laissa place à une voix étouffée

Je te détesterai pour ça, au moins une bonne demi-heure.

Mais il était avéré qu’il venait de trouver les mots les plus justes en l’espace de quelques secondes. Par ailleurs, Pixie serait bien restée là comme ça pendant encore un bon moment sans avoir envie de rien d’autre. Même le silence apparaissait d’une extrême adéquation parce qu’elle n’entendait plus du tout la télé. Une bulle, toute petite avec seulement la place pour deux. Comme souvent, elle resserra passablement son étreinte juste avant de laisser Theo s’en défaire. Doucement en rouvrant les paupières, elle leva la tête vers lui avec un demi sourire beaucoup plus serein.

T’as bien fait de passer..

« Malgré tout ». Impossible de confirmer qu’elle avait bien dit ça, si, tout portait à croire que si. Elle avait juste eut le temps de glisser ces quelques mots dans un murmure alors que le rituel de l’au revoir se poursuivait. Jusqu’à ce qu’ils ratent une marche, ou qu’ils en sautent une, au choix. Pixie ne sentit pas les mains de Theo quitter son dos, elle ne trouva pas le recul habituel et lorsque ses yeux proches du pastel décoloré tombèrent dans les siens, son cœur fit une glorieuse impasse sur un battement, peut-être même deux. Ses lèvres s’entrouvrirent sous la surprise alors qu’elle ne réussit pas à détourner le regard. Si ça n’aurait pas eut toutes les chances de la rendre ridicule, la blonde aurait porté sa main à sa poitrine pour empêcher le feu follet improvisé d’en sortir. Il n’aurait pas été étonnant qu’elle oublie inconsciemment de respirer. Elle les sentit, tous ses muscles se crisper avec gracilité, même le spasme traverser sa main baissée. Ça ne dura qu’un très court instant qui suffit cela dit à ce que son cerveau lui envoie un message. Comme si.. comme si ça, c’était ce qu’elle attendait pour que tout redevienne limpide. Avec une violence jamais égalée, Theo devint à la fois pomme et serpent.

Mais quand enfin elle fut apte à bouger, ses doigts se resserrèrent sur du vide. Évaporation subite des croquis approximatifs d’un hypothétique Eden. En tout cas, Pixie rabaissa vivement sa main dans son dos en ignorant dans quel sens aurait pu être son geste et elle déglutit silencieusement en baissant la tête. Elle crut en fait avoir halluciné, c’était toujours une meilleure explication, et plus plausible, à son hésitation. Ou alors c’était que depuis le début elle avait raison et qu’au dernier moment, il avait fait un choix par respect pour elle. Parce que de toute évidence le minet ne savait que trop bien finir par se faire désirer.

Hum hum..

Ce fut tout ce qu’elle fut capable d’émettre comme son avant de passer la tête par la porte pour le regarder traverser le couloir de l’étage. Un bras sur l’encadrement de la porte, elle ne referma cette dernière que lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent pour faire disparaître le chasseur. Il lui fallu ensuite un moment de répit adossée contre l’ouverture blindée pour percuter ce qui venait de se passer, ou de manquer d’arriver plutôt. Plusieurs longues inspirations pour revenir à un rythme cardiaque normal et le temps de se frotter les yeux. Ils avaient frôlé la bourde, jamais ils n’avaient vraiment été si près de ça, c’était quasi inenvisageable avant ce soir. Dans un long soupir, la jeune scientifique avança en trainant les pieds dans son appartement, elle jeta un coup d’œil par les porte-fenêtres du balcon pour voir s’éloigner les phares d’une voiture, surement la sienne. Elle s’apprêtait à retourner larver sur son canapé quand elle croisa la bouteille de vin presque vide sur la table. Il fallait dire qu’ils avaient abusé de l’alcool en peu de temps, certaines choses avaient été dites ou sous-entendues, le ton de la conversation était monté pour finir de les énerver et tout cet enchainement improbable les avait poussé à imaginer des trucs. C’était peut-être pas si incroyable que ça qu’ils en soient arrivés là, ça aurait pu être le point final tant faussement recherché après tout. Il en fallait peu pour arriver à ce genre de dérapage, contrôlé de justesse cette fois-ci. Humph, ridicule. Aberrant même. Ça leur aurait fait du tord, maintenant ou plus tard.. non ? Si, évidemment. Ça allait à l’encontre de toute leur discussion houleuse de ce soir et ça commençait à agacer la chercheuse qui se mettait à râler toute seule en sourdine. Voilà, elle était en colère ! Super ! Quel idiot ce Theo ! Quand elle vit son téléphone traîner négligemment sur le plan de la cuisine, Pixie eut l’envie subite de composer son numéro et de le traiter de tous les pires noms d’oiseaux du monde. Il avait distillé le doute.. et maintenant c’était pire que tout de ne pas savoir où ça aurait pu les mener. Car malgré tous ses efforts, à grands coups de raison déterminée, Pixie ne put empêcher une scène bien différente de s’imposer dans son esprit.. la plus optimiste et la plus scandaleuse sans doute.

Mais en tout cas dans cette alternative, Theo ne reprenait pas le volant cette nuit..

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On and On (About you) | && Theo.

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