Trésor du passé ou mauvaise blague ?

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Lukaz Le Guen
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MessageSujet: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Jeu 28 Avr - 14:16

Une fois de plus, Lukaz avait fait ce qu’il fait de mieux, à savoir cambrioler une riche maison pour revendre ce qu’il y trouve dans le but de se payer sa drogue. Dans un sens, il ne le faisait pas que par plaisir puisqu’il avait réellement besoin de cette drogue. S’il ne subissait pas ce qu’il appelait la déprime solaire, il n’en aurait pas besoin. Mais là, depuis que l’été arrivait doucement, la situation devenait de pire en pire. Quand il avait choisi de s’installer dans le Nevada, il avait oublié un léger détail… Le soleil y est beaucoup plus présent que n’importe où ailleurs… Du coup, si en journée il avait une forme olympique grâce à tous les rayons que son corps absorbait, la nuit, il subissait beaucoup plus durement le manque d’ensoleillement. C’était vraiment bête que ses propres soleils soient de nature explosive, sinon, il aurait pu tenter de s’auto-fournir en lumière naturelle… Ouais, c’était ça qu’il lui faudrait. Un soleil personnel, comme dans un film qu’il avait du voir une fois, avec un type au nom de mollusque qui fabriquait un soleil. Encore que ça tiendrait difficilement dans son appartement ça… Et ça plairait pas forcément à Kaileen. Parce que si lui pouvait survivre sans problème à de très hautes températures, c’était pas le cas de tout le monde.

Se relevant de son canapé-lit, Lukaz se dirigea vers l’un des rares meubles de son studio de troisième zone et il en tira une petite boite. Ça ressemblait vaguement à un coffret et ça n’avait pas de réelle utilité, si ce n’était d’entreposer des objets qu’il avait l’intention de revendre à des receleurs ou des prêteurs sur gages. Trois jours plus tôt, il avait donc perpétré un nouveau cambriolage dans la banlieue et il s’en était plutôt bien tiré. Il avait évité les chiens – ça a peur des explosions, c’est pratique – et il était entré sans trop de difficultés dans la maison. Les propriétaires étant absents, il avait pu visiter les lieux à sa guise et il en avait donc profité pour emporter ce qu’il pouvait. Téléphones cellulaires, jeux vidéo portables, lecteurs DVD, etc. Ce qui marchait le mieux en ce moment, c’était les nouvelles technologies et il avait donc aussi emporté un de ces nouveaux lecteurs de nano-puces. C’était pas évident à refourguer, mais quand on y arrivait, on gagnait le pactole ! Et justement, il l’avait gagné ! De tout ce qu’il avait pris, il ne lui restait que ce que contenait cette boite et il n’avait aucune idée de ce qu’il en ferait.

Ouvrant le vulgaire coffret, Lukaz en sortit ce qui ressemblait à deux livres anciens à la couverture de cuir. Il avait trouvé ça dans le coffre de la maison, bien caché dans un bureau de l’étage. Avec ça, il y avait quelques papiers, un coupe-papier en or, deux ou trois bijoux et une balle de base-ball dédicacée. S’il avait déjà pu vendre les bijoux et la balle, il lui restait les livres et les papiers. Comme ça semblait former une sorte d’ensemble, il s’était décidé à les garder, pour l’instant. S’il n’arrivait pas à en faire quoi que ce soit, il les jetterait, simplement. Mais pour l’instant, patience. Ça serait idiot de se débarrasser d’un investissement potentiel. Les receleurs en avaient rien à faire et les prêteurs sur gages ne voyaient pas ça comme un investissement… Mais alors qui ? Un vieux bouquiniste ? Peut-être, mais s’il fallait faire toutes les librairies pour en trouver une assez vieille pour accepter ces livres, il allait y passer une plombe. Dans ce cas, que faire ? Un truc vieux, ça voulait dire quoi… Peut-être un brocanteur ? Nan, ils payent pas assez en général eux, c’est des rapaces. Un antiquaire dans ce cas ? Ça pouvait peut-être bien payer là, même si eux faisaient plus dans les statues et les meubles poussiéreux, non ? A voir…

Enfonçant le coffret dans son sac, Lukaz passa se dernier en bandoulière et ouvrit un annuaire, cherchant un antiquaire pas trop difficile à dénicher. Il repéra plusieurs adresses à l’autre bout de la ville qu’il laissa de côté avant d’en découvrir une autre, plus intéressante. Il nota mentalement la rue et quitta son appartement. Kaileen était sortie et il n’avait donc rien à faire sur place. Autant occuper son après-midi à se faire un peu d’argent, peut-être. Tournant dans les ruelles, Lukaz débarqua sur la petite place du quartier et il se dirigea vers le marchand de hot-dogs. Contre un rouleau de billets, il se vit remettre, silencieusement, un petit sachet de poudre blanche, son plaisir pour la nuit future. Poursuivant sa route, il partit en direction de la bouche de métro et il prit la première rame disponible. Six stations plus loin, il sortit et marcha encore une dizaine de minutes jusqu’à arriver dans la rue qu’il avait noté. La remontant lentement, il repéra bientôt l’enseigne qu’il cherchait, traversa la route et entra dans la boutique, faisant tinter la clochette de la porte d’un « clingling » sonore.


Lukaz jeta un rapide coup d’œil à la masse variée d’objets qu’il trouvait là avant de se diriger vers le comptoir. Il salua le vendeur, plutôt mignon, en accompagnant ça d’un joli sourire. « Bonjour. En fait, je viens vous voir pour quelque chose, mais je sais même pas si vous pourrez m’aider. J’ai un oncle qui est décédé y a pas très longtemps. Je le connaissais pas trop, mais il m’a quand même légué quelques petits trucs. Faut avouer que j’en ai pas vraiment l’utilité et je cherche donc à les revendre, plutôt que de les laisser prendre la poussière. » Retirant son sac, Lukaz le posa sur le comptoir, devant le vendeur. Il l’ouvrit et en sortit le vilain petit coffret. « Je vous rassure, c’est pas ça. » Ouvrant ensuite le coffret, il en retira les deux ouvrages et la masse de papiers. Laissant ces derniers, il posa les livres de cuir devant le jeune homme. « Voilà, c’est ça. Ça a l’air assez vieux, mais j’avoue que je sais pas ce que c’est. J’arrive pas à les lire. On dirait une langue indienne ou un truc du genre, je suis pas spécialiste, vous devez vous en douter. » Prenant ensuite les nombreux papiers, il tenta de leur redonner un aspect moins foutoir. « Y avait tout ça avec les livres. Je crois que c’est des sortes d’analyses ou d’explications. J’ai un peu regardé, mais j’ai pas tout compris. Il me semble, de ce que j’ai pu saisir de tout ça, que ces livres sont… » Lukaz chercha pendant quelques dizaines de secondes sur les papiers, ne se souvenant plus précisément du nom. Lorsqu’il le trouva enfin, il le pointa du doigt. « Ah, voilà. Des extraits des annales akashiques. Vous connaissez ? Ça vous intéresse ? »

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Iseult O'Reilly
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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Jeu 28 Avr - 20:49

 « Quel plus grand plaisir qu'avoir entre ses mains le pouvoir ? » songeait Jace en lustrant d'une main experte un superbe bronze du XIX siècle à l'effigie d'un Napoléon présenté en conquérant d'Austerlitz. Frottant avec vigueur, il se laissait entraîner par le rythme martial d'un air, populaire en son temps, âgé de plus d'un siècle, chantant la marche slave aux ordres d'un lointain tsar de toutes les Russies. Présent dans la boutique depuis de très longues heures maintenant, le jeune homme avait l'étonnant pressentiment que ce jour serait celui d'un renouveau, comme s'il prévoyait l'arrivée de quelque marchandise assez rare et assez précieuse pour l'intéresser. Ses bras étaient tendus comme la corde d'un arc égyptien, et ses oreilles frétillaient comme l'oriflamme ébrouée d'une pucelle d'Orléans. Son nez le démangeait légèrement, sa langue était plus volage que d'ordinaire. Ces signes ne le trompaient guère, même s'il manquait l'infaillible frisson d'une échine presque nue. Une bonne affaire s'annonçait, Jace en avait l'intime conviction. Pourtant, la journée avait plutôt mal commencé. Une vieille dame avait essayé de lui vendre une croûte espagnole, prétextant la tenir d'un aïeul islandais grand amateur de « Pueblo Picassia ». Un jeune couple avait tenté de marchander l'acquisition d'une console Louis XV de si noble facture qu'elle eût mieux eu sa place dans un palais que dans le loft crasseux d'un duo de pigeons issus des plus basses couches de la classe moyenne. Plus tard encore, c'est un enfant qui prétendit acquérir un superbe sabre perse si bien conservé que la lame avait conservé tout son tranchant. De toute évidence, la journée avait très mal commencé. Heureusement pour lui, Léonard Bernstein était là.

Jace avait perdu tout espoir quand un jeune homme de haute stature, somme toute bien fait de sa personne, et les bras chargés d'un sac. Qu'était-ce encore ? Cet inconnu avait des airs de démarcheur, mais il ne traînait derrière lui ni aspirateur, ni centrifugeuse, ni chariot plein d'encyclopédies de seconde zone. Il n'avait rien qu'un sac, et se présenta à lui dans un sourire, que Jace rendit avec une courtoisie feinte. L'ouverture 1812 avait cédé la place à la marche slave. Jace affecta un air compatissant à l'annonce du décès d'un oncle de l'étranger, dont les propos étaient déjà suspects aux oreilles de Jace. Qu'il évoquât un oncle et non son oncle sonnait faux. Du reste, pourquoi choisissaient-ils toujours l'oncle ? Combien d'oncles étaient morts, léguant à leur chanceux neveu telle ou telle babiole d'une valeur à déterminer ? Toutefois Jace devait rendre grâce au sens pratique du jeune homme, ce qui suffit à intéresser Jace à son affaire. L'inconnu dévoila un coffret proprement hideux, qui contenait plusieurs livres à la reliure de cuir, accompagnés d'une liasse de documents qu'il présenta comme des commentaires et des notes concernant le contenu des ouvrages. Ne répondant pas immédiatement aux questions empressées du jeune homme, Jace feuilleta l'un des livres, et à mesure qu'il progressait, ses sourcils se fronçaient. Sans quitter l'ouvrage des yeux, Jace prit la parole de ton aussi caressant qu'incisif.


« Effectivement, il s'agit d'un ouvrage sanskrit, la langue des élites indiennes depuis l'antiquité. Considérant la signature de la couverture, pourtant, ce livre est européen. Il doit s'agit, à première vue, ou de l'ouvrage d'un européen revenu des Indes, ou de l'ouvrage d'un Indien de passage en Europe. Et naturellement, l'un et l'autre n'ont pas choisi cette langue en particulier pour le seul amour de la poussière mystique dont elle semble enrobée. »

Posant un œil dubitatif sur le jeune homme qui l'écoutait parler, Jace l'observa un instant sans s'interrompre.

« Mais je gage que vous le saviez déjà, car si votre oncle vous a légué cet ouvrage si spécial, c'est qu'il avait confiance et connaissance de votre grande érudition pour le comprendre, et l'étudier sans doute, sinon pourquoi vous aurait-il confié également ce qui semble être une exégèse de ces deux grimoires ? »

Le regard appuyé et entendu de Jace se fit plus insistant. Cela ne dura quelques secondes, puisqu'un fou rire cristallin vrilla quelque peu l'atmosphère veloutée de la pièce où l'odeur de l'encens se faisait inquisitrice.

« Toutefois, qui suis-je pour discuter du sérieux et de la probité de mes clients ? Si vous insistez avec votre oncle macchabée, il vous faudra produire un certificat de décès. En revanche, si vous consentez à me dire la vérité, je peux m'arranger pour faciliter votre affaire. En effet, cette pièce est … une curiosité. Vous expliquer pourquoi serait un véritable plaisir, mais je doute que vous soyez là pour un cours d'histoire de l'exégèse. »

Instinctivement, Jace tira un formulaire d'un des nombreux tiroirs du splendide bureau Louis-Philippe qui servait de comptoir. Une plume s'agitait déjà dans sa main.

« Oh, par ailleurs, quand je parle de la vérité, j'ajoute que vous pouvez vous contenter du minimum. Je n'ai jamais compris l'enthousiasme des gens pour l'implication de parents toujours plus éloignés dans leurs petites découvertes … Mais enfin, parlons affaires. Je suis Jace Valeskine, et je serai votre intermédiaire pour la cession à notre fonds de cet ensemble. Pour le prix que nous détermineront, vous en céderait la possession à notre magasin, en échange de quoi nous vous promettons une vente rapide et discrète, sur laquelle nous prélèverons un commission que nous déterminerons selon nos tarifs. Je gage que vous serez satisfait de mes services. »

Jace tenait sa bonne affaire. Son port, son regard, son allure, sa voix même, tout était orienté dans la séduction du client qu'il convenait de satisfaire, par tous les moyens.

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Dernière édition par Jace Valeskine le Ven 29 Avr - 21:27, édité 1 fois
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Lukaz Le Guen
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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Ven 29 Avr - 21:17

Lukaz regardait l’homme situé derrière le comptoir en espérant qu’il allait répondre à ses questions par l’affirmative. Un truc du genre, oui, ça m’intéresse ou encore, je vous en donne mille dollars. Bien sûr, il savait qu’en pensant ça, il vivait un rêve éveillé, mais on en avait bien le droit, non ? Au lieu de ça, l’antiquaire avait visiblement plutôt décidé de le prendre pour un idiot. Du moins, c’est la sensation qu’en eut Lukaz, parce qu’il ne comprenait pas la moitié de ce que le type lui racontait. Enfin si, mais il fallait y mettre de la volonté… Bien entendu, pour commencer, il se sentit quand même fier de lui, puisqu’il avait reconnu la langue utilisée, en partie. Il fallait aussi avouer qu’il savait reconnaitre à l’œil la plupart des langues du monde et la seule région de laquelle il ne connaissait rien, c’était justement la péninsule indienne. Ce n’était donc pas un si grand exploit que ça, mais quand même !

Après avoir fini son petit cours de présentation, l’antiquaire s’autorisa même à douter des paroles du Français. Quoi ? C’était si tordu que ça, son histoire ? Ou alors, est-ce qu’il recevait tellement de types louches dans sa boutique qu’il avait l’habitude de ces excuses bidons ? Ca paraissait quand même surprenant… En général, on allait plutôt chez un prêteur sur gages que chez un antiquaire… Et pourtant, ça n’empêchait pas cet homme de douter de son client en l’insultant de cette manière. Exégèse toi-même ! Non mais. Et en plus, il se mettait à rire de manière assez… surprenante. Mais c’était quoi ce mec ?! Il cherchait vraiment à l’énerver ??

Finalement, il s’excusa, ou peut-être pas, mais ça en avait l’air, en apparence. Il lui expliqua que s’il voulait leur remettre ces livres, Lukaz devrait prouver par un joli petit papier que son oncle était bien décédé, ce qui n’était pas sans poser quelques problèmes. Il lui suggéra même qu’en échange de la vérité, il pourrait arranger cette transaction. Ah ben vas-y, prends moi pour un con en plus… Il garderait sans doute les livres avant d’appeler les flics, histoire d’avoir la paix. Ca sentait l’arnaque à plein nez cette histoire.

Malgré tout, l’antiquaire sortit un papier de son bureau en expliquant qu’il attendait la vérité vraie et pas un nouveau mensonge. Il se présenta ensuite et lui expliqua dans un langage alambiqué qu’en fonction du prix fixé, Lukaz toucherait la somme convenue moins un pourcentage, une fois que le produit serait vendu. Donc, ça risquait de prendre un certain temps… Mais de toute façon, avant ça, il devait lui expliquer ce qu’il en était de l’acquisition de ces ouvrages. Un moment, le Français détailla le dénommé Jace du regard, notant qu’il était loin d’être désagréable à la vue. Plongeant ses yeux dans ceux de son interlocuteur, il partit donc dans une explication de la vérité des faits, au risque de faire peur au jeune antiquaire.


« Bon, vous l’avez visiblement deviné, il n’y a pas d’oncle dans cette histoire. Il n’y a d’ailleurs pas le moindre membre de ma famille, mais ça, c’est pas trop difficile. » Quand on est orphelin, on est forcément plutôt restreint au niveau de sa famille… « A dire vrai, j’ai trouvé ces livres dans un coffre-fort. Il se trouvait dans un bureau d’une maison de banlieue que je n’habite absolument pas. C’est un emprunt volontaire à durée indéterminée, en somme. » Même si c’était un vol, il y avait des gens qui avaient un peu de mal avec cela et utiliser un moyen détourné de le faire comprendre pouvait apaiser la tension, ou pas. « A priori, vu vos propos, je suppose que vous avez l’air habitué par ce genre de pratiques, même si je ne l’aurais pas cru au premier abord dans un tel lieu… J’ai récupéré ça parmi d’autres trucs, mais j’en ai pas vraiment l’utilité. Alors y a deux solutions… Soit vous en voulez et on fait affaire comme vous avez dit. » Lukaz fit alors une petite pause et commença même à rassembler les documents avant de poursuivre. « Soit vous en voulez pas à cause de ce que j’ai dit et je repars avec. Je trouverais peut-être un autre acheteur. Et sinon, ça servira toujours pour allumer un feu… »

Lukaz espérait que ces documents soient vraiment aussi curieux que l’antiquaire le disait, histoire qu’il fasse un peu abstraction du moyen par lequel il en était venu à les posséder. C’était normal que ça puisse rebuter les gens, mais ça, il s’en foutait. Lui, ce qu’il voulait, c’était de l’argent, point barre. Les scrupules et autres considérations de ce genre, c’était pour les cons… Certains marchands pensaient comme lui. Il restait donc juste à voir si ce Jace était fait de ce bois-là ou de quelque chose de plus tendre. Serait-il juste un pauvre type trop faible pour voir le moyen de gagner en prestige ou serait-il quelqu’un de bien, aux yeux du Français.

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Iseult O'Reilly
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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Sam 30 Avr - 0:31

Ainsi le jeune homme, à l'accent français très prononcé, avait, semblait-il, décidé de jouer cartes sur table. Toutefois, il peinait à parler de vol, et préférait employer ce que d'aucun nommeraient une périphrase pudique. Vol, vol, vol ! Était-ce si terrible ? Ce n'était jamais qu'un mot de trois lettres, tiré du voler, lui-même issu du latin volare. Le vol n'est rien de plus que la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui, rien de plus que le fait de s'emparer frauduleusement de la chose mobilière d'autrui avec l'intention d'agir en propriétaire de cette chose. Qu'il soit aggravé, à l'américaine, à la tire, à la roulotte, à l'étalage, au rendez-moi, chez l'hôte, d'usage, qualifié, ou simple, le vol n'en était pas moins un vol. Pourquoi tant de gens avaient-ils du mal avec ce pauvre petit mot insignifiant en comparaison d'autres mots pour désigner des crimes bien plus graves que celui-ci ? Le jeune homme avait donc trouvé les livres dans un coffre-fort, dans le bureau d'une maison des quartiers défavorisés – doux euphémisme que celui-ci pour désigner la banlieue d'Achaea !

Effectivement, le menteur éhonté avait vu juste, Jace était accoutumé à « ce genre de pratique ». Les français ont un tel goût pour la nuance, c'en était toujours exquis. Pourtant, en effet, Jace était l'un des maillons d'une chaîne souterraine que la boutique d'antiquités couvraient. L'affaire était simple, il s'agissait d'écouler des marchandises qu'on trouvait d'ordinaire dans de tels magasins, et de les vendre à des collectionneurs en jetant d'un doigt négligent peu d'information sur les transactions dans les formulaires et registres, ce qui suffisait à blanchir la marchandise. Les autorités sont si peu regardantes, dès lors qu'on agitât avec bruit sa bourse pleine … De plus, de nombreux montages juridiques permettaient d'inventer, pour tel ou tel marchandise volée, des origines indiscutables, comme la veuve écossaise ou le vieil argentin.


« Ces ouvrages n'ont peut-être aucune valeur pour vous, mais je connais quelques collectionneurs prêt à dépenser des fortunes pour en disposer. »

Le jeune homme ne songeait tout de même pas sérieusement à brûler cet héritage à la valeur encore indéterminée ! Le sang de Jace ne fit qu'un tour dans ses vaisseaux, comme cette fois où une vieille dame sénile avait menacé de brûler l'original de François Boucher qu'elle avait découvert dans les combles de son appartement New-Yorkais. Sans se départir de sa posture séductrice de commercial aguerri, Jace entreprit d'exposer la marche qui allait être à suivre si l'étranger lui confiait la vente de ces deux livres. Jace déclarerait les avoir trouver dans une brocante quelconque, et les mettrait en vente dans le magasin, comme il ferait de tout autre objet de valeur suffisante pour être exposé. Il attendrait ensuite quelques jours, puis contacterait plusieurs des clients récurrents parmi les plus susceptibles d'être intéressés par la marchandise. Il déclencherait ainsi une enchère dont il élèverait le prix de base à dix mille dollars pour chaque ouvrage. Les documents seraient offert pour l'achat en commun des deux livres. Le prix définitif serait le prix de la vente, et fixerait la valeur à laquelle il conviendrait d'appliquer le pourcentage, avant de partager les fonds entre l'étranger et le magasin. Plongeant ses yeux dans ceux de Lukaz, qui l'observait avec attention, il ajouta :

« Je peux même vous proposer de vous remettre immédiatement la somme en argent, contre quoi vous m'abandonnez la totale propriété des deux livres. Toutefois je ne proposerai pas plus de quinze mille dollars pour les deux ouvrages ensemble. L'offre est à prendre ou à laisser, monsieur ? »

Comme pour compenser la méconnaissance de l'identité de son interlocuteur, Jace le détailla du regard, glissant ses yeux des pieds à la tête de l'homme. Sa carrure n'avait rien d'impressionnant, pas plus que sa taille qui ne dépassait pas celle de l'antiquaire. Il aurait pu ressembler à une cigogne, s'il n'avait été maigre et déplumé. D'allure générale, il avait l'air … négligé, comme parasité par quelque obsession si forte qu'elle est sans cesse impérieuse. Faisait-il si peu attention à lui ? Cela ne se pouvait, sinon pouquoi aurait-il orné sa langue d'un piercing ? Fallait-il y voir là le stigmate visible témoignant d'un besoin assouvi de confiance en soi, d'unicité et d'originalité en même temps que l'assouvissement de ce besoin, par la mutilation ornementale, plaçait son sujet dans une rubrique, une catégorie, un groupe particulier ? Discret et décoratif, ce piercing venait peut-être combler un narcissisme défaillant ? Ou trahissait-il quelque pulsion plus sombre, quel fantasme obscur dont l'éclat de métal était un aveu assumé et exorcisé ?


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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Sam 30 Avr - 14:02

Les ouvrages qu’il avait ramenés dans cette boutique n’intéressaient vraiment pas Lukaz. Après tout, pourquoi garderait-il des livres qu’il ne comprenait même pas ? Parce que ça avait de la valeur ? Et alors ? Vu le nombre de visiteurs qu’il avait chez lui, ça ne changerait pas grand-chose… Il ne les aurait sûrement pas brûlés, cela dit, c’était surtout un artifice utilisé pour faire réagir son éventuel acheteur. Si c’était quelque chose qui comptait pour lui, il ferait le nécessaire pour que ce drame n’arrive pas. Sinon… Ben sinon, ça ne vaudrait pas la peine de les garder.

Cela dit, ça pouvait avoir de la valeur pour des collectionneurs, de ce que ce Jace disait… Hum. Parce que des gens collectionnaient les livres ? Il savait que ça se faisait pour les poupées, les voitures miniatures ou pas, mais les livres… Ca servait à quoi ? Un livre, c’est un livre, on peut juste le lire. Alors, en quoi ça pouvait avoir une quelconque valeur ? Enfin, ça, il s’en foutait comme de sa première chemise, mais ça l’intéressait quand même. Parce que qui disait collectionneur disait aussi qu’il pourra en tirer quelques centaines de billets. Ca, c’était vraiment super comme nouvelle ! Surtout que le terme de fortune utilisé laissait entendre bien plus qu’une centaine de billets… Mais était-ce raisonnable comme pensée ? Sans doute pas.

Quoi qu’il en soit, l’antiquaire lui expliqua quand même la marche à suivre s’il lui cédait ces documents. Il les exposerait tout d’abord dans la boutique en les faisant passer pour des antiquités découvertes dans une brocante. Sérieusement, ça passait mieux comme excuse que l’oncle décédé ? Peut-être pas… Mais peut-être que tout dépendait de la tête du client et on croyait visiblement mieux un antiquaire mignon et bien éduqué qu’un voleur – sexy – et drogué. Enfin… Après l’étape de la boutique, le dénommé Jace contacterait des acheteurs potentiels pour leur soumettre le produit et mettrait ce dernier aux enchères en partant de… dix mille dollars par livre ! Soit vingt milles dollars ! Wah ! Alors là, c’était plus qu’il n’en avait rêvé, surtout que c’était une base et qu’en fonction du prix des enchères, ça pourrait faire beaucoup plus… Il n’avait jamais rêvé toucher autant d’argent ! Après avoir fini sa présentation, l’antiquaire lui proposa une autre solution. Une somme d’argent immédiate en échange de la propriété des livres, cette somme s’élevant à quinze mille dollars. De quoi faire réfléchir…

L’antiquaire cherchant aussi à connaitre son identité, Lukaz lui répondit, en partie.
« Lukaz, ça suffira. Et pas besoin du monsieur… » Il réfléchissait à l’offre proposée et tenta de la résumer, pour être sûr d’avoir tout compris. « J’ai donc deux solutions… Soit, quinze mille dollars maintenant et je repars tranquillement… Soit je dois attendre la vente en pouvant espérer un tarif minimal de vingt mille dollars moins votre commission… Elle s’élève à combien déjà ? » Une question intéressante, mais pas forcément vitale. Après tout, même s’il prenait 20% de la somme finale, si les livres se vendaient vingt mille dollars, Lukaz en toucherait toujours seize mille pour lui… Il fallait donc voir ce qu’il souhaitait… Une somme fixée immédiate ou une somme éventuellement plus élevée plus tard, sachant que plus tard, ça pouvait être dans un sacré moment… Et quinze mille billets, c’était pas rien… Surtout quand on est un voleur drogué qui vit dans la banlieue… Bref. « Je vais accepter votre offre, je pense, même si je conscient de me faire arnaquer dans l’affaire. Après tout, si vous réussissez à vendre ces livres comme vous le dites, vous pourrez toucher le pactole… Ca fera quoi ? Dix, vingt, voire même cent fois plus que votre simple commission ? »

Lukaz était peut-être un voleur. Il était peut-être aussi un drogué. Il avait été élevé par des forains. Mais ça ne voulait pas dire qu’il était idiot ! Et en terme d’arnaques, il savait s’y prendre. D’accord, il avait pas le talent pour faire prendre des vessies pour des lanternes, mais il savait reconnaitre quand on se moquait de lui. Et là, visiblement, le vendeur essayait de l’appâter avec une jolie somme pour qu’il baisse sa garde. Dans un sens, il était presque prêt à le suivre… « Je sais que c’est à prendre ou à laisser. Mais que diriez-vous de vingt mille dollars ? En échange, je vous les donne et vous pouvez toujours gagner trois fois plus. Vous serez largement dans vos frais et ça vous en donnera beaucoup plus que votre simple pourcentage. Et moi, j’aurais moins l’impression de me faire arnaquer… » Après tout, il serait même près à prendre les quinze mille, mais autant essayer de marchander un peu. « Ou alors, on en reste aux quinze mille mais faudra me trouver une autre forme de compensation… Et là, vous avez l’embarra du choix. » Lukaz était loin d’être difficile et il se contenterait de nombreuses propositions. Il fallait juste voir ce que l’antiquaire dirait de ça. Est-ce qu’on marchandait aussi, en général, dans ce genre d’endroit ? Il n’en savait absolument rien, parce que ce n’était pas son milieu, mais tant pis. Lui, ce qu’il voulait, c’était son blé. Le reste… C’était du bonus.

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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Sam 30 Avr - 19:32

Le péché. Le bien d'autrui tu ne prendras, ni retiendras injustement, énonce le Septième commandement... Jace l'aurait-il oublié, ou bien aurait-il depuis trop longtemps abandonné son âme aux gouffres sans fond de l'avarice et de la gourmandise ? Cette perversion de l'esprit du marchand venait de ce que son éducation avait été paradoxale, et s'était construite sur un lot déroutant de contradictions. On lui avait appris que le péché est une réalité individuelle résultant de l'agir de chacun. On lui avait aussi appris que le péché est une réalité qui englobe et conditionne l'agir de chacun et de tous, ayant presque une consistance autonome et pesant sur l'homme préalablement à toute détermination concrète de son agir. Le dogme du péché originel situe même le péché à la source de l'existence humaine et de toute l'histoire humaine, en deçà de toute activité de l'homme, mais pesant sur toute son histoire. Autre paradoxe étrange, on insiste fortement sur la liberté et la responsabilité de chacun, ce qu'on traduit généralement par le peu de gravité du péché sans connaissance et plein consentement ; mais on peut aussi être pécheur et déclaré tel alors même qu'on ignorait que l'acte en cause était un péché – pour s'en convaincre, il fallait lire la parabole du Jugement dernier dans Matthieu (XXV, 31-46). De fait, avant d'être un pécheur, Jace était un marchand, et un excellent marchand.

Il n'avait aucune culpabilité à tenter de tirer profit de la relative ignorance du jeune homme. Force est de constater qu'un joli minois n'est pas toujours utile dans le monde des affaires, du moins autant qu'une mâchoire de requin. Lukaz, puisque tel était son prénom, avait bien compris la double offre que venait de lui faire le jeune antiquaire.


« Considérant la nature de l'objet en question, la commission s'élève à vingt pour-cent sur le prix de base, augmenté d'un pour-cent par tranche de cinq mille dollars jusqu'au seuil de cinquante mille dollars. Au-delà, l'augmentation est réduite à un demi pour-cent. »

Le jeune homme allait accepter son offre. Si facilement ? Aucune surprise, mais c'était bien la première fois qu'une affaire d'apparence si délicate était pliée en si peu de temps et de mouvements. Mais … impossible ! Lukaz concédait même deviner qu'il perdait au change, mais qu'il ne tenterait rien pour y rien changer, préférant l'assurance d'une petite somme plutôt que la promesse d'une fortune à venir. Son besoin était-il si pressant ? Avait-il des dettes urgentes ? Probablement des dettes de jeu. Ou bien avait-il quelque fiancée à la dent longue qu'il convenait de satisfaire en bijoux et parures, en robes et cadeaux ?

Hélas, c'était aussi inespéré que provisoire, car le jeune homme aux cheveux, peut-être inspiré par la nuit sur le Mont Chauve, fit une contre-offre des plus … décevantes, à tout le moins. Espérait-il vraiment Jace allait accepter sans négocier plus encore ? C'était sans compter la fièvre commerciale dont Jace n'avait jamais guéri depuis son premier acte de vente, il y a bien des années. Ah ! La douce époque de la tendre naïveté, qu'une enveloppe pleine de billets à l'odeur enivrante avait emporté dans les abysses … Très affairé, Jace saisit une machine à calculer qui lui servit à réaliser quelques calculs qu'il effectua rapidement avant de relever la tête sur son interlocuteur. Un sourire carnassier qui en disait long sur ses intentions trahissait certainement son enthousiasme, mais il fallait comprendre que dans l'esprit de Jace, l'affaire était entendue. Qu'entendait-il cependant par une autre forme de compensation ?


« L'offre est intéressante, mais je la décline. Nous en resterons aux quinze mille dollars. Quant au reste ... »

L'esprit de Jace était déjà bien loin dans la réflexion. Qu'avait-il offrir à ce jeune désargenté qui n'hésitait pas à verser dans la délinquance pour se fournir en argent ? Une offre promotionnel sur l'ensemble de la boutique ? Une visite guidée de quelque musée intéressant de la ville ? Un an d'inscription offert pour des cycles de conférence ? Cela n'était guère susceptible de l'intéresser. Et quoi, devait-il imaginer ce qui agréerait le jeune homme ? Et pourquoi s'attachait-il à une compensation non pécuniaire ? Le jeune homme avait très probablement besoin d'argent, aussi était-il peut-être temps de le lui rappeler.

« Monsieur … je veux dire, Lukaz, je peux vous proposer une entente. Le plus souvent, en soirée, dans ce magasin, je suis seul. On peut donc m'y dire tout, et je peux tout entendre... Si vous vous sentez de prendre la commande de certains des clients les plus discrets dont je dispose, ils seraient, je suppose, ravi de s'offrir vos services par mon intermédiaire. Ils vous paient la marchandise, et me paient mon silence. C'est honnête, il me semble, et cela peut vous assurer un revenu régulier si vous savez resté discret et suivre une méthode qui mettra l'affaire à l'abri de tout soupçon. »

Passant une main distraite dans sa brune chevelure, Jace ne put s'empêcher de jeter un œil tout autour, comme pour vérifier que personne ne l'écoutait.

« Vous aviez peut-être une autre idée de compensation en tête ? Mon seul désir est de satisfaire le client, si tant est qu'il sait ce qu'il veut. »


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Lukaz Le Guen
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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Sam 30 Avr - 22:08

Lukaz n’était pas nécessairement du bon côté de la loi et c’est donc ce qui faisait qu’il comprenait assez bien ce qui poussait l’antiquaire à tenter de l’arnaquer. Mais ce n’était pas pour ça qu’il allait le cautionner. Peut-être qu’il volait des objets à de pauvres citoyens et qu’il les revendait pour s’acheter de la drogue, mais ce n’était pas par pur plaisir. Après tout, il ne se droguait pas à tout va et il faisait en sorte de rester lucide la plus grande majorité du temps. S’il se laissait aller au point de se droguer en continu, il se retrouverait dans l’incapacité de commettre ses vols et par conséquent de se payer sa drogue. Il comprendrait alors ce que c’est que le manque et ça finirait vraiment très mal. Il fallait donc l’éviter pour continuer à voler et se faire un peu d’argent. Seulement voilà, il venait de découvrir un filon plutôt intéressant. Mais une question demeurait… Est-ce que l’antiquaire accepterait de le voir débarquer régulièrement avec de nouveaux objets ? Ca paraissait peu probable, mais si jamais ça arrivait, il valait mieux que le Français accepte les quinze mille dollars, qui à les multiplier ensuite. Dans le cas contraire, peut-être attendre une meilleure somme.

Jace Valeskine avait répondu à sa question et il avait donc confirmé le fait que la commission s’élevait à vingt-pour-cent, voire un peu plus. En gros, si les livres étaient vendus au prix minimal, il gagnerait presque l’équivalent des quinze mille dollars. Par contre, si les enchères montaient haut, il pourrait empocher beaucoup plus… De son côté, l’antiquaire était celui qui avait le plus à gagner dans le deuxième cas. Mais que faire ? C’était là une question des plus difficiles à répondre. Lukaz n’avait pas un réel besoin d’argent, puisqu’il en avait assez pour vivre. Mais il n’était jamais contre un petit plus alors… Attendre en espérant qu’il toucherait le pactole ?

L’antiquaire lui fit comprendre qu’il ne reverrait pas son offre. Ainsi, c’était donc quinze mille dollars ou attendre. Au moins, il était fixé à ce sujet. Cela dit, il lui laissait quand même miroiter une autre possibilité… A savoir celle qu’il pratiquait pour d’autres personnes en tant que voleur à gages. Mais… C’était vraiment sérieux ? L’antiquaire n’avait pas l’air de blaguer… Il lui proposait donc sérieusement de revenir dans cette boutique le soir pour honorer des commandes spécifiques… En gros, on lui donnerait une adresse et un objet à récupérer, charge à lui ensuite d’y parvenir. En échange, il serait payé à la marchandise et Jace gagnerait quelque chose pour son silence. Soit il aimait l’argent plus que tout, soit il devait lui-aussi en avoir besoin, dans une certaine mesure. Lukaz le regarda un moment, l’air intrigué et curieux, même si ça ne se voyait pas vraiment sur son visage. Un sourire finit même par apparaître sur ses lèvres à la question du jeune homme. Mais chaque chose en son temps.


« Bon, pour commencer, je vais prendre les quinze mille. Je n’ai pas besoin d’une grande fortune pour vivre et je préfère avoir de l’argent tout de suite que rien plus tard. Et ça, même si je sais que je me fais entuber comme un débutant, tant pis. Souvenez-vous quand même que je le sais et que je suis pas un vulgaire pigeon ! » Le Français voulait que ça soit clair, ça. Pas qu’il croit qu’il peut recommencer à l’avenir. Une fois, pourquoi pas… Mais deux fois, aucune chance ! La fois d’après, il ne le laisserait plus s’en mettre plein les poches. « En plus, si j’accepte cette offre, c’est parce que j’avoue être surpris. J’aurais jamais pensé que quelqu’un me proposerait aussi facilement de commettre un crime. Vous avez peur de rien et j’aime beaucoup. Ca change de tous ces gens trop frileux pour réussir… Vous reculez devant rien. Donc, tout ça pour dire que ça aussi, je l’accepte. » Il espérait seulement que ça soit pas un gros piège… Mais comme personne ne pouvait savoir qu’il viendrait là, il ne risquait normalement rien. Cela dit, Lukaz devait quand même prendre quelques précautions. « Je veux bien vous aider à remplir des commandes spécifiques. Mais, et ce n’est pas négociable, je me réserve le droit de refuser une commande si c’est impossible à réaliser. Je travaille seul et je ne me ballade pas avec un camion… Donc, ça ne concernera que des objets transportables facilement et qui ne pèsent pas trop lourd. Je dois encore pouvoir me déplacer librement. » Et pour ça, il se voyait très mal s’enfuir par une fenêtre avec un vase Ming sous le bras… « Bon, cela dépendra de la commande le moment venu… Par contre, je veux aussi pouvoir me rétracter par après ! Si je fais un repérage et que je le sens mal, je vais pas risquer ma peau. Si je me fais arrêter, je serais pas seulement condamné pour vol… » Un voleur mutant, c’était sa vie entière qu’il risquait.

Après ce petit exposé potentiellement inutile, Lukaz se reprit et garda le silence un petit moment, comme s’il risquait d’entendre des sirènes ou n’importe quelle autre marque d’une présence policière dans le quartier. Mais rien. Il était tranquille et tout ça allait continuer. C’était si… étrange. Etrange, mais pourtant pas malvenu.
« Bref. Je suis quelqu’un de très discret. La preuve, je suis ici devant vous et jamais arrêté. Quant à l’affaire, ça sera à vous de ne pas vous foirer en risquant qu’on reconnaisse un objet… » Lukaz volait, donnait et ensuite ce n’était plus un souci pour lui. Et pour tout ce qui le concernait, il garantissait la sécurité et la discrétion. « Concernant d’autres formes de compensation, pourquoi pas… C’est aussi largement faisable en soirée, si vous êtes seul ici. Sans faire de détour, puisque vous semblez n’avoir peur de rien et tout en parlant crûment, je suis du genre à facilement accepter les faveurs physiques, pour ne pas dire sexuelles… » S’attendant à voir apparaitre une expression horrifiée sur le visage de ce Jace, Lukaz continua malgré tout. « Je serais même prêt à accepter une diminution de ce que je gagnerais par les vols que vous me proposez, en votre faveur cela va de soi, si vous consentiez à m’offrir ce genre de remerciements. Mais je n’attends pas seulement quelques attouchements… Je suis très… gourmand, quand il s’agit d’hommes attirants. » Il marqua sa phrase d’un petit sourire entendu. « Qu’est-ce que cela vous dit ? »

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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Dim 1 Mai - 16:45

Excellent ! Comme le disait son grand-père, il faut gagner tant qu'on le peut, et Jace était bien obligé de suivre ce principe avec obstination en l'honneur de sa mémoire. Une audace éhontée n'était-elle pas indispensable à tout marchand un tant soit peu ambitieux ? En dépit de ses réticences pudibondes, Lukaz serait un jour bien obligé de reconnaître quelle heureuse fut la sienne de s'associer si étroitement au petit commerce de Jace Valeskine. Il se ferait à l'idée d'être pigeonné. C'est l'histoire de la vie, après tout, l'histoire du couillon et du voleur. Tel avocat pigeonne la jeune épouse qu'il pousse à divorcer, tel notaire pigeonne le vieillard qu'il pousse à lui céder le château qu'il possède en Espagne, tel chanteur pigeonne son public en feignant de chanter sous les machines … Lukaz ne devait pas désespérer, car ne disait-on pas tel qui rit vendredi, dimanche pleurera ?

Il y avait tant de choses que Lukaz ignorait de Jace, et tant de choses qu'il ignorait de la peur. La peur … un état que Jace ne connaissait que trop bien, pour l'avoir très souvent répandu sans vergogne par le passé. Il avait de ce fait été l'instigateur secret et le témoin heureux de scène des plus cocasses, quand son infortunée victime s'émeut à genoux de voir apparaître son pire cauchemar droit devant elle, que ce fût le plus terrifiant des démons ou le plus irascibles des percepteurs. La crainte cherche le mal pour s'en affliger avant qu'il ne soit arrivé, et ne s'entretient que d'illusions et de fantasmes. De fait, l'illusion était un moyen pratique, mais fragile, dont il ne fallait faire usage qu'avec parcimonie ou contre les imbéciles. Jace ne reculait devant rien, et certainement pas devant la promesse d'un profit. Quant aux conditions que Lukaz crut bon d'exposer, elles emportèrent l'adhésion de Jace car, s'il n'avait pas du tout l'intention de procéder autrement, il était satisfait de laisser croire à Lukaz qu'il était bien davantage qu'un pion sur un plus vaste échiquier. Le jeune homme aurait le droit de refuser toute commande émise et même prise, et ces commandes ne porteraient jamais que sur des objets discrets et facilement transportables. Hors de question donc de s'intéresser à des bas-reliefs, à des statues ou des amphores de taille considérable.

Oh ! Ainsi Lukaz n'était pas qu'un simple voleur. Et qu'était-il d'autre ? Un trafiquant d'organes, d'armes, de drogues ? Trop peu probable, il n'aurait pas un tel besoin d'argent liquide … Un drogué ? Un meurtrier ? Un terroriste ? Un violeur ? Un forcené ? Un échappé de l'asile ? Un mutant ? Bah, quelle importance ! Ce n'était certes pas les affaires de Jace tant que cela ne venait pas à nuire à leurs petites affaires. Toutefois, peut-être devait-il essayer d'en savoir davantage avant de lancer les premières étapes de leur collaboration. D'une voix faussement apitoyée, Jace se risqua à répondre :


« Je comprends ... »

Puis Lukaz eut l'audace malheureuse d'insinuer que Jace serait le maillon faible de la chaîne qu'ils formeraient bientôt. L'impertinence du jeune béotien glissa sur le sourire devenu narquois de Jace, qui aurait bien voulu l'envoyer paître sur les versants d'un volcan … s'il n'avait opéré un virage d'une incroyable violence dans la conversation. Jace avait-il bien entendu ? Ce jeune homme lui faisait-il si ouvertement des avances ? Et le trouvait-il attirant, comme il semblait le prétendre ? Et que croyait-il, à le bousculer ainsi ? Pensait-il impressionner le jeune antiquaire de sorte qu'il revînt sur son offre ? Croyait-il lui faire si bonne impression ? Avait-il tant d'orgueil et de confiance pour croire qu'il suffisait pour lui de se traîner lascivement sur le comptoir pour qu'ils s'envoyassent tout deux en l'air dans la solitude capiteuse et douceâtre de la boutique ? Décidément, le jeune Lukaz n'avait pas froid aux yeux. Mais il en fallait bien davantage pour déstabiliser le monstre de froideur commerciale que pouvait être Jace.

Sans quitter son vis-à-vis des yeux, Jace saisit le col de sa chemise qu'il déboutonna, puis fit de même avec le reste de sorte qu'en quelques instants il avait révélé la base de son cou et le haut de son torse à la vue du jeune homme qui le regardait toujours. Il n'alla pas plus loin, et répondit, en français dans le texte.


«De l'audace, toujours de l'audace, n'est-ce pas ? »

Sa réponse s'évanouit dans un sourire qu'un rire engageant paracheva.

« Mais je gagne assez bien ma vie pour me passer de ces services que vous me proposez sans honte ni retenue. Il faudra vous montrer plus convaincant pour obtenir de moi les voluptés dont vous semblez friand. »


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Lukaz Le Guen
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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Mar 3 Mai - 18:38

Au départ, Lukaz avait eu du mal à cerner cet étrange personnage que semblait être l’antiquaire Jace Valeskine. Il avait d’abord cru qu’il était l’un de ces hommes qui mettait son éducation en avant, quitte à se moquer ouvertement des autres. Il n’avait pas encore la preuve que ce n’était pas le cas, mais visiblement, même si ça l’était, il n’hésitait pas à s’adresser à lui, pauvre petit voleur inculte qu’il était. De plus, le jeune antiquaire commençait aussi à plaire à Lukaz. Après tout, ne venait-il pas lui proposer le plus simplement du monde d’effectuer des cambriolages rémunérés ? Il lui aurait demandé s’il aimait la glace qu’il n’aurait pas agi autrement. Etre capable de sortit du carcan de la loi aussi aisément devait en faire un être plus particulier que ce que l’on aurait pu penser au premier abord. Et il y avait fort à partir que Jace Valeskine avait encore beaucoup de ressources pour surprendre le jeune Français.

Lorsque Lukaz énuméra ses conditions, prenant ainsi ses précautions pour ne pas risquer de se faire arrêter, l’antiquaire acquiesa simplement en expliquant qu’il comprenait. Et que comprenait-il, justement ? Il n’avait pas le moyen de savoir ce que voulait dire le voleur… Pouvait-il seulement imaginer que son interlocuteur était un mutant ? Il n’y avait pas vraiment de chance, sauf s’il en était un lui-même et qu’il avait la capacité de détecter les autres. Mais en dehors de ça, il ne pouvait pas vraiment savoir. Alors qu’imaginait-il ? Qu’il était aussi un tueur ? Ou pire… Est-ce que ça allait changer sa vision de leur toute nouvelle relation ? A priori, non. Jace Valeskine devait être de ces gens qui ne reculaient devant rien pour s’enrichir. Il restait à savoir s’il serait vraiment prêt à tout ou non…

C’est quelque chose qu’il apprendrait bien assez tôt, vu le tour que prenait la discussion. Lukaz avait évoqué d’autres formes de compensation, pensant là à des dons en nature, comme de la drogue, un appartement, voire une folle nuit avec quelqu’un. L’argent était une chose, mais tous les à-côtés, c’étaient encore mieux. Pourquoi était-il parti dans la voie la plus risquée ? Parce que le ton sur lequel avait poursuivi l’antiquaire l’y avait quelque peu forcé, tant il semblait plein de promesses. Lukaz attendait donc ce qu’il penserait de cette idée d’offrir des faveurs sexuelles à son client. Serait-il dégoûté ? Ou au contraire, aimerait-il cette idée ?

Sans un hoquet de surprise, de peur ou de dégoût, Jace Valeskine continua de l’observer droit dans les yeux, jusqu’à ce qu’il commence à déboutonner sa chemise. Lukaz ne put s’empêcher de marquer la surprise, ne comprenant pas trop ce qu’il cherchait à faire de cette manière. Est-ce qu’il essayait de le provoquer ou de lui montrer qu’il était bien idiot de penser avoir droit à cela ? Lui dévoilant une petite partie de son corps, l’antiquaire lui posa une question avant de se mettre à rire, encore. Le Français reprit contenance, écoutant les propos que lui adressait son interlocuteur. Souriant à son tour, il finit par répondre.


« On m’a toujours dit que qui ne tente rien, n’a rien. Alors je pense qu’un peu d’audace ne peut pas faire de mal. » C’était vrai, non ? S’il y réfléchissait bien, depuis qu’il était arrivé aux Etats-Unis, Lukaz avait beaucoup gagné à faire preuve d’audace, autant sur le plan « professionnel » que sur le plan du plaisir simple. Quant à la suite, il ne comprit pas bien ce que souhaitait dire Jace. « Je ne comprends pas vraiment le rapport entre ce que je vous propose et ce que vous gagnez… Sauf si vous allez rendre visite à certaines femmes de ma connaissance. Je pensais être assez familier avec cette langue, maintenant, mais visiblement, non. Certaines subtilités doivent encore m’échapper… » En effet, Lukaz ne voyait pas d’autres explications. En gagnant bien sa vie, on pouvait se payer des prostituées et pas forcément celles de base. Du coup, ça pouvait en effet le dispenser de ces services proposés, sans retenue. Mais était-ce bien là ce qu’il voulait dire ? Dur à savoir.

« Me montrer plus convaincant ? Voyons voir si j’y arrive… » Lukaz balaya la boutique du regard avant de reposer ses yeux sur l’antiquaire. « A bien y regarder, cet endroit semble bien entretenu et on s’y sent à l’aise. C’est assez différent des boutiques d’antiquaire généralement vieilles et poussiéreuses qu’on peut voir ailleurs dans la ville. En plus, avec cette petite musique, on dirait que vous avez plaisir à vous trouver là, ce qui est encore plus vrai si l’on s’en tient à votre sourire permanent. » Lukaz fit une pause, cherchant une preuve qu’il voyait juste. Ne la trouvant toutefois pas, il poursuivit. « Donc, si vous aimez être là, c’est que vous aimez ce que vous faites, ce qui semble logique dans votre métier. Vous devez donc beaucoup apprécier toutes ces… choses. » Terminant sa phrase, le Français désignant les quelques objets situés derrière lui. « Vous êtes donc peut-être aussi comme certains de vos clients, un collectionneur. Si c’est le cas, peut-être pourrais-je vous être utile… Que diriez-vous de cela ? Je vous ramène un objet dont vous avez envie et vous n’avez rien à me payer… Si ce n’est m’offrir les plaisirs d’une folle nuit de luxure. Avec vous, j’entends bien. C’est un faible prix en échange d’un trésor, non ? » Le sourire du jeune Français était encore plus grand. Est-ce que cet homme bien sous tout rapport allait faire cela ? Serait-il prêt à se prostituer – puisque selon la définition, c’était bien ça – pour un trésor ? C’était ce que Lukaz était curieux de découvrir. Jace Valeskine était tellement surprenant, que ça promettait encore beaucoup. « Et qui sait, peut-être y prendrez-vous goût. »

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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Mer 4 Mai - 0:00

Comment ce jeune impertinent osait-il suggérer que Jace était de ces personnes qui vont se payer les services des belles de nuit ? Jace n'avait rien d'un mendiant ou d'un frustré, et de ce point de vue, sa vie était très bien comme elle était. Certes, depuis son arrivée aux États-Unis les occasions avaient été peu nombreuses, mais jamais il n'avait songé à payer des fortunes les services qu'il pouvait s'offrir gratuitement au prix d'un simple effort de sa part. Une moue boudeuse et légèrement irrité déforma ses lèvres, trahissant sans doute le caractère importun des remarques de Lukaz, qui décidément, ne reculait devant rien, même s'il ne semblait pas tout à fait conscient de ses humeurs. Qu'importe ! Jace ne perdrait pas son temps à lui expliquer qu'il n'était pas du genre à s'offrir si facilement. Il préférait l'écouter reformuler sa proposition, et oublier l'injure affreuse qui le mouillait bien désagréablement. Aux suppositions du jeune homme, Jace se contenta de répondre d'un regard entendu et attentiste. Que voulait-il dire par ses observations sur la boutique ? Jace tenait celle-ci avec l'amour d'un père pour sa famille, il y mettait tout son cœur et toute son énergie chaque jour. Mettre en relation le sourire permanent de l'antiquaire avec la bonne tenue de son magasin était habile, mais avec ce blond aux yeux étrangement abîmés, Jace s'attendait à quelque chose d'autre qu'une simple et courtoisie remarque amicale. Il aimait son travail, c'était évident. Sa passion pour les objets d'art ne connaissait aucune limite, c'était une autre évidence. Jusque là, Lukaz ne brillait pas par sa perspicacité de fin limier.

Et pourtant à bien le regarder, Lukaz n'était pas qu'un simple jeune homme comme il y en avait tant d'autres. A l'écouter parler, Jace en était de plus en plus convaincu. C'était d'ailleurs très intrigant. Que cachait ces yeux que la fatigue n'obscurcissait que partiellement, comme s'ils luttaient pour garder l'éclat de leur brillance ? Le bleu est la plus profonde des couleurs, et jamais des yeux n'illustrèrent avec plus de force la vérité de cette affirmation. Le regard de Jace s'y enfonçait sans rencontrer d'obstacle, et s'y perdait à l'infini, comme si la couleur se dérobait pour l'attirer toujours plus loin. Profonds et transparents comme l'air, comme l'eau, comme le cristal, comme le diamant, purs, exacts, froids, les yeux de Lukaz allégeaient les courbes harmonieuses de son visage, l'ouvraient sur qui l'observait avec attention, et le gardait en souveraine surveillance. Un regard qui vous fait captif comme la lune attire la phalène. Les mouvements, les formes et les sont se noient dans le bleu, s'y évanouissent, comme un oiseau dans le ciel, et Jace avait parfois l'impression de se perdre dans les yeux de Lukaz, tel Alice basculant de l'autre côté du miroir. Lukaz avait des yeux de la couleur du rêve. Mais Jace ne pouvait se laisser aller à rêvasser, des affaires importantes devaient mobiliser son attention.

Et le bougre avait vu juste, Jace aimait les antiquités plus qu'il n'avait jamais aimé personne. Il avait notamment ses favoris, objets qu'il considérait avec autant d'amour que s'ils avaient été la chair de sa chair et le sang de son sang. Il y avait par exemple cette superbe miniature hollandaise qui dépeignait un jeune prince de Hanovre, dont l'étonnante chevelure blonde semblait voleter à l'extérieur de son cadre. Lukaz était également blond, ce qui le rapprochait aux yeux de Jace de ces vieux tableaux représentants les dieux, les déesses et les rois d'autrefois avec cette couleur si caractéristiques de la royauté. En plus d'être un gage de beauté féminine comme masculine, la blondeur est signe de pureté, mais aussi de grandeur et de noblesse, et ces privilèges du blond venait sans doute de ce que cette couleur solaire est une manifestation de la chaleur, de la lumière, de la puissance. Mais Jace pouvait essayer de se concentrer ailleurs, notamment sur les cheveux de celui qui lui parlait avec un semblant de sérieux, il ne pouvait détacher son regard des yeux de Lukaz dans lesquels l'antiquaire s'abandonnait corps et âme. Ils dégageaient une telle tranquillité, qui contrastait très certainement avec la vie que menait le jeune homme, puisqu'on n'est pas contraint à voler ou pire si l'on mène une vie tranquille, une telle profondeur, une telle éternité qu'ils en étaient presque surhumains, inquiétants et fascinants à la fois. Jace secoua la tête pour se concentrer sur les paroles de son interlocuteur, légèrement soucieux des sentiments contradictoires de fascination et de désir qui s'éveillait en lui à mesure que Lukaz lui promettait des merveilles pour un prix, finalement, dérisoire. Il les ferait taire bien facilement, mais les ignorer eût été imprudent.


«Vous voyez, ce n'était pas si difficile, n'est-ce pas ? »

Nonchalamment, Jace reboutonna le haut de sa chemise et tira d'un tiroir une carte de visite, un calepin et un crayon.

«Nous avons un accord dans ce cas. Voici ma carte, vous pourrez me joindre à tout instant. Concernant les commandes de mes clients, je vous ferai signe à chaque fois, et vous laisserai un délai raisonnable pour donner votre réponse. Nous réaliserons les échanges en dehors du magasin, cela va de soi, dans un lieu que vous choisirez à chaque fois. Je suppose que cela vous convient ? »

Jace tendit la carte à l'égard de Lukaz et, d'une autre main, s'apprêta à écrire sur le calepin cependant qu'il parlait.

«Concernant votre autre proposition, je l'accepte. Donnez moi vos coordonnées, et je vous contacterai rapidement dès que j'aurai repéré une marchandise susceptible de m'intéresser. Là encore vous serez libre de refuser. Et pour ne pas perdre de temps, je vous note sur ce papier l'adresse et la description de ma première commande. »

L'affaire était simple, il s'agissait d'un chandelier en or représentant l'une des trois Grâces. Cette œuvre méconnue était l'une des trois parties d'un ensemble à l'effigie des trois divinités. Jace n'avait pu localiser que l'une d'entre elles, pour le moment. Après avoir griffonné une description sommaire mais précise et l'adresse de la résidence où Lukaz trouverait le précieux objet, il déchira la page qu'il déposa devant Lukaz sur le comptoir. Jace plongea à nouveau son regard dans celui si charmant de Lukaz. Car il y avait un charme mystérieux qui pesait sur ces yeux d'un bleu si profond.

«Ma conduite vous étonne, peut-être ? C'est que j'estime que nous avons tous deux peu à gagner à faire des manières. Vous avez besoin d'argent, je ne crache pas sur un profit supplémentaire. Vous semblez … apprécier les bonnes choses, et il n'y a rien que je refuserai à qui promet de m'offrir de beaux objets. Qui plus est, vous n'êtes pas désagréable à regarder … Mais cela, vous le savez. »

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MessageSujet: Re: Trésor du passé ou mauvaise blague ? Lun 9 Mai - 20:21

S’il y avait vraiment une chose que Lukaz appréciait, c’était l’idée de se faire payer ses services au lit. L’argent, il en avait déjà bien suffisamment pour vivre et il n’avait donc pas vraiment besoin d’en gagner plus encore. Surtout que ce charmant antiquaire avait l’intention de lui en donner déjà quinze mille billets, de quoi tenir un sacré bout de temps sans rien gagner d’autre ! Alors s’il pouvait retirer un autre bénéfice de ses futures exactions, il n’allait certainement pas cracher dessus. Ce qui était d’autant plus vrai si on lui proposait de passer de folles et intenses nuits en perspective. Le Français se demandait toutefois ce dont était capable le jeune antiquaire… Après tout, rien ne pouvait assure qu’il était doué dans ce domaine. Mais d’un autre côté, peut-être qu’il connaissait d’anciennes techniques que Lukaz ne maitrisait pas et dont il était totalement ignorait… Ca pourrait donc être une excellente idée que de vérifier cela, mais avant, il y avait encore certains détails à régler.

Et pour commencer, il valait mieux commencer par déterminer la manière dont ils allaient s’y prendre pour leur accord. Jace Valeskine résuma simplement ce qu’ils avaient dit tout en donnant sa carte à Lukaz. Décidément, le Français commençait à en avoir une belle collection, de cartes de visite. Sans oublier que nombre d’entre elles lui ouvraient les portes de chambres à coucher. Bref, concernant les commandes spécifiques des clients de la boutique, l’antiquaire contacterait Lukaz le moment venu, lui laissant un délai raisonnable pour confirmer ou non l’action. Cela lui permettrait au moins de faire un premier repérage du lieu à cambrioler, histoire de s’assurer que tout se passerait bien. Ensuite, il n’aurait plus qu’à récupérer la marchandise avant de l’échanger contre son argent dans un lieu neutre qu’il pouvait choisir lui-même. Que demander de plus ?
« Vous supposez bien. Je n’ai rien à redire à tout cela. »

Attrapant la carte de l’antiquaire, Lukaz l’écouta parler de leur deuxième arrangement. Jace acceptait visiblement de coucher avec lui en échange de certains objets précis, ce qui ne pouvait que faire sourire le Français. Il était bien sûr libre de refuser toute proposition, mais vu la récompense qu’on lui proposait, il était évident qu’il allait faire de son mieux. Il commença d’ailleurs même par lui noter sur un papier une première commande, un chandelier en or décoré. Il fallait avouer qu’il était plutôt rapide pour sauter sur l’occasion ! Mais tant mieux ! Après tout, plus vite s’était fait, plus vite ils s’amuseraient ensemble. Lukaz le regarda griffonner une description de l’objet et l’adresse où il pourrait le trouver, puis son regard fut happé par celui de Jace. Il l’écouta distraitement avant de répondre à son tour. « En effet, je dois avouer que vous êtes quelqu’un de surprenant… Mais je n’y vois rien de dérangeant, bien au contraire. J’aime les gens comme vous et il est dommage que ces personnes soient si rares. » Lukaz prit alors le stylo et le calepin afin d’indiquer son numéro de téléphone, seul moyen pour le contacter. « Voici le numéro où vous pourrez me joindre. Considérez déjà que votre première commande est acceptée. Il me faudra sans doute quelques jours pour me renseigner sur les lieux à visiter, mais une fois cela fait, une nuit suffira à récupérer votre objet. Vous pourrez ensuite l’avoir des le lendemain. Et à partir de là, nous nous arrangerons pour ma réponse… » Lukaz afficha un beau sourire sur ses lèvres, glissant même sa langue dessus. « Je dois dire que j’apprécie vos compliments et je saurais vous montrer que vous êtes encore très loin de la vérité… C’est peut-être arrogant, présenté comme ça, mais vous serez vite fixé. Bref, je vous laisse aussi vous arranger pour les quinze mille dollars. Vous me contacterez quand je pourrais les récupérer. Je vous fais confiance à ce niveau. » Récupérant son sac, Lukaz se prépara à partir pour rentrer chez lui, mais il reprit malgré tout la parole. « Dernier point… Selon la manière dont se passera notre premier arrangement, sachez que vous pourrez gagner un bonus. Vous avez mon numéro et vous pourrez donc me contacter lorsque vous souhaiterez certains services de ma part… Gratuitement, cela va de soi. Sur ces belles paroles, je vais vous laisser. Encore merci pour tout… Jace. » Souriant une dernière fois, Lukaz fit demi-tour et se dirigea vers la porte de la boutique, décidé à rentrer chez lui.

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Trésor du passé ou mauvaise blague ?

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