La vérité toute nue [PV Theo]

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MessageSujet: La vérité toute nue [PV Theo] Lun 21 Mar - 19:50

    Ca faisait maintenant pas mal de temps qu’elle avait bien repéré les lieux. Elle avait presque son bar attitré, un lieu discret avec assez peu de fréquentation où elle pouvait aller sans se demander si quelqu’un n’allait pas la bousculer et se retrouver terriblement brûlé. Elle prenait souvent la même chose selon l’heure de la journée. Si c’était le matin, un thé, dans l’après midi, un chocolat chaud si il faisait froid et une boisson fraîche si ça s’était radoucit et le soir, du whisky, écossais s’il vous plait. Elle avait finit par réussir à établir des habitudes qui lui rendaient la vie assez facile. La boutique n’était pas excessivement fréquentée mais les prix élevés que permettait son commerce lui offraient une vie relativement confortable pour son niveau de vie.

    Elle n’avait pas vraiment d’amis et ne fréquentait assidûment aucune personne mais elle ne s’épanchait pas sur le problème outre mesure : elle était nouvelle, elle était mutante et elle était horlogère ; trois raisons qui pourraient largement expliquer le fait qu’elle n’ai encore aucun cercle d’amis. Ses connaissances du pays l’avaient appelés plusieurs fois histoire de se renseigner sur son état et surtout pour constater qu’elle était vraiment partie et que ce n’était pas un coup de tête comme ça et qu’elle n’allait pas revenir dans les mois qui venaient. Elle avait eu indirectement des nouvelles de son père qui se morfondait sur le canapé en râlant, pour changer.

    Finalement, repartir de zéro, ça avait été assez compliqué mais elle se rendait compte qu’aujourd’hui elle préférait largement être ici que là bas. Déjà, elle n’avait plus à subir le regard écœuré de la voisine qui la dévisageait à chaque fois qu’elle rentrait chez elle et qui ne manquait pas une occasion pour leur cracher dans le dos avec sa langue de vipère ; elle avait quitté l’école et ses camarades fort peu conciliants avec une nana qui aurait pu leur ruiner tous les montages d’un simple contact physique ; elle n’avait plus à s’occuper de la paperasse de son père comme si il avait 90ans et qu’il était sénile (ce qui, d’un point de vu psychologique n’était pas loin de la vérité) ; elle n’avait plus à aller faire ses courses dans l’épicerie du quartier où le tenancier ne lui rendait pas la monnaie dans le creux de la main mais sur le comptoir en évitant son regard comme si elle pouvait lui envoyer des jets d’acide avec les pupilles. Ici, personne ne la connaissait et tant qu’elle ne faisait pas de vagues, tout allait bien. Et comme Leah n’était pas le genre caïd à vouloir faire sa loi, ça ne devait que bien se passer.

    C’est ainsi qu’avec un optimiste à toute épreuve (presque) elle sortit de chez elle à fin de se rendre à un petit cinéma d’art et d’essai à quelques pâtés de maisons de chez elle. Elle n’avait pas choisit les films indépendants et le cinéma d’auteur par passion inavoué mais surtout par praticité. Dans les grands cinémas on y croise énormément de gens, des foules étouffantes, la mettant mal à l’aise et lui provoquant à l’occasion, de la panique. Et comme c’était très mauvais pour elle comme pour toute personne possédant une peau, elle évitait soigneusement ce genre d’endroit. Elle avait acquis une sorte de don pour trouver les ruelles les moins empruntées, les magasins où il n’y aurait que les paumés du quartier pour venir, les cinémas ou les musées oubliés que plus personne ne visitaient. Moins de personnes, moins de stress et aussi, plus petits bâtiments donc la sortie était plus facilement atteignable si un accident arrivait.

    Non mais franchement vous avez déjà vu ces grands cinémas dans ces foutus mall ? C’est immense et pour en sortir il faut bien passer par quinze portes et encore, une fois sortis, il faut retraverser tout le centre commercial… C’était le vrai cauchemar de la jeune femme et pour rien au monde elle n’irait dans un endroit pareil. Elle préférait largement la petite ruelle sombre et vide dans laquelle elle venait de s’engouffrer. Elle avait remarqué que c’était surtout là où on s’y attendait le moins qu’on voyait de très belles choses. Du point de vue architectural ou simplement un paysage, elle n’avait que très rarement été en contemplation dans une rue bondée de monde ou sur une place pleine de gens. Amateur des films à frisson, elle se plaisait à imaginer des aventures diverses et variées dans des endroits aussi étranges que magnifiques.

    Bon, la ruelle où elle était n’était pas un chef d’œuvre mais ses rues arrondies lui donnaient des airs de ruelles de Londres où les vampires avaient coutume de se balader. Mais ce soir, ce ne fut pas un vampire qu’elle croisa même si d’un certain point de vue, il ponctionnait ses victimes. Vous savez, c’est le genre de truc dont on a peur toute sa vie. On s’imagine héroïque et plein de fougue pour parer au problème. Dans notre tête tout se déroule sur un fond de musique d’aventure, il y a des plans en contre-plongée sur notre visage sérieux et décidé, des suivies pour la course poursuite et à la fin, le monde est content et vous êtes loué pour votre héroïsme et votre courage… Mais dans la vraie vie je peux vous jurer que c’est nettement moins romantique.

    D’ailleurs le type qui arriva n’avait pas la fibre des grands criminels qu’on pourrait imaginer dans des films classiques de gangsters. Eux au moins ont un petit peu de classe, de charme… Ils sont souvent polis, ils ne bégayent jamais et n’ont jamais peur de rien même si leur pire ennemi est sur le point d’exploser leur cervelle avec un revolver. Non, celui-la, il avait repéré une jeune femme seule dans une ruelle et avait décidé que ce soir, il allait rentrer avec un peu d’argent et pourquoi pas, des bijoux. Seulement il ne savait pas à ce moment précis qu’il rentrerait avec des morceaux de peau en moins plutôt.

    Mais pour l’instant nous n’en sommes pas là. C’est donc dans une ruelle sombre où très peu de personnes passent qu’il a repéré sa future victime. Le pistolet dans la poche, il l’attend près d’un renfoncement du mur et se tient près à la bloquer. Ses pas résonnent sur le pavé, assuré et confiant. Il sort soudain de l’ombre et bloque Leah qui pense d’abord qu’il a juste manqué de lui rentrer dedans et se décale à droite pour passer quand même mais l’homme esquisse lui aussi un pas. Il la regarde dans les yeux et tente de sortir un truc de sa poche mais la fermeture éclaire semble retenir le dit objet. Leah regarde le visage de l’homme qui commence à paniquer et finalement elle baisse les yeux vers la poche et semble voir le profil d’une arme. Ha merde. Elle prend une grande inspiration et saute sur le côté pour s’enfuir mais le type ayant abandonné l’idée de réussir à sortir son pistolet dans un tel état de stress se dit que ce serait con de la laisser partir pour qu’elle aille tout raconter à la police alors qu’il ne lui avait rien volé du tout, et tente de lui sauter dessus. Mais finalement il ne réussit qu’à lui attraper le pantalon. Leah tomba à la renverse, elle se sentait déjà paniquer et angoisser. L’homme la tira vers lui avant de remarquer que le tissu glissait étrangement dans ses doigts. Il n’y fit pas attention (dommage) et attrapa le mollet de la femme avec les deux mains.

    C’est à ce moment qu’une douleur foudroyante lui traversa les mains jusqu’à ses avant-bras. Il tenta de lâcher prise mais il avait presque l’impression d‘être scotché à la peau de Leah. La peau, car ses vêtements commençaient à se désagréger à plusieurs endroits. Constatant cela, l’horlogère commença à réellement paniquer. Elle entendit alors les cris de l’homme et se rendit compte qu’il lui avait touché le mollet. Elle dégagea sa jambe en la tirant vers elle. Un gros « scratch » se fit entendre et les hurlements redoublèrent d’intensité. La ruelle avait beau être déserte, elle n’était pas loin de quelques coins de passages et le boucan que faisait le voleur ne ferait qu’attirer l’attention. Et à cette pensée, le stress de la jeune femme grimpa encore d’un cran. Dans sa tête, une petite voix lui disait de se calmer car sinon elle allait réellement devenir dangereuse. Seulement, ses premiers vêtements n’étaient déjà plus que des tâches vertes sur le sol qui consumaient le trottoir et son manteau commençait déjà à doucement disparaître. Alors qu’elle essayait de se relever sur ses pieds nues sans glisser sur le sol, elle entendait des gens arriver, attirés par les cris de détresse du voleur.

    La jeune femme regarda vite autour d’elle et vit une petite ruelle menant à une allée passant entre des jardins. C’était à peu près le seul chemin vide et où elle pourrait s’isoler et se calmer. Elle aurait bien voulu rentrer chez elle mais il y avait trop de routes jusqu’à son appartement pour faire « ça » toute nue et angoissée, donc en sécrétant toujours son acide. Elle courut donc à travers les petites allées qui partaient dans un petit et étroit dédale sombre. Les lumières publiques avaient du mal à filtrer entre les bâtiments. De l’eau, il fallait de l’eau. Sinon ça ne partirait pas avant un moment. Mais pourquoi il ne pleuvait jamais quand c’était utile dans ce monde pourri ?

    Finalement Leah trouva un coin à peu près isolé au fond de la ruelle dans une sorte de jardin d’une maison abandonnée. Au moins elle ne causerait de dégâts à personne vu qu’elle était vide. Elle y entra et finalement elle trouva une cabanette presque totalement détruite avec quelques bâches sur le sol. Elle allait attendre là que la situation se tasse avant de chercher un peu d’eau histoire d’enlever tout ça et après… Et après elle improviserait. Mais là tout de suite, elle ne savait pas vraiment où aller à cette heure, nue, pour trouver des habits ou quoi que ce soit pour se couvrir le temps qu’elle rentre chez elle. Elle pouvait bien toquer à une porte quelconque et essayer de broder une histoire à la con mais elle n’avait pas envie pour l’instant. Pour l’instant, elle voulait juste attendre, que tout se calme, que ce type arrête de hurler, que les bruits lointains de gens s’attroupant se dissipent, que ce connard qui l’avait provoqué parte en ambulance pour brûlures au troisième degrés et qu’ils partent tous…

    Elle ne savait plus vraiment combien de temps était passé depuis qu’elle avait fuit « le lieu de son crime » mais finalement les bruits se tassèrent légèrement. Leah avait réussit à maîtriser à peu près son angoisse et elle avait réussit à respirer normalement. Elle était recroquevillée dans le petit cabanon à attendre elle ne savait trop quoi pour sortir. En Écosse les rares fois où ça lui était arrivé elle avait toujours trouvé comment faire sans que ça paraisse trop suspect ou alors elle avait appelé son père. Là, elle n’avait strictement personne à appeler et personne qui viendrait la chercher en constatant son absence. Finalement, elle qui pensait que la vie en repartant de zéro était géniale, elle venait d’en avoir la preuve en plein dans la tronche. En plus, son sac devait reposer dans la ruelle où elle avait laissé l’autre bonhomme entrain de hurler. C’était foutu… Il y allait avoir la police et ils allaient voir qui elle était en fouillant simplement ses papiers. Elle allait certainement aller en prison pour blessures graves et elle aurait beau objecter qu’elle n’avait rien fait au départ et que c’était accidentel (et que si ce connard ne l’avait pas attaqué, rien ne se serait passé), rien n’y ferait, elle serait de toute façon coupable dès le départ.

    Soudain, la jeune femme fut alertée par un bruit. Apparemment c’était des bruits de pas. Quelqu’un l’avait suivit ? Avec l’œil on pouvait en effet voir le liquide visqueux vert sur le sol, conduire jusqu’à la cabanette. La panique reprit le ventre de la jeune femme qui voulut se raisonner doucement mais l’agitation de la scène précédente était encore trop présente dans sa tête. Les pas se rapprochèrent encore et son angoisse grimpa encore d’un cran. Elle ne voyait rien mais elle sentait l’acide se reformer sur sa peau. Comme ça, on pourrait penser à un liquide inoffensif mais lorsqu’il atteignait la bâche ou le bois, un long « chhh » qui empirait encore plus sa situation. Alors que la personne se rapprochait, la jeune femme finit par dire, de sa voix mal assurée et inquiète :


    Attendez, vous approchez pas c’est dangereux ! S’il vous plait.

    Recroquevillée sur elle-même elle leva doucement la tête. Ses cheveux poisseux s’étaient collés sur son visage aussi dangereusement humide. Elle n’avait pas envie de bouger et risquer d’encore une fois tout détruire. Elle avait un sentiment assez partagé par rapport à cette personne qui approchait. Elle avait d’une part envie qu’elle vienne, qu’elle la voit et éventuellement l’aide à être plus décente, même si elle finissait en prison ; et elle avait aussi peur qu’elle n’aggrave toute la situation en se retrouvant blessée ou qu’elle ne blesse aussi Leah. Ce n’était pas parce qu’elle pouvait avoir de l’acide lui coulant sur la peau sans rien sentir qu’elle n’était pas sensible aux autres violences. A présent aussi, elle commençait à ressentir le froid. Il y a plusieurs minutes, elle était tellement prise dans l’euphorie de la panique qu’elle n’avait pas eu le temps d’y penser. Mais maintenant, elle se sentait seule, frigorifiée, effrayée et honteuse… Elle haïssait les soirées cinéma…

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Theo Paradise
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [PV Theo] Ven 25 Mar - 0:49

Les missions de nuit avaient sa préférence. Il n'était jamais fatigué la nuit, jamais abattu. C'était son monde, lorsque la lumière avait déserté le ciel et saupoudrait sur Achaea son manteau ténébreux. Il se sentait bien dans l'ombre ; il préférait vivre avec la lune, quand tout le monde dormait et que la ville revêtait ses habits nocturnes. A sa mémoire, cela avait toujours été ainsi. Theo, globalement, préférait les activités de nuit et se levait rarement avant 15 heures de l'après-midi, lorsqu'il ne travaillait pas. Ses sorties étaient de nuit, ses épanchements aussi. Il y avait un certain soulagement à se dissimuler ainsi dans l'obscure clarté qui tombe des étoiles ; il se cachait, ombre parmi les ombres, et évoluait dans une atmosphère qui lui collait à la peau. La lumière du jour éclairait trop la réalité somme toute écoeurante, et son quotidien pas très reluisant non plus.

Enfin, ce n'était pas très important. Il n'était évidemment pas à la base lorsqu'on l'avait contacté, par le biais d'une ligne ultra-sécurisée. Theo traînait négligemment en ville, comme bien souvent, réfléchissant encore à ce qu'il pourrait faire de sa soirée et roulant allègrement au-dessus des limites de vitesse sans jamais s'en soucier. A dire vrai, il s'ennuyait, et il avait vaguement songé à l'idée d'aller terminer sa nuit dans une des boîtes de nuit ringardes de la ville lorsque son téléphone avait sonné.

Il avait pris son temps pour décrocher, bien qu'il aurait pu activer immédiatement son téléphone. Il faisait toujours ça. Lorsqu'il avait compris qu'à l'autre bout du fil se tenait un supérieur passablement irrité de l'Opération, il avait tâché de paraître un peu plus sérieux sans résultat probant. Il s'agissait d'une urgence ; un humain avait été gravement blessé dans le centre-ville d'Achaea par un Mutant qui sécrétait de l'acide verdâtre relativement dégueulasse. Le pauvre type avait la moitié des bras complètement rongé par le liquide extrêmement corrosif, et était actuellement transporté à toute berzingue à l'hôpital le plus proche. Il convenait à l'Opération Apocalypto d'aller faire le ménage dans les rues, et en cette heure tardive qui dérogeait complètement à l'emploi du temps des agents, c'est Theo qui avait été désigné pour traquer la méchante bestiole à l'origine de toute cette merde.

Il avait raccroché avec un sourire impétueux.

Heureusement pour lui, une nouvelle dérogation allouée aux chasseurs les obligeait à toujours avoir leur uniforme et leur équipement à portée de main. Pour les cas comme celui-ci, évidemment, où un petit passage tranquille à la base n'était pas vraiment requis. Theo, pourtant pas fanatique des règles et de la hiérarchie, avait trouvé cet ordre bienvenu, et avait disposé son attirail dans le minuscule coffre de son coupé. Il s'était arrêté non loin de la zone de l'incident, là où résonnaient encore quelques cris étouffés et le ronronnement lointain de l'ambulance qui filait dans les rues sombres. Et le chasseur s'était changé en vitesse, enfilant ses mitaines de cuir et ses grosses rangers, accrochant les holsters de ses armes à sa taille de jeune homme ; et puis les genouillères, les lunettes, le casque. Uhm, non, pas le casque. Theo avait pris un soin tout particulier à se coiffer ce soir, et il ne tenait pas à ruiner ses efforts en aplatissant sa chevelure aérée. Il balança l'objet sphérique dans son coffre qu'il referma silencieusement, armant son arme principale avec un rictus carnassier. L'adrénaline montait lentement à son cerveau, engourdissant son corps souple et réactif. La métamorphose était tout de même effarante et les différences surprenantes lorsque l'on comparait le gosse de riche et l'infâme traqueur qu'il était devenu en à peine quelques secondes. Pourtant, l'arrogance de ses traits juvéniles contrebalancés par les quelques poils épars sur son menton - barbe de quelques jours - était toujours la même. Consternante, mais bien égale au Theo Paradise que quelques malheureuses personnes de cette ville connaissaient.

Il s'enfonça dans la ruelle à sa droite. Il ne tenait pas son arme en joue, fort de la certitude qu'il ne risquait pas grand chose. Sa démarche était féline, inaudible ; et pourtant il avançait vite avec une confiance renouvelée à chaque pas. Vraiment, il n'exerçait pas le métier le plus ingrat du monde. Les missions en équipe le gonflaient prodigieusement, surtout lorsqu'il était flanqué d'incapables ou de supérieurs un peu trop enflés de testostérone. Avec un brin de nostalgie, il repensa à ses escapades avec ce brave Winchester, et se dit que cette fois, sous le couvert de la nuit qu'il idolâtrait tant, le résultat serait complètement différent. Il aurait l'occasion de briller en solitaire, et il adorait cette idée.

Theo ralentit lorsqu'il arriva au centre de la ruelle. Sur le sol, évasivement éclairé par un lampadaire lointain, il distinguait une trace de sang rougeâtre, pas encore tout-à-fait séché. Cela le conforta dans son indicible aplomb et il était désormais certain que son ennemi ne devait pas être loin. Ses yeux olivâtres cherchèrent encore sur le bitume humide, jusqu'à tomber sur les traces d'acide. Il se pencha quelque peu pour examiner la consistance de cet étrange liquide qui bullait tranquillement, faisant fondre le sol à divers endroits dans un gargouillement de mauvaise augure. Il y avait aussi des lambeaux de vêtements brûlés, disséminés ça et là. Mais aucun bruit, rien. Theo grimaça en imaginant l'agression qui avait du se dérouler à peine quinze minutes auparavant ; sûr qu'il ferait passer un très mauvais quart d'heure à l'ignominie de la nature qui avait pu faire ça à un humain innocent.

Par mesure de précaution, il retira le cran de sécurité de son arme et suivit la trace de l'acide qui formait comme un fil d'Ariane sur le sol inégal. Le travail était pré-mâché, il n'avait qu'à suivre la ligne de petites bulles verdâtres qui slalomait entre les pavés dessoudés pour arriver à sa proie. Vraiment, les Mutants pourraient avoir un peu plus d'imagination quand il s'agissait de se cacher, non ? C'était presque trop facile. Theo avançait calmement, s'enfonçant dans les méandres sombres de la rue qui se divisaient en venelles et en chemins résidentiels. Face à lui, une grande masure abandonnée, insalubre. Très glauque, en somme. La traînée d'acide traversait pourtant la cour, jusqu'à une espèce de pauvre cabane perdue au fond du jardin. Le son des rangers sur le sol était comme un tam-tam lancinant, inquiétant ; une sorte de compte à rebours qui lui plaisait particulièrement. Bam. Bam. Sonnant le glas, Theo leva un peu plus haut son arme, le corps tendu et concentré, prêt à l'action. Il fit mine de rabattre la visière de son casque devant son visage, histoire d'éviter un jet d'acide qui aurait pu le défigurer, mais ses doigts ne rencontrèrent que le vide et la texture douce et soyeuse de ses cheveux. Et merde. Pas de casque, il avait oublié ce léger détail. Mouais, il pouvait parfois être con.

Il était très proche de la cabane, mais complètement submergé par l'obscurité de la nuit lorsqu'une voix féminine éclata. Theo s'arrêta immédiatement, les yeux ronds et remplis d'incrédulité. La supplique apeurée ne déclenchait pas en lui une soudaine poussée de pitié ou de galanterie, non - il ne fallait pas non plus rêver. Il ne s'attendait tout simplement pas à ce que son ennemi soit une femme et avait du mal à imaginer une créature du sexe faible cracher des torrents d'acide par il ne savait quel orifice. Cela renouvelait complètement son image de la situation, il devait bien se l'avouer. Il s'attendait à violenter un pauvre mec et à le foutre très vite dans sa voiture, direction la base de l'Opération, histoire de se défouler quelque peu ; au lieu de ça, il allait devoir escorter une donzelle dangereuse sans pouvoir lever la main sur elle. (Theo n'était pas vraiment fana de la violence sur les femmes, ce qui aurait rallongé sa liste interminables de défauts communs ou saugrenus, en tout cas tous très agaçants. Il n'avait jamais levé la main sur une femme, sauf sur des Mutantes hostiles au cours de quelques missions, et il ne tenait pas à commencer maintenant, surtout quand son adversaire le suppliait ainsi.) Au vu de sa voix, de sa demande de ne pas l'approcher, elle n'avait pas l'air franchement dangereuse. Son héroïque mission remplie de bagarres et d'adrénaline ne serait pas pour ce soir, malheureusement.

Theo, sans baisser son arme directement pointée sur la cabane, dont il ne pouvait pas distinguer ni l'intérieur, ni l'occupante, saisit de sa main libre la petite lampe torche accrochée à sa ceinture, et la dirigea vers le minuscule abri plongé dans la pénombre. Il l'actionna brusquement.

Très franchement, il ne savait pas comment prendre la vision qu'il eut soudain sous les yeux. La lumière violente de sa lampe enluminait une pauvre femme, recroquevillée à l'intérieur de la cabane. Nue. La bouche de Theo s'ouvrit légèrement tandis qu'il laissait ses yeux voyeurs faire l'examen de cette nudité vulnérable, et il se dit que finalement, ce n'était peut-être pas le Mutant recherché. Il s'avança, un sourire zébrant son visage moqueur, sans jamais détourner l'aveuglante lumière de la jeune fille.

Il s'apprêtait à ouvrir la bouche, à proposer son aide à cette âme perdue, songeant qu'elle avait du également se faire agresser - peut-être qu'il pourrait profiter de son statut de sauveur, héhé. Puis soudain, il fronça les sourcils et plissa ses yeux de jade. La jeune fille semblait... étrangement humide. Ses cheveux collaient à son visage moite, et d'ordre général, elle suintait. Le tracé de l'acide sur le sol menait directement à elle, et il pouvait voir les bâches sur lesquelles elle était prostrée fondre lentement et en silence. C'était bien elle, la Mutante responsable de l'agression. Qu'elle soit ainsi livrée sur un plateau d'argent, et dans le plus simple appareil, fit monter à l'esprit de Theo des idées pas très catholiques, mais il tâcha de se réfréner. Pourtant, son sourire conquérant étirait toujours ses lèvres, et lorsqu'il s'adressa enfin à elle, son ton était largement railleur.

- " Ceci est une intervention, je vais vous demander de vous lever lentement et de mettre les mains derrière la tête. Toute tentative de fuite ou d'attaque se soldera par une balle dans votre belle petite tête."

Theo ne pouvait pas s'empêcher de ricaner intérieurement à l'idée de faire lever cette pauvre fille. C'est vrai, c'était un comportement bête et méchant, et elle aurait certainement honte de mettre les mains derrière la tête alors qu'elle était nue et éclairée par une vive lumière. Mais la situation présentait trop d'avantages cocasses à ses yeux, il ne pouvait pas passer à côté de ça. Ignorant toute remarque ou plainte de la part de cette fille, il s'avança encore vers elle pour mieux l'examiner à la lumière de sa lampe, prenant garde d'éviter les petites flaques d'acide qui jonchaient le sol. Ce n'était tout de même pas sa faute s'il ne pouvait pas se charger lui-même de la tenir et de la conduire à sa voiture, n'est-ce pas ? Il n'allait pas ruiner ses gants et se blesser les mains, tout de même, par pour elle. Theo se perdit un instant dans la prévision du lendemain, lorsqu'il raconterait cette sympathique anecdote à ses collègues masculins - il croyait déjà entendre les rires rauques et certes un peu bovins qu'il allait déclencher.

L'image des cheveux blonds, du visage discret de la jeune fille raviva quelque chose dans sa mémoire, quelque chose d'assez impalpable mais d'étrangement familier. Il fouilla dans ses souvenirs pour tenter de se rappeler de cette Mutante - était-elle recherchée ? en fuite ? - jusqu'à ce qu'il se rappelle enfin où il l'avait vu. C'était une certaine MacAlister, il n'avait aucune idée de son prénom, mais elle faisait partie des rares Mutants qui oeuvraient pour l'Opération Apocalypto de leur plein gré. Elle servait d'objet d'étude pour les chercheurs et se pliait très volontiers à toutes les expériences que l'on pouvait pratiquer sur son organisme hors-norme, aussi étonnant que cela puisse paraître. Elle lui faisait un peu penser à Leeloo Littleton, finalement, en moins soumise sans aucun doute. Mais là, elle avait merdé. Ah. Hé bien la chère petite n'allait plus être dans les petites papiers de l'Opération très longtemps si elle se mettait à agresser ainsi les humains.

Theo détourna quelque peu la direction de sa lampe et baissa son arme. Il savait qu'il ne courait aucun danger face à elle, qu'elle n'était pas hostile ; et l'idée de l'humilier alors qu'elle était nue ne lui était plus aussi plaisante. C'était en quelque sorte, uhm, une alliée. Cela ne l'empêcha pas de ricaner ouvertement tandis qu'il accrochait sa lampe à sa ceinture pour ne plus avoir à la tenir, et qu'il retirait lentement son gilet pare-balles sans la quitter des yeux. Certes, cela pouvait être effrayant, hein ? De le voir se déshabiller ainsi, on pouvait honnêtement s'effrayer et se poser des questions sur ses véritables intentions. L'agneau se transformait-il en loup ?

- " Je crois que j'ai affaire à MacAlister, uhmm ? L'Opération ne va pas être très contente de toi, ma jolie." souffla-t-il d'une voix basse et doucereuse.

Il lâcha négligemment son gilet sur le sol, puis sa veste d'uniforme, révélant en-dessous une chemise blanche éclatante à la coupe moderne. Tout son petit effeuillage n'était pas très facile avec la main prise - il tenait toujours son arme, on ne savait jamais - mais il réussit finalement à déboutonner sa chemise sans la quitter des yeux, en surveillant ses mouvements (il FALLAIT qu'elle se lève). Avait-elle peur ? Il pouvait se l'imaginer, oui. Donnait-il vraiment l'air d'une sorte de pervers sexuel, d'un violeur de l'Apocalypto qui profitait des pauvres Mutantes qu'il traquait ? Ce serait bien bête de sa part d'espérer poser les mains sur la peau de cette fille, en tout cas... Il crut donc bon de préciser :

- " Pas de panique, je ne compte pas poser mes mains sur toi."

Theo avait été volontairement cinglant et sardonique, pour instaurer cette peur, ce fossé qu'il tenait à mettre en évidence et qui existait entre eux, qu'elle en soit consciente ou non. Il lui tendit finalement sa chemise d'un mouvement lent et lâche, par crainte de la voir cracher une giclée d'acide.

- " Passe ça. Et t'as intérêt à pas la bousiller, c'est une Armani. Active-toi !"

Si MacAlister lui faisait comprendre qu'elle suintait encore trop d'acide pour ne pas détruire sa belle et précieuse chemise, ce serait tant pis pour elle. Il n'allait pas s'incommoder de sa mièvre galanterie très longtemps, et humiliation ou non, il la forcerait à se balader à poil dans les rues jusqu'à sa voiture. C'était une Mutante, après tout, et il était déjà surprenant qu'il fasse ce geste pour elle. L'air du soir commença à attaquer sa peau et ses muscles se contractèrent pour réprimer un frisson qui n'aurait pas été très viril. Sur son visage de gamin revanchard s'étalait toujours une froide et cruelle ironie et il n'avait pas l'air gêné outre-mesure d'être désormais torse nu face à elle. Telle l'acide qui coulait des pores de Leah, l'effronterie et le dédain transpirait par tout son corps dont il était très fier - et qui, après tout, n'avait pas de quoi lui faire honte, uhm ?

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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [PV Theo] Lun 28 Mar - 19:10

    Alors qu’elle venait de parler à cet inconnu qui s’approchait dangereusement de la cabanette où elle était, une lumière l’aveugla totalement. Elle fit barrage avec ses bras et se recroquevilla encore plus contre le mur en bois. L’acide était nettement moins agressif une fois qu’elle avait arrêté de le sécréter. Il s’agglutinait et finissait par se solidifier lentement. Mais pour autant, il ne perdait pas entièrement ses propriétés. Il était toujours un peu corrosif mais il s’arrêtait au bout de quelques heures. Bien trop long pour régler le problème tout de suite maintenant. Depuis le temps, la jeune femme avait apprit à connaître sa capacité pour le moins perturbante. Ainsi, elle savait que là, sous le coup de la surprise, elle aurait bien pu envoyer des jets d’acides avec ses bras et blesser le visiteur qui ne s’était pas encore annoncé. Heureusement, elle était tellement chamboulée et perturbée, qu’elle n’avait pas eu une si grosse surprise que ça. La peur était une sorte de drogue qui l’entravait légèrement dans ses mouvements. Lorsqu’elle leva ses yeux pour apercevoir la personne qui était là, elle découvrit un jeune homme. Il ne devait pas être plus vieux qu’elle mais il avait un visage incroyablement jeune, presque poupon. La situation le faisait sourire.

    Ce n’était clairement pas la première fois qu’elle se retrouvait comme ça, vulnérable et dans l’incapacité de rejoindre une quelconque cachette où se laver et se rhabiller. Les gens avaient d’abord un réflexe de sourire avant de se poser d’autres questions et d’en venir à une mine grave et pleine de pitié. M’enfin, elle avait tellement de fois acidifié ses vêtements qu’elle en avait finit avec la honte d’une telle tenue. D’ailleurs, c’était pour ça qu’elle achetait les choses qui lui plaisaient en plusieurs exemplaires. Les commerçantes étaient souvent perplexes et l’interrogeaient du regard mais elle n’avait pas à leur répondre à elle. Et ce type en ce moment, il avait une tête très bizarre. Enfin, pas sa tête. Il portait une uniforme qui lui rappelait soudainement quelque chose de très clair dans son esprit : apocalypto. Forcément, quand y a du grabuge avec des mutants, c’était toujours les premiers sur place et pour le coup, elle n’était plus très très contente de voir un agent de la maison.

    Quand elle s’y rendait de plein grès et qu’elle subissait avec un sado-masochisme empreint de sa honte à propos de sa condition, ça lui allait parfaitement. Certains mutants qu’elle avait croisé jusque là avaient essayés de l’en dissuader disant qu’elle apportait la honte à toute sa communauté et qu’elle devrait plus tôt essayer d’obtenir des droits égaux pour eux, mais pour elle, c’était illogique. Ils faisaient du bazar, ils étaient punis et c’était aussi simple que ça. Et là, même si elle n’avait rien fait pour en arriver là, elle avait quand même merdé. Elle aurait du se dérober plus facile. La faute à une forme physique qu’elle n’entretenait pas plus que ça. Et si le type avait sortit son pistolet plus vite, elle lui aurait aussi plus vite donné son portefeuille et ils en seraient restés là. La faute aux circonstances et à une chance qui la quittait atrocement à cette heure-ci.

    Finalement, la voix de l’homme s’éleva, empreinte d’une lueur de raillerie. Il entama le refrains de base de tout agent d’apocalypto confronté à un suspect et lui demanda de se lever et de mettre les mains derrière la tête. Il précisa ensuite que si elle essayait de fuir elle se prendrait une balle dans la tête. Trop chouette, en plus d’être tombée sur un agent de l’ordre, il faisait exagérément du zèle. Si elle avait voulu l’attaquer ce n’était pas ses mains qui seraient dangereuse mais bien elle tout entière. Et puis qu’est ce que ça changerait qu’elle ai les mains hors de portée pour le moment ? Aucun doute que l’homme voulait tirer partit de la situation et bien se marrer. Trop chouette, elle essayait de faire des efforts pour faciliter la recherche des chercheurs de l’organisation et on le lui rendait en l’humiliant. Alors qu’elle allait se lever, il s’avança encore un peu ce qui la bloqua légèrement.

    Elle avait perdue depuis longtemps sa pudeur face aux autres mais dans cette situation où elle était manifestement en position de soumission, ça prenait une tout autre dimension. Elle n’aimait pas que cet homme fasse du zèle comme ça et n’arrivait pas à comprendre qu’il prenne plaisir à la mettre mal à l’aise. Elle était bien une mutante et pour cette raison, elle ne méritait pas de sympathie particulière de sa part mais un peu plus de considération quant à son état l’aurait un peu déridé. Même si elle était animée d’une bonne volonté et qu’elle n’allait pas essayer de se dérober, elle devint légèrement plus électrique. Mais elle essayait de se raisonner vainement car si elle commençait à s’énerver ou stresser, elle pourrait encore sécréter de son poison et cette fois, ce serait largement plus grave sur un policier que sur un simple voleur à la con. Il détourna finalement sa lampe torche, permettant en même temps à la jeune femme de se reposer de ce rayon violent. Elle mit quelques secondes avant de réussir à voir correctement dans l’obscurité ambiante. Le type baissa aussi son arme qu’elle remarqua à peine. Ayant été aveuglée, elle ne l’avait pas vu mais elle s’en doutait légèrement. Il finit par légèrement ricaner en accrochant sa lampe torche à sa ceinture. Puis il ôta son gilet pare-balle en la regardant. La femme le regardait en fronçant légèrement les sourcils, toujours assise. Il reprit la parole en l’appelant par son nom. Oui, il devait avoir vu son dossier ou alors il l’avait croisé dans les laboratoires. Il continua en disant que l’opération n’allait pas être très contente d’elle. Il l’appela « ma jolie ». Ce n’était pas une expression qu’elle aimait entendre dans la bouche de n’importe qui et encore moins avec un mec qui l’avait pointé avec sa lampe torche et son pistolet quelques secondes plus tôt.

    Il enleva ensuite sa veste d’uniforme. N’aimant pas très bien ce qui se déroulait devant elle et sa position assise ne lui permettait pas d’avoir une vue d’ensemble ou la capacité à se tailler si ça tournait au vinaigre. Elle se leva lentement tentant vainement de cacher sa nudité. Elle sentait l’acide de solidifier sur sa peau. Il fallait de l’eau pour ne pas qu’elle blesse encore plus les gens. L’homme tenait encore son arme et si il la voyait bouger, il allait lui tirer dessus. Il finit par enlever sa chemise et se retrouver torse nu. Il voulait quoi ? La tripoter alors qu’elle suintait de l’acide par tous les pores ? Il n’était certainement pas aussi stupide… Il finit par lui dire de ne pas paniquer car il n’allait pas la toucher. Il lui tendit sa chemise d’un mouvement lent, certainement mal assuré au sujet de son intégrité physique. Il lui dit d’enfiler ça et d’y faire attention car c’était une chemise très cher. Elle hocha la tête et leva sa main droite légèrement comme pour lui dire d’attendre.


    Attendez, je dois me passer un peu d’eau dessus… Sinon l’acide continuera de faire fondre tout ce qu’il touchera.

    Et du coup, adios la belle chemise à laquelle il semblait tenir. C’était une chose qu’elle n’avait jamais comprit pour la simple raison que les objets autour d’elle avaient tendance à être très éphémères. Ainsi, une chemise qui cramait, ça ne la bouleversait pas outre mesure. Mais face à un type armé qui pouvait lui attirer un bon nombre d’ennuis si ça lui chantait, ça ne la laissait pas indifférente. Elle remarqua près d’elle un tonneau qui avait gardé un peu d’eau de pluie de la veille sur son couvercle. Un mince filet de ce liquide suffisait à stopper les agents corrosifs. Elle s’approcha légèrement du tonneau et prit un mince filet d’eau dans ses mains. A ce contact, l’acide verdâtre qui résidait sur sa peau sembla s’effiler doucement et disparaître. Elle s’en mit sur les épaules, la poitrine et le dos avant d’enfiler la chemise tendue par l’agent.

    Merci.

    Elle accompagna sa parole d’un léger signe de tête. Après tout, il aurait pu la faire parader totalement nue dans toute la rue et une fois arrivée là où il devait la conduire. Mine de rien, Leah avait été très sage depuis quelques années. A Glasgow, elle connaissait les coins peu fréquentables et les évitait pour ne pas se retrouver dans pareille situation. Les seules fois où elle avait été arrêtée, elle n’avait écopé que de quelques dommages et intérêt ainsi que des remarques peu agréables dans son dossier. Il n’existait pas d’opération aussi étendue dans son pays et par conséquent, elle ne savait pas où cette histoire finirait. Elle n’avait pas vraiment envie de terminer sa vie dans une prison, mais en même temps, elle ne pourrait leur en vouloir. Elle ferma la chemise sur sa poitrine. Elle n’était pas une grande asperge alors du coup le bas de l’habit lui descendait bien sur les cuisses, épargnant ainsi la vision de son intimité et de ses fesses. Dans tout le malaise qu’elle ressentait, elle se sentit un peu soulagée. Elle était très économe en mots et ne voulait pas tout de suite raconté ce qui s’était passé. Elle sentait que si elle essayait de se dédouaner du début de tout ça, elle allait ne paraître que plus coupable. Elle finit par dire dans un souffle, les yeux baissés :

    Désolée pour l’agitation occasionnée.

    C’était le moins qu’on puisse dire, le voleur mettrait beaucoup de temps avant de pouvoir se resservir de ses mains. On pouvait objecter qu’au moins, il ne commettrait plus de délits avant un bon bout de temps, mais voilà, vu la piètre manière avec laquelle il avait abordé la jeune femme, il ne devait pas être l’Al Capone d’Achea. Le pauvre, tomber sur une personne aussi dangereuse pour un petit vol sans importance, c’était pas de chance. Apparemment, à part pour l’agent en face d’elle, personne n’avait de chance ce soir. Mais c’était presque comme l’histoire de toute une vie. Elle n’avait fait que des impaires et devait jusqu’à la fin de sa vie payer pour sa tare génétique. Elle considéra quelques secondes l’homme qui ressemblait vraiment à un gamin fraîchement sortit de l’école de police. Mais c’était peut être (certainement) le cas. Il avait l’air assez précieux et superficiel. Il avait une coiffure soignée et la chemise qu’il lui avait passé prouvait que même si il allait au boulot, il préferait être bien fringué. Le genre de garçon qui n’interpellerais pas du tout la jeune femme habituée, à cause de son métier, à plus croiser les premiers de la classe avec lunette en cul de bouteille et chemises rentrées dans un pantalon levé jusque sous les aisselles. Non pas qu’elle préférait le style nonlife mais elle n’était simplement pas habituée à tomber sur ce genre d’individus. Ils finirent par partir en direction, certainement, du véhicule de l’homme. Ils passèrent à proximité du lieu de l’agression (dans les deux sens, agression de Leah et l’agression de son voleur) et elle vit des traces de sang sur le sol. Cette vision lui serra le ventre. Elle ne savait pas ce que ça faisait de se faire brûler par acide mais pour avoir vu pas mal de gens hurler et s’évanouir sous la douleur, elle pouvait aisément imaginer que c’était une blessure assez insupportable.

    Ils arrivèrent près d’une voiture coupée, soignée, à l’image de son occupant. Pour le coup, elle aurait plutôt crut à une voiture de service de l’opération mais l’homme avait du certainement se déplacer de chez lui, sans avoir le temps de passer par la base avant. Ce détail rajouta pas mal à la culpabilité de la jeune femme. Elle dont le métier était d’aider les gens quand ils se retrouvaient dans une situation inconfortable (bon ok, dépanner une montre ça n’avait pas l’air de grand-chose mais essayer de passer une journée sans regarder l’heure et vous verrez), elle ne supportait pas d’en mettre d’autre dans des situations comme ça. C’était bien son boulot, mais le déplacer pour quelque chose d’aussi bête et en aucun cas héroïque, ça la gênait légèrement. Il la fit monter à l’arrière et ils démarrèrent. Leah était silencieuse et ne disait rien. Si on lui posait des questions, elle répondrait bien entendu et dirait la vérité de toute façon elle n’avait fait de mal que sécréter de l’acide sous le stress qu’elle avait eu. Elle ne chercherait pas à minimiser sa part de responsabilité et elle accepterait les conséquences de toute façon. Leah avait la tête baissée et n’osait même pas regarder par la fenêtre tellement elle avait l’impression que tout le monde la pointait du doigt en l’insultant. Une image s’imposa à elle : des gens du moyen age, torches aux mains entrain de hurler « sorcière sorcière ! » en la poursuivant dans la forêt. A ceci près que elle, s’était rendue sans résistance et sans chercher à se défiler. Quelque chose lui disait qu’elle n’était pas prête de ressortir de si tôt dans la rue, libre.

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Theo Paradise
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [PV Theo] Lun 4 Avr - 15:23

Theo baissa légèrement le bras quand Leah lui demanda d'attendre. Une mine un peu renfrognée fit bouder ses traits, mais il patienta en esquissant un petit mouvement de recul. La demoiselle semblait vouloir laver un peu d'acide de son corps avant d'enfiler sa chemise, ce qu'il ne pouvait qu'approuver. Il se retint donc de faire un petit commentaire perfide et tâcha de détourner la tête pendant qu'elle s'approchait du tonneau et remplissait ses mains en coupe d'un peu d'eau. L'air frais de la nuit continuait de s'attaquer à sa peau, mais Theo restait immobile et tendu, vérifiant de son regard sombre si les rues alentour étaient toujours calmes. Parfois, il laissait glisser ses yeux vers Leah et l'observait se frotter les épaules et la poitrine, suivait la ligne continue de son dos ; mais lorsqu'elle eut fini et qu'elle s'approcha de lui à nouveau, il s'était déjà détourné. Il lui tendit finalement la chemise, avec un peu moins de retenue et tâchant de contrôler son regard baladeur, et la laissa l'enfila tandis que lui-même repassait son uniforme et son gilet pare-balles, sûrement bien inutile ce soir. Alors, la Mutante le remercia en hochant un peu la tête, et il se contenta de l'observer sans un mot, sans une expression. Il ne répondit rien pour la bonne et simple raison qu'il n'avait aucune idée de ce qu'on pouvait répondre à ça. On ne lui disait pas souvent merci (ou peut-être au lit, mais bon...), et surtout pas en mission de la bouche d'une cible. Il songea simplement que la pauvre fille était un peu perturbée et qu'elle ne comprenait pas qu'elle avait en face de lui un salaud de l'Opération Apocalypto.

Une fois que le chasseur tout comme la chassée eurent retrouvé une tenue assez décente pour se balader dans les rues - c'était relatif pour Leah, mais cela suffisait - ils prirent la direction de la ruelle où l'agression s'était déroulée. La Mutante souffla alors qu'elle était désolée, et Theo cette fois-ci ne retint pas une exclamation amusée. "L'agitation occasionnée", effectivement, c'était le moins qu'on puisse dire ! Laissant passer Leah devant lui dans un passage étroit, il lui répondit sans hausser la voix :

- " Je ne sais pas si des excuses suffiront à réparer ce qui s'est passé."

La voix était caressante et chaude, contrebalançant totalement avec la teneur menaçante de ses propos. La pauvre Leah avait beau s'excuser, l'agression avait été trop violente et l'humain trop grièvement blessé pour que le cas soit classé sans suite. Quelque chose qui ressemblait à de la pitié sembla naître dans son esprit tandis qu'il suivait le mouvement des jambes de Leah qui marchait pieds nus sur le sol. La chemise cachait ce qu'il y avait à cacher de son corps, pourtant Theo avait l'attention régulièrement attirée par les courbes qu'il peinait à deviner sous le tissu trop large pour elle. Il était étonnant qu'une personne comme Leah soit coupable d'une telle attaque. A l'Opération, elle était une cobaye étonnamment compréhensive et se pliait aux expériences avec une bonne volonté déroutante. Quelque chose clochait, de toute évidence, et Theo était pressé d'entendre sa version de l'incident.

Ils ne s'attardèrent pas sur les lieux du drame, Theo étant très pressé de rejoindre sa voiture. Après une ou deux ruelles qu'ils parcoururent dans un silence égal, ils tombèrent sur son coupé et Theo ouvrit rapidement la portière arrière pour désigner une place à Leah. Tout cela sans un mot, évidemment. Il hésita une seconde ou deux quant au fait de la menotter à son siège, puis abandonna cette idée. Après tout, un Mutant pris en chasse dans ce genre d'affaire essayait au moins une fois de fuir ou de se défendre, et vu le pouvoir de Leah, il n'était pas du tout impossible qu'elle prenne le dessus sur lui. Pourtant la demoiselle n'avait rien essayé, à aucun moment... Alors pourquoi maintenant ? Une moue aux lèvres, Theo lui conseilla de ne pas trop s'appuyer sur le cuir hors de prix de ses sièges avant de prendre place côté conducteur. La voiture démarra en ronronnant.

Il se passa quelques minutes pendant lesquelles aucun des deux ne desserra la mâchoire. La voiture de Theo avalait les distances avec une vitesse maîtrisée et visiblement habituelle chez lui. De temps en temps, il jetait son regard sur le rétroviseur pour observer Leah, et la voyait triste, morose, les yeux baissés sur ses genoux. Elle n'avait vraiment pas l'air bien ; plus victime que coupable si on lui demandait son avis. Mais le problème était là, Theo était payé pour traquer les Mutantes dangereuses, pas pour appliquer la justice dans certains cas compliqués. Enfin, il fallait bien qu'il recueille quelques informations. Tâchant de ne pas sembler trop attiré par ses jambes, le jeune homme prit enfin la parole :

- " Bon, et si tu me racontais pourquoi t'as fait ça, hein ? L'humain que tu as agressé est aux urgences en ce moment, et ils essayent de lui sauver les bras. T'étais pourtant sage jusque là, qu'est-ce qui t'a pris ?"

Il la fixa quelques secondes à travers le rétroviseur, l'expression encore un peu amusée, avant de se re-concentrer sur la route qui défilait constamment sous ses roues. Ils traversaient le centre-ville d'Achaea, côté lumineux et plein de vie. En ce soir de week-end, beaucoup de gens traînaient encore dans les rues et une agitation sonore régnait dans les rues larges et bien entretenues. Le regard et les pensées de Theo se perdirent un peu dans toutes ces activités nocturnes et son visage n'exprima alors plus qu'un calme placide fort peu habituel.

- " Et pourquoi t'es restée sur les lieux de l'agression, au fait ? T'aurais pas pu fuir au lieu de te cacher dans une cabane à perdre tous tes vêtements ?" continua-t-il d'une voix un peu plus concentrée une fois qu'il eût fini de contempler le décor par sa fenêtre.

Theo était très souvent aussi familier avec les gens, humains ou Mutants, d'ailleurs. Peu lui importait de tutoyer de parfaits inconnus ou de donner des surnoms déplaisants à des gens qu'il venait de rencontrer. Il ne se rendait même plus compte de son attitude, et d'ailleurs, n'y voyait aucun problème. Les yeux dans le rétroviseur, il regardait Leah à l'arrière, attendant qu'elle lui réponde avec toute la sincérité dont elle était capable. C'était la seule manière pour elle de minimiser ce qu'elle avait fait.

C'est ainsi que Theo prouva que ce jour était voué à la malchance : pour l'agresseur, pour Leah, et également pour lui-même.

Peu attentif à la route, le jeune homme n'avait pas vu venir la voiture à l'intersection, conduit sans doute par une personne légèrement éméchée. Le temps de réaction fut bien trop long comparé à la distance qu'il restait au véhicule en face pour les percuter ; quand enfin Theo prit conscience du danger, il écrasa la pédale de frein aussi vite qu'il put. La suite sembla se dérouler au ralenti, comme dans les films ; pourtant, cela ne dura que quelques secondes. Au milieu des crissements retentissants de ses pneus qui soulevait poussière et fumée, Theo vit l'autre voiture esquisser un léger virage ; pas suffisant pour autant. L'impact fut brutal et bruyant. Le véhicule en tort avait embouti avec une puissance incroyable l'avant de la voiture ; mais Theo, secoué et légèrement indisposé, priait simplement pour que l'accident ne soit pas mortel. Il se cogna la tête contre il ne savait quoi, et finit par lâcher le volant. Après une cacophonie de métal tordu, brisé, et la plainte dangereuse de son pare-brise fissuré, le silence s'installa. Le coupé de Theo, dont le moteur avait cessé de tourner - évidemment - s'était immobilisé, repoussé sur le bas-côté droit de la route. Il mit un instant à recouvrir tous ses esprits, la respiration haletante, et à se rendre compte qu'il était bel et bien vivant. A vrai dire, il semblait ne pas être blessé du tout, ce qui relevait d'une chance magistrale et culottée. Alors qu'il allait s'enquérir de l'état de sa passagère, il vit que l'autre voiture, moins amochée, redémarrait à toute vitesse. Le conducteur en tort devait avoir peur des conséquences, ou alors il avait vu son uniforme ; en tout cas, il essayait de fuir. Theo ouvrit violemment sa portière cabossée, qui tomba misérablement sur le sol, mais l'autre avait déjà filé. Il lâcha un chapelet de jurons mémorables en criant, les membres douloureux.

Il n'osa pas examiner plus en détail sa pauvre voiture et se dirigea immédiatement vers Leah. Le gros désavantage des cabriolets était sûrement leur manque de protection dans ce genre d'accidents, et il espérait qu'elle n'avait pas été trop secouée. Il ouvrit la portière. Leah ne semblait pas trop touchée - plus de peur que de mal, sans aucun doute - mais par prudence, Theo s'avança vers elle et lui prit les épaules avec précaution - endroit protégé par sa chemise en cas de sécrétion d'acide - et l'aida à descendre de la voiture.

- " Ca ira ? Des blessures à signaler ?"

Sa sollicitude s'arrêta là, cependant. Une fois qu'il fut certain que Leah tenait encore sur ses jambes, il la laissa et alla inspecter le devant de sa voiture en sortant vivement son téléphone de sa poche. Theo ne put retenir un gémissement en découvrant l'état de sa carrosserie. L'avant du véhicule avait été mangé en partie par l'impact et il était évident qu'elle ne redémarrerait pas de sitôt. Le jeune homme composa un numéro en vitesse avec l'air de vouloir se suicider sous peu, et passa sa main gantée sur les zones encore viables du coupé.

- " Ici Theo Paradise, matricule ASO-PT1859-H...." - aucun doute, Theo s'adressait à l'Opération. S'en suivit une brève explication de ce qui venait de se passer, et le ton houleux et irrité du jeune homme montrait clairement que la discussion ne se passait pas exactement comme il le voulait. Il finit par capituler à ce qu'on lui disait au téléphone, et lança sèchement avant de raccrocher : "... Envoyez-moi au moins une putain de dépanneuse, il est hors de question que je la laisse ici ! C'est ça, c'est ça !"

Rangeant rapidement son portable dans sa poche, Theo contempla encore un peu sa voiture avec une mine endeuillée, avant de se détourner et de s'avancer vers Leah. C'était le premier accident qu'il avait avec ce merveilleux petit bijou auquel il tenait comme à la prunelle de ses yeux, et il fallait que cela tombe ce soir... Il n'avait pas vraiment envie de s'attarder sur l'état de son coupé, risquant une larme à un moment donné, mais se promettait en tout cas de retrouver l'empaffé responsable de tant de dégâts, et dont il avait fait la description à la base pour qu'ils envoient des flics le rechercher. Theo soupira devant Leah, conscient qu'il devait avoir l'air sûrement beaucoup moins effrayant et implacable, maintenant.

- " Nous allons devoir continuer à pied, désolé. L'asile n'est pas très loin et on verra à ce moment-là s'il faut te conduire à la base Ptâh ou non. Allez."

Aucun doute que Theo tenait à s'éloigner au plus vite de sa voiture sinistrée. Heureusement qu'ils étaient déjà sortis du centre-ville, il n'osait imaginer les répercussions s'il avait eu cet accident en plein milieu de la zone la plus fréquentée d'Achaea. Il fallait tout de même qu'ils s'en aillent le plus rapidement possible ; après tout, Theo était toujours en mission et Leah, toujours à moitié à poil, il n'était pas question de traîner. Le jeune homme commença la marche en s'assurant d'avoir toujours Leah près de lui. Au moins, il pourrait profiter du petit kilomètre restant avant d'atteindre l'asile après quelques dédales de rue pour discuter avec Leah et clarifier ses précédentes déclarations. Ils n'avaient pas vraiment eu le temps de terminer leur petite conversation, dans la voiture... Pour le moment, il était encore trop ankylosé et surtout de trop mauvaise humeur pour ouvrir la bouche. Le contre-coup du choc tomberait à un moment ou un autre.

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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [PV Theo] Ven 8 Avr - 11:59

    Alors qu’ils avaient passés la ruelle et que Leah avait laissé échapper ses excuses, l’homme ne pu retenir une exclamation. En effet, selon toutes apparences elle semblait coupable jusqu’au cou et imaginer que le tueur dégueulasse qui faisait fondre littéralement les gens s’excuse comme une enfant en faute pouvait être terriblement ironique. Pourtant Leah les pensait vraiment, mais en ce moment, niveau crédibilité elle devrait repasser. Déjà, elle ne portait qu’une chemise sur elle et elle commençait sérieusement à trembloter de froid ; ensuite elle venait d’agresser sans le vouloir un humain ; et enfin, c’était un chasseur de l’opération. Alors bon, la situation aurait certainement pu être plus sympa. Elle aurait du aller au cinéma, voir un film à la con qu’elle aurait trouvé certainement très nul ou incompréhensible, elle aurait rigolé, elle serait rentrée en regrettant d’avoir dépenser de l’argent pour ça et aurait terminé la soirée en regardant des films nuls à la télé ou en prenant un bon bain chaud et relaxant… Le programme avait changé d’une manière effrayante et ça faisait un petit bout de temps qu’elle n’avait pas revu ses plans aussi radicalement. Mais il fallait s’y habituer quand on avait une sale tendance à provoquer la panique et le chaos quand quelque chose nous chamboulait.

    L’homme rajouta qu’il ne savait pas si les excuses répareraient ce qui venait d’avoir eu lieu. Non en effet, Leah se sentit encore plus ridicule (encore plus ridicule que quand on se balade dans une ruelle avec seulement une chemise comme habit) qu’elle ne l’était maintenant. Décidément, la soirée allait de pire en pire. Inconsciemment elle se dit que maintenant qu’elle avait touché le fond elle ne pourrait que remonter. Déjà, elle avait hâte d’arriver là où l’homme l’emmènerait, certainement un lieu de l’opération pour l’enfermer, rien que pour retrouver la décence de quelques habits de plus même si c’était un uniforme de prison. D’ailleurs elle n’avait plus rien envie d’entreprendre là. Comme si son cerveau avait limité ses fonctions intellectuelles au plus bas niveau : marcher, respirer, répondre aux questions et c’était tout, elle ferait tout ce qu’on lui dirait comme un petit chien bien dressé (ce qu’elle était quand même un peu en réfléchissant bien). Elle ne s’était jamais découvert de gênes d’amazone voulant se rebeller contre quoi que ce soit… A part elle-même et ce qu’elle avait dans son ADN. Autant dire que la jeune femme était la parfaite potiche à manipuler quand on était une autorité officielle. Et là, comme elle avait bien aggravé son cas (la première faute étant d’être venue au monde…) elle ne ferait pas la maligne ou la fille sympa, elle se contenterait de baisser la tête et de dire « amen » à tout ce que les agents allaient lui demander.

    Elle se plaça à l’arrière et hocha la tête lorsque le type lui demanda de ne pas trop s’appuyer sur les sièges en cuir. Il démarra et un long silence s’installa dans la voiture alors que le bolide filait à toutes allures dans les rues bondées et éclairées de la ville. Heureusement, il n’y avait personne pour zieuter ce qui se trouvait dans la voiture de l’agent et constater qu’il tractait une fille à moitié nue. De toute façon, la jeune femme avait serré les jambes et s’était légèrement recroquevillé sur elle histoire de ne pas prendre trop de place. Elle aurait bien voulu carrément disparaître totalement de la surface de la terre histoire de régler le problème. Le silence fut brisé par la voix de l’homme qui conduisait et qui tournait quelques fois son regard dans le rétroviseur. Il lui demanda les raisons de son geste parce que l’humain qu’elle avait « agressé » était aux urgences et qu’ils essayaient de lui sauver les bras. Il remarqua qu’elle avait été sage jusqu’à maintenant. Ouai, sage était relatif quand on avait de l’acide qui se matérialiser sur la peau et sur lequel on avait pas de contrôle. Il la fixa quelques secondes avec une expression un peu amusée. Puis il détourna son regard vers la route en reprenant un air sérieux. Leah avait du mal à savoir par où commencer en fait. Elle se passa une main sur ses cheveux mouillés et glacés. Elle observa sa main un petit instant pour constater que l’acide ne revenait pas. Comparé à la panique qu’elle avait eu un peu plus tôt, c’était pas grand-chose. Le type continua de l’interroger en lui demandant pourquoi elle était restée sur les lieux et qu’elle n’avait pas fuit.

    Elle allait ouvrir la bouche histoire de répondre, même si ce n’était pas dans le bon ordre, elle voulait éclaircir tout ça et au moins aider l’agent à comprendre, c’était le moins qu’elle puisse faire mais le destin ne semblait pas être d’accord pour la laisser tranquille ce soir. A croire qu’un dieu quelconque l’avait prit en grippe et qu’il avait décidé de lui faire payer la totalité de sa dette en une seule nuit. Mais ça semblait légèrement trop là, vous ne croyez pas ? En tout cas, la voix de la jeune femme allait résonner dans la voiture lorsque Theo appuya sur les freins, manquant de l’éjecter à l’avant. Elle mit ses mains sur le siège juste devant elle et s’y agrippa fermement. Alors que la voiture semblait se déplacer violement dans tous les sens et que des bruits innombrables venaient lui polluer les tympans donnant l’impression qu’elle allait se faire broyer dans la ferrailles, tout ce qu’elle pensait c’était : ne pas suinter de l’acide. Déjà, pour la chemise et les sièges et ensuite pour les autres personnes autour d’elle, notamment l’agent en question. Elle avait déjà eu des projections violentes au niveau des avant-bras et ça semblait une situation toute désignée pour se mettre à tout faire fondre autour de soi. Mais alors que la voiture s’immobilisa Leah observa ses bras d’un coup d’œil et ne vit rien. Apparemment l’impact avait été tellement violent qu’elle n’avait pas vraiment réalisé ce qui se passait. Elle eu un gros coup de chaud et regarda obstinément ses mains. Elle sortit de sa réflexion lorsque la portière côté conducteur tomba à terre et que l’agent sortit pour lâcher des insultes à l’autre conducteur qui était entrain de s’enfuir.

    L’homme se tourna finalement et se dirigea vers elle. Un instant elle eu un peu peur et esquissa un mouvement de recul en jetant un autre coup d’œil à ses mains toujours aussi « propres ». Il la saisit par les épaules en l’aidant à descendre de la voiture qui ressemblait plus à une sculpture d’art moderne maintenant. Il lui demanda si elle avait des blessures à déclarer et elle hocha négativement la tête. En tout cas, si l’homme semblait un peu embrumer avec tout ça, elle, avait retrouvé un semblant d’idées claires dans la tête. Ca lui avait remit les pensées aux claires comme lorsque sa télé beugue et qu’on frappe un coup dessus pour qu’elle marche mieux. Là c’était pas mal pareil, le choc de l’incident lui avait permit de faire une sorte de redémarrage de toute sa machinerie psychique. L’agent la laissa finalement reprendre toute seule ses esprits et sortit son téléphone portable et composa un numéro avant de crier littéralement dans l’objet.

    La jeune femme se tourna vers la voiture pour constater des dégâts. En tout cas, elle avait bien souffert la pauvre. L’autre voiture devait aussi avoir pas mal souffert de l’accident mais au moins elle avait pu s’en aller et s’en sortir comme ça. Leah observa aussi autour d’elle pour voir à peu près où ils étaient mais le lieu ne lui disait absolument rien du tout. Elle connaissait à peine la ville, alors ce qu’il y avait en dehors des rues très fréquentées elle n’en avait aucune idée. Mais bon, ils avaient eu de la chance dans leur malheur (pour une fois cette nuit) c’est qu’il n’y avait aucun blessé et aussi pour la jeune femme : aucun attroupement autour des véhicules et de regards gênants sur sa nudité à peine voilée.

    Enfin, l’homme raccrocha non sans s’être calmé auparavant et s’avança vers la jeune femme qui attendait à côté de la voiture, calme et patiente. Il soupira et lui annonça qu’ils allaient devoir continuer à pied et que l’asile n’était pas très loin et qu’au cas où il la conduirait dans la base Ptâh. Elle hocha la tête et ils se mirent en route. Le type avait l’air assez sonné par l’accident et aussi par la vision de sa jolie voiture. Et toute cette agitation avait fait momentanément oublié à la jeune femme ce que l’agent lui avait demandé. Elle ne savait pas bien si elle devait se taire et attendre qu’ils arrivent à l’asile ou si elle devait s’expliquer maintenant histoire que l’homme puisse faire une sorte de rapport ou un truc dans le genre.


    Heu dans la voiture… Vous m’aviez demandé pourquoi j’avais… Agressé un humain. En fait, c’était pas exprès. Je crois qu’il…

    Elle s’arrêta un instant. Elle n’avait pas envie de passer pour une nana qui s’invente des histoires pour se déresponsabiliser d’une agression. Oui c’était sa faute dans la dimension où elle avait suintée l’acide et que c’était elle et pas quelqu’un d’autre qui l’avait fait. Mais en même temps, si ce type c’était mit en tête d’agresser une autre femme, elle ne lui aurait pas arraché la moitié des bras… Mais en même temps il aurait dépouillé une humaine sans défense. Rha, le destin était incroyablement cruel parfois. Leah reprit un coup sa respiration et continua. La vérité et rien que la vérité, on verrait après.

    Je crois qu’il a voulu m’agresser ou me voler… J’ai cru voir un pistolet dans sa poche et j’ai essayé de partir mais il a essayé de m’attraper et je suis tombée. J’ai angoissée et… Et il s’est brûlé la main à cause de l’acide en m’attrapant le mollet.

    Elle se replaça quelques mèches de cheveux derrière les oreilles. Elle tremblait comme une feuille morte à cause de sa peau mouillée et du vent qui balayait doucement les environs. Elle avait hâte de se retrouver à l’intérieur d’un bâtiment, n’importe lequel, et d’enfin se reposer. Elle avait une envie incroyable de dormir ou du moins, de s’asseoir tranquillement. Elle savait que ça n’allait certainement pas être une partie de plaisir. Après tout, un humain allait avoir de lourds soins médicaux et ne pourrait plus vivre comme avant, mais elle était prête à assumer tout ça et elle constatait que cette perspective ne l’effrayait pas. Pour se poser et enfin se reposer, elle serait presque prête à revoir son témoignage pour dire ce qu’ils voulaient qu’elle dise. Ses pieds sur le sol dur et inhospitalier se plaignaient aussi maintenant. Ses jambes étaient ciselées par le froid et elle devait aussi avoir reçu un petit coup à la tête, elle aurait sûrement une bosse le lendemain. Cette soirée de merde durait trop longtemps du goût de la jeune femme, ça en devenait insupportable et elle avait hâte que minuit sonne pour passer à autre chose. Elle finir par encore rajouter.

    Je suis encore vraiment désolée et je pourrais payer les frais d’hôpitaux de la victime.

    C’était franchement le moins qu’elle pouvait faire après avoir ruiné la vie immédiate de cet homme en le scotchant dans un lit d’hôpital pendant quelques jours. Elle gagnait bien sa vie et sa paye et ses économies serviraient à rembourser les conneries qu’elle avait faites.


HJ:
 

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La vérité toute nue [PV Theo]

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