Amertume du soir... Espoir ! [PV Arthur]

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MessageSujet: Amertume du soir... Espoir ! [PV Arthur] Mer 9 Mar - 10:38

    Lorsqu'elle releva la tête, il était 16h30 passé. Mince, elle avait loupé la fermeture, le patron allait être en colère… Haha la bonne blague car elle était la seule et unique personne travaillant ici, et par conséquent, elle était son propre patron. Elle se leva en constatant que ses jambes lui faisaient un peu mal à cause de leur position statique pendant plus de deux heures. Aujourd'hui elle n'avait eu que deux changements de piles et trois réparations. Mais elle avait travaillé une bonne partie de l'après-midi sur une montre à gousset très vielle qu'un vieux soldat lui avait ramené et qui ne marchait plus depuis deux ans. L'homme avait commencé à raconter toute l'histoire de l'objet que lui avait donné un vieil Irakien. Et en effet, en ouvrant la chose, Leah s'était bien rendue compte que les mécanismes n'étaient pas vraiment ceux auxquels elle était habituée. Déjà, le système, bien qu'il ne changeait pas dans l'idée de toutes les montres qu'elle avait vu jusque là, avait des engrenages légèrement différents. Et c'était un peu chiant au niveau des pièces parce qu'elle allait devoir commander des morceaux très spécifiques et peut être même les modifier elle-même avec ses outils. Un travail de titan quand on voyait sur quelle surface elle devait travailler : pas plus de 3 centimètres carrés. Elle portait des lunettes à multiples loupes qui lui donnaient un air de scientifique folle.

    Elle se dirigea vers la porte du magasin et tourna la pancarte pour fermer officiellement l'établissement. Une bonne chose de fait. Elle s'étira sur toute sa longueur et entendit quelques-uns de ses os craquer. C'était tuant finalement de faire un travail aussi minutieux. On est tellement plongé dans la chose qu'on en oubliait tout ce qu'il y avait autour et qu'on en oubliait aussi son corps. Résultat des courses : beaucoup de courbatures et de douleurs à la fin de la journée. Elle ne courrait pas, elle n'avait pas un travail excessivement physique mais elle en avait des fois l'impression une fois dans son lit entrain de grimacer. Elle observa sa boutique et en fit vite le tour en quelques pas. Rien n'avait été dérangé et à part un petit coup de chiffon le lendemain matin en ouvrant, il n'y avait rien à faire. Comment des gens désorganisés pouvaient exister ? C'était tellement plus simple de ranger tout au moment où on en avait plus l'usage au lieu de tout accumulé et de devoir tout ranger pendant longtemps à la fin de la journée… M'enfin, chacun ses techniques. Chez Leah, c'était rangé au millimètre près. Elle s'accorderait bien une pose tient… Elle était calme, elle ne s'était pas énervée avec des clients, elle pouvait bien essayer de sortir un peu.

    Elle ferma à clé la porte de la boutique et monta dans son appartement. Elle prit un manteau et enfila des talons hauts qu'elle ne mettait pas dans sa boutique. Puis en passant à côté de son téléphone elle vit le répondeur clignotant. Un message. Elle appuya sur le bouton d'écoute.


    « MESSAGE RECU A … 14 HEURES 53 MINUTES … BIIIPPP… Allo ? Leah ? … C’est papa. Ben t’es pas là donc je laisse un message… Heu… Si tu pouvais rappeler… Je… Tu m’as pas encore dit quand tu rentrais… Comme ça fait plusieurs mois, voilà quoi… Aurevoir… Bonne journée voilà… BIIIIPPP …. POUR REECOUTER LE MESSAGE... »

    Elle éteint le répondeur, énervée. Elle sentait la colère monter. Heureusement, avec le temps, elle avait apprit à la maîtrisée et ce n’était que pendant des crises majeures où elle était réellement hors d’elle où elle commençait à suinter de l’acide. Mais décidément, il venait de lui ruiner son soir. Combien de fois allait-elle devoir le lui dire : elle ne rentrerait pas point final ! Elle enfila son manteau, prit son sac à main, enfourna son portefeuille et sortit. Elle observa furtivement sa main pour constater qu’aucun liquide gras et vert ne s’était formé et ne rongeait ses habits. Elle descendit la rue et remarqua que la marche la calmait immédiatement. Mais elle n’allait pas aller se balader comme ça, sans but. Ca pouvait être son genre mais pas quand elle était énervée. Elle cherchait quelque chose d’autre. Elle arriva dans une petite avenue où de nombreux bars se trouvaient. Elle entra dans le premier qui se présentait et qui n’était pas remplit de mondes. A cette heure-ci il n’y aurait pas excessivement de monde, elle serait relativement tranquille. Elle s’accouda au bar et observa un peu autour d’elle. Ce n’était carrément pas du tout comme au pays. L’ambiance était plus… Capitaliste. Un serveur s’avança vers elle et l’interrogea du regard pour lui demander ce qu’elle voulait.

    Whisky…

    L’homme sembla beuguer quelques secondes. Une nana qui commande un whisky en plein milieu d’après-midi… Ouai ça pouvait bien sembler bizarre. Mais la jeune femme aimait bien la boisson qui lui rappelait les Highlands. Après tout, c’était eux qui avaient le meilleur et même si ces copieurs d’irlandais étaient aussi célèbres pour ça, ils n’avaient pas la primauté sur la boisson. Il faisait beaucoup trop chaud chez eux et en plus, ils étaient trop occupés à se battre contre les anglais pour faire attention à leur nectar. L’homme prit un verre et en versa une fine rasade. Leah se dépêcha alors de dire :

    Double.

    L’homme leva ses yeux vers elle, haussa un sourcil et rajouta une rasade. Leah se racla la gorge. Le serveur la regarda et elle fit un signe de la tête en direction du verre en la penchant. Le verre se remplit à moitié avant que la femme ne tende la main en disant d’un air las.

    Laissez-moi la bouteille tient !

    Puis elle la posa juste à côté d’elle avant de saisir le verre et d’en boire une bonne gorgée. Elle lâcha le reposa sur le bar avant de croiser le regard perplexe du serveur. Quoi ? Il travaillait dans un bar, il n’avait jamais vu quelqu’un qui avait besoin d’un petit remontant avant d’affronter l’adversité et une journée de merde ? Bien sur, ce genre de poivrot arrivait en fin de soirée et restait camper là toute la nuit. Mais Leah ne prévoyait carrément pas de finir à l’envers, totalement saoul et irrécupérable. Déjà, elle avait peur de perdre le contrôle sur sa capacité et ensuite, elle n’aimait pas être dans cet état là. Une bouteille ? Elle avait vu pire en Ecosse alors il lui en faudrait plus pour terminer sous la table. Mais c’était au moins pour se mettre à peu près « joyeuse ». Peut être rencontrerait-elle un compagnon de malchance… On ne savait jamais. La soirée ne s’annonçait pas totalement merdique. Elle combattit une déferlante de pensées culpabilisatrices avec une gorgée de liquide. Non mais, elle allait passée une soirée peinarde et en rentrant elle s’effondrerait sur son lit en dormant paisiblement pour se réveiller, avec une gueule de bois certes, mais elle serait le lendemain et le message sur son répondeur ne serait qu’un lointain souvenir étouffé sous l’éthanol.

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MessageSujet: Re: Amertume du soir... Espoir ! [PV Arthur] Dim 13 Mar - 21:33

Arthur n'avait plus de morphine et commençait donc un sympathique syndrome de sevrage.

C'était de sa faute, en plus. Dans sa distraction habituelle, il avait zappé son rendez-vous avec le médecin (un membre de Genesys qu'il voyait à présent régulièrement) et il avait fallu la fin de son tube de morphine pour qu'il réalise le lapin qu'il avait posé. Il s'était dépêché d'appeler le médecin en question, mais ce dernier était occupé et ne pourrait pas le recevoir avant deux jours. D'ici là, Arthur devait se débrouiller comme il pouvait pour supporter le manque.

La nuit avait été blanche, totalement. Le mutant n'avait pas pu fermer l'oeil, angoissé à l'idée de sentir arriver les premiers symptômes. Cela n'arrangeait rien évidemment, mais c'était difficile de se raisonner quand il savait ce que son corps et son esprit allaient subir. Il avait déjà eu affaire à des oublis de ce genre par le passé et connaissait donc parfaitement ce qui allait lui arriver. Cela lui montrait évidemment que la drogue n'était clairement pas la solution, mais il avait mal. Il préférait amplement se considérer comme un drogué que d'affronter au quotidien l'impossible migraine découlant de sa mutation et secondairement les insomnies presque totales qui allaient avec.


La douleur commença donc de bon matin, alors qu'il se préparait pour aller travailler. Il avait l'habitude de gérer ses maux de tête, mais le manque rendait toute douleur encore plus insupportable. Les vieux restes des coups qu'il s'était pris lors de sa rencontre avec le mutant fanatique se réveillèrent aussi, et il lui sembla que même sa cicatrice sur le visage qui commençait à devenir de moins en moins visible, se mettait elle aussi à le piquer. Il se résolut néanmoins à ne pas se faire porter pâle ; du moins pas tout de suite. Il avait déjà usé d'un congés maladie il y avait peu, son boss allait finir par penser qu'il abusait. S'il le voyait dans un état proche de la loque, il le renverrait chez lui et Arthur aurait alors une bonne excuse. Il espérait également que le travail lui occuperait un peu l'esprit et lui permettrait de se concentrer sur autre chose que sur les douleurs et les symptômes.

Ceux-ci prirent de l'ampleur dans la journée. Arthur commença à avoir mal au ventre et à transpirer, ce qui vint joyeusement se surajouter à la migraine insupportable qui rendait toute source de lumière intolérable. Inutile de dire qu'il était strictement incapable de s'y concentrer, sur son travail. Une seule pensée obsédait son esprit : ses comprimés. Il se sentait capable de faire n'importe quoi pour en avoir, n'avait que cela en tête, et commença enfin à comprendre que cela virait au dangereux. Il réussit à se calmer un peu, profitant de la pause repas pour s'enfermer dans les toilettes et s'efforcer de remettre de l'ordre dans ses pensées. C'était pathétique dans un sens, de se dire qu'il avait oublié comment il pouvait être mal quand il était en sevrage. Chaque fois qu'il oubliait d'aller chez le médecin et se retrouvait en panne, il se faisait la réflexion que c'était la dernière fois et qu'il était trop malade pour laisser ça recommencer. Et pourtant... Encore une fois il se promit de se faire un pense-bête géant, un compte des pilules restantes ou il ne savait quoi d'autre. Il savait bien qu'il ne le ferait pas, mais ça avait quelque chose de rassurant et il put retourner travailler dans un état à peu près convenable.

Heureusement qu'il bossait en solo et n'avait donc à parler à personne. Il se sentait extrêmement irritable, chose difficile à gérer vu son habituelle flegme, et était presque étonné d'avoir ainsi envie de boxer tout le monde. On ne pouvait pas dire qu'habituellement, il était très motivé par son boulot et n'était donc pas du genre à s'acharner au travail ; cela devait être la première fois depuis son embauche chez Anderson & Grant, qu'il trimait à la tâche avec autant d'ardeur. Pas avec une grande efficacité ceci dit ; il avait vaguement conscience qu'en fait, il faisait un peu n'importe quoi. Son esprit embrumé et saturé de signaux chimiques douloureux finit par lui faire entendre raison. Cela ne servait strictement à rien de s'acharner. Il ferait mieux de rentrer et de faire le mort pendant les deux jours qu'il aurait à subir sans morphine. Il rendrait service à tout le monde, à lui et à son travail en cours surtout.

Il se leva et gagna le bureau de son supérieur d'une démarche raide. Sa tête sonnait comme un gong et ses mains tremblaient.


- Je ne me sens pas très bien, annonça-t-il d'un ton calme à son boss, qui leva les yeux de son ordinateur avec un air interrogateur.

La pâleur d'Arthur, le voile de transpiration qui recouvrait son visage et ses pupilles dilatées qui lui donnaient un air hagard, cela suffisait aisément à convaincre.


- En effet, ça n'a pas l'air d'être la grande forme. Qu'est-ce qui vous arrive ?

- Je dois avoir de la fièvre, je pense. La grippe peut-être. J'aimerais rentrer, si vous m'en donnez l'autorisation.

- Bien sûr, allez-y ! Euh... vous avez besoin qu'on vous raccompagne ?

- Non, ça ira merci, lança Arthur précipitamment avant de décamper. J'appelle demain pour vous tenir au courant.

Le médecin ne devrait pas trop rechigner à lui faire un arrêt de maladie avec un motif un peu plus convenable que « syndrome de sevrage à la morphine ». Il s'enfuit donc prestement, soulagé à l'idée de rentrer chez lui, enfin. Il aurait dû rester couché dès le départ. Qu'est-ce qu'il aurait risqué ? De perdre son job ? Pas qu'il y tenait beaucoup... Même s'il devait éviter de se retrouver au chômage maintenant, après avoir payé la réparation de son appareil auditif, ce qui lui avait coûté un rein. Ses économies s'en remettraient, mais il fallait qu'il continue d'avoir un salaire régulier. Et il était plutôt bien payé, et pour un boulot peu harassant même si chiant.

Une fois dans la rue, Arthur finit par se rendre compte qu'il n'allait pas avoir la force mentale de tenir comme ça. Il lui fallait un palliatif, peu importe lequel, pour l'aider à supporter ne serait-ce que le stress et son obsession évidente à propos de ses comprimés. L'alcool, peut-être ? Ça n'aiderait pas pour son mal de crâne, mais ça le détendrait un peu et l'aiderait peut-être à relativiser. Avec ça, il aurait plus de chance de s'endormir en rentrant. Une fois cette idée en tête, il ne fut même plus capable d'attendre de rentrer chez lui pour mettre son plan à exécution. S'il prenait un peu d'alcool maintenant, le trajet du retour lui serait sans doute plus supportable. Cette pensée devint sa nouvelle obsession et il avisa le bar le plus proche avant d'y entrer précipitamment.

Il ne prêta aucune attention à l'intérieur du bar, la déco, les autres clients, l'ambiance générale à laquelle il était pourtant sensible habituellement. Il traça directement en direction du bar où il s'accrocha comme un naufragé à sa bouée. Le barman lui jeta un regard quelque peu surpris.


-... Oui, ça sera quoi ?

- Euh... un...

Bonne question. La bière, c'était trop léger, il lui fallait un truc bien concentré. Il laissa son regard dérivé autour de lui et avisa une jeune femme juste à côté, accompagnée d'une bouteille de whisky. Voilà, ça, c'était bien.

- Un whisky. Double. Et sec.

Enfin, non, pas la chose écossaise qu'elle se sifflait, il avait de l'honneur patriotique à défendre.

- Un Irish Single Malt. Et laissez-moi la bouteille tiens.

- Ca marche.

La bouteille et un verre plein se matérialisèrent devant lui. Arthur se jeta sur le deuxième, le vidant d'un train et reposant sèchement le récipient sur le comptoir. Ouf, mine de rien, ça allait tout de suite beaucoup mieux. L'effet était entièrement psychologique mais hautement appréciable.

- Cul sec ! Vous aviez l'air d'en avoir besoin.

Le barman semblait s'amuser, l'Irlandais pas vraiment et il fut ravi quand son public fut appelé ailleurs par un autre client. Arthur vit que la jeune fille qui était à sa gauche le regardait depuis tout à l'heure. Il remplit à nouveau son verre.

- On dirait que je ne suis pas le seul à avoir besoin d'un remontant.

Il ne savait même pas pourquoi il lui parlait. Son esprit affichait KO de toute façon, les pensées cohérentes ça n'était plus trop le moment. Il leva son verre.

- A ce beau monde de merde !

Ah, il avait l'air d'un vrai pilier de bar, il était fier de lui pour le coup. C'en était à la fois marrant et navrant.

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MessageSujet: Re: Amertume du soir... Espoir ! [PV Arthur] Mar 15 Mar - 17:35

    Elle avait déjà pas mal entamée sa petite bouteille lorsqu’un homme s’installa aussi au bar. Jusque là, rien de bien étonnant et de particulier. Tant que l’homme n’essayait pas de lui faire du rentre-dedans macho et dégoûtant, ça ne la dérangerait pas. Et même, avec son état un peu pompette elle trouverait certainement un vieux la draguant super marrant. Leah n’avait pas pour habitude de se prendre la tête sur des choses aussi futiles. Par futile elle entendait surtout quelque chose qui ne dérangerait pas sa vie ou son boulot. Alors un peu s’amuser avec des gens bourrés quand on était aussi un peu éméchés c’était pas grave du tout. L’homme devait à peu près avoir son age. He ben, quelle image de la jeunesse : tous des poivrots qui allaient se nettoyer les œsophages à l’éthanol en plein milieu d’après-midi. Il avait l’air assez fatigué, voir un peu malade sur les bords. Mauvaise matinée certainement voir mauvaise nuit qui s’était prolongée une fois le soleil levé.

    Il demanda un whisky double sans glaçons et alors que le serveur allait repartir, il précisa qu’il en voulait de l’irlandais. La jeune fille porta un peu plus attention au type. Il essayait de la provoquer ou quoi ? Elle n’avait pas particulièrement fait attention à son accent car il lui semblait habituel. Mais au pays des mâcheurs de mots, quelque chose qui semblait familier était forcément des îles européennes. En même temps, dans un pays anglophones, ce n’était pas extrêmement rare. Ici on était pas mal attaché à ses origines et par conséquent les souches étaient souvent mises en valeur. On essayait de garder l’accent et la culture d’origine. Leah, par contre, elle avait sont accent écossais des fois un peu terrible à entendre, lorsqu’elle ne faisait pas attention à l’atténuer un minimum. Les anglais ne rataient pas une occasion pour critiquer leur diction de pecnos.

    L’inconnu vida son verre d’un coup et le serveur sembla pas mal s’en amuser. Deux ivrognes de l’après-midi, ça devait bien le faire rire en effet. Il commenta d’ailleurs l’action de l’homme avant de s’activer ailleurs. La jeune femme repiqua un coup dans son verre. Et de trois normalement, ou pas, elle avait arrêté de compté depuis qu’elle avait porté son attention sur l’homme à sa droite. Des rencontres de bar c’était toujours éphémère et terriblement frustrant mais sur le moment on pouvait pas mal rigoler. Finalement, le bonhomme remarqua enfin qu’il avait une compagne de boute accoudée aussi au comptoir avec du whisky de la concurrence. Mais ce détail qui aurait provoqué des disputes et des bagarres après plusieurs heures de picoles et des matchs de football, n’arrêta pas le gus au bar et il entama la conversation.

    Enfin, entamer la discussion… Il constata simplement qu’il n’était pas le seul ici à avoir besoin de se changer les idées à grands renforts d’alcool. C’était toujours la même chose. On buvait, on faisait des choses qu’on aurait peut être pas voulu ou on disait des trucs qu’on aurait bien voulu gardé pour soi, ensuite on dormait dans des endroits étranges, en se réveillant on avait la gueule de bois, l’envie de vomir, mal de tête et on se promettait de ne plus jamais recommencer… Et après ? Nouvelle journée d’emmerdes, nouvelle beuverie, nouvelle gueule de bois et nouvelle promesse qu’on finissait toujours par briser. Mais à la fin, Leah n’était pas une personne qui se faisait du mouron pour ça. L’alcool ça désinhiber et ça ne faisait pas faire ce qu’on ne voulait pas. On agissait seulement sans se soucier de plus rien. Alors forcément, après, quand on y repensait, on avait souvent honte mais la jeune femme n’était pas habituée à regretter ses choix ou alors à se mettre dans des situations compliquées.

    Elle s’arrangeait pour avoir des portes de sorties en toutes circonstances surtout à cause de sa capacité qui pouvait vite faire tout dégénérer. Ainsi, elle n’allait jamais dans des lieux clos où elle n’avait pas la possibilité de s’en aller au cas ou. Dans les cinémas, elle se mettait près de la sortie et ne s’éloignait jamais de sa maison. Et là, une discussion dans un bar, ça n’engageait à rien et elle pourrait très bien déguerpir si la suite ne l’intéressait pas. Le pilier de bar (comme elle mais chut) leva son verre en trinquant à, je cite « ce beau monde de merde ». La jeune femme sourit et leva son verre à son tour pour trinquer avec lui avant de dilapider le liquide cul sec. Au moins il prenait sa mauvaise journée avec philosophie. Il ne semblait pas avoir l’alcool mauvais ou triste et c’était tant mieux parce que Leah avait l’alcool très joyeux et rieur. Elle reposa son verre avant de s’en reverser une rasade.


    Vous ne voulez pas du mien ? Vous allez vous chopper un cancer de la gorge avec un alcool aussi peu raffiné.

    Pique envers l’alcool irlandais qu’il s’envoyait. Au moins ils avaient trouvés un terrain sur lequel se chamailler gentiment et faire la conversation. Les irlandais avaient un alcool de tapette que même une petite fille de six ans pouvait se boire à son goûter avec un pépito. Ils avaient beau avec la guiness et ces trucs là, les écossais eux au moins, ils y allaient à fond. Ils faisaient de la binouze et de l’alcool pour se bourrer la gueule le plus rapidement possible et non pas pour avoir un accessoire branché pour draguer dans les boites de nuits. Oui, les irlandais avaient un peu une réputation de gens précieux de l’autre côté de la côte. Ils avaient beau avoir été maltraités pendant très longtemps, il persistait entre les deux peuples une sorte de compétition respectueuse. Elle porta son verre à ses lèvres en observant l’homme à côté d’elle du coin de l’œil. Elle allait voir si il s’offusquait comme un vieux réac’ ou si il rentrait dans son jeu.

    Alors, mauvaise journée au travail ? On s’est fait tapé sur les doigts par le patron ?

    Elle se tourna un peu plus vers lui. Pour papoter ou avoir un meilleur angle pour lui envoyer son verre de bon whisky écossais dans la tête. Non, elle ne ferait jamais ça de sa vie, elle préferait commander un verre d’eau spécialement pour ça plutôt que de gâcher une bouteille (aussi cher au passage) de son pays pour une gueule d’irlandais, et puis quoi encore ? Ses ancêtres se retourneraient dans la tombe, et même pire, ils se relèveraient juste pour nager à travers l’atlantique pour lui botter les fesses. Elle but une gorgée qui passa impeccablement dans son œsophage. A présent qu’elle s’était avalée des bonnes gorgées, elle avait le corps un peu anesthésié. Aucun doute qu’elle allait sortir certainement des énormités dans quelques minutes (ou heures, ça dépendra de sa résistance).

    En tout cas, elle avait toute sa soirée. L’avantage de bosser pour son propre compte. Aucun patron qui viendrait se plaindre de sa mauvaise gueule le lendemain. C’était ça aussi qu’elle aimait dans la profession : travailler seul. Face à une minuscule montre, avec ses outils, personne ne pouvait vous assister parce que c’était un travail de fourmis. En plus, on travaillait à son rythme et le boulot ne se bousculait pas au portillon. La solitude, le calme, les tic tac pour seul discussion, oui c’était le métier qui lui correspondait bien. A la limite, elle ne ferait que renforcer l’idée que les horlogers sont tous des gens bizarres sortant de l’age de mathusalem et qu’ils étaient tous désagréable comme des petits vieux. Elle était presque tout le temps très aimable, mais demain matin, ça promettait d’être une autre affaire. Au pire, elle fermerait boutique pour maladie et voilà, personne ne viendrait lui faire chier. Leah aimait se sociabiliser mais en bossant, elle n’aimait pas se faire déranger. Elle était le jour et la nuit à l’intérieur et à l’extérieur de sa boutique. He oui, on ne pouvait pas rester constamment dans son boulot, il lui fallait souvent souffler et décompresser.

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MessageSujet: Re: Amertume du soir... Espoir ! [PV Arthur] Mer 13 Avr - 20:38

Arthur se sentait déjà mieux. Un bien-être illusoire et du domaine du placébo, l'alcool n'avait pas pu faire effet si vite, même à jeun comme il était. Mais cela détournait son attention du terrible manque qui, chose assez paradoxale, lui remplissait la tête ; et son esprit appréciait. Il se sentait un peu pathétique à compenser violemment une drogue par une autre. Dans des situations pareilles, les tentatives pour rationaliser son attitude et se donner « de bonnes raisons » de saturer son système nerveux à la morphine, toutes ces justifications à propos de ses mutations et compagnie, lui-même à présent ne pouvait plus croire à ses propres excuses : il était un drogué, rien de plus. Il ne valait pas mieux que les camés amateurs de caniveaux. D'habitude, il n'était pas du genre à réfléchir à ces choses-là ou à se complaire dans sa faiblesse, mais le mélange d'excitation et de dépression que provoquait le manque n'aidait pas tellement à voir le bright side of life. Il se passa une main dans les cheveux et avala la moitié de son verre. Vite vite, il était où l'effet euphorisant là, qu'il n'est pas l'air ridicule et une gueule de bois pour rien ? Ce n'était clairement pas le jour à avoir l'alcool triste.

Entretemps, Arthur en avait oublié qu'il avait plus ou moins adressé la parole à la jeune femme installée à côté de lui, adepte de la même boisson et apparemment aussi en bonne quantité. Enfin, la même boisson, c'était plus qu'épineux comme sujet, il y en avait qui s'était passionnément étripé sur la question délicate de l'origine du whisky. Arthur n'avait pas tellement envie de défendre sa patrie sur le sujet, honnêtement il n'était pas un fan hardcore de whisky non plus et, pensée totalement hors sujet, il trouvait l'accent écossais craquant chez une fille. Aussi, lorsque la donzelle en question sortit la pique rituelle sur leurs alcools mutuels, il fut ravi d'entendre dans cette simple phrase cette modulation chantante qui quelque part, rappelait un peu son chez lui, même si c'était limite blasphématoire de faire l'amalgame. Mais si loin de sa patrie, on finit par ne plus être à mille kilomètres près. Même un Anglais aurait eu un air de nostalgie, c'est dire. Arthur s'était essayé à se débarrasser de son propre accent dans une volonté de se faire discret, mais il n'avait pas l'oreille pour ça (quand on est presque sourd, c'est rien de le dire) et n'y avait pas réussi. Maintenant ça l'amusait, ça faisait folklorique, manquait le costume vert à trèfles et la fontaine de Guiness et on s'y serait presque cru. Presque.

Il finit cependant par renvoyer une pique polie, s'imaginant que les salutations d'usage entre un Irlandais et une Ecossaise devaient forcément en passer par là :


- C'est aimable mais j'ai le palais trop fin, je préfère ne pas prendre de risques.

Et espérer qu'elle ne le prenne pas vraiment mal sinon il l'aurait l'air malin ! Il l'imita ensuite en prit une autre gorgée. Son mal de crâne cognait toujours mais de façon plus lointaine. Il se sentait moins nerveux et avait moins mal au ventre. Bref, il commençait à bien se détendre. Merci l'alcool qui allait le soulager de son calvaire pour au moins quelques heures. Pas sûr qu'au réveil demain il ne se maudisse pas d'avoir chargé la mule mais sur le coup ça faisait rudement du bien et l'aidait à tenir.

La jeune fille continuait de l'observer du coin de l'oeil tout en sirotant son whisky. Arthur se prit à l'observer à son tour, puisqu'elle avait l'air, enfin à peu près, il manquait de discernement aussi, mais bref, elle s'intéressait potentiellement à lui. Suffisamment pour essayer d'engager la conversation. Il ne savait pas si c'était de la drague ou de l'empathie pour un pathétique pilier de bar de son espèce. Elle était jolie en tout cas, voir même très jolie, s'il arrivait à faire fonctionner ses yeux et son jugement suffisamment longtemps pour pousser l'analyse à fond. Et puis l'accent, ha, ça faisait tout ça. Il se demanda s'il s'était suffisamment embourbé dans la boisson et la stupidité pour se lancer dans la drague d'une jolie fille dans un bar. La réponse resta vague. En fait, il n'avait pas tellement envie de se sociabiliser, mais en même temps, peut-être qu'à deux la morosité passerait plus vite, même dans une conversation des plus platoniques. Il espéra simplement que passé une certaine dose d'alcool, son cerveau éviterait de laisser la catastrophique dragueur qu'il était prendre les commandes. Sa vie était suffisamment moisie en ce moment pour en rajouter.


Citation :
– Alors, mauvaise journée au travail ? On s’est fait tapé sur les doigts par le patron ?

- Haha, si seulement, répondit-il d'un air sombre.

Il était drogué, en manque, affublé de pouvoirs pénibles, cherchant désespérément une sœur qu'il ne reverrait probablement jamais et avec une autre qui servait de marionnette à Apocalypto. You-pie. En fait, il en avait des raisons de boire comme une loque. Il se rendit compte qu'il venait quand même de plomber un chouia l'ambiance.


- Je vais éviter d'épancher ma tristesse infinie sur vos genoux, ceci dit. Tout le monde ne s'en portera que mieux.

Puisque la conversation était engagée, autant la continuer. Arthur ne savait pas tellement quoi dire et après son deuxième verre et demi, ou approchant, ses neurones commençaient à passer en pilote automatique. Il observa profondément son whisky, ne cherchant même pas à sortir quelque chose de cohérent ou de logique. Il baignait simplement dans la plénitude de voir le mal contre lequel il avait lutté toute la journée s'évanouir un peu, pour quelques heures.

- Si un jour vous rentrez au bercail, vous pourrez raconter comment vous avez vu une loque d'Irlandais rouler sous la table. Vous êtes d'où précisément ? Ne vous sentez pas obligée de répondre.

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Amertume du soir... Espoir ! [PV Arthur]

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