Explosion de Couleurs

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MessageSujet: Explosion de Couleurs Lun 7 Mar - 8:24

La journée qu’avait passée William avait été exécrable. Les clients désormais n’étaient plus respectueux des personnes qui prenaient soin d’eux même s’il existait quelques problèmes encore notoires dans les différents services de l’hôtel. Il avait eu le droit à une sale aristocrate qui ne pensait qu’à sa petite personne : « Où sont mes bagages ? J’ai oublié ceci … Il faudrait me monter cela ». Il fallait user de patience lorsqu’on avait les gens au téléphone. Normalement, les personnels officiant à l’accueil de l’hôtel n’étaient pas censés monter dans les étages. Leur poste était fixe, s’occuper des appels, des arrivées, des départs et du courrier. Mais cette vieille chouette les menait en bourrique depuis son arrivée soit depuis la veille au soir. Elle n’avait eu cesse de se plaindre : « matelas trop dur ; oreiller trop mou ; serviette moche ; savon répugnant ; petit déjeuner peu ragoutant. » Les gens comme ça, le jeune employé avait envie de leur foutre une bonne beigne dans leur gueule pour en finir définitivement. Malheureusement pour lui, il fallait garder son job alors les attitudes de ce genre n’étaient pas tellement tolérées. Puis après ce qu’il s’était passé quelques semaines plus tôt, il avait intérêt de se tenir à carreau. Il faut dire qu’à force de se retrouver dans les mauvais coups, la hiérarchie commence par vous regarder d’un mauvais œil. Il se devait donc d’être exemplaire mais cette vieille peau … non, définitivement non. Il ne la cautionnait pas. Il avait l’obligation de faire avec et pourtant … pourtant il lui avait raccroché au nez après un de ses coups de fil incessant. Imaginez-vous le personnage : une vieille femme riche vivant seule, ayant perdue son défunt mari et vivant seule chez elle avec une troupe de personnel, ou d’esclaves devrais-je plutôt dire, prête à agir si besoin est. Imaginez-vous donc, en réalité, la belle-mère de Cendrillon en bien plus chiante que cela et sans enfants.

Et ce n’était pas sans compter ses collègues qui ne l’aidaient pas le moins du monde dans sa tâche. Il était tellement le salaud de service, renommée faite dans tout l’hôtel, que personne ne lui venait en aide. Cela ne le dérangeait pas le moins du monde : il n’aimait pas que quelqu’un d’autre que lui ne s’immisce dans ses affaires. Pourtant, une irrésistible gauloise résistait encore et toujours à l’indifférence générale que générait le jeune homme. William avait des vues sur celle-ci et ne comptait pas la lâcher de sitôt. Il savait qu’elle n’était pas attirée par lui mais il faut dire qu’il n’y a pas forcément besoin d’être attiré pour coucher ensemble, non ? Oui tout est une question de sexe. Sans le sexe et l’argent, que reste-t-il ? Rien. C’est bien pourquoi il était résolu à la laisser « s’immiscer » dans ses « affaires » à un point qu’elle n’imaginait pas. Pas besoin de faire un dessin pour que vous compreniez : l’araignée tissait sa toile autour de la mouche qui lui tournait autour. Il attendait juste le bon moment pour tirer les fils. Elle l’aida avec quelques coups de fils et fit même quelques boutades pour détendre l’atmosphère. Leur supérieur hiérarchique direct les réprimanda fortement pour leur comportement. En effet, le jeune homme s’était mis en tête de trouver des surnoms aux clients de l’hôtel. Bien entendu, ce jeu n’avait rien d’anodin, c’était surtout un jeu mesquin tendu vers sa collègue pour voir si elle allait aller jusqu’au bout. A croire que oui puisqu’elle joua le jeu à fond jusqu’à ce qu’elle demande à William de qualifier leur supérieur direct. Il n’hésita pas une seconde, ne se débinant pas, et le qualifia de « biquette pleine de lait ». Pensez bien qu’ils rirent aux éclats pendant une dizaine de minutes jusqu’à ce qu’un léger toussotement ne retentisse derrière eux. Manque de pot, c’était le supérieur.

Voyez bien que l’humeur de William était exécrable à la sortie du boulot. Non seulement il avait eu des clients totalement dénués d’intelligence, mais il avait aussi eu un bref entretien avec son supérieur concernant son comportement. Il ne manquait plus que cela. Il ne marqua pas de points en positif ce coup-ci. Il était donc sorti furieux. Et il n’y a qu’une manière de calmer un ours en furie : lui donner à manger ou à boire. Il s’était donc rendu vers le centre ville plus ancien. Effectivement l’hôtel Nevada, dans lequel il officiait, se trouvait être dans une partie de la ville plutôt huppée. Il fallait donc revenir aux sources, vers son petit quartier de pauvre, ou du reste vers le quartier moyen, pour trouver un bar qui n’en soit pas un de luxe. Il savait où il allait et pourtant il brogeait toujours les diverses scènes de la journée dans sa tête. C’est pourquoi, dans une rue transversale, sous un accès de colère, il shoota délibérément dans une poubelle qui s’éloigna, meurtrie, sur le trottoir, à la renverse, laissant dépasser les restes de repas aux animaux des rues. Puis il arriva enfin près du bar qu’il souhaitait. Il s’arrêta au dehors, de l’autre côté de la route, pour observer les gens qui se tenaient à l’extérieur en train de discuter joyeusement. Se trouvaient là quelques loubards d’un côté, une ou deux prostituées de l’autre ainsi que deux ou trois gays – du moins, à ce que tous ressemblaient. Il faut dire que ce n’était pas un bar dans lequel tu emmènes ta petite amie pour lui offrir la bague de fiançailles. Il traversa la route, emmitouflé dans sa veste noire et arriva près de la porte. Il eut droit à quelques remarques déplacées de la part des prostituées ainsi que d’un des homosexuels. A croire qu’ils n’avaient que ça à faire : chasser.

Il ne prit pas la peine de répondre, sinon cela aurait été un carnage et se contenta d’un regard noir qui fut suivi par « Oula, il n’est pas chaud le mignon. » qu’il ignora royalement. Il poussa la porte de l’établissement et sentit le bruit assaillir ses oreilles. Il n’aimait pas cet endroit plus qu’un autre et pourtant il y venait souvent. Il salua quelques connaissances sur la droite qui lancèrent un « Salut Will ! » et alla s’assoir sur un des tabourets libres au bar. C’était l’un des établissements atypiques des Etats-Unis d’ Amérique. Des tables de billards, des tables pour discuter tranquillement et un bar à proprement parler avec des tabourets. Il avait de la chance, si je puis dire, ce soir dans la mesure où peu de personnes se trouvaient au bar. Assis, il salua Jeff, le barman, un vieux grincheux mais sympathique à souhait, et commanda un pichet de bière. Quitte à débuter la soirée, autant que se soit en douceur. Il ouvrit sa veste, laissant apparaitre une simple chemise sous celle-ci et quitta son écharpe. La chaleur était telle dans l’établissement qu’il se sentait plus ou moins assailli. Jeff lui servit son pichet qu’il attaqua à grande traite. Le vieux gérant fut plus ou moins surprit mais ne dit rien. Par contre, Stacy, elle, ne se dérangea pas.

    « - Bah qu’est-ce qu’il se passe ? Des ennuis ?
    - Juste une journée de merde, cherche pas, j’suis pas d’humeur …
    »


Elle n’insista pas mais il remarqua clairement qu’elle souhaitait en savoir plus. Ils s’entendaient plus ou moins bien mais elle n’était pas folle au point de contrarier le jeune homme lors de ses colères qui devenaient mémorables. Jeff, bien qu’ils s’appréciaient énormément tous les deux, l’avait déjà foutu deux ou trois fois à la porte sans remords. William pouvait devenir très largement violent alors il n’était pas question de garder une bagarre à l’intérieur de l’établissement. Bien souvent, ses combats se finissaient sur le pas de la porte, sous le faisceau d’un lampadaire avant qu’une tournée de flics ne passe autour d’eux et ne les sépare. Il but une longue gorgée du breuvage qui était censé apaiser ses ennuis avant de porter son attention sur la jeune femme qui se trouvait à ses côtés. Il ne l’avait même pas encore remarquée et pourtant elle était présente depuis le début. Il ne se souvenait pas l’avoir vu s’assoir après lui, elle devait donc être sur ce siège bien avant sa venue. D’ailleurs, à la regarder, il ne l’avait jamais vue dans ce bar. Une nouvelle ? Cela pouvait s’arrêter intéressant mais à dire vrai, il n’était pas réellement d’humeur agréable ni galante, c’est pourquoi il se contenta de prononcer ceci.

    « T’es qui toi ? »


[ HS ] Comme je ne te laissais pas énormément de matière pour répondre, j'ai préféré laisser Soraya en témoin dès le début pour que tu puisses partir d'un point pour la discussion & ainsi pouvoir écrire quelque chose.

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MessageSujet: Re: Explosion de Couleurs Ven 11 Mar - 11:42


Le travail avait longtemps été une notion totalement étrangère à la jeune femme, non pas par manque de motivation ou de volonté mais tout simplement parce qu’elle évolua dans un environnement dans lequel les femmes n’étaient pas supposées travailler mais plutôt être les esclaves volontaires de leur tuteur et passer leur vie à les servir docilement. Le sens du sacrifice, ça la connaissait suffisamment pour qu’elle n’ait aucune honte à faire tout et n’importe quoi pour gagner assez d’argent afin d’assurer son train de vie. Affirmer qu’elle était matérialiste serait grossir le trait, elle aimait tout simplement les belles choses et ne connaissait aucune sensation plus satisfaisante que celle de se faire plaisir avec le fruit de dures semaines de labeur. Pour beaucoup, la profession qu’elle exerçait n’en était pas réellement une, c’est vrai, comment pouvait-on considérer sérieusement une femme qui passait le plus clair de son temps à moitié nue, à faire onduler ses courbes sous le nez de riches hommes d’affaires pour satisfaire leurs pulsions les plus primaires ? Selon la jeune femme, c’était bien plus noble que de se prostituer, pour la simple et bonne raison qu’elle restait maître de ce qui lui arrivait et qu’elle pouvait ainsi se permettre quelques petits caprices, ce qui était tout bonnement proscrit à l’époque où elle était obligée d’obéir à celui qui l’avait recueilli dès sa plus tendre enfance. Ca ne signifiait aucunement qu’elle se sentait satisfaite du parcours réalisé depuis qu’elle avait sa liberté entre les mains. Passer de pute à strip-teaseuse n’était pas franchement une révolution en soi, bien au contraire mais c’était les seules et uniques choses qu’elle savait faire à peu près correctement et elle doutait fortement que la situation actuelle se prête à ce qu’une mutante décide de faire des études dans une université pleine d’êtres humains. Et puis, le milieu du spectacle, comme elle l’appelait, n’était pas si désagréable que cela lorsqu’on en connaissait les rouages et les règles et qu’on se cantonnait à les respecter et à ne faire de l’ombre à personne. Sa vie pouvait susciter les fantasmes les plus fous mais en réalité, on ne faisait pas plus routinière que celle-ci, les jours s’égrenaient et se ressemblaient et ce même si elle changeait de temps en temps d’établissement pour telle ou telle représentation, pour elle c’était à peu près du pareil au même. Ca faisait six ans que son monde tournait de cette façon, dans la solitude la plus totale, il n’y avait pas de raison pour que ça change du jour au lendemain. Bien sûr, elle avait lié connaissance avec quelques personnes et avait même eu l’audace de braver sa réserve naturelle pour accueillir chez elle un adolescent sans repère mais ça ne rendait pas franchement sa vie plus palpitante. Soraya était cependant assez lucide pour savoir que ça venait d’elle et de son incapacité à se fondre dans la masse grouillante de cette ville et de profiter des choses simples de la vie. Sans doute était-ce la conséquence directe de ces années d’esclavage et d’excès qui lui firent passer le goût de l’amusement le plus simple. Elle n’en savait rien, seulement consciente que parfois, elle avait l’impression d’avoir plusieurs centaines d’années tant elle était d’un ennui mortel. Pathétique pour une femme aussi jeune qu’elle et surtout en pleine possession de ses moyens. Sa prise de conscience était récente et elle comptait bien reprendre sa vie en mains et essayer de profiter de tout ce temps perdu à traverser la vie comme un fantôme plutôt que de tenter d’en devenir l’actrice principale.

Six longues années avaient été le temps nécessaire pour faire le point et se détacher d’un passé que ses parents choisirent à sa place. Les plaies étaient encore ouvertes mais la faisaient bien moins souffrir qu’à son installation en ville et elle espérait que d’ici quelques années, elle pourrait en parler sans même ressentir la moindre once de honte. Elle se sentait responsable de tout ce qui lui était arrivé, responsable d’avoir accepté tout ça sans ciller avant que la chance ne vienne la trouver et lui fasse une offre qu’elle ne put refuser. Sa liberté, elle l’avait rêvé des milliers de fois mais n’aurait jamais imaginé qu’elle serait aussi morne et solitaire. Après avoir été maltraité durant des années, on peinait à refaire confiance à la race humaine ou plutôt, aux êtres vivants de manière générale. Mais se renfermer sur elle n’avait pas été la meilleure des options, bien au contraire, car il n’y avait que sur scène qu’elle se sentait totalement libre et ce même sous le feu des regards de centaines d’hommes et de femmes qui venaient la voir comme on se précipite pour découvrir la femme à barbe ou l’homme à trois bras. Elle avait parfois l’impression d’être une véritable attraction même si le fait qu’elle soit une mutante n’était qu’une rumeur, depuis que quelqu’un l’avait lancé –elle soupçonnait d’ailleurs son patron de l’avoir fait pour ameuter les foules - , la fréquentation de l’endroit était telle qu’il fallait réserver des semaines à l’avance pour espérer obtenir une place. Certes, elle n’était pas malheureuse matériellement parlant mais loin d’être accomplie dans sa vie de femme. Elle comblait le vide affectif par des dizaines de paires de chaussures, de sacs à main et de vêtements en tout genre mais ce n’était pas franchement le genre de choses qui tenait chaud l’hiver ou qui monologuait pour vous remonter le moral lorsque vous aviez un coup de blues. Rien ne pouvait remplacer la présence d’un être en chair et en os et il lui avait fallu autant de temps pour s’en apercevoir. Depuis qu’Aden, 16 ans, était entré dans sa vie, rentrer chez elle n’était plus le même calvaire, au même titre que cuisiner ou bien avoir un week-end de repos.

Très vite et contre toute attente, son instinct maternel s’était éveillé, la poussant à prendre soin de lui comme s’il avait été le fruit de ses entrailles, le traînant dans tous les magasins possibles et imaginables pour qu’il puisse choisir de quoi se remplir une chambre et recommencer une nouvelle vie auprès d’elle. Depuis qu’elle l’avait ramassé dans cette ruelle sombre après qu’il se soit fait tabasser par une bande d’idiots, elle estimait qu’il était de son devoir de prendre soin de lui et de le couvrir d’attention et d’une sorte d’amour ou bien ce qui s’en approchait le plus pour l’égyptienne. Elle tenta à de nombreuses reprises de lui faire dire d’où il venait, qui était ses parents et comme il avait atterri ici mais il refusait catégoriquement de trop en dire sur lui, la seule chose dont il parlait à tort et à travers, c’était de son côté mutant, de ses pouvoirs et de la nature qu’il avait en commun avec Kendi. Peu habituée à s’étaler sur ce genre de choses, elle trouvait toujours une manière ou une autre d’éviter le sujet pour ne pas avoir à donner des détails de son passé et surtout pour ne pas se mettre en danger. Plus le nombre de personnes au courant de ses dons était bas, plus ses chances de survie augmentaient. Outre ces petits points de discorde qui pouvaient les fâcher pendant des jours, la cohabitation se faisait plutôt facilement. Il avait accepté de suivre des cours par correspondance pour ne pas se mettre en retard dans son cycle scolaire et à côté, elle lui offrait pas mal de liberté, dans la limite du raisonnable. Ce qui les rapprochait ? Leur peur des autres et de tout lien trop sérieux. Lui parce qu’il risquait de les tuer en les touchant et elle parce qu’elle craignait que ce soit eux qui la mette hors d’état de nuire d’une manière ou d’une autre. Entre handicapés des sentiments sans réelle vie sociale, ils ne pouvaient que s’entendre à merveille.

Sa costumière lui passa un coup de fil au moment où elle émergeait de la douche pour la prévenir que sa dernière invention était prête et l’attendait fièrement. Elle ne travaillait que dans plusieurs heures mais excitée à l’idée de découvrir ce que cela pouvait donner, elle ne résista pas à la tentation et s’habilla à la hâte, non sans goût cependant, avant de prévenir Aden qu’elle partait et qu’ils se retrouveraient au petit matin. Une fois en bas de son immeuble assez chic, elle fit signe à un taxi qui s’arrêta près d’elle et la conduisit jusqu’au centre-ville, lui faisant la conversation sur les nouvelles attaques de mutants contre les êtres humains. Le malheureux, si seulement il avait su qui il transportait … Ce fut avec soulagement qu’elle émergea de sa voiture, lui donnant une petite liasse de billets avant de se précipiter dans la petite boutique qui ne payait pas de mine mais qui cachait d’incroyables trésor. Après plusieurs minutes d’essayage et d’ébahissement, elle finit par quitter l’endroit après avoir donné ses nouveaux dessins à la patronne pour qu’elle se charge de la réalisation de ses prochains costumes de scène. Si elle avait su qu’en sortant de là, elle aurait encore deux heures à tuer, elle aurait certainement traîné davantage. Un peu perdu après être passée de rue en rue, son regard parcourut l’endroit avant que ses yeux ne tombent sur un petit bar qui ressemblait plus à un boui-boui qu’à un endroit chic et à la mode mais ça lui était égal, ce n’était pas le genre de détails qui la rebutaient. Elle avait beau jouer la précieuse, elle en était loin. Tandis qu’elle traversait la rue, le bruit de ses talons aiguilles se répercutait sur les hauts murs sinistres de la ruelle alors que les regards se tournaient vers elle. L’un siffla tandis qu’un autre tentant, en vain, de l’accoster. Enfin et après ce qui lui parut être des kilomètres, elle franchit la porte de l’endroit et s’installa au bar sans prêter attention au fait qu’elle déteignait sensiblement avec la clientèle de l’endroit ou bien était-ce sa beauté naturelle qui faisait ressortir la simplicité du bar.

« Bonsoir, qu’est-ce que je vous sers ? »
« Ce que vous avez de plus fort ! » lui répondit-elle avec son accent d’orient qui ne laissait aucun doute sur ses origines
« C’est parti ! » dit le barman avec un sourire en coin

Avec précaution, elle posa le sac avec son costume à ses pieds et en profita pour retirer son manteau, ce qui fit taire quasiment toutes les conversations mais ne la mit pas mal à l’aise pour autant. Elle ignorait si c’était son pouvoir qui agissait malgré elle ou bien ses vêtements mais c’était souvent ce qui se produisait quand elle avait le malheur de se dévêtir un peu. Ou bien peut-être cela venait-il de sa robe d’un vert magnifique qui laissait entrevoir sa peau caramel sans trop en montrer et laissait une grande place à l’imagination ? Elle n’eut pas le temps de débattre intérieurement la question puisqu’on déposa un verre devant elle. Ses mains l’entourèrent avant qu’elle n’y trempe ses lèvres et ne grimace malgré elle à cause de la puissance du breuvage qui aurait pu décaper n’importe quoi. Ce fut suffisant pour l’enivrer quelques instants, assez pour qu’elle ne réalise pas qu’on prenait place à ses côtés et qu’une conversation avait lieu à quelques centimètres à peine de sa personne. Ce fut uniquement quand on s’adressa directement à elle et sur un ton impérieux qu’elle tourna la tête.

« Qui vous a permis de me tutoyer ? Il ne me semble pas qu’on se connaisse et encore moins que le fait qu’on soit assis près l’un de l’autre vous donne ce privilège. Par conséquent, je vois pas trop ce que ça peut vous foutre ! Si ça vous gêne d’être assis à côté d’une inconnue, vous pouvez toujours changer de place, j’étais là avant ! » lui balança-t-elle, le fixant avec intensité et sans ciller

Elle finit par se retourner vers le barman pour lui demander quelque chose de moins violent cette fois, sous peine qu’elle se retrouve à aller travailler en rampant.

« Dites-moi, tous vos clients sont aussi mal élevés ? " demanda-t-elle sûrement plus par provocation que pour obtenir une réponse

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MessageSujet: Re: Explosion de Couleurs Dim 20 Mar - 12:13

En général, lorsqu’il demande quelque chose, il souhaite avoir la « chose » en question, sur le moment, de suite, sans quoi il devient contrarié. C’est pour cela que dans son travail, il tente de modeler sa patience qui est mise à toute épreuve chaque jour ouvré. Pourtant, il semblerait que les frasques du boulot déteignent légèrement sur les côtés pour aller toucher les autres activités qu’il avait l’habitude de faire. Non pas que ces activités soient médiocres mais elles pouvaient bien vite le devenir. Déjà qu’il se sentait d’un air maussade, si en plus ou venait à lui répondre, cela n’allait pas le faire. Il fallait, ce soir, le brosser dans le bon sens du poil, ce qui n’était, bien entendu, pas évident dans la mesure où il ne respectait que très rarement les autres. Et il faut dire qu’il avait le chic en général pour tomber sur les personnes les plus chiantes qui soient. Avec Ilona, il était tombé sur un bulldozer, puis il avait vu Lukaz ainsi que Trinity. Pour tout dire, il cautionnait totalement le fait que ses relations soient entièrement violentes. Non pas qu’il ait une quelconque prédisposition au sadomasochisme, non – quoiqu’avec Trinity, on se le demande -, mais il appréciait les personnes avec un fort caractère qui lui tiennent tête. Il ne trouve pas du tout intelligentes les gens qui se lamentent sur leur sort nuit et jours. Certes on peut avoir un coup de blues m’enfin … faut pas exagérer quoi. Et lorsque la femme lui répondit, dans ce bar plutôt miteux de la ville, il se renfrogna tout en jouissant intérieurement.

Elle était de ces personnes qui répondaient et il faut souligner qu’il avait besoin de se défouler un peu ce soir. Pas au sens propre dans le cadre d’une violence physique gratuite. Mais comme quoi il souhaitait se délaisser aux soins d’une autre personne qui rentrerait mieux dans le rôle du méchant. Peut-être avait-il trouvé la bonne pioche dans cette femme qui lui retourna sa question avec une pointe de poison dans ses propos. Tandis qu’il n’avait prononcé que quatre mots, tout au plus, elle, lui fit tout un speech sur le fait qu’ils ne se connaissaient pas, qu’ils n’avaient pas à se tutoyer et gnagnagna et gnagnagna. Il la toisa du regard pour bien faire comprendre qu’il ne rigolait pas mais la vipère s’était déjà retournée vers le barman à qui elle adressa un propos à l’intention de William. Comme quoi, on trouve toujours plus fort que soi dans la nature. Mais soit, il aimait les défis alors il sourit. Cela pouvait passer pour de la moquerie envers la femme qui se tenait à ses côtés, mais pas du tout en réalité. Il aimait s’amuser et encore plus avec les gens alors pourquoi ne pas profiter de la femme pour se divertir. La journée avait été plus ou moins pourrie dans tous les sens du terme alors comme on aurait dit dans sa famille : « Go, go, go ! ».

    « Hey … Calmos ! J’ne veux pas te violer au coin de la rue tu sais … J’te pose une question, j’te mets pas de couteau sous la gorge. J’y arriverai même pas à tous les coups, t’sais ! »


Comment faire comprendre à la femme qui se trouvait juste là qu’il ne voulait pas non plus la vexer ? Certes son ton était un peu impérieux mais il n’avait pas cette intention de la prendre haut … quoique cela soit à nuancer dans la mesure où il prend quasiment tout le monde de son perchoir. Il s’efforça donc d’esquisser un sourire à ces mots pour qu’elle voit combien il ne souhaitait pas sortir la hache de guerre, elle qui avait déjà sorti la machette. Il sirota encore un peu sa boisson et s’attarda sur l’apparence de la femme. Elle portait des talons qui la grandissaient plus qu’il ne le fallait ainsi qu’une magnifique robe verte. ‘fin vous savez, une de ces robe simple dont vous tombez amoureuse parce que la simplicité est le plus grand atout. Et puis, elle mettait de la couleur dans la salle miteuse du bar miteux du quartier semi-miteux. Il n’y avait pas de personnes qui portaient sur elles des couleurs extravagantes comme celles de la femme. Selon William, elle devait être plus vieille que lui. Son maquillage la vieillissait d’après lui. En général les femmes qui se mettaient du maquillage faisait plus vieilles avec, enfin d’après ses idées légèrement farfelues. Son teint de peau était mat ce qui signifiait qu’elle devait venir de pays du Sud ou, du reste, avoir des origines de ces pays. Il se dit donc à lui-même que se devait être un bon moyen pour commencer la discussion. Il fallait bien commencer par un point, alors débutons par celui-ci

    « Je ne vous ai jamais vue ici, nouvelle ? De quelle origine êtes-vous sinon ? Et je dis cela sans animosité, hein ! »


Il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui déroule sa vie en long large et travers mais si elle pouvait au moins ranger sa machette symbolique, ça serait un bon début pour, qui sait, entamer une discussion un peu construite plutôt que de s'envoyer des bâches à tire-d'aile. Il sirota encore sa boisson avant de regard son regard profond dans ceux de la jeune femme. Jouer la carte de l'honnêteté, voilà ce qu'il fallait faire.

[ HS ] Désolé c'est plus court mais j'espère que cela te conviendra quand même ! x) Et désolé pour le temps de réponse.

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