Viens dans mes filets

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MessageSujet: Viens dans mes filets Dim 6 Mar - 22:25

Il y a des jours comme ça où tout va tout simplement trop mal. Le soleil se lève trop tôt, le réveil sonne trop tôt, on tombe du lit en voulant se dépêtrer de ses draps après une nuit de cauchemars éprouvants au possible, la douche ne marche qu’à moitié et au lieu de déverser sur nos corps endoloris de sommeil une eau tiède et savoureusement réconfortante elle ne fait que nous glacer un peu plus jusqu’aux os… Et il arrive même qu’en voulant se préparer un café on s’ébouillante littéralement la totalité de la cavité buccale et de la langue ! Oui, il y avait comme ça des journées maudite où le sors s’acharnait avec sadisme sur certaine personne... Et c’était malheureusement plus ou moins courant d’un individu à l’autre. Trinity en avait fait de nombreuse fois l’expérience et aujourd’hui encore elle pouvait joyeusement pointée aux « journée de merde anonyme », une association qui, si elle eut réellement existé, aurait été la plus adaptée à sa situation de malchanceuse invétérée. Tout avait commencé ce matin là à six heures tapantes lorsque son cellulaire s’était mis à sonner et à beuglé les sons stridents d’une musique punk rock des années quatre vingt-dix. Elle avait alors tâtonné plusieurs fois sur sa table de chevet, faisant au passage tomber de nombreux autres objets tel que son paquet de paracétamol ou son livre de chevet préféré, et avait appuyé sur la touche ‘réception d’appel’ la voix clairement embrumée par un sommeil trop brutalement interrompu.

« _ Ouai… Quoi ?
_ Mademoiselle Blake…
_ Bah ouai, oui c’est moi Trinity Blake… mais quoi à la fin ! Il est six heures et à moins que ce soit l’apocalypse par saint Jean à l’extérieur, je suis pas censée être réveillée avant ces foutues huit heure et demi !
_ Monsieur Abramovich à l’appareil.
_ Et merde… »


Et c’était franchement peu de le dire. Trinity n’avait jamais été l’employée la plus polie de la boîte mais elle n’en restait pas moins respectueuses et consciente de la hiérarchie. Se mordant l’intérieur de la joue et tournant à présent sept fois sa langue de vipère dans sa bouche, elle tenta vainement d’élaborer deux ou trois phrases d’excuses qui pourrait peut être plus ou moins expliqué son comportement à la fois grossier mais aussi et surtout profondément insolant… Peine perdue ! Elle avait toujours été archi nulle pour ce genre de chose. Se relevant de son lit après avoir jeter d’un coup de pied sec son édredon immaculé au bout de son lit, elle reprit la conversation téléphonique et murmura d’une voix devenue beaucoup plus douce et faible. Il faut dire qu’elle était globalement accablée par la honte.

« _ Oui monsieur. Que puis-je faire pour vous ?
_ Il s’avère mademoiselle Blake que malgré votre comportement fâcheux et peu conventionnel vous êtes l’une de nos meilleures salariées…
_ Je vous remercie mais rien ne peut expli…
_ Ne me coupez plus jamais la parole ! Je disais donc… Malgré votre comportement fâcheux je le répète, vous êtes l’une de nos meilleures journalistes d’investigation. Autrement dit nous ne vous confions en général que des affaires d’une certaines qualités.
_ Vous avez un job pour moi ? Ça tombes plutôt bien… je commençais à tourner en rond comme un lion en cage.
_ Très bien dans ce cas. Vous ne verrez pas d’inconvénients à passer à mon bureau dans ce cas. Il serait un peu stupide de rejoindre l’aéroport la semaine prochaine sans vous être munie de votre précieux billet d’avion.
_ Un quoi ?
_ Billet d’avion jeune oie blanche ! Ce n’est pas de ma faute si vous accepter une commission sans même en demander le contenue. Je vous veux à midi dans mon bureau pour récupérer la pochette. Elle contient aussi vos invitation personnelle et vos horaires de rendez vous pour interviewer Monsieur le vice président du Congo. »


La jeune femme ne se souvenait plus bien de la suite des évènements mais ceci étant cela n’avait pas de réelle importance à présent. Ce qui comptait c’est qu’au moment même où elle avait entendu la voix rauque et grave de son patron lui prononcer sa sentence, elle avait fulminée à un niveau de rage qu’elle n’avait atteins que très rarement. Le résultat avait été sans appel : elle avait fini par raccrocher sans demander son reste et avec une telle brutalité que son téléphone portable lui avait échappée des mains avant de percuter les lattes de son plancher. Rouge de colère, elle avait ensuite entamé de tourner en rond dans son appartement. Le minuscule trajet s’étendait du lit jusqu’à la table du salon et cela que se soit pour l’aller ou pour le retour.
Après avoir effectué son petit rituel, elle commença à pleinement réfléchir à aux solutions qui s’offraient à elle… C'est-à-dire par grand-chose. Elle pouvait soit refuser l’emploie soit se taire et aller récupérer ce fichu ticket pour l’enfer ensoleillé de l’Afrique. La première excluait forcément la possibilité d’une quelconque paye ou augmentation et qui plus est rajoutait à son cv déjà plutôt bien rempli en la matière ‘insubordination et refus de travailler sans aucune raison valable‘. Elle avait ensuite ruminé un moment avant de se résigner en poussant un soupire à fendre le cœur.

Elle avait ensuite passé un moment sous la douche pour détendre ses muscles et s’était jetée dans un pantalon et une veste de tweed grise. Une fois ainsi accoutrée elle se jeta dans les affres glacée et puantes de la rue. Il ne lui fallut alors qu’une petite demi heure pour remonter le Boulevard et rejoindre le Q.G du New York Times. Elle avait ensuite emprunté les escaliers en prenant à peine le temps de saluer Jody la secrétaire puis était entré sans frapper dans le bureau du directeur qui pour le coup avait fait une tête de trois pieds de long.

« _ Je vous attendais pour midi me semblait-il ?
_ Plus tôt j’aurais mes passeports pour l’enfer mieux je me sentirais !
_ Si vous continuez de me parlez comme ça vous savez ce qui vous pend au nez ?
_ Quoi ? Qu’est ce qui me pend au nez hein ? Le licenciement ? Vous savez aussi bien que moi que je suis la meilleure ici ! Vous savez que lorsque je suis sur un coup je bosse nuit et jour et je remplie vos fichues feuilles de choux de tout ce dont vous avez besoin pour vendre ! Et même du surplus la plupart du temps ! Vous allez me mettre à la porte et risquer de faire couler le journal juste à cause de mes mauvaises habitudes ?
_ Il s’avère qu’un peu de discipline ne vous ferait pas de mal je dois dire !
_ On est censé me juger pour mon travail ! Par pour ce que je porte ou ce que je suis… Qu’à cela ne tienne ficher moi dehors si vous en avez le cran mais sachez que vous le regretterez amèrement dans la minute qui suit car je trouverais bien un autre poste… Et ceux là seront plus laxistes vous pouvez me croire !
_ Ça va ! Pas la peine de vous énerver… Bon et si on parlait plutôt de cette affaire sur laquelle vous allez plancher ?
_ J’ai carte blanche ?
_ Tout à fait…
_ Alors je me débrouillerais une fois sur place. Si le rapport est complet je saurais quoi faire et comment le faire en temps voulu. »

Elle avait attrapé l’enveloppe en papier kraft marron légèrement bombée et l’avait fourré dans son sac à main étrangement vide pour une femme de son acabit. Une fois que tout ça se fut passé elle était rentrer chez elle avait bu un ou deux gin tonic avant d’aller se coucher et de terminer sa nuit.

En gros elle avait sacrément besoin d’un peu de divertissement maintenant qu’il était vingt et une heure et qu’elle n’avait rien fait de cette journée merdique à souhait. Elle se leva puis erra un moment complètement nue dans sa chambre avant d’enfiler directement sur la peau une culotte et un pull en mailles légère. Elle attrapa un short puis pianota sur on ordinateur après avoir réussit à obtenir une connexion wifi stable ce qui était non négligeable : Rien au cinéma, la colère lui avait coupé l’appétit… Que lui restait-il alors mis à part les bars ? Pas grand-chose ? Oh et puis zut… elle avait une envie folle de boire à en être saoul ! C’était le seul moyen, très peu féminin d’ailleurs, qu’elle avait d’oublier sommairement ses problèmes et aujourd’hui était un jour sans. Le genre qu’elle aimerait bien remettre au placard et cela sans attendre ! C’était donc le moment parfait pour se faire une orgie d’alcool bien mérité non ? Enfilant ses bottes de cuir noir à passage et sa veste en cuire élimée elle se dirigea vers le bar du coin… Celui qu’elle connaissait le mieux mais aussi celui qui se trouvait être juste en bas de chez elle. Ce qui n’était en soi pas une mauvaise idée parce qu’elle détestait avoir à ce trainer lamentablement jusque chez elle via le métro puant ! Et puis c’était doublement pratique quand on avait une conquête dans les filets !

C’est donc toute heureux qu’elle pénétra son lieu de rencontre préféré. Ne perdant pas de temps malgré l’heure elle commanda un verre de vodka et une bière. Sirotant le premier elle dodelina de la tête tout en cherchant du regard l’homme idéal pour une nuit de folie… mais visiblement il n’y avait que le type ‘macho-je-suis-un-étalon’ et aux dernières nouvelles même s’il la reluquait avec appétit ils ne lui donnaient qu’envie de vomir. Tant pis… Il fallait ce rendre à l’évidence aujourd’hui était VRAIMENT un jour sans… et sa libido devrait au moins attendre un moment encore. Elle avala une deuxième lampée du liquide transparent et brûlant puis s’élança sur la piste de danse une fois qu’elle fut déjà bien éméchée. Le patron la connaissait et ne fit que sourire tout en essuyant un ou deux verre d’un torchon usée et troué par endroit.

Mouvement de hanches par ci, mouvement de tête par là. Son corps était devenue aussi autonome que possible et à présent il se lançait dans une chorégraphie diabolique qui se calquait sur les rythme d’une musique rock vieillotte qu’elle aimait tant…Elle était aveugle à tout le reste et pourtant la majorité des clients la dévisageait à présent. Que se soit par haine, par jalousie ou par envie, des millions de petites mirettes étincelantes la transperçait de toute part sans qu’elle put s’en inquiété. Sur elles ces regard glissait comme de l’eau sur les écailles d’un serpent… oui c’était cela elle était trop fluide pour eux…

Elle était anesthésiée tant et si bien qu’elle ne repéra même pas qu’un peu plus loin se trouvait quelqu’un qu’elle connaissait bien… Quelqu’un qui ferait l’affaire ne serait ce que pour ses nerfs si ce n’était pas le reste.

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MessageSujet: Re: Viens dans mes filets Mar 8 Mar - 14:11

Une journée comme les autres en apparence pour cacher bien des surprises. On croit que tout va bien se passer, que la vie va vous sourire mais en fait que nenni. On se trompe, on se fourvoie et puis on sombre. On sombre dans la déchéance. Voici l’état d’esprit d’une personne X ou Y dans une période de la vie de l’homme. Et pourtant, cet état est parfois mieux retranscrit par certaines. Ce n’est pas toujours simple de faire les bons choix, de côtoyer les bonnes personnes ou bien encore de dire les bonnes choses. Qu’on le fasse on non, on est obligé d’avancer, de marcher, d’aller de l’avant pour tirer vers sa fin. Ces gens lambda sont toujours présents à chaque jour que l’humanité passe. Il y a toujours une âme en perdition si ou là et pourtant, elles avancent. Même en tentant de reculer, les gens avancent. C’est comme ça depuis très longtemps, si longtemps qu’aucune intelligence quelle qu’elle soit ne puisse la dater. Et ça continuera, irrémédiablement parce que l’humain est par définition un homme, à part entière, fait de chair et de sang mais aussi d’affectivité et d’émotions. Rien en lui n’est prévisible, tout comportement se décline sur une subjectivité certaine. Et cette silhouette au loin ne fait pas exception à la règle. C’est une silhouette pensante, une âme en perdition. Cette âme est William White.

Il s’était levé la tête dans l’brouillard. Qu’est-ce qu’il avait fait la veille déjà ? Il ne se souvenait plus mais peu importait, cela ne comptait pas. Il était sorti de la chose qui lui servait de lit et était allé à la salle de bain. Il avait une de ces têtes … A en faire pâlir les fantômes. Les cernes sous ses yeux témoignaient de sa fatigue. Ses cheveux totalement désordonnés témoignaient de sa dure nuit. Les plis sur son corps témoignaient du lourd sommeil qu’il avait eu. Il se débarbouilla le visage et entra dans la douche. A grands problèmes, grands remèdes. Il tourna le pommeau de contrôle de la température vers la droite, au maximum. Il se plaça sous le pommeau de douche au dessus de lui, inspira un bon coup, ferma les yeux, serra dents et fessiers et leva le manche de contrôle de la pression. Sur lui, se déferla une quantité d’eau « assez » froide, et ce, durant trois à quatre minutes. Il savait que pour régler ses problèmes de réveil, il n’avait qu’à réveiller son corps en douceur. Une fois qu’il eut fini de prendre sa douche, il enfila une chemise blanche ainsi qu’un jean. Il finit de se préparer et regarda l’heure qu’il était. Vu le soleil qui arrivait à transpercer les piteux rideaux qui lui restaient, il ne devait surement pas être huit heures du matin. Il regarda son réveil … quatorze heures. A quelle heure était-il rentré la veille ? Les souvenirs lui revenaient peu à peu. Le bar, les gens autour, l’alcool … Ok. Pas besoin de plus d’explications, il comprit rapidement ce qui lui était arrivé. Il s’était pris une bonne murge et avait réussi à rentrer chez lui grâce à la bonne parole du bon dieu. Non, il n’existait pas celui-ci …

Il ne prit pas la peine de se servir quelque chose à manger. Il chercha ses clefs d’appartement et il sortit. C’était son jour de congé. L’emploi du temps à l’hôtel était spécial dans la mesure où ils ne fermaient pas le dimanche. Il fallait donc faire les heures de travail des employés suivant les jours qu’ils travaillés. Ils n’avaient quasiment pas de jours ouvrés alors il posait des jours de temps à autre. Heureusement pour lui, ce jour était un congé. Il pouvait donc profiter pleinement et rattraper le temps perdu du petit matin. Il devait se trouver une nouvelle paire de chaussures et elle n’allait certainement pas venir à lui toute seule. Il descendit les escaliers de l’immeuble résidentiel où il vivait. Puis il se dirigea vers les boutiques et commerces. Si tel était son destin, alors il allait trouver l’objet de sa convoitise dès aujourd’hui. Il entra dans la première boutique venue d’un pas décidé. Il était éveillé désormais alors autant en profiter pour avancer dans ses choix. Il demanda à l’une des employées de le suivre. Il la quémanda pour lui ramener toutes les chaussures à bout pointu qu’elle pourrait trouver dans le magasin. Elle s’exécuta. Il dépensa une heure et demie de son temps dans ce magasin à tenter de trouver la paire de chaussures qui lui fallait. Il ne la trouva pas. Il sortit de donc de la boutique, fulminant. Si cette grande boutique n’avait pas ce qu’il désirait, où allait-il bien pouvoir trouver ce qu’il voulait ?

Il se dirigea vers un café quelques mètres plus bas. S’il ne pouvait pas acheter, autant finir de se réveiller avec un bon café bien serré et attendre que la nuit tombe. Il s’assit donc à une table, près de la vitrine, commanda sa collation et attendit là. Une heure, puis deux, puis trois. Il enchaina la caféine produisant sur son corps un état de total réveil, de totale excitation. La nuit risquait d’être fortement longue une fois encore. Le soleil entama son déclin laissant place à la nuit ténébreuse. Les ruelles s’assombrirent, laissant place à la réverbération produite par les hommes. L’employé se leva de son siège et sortit. La nuit tombante était fraîche et il frissonna en sentant l’air froid passer à travers le tissu de ses vêtements. Sa silhouette se dessina aux coins des rues, se dessina sous les réverbères. Son âme se mettait en mouvement. Il remonta la rue au pas, tourna sur la gauche, fila tout droit puis revint sur sa droite. Il était là, présent, comme toujours. Où pourrait-il aller sinon que de rester cloitré dans cette rue ? Il s’approcha, saluant quelques personnes au dehors et pénétra dans le bâtiment. Le monde qui se pressait là était déjà conséquent. Il fallait dire que tout ce beau monde profitait de soirées comme celles-ci pour se détendre entre amis ou autres. William White n’a pas tellement d’amis, alors il vient seul et se saoule tranquillement avec lui-même, il se suffit à lui-même il faut dire.

Il s’installa dans un coin du bar, prit sa chope de bière et sirota en silence lorsqu’il s’aperçu de l’agitation qui régnait dans celui-ci. Normal vous me direz. Mais là ce n’était pas tant le boucan mais plutôt les chuchotements. Les gens chuchotaient entre eux telles de petites commères. A croire qu’ils n’avaient que cela à faire. Il chercha donc le centre de leurs discussions et fut assez surpris de constater quel était cet objet. Cela faisait quelques jours qu’ils ne s’étaient pas vus et pourtant elle était bel et bien présente, là. Elle se déhanchait d’une façon ténébreuse, s’alliant magnifiquement bien avec la musique pop-rock. Il se leva, croisa son regard et sourit. Plutôt deux fois qu’une, il envala goulûment sa bière, défit sa veste et s’en alla en courant la rejoindre. Il se planta devant elle devenant alors immobile puis la rejoint dans sa transe diabolique. Il rit à souhait en pensant à tous les moments qu’ils avaient passés ensemble depuis quelques années déjà. Cela déchargeait son âme, sa silhouette devenait forme conscise en retrouvant une personne qu’il appréciait plus que tout. Enfin il allait pouvoir sortir tout ce qu’il avait en lui depuis quelques jours. L’alcool servait d’échappatoire mais ce n’était que temporaire que le rire d’une personne proche faisait toujours plus que oublier : ça effaçait. Dans le bruit, l’adrénaline et l’envie il tenta de lui dire.

    « Alors Trinity Blake, que faites-vous parmi nous ? »


La jeune fille était reporter, reporter à succès bien que sa carrière ne fit que de débuter. Il n’était pas rare de la croiser dans des bars mais pas toujours dans des états d’ivresse comme celui qu’elle avait débuté. Il lui sourit encore une fois, fit quelques tours sur lui-même et revint vers elle.

    « Puis-je vous inviter à ma table ou désirez-vous rester ici-même, ma dame ? »


[ HS ] Je me suis permis de m'incruster.

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MessageSujet: Re: Viens dans mes filets Sam 2 Avr - 0:28

Trinity savait que le monde tanguait dangereusement autour d’elle mais peut être était-ce un peu de cela qu’elle avait cherché. Elle savait également que la plus grande partie des clients se trouvant dans le petit établissement aux lumières tamisées étaient en train de chuchoter autour d’elle, de médire même... Le constant chuintement ne lui avait pas échappé et malgré l’alcool qui courait dans son sang et grisait ses sens, il lui apparaissait qu’elle passait pour ce qu’elle était en définitive: une fille sans aucune tenue et sans aucun savoir vivre! Mais elle s’en fichait passablement… C’était ce qu’elle était et elle ne le reniait jamais. Que ces gens pensent ce qu’ils veulent et qu’ils aillent au diable ! Sur les diverses banquettes colorées qui l’entouraient, des visages ronds et figés continuaient de la fixer et leurs yeux étrangement enfoncés et écartés lui apparaissaient ce soir comme deux trous sombres… Des trous très peu naturel si on y regardait bien. Mais de quelle morbidité pouvait-elle faire preuve lorsque la journée et la chance avait jouée contre elle ! Se désintéressant enfin de la piste de danse aussi bien à cause du nouveau morceau peu entrainant que de sa lassitude, elle se heurta à une silhouette aux contours flous.
Tout ce qu’elle pouvait en dire, c’est qu’en tout cas ses os et sa chaire n’étaient pas faits de brumes eux ! Vacillant légèrement puis esquissant un pas en arrière elle réussit enfin à reprendre son équilibre puis fixa l’inconnu qui finalement n’en était pas réellement un. Son sourire s’élargit lentement révélant des dents blanches et parfaitement alignée. Un sourire très peu commande mais néanmoins un sourire. En réalité malgré ce que son visage affichait elle était affreusement heureuse de retrouver parmi ces badauds une tête bien connue. Tant et si bien qu’elle prononça son nom dans un seul et unique souffle.

« _ William ? Mais qu’est ce que tu fiches dans cet endroit ? »


D’accord ce n’était pas vraiment la meilleure phrase de son crue, surtout dans cette situation… mais bon c’était tout ce qu’elle avait ! Et puis c’était mieux que rien… mieux que le regarder avec des yeux exorbités et humides… des yeux de merlan frit ! Baissant la tête vers son haut, elle remarqua qu’un morceau de tissu se collait contre son flanc. La moitié du liquide s’était renversé pendant le choc et imbibait à présent une partie de son vêtement qui se faisait un plaisir de lui signifier son mécontentement en se collant à sa peau nue. Elle pesta et grogna comme elle le faisait chaque fois que quelque chose la contrariait plus ou moins puis alla poser le restant de ce qu’elle buvait sur le comptoir. Le barman apparut aussitôt et le fit disparaitre comme par magie tandis qu’elle se redirigeait vers son souffre douleur préféré…

« _ Si c’est une invitation que voilà, je te dirais bien que venir à ta table me tenterais bien plus que de rester assise à côtés de cette assemblée de dégénérés ! »

Faisait un grand geste du bras elle engloba par la même occasion à peu près quiconque se trouvait dans son champ de vision. Elle se tourna ensuite de nouveau vers lui et lui adressa un coup d’œil à la fois taquin et mesquin. Un subtil mélange qui s’appliquait presque toujours lorsqu’elle était en compagnie de William. C’était difficile d’en dire plus pour elle puisqu’elle ne comprenait pas toujours ce qui la poussait à l’enquiquiner, mais des faits étaient des faits et elle savait qu’elle se drapait sans cesse dans cet apparent cynisme et ce dédain plus ou moins factice.

Laissant cependant ces questions métaphysiques de côté, elle s’approcha félinement de la table qui lui avait été désignée et se laissa tomber sur le siège qui se trouvait vide. Elle supputait qu’il lui était destiné, puisque mis à part elle et son acolyte personne d’autre ne semblait être attendu plus que ça. Elle alluma ensuite une cigarette et la porta à ses lèvres tout en souriant. Les volutes blanches inondèrent son champ de vision aussi vite que possible et se répandirent comme un voile devant ses yeux déjà relativement embués par l’alcool. Elle discerna derrière cette pellicule blanchâtre des visages toujours aussi déformé par l’ascension vertigineuse de la fumée vers le plafond puis elle ricana tout en murmurant pour elle-même.

« _ Franchement…Cet hideux rideau de nicotine ne vous rend pas justice les gars… derrière ça vous paraissez être une dangereuse clique de psychopathes grimaçants. »


Elle leur adressa un sourire chaleureux pour adoucir ses propos puis se pencha sur la table pour écraser le restant de sa cigarette qui avait été rognée jusqu’au filtre. Le mégot ayant rejoins ces petits compagnons, elle croisa les bras sur sa poitrine et s’autorisa à lancer un sujet de conversation puisque le silence prenait place et s’installait désagréablement. On aurait dit que chaque mot restait en suspension dans l’air … comme s’ils attendaient tous que ce soit elle qui lâche un semblant de phrase… qu’à cela ne tienne ! Elle allait les satisfaire de ce point de vue là.

« _ Alors William… tu es venu boire un verre avec des amis comme ça sans raison, où tu avais une motivation un peu plus insidieuse… comme je sais pas moi… chasser une jeune femme aux boucles blondes et aux lèvres pulpeuses ? »

Ce n’était pas très fin certes, ceci dit ça la faisait rire et ça déliait les muscles qui s’étaient tendus sous sa peau. A présent tout se relâchait petit à petit et elle pouvait pleinement apprécier les vertus apaisantes de la présence masculine de William. Au moins les hommes étaient simple, quasiment primaire… S’ils n’aimaient pas quelque chose, il le disait simplement et ne s’embarrassaient pas de détours encombrants. C’est ce qui les différenciaient tant des femmes et les rendaient si sympathiques à ces yeux… En conclusion, elle se sentait plutôt bien.

[H.S: pas de soucis.]

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