Interviewe mouvementée ▬ Arthur

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MessageSujet: Re: Interviewe mouvementée ▬ Arthur Mar 1 Mar - 18:08

- Rah saloperie, tu vas marcher oui, ou je t'arrache les circuits !

Arthur commençait à perdre son calme légendaire, mais cela pouvait à la limite être compréhensible. Beaucoup de gens s'énervaient sans raison quand il était question d'informatique, et le seuil de tolérance du jeune homme n'était guère plus élevé que la moyenne dans ce domaine. Sauf qu'habituellement, il aimait bien quand cela ne marchait pas. Il pouvait bidouiller, faire des essais, reprogrammer tout depuis le début, bref bien s'amuser. Or là, la panne était on ne peut plus frustrante puisqu'elle touchait le modem qui permettait l'accès de ses ordinateurs à Internet. Arthur était du genre à préférer ne pas avoir d'eau courante plutôt que de ne pas avoir de net, surtout un jour de congés. D'autant plus qu'il n'avait rien touché ! Bon, peut-être quelques lignes de code par-ci par-là, il ne se souvenait pas très bien. Il porta les mains à sa tête et respira profondément, sentant que s'il ne se calmait pas, la prochaine étape serait l'arrachage de cheveux à pleine poignée.

Bon, il fallait qu'il exploite toutes les solutions possibles avant de se laisser aller à une défenestration sauvage du matériel informatique. Il ferma les yeux et laissa son esprit courir le long des circuits électroniques, pensant qu'en utilisant son pouvoir il pourrait balayer les sources potentielles de bug bien plus rapidement qu'avec la méthode old school. Enfin, ça c'était la théorie. Il n'était pas un as lorsqu'il s'agissait d'autres appareils que les ordinateurs, et il buta rapidement sur quelques difficultés insurmontables. Il coupa rapidement la connexion, se couchant sur le côté afin de supporter au mieux les quelques minutes de malaise qui suivaient invariablement l'utilisation de son pouvoir. L'inspection rapide qu'il avait effectué lui montrait qu'il y avait bel et bien un bug dans le pâté, probablement suite à une mauvaise manipulation de sa part. Restait à savoir ce qu'il avait merdé et où. Sans le support internet dont il s'était servi, cela risquait d'être coton. Arthur n'avait pas de temps à perdre à tripatouiller au hasard, quitte à planter définitivement l'engin, activité à laquelle il se serait volontiers livré s'il n'avait pas un site web à programmer pour un particulier et il comptait expédier cette corvée aujourd'hui. Il se redressa, cherchant une solution qui lui permettrait de rester tranquillement chez lui ; n'en trouva pas. Il n'avait plus qu'à prendre sa clé USB et sa mauvaise humeur, se rendre au cyber café et essayer de chercher sur le net une solution à son problème. Il s'y résolut en grognant, se mit debout et se traîna jusqu'à la salle de bains.

Il s'examina dans la glace, regardant si la longue balafre qui traçait son chemin de son front jusqu'à son menton, épargnant heureusement son oeil, était en voie de guérison. Cette saleté de mutant poilu ne l'avait pas loupé. Il avait eu de la chance de s'en tirer sans rien de cassé (enfin, si on omettait un trauma crânien et assez d'ecchymoses pour être en passe de ressembler à un schtroumph, ainsi que cette magnifique blessure de guerre qui n'arrangeait pas son look). Il avait encore des douleurs en effectuant certains mouvements, plus de deux semaines après son agression. Il s'aspergea le visage d'eau pour se remettre les idées en place, enfila une tenue décente et gagna le salon à la recherche de ses clés.

Alors qu'il soulevait divers objets et chat pour vérifier que le trousseau en question ne se trouvait pas dessous, un sifflement strident lui vrilla les oreilles, l'obligeant à interrompre toute fouille. Il porta les mains à son crâne et s'effondra sur le canapé, le souffle coupé par l'intensité du bruit. Celui-ci finit par cesser, laissant Arthur dans un silence presque absolu. Il secoua un peu la partie externe de son implant auditif, comme si cela pouvait l'aider à mieux marcher. Au bout de quelques secondes, il y eut un nouveau sifflement, plus bref celui-ci, de nouveau plus rien, et le son revint enfin à la normale. Décidément, ce n'était pas son jour. La semaine qui avait suivie son agression, l'implant avait montré ce genre de signes de faiblesse, mais cela faisait quelques jours qu'il fonctionnait de nouveau sans problème. Arthur avait de sérieux motifs d'inquiétude à ce sujet. Remplacer un tel dispositif n'était pas donné et même s'il disposait d'un meilleur compte en banque qu'à l'époque où il avait dû voler pour se le payer, ses économies risquaient de ne pas apprécier du tout. Il ne pouvait donc se résoudre à aller voir un ORL, espérant que le problème n'était que passager. Mais si ça continuait, il allait devoir mettre la main au porte-monnaie.

Arthur resta quelques minutes assis sur le canapé, le temps d'être sûr que le problème n'allait pas se manifester de nouveau. Il retrouva par ailleurs ses clés, sur lesquelles il s'était assis. Il vérifia que son audition était à peu près retournée à la normale, et sortit enfin pour se rendre au cyber café.

Celui se trouvait à une vingtaine de minutes de marche de chez lui. Arthur n'avait aucun moyen de transport personnel, il usait donc du bus, du tramway ou du métro suivant les besoins, voir la marche à pied le cas échéant. Il se risqua à jeter un coup d'oeil aux horaires de bus, histoire de vérifier que cela ne valait pas le coup d'attendre (ce qui était le cas) et se résolut à se mettre en route à pattes. L'incident d'il y a quelques minutes l'avait dissuadé de brancher son habituel casque pour écouter de la musique ; ce fut assez bizarre de se balader sans fond sonore et il eut du mal à s'y habituer. Ses pensées finirent par prendre le dessus et il se laissa perdre dans le cheminement de ses réflexions personnelles, profitant du temps agréable de cette fin d'hiver.


Le cyber café était loin d'être bondé et Arthur n'eut aucun mal à trouver un coin tranquille où s'installer. Il n'aimait guère ce genre d'endroit, sans doute parce qu'il n'était pas un accro des lieux publiques. Pourtant, il aurait dû se sentir à l'aise au milieu de gens qui manifestement n'étaient pas capables de se passer d'Internet et qui devaient de près ou de loin avoir les mêmes occupations que lui. Mais c'était plutôt l'inverse et il dut faire un effort pour ne pas fixer désagréablement son voisin occupé à écraser des trolls dans un jeu en ligne.

La recherche lui prit une petite demi-heure. Il quadrilla soigneusement tout ce qu'il pouvait trouver sur le net, collant ensuite le tout sur un fichier texte qui finit sur sa clé USB. Ce serait rageant de rentrer avec des infos manquantes qui l'obligeraient à faire un nouvel aller-retour... ou pas, il serait trop flemmard pour ça et en finirait frustré. Valait mieux éviter donc. A priori, il situait à peu près le problème, mais voulait avoir la documentation la plus complète possible pour éviter de se retrouver dans l'impasse au cas où il aurait merdé autre part.

Une fois sa clé remplie et récupérée, il alla régler son dû au régent du cyber café, avant de quitter l'endroit pour rentrer chez lui. Son esprit était déjà occupé à dénouer mentalement son problème informatique, et il faillit rentrer dans une jeune fille qui s'était postée juste devant lui. Il pila juste à temps, s'apprêta à s'excuser et à la contourner, mais apparemment c'est après lui qu'elle en avait. Un calepin et un crayon à la main (c'était déjà relativement mauvais signe), elle lui bloqua le passage et se lança dans une déclaration clamée presque d'une traite, sans lui laisser la possibilité de placer un mot et avec à peine le temps de comprendre le pourquoi du comment. Arthur essaya d'intégrer les informations au fur et à mesure. Son nom... peine perdue, à peine prononcé, déjà oublié. Journaliste, reportage, ça ça faisait tilt. Hé mouise. Il n'avait aucune envie d'être reporté, lui. Malheureusement pour lui, Arthur avait du mal à envoyer promener les gens. En plus de ça, la donzelle semblait totalement déterminée à le sonder et à moins de lui donner un coup de tête et de s'enfuir en courant, ce qui serait très peu galant, il ne voyait pas trop d'échappatoires.

La journaliste lui demanda s'il était d'accord pour répondre à ses questions, mais c'était sans doute pour le style puisqu'Arthur n'eut pas le temps d'émettre une objection qu'elle avait déjà enchaîné. Il soupira. Bon, autant y aller, elle était ravissante et il pouvait toujours essayer d'y trouver une consolation – en faisant un très très gros effort.


- Euh... hé bien...

Durant l'échange, c'est tout ce qu'il avait été capable de caser. Vu qu'elle venait de se taire et attendait manifestement une réponse de sa part, il s'efforça d'en formuler une cohérente.

- Oui, oui et... oui, en fait. Je suis informaticien, compléta-t-il d'un ton incertain.

Il n'avait aucune envie d'étaler sa vie privée dans un potentiel reportage. La journaliste sembla attendre quelques secondes et voyant qu'il n'y aurait rien d'autre, reprit la parole. Sa phrase disparut dans un sifflement insupportable. Arthur porta vivement la main à une de ses oreilles, les doigts crispés sous l'influence du son qui finit par disparaître en laissant derrière lui le silence habituel. Hé mouise, le retour. Décidément, ça tombait au moment critique. La jeune fille lui dit à nouveau quelque chose, qu'il perçut à peine et ne comprit absolument pas, n'ayant pas eu le réflexe de lire sur ses lèvres.


- Excusez-moi, j'ai un problème de... d'implant auditif, grogna-t-il le plus distinctement possible.

Incapable de s'entendre, il ne sut pas si ce qu'il avait dit était compréhensible ou non pour elle.

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MessageSujet: Re: Interviewe mouvementée ▬ Arthur Jeu 3 Mar - 11:22

     Neve observait l'homme face à elle, il soupira alors qu'elle parlait, tenta d'en placer un mais sembla abandonner devant le débit que possédait la jeune femme. Ah ! Si elle pouvait bien se targuer de quelque chose, c'était d'être capable de noyer ses interlocuteurs sous une masse d'information, en un temps record ! Après tout, la pauvre ne possédait pas beaucoup d'autres choses, elle n'était pas proportionnée comme une diva, ne possédait pas un décolleté avantageux, ne portait pas de jupe qui dévoilait plus qu'elle ne cachait, et n'avait malheureusement qu'une taille assez impressionnante pour attirer l'attention. Si elle avait été petite, ça aurait été le pompon et la demoiselle aurait tout simplement été incapable d'aligner trois mots en captant l'attention des autres. Du coup, elle choisissait la méthode « rentrons-lui dedans », et elle ne se privait pas de la mettre en œuvre à chaque fois que son chemin croisait celui d'une cible potentielle, enfin, d'un sujet d'article potentiel, ça faisait moins étrange. La jeune femme posa son regard gris sur le visage de son interlocuteur, attendant une réponse de sa part, et l'homme daigna enfin lui répondre plusieurs fois par la positive avant de dire qu'il était informaticien. Déjà, la jeune femme fut rassurée de voir qu'elle n'avait pas été rabrouée par l'homme et qu'il n'avait pas décidé de lui balancer ses affaires à la gueule pour qu'elle se taise, mais visiblement il n'était pas pour autant décidé à poursuivre. Elle pencha légèrement la tête sans le quitter des yeux, attendant qu'il daigne lui en dire plus, mais visiblement le bougre était quelqu'un de tenace et refusait de lâcher plus d'informations à la blonde. Cette-dernier ne baissa pas les bras, elle s'arma d'un grand sourire presque sincère, qui laissait filtrer une expression signifiant clairement qu'elle n'avait pas envie de lui lâcher les baskets, puis prit la parole d'un ton toujours aussi plein d'énergie.

     ▬ Je vois, et est-ce que vous travaillez pour le cyber café ou vous êtes venu ici simplement pour une utilisation personnelle ? »

     Mais elle remarqua à ce moment que le jeune homme porta sa main à son oreille, comme si visiblement quelque chose venait de le surprendre. A quoi jouait-il ? Neve s'interrompit quelques instants en le regardant d'un air interloqué, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il mime une douleur aux oreilles pour lui faire comprendre qu'il n'avait aucune envie de l'écouter bavasser. On lui avait déjà fait tous les trucs, du moins c'était ce qu'elle imaginait à ce niveau. L'Irlandaise fronça les sourcils l'espace d'un instant avant de décider qu'elle se moquait de sa tentative d'esquive et qu'elle allait jouer la barbare en rentrant directement dans le tas (non qu'elle le qualifiait de tas évidemment ! Il avait plutôt l'air du contraire).

     ▬ Est-ce qu'il y a un problème ? Si je vous dérange vous pouvez me le dire clairement vous savez. »

     Il la fixait, une nouvelle fois, et elle crut lire quelque chose comme de l'incompréhension dans son regard. Et bien ? Il marmonna soudain quelque chose, lui disant qu'il avait un souci d'implant auditif, tout cela prononcé d'une manière quelque peu incompréhensible justement. Elle le regarda avec surprise, on ne la lui avait jamais fait celle là ! Elle avait déjà eu le droit à pas mal de connerie, une rage de dent, le traditionnel plat sur le feu, l'enfant à chercher alors que la nana ne devait jamais avoir gardé un enfant de sa vie, mais l'implant auditif qui lâchait, alors là, c'était une grande première ! Parce que évidemment, vous l'aurez compris, la belle blonde ne croyait pas une seule seconde à ce que le bel homme face à elle lui servait, est-ce qu'il essayait de se jouer d'elle pour trouver une excuse pour fuir ? Il était tombé sur la mauvaise personne, son patron la qualifiait des fois de chewing-gum ou de pitbull, elle ne lâchait pas l'affaire et restait collée à la semelle, quelque chose de peu flatteur mais qui lui donnait au moins une certaine présence au journal. La demoiselle baissa ses yeux gris vers son carnet avant d'esquisser un sourire pour prendre son stylo et commencer à gribouiller avec rapidité sur son carnet, puis elle le redressa pour le placer devant les yeux de son interlocuteur. La jeune femme ne se laissait pas faire, elle avait noté ce qu'elle voulait lui dire sur un papier pour qu'il n'use pas de l'excuse de l'audition, il ne pouvait pas prétexter un aveuglement subit tout de même ! Ou ça serait sacrément culotté ! Écrit d'une écriture appliquée, où l'on trouvait quelques morceaux d'Irlandais codé dans les marges et qui servaient à des sortes de rappels pour la journaliste, l'homme devait pouvoir lire sans trop de peine.

     ▬ Puisque visiblement vos implants auditifs ne semblent pas m'apprécier, j'espère que vous pourrez me répondre comme ça, après tout, autant que mon carnet nous serve. Est-ce que vous auriez deux minutes pour m'accorder du temps autour d'une table ? »

     Lorsque le regard de son interlocuteur cessa de suivre les lignes qu'elle avait noté, la jeune femme baissa son carnet avant de désigner une espèce de petit café pas très reluisant qui se trouvait juste à coté du cyber café. Habituellement Neve n'offrait pas un café ou une consommation à toutes les personnes qu'elle interrogeait, mais disons que vu qu'il prétextait ne plus rien entendre, elle devrait se démerder pour écrire et avoir son écrit en retour, seulement noter des lignes sur un bloc-note debout au milieu de la rue, ce n'était pas particulièrement aisé. Assis à une table, ils seraient beaucoup mieux, et puis bon, il était le premier à lui avoir balancé l'excuse de l'implant auditif qui lui faisait défaut, ça lui valait bien un petit cadeau pour la peine non ? La jeune femme esquissa un léger sourire, plutôt satisfaite d'elle, s'il prétextait ne pas avoir le temps, elle le laisserait tranquille, mais bon, pour une fois qu'elle tenait quelqu'un qui avait l'air de ne pas avoir le courage de la repousser, elle n'allait pas le lâcher ! Un peu à la manière des lionnes qui sentaient l'animal faible du troupeau, Neve avait rapidement constaté qu'il avait l'air de ne pas trop apprécier l'idée d'être interrogé, et son comportement plutôt posé depuis le début de l'entrevue la confortait dans cette idée. Elle hésita un petit moment avant de reprendre son carnet contre elle, essayant de pouvoir écrire sans trop de peine, et après une rapide gymnastique qui montrait clairement qu'elle avait l'habitude de faire ce genre de choses, elle traça quelques lignes sur les feuilles blanches avant de replanter le carnet devant les yeux de son interlocuteur silencieux pour lui montrer qu'elle ne comptait pas le lâcher.

     ▬ Est-ce que votre implant est hors service pour la journée ou je peux espérer entendre à nouveau le son de votre voix ? Est-ce que vous pouvez déjà réfléchir à la place de votre métier dans la société ? »

     Lorsqu'il leva les yeux, elle lui décrocha un grand sourire, sa dernière question montrait clairement qu'elle avait vraiment dans l'idée de l'interroger, et trop aimable qu'elle était, Neve lui indiquait ce qu'elle comptait lui demander pour qu'il puisse y réfléchir avant. Elle avait fait un trait d'humour en parlant de sa voix, évidemment elle se doutait que son interlocuteur pouvait parler même sans entendre, mais ce serait comme de vouloir dessiner sans voir, on ne savait pas où on allait et ça risquait plus de ressembler à du Picasso qu'à du De Vinci. Elle inclina légèrement la tête sur le coté, comme si elle attendait une réponse, puis leva son carnet de son stylo avant de les tendre devant elle pour l'éventualité où il persisterait dans son mensonge et voudrait la congédier par écrit. Ça aussi ça serait une première, mais Neve ne se laissait pas démonter, elle était Irlandaise, en avait le caractère, et ce pauvre homme arrivait juste un jour où son humeur était mise à rude épreuve. Heureusement que la belle blonde n'était pas dans LA semaine qu'une femme détestait chaque mois, sans quoi il aurait certainement essuyé encore plus de mauvaise humeur et de ténacité.

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MessageSujet: Re: Interviewe mouvementée ▬ Arthur Jeu 10 Mar - 17:39

Centré de nouveau sur ses préoccupations d'ordre auditive, Arthur en avait presque oublié la présence de la journaliste pot de colle. Malgré ses attentes, le son ne revint pas ; il n'y avait certes plus de sifflement, mais il était revenu à son niveau d'audition d'avant implant, c'est-à-dire une quasi surdité. Il ne percevait qu'un vague bruit de fond, où les différents sons étaient à peine identifiables et certainement pas compréhensibles. Il n'allait pas y échapper, à l'audioprothésiste. La guigne quand même ; s'il avait su tous les ennuis que le poilu fanatique lui avait apporté en plus d'un arrêt de travail et d'une série d'hématomes douloureux, il lui aurait filé un troisième coup dans les valseuses. Arthur essaya de réfléchir ; il ne s'était guère intéressé aux explications reçues lors de son premier implant. Il espérait que ce n'était que la partie externe qui était abîmée et qu'on pourrait facilement la changer, car il se souvenait très bien de la petite intervention qu'on avait pratiqué pour placer l'implant dans l'oreille interne. Ce n'était pas grand-chose mais c'était quand même une opération. Avec un peu de chance, il n'y aurait pas besoin de l'ouvrir de nouveau. Et ça lui coûterait moins cher, surtout. Il faudrait passer par Genesys aussi. Arthur avait pris cette habitude, allant voir un médecin sur place quand il en avait besoin. Il était peut-être un peu paranoïaque, mais il était non recensé et désirait le rester. Genesys pourrait sans doute lui donner l'adresse de quelqu'un de confiance et compétent, du moins il l'espérait.

Il fut interrompu dans ses réflexions personnelles par la journaliste qui lui colla son calepin sous le nez. Aaah, oui, il avait réussi à occulter sa présence du coup (difficile mais faisable) mais elle ne semblait pas décidée à lâcher le morceau. Une fois le premier choc de la perte d'audition passée, Arthur réussit à se concentrer suffisamment pour lire les quelques lignes qu'elle avait griffonnée à son intention. Outch. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'avait pas la langue dans sa poche (enfin, façon de parler pour le coup). Elle ne le croyait manifestement pas et il en était estomaqué. Elle était gonflée quand même, d'imaginer qu'il aurait inventé une pareille excuse pour l'esquiver. Ca aurait été faire preuve d'une certaine imagination. Son jugement s'adoucit un peu en se disant qu'on avait dû lui sortir déjà toutes sortes d'excuses pour l'éviter et que ça n'aurait pas été la plus farfelue qu'elle aurait entendu. Mais pour le coup, il lui faudrait prouver sa bonne foi, c'était une question d'honneur (enfin, le petit tas tremblant quelque part dans sa conscience qui lui servait d'égo). Arthur fut soudain pris d'une envie de se venger. Quoi, elle l'abordait comme ça en pleine rue, se moquait presque ouvertement de lui, et semblait en plus contente d'elle si on voyait le petit sourire en coin qu'elle arborait. Quelle sadique ! D'accord, l'informaticien n'était pas des plus reluisants dans l'affaire, il s'était laissé prendre et comme il était incapable de dire non ou de repousser fermement les gens, il était une proie facile. Il sentit son amour-propre se trémousser brusquement. Ha ! Quitte à perdre du temps, autant faire les choses biens. Arthur se convainquit que s'il voulait lutter contre Apocalypto, il devait être capable de sortir la tête haute d'un entretient avec une journaliste, aussi tenace soit-elle.

Il accepta donc sa proposition de s'installer dans un café d'un hochement de tête tout en lui rendant son carnet, non sans une expression un peu froissée histoire de montrer qu'il était quand même vexé qu'elle ne le croit pas. Elle lui griffonna une nouvelle tirade, pas plus aimable que la première. Elle enfonçait le clou en plus ! Arthur lui jeta un regard torve. Espérons qu'elle soit confuse quand il lui montrerait qu'il ne mentait pas au moins, qu'elle rougisse un peu, ça lui ferait plaisir ! Il repoussa ses cheveux pour dégager son oreille et lui montra la partie externe de son implant, un bout de plastique couleur chair disposé derrière le pavillon, qui s'enroulait contre celui-ci, presque invisible il est vrai pour qui n'y fait pas attention.


- Vous me croyez maintenant ? Je ne peux pas vous prouver qu'il a vraiment des ratés, mais je serais ravi que vous gardiez vos remarques sarcastiques pour vous.

Il entendait sa propre voix, presque lointaine, sans pouvoir comprendre ce qu'il disait. Il avait presque oublié quelle sensation étrange cela faisait, et imprimer à sa tirade une intonation correcte, tout en évitant de la hurler ou de la murmurer, n'était pas vraiment simple. Il espérait quand même qu'elle parvienne à le comprendre. C'était marrant, comme la fierté irlandaise pouvait soudainement reprendre le dessus quand on le titillait un peu trop. Son indolence faisait que ses proches se moquaient en le surnommant « l'Anglais », car son flegme faisait plus british qu'irish, mais ses gènes se réveillaient de temps en temps.

- Je peux parler, mais comme je n'entends pas ce que je dis, je ne sais pas si je suis compréhensible.

Exercice pénible et périlleux et il aurait préféré en être dispensé, mais maintenant qu'il était décidé à lui rabattre le caquet, il ne lâcherait pas le morceau. Ils se dirigèrent donc vers le café, qui n'avait rien de particulier et était passablement vide à ce moment de la matinée, ce qui fait qu'ils n'eurent aucun mal à trouver des places. C'était un établissement très petit, pas très confortable et d'aspect un peu désuet, tenu par un barman plus absorbé par le match de base-ball à la télé que par ses clients, mais Arthur, pas plus que la journaliste sans doute, n'en faisait grand-cas.

Il prit place en face d'elle et se demanda s'il devait la faire écrire toutes ses questions ou non. Certes, l'idée était marrante, mais maintenant qu'elle était attablée, elle n'aurait pas à se contorsionner comme elle avait dû le faire dans la rue, ça serait donc moins fun. Tant pis, il allait retourner aux sources, ça ne lui ferait pas de mal.


- Vous n'êtes pas obligée d'écrire, je sais lire sur les lèvres. Enfin, j'ai su. Essayez de ne pas parler trop vite, cela devrait passer. Si vous préférez que j'écrive, dites-le.

Il aurait largement préféré au lieu de s'escrimer à essayer de former des sons compréhensibles. Arthur n'était pas du genre persévérant et cela allait vite le fatiguer. Le serveur eut enfin l'air de se rendre compte qu'ils étaient là et vint prendre leur commande. Arthur demanda un irish coffee, puis une fois l'homme parti, prit le carnet de la journaliste pour y coucher sa tirade, n'ayant pas le courage de se lancer dans une telle réponse oralement.

« La place de mon métier dans la société, hein ? Omniprésente, je dirais. Quelle société n'utilise pas l'informatique, de nos jours ? Tous sont équipés d'ordinateurs et la grande majorité en dépende pour leur travail. Il faut bien qu'il y ait des gens comme moi pour s'occuper de ça. Et puis il y a peu de gens qui n'ont pas d'ordinateur ou d'accès internet chez eux, maintenant. L'informatique a prit de plus en plus d'importance durant ces dernières années et je ne pense pas que ça va s'arrêter. Enfin, notons que je ne vous apprends rien. Autre chose ? »

Cela lui faisait penser qu'il avait un site sur le feu et deux illustrations complexes à réaliser dans les plus brefs délais. Son pouvoir allait lui être grandement utile pour le coup, surtout s'il s'amusait à perdre du temps à tenir tête à une jolie blonde retord. Mais il l'attendait au tournant à présent, qu'elle essaye de s'avancer un peu plus dans le sujet et il serait ravi de l'assommer sous les termes informatiques incompréhensibles. Non mais.


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MessageSujet: Re: Interviewe mouvementée ▬ Arthur Ven 11 Mar - 14:11

     Un jour un collègue peu aimable et plutôt rustre lui avait confié qu'elle lui faisait penser à une mouche, le genre d'animal chiant que vous chassiez d'un geste de la main et qui revenait vous emmerder deux secondes après. La belle avait froncé les sourcils en lui rétorquant que les mouches étaient des insectes et non de simples animaux, et que ce qui attirait généralement les mouches, c'était les merdes et les cadavres en décomposition. Le rustre ne lui avait plus jamais adressé la parole depuis cette entrevue quelque peu mouvementée, mais ce crétin avait réussi à lui coller cette métaphore à l'esprit. L'Irlandaise ne pouvait s'empêcher de repenser à une mouche qui tournait autour de ses interlocuteurs lorsqu'elle leur parlait et qu'ils affichaient une mine contrariée, pas très reluisant, déjà qu'elle avait écopé du surnom de la viking, autant dire que ça réduisait encore ses chances de séduire qui que ce soit, en envisageant que ça puisse être son souci évidemment, ce qui n'était pas le cas. Elle l'observa de son regard gris clair alors qu'il repoussa ses cheveux pour dégager son oreille et désigner une espèce d'appareil couleur chair qu'elle connaissait bien comme étant un dispositif destiné à améliorer l'audition des malentendants. Neve s'était plantée soit, ce n'était pas une excuse, mais elle ne remarqua pas pour autant le fait qu'elle avait visiblement froissé son interlocuteur, c'était tellement naturel qu'on lui mente qu'elle avait du mal à envisager que l'on puisse lui dire la vérité ! Mea culpa, elle avait fauté, mais la demoiselle ne comptait pas s'excuser ou se fondre en excuses, après tout elle ne voyait aucune raison de le faire, le mensonge de nos jours, c'était une chose qui faisait partie de la vie quotidienne. Elle hocha légèrement la tête alors qu'il lui demanda de garder ses remarques sarcastiques pour elle.

     ▬ En effet, vous disiez la vérité, mais la méfiance est de mise de nos jours malheureusement ! »

     Pas d'excuses, non non, ce serait bien mal la jauger que de croire qu'elle pourrait s'excuser pour une chose aussi futile, de son point de vue. C'était déjà oublié de toute manière, la demoiselle était ainsi faite, elle ne s'attardait pas sur les détails sans importance comme c'était le cas, préférant ne garder que les choses réellement importantes pour elle. Finalement il lui déclara pouvoir parler mais qu'il ignorait si ce qu'il disait était compréhensible, et pour être sincère, il parlait même largement mieux que certains de ses collègues qui marmonnaient dans leur barbe ! La demoiselle esquissa un léger sourire qui n'était pas du tout destiné à faire passer sa faute (qu'elle avait déjà passé à la trappe), mais juste parce qu'elle désirait pouvoir rassurer son interlocuteur sur ce point. À tout hasard, au cas où il entendrait encore un peu, elle ne put s'empêcher de lui lâcher quelques mots.

     ▬ Rassurez-vous, je vous comprends parfaitement. »

     Ils se dirigèrent alors vers le café qui se situait juste à coté, elle ne pensait déjà plus à ce qu'elle venait de dire, et ignorait totalement que l'homme à ses cotés pouvait éprouver une certaine rancœur à son égard en raison du comportement peu amène qu'elle venait d'avoir à son égard. Neve était ainsi faite, elle avait une sale habitude, dire ce qu'elle pensait, ne pas se gêner pour balancer les vérités en plein visage, et quelque fois même, dire des choses qui seraient mieux, passées sous silence. C'était sa manière d'être, un peu maladroite, rentre-dedans, c'était ce qui faisait son charme disaient ses parents, mais malheureusement la majeure partie des personnes qui écopaient de son caractère fonceur n'appréciaient pas ce coté de sa personnalité. Peut-être que l'autre finirait par se rendre compte qu'elle était aussi rentre-dedans que lui était timide ? Ils étaient presque opposés sur ce point, et à n'en pas douter, ça allait certainement donner un résultat plutôt amusant. La journaliste posa alors son regard gris sur son voisin de table alors qu'ils s'étaient installés, il lui expliqua qu'elle n'était pas obligée d'écrire et qu'il savait lire sur les lèvres, puis il proposa d'écrire de son coté, pourquoi pas, ce serait même plus pratique d'un coté ! Après tout elle prenait tout en note, donc s'il l'inscrivait directement, ça ne pourrait que lui faire gagner du temps. Elle haussa les épaules d'un ton léger en poussant le bloc-note vers lui, agrémentant le tout d'une nouvelle remarque tout à fait bénigne pour elle, mais qui pourrait certainement encore vexer son interlocuteur.

     ▬ Faites donc, écrivez lisiblement si possible que je puisse me servir de vos notes pour mon article. Merci. »

     Sourire détendu, elle ne captait absolument pas le fait qu'elle pouvait froisser une personne avec son manque de tact ! Le serveur arriva et prit les commandes, elle opta pour la même chose que son interlocuteur, après tout en tant qu'Irlandaise, puis porta son attention sur le bloc-note au moment où son interlocuteur le prit pour griffonner dessus. La journaliste profita de ce bref moment pour parcourir les environs du regard comme si elle cherchait de nouvelles cibles, alors qu'en réalité c'était un simple réflexe qu'elle avait pris avec les années, après tout son interlocuteur actuel semblait être une mine d'or, elle n'allait pas lui lâcher les baskets aussi facilement ! Finalement, il repoussa le carnet vers elle et la demoiselle l'attrapa pour parcourir les lignes du regard et prendre connaissance de ce qu'il disait. Il n'avait pas tord, c'était presque présent partout, tout le monde y avait recours, elle-même possédait son ordinateur personnel avec connexion internet en plus de celui du boulot. Il lui demanda finalement si elle avait d'autres questions et il se rendrait compte seul que ce n'était pas le genre de questions à poser à une journaliste, encore moins lorsqu'elle s'appelait Neve O'Connell. La demoiselle esquissa un sourire avant de hocher la tête en déblatérant ses questions, prenant toutefois soin d'articuler correctement pour qu'il puisse lire sur ses lèvres sans trop de souci.

     ▬ Quelques-unes en effet ! Est-ce que vous travaillez dans une grande société, ou en tant qu'indépendant ? J'imagine que ça doit être tentant de pouvoir se lancer seul dans une telle activité non ? Possédez-vous des diplômes particuliers pour occuper ce poste, ou est-ce que vous pourriez me dire que n'importe qui avec une formation appropriée pourrait devenir informaticien ? »

     Elle ne le quittait pas du regard, notant les moindres tics qu'il pouvait avoir au fil de ses questions, généralement les mouvements du visage parlaient d'eux-même. La jeune femme fut interrompue par l'arrivée du serveur qui posa les deux commandes devant ses clients avant de leur souhaiter une bonne dégustation et de s'en aller, pisté par le regard inquisiteur de Neve qui n'appréciait pas d'être coupée en plein milieu d'une série de questions. Oui, elle était comme ça, elle faisait aux autres ce qu'elle n'aimait pas ce qu'on lui fasse, ce n'était pas un manque d'éducation ou de respect, elle était juste un peu trop « fofolle » et trop jeune pour son métier, son caractère trop longtemps étouffé pour laisser place à des études prenantes, refaisait des fois surface. L'Irlandaise reporta son attention sur le visage de son interlocuteur avant de reprendre la parole.

     ▬ Est-ce que vous avez des commandes particulières en ce moment ? Vous intervenez plus souvent chez des particuliers, des entreprises, ou est-ce que vous passez par votre ordinateur pour régler les problèmes en réseau. Enfin, c'est bien le terme approprié non ? »

     Elle l'interrogea du regard avant de détourner son attention vers son café pour prendre la tasse en main, puis elle but une gorgée et le jugea un peu trop chaud avant de le reposer sur sa soucoupe. Alors que Neve patientait sagement dans l'attente de la réponse de son interlocuteur, un gus passa derrière elle et la bouscula avec son sac. La réaction fut instantanée, elle se retourna d'un bloc, percutant du passage sa table qui renversa une partie de son contenu sur la main de Arthur, insulta copieusement le malheureux qui l'avait poussée, avant de reporter son attention sur le pauvre interviewé qui n'avait rien demandé. Du café brûlant sur la main, ça ne devait pas être une partie de plaisir, la bouche de Neve s'ouvrit en un « O » de surprise lorsqu'elle remarqua sa bourde, puis elle tira un mouchoir (propre) de son sac et le lui tendit, manqua de renverser le reste de café sur lui, décidément, elle était beaucoup trop survoltée pour un lieu aussi petit.

     ▬ Vraiment désolée ! Il n'y a pas de mal j'espère ? »

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MessageSujet: Re: Interviewe mouvementée ▬ Arthur


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Interviewe mouvementée ▬ Arthur

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